
Département du Renseignement et de la Sécurité Algériens |
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| | Accusations contre le Département de Renseignements et de La Sécurité(Algérie) | |
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| Auteur | Message |
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Toufik Drs


 Nombre de messages: 3469 Age: 24 Localisation: DRS Emploi/loisirs: algeriedrs Humeur: zen Date d'inscription: 19/12/2008
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 | Sujet: Accusations contre le Département de Renseignements et de La Sécurité(Algérie) Jeu 26 Fév - 23:11 | |
| Reportage terrorisme Algérie gia 1ere partieAccusations Popular Tags 7 jours sur la planète Asie Pacifique Culture Europe France Info Infos Israel Journal Jt Region Reportage Roussillon Sciences Sports Sujet Terrorisme actualite afrique algerie ameriques frédéric ciller gard information languedoc lar le journal Afrique locale miroir monde moyen-orient nimes pierre paul castelli politique sionisme sud tele telemiroir televise économie
Dernière édition par ramzy le Mar 10 Mar - 21:34, édité 2 fois |
|  | | Toufik Drs


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 | Sujet: Re: Accusations contre le Département de Renseignements et de La Sécurité(Algérie) Jeu 26 Fév - 23:13 | |
| reportage terrorisme Algerie gia 2eme partie [url] [/url] |
|  | | Toufik Drs


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 | Sujet: Re: Accusations contre le Département de Renseignements et de La Sécurité(Algérie) Jeu 26 Fév - 23:14 | |
| Reportage terrorisme Algérie gia 3eme partie [url] [/url] |
|  | | Toufik Drs


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 | Sujet: Re: Accusations contre le Département de Renseignements et de La Sécurité(Algérie) Jeu 26 Fév - 23:18 | |
| Reportage terrorisme Algérie gia 4eme partie [url] [/url] |
|  | | Gilbet Invité

 | Sujet: Accusations contre le Département de Renseignements et de La Sécurité(Algérie) Lun 2 Mar - 13:34 | |
| Les GIA sont une création des services de sécurité algériens Mohamed Samraoui, ex-officier de la Sécurité militaire algérienne, refugié depuis Allemagne, raconte comment les généraux ont manipulé les Groupes islamiques armés pour asseoir leur pouvoir. Né en 1953, ingénieur en biochimie, Mohammed Samraoui s'est engagé dans l'armée algérienne à 21 ans avant d'être recruté par la Sécurité militaire, la police politique du régime. De mars 1990 à juillet 1992, il est le numéro 2 de la direction du contre-espionnage, où il émet des réserves sur la manière dont est menée la lutte antiterroriste. En septembre 1992, il est muté à l'ambassade d'Algérie en Allemagne, où il sera responsable de la Sécurité militaire jusqu'à ce qu'il déserte, en février 1996. Depuis, il demeure en Allemagne où il a obtenu le statut de réfugié politique. Il vient de publier son témoignage sur la sale guerre, Chronique des années de sang (Denoël). Comment un colonel de la Sécurité militaire (SM), les services secrets algériens, en vient-il à déserter et à être le premier officier supérieur à témoigner à visage découvert sur la sale guerre? Pour les mêmes raisons qui m'avaient amené à m'engager dans l'armée en 1974 avant d'être recruté dans la SM : servir le pays. La SM était puissante, on voulait construire un grand pays, prospère et démocratique et on expliquait à l'étudiant en biochimie très bien noté que j'étais que l'Algérie avait besoin de gens comme moi... Dix-huit ans après, j'ai participé en 1992 au coup d'Etat qui a destitué le président Chadli, à l'annulation du processus électoral et à la lutte contre les réseaux du terrorisme intégriste, parce que j'étais convaincu que l'intégrisme était une menace pour le pays. Et que je n'étais pas prêt à accepter une Algérie à l'iranienne ou à la talibane. On pensait «sauver l’Algérie»en luttant contre des gens qui mettaient en cause les fondements de l'Etat républicain, on a été trompés. La suite des événements m'a convaincu que je participais surtout à la sauvegarde des intérêts d'une oligarchie qui imposait son diktat parle mensonge et la destruction. A l'origine, la menace pour le pouvoir n'était pas les islamistes, mais les forces démocratiques. C'est pour les contrer qu'on a encouragé le FIS à devenir un parti politique à partir de 1988-1989. Puis, dès le début 1991, on a poussé à la radicalisation des islamistes extrémistes pour discréditer le FIS, alors qu'on aurait pu les neutraliser. Or il n'y avait alors ni arrêt du processus électoral, ni terrorisme. La direction du contre-espionnage infiltrait des franges extrémistes et recrutait des «radicaux» pour en faire des émirs de quartier. La direction de la sécurité de l'armée créait des réseaux islamistes prônant la violence en utilisant des militaires ayant prétendument déserté. Comment avez-vous réagi? A partir de 1992, j'ai manifesté plusieurs fois mon désaccord avec la manière dont était menée la lutte antiterroriste. Mais c'est en 1995 que j'ai décidé de rompre avec ce système. La goutte qui a fait déborder le vase, c'est quand le général Smaïl Lamari (le numéro 2 de la SM et mon supérieur hiérarchique) m'a demandé à Bonn d'organiser la liquidation physique de deux islamistes algériens réfugiés en Allemagne. Il voulait, disait-il, «clouer le bec à ces salauds qui mettent l'Algérie à feu et à sang et nous empêchent d'obtenir plus de soutien international». Je lui ai répondu que l'Allé magne n'était pas la France et que, en cas de pépin, il ne trouverait ni Pasqua ni Pandraud pour nous aider. Quelques mois plus tard, je désertais. Quand avez-vous été convaincu qu'il ne s'agissait plus seulement de manipuler les groupes radicaux pour mieux les contrôler? Début 1992, le DRS (Département du renseignement et de la sécurité, l'appellation de la SM depuis 1990, ndlr) a tout fait pour que ces groupes se multiplient : arrestations tous azimuts, torture systématique ... L'idée de nos chefs était de les fédérer pour produire une violence contrôlée et maîtrisable. Il s'agissait de justifier a posteriori l'annulation des élections et de terroriser la société civile pour la forcer» se ranger derrière l'armée. Après le coup d'Etat, une liste noire de personnalités civiles menacées de mort a d'ailleurs été fabriquée sur ordre de Smaïl et attribuée aux islamistes. Ca a marché:de nombreux intellectuels se croyant menacés de mort deviendront des partisans acharnés du tout-sécuritaire. Mais, dès le deuxième trimestre 1992, ce travail a abouti au chaos. Il exigeait un secret absolu, donc des officiers sûrs, et une parfaite coordination entre les services du DRS chargés de contrôler ces groupes. Or, à cause du cloisonnement, les agents de différents services se faisaient la guerre. Il devenait impossible de distinguer entre agents retournés et agents doubles. Sur le terrain, on ne savait plus qui était qui. Des responsables militaires, dont le colonel Tartag, me demandaient souvent de relâcher tel individu arrêté car il travaillait avec eux. Ayant carte blanche. Les forces de sécurité sont par ailleurs allées si loin dans la sauvagerie qu'elles ont poussé des milliers déjeunes à monter au maquis. C'était une politique suicidaire pour le pays. Le DRS a-t-il une responsabilité dans la création des GIA (Groupes islamiques armés)? Il ne s'agit pas de responsabilité, car j'affirme - et j'en ai été témoin - que le DRS en est le concepteur. Ces groupes ont été dotés de véhicules militaires, de moyens de télécommunications, sans oublier les communiqués que rédigeaient des officiers du DRS, les casemates construites parles militaires lors de la mise en place des futurs maquis. Cette stratégie répondait au «plan d'action» du général Nezzar, concocté par les généraux Belkheir, Touati et Taright et exécuté par les chefs du DRS avec la bénédiction du général Mohammed Lamari (Le chef d'état-major, ndlr). C'est au cours d'une deuxième phase, entre 1993 et 1994, que les GlA made in DRS se sont multipliés pour terroriser la population et liquider dans une guerre féroce tous les groupes armés qui restaient plus ou moins autonomes. Les émirs qui siégeaient dans les casernes de Ben-Aknoun ou de Blida n'avaient aucun mal à recruter de jeunes chômeurs naïfs et révoltés par la répression. Mais, jusque-là, le GIA n'était pas complètement contrôlé par les services. Cela a changé après l'arrivée de Djamel Zitouni à la tête du GIA, fin 1994. Car Zitouni avait été «recruté» début 1993 dans un camp du Sud où il était détenu. Une troisième phase de la guerre a commencé mi-1996. Les généraux ont continué à utiliser la violence des GIA et des milices pour asseoir leur pouvoir par la terreur et pour gérer leurs conflits. C'est la période des massacres. Vous étiez alors à Bonn, loin du terrain... J'ai vécu personnellement plusieurs situations qui donnent un aperçu de la nature des relations entre islamistes et certains cadres du DRS. Je me suis ainsi occupé de l'organisation El-Hidjra oua Attakfir (Exil et Rédemption), une sorte de secte d'une centaine d'adeptes au discours très virulent. Mes services y avaient identifié les frères Boudchiche, qui imposaient leur loi aux habitants des quartiers populaires de l'Algérois. Ils ont arrêté l'un d'eux, fiché «islamiste dangereux» en plein état de siège en juin 1991. Quarante-huit heures après son arrestation, je suis prévenu que Boudchiche appelait à l'émeute à Bordj El-Kiffan. J'ai pensé que c'était impossible. Puis j'ai vérifié. «On l'a remis sur le circuit», m'a répondu le directeur du centre de détention. Autre exemple: en juillet 1994, pendant mon congé annuel, je suis allé au CPMI (centre militaire d'investigation) de Ben-Aknoun où le lieutenant-colonel Tartag m'a appris qu'il avait constitué, début 1992, une unité de commandos chargée d'exécuter les suspects et de terroriser les familles d'islamistes dans les quartiers considérés comme leurs fiefs. A vous écouter, la violence islamiste n'a pas existé... Je n'ai jamais dit cela, mais je mets en cause les chefs de l'armée qui manipulent la violence. Je dis seulement que la réalité de cette guerre est bien plus complexe que ne le laissent entendre les analyses manichéennes opposant militaires républicains et fanatiques islamistes et faisant l'impasse sur le peuple algérien. A mes yeux, généraux et dirigeants du FIS sont d'ailleurs coresponsables de notre drame. Des groupes islamistes radicaux tout à fait autonomes ont commis des atrocités. Mais une grande partie des assassinats et des massacres attribués aux islamistes depuis 1992 - et plus encore depuis 1997 - est l'œuvre directe ou indirecte d'homme qui relevaient organiquement des structures de sécurité. Manipulés ou non, les auteurs de ces crimes restent des criminels et devront un jour être jugés. Une réconciliation ne pourra donc être envisagée qu'après le rétablissement de la vérité et le jugement des assassins, qu'ils soient islamistes ou militaires. Des survivants de massacres ont pourtant souvent reconnu des islamistes... Le DRS a inclus de vrais islamistes dans les groupes des forces combinées chargés de ces opérations. Lors des massacres, les habitants des premières maisons étaient volontairement épargnés pour permettre aux survivants de dire qu'ils avaient reconnu des islamistes. Tout cela peut paraître invraisemblable. Sauf à savoir que, dès l'indépendance, le pouvoir réel a été confisqué par une poignée d'officiers - souvent formés par le KGB -qui feront de la désinformation et de la manipulation des armes essentielles pour gérer leurs conflits et contrôler la société. Les «décideurs» d'aujourd'hui ne font que pousser à l'extrême ces méthodes apprises de leurs aînés. Pourquoi de jeunes officiers n'ont-ils pas réagi? Dès janvier 1992, le haut commandement a cherché des prétextes pour éliminer tous les officiers présentant un profil d'islamiste ou manifestant des sympathies islamistes. Ils étaient mis à l'écart, arrêtés mais aussi liquidés. De nombreux officiers honnêtes qui refusaient de s'impliquer dans cette aventure ont aussi été mystérieusement assassinés. Je n'en citerai que deux d'une trop longue liste : le commandant Djaber, assassiné fin mars 1992, et le général Saïdi Fodhil, mort en juin 1996 dans un très étrange «accident de la circulation» à Ouargla. Il s'était opposé à l’usage de napalm, à partir de l993,dans les montagnes difficiles d'accès. Comment des officiers ont-ils pu aller aussi loin dans la violence? La méthode des généraux était simple : les compromettre au maximum en les impliquant chaque jour plus dans les exactions de façon à ne plus sortir de l'engrenage de la violence. Ce conditionnement, associé à la marginalisation ou l'élimination des officiers réfractaires, a permis de fabriquer de véritables monstres qui ont entraîné derrière eux des cohortes de militaires et de policiers transformés en tortionnaires. Ce n'est pas tout : les cadres du DRS infiltrés dans les groupes risquaient leur vie s'ils étaient démasqués. Du coup, beaucoup d'entre eux étaient obligés de jouer à fond leur rôle de «terroristes».,Une fois le pas franchi, il leur était pratiquement impossible de faire marche arrière. C'est aussi ce qui explique que tant d'officiers et de sous-officiers se soient drogués. La corruption a été tout aussi décisive car elle a amené des officiers à considérer la défense du régime comme celle de leurs propres intérêts. Cette corruption n'est d'ailleurs pas la manifestations d’un dysfonctionnement de l’Etat, elle est au cœur même d'un système qui, par la cooptation, multiplie les affidés. Vous affirmez que la SM constitue une puissance en France et que les généraux ont utilisé les GIA contre Paris pour obtenir son soutien... L'étroitesse des liens, pour ne pas dire la connivence, entre la SM et la DST française est connue. Smail Lamari est l'homme clé de ce «partenariat». Je peux en témoigner à mon niveau: quand j'étais en poste à Bonn, je voyageais en France sans visa il suffisait que mon alter ego de la SM à Paris annonce mon arrivée pour que la police de l'air et des frontières me délivre à l'aéroport un sauf-conduit que je restituais à l’issue de mon séjour. Et toute trace de mon passage sur le sol français disparaissait. La SM est-elle impliquée dans les attentats de 1995enFrance? Au-delà de toutes les analyses, il y a un fait incontournable: dès lors qu'Ali Touchent est présenté comme un élément central des attentats, l'implication de la SM ne fait aucun doute. Car Touchent était un agent du DRS chargé d'infiltrer les groupes de soutien aux islamistes à l'étranger, et les Français le savaient Mais la DST aveuglée par ses relations avec le DRS, n'a probablement pas soupçonné que ses homologues algériens étaient prêts à aller aussi loin. Toute la question c'est de savoir si la France a la volonté de rechercher la vérité et de remonter aux commanditaires. Or, apparemment, les autorités françaises sont satisfaites d'avoir arrêté et condamné Boualem Bensaïd, un simple lampiste qui pensait travailler pour le GIA sans se douter qu'il agissait pour le compte du DRS. » |
|  | | Toufik Drs


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 | Sujet: Accusations contre le Département de Renseignements et de La Sécurité(Algérie) Mar 3 Mar - 23:33 | |
| A qui ont profité les massacres en Algérie ?[url] [/url]
Dernière édition par ramzy le Mar 10 Mar - 21:40, édité 1 fois |
|  | | Toufik Drs


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 | Sujet: Accusations contre le Département de Renseignements et de La Sécurité(Algérie) Mar 3 Mar - 23:40 | |
| Il faut en finir avec l'omerta sur la " sale guerre " en Algérie Habib Souaïdia Texte de la conférence donnée le 31 janvier 2002 par Habib Souaïdia au Circulo de Bellas Artes de Madrid, à l'occasion de la parution de la traduction espagnole de son livre "La sale guerre" chez Ediciones B, publié par Algeria-Watch, 31 janvier 2002 Depuis 1992, la guerre qui déchire mon pays a été présentée par les autorités civiles et militaires comme une lutte de défense de la société et de la démocratie contre le danger islamiste. Ce que je voudrais expliquer ici, à partir de mon expérience, c'est que la réalité est tout à fait différente. Si l'objectif était de mettre hors d'état de nuire la petite minorité qui rêvait d'instaurer une dictature islamiste, cela aurait pu être réalisé très rapidement et depuis longtemps, et par des moyens conformes au droit international. Mais l'objectif n'était pas celui-là : pour la poignée de généraux qui détiennent le pouvoir en Algérie, le but était de plonger la population dans un climat permanent de terreur et de violence de façon à " éradiquer " toute volonté de contester son pouvoir criminel et corrompu. Ils ont mobilisé pour cela un incroyable arsenal de techniques répressives et de manipulations, qui continue à être utilisé aujourd'hui. La politique de la terreur Le 26 décembre 1991, la victoire inattendue des islamistes aux élections législatives a provoqué les généraux dans leur arrière-cour. Avec leurs alliés civils, et sans aucun état d'âme, ils ont alors préparé l'organisation de la lutte anti-terroriste, qui allait plonger l'Algérie dans une guerre sans fin. Comme bien d'autres armées dans les dictatures du tiers monde, l'Armée nationale et populaire (ANP) a alors été détournée par nos " décideurs " de sa mission naturelle : elle est passée d'un dispositif " classique ", organisé pour défendre l'intégrité du territoire, ses frontières et pour contribuer au développement du pays ainsi qu'à l'édification d'une société moderne, à un " hyper-terrorisme ", dirigé contre l'ensemble de la population nationale. En principe, quand une armée s'engage dans une guerre, c'est parce que ses chefs s'estiment assurés de vaincre avec " succès et honneur " : c'est du moins ce que l'on nous a appris à l'école de formation des officiers. Malheureusement, la logique des putschistes algériens, qui ne disposent ni de la légitimité historique, ni de la légitimité populaire, est tout autre : ils ont pris le pouvoir par la force, en recourant à la répression et à la terreur, non pas pour sauver la république et la démocratie du péril islamique comme ils veulent le faire croire, mais simplement pour garder le pouvoir. Et pour réussir, ils se sont appuyés sur deux axes : d'une part, les unités des " forces spéciales " de l'ANP et du Département de renseignement et de sécurité (DRS, ex-Sécurité militaire, que tout le monde, en Algérie continue à appeler " SM ") pour mater les gens qui pensent différemment d'eux ; et, d'autre part, les revenus du pétrole et du gaz qui leur offrent l'appui politique, diplomatique, financier et militaire des grandes puissances mondiales. C'est ainsi qu'en février 1992, le " Haut Comité d'État " a déclaré l'état d'urgence, et la junte a engagé sa politique " sécuritaire " fondée sur la répression et la violence. Des dizaines de milliers d'innocents ont été envoyés en prison et dans des camps de concentration du sud algérien, sans parler des humiliations, de la torture et des exécutions extrajudiciaires qui sont devenues depuis 1992 des pratiques courantes des seigneurs de la guerre. L'ampleur de la répression a rapidement dépassé l'imagination, après la mise sur pied en septembre 1992 d'un nouveau corps d'élite (dont j'ai fait partie), commandé par le général-major Mohamed Lamari, le CCCLAS (Centre de commandement et de coordination de la lutte anti-subversive). Composé principalement des unités de forces spéciales (cinq régiments de parachutistes au départ) et de la Sécurité militaire, celui-ci a pendant les premières années été déployé essentiellement dans le centre du pays, l'Algérois, où l'opposition islamiste était la plus forte. En un temps record, le CCCLAS est devenu une machine à tuer au service du pouvoir afin d'anesthésier les forces vives de la nation en semant la mort. C'est au cours de mon passage dans ces unités, de 1992 à 1995, que le rideau qui me cachait la vérité s'est déchiré dans ma conscience et que le cauchemar est devenu une réalité que je vis toujours aujourd'hui. Alors que nous pensions être engagés contre des groupes terroristes bien identifiés, notre mission a très vite pris une autre tournure : au lieu de débusquer l'ennemi par de grandes opérations organisées par les bataillons et les divisions, nous partions en pleine nuit " semer la terreur " dans la population civile. Nous nous métamorphosions en commandos de chasse, en commandos de la mort. Les moyens les plus extrêmes, de la torture par la gégène ou le supplice de la baignoire jusqu'aux exécutions extrajudiciaires, ont été utilisés systématiquement sur ordre explicite du haut commandement. Dans mon unité basée dans la ville de Lakhdaria, à l'est d'Alger, le 25e régiment de reconnaissance, j'ai été témoin à de nombreuses reprises de la façon dont procédaient les hommes du DRS, avec notre soutien. Quand un homme jugé " suspect " était arrêté, il était entravé, cagoulé et conduit en voiture vers le centre de détention. Une fois arrivé, sa cagoule était enlevée, il était obligé de se déshabiller complètement et ses papiers d'identité étaient brûlés devant lui. Généralement, le nouveau venu était accueilli par les cris et les supplices d'une autre victime interrogée dans une petite salle réservée à cet usage. C'est à partir de ce moment-la que le sujet était soumis à toutes les cruautés : les séances de torture commençaient le plus souvent par des coups, puis l'homme était allongé tout nu sur un sommier métallique, attaché par des sangles et torturé de toutes les façons (électricité, supplice du chiffon, etc.). Au bout de quelques jours, le corps de la victime devenait méconnaissable. S'il ne mourait pas sous la torture, il était alors abattu, parfois brûlé vif, et sa dépouille n'avait même pas droit à un enterrement. Nous étions isolés, nous n'avions ni le droit de contester les ordres, ni celui de démissionner. Nous étions cadrés par la propagande et cela dès le commencement de la lutte anti-terroriste. Une information à sens unique qui soulignait les " actions bénéfiques conduites par l'armée ". Malgré cela, assez rapidement, nous avons été nombreux, parmi les jeunes officiers des forces spéciales, à penser que les mauvaises méthodes de travail que l'on nous imposait, comme les coups tordus des hommes de la SM, n'étaient pas le fruit du hasard ou de l'incompétence, mais bien une politique délibérée. Objectif : pousser les jeunes à prendre les armes, augmenter le niveau de la violence terroriste pour maintenir la population dans la peur. D'ailleurs, entre nous, y compris ceux qui n'hésitaient pas à faire les sales besognes, nous disions souvent : " Tiens, qu'est-ce qu'à encore fait la "société" aujourd'hui ? " La " société " (charika en arabe), c'était pour nous la " Société nationale de formation des terroristes ", c'est-à-dire l'armée, où du moins ses grands chefs. Tout au long de notre tragédie, qui dure depuis dix ans, les décideurs algériens ont toujours recouru à la violence pour mettre en échec non pas les islamistes seulement, mais aussi la majorité écrasante du peuple algérien qui demande l'instauration d'un État démocratique. Les moyens matériels mis en œuvre sont colossaux, et les généraux ne reculent devant aucune dépense, même humaine, pour mener à bien leur plan. Pour eux, la vie des civils, mais aussi celles des soldats, n'a aucune valeur. Leur seule culture est celle de la mort. Mais il n'y a pas que les ratissages et les exactions directement pratiquées par les forces de sécurité (torture, exécutions sommaires, enlèvements nocturnes et massacres collectifs d'innocents). L'action psychologique joue un rôle fondamental dans cette " sale guerre ", à travers la désinformation et l'intoxication, la constitution de " groupes d'autodéfense ", la création de commandos de la mort, les assassinats d'intellectuels, de journalistes, de personnalités politiques. C'est de cela dont je voudrais parler maintenant. La " guerre psychologique " Les deux principaux responsables de la manipulation de la violence sont le général Mohamed Médiène, dit " Tewfik ", patron des services de renseignements, le DRS, depuis la mi-1990, et son bras droit, le général Smaïn Lamari. Tout les deux sont en principe les adjoints du général major Mohamed Lamari, qui a obtenu les pleins pouvoirs en 1992. Depuis le " poste de commandement opérationnel " au siège de la DRS, Tewfik " la tête " et Smaïn Lamari " les jambes " ont mené les opérations les plus incroyables, une guerre de manipulation et de " coups tordus ". Dés le début de la lutte anti-terroriste, la priorité de Tewfik était l'infiltration des groupes islamiques armés (GIA) afin de les manipuler puis de les contrôler, avec trois objectifs principaux : maintenir un climat de terreur, isoler les partisans du Front islamique du salut (FIS) et obtenir le soutien des puissances occidentales. Le cas de Antar Zouabri, l'un des " émirs " actuels des GIA, est à cet égard révélateur. Il a été dit en Algérie que son groupe était responsable de l'assassinat des moines de Tibhérine en mai 1996 et des grands massacres de civils (Raïs, Bentalha, Sidi-Hamed…) de l'automne 1997. Or, très curieusement, depuis 1996, sa mort a été annoncée officiellement plusieurs fois par la presse aux ordres, nouvelle chaque fois démentie sur le terrain. En fait, dès 1992, les chefs radicaux des premiers GIA (comme Moh Leveilley, Abdelhak Layada, Jaffar " Al Afghani " ou Chérif Gousmi) ont tous été liquidés par les hommes de Smaïn Lamari, qui a profité de l'occasion pour faire infiltrer les groupes par ses agents afin d'utiliser les GIA comme des instruments. De nombreux observateurs pensent que Antar Zouabri est l'un de ces agents. Cela n'est pas établi formellement, mais je suis en tout cas absolument convaincu que, comme pour les autres GIA, plusieurs de ses lieutenants sont des hommes du DRS, chargés depuis des années par Tewfik et Smaïn d'encadrer des jeunes égarés pour leur faire commettre des massacres effroyables de civils, soit disant au nom de l'islam. Et que ces jeunes peuvent se transformer en véritables bêtes sauvages parce qu'ils ont été drogués au préalable, comme le sont les militaires chargés de la lutte " anti-subversive ". (Comme je l'ai expliqué dans mon livre, près de 80 % des hommes de troupe et des sous-officiers, mais aussi certains officiers, se droguent quotidiennement ; le haschich, l'ecstasy et l'héroïne sont vendus à l'intérieur des casernes, la drogue la plus demandée étant celle que les soldats ont surnommée " Madame courage " : il s'agit de l'Artane qui, pris à fortes doses, permet de tuer n'importe qui sans même se rendre compte de ce qu'on fait).
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|  | | Toufik Drs


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 | Sujet: Accusations contre le Département de Renseignements et de La Sécurité(Algérie) Mar 3 Mar - 23:43 | |
| ...Suite... Habib. S C'est pour toutes ces raisons qu'en Algérie, on dit souvent que les GIA sont les " groupes islamistes de l'armée ", chargés avant tout de persécuter les civils partisans du FIS. Alors que pour la propagande du pouvoir, relayée par de nombreux journalistes et intellectuels " éradicateurs ", les GIA et le FIS ne seraient qu'une seule et même chose. Je n'ai aucune sympathie particulière pour le FIS, mais pour montrer l'absurdité d'une telle affirmation, je ne citerai qu'un exemple. Le 24 octobre 1993, trois Français, membres du consulat de France à Alger, ont été enlevés. Les suites de cet épisode illustrent la fracture entre les activistes du FIS et les GIA. L'enlèvement a été revendiqué depuis Londres par une frange du GIA, qui rejetait toute autorité du FIS. Alors que l'imam Sahraoui, membre honoraire du FIS, a lancé un appel pour la libération des trois Français " sans aucune condition ", affirmant que " toute atteinte à la vie et aux biens des étrangers sur le sol musulman est contraire aux lois et aux traditions islamiques ". En réalité, cet enlèvement - les trois Français seront finalement libérés - était une manipulation de la SM à destination de l'opinion française, pour la convaincre des dangers du " péril islamiste " et donner au gouvernement français de " bonnes raisons " de soutenir la junte militaire. C'était également l'objectif des manipulations des " services " qui sont derrière le détournement sanglant de l'Airbus d'Air France en décembre 1994 ou l'assassinat des moines de Tibhérine, deux actions officiellement attribuées aux GIA. Et c'est dans la même logique que les GIA manipulés par les deux patrons du DRS ont perpétré, surtout en 1993 et 1994, des assassinats " ciblés " visant les élites francophones : journalistes, chanteurs, artistes et hommes de culture, travailleurs expatriés, opposants politiques… Par le choix de ces cibles made in DRS, il s'agissait de montrer à l'opinion nationale comme internationale que le FIS était désormais dominé par sa frange radicale qui s'attaquait au peuple. Et d'isoler les authentiques opposants islamistes de leurs bases arrières en obtenant le soutien politique, militaire et économique des États européens. Une stratégie couronnée de succès, comme en témoigne la grande rafle opérée par la police française, le 9 novembre 1993, de 88 sympathisants du FIS (et non des GIA) résidents en France. Les opérations de ce type, avec la mise sous surveillance serrée des militants exilés (il faut savoir que des centaines d'agents de la SM sont installés en Europe - et surtout en France - pour contrôler la communauté algérienne), ont permis d'accentuer le morcellement du mouvement " fissiste " en laissant la voie libre à Tewfik et aux GIA. Il est affolant de constater à quel point l'opinion européenne a pu être ainsi habilement " menée en bateau " dans ce monde de machination. Il y a malheureusement fort à parier que, tant que l'omerta restera de rigueur, les illusionnistes continueront à régner en maîtres absolus. C'est d'abord pour tenter d'en finir avec cette omerta que j'ai écrit mon livre. Tout en restant lucide sur le fait que mon seul témoignage ne saurait suffire et que la relative rareté de ce type de témoignage s'explique précisément par la violence et la sophistication inédite de la terreur organisée par ces généraux. La mort pour tous les opposants Dès les premières années de la guerre, en effet, parallèlement à la stratégie d'" hyperterrorisme " menée contre le peuple, les généraux Mohamed Lamari, Mohamed Médiène et Smaïn Lamari et leurs collègues ont mené à la manière fasciste une vaste opération de " nettoyage " contre leurs opposants potentiels, en commençant à l'intérieur même de l'institution militaire. Plusieurs officiers de très haut rang et de nombreux officiers subalternes ont ainsi été arrêtés, torturés et souvent exécutés. Les plus importants ont été victimes d'assassinats déguisés en " accidents ", comme, en 1995 et 1996, les généraux Mohamed Touahri (accident d'hélicoptère), Ali Boutighane (attentat) et Saïdi Fodhil (accident de la circulation). Cette purge permanente (elle se poursuit jusqu'à ce jour) a particulièrement touché - mais pas seulement - les officiers qui avaient un comportement religieux. Accusés d'appartenance au courant islamiste, ces cadres ont été désignés comme ennemis potentiels parce qu'ils pratiquaient leurs devoirs religieux comme tout Algérien. En réalité, leur vrai " crime " était d'être restés honnêtes et profondément nationalistes, et d'avoir marqué ouvertement leur désaccord avec la politique démoniaque des généraux. Pour liquider ces officiers, ces derniers ont opté pour la " méthode choc ", en intimant à leurs bourreaux, comme le colonel Bachir Tartag (directeur du CPMI, le centre opérationnel de la DCSA à Ben-Aknoun, dans la banlieue d'Alger) ou le colonel Djebar (directeur du CTRI, le centre opérationnel du DRS à Blida), l'ordre de les arrêter et de les exécuter sous le motif classique de " propagation de propos subversifs visant à porter atteinte aux institutions de l'État " ou de " relation avec une entreprise terroriste ou non dénonciation d'une entreprise terroriste ". Beaucoup d'autres officiers, qui n'étaient tout simplement pas d'accord avec les ordres criminels, ont été condamnés et incarcérés plusieurs années sous de faux prétextes. C'est ce qui m'est arrivé personnellement et qui m'a valu de passer quatre ans dans l'effroyable prison militaire de Blida. Mais ce prosélytisme de la terreur a surtout été dirigé contre les civils. " Encore plus virulente que la peste, la peur se transmet en un clin d'œil " : c'est ce que nous ont déclaré les émissaires du général Mohamed Lamari, le général Saïd Bey (commandant de la première région militaire) et le général Abdelaziz Medjahed (commandant du secteur opérationnel de Bouira), lors d'un briefing donné aux officiers au siège de la division à Bouira en janvier 1994, après la mort de onze militaires dans une embuscade. L'objectif qu'ils assignaient aux forces spéciales était à la fois de redoubler les violences contre les civils et de désarticuler la société pour paralyser toute riposte. Nos instructions étaient claires : " Les islamistes veulent aller au paradis. Qu'on les y emmène et vite, je ne veux pas de prisonniers, je veux des morts ! " Ces deux phrases, devenues légendaires, sont sorties de la bouche du patron du CCCLAS, le général-major Mohamed Lamari. Elles résument on ne peut plus clairement l'état d'esprit de la haute hiérarchie militaire à l'époque. Le général Lamari les a prononcées en avril 1993, lors d'une réunion au Commandement des forces terrestres (CFT), à Alger, réunissant tous les officiers supérieurs engagés dans la guerre et convoquée après une période où l'armée venait de subir de lourdes pertes, que nous jugions tous insupportables. Les résultats obtenus par les forces spéciales ont toujours incité Mohamed Lamari à leur demander encore plus, jonglant avec les différents commandants d'unité sur le terrain : le 18e RPC, commandé par le colonel Alaymia, le 12e RPC, commandé par le colonel Athamnia (celui que j'ai appelé dans mon livre le " régiment des assassins "), le 25e RR, commandé par le colonel Daoud, et le GIS commandé par le colonel Abdelkader Kamel. Il est difficile et même insoutenable de décrire ce que des dizaines de milliers d'Algériens de tous bords ont vécu - et vivent toujours aujourd'hui, quoi qu'on en dise - dans les centres de torture à travers le territoire national. Je ne suis ni un procureur ni un juge. J'ai été un acteur anonyme, parmi des milliers d'autres, qui souhaite seulement faire part de son point de vue sur une " sale guerre " que j'ai découverte à l'age de 21 ans, avec tristesse et incompréhension. Pendant longtemps, je n'ai pas compris cette situation, j'ai eu le sentiment d'avoir été trahi par nos dirigeants et par l'histoire. Aujourd'hui, j'espère seulement que mes écrits auront un jour quelque utilité. Il est sans doute difficile aux Européens de comprendre ce que j'ai vécu avec des millions de mes compatriotes, ce que nous ressentons toujours aujourd'hui alors que la majorité du peuple est en train de se faire trouer la peau et de vivre dans la misère, tandis qu'une minorité applaudit à une guerre civile sans fin et aux privilèges de la corruption. Mais par devoir de justice et pour que la mémoire des victimes de la répression soit respectée, il faut que tout soit dit de leurs calvaires et de leurs descentes aux enfers. Et que les coupables soient châtiés. C'est pourquoi je me bats, avec d'autres, pour établir les responsabilités, toutes les responsabilités, de Mohamed Lamari, Mohamed Médiène et des autres chefs militaires assassins. Pour qu'on désigne clairement les coupables et qu'ils soient jugés pour leurs crimes. Ce n'est qu'à partir de là qu'on pourra parler de pardon Source:http://www.algeria-watch.de/farticle/sale_guerre/souaidia_fin_omerta.htm
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