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Feuille de personnage alg:
Sujet: Re: Tout sur l'Iran Lun 16 Nov - 2:09
Opération Merlin
Les Etats-Unis prennent très au sérieux la menace d’un Iran militairement nucléarisé. Dans son ouvrage State of War, James Risen mentionne une opération clandestine des services secrets américains, appelée Merlin, visant en 2000 à tromper l’Iran et retarder son programme militaire en lui fournissant les plans erronés d’une arme nucléaire. Cependant, elle semble avoir été un échec car les Iraniens auraient été informés des erreurs par l’intermédiaire russe de la CIA: elle aurait même accéléré les choses car l’Iran en aurait extrait des informations capitales, notamment en comparant les plans à ceux fournis par Abdul Qadeer Khan.
D’autres opérations indirectes de ce genre (sabotages, fausses informations…) visant à ralentir le programme ou à l’égarer dans de fausses directions, auraient été menées depuis, notamment grâce au retournement de certains membres du réseau Khan.
Des preuves irréfutables ?
Mohamed El-Baradei, directeur général de l’AIEA, déclarait en 2006 :
As you are aware, the Agency over the last three years has been conducting intensive investigations of Iran´s nuclear programme with a view to providing assurances about the peaceful nature of that programme. During these investigations, the Agency has not seen indications of diversion of nuclear material to nuclear weapons or other nuclear explosive devices. Regrettably, however, after three years of intensive verification, there remain uncertainties with regard to both the scope and the nature of Iran’s nuclear programme.
Donc pas de preuve formelle, mais des incertitudes… Qui reposent sur des découvertes « étonnantes » réalisées par les inspecteurs de l’AIEA, notamment sur le site de Natanz après 2003: traces d’uranium enrichi au-delà de 5%, document décrivant comment constituer des hémisphères d’uranium (dont l’application unique est la fabrication d’une arme)… Mais également sur le suivi assez scrupuleux des avancées réalisées par l’Iran, comme en témoignerait le briefing d’Olli Heinonen devant l’AIEA détaillant les « projets » en cours, et notamment le 111, censé permettre l’adaptation d’une arme nucléaire sur le Shahab-3 (à noter que les détails les plus croustillants sont mentionnés de façon orale).
Les projets décrits par Olli Heinonen .../...
Toufik Drs
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Feuille de personnage alg:
Sujet: Re: Tout sur l'Iran Lun 16 Nov - 2:13
Aujourd’hui, un peu plus de trois ans après les propos d’El-Baradei rapportés ci-dessus - comme le signale The Guardian -, les incertitudes se sont transformées en doutes extrêmement sérieux: l’annexe d’un rapport de l’AIEA fait mention d’essais relatifs à des ogives à « double implosion ». Celles-ci permettent de réduire la taille de l’arme et facilitent son adaptation aux missiles balistiques comme les Shahab-3.
Par le passé, d’autres rapports de ce genre concernant des dispositifs de mise à feu ont été rejetés par l’Iran, ce dernier affirmant que toutes ses expérimentations avaient des applications purement civiles, sans pour autant indiquer lesquelles. El-Baradei lui-même a toujours fait preuve de scepticisme quant aux informations transmises par les services de renseignement occidentaux, qui servent souvent de sources aux rapports de l’AIEA. Mais là, il semble bien que quelque chose soit différent. Ainsi, il indique que la preuve (ou du moins la présomption) de la militarisation :
…appears to have been derived from multiple sources over different periods of time, appears to be generally consistent, and is sufficiently comprehensive and detailed that it needs to be addressed by Iran
En filigrane, se profile la question du partenaire de l’Iran sur ce dispositif, car il semble peu probable qu’il ait agi totalement seul : les restes du réseau de Khan ou un autre acteur de la prolifération ? En septembre dernier, un homme d’affaires germano-iranien a été reconnu coupable par la justice allemande de vente d’équipement dual (détecteurs de radiations, caméras haute vitesse…) ayant des applications potentielles dans la mise en oeuvre d’armes nucléaires.
Bref, les indices semblent démontrer que l’Iran cherche à se rapprocher et se rapproche du seuil nucléaire. D’autant que dans le domaine du vecteur, comme on l’a vu plus tôt cette année, l’Iran a réussi – probablement grâce à la contribution de la Corée du nord - la mise en oeuvre de lanceurs à plusieurs étages nécessaires aux missiles intercontinentaux. La tension sur le front diplomatique est donc à son comble en cette fin 2009, d’autant que les négociations relatives au transfert d’uranium faiblement enrichi iranien à l’extérieur du pays (Russie puis France) pour la fabrication du combustible civil semblent avoir échoué…
4 - Conclusion
Pas de preuves définitives, mais de très sérieuses présomptions. Toujours est-il que la révélation officielle d’un programme nucléaire militaire et surtout du franchissement du seuil nucléaire par l’Iran aurait des effets dévastateurs dans tout le Moyen-Orient. Pas seulement en Israël dont la doctrine interdit le nucléaire à tous ses voisins qui ne reconnaissent point son existence légitime, mais également dans les pays arabes, très peu ravis, pour plusieurs raisons, par une nouvelle de ce genre. Enfin, il s’agirait d’un camouflet pour le Conseil de Sécurité et pour l’Amérique, alors jugés incapables de faire entendre leur voix par la voie diplomatique, face à un état qui leur tient tête. Quitte à ce qu’il inspire d’autres candidats officieux à l’arme nucléaire…
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Sujet: Re: Tout sur l'Iran Mer 18 Nov - 14:06
je crois que les iraniens joue dejà dans la cour des grands,c'est pour cela que les occidentaux ne savent plus sur qu'elles pieds dansaient. car la moindre étincelle,fait tomber le chateau de carte. ils maitrisent bcp de chose dans les technologies, la guerre avec les irakiens leurs a apporter bcp de savoir: sadam la grosse gueule,eux par la salamalak. leur regime peut donner pour encore plus d'années:car cette façon de faire pas plus de deux mandats pour les presidentiel:sa recreer un nouveau vivier et plus pour leur revolution.
Toufik Drs
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Feuille de personnage alg:
Sujet: Re: Tout sur l'Iran Mer 25 Nov - 20:30
Course à l’uranium, Téhéran dialogue et montre les crocs
Les tractations concernant le programme nucléaire iranien avancent, à l’heure où les forces armées de la République islamique poursuivent leur gigantesque exercice militaire visant à préparer une éventuelle attaque israélienne ou américaine.
Chaque jour amène sa nouvelle pièce sur l’échiquier du nucléaire iranien. Et Téhéran, sur les terrains de la politique ou des opérations, recule pour mieux avancer. Lundi, les responsables iraniens ne voulaient pas entendre parler d’un envoi à l’étranger de leur uranium faiblement enrichi, comme le prévoyait un accord proposé par l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). L’idée était, pour que l’Iran puisse échanger son uranium enrichi à 3,5 % contre de l’uranium enrichi à 20 %, de transférer une partie de la marchandise à hauts risques en Russie, avant que la France ne transforme de son côté la matière en combustible pour le réacteur de recherche de Téhéran. Une manière pour les Six – Etats-Unis, Russie, Chine, France, Grande-Bretagne et Allemagne – de mieux contrôler les stocks de la République islamique et d’apaiser leurs craintes quant à leurs possibles utilisations à des fins militaires.
Mais les négociations ont pris mardi un nouveau tournant. « L’Iran, selon le porte-parole du ministère des Affaires étrangères iranien, n’est pas opposée à transférer son uranium faiblement enrichi à l’étranger. » Une volte-face sous conditions, puisque Téhéran demande en contrepartie la garantie « de faire un échange simultané – entre l’uranium de l’Iran enrichi à 3,5 % et le combustible enrichi à 20 % à l’étranger – sur le territoire iranien.
Gigantesque exercice militaire
Téhéran parle d’un programme nucléaire « purement pacifique », mais l’Occident soupçonne les fins militaires du projet. Et si la manière douce, celle de la parole et de la négociation, continue pour l’instant son chemin, la manière forte de chacun ne prend pas la poussière dans les cartons des ministères. Puisqu’Israël et son allié américain n’ont pas exclu de possibles attaques aériennes sur le territoire de la République islamique, les forces armées iraniennes se sont lancées, depuis lundi et pour cinq jours, dans un gigantesque exercice militaire autour des principaux sites nucléaires du pays. Sur 600.000 km², ces manœuvres visent à démontrer la capacité iranienne à défendre ses installations contre une éventuelle attaque d’un agresseur clairement identifié, Israël. Une démonstration de force à laquelle la France aurait par ailleurs participé.
Europe 1 dévoilait ainsi mardi l’exercice aérien effectué, en mai dernier, par une escadrille de chasseurs bombardiers français. Objectif de la simulation : rallier les Emirats arabes unis, à 5.000 kilomètres du territoire national, pour tester la capacité de la France à frapper dans le golfe Arabo-Persique et prouver à Téhéran que ces installations nucléaires ne sont pas hors d’atteinte. Habituellement, ces vols d’entraînement ont pour destination la base française de Djibouti. Téhéran, par ses manœuvres, montre les dents, mais son président, Mahmoud Ahmadinejad, en visite en Bolivie, se rassurait mardi quant aux menaces américano-israéliennes. « L’ère des attaques militaires est terminée maintenant, nous sommes à une époque de dialogue et d’entente. Ils (Israël et les Etats-Unis) n’ont pas le courage d’attaquer l’Iran. » Pour le président iranien, « les armes et les menaces sont choses du passé ».
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Sujet: Re: Tout sur l'Iran Ven 4 Déc - 23:23
L'Iran produira l'uranium enrichi à 20 % dont il a besoin
L'Iran produira l'uranium enrichi à 20 % dont il a besoin, a déclaré mercredi le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, affirmant que Téhéran considérait le dossier nucléaire comme "clos".
Lors d'un discours prononcé à l'occasion d'une visite à Ispahan (centre de l'Iran), M. Ahmadinejad a affirmé que "la nation iranienne produira elle-même le combustible [nucléaire] enrichi à vingt pour cent ainsi que tout ce dont elle a besoin". "A nos yeux, la question nucléaire est close", a-t-il ajouté.
Le président iranien avait annoncé dimanche que son pays allait construire dix nouvelles usines d'enrichissement d'uranium et produire de l'uranium enrichi à 20 % pour son réacteur de recherche médicale de Téhéran. Il avait ajouté que son gouvernement serait amené à formaliser cette décision mercredi.
La déclaration de dimanche était en réponse à une résolution de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) condamnant l'Iran pour sa politique nucléaire. Cette résolution a fait suite au rejet par l'Iran d'une offre visant à échanger son uranium faiblement enrichi (3,5 %) contre du combustible nucléaire (uranium enrichi à 20 %) pour son réacteur de Téhéran. Les Occidentaux redoutent que l'Iran n'utilise sa capacité d'enrichissement pour produire de l'uranium enrichi à un degré permettant la fabrication d'une bombe atomique.
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Sujet: Re: Tout sur l'Iran Sam 2 Jan - 22:21
Moussavi prêt à mourir «en martyr»
Le principal opposant au régime de Téhéran Mir Hossein Moussavi persiste et signe vendredi dans ses critiques contre le gouvernement, et se déclare «prêt au martyre».
Mir Hossein Moussavi sort de son silence. Cinq jours après les violentes manifestations qui ont ensanglanté les tues de Téhéran, le principal chef de l'opposition iranienne s'est dit prêt, vendredi, à mourir en «martyr» dans sa lutte contre la réélection contestée du président Mahmoud Ahmadinejad. Et il appele le gouvernement à mettre fin à la répression pour sortir de la crise.
«Je ne refuse pas l'idée de devenir un martyr comme ceux qui ont fait ce sacrifice après l'élection pour obtenir satisfaction de leurs demandes nationales et religieuses», écrit l'ancien Premier ministre dans un communiqué publié sur le site Kaleme.org, le premier depuis les violentes manifestations du 27 décembre.
«Mon sang n'est pas plus rouge que le leur», ajouté Moussavi, dont le neveu figure parmi les huit personnes tuées lors des manifestations anti-gouvernementales survenues pendant la journée de deuil chiite de l'Achoura. Affrontements qui se sont également soldés par des centaines de blessés et des centaines d'arrestations, selon les autorités.
Cette mobilisation de l'opposition a été la plus massive et la plus sanglante depuis les grandes manifestations ayant suivi la réélection en juin du président iranien, qui avaient fait 36 morts selon le gouvernement et 72 selon l'opposition.
Ahmadinejad doit «assumer»
«Je dis clairement et de manière explicite que les ordres pour exécuter, tuer ou emprisonner Karoubi (un autre chef de l'opposition, ndlr), Moussavi et les gens comme nous ne résoudront rien», a encore lance Moussavi, alors que des appels à la peine de mort contre les opposants ont été lancés.
Vendredi, un influent dignitaire religieux conservateur, Ahmad Janati, a ainsi appelé les services judiciaires à punir les «corrompus sur terre», une accusation passible de la peine de mort. Mardi, un influent dignitaire religieux, l'ayatollah Abbas Vaez Tabasi, avait déjà affirmé que les dirigeants de l'opposition étaient des «ennemis de Dieu» méritant la mort.
Dans son communiqué, Moussavi a également appelé le président Ahmadinejad à mettre un coup d'arrêt à la répression. Le gouvernement «doit assumer ses responsabilités pour les problèmes qu'il a créés dans le pays,libérer les prisonniers politiques et reconnaître le droit du peuple à se rassembler», écrit l'ex-Premier ministre. «Je dis clairement que tant qu'il n'y aura pas de reconnaissance qu'une crise grave existe dans le pays, il n'y aura pas de possibilité de sortir des problèmes», a-t-il poursuivi, demandant «un gouvernement qui considère les opinions et votes divers du peuple comme une chance et non une menace».
Avec cette intervention virulente, Moussavi montre qu'il est encore une personnalité sur laquelle il faut compter à Téhéran. Le site Kaleme.org a d'ailleurs démenti toute rumeur de fuite : mercredi soir, l'agence officielle Irna avait annoncé le départ du leader de l'opposition pour le nord du pays. «Mir Hossein Moussavi est à son domicile et n'a pas quitté un instant Téhéran au cours des derniers jours», selon le site, qui publie également un appel de «prisonniers politiques» à «une journée de deuil» dimanche, «septième jour des martyrs d'Achoura».
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Sujet: Re: Tout sur l'Iran Jeu 4 Fév - 23:41
Après le lancement de la fusée iranienne, Washington dénonce une "provocation"
Le lancement de la fusée spatiale Kavoshgar-3, de fabrication iranienne, a été qualifié d'"acte de provocation" par Washington. Selon le chef du Pentagone, Téhéran s'expose à de "fortes sanctions" en raison de son programme nucléaire.
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AFP - L'Iran s'expose à de "fortes sanctions" des Etats-Unis et d'autres grandes puissances en raison de son programme nucléaire, a déclaré mercredi le chef du Pentagone, alors que l'administration accueillait avec prudence les dernières déclarations de Téhéran.
Le secrétaire américain à la Défense Robert Gates a indiqué devant des parlementaires de la commission de la Défense que ces sanctions seraient sans doute "imposées en partie par le Conseil de sécurité des Nations unies et en partie par les Etats-Unis et les pays partageant leurs vues".
Il n'a pas précisé le type de sanctions en question.
Le Sénat a appelé récemment à viser les importations pétrolières iraniennes et les groupes non-iraniens qui font des affaires dans le secteur énergétique dans le pays, ou l'aident à produire ou à importer des produits pétroliers.
Mais l'administration Obama s'est montrée jusqu'ici réticente face à ces propositions.
Interrogé par les parlementaires sur des préparatifs militaires pour "éviter" que l'Iran se procure une arme nucléaire, M. Gates a proposé de répondre à la question à huis-clos, indiquant étudier "de nombreuses options".
Il avait jusqu'ici rejeté la possibilité d'une action militaire, jugeant la pression internationale et la diplomatie plus prometteuses.
Les propos de M. Gates interviennent alors que l'administration américaine a réagi avec prudence mercredi aux dernières déclarations du président iranien Mahmoud Ahmadinejad, se disant disposé à un échange d'uranium.
Le porte-parole du Conseil américain de sécurité nationale, Michael Hammer a souligné que la République islamique devait adresser sa réponse à l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).
L'enrichissement d'uranium est au centre d'un conflit entre l'Iran et les Occidentaux, qui redoutent que Téhéran, sous couvert de son programme civil, ne cherche à produire de l'uranium suffisamment enrichi pour construire une arme atomique. L'Iran a toujours démenti un tel projet.
La Maison Blanche s'est montrée en revanche très ferme sur le lancement d'une fusée spatiale Kavoshgar-3 annoncé plus tôt par l'Iran, estimant qu'il s'agissait d'un "acte de provocation" alors que des observateurs notent avec inquiétude que les lanceurs spatiaux et les missiles balistiques utilisent des technologies communes.
En outre, la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton a appelé mercredi l'Iran a "libérer sans conditions" trois randonneurs américains détenus dans le pays ainsi que plusieurs de leurs compatriotes.
Elle a également nié toute négociation en cours avec Téhéran sur cette question, démentant des propos tenus la veille par le président iranien Mahmoud Ahmadinejad qui avait évoqué des discussions "en cours".
Téhéran détient depuis le 31 juillet trois Américains, Shane Bauer, 27 ans, Sarah Shourd, 31 ans et Josh Fattal, 27 ans, arrêtés en territoire iranien à proximité de la frontière irakienne qu'ils auraient franchie par erreur après s'être égarés lors d'une randonnée au Kurdistan irakien.
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Sujet: Re: Tout sur l'Iran Mer 17 Fév - 0:30
Ahmadinejad met en garde les Occidentaux
Sous pression renforcée, Téhéran souffle le chaud et le froid sur le dossier nucléaire.
Alors que Paris, Washington et Moscou dénoncent «une escalade iranienne», Téhéran a fermement réagi, mardi, aux menaces de nouvelles sanctions et aux accusations américaines selon lesquelles l'Iran «s'oriente vers une dictature militaire». «Si quiconque cherche à créer des problèmes à l'Iran, notre réponse ne sera pas comme (celles données) par le passé. Cette réponse comportera quelque chose qui leur fera regretter» l'adoption de sanctions, a indiqué le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, lors d'une conférence de presse.
L'Iran, qui reste le troisième producteur de pétrole au monde, pourrait, selon certains experts, être tenté de fermer le robinet pétrolier en réaction à de nouvelles mesures de rétorsion économiques. Si la Chine, partenaire économique de Téhéran, finit par se ranger du côté occidental, l'Iran ne manque pas d'options pour déstabiliser ses adversaires, comme le recours éventuel à certains «leviers» régionaux, du Hezbollah au Hamas en passant par les factions chiites d'Irak. D'autant plus que ces derniers ne sont pas insensibles à la théorie iranienne de la «citadelle assiégée», que l'héritage laissé par l'Administration de l'ex-président américain George W. Bush n'a fait que renforcer.
«Prêt à échanger l'uranium»
Accusée par Washington d'être tentée par une «militarisation», la République islamique s'est empressée, mardi, de renvoyer la balle dans le camp opposé, en dressant un bilan peu élogieux de la politique américaine régionale depuis le 11 septembre 2001. «Ils sont eux-mêmes impliqués dans une espèce de dictature militaire et ignorent pratiquement les réalités de la région», a déclaré Manouchehr Mottaki, le ministre iranien des Affaires étrangères, en réaction aux propos tenus, la veille, par Hillary Clinton, la secrétaire d'État américaine, lors d'une visite au Qatar. «Qu'est-ce qu'une dictature militaire : tuer un million d'Irakiens, parmi lesquels une majorité d'innocents, ou établir des échanges avec le peuple irakien en accueillant des dizaines de milliers d'immigrés et en aidant le gouvernement irakien à sécuriser son pays et à garantir sa souveraineté ?», s'est-il, ensuite, interrogé, avant de poursuivre : «Une attaque sanglante contre une fête de mariage en Afghanistan n'est-elle pas le signe d'une dictature militaire, plus que le refuge offert (par l'Iran, NDLR) à trois millions d'Afghans ? »
Dans le même temps, Téhéran continue à souffler le chaud et le froid en matière nucléaire. «Nous sommes en train d'installer et de tester une nouvelle génération de centrifugeuses. Leur capacité est cinq fois supérieure aux centrifugeuses que nous avions jusqu'à présent et nous les utiliserons bientôt pour notre programme nucléaire», a prévenu, mardi, Mahmoud Ahmadinejad, tout en précisant que la République islamique est toujours disposée à un échange d'uranium, y compris avec les États-Unis. «Le dossier d'un échange de combustible n'est pas encore clos. Nous avons dit que nous procéderions à un échange dans un cadre équitable», a-t-il précisé. Selon lui, «les États-Unis peuvent venir nous donner leur combustible enrichi à 20 % et nous les paierons s'ils le veulent, ou nous leur donnerons notre combustible enrichi à 3,5 %».