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Rapports de forces

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Message par sphinx le Lun 28 Sep - 23:03

Rappel du premier message :

Négocier avec l’Iran sur la base du droit

Alors que les négociations P5 vont reprendre avec l’Iran à propos de son programme nucléaire, Kar Müller s’interroge sur les intentions des diplomates. Les cinq cherchent-ils à obtenir des garanties que le programme nucléaire civil iranien ne masque pas un programme militaire ou cherchent-ils à provoquer une escalade vers la guerre ?

En politique, la morale consiste en premier lieu à respecter le droit et à l’appliquer ; à créer et garantir des conditions conformes au droit. Parmi les nations surarmées deux États, les USA et Israël, et leurs gouvernements, ainsi que leurs alliés, se sont distingués au cours des dernières années et décennies par leur non-respect du droit international, faisant ainsi preuve d’une totale imprévisibilité et plongeant le monde dans un état permanent de tension et de choc. Ils ont contrevenu consciemment et de manière éclatante à la Charte des Nations Unies dont l’article 2, paragraphe 4, énonce que « les membres de l’Organisation s’abstiennent, dans leurs relations internationales, de recourir à la menace ou à l’emploi de la force, soit contre l’intégrité territoriale ou l’indépendance politique de tout État, soit de toute autre manière incompatible avec les buts des Nations Unies. »

Les violations graves et répétées du droit imputables au gouvernement israélien ont été attestées plusieurs fois par des commissions d’enquêtes et institutions internationales, en dernier lieu par la Commission d’enquête du Conseil des droits de l’homme de l’ONU sur les actes commis par l’armée israélienne dans la bande de Gaza fin 2008/ début 2009.

La menace d’utiliser la force contre l’Iran, en violation du droit international, et les actions illégales et violentes des services secrets en cours sur le territoire iranien durent depuis des années déjà et depuis des années des indices et témoignages à prendre très au sérieux font état de préparatifs de guerre de la part des gouvernements israélien et US. C’est pourquoi il est plus que justifié que de nouveaux indices d’un danger de guerre imminent, par exemple ceux que nous citons dans l’appel ci-après, pris parmi d’autres uniquement à titre d’exemple, aient poussé des personnalités pacifistes à élever leur voix pour une mise en garde.

Personne de l’extérieur ne sait avec certitude ce qui est en projet ou déjà décidé dans les officines de Washington et Tel-Aviv. Mais l’éternel retour de possibles scénarios de guerre devient déjà en soi insupportable, dès lors qu’il ne sont pas assortis de contreprojets et de modalités de règlement pacifique. Les « discussions » se déroulent alors par delà le droit et l’aspect humain, et de pareils « projets », même s’ils ne sont encore que des idées, terrorisent les peuples du monde. Et ceci d’autant plus qu’on menace ouvertement d’une guerre atomique. Dès mars 2006, Stephen M. Osborn qui, dans les années 50 du siècle dernier, était présent lors de la mise à feu de bombes atomiques dans le Pacifique, faisant des populations autochtones de simples cobayes, avait exposé dans ces pages ce que signifie pour l’humanité l’emploi de « bunker busters » (bombes anti-bunkers à charge pénétrante) atomiques contre des installations nucléaires iraniennes. Il écrivait, il y a trois ans et demi : « Si l’on tire des ‹bunker busters› en Iran, des centaines de milliers de tonnes de terre, d’eau et de rochers seront vaporisés, et cette ‹soupe radioactive›, dispersée par les vents, tuera ou rendra malades des peuples entiers [...] Les cas de cancers et maladies diverses augmenteront de façon prononcée dans le monde entier. »

Tout ceci et bien d’autres choses encore doivent mettre tous les gouvernements dans l’obligation de déclarer haut et fort que l’option guerrière est définitivement exclue et d’exiger le retour sur le terrain du droit. Le 1er octobre, toutes les puissances nucléaires, l’Allemagne et l’Iran engageront des négociations directes au Conseil de sécurité. Ces derniers jours se sont fait entendre dans les médias des signaux qui pourraient servir de point de départ à un règlement pacifique du conflit au Proche-Orient

• Le 16 septembre, le magazine US Newsweek (« Intelligence Agencies Say No New Nukes in Iran ») écrivait que les services secrets du Président des USA avaient confirmé en novembre 2007 que l’Iran avait abandonné son programme nucléaire militaire depuis 2003

• Le 17 septembre, plusieurs agences de presse occidentales (Reuters, AFP) annonçaient que le ministre de la Défense israélien, Ehoud Barak, avait « changé de langage relativement à l’Iran » dans une interview accordée au quotidien Yediot Aharonot. Selon Barak, l’Iran ne représenterait pas une menace sérieuse pour l’État juif : « Israël est fort, je ne vois personne qui puisse être une menace pour son existence ».

• Le même jour, la chaîne allemande Phoenix publiait un communiqué de presse où elle attirait l’attention sur une interview (retransmise le 20 septembre) du Président du Service fédéral de renseignement (BND), Ernst Uhrlau. Dans cette interview, le chef des services secrets allemands démentait une annonce, faite précédemment, selon laquelle ses services auraient prétendu que l’Iran était sur le point de fabriquer une bombe à uranium : « Cette citation ne correspond pas aux déclarations du BND, car l’Iran n’est pas en mesure de se nucléariser dans les six mois qui viennent. »

• Le Président des USA a fondé son renoncement au stationnement de systèmes antimissile en Pologne et Tchéquie entre autres sur le fait que l’Iran rencontrait plus de difficultés que prévu à mettre au point des lance-missiles à longue portée.

• Last but not least : L’Iran lui-même a déclaré par la voix de son ambassadeur en Autriche, dans une interview accordée au Wiener Zeitung du 18 septembre, qu’il ne menaçait pas Israël et ne représentait pas un danger pour ce pays : « L’Iran n’a jamais dit qu’il attaquerait militairement Israël. Quand des représentants de mon pays ont dit qu’Israël ne devait pas exister sous cette forme, ils entendaient par là qu’ils rejetaient le système sioniste et la tyrannie, non qu’ils désiraient éradiquer Israël au moyen d’une attaque militaire. »

On est encore loin de déposer les armes, mais ce sont là des signaux indiquant qu’il existe une autre voie que celle de l’escalade. Et cette autre voie, il faut l’emprunter. Au sein des think tanks qui ont de l’influence sur les gouvernements US et israéliens il doit bien y avoir assez de matière grise pour mesurer les effets catastrophiques d’une nouvelle guerre, vraisemblablement nucléaire de surcroît, et pour rechercher une voie diplomatique et la trouver.

Et assez, aussi, de jugeote pour rejeter des voix comme celle de l’atlantiste allemand Josef Joffe. Il avait, dans la livraison de septembre/octobre 2009 de la revue allemande Internationale Politik et dans la revue US Foreign Affairs qui paraît en parallèle, déliré au sujet des USA, puissance hégémonique mondiale, et de leur « culture de guerre ». Il faut aussi rejeter clairement des points de vue tels que celui, paru dans le journal londonien Times le 18 septembre, selon lequel les « intentions agressives » de l’Iran seraient une « menace pour l’Occident ». De telles affirmations constituent une perversion de la réalité.

« War is obsolete » [la guerre est caduque], déclarait il y a deux ans dans ces colonnes Doug Rokke, vétéran US de la guerre du Golfe et expert en armes à l’uranium. Et de fait, c’est un droit fondamental pour le genre humain que d’avoir des gouvernements qui respectent le droit, renoncent à la violence et résolvent les conflits par le biais de négociations pacifiques. C’est la seule voie acceptable dans un monde civilisé.

par Karl Müller

http://www.voltairenet.org/article162306.html


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"Quelle est la différence fondamentale entre une femme et un terroriste ? Avec le terroriste on peut négocier"
  • 3
.、スフィンクス、







http://www.intervalle-dz.com/f97-grandes-figures-de-la-nation-algerienne


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Message par sphinx le Lun 28 Sep - 23:03

Négocier avec l’Iran sur la base du droit

Alors que les négociations P5 vont reprendre avec l’Iran à propos de son programme nucléaire, Kar Müller s’interroge sur les intentions des diplomates. Les cinq cherchent-ils à obtenir des garanties que le programme nucléaire civil iranien ne masque pas un programme militaire ou cherchent-ils à provoquer une escalade vers la guerre ?

En politique, la morale consiste en premier lieu à respecter le droit et à l’appliquer ; à créer et garantir des conditions conformes au droit. Parmi les nations surarmées deux États, les USA et Israël, et leurs gouvernements, ainsi que leurs alliés, se sont distingués au cours des dernières années et décennies par leur non-respect du droit international, faisant ainsi preuve d’une totale imprévisibilité et plongeant le monde dans un état permanent de tension et de choc. Ils ont contrevenu consciemment et de manière éclatante à la Charte des Nations Unies dont l’article 2, paragraphe 4, énonce que « les membres de l’Organisation s’abstiennent, dans leurs relations internationales, de recourir à la menace ou à l’emploi de la force, soit contre l’intégrité territoriale ou l’indépendance politique de tout État, soit de toute autre manière incompatible avec les buts des Nations Unies. »

Les violations graves et répétées du droit imputables au gouvernement israélien ont été attestées plusieurs fois par des commissions d’enquêtes et institutions internationales, en dernier lieu par la Commission d’enquête du Conseil des droits de l’homme de l’ONU sur les actes commis par l’armée israélienne dans la bande de Gaza fin 2008/ début 2009.

La menace d’utiliser la force contre l’Iran, en violation du droit international, et les actions illégales et violentes des services secrets en cours sur le territoire iranien durent depuis des années déjà et depuis des années des indices et témoignages à prendre très au sérieux font état de préparatifs de guerre de la part des gouvernements israélien et US. C’est pourquoi il est plus que justifié que de nouveaux indices d’un danger de guerre imminent, par exemple ceux que nous citons dans l’appel ci-après, pris parmi d’autres uniquement à titre d’exemple, aient poussé des personnalités pacifistes à élever leur voix pour une mise en garde.

Personne de l’extérieur ne sait avec certitude ce qui est en projet ou déjà décidé dans les officines de Washington et Tel-Aviv. Mais l’éternel retour de possibles scénarios de guerre devient déjà en soi insupportable, dès lors qu’il ne sont pas assortis de contreprojets et de modalités de règlement pacifique. Les « discussions » se déroulent alors par delà le droit et l’aspect humain, et de pareils « projets », même s’ils ne sont encore que des idées, terrorisent les peuples du monde. Et ceci d’autant plus qu’on menace ouvertement d’une guerre atomique. Dès mars 2006, Stephen M. Osborn qui, dans les années 50 du siècle dernier, était présent lors de la mise à feu de bombes atomiques dans le Pacifique, faisant des populations autochtones de simples cobayes, avait exposé dans ces pages ce que signifie pour l’humanité l’emploi de « bunker busters » (bombes anti-bunkers à charge pénétrante) atomiques contre des installations nucléaires iraniennes. Il écrivait, il y a trois ans et demi : « Si l’on tire des ‹bunker busters› en Iran, des centaines de milliers de tonnes de terre, d’eau et de rochers seront vaporisés, et cette ‹soupe radioactive›, dispersée par les vents, tuera ou rendra malades des peuples entiers [...] Les cas de cancers et maladies diverses augmenteront de façon prononcée dans le monde entier. »

Tout ceci et bien d’autres choses encore doivent mettre tous les gouvernements dans l’obligation de déclarer haut et fort que l’option guerrière est définitivement exclue et d’exiger le retour sur le terrain du droit. Le 1er octobre, toutes les puissances nucléaires, l’Allemagne et l’Iran engageront des négociations directes au Conseil de sécurité. Ces derniers jours se sont fait entendre dans les médias des signaux qui pourraient servir de point de départ à un règlement pacifique du conflit au Proche-Orient

• Le 16 septembre, le magazine US Newsweek (« Intelligence Agencies Say No New Nukes in Iran ») écrivait que les services secrets du Président des USA avaient confirmé en novembre 2007 que l’Iran avait abandonné son programme nucléaire militaire depuis 2003

• Le 17 septembre, plusieurs agences de presse occidentales (Reuters, AFP) annonçaient que le ministre de la Défense israélien, Ehoud Barak, avait « changé de langage relativement à l’Iran » dans une interview accordée au quotidien Yediot Aharonot. Selon Barak, l’Iran ne représenterait pas une menace sérieuse pour l’État juif : « Israël est fort, je ne vois personne qui puisse être une menace pour son existence ».

• Le même jour, la chaîne allemande Phoenix publiait un communiqué de presse où elle attirait l’attention sur une interview (retransmise le 20 septembre) du Président du Service fédéral de renseignement (BND), Ernst Uhrlau. Dans cette interview, le chef des services secrets allemands démentait une annonce, faite précédemment, selon laquelle ses services auraient prétendu que l’Iran était sur le point de fabriquer une bombe à uranium : « Cette citation ne correspond pas aux déclarations du BND, car l’Iran n’est pas en mesure de se nucléariser dans les six mois qui viennent. »

• Le Président des USA a fondé son renoncement au stationnement de systèmes antimissile en Pologne et Tchéquie entre autres sur le fait que l’Iran rencontrait plus de difficultés que prévu à mettre au point des lance-missiles à longue portée.

• Last but not least : L’Iran lui-même a déclaré par la voix de son ambassadeur en Autriche, dans une interview accordée au Wiener Zeitung du 18 septembre, qu’il ne menaçait pas Israël et ne représentait pas un danger pour ce pays : « L’Iran n’a jamais dit qu’il attaquerait militairement Israël. Quand des représentants de mon pays ont dit qu’Israël ne devait pas exister sous cette forme, ils entendaient par là qu’ils rejetaient le système sioniste et la tyrannie, non qu’ils désiraient éradiquer Israël au moyen d’une attaque militaire. »

On est encore loin de déposer les armes, mais ce sont là des signaux indiquant qu’il existe une autre voie que celle de l’escalade. Et cette autre voie, il faut l’emprunter. Au sein des think tanks qui ont de l’influence sur les gouvernements US et israéliens il doit bien y avoir assez de matière grise pour mesurer les effets catastrophiques d’une nouvelle guerre, vraisemblablement nucléaire de surcroît, et pour rechercher une voie diplomatique et la trouver.

Et assez, aussi, de jugeote pour rejeter des voix comme celle de l’atlantiste allemand Josef Joffe. Il avait, dans la livraison de septembre/octobre 2009 de la revue allemande Internationale Politik et dans la revue US Foreign Affairs qui paraît en parallèle, déliré au sujet des USA, puissance hégémonique mondiale, et de leur « culture de guerre ». Il faut aussi rejeter clairement des points de vue tels que celui, paru dans le journal londonien Times le 18 septembre, selon lequel les « intentions agressives » de l’Iran seraient une « menace pour l’Occident ». De telles affirmations constituent une perversion de la réalité.

« War is obsolete » [la guerre est caduque], déclarait il y a deux ans dans ces colonnes Doug Rokke, vétéran US de la guerre du Golfe et expert en armes à l’uranium. Et de fait, c’est un droit fondamental pour le genre humain que d’avoir des gouvernements qui respectent le droit, renoncent à la violence et résolvent les conflits par le biais de négociations pacifiques. C’est la seule voie acceptable dans un monde civilisé.

par Karl Müller

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Post-it Re: Rapports de forces

Message par sphinx le Mar 29 Sep - 22:23

L'Alliance des civilisations est la voie idoine pour lutter contre le terrorisme

L'Alliance des civilisations est la voie idoine pour lutter contre le terrorisme, a affirmé mardi le ministre espagnol des Affaires étrangères, Miguel Angel Moratinos.
L'Alliance des civilisations s'avère la voie idoine pour lutter contre le terrorisme car les pays arabes, qui ont souffert dans leurs propres chaires, sont les premiers concernés par la lutte contre le terrorisme, a indiqué le chef de la diplomatie espagnole, lors d'un programme diffusé par la Télévision nationale espagnole (TVE).


Les pays arabes, qui ont souffert du terrorisme dans leurs propres chaires, depuis le Maroc jusqu'à l'Arabie Saoudite et depuis l'Indonésie jusqu'aux pays du Golfe "sont les premiers à nous indiquer le chemin à suivre" dans le cadre de cette Alliance, a estimé M. Moratinos.

Les pays arabes, qui ont souffert du terrorisme dans leurs propres chaires, depuis le Maroc jusqu'à l'Arabie Saoudite et depuis l'Indonésie jusqu'aux pays du Golfe "sont les premiers à nous indiquer le chemin à suivre" dans le cadre de cette Alliance, a estimé M. Moratinos.
Dès lors, l'Alliance des civilisations, avec la présence maintenant des Etats-Unis, démontre qu'elle est la meilleure voie à suivre dans un monde complexe et difficile comme celui que nous vivons en Afghanistan et dans d'autres régions du monde", a-t-il souligné.

Récemment, le président du gouvernement espagnol, José Luis Rodriguez Zapatero, a affirmé qu'il défendra, lors de sa réunion le 13 octobre prochain à Washington avec le président américain Barack Obama, l'idée de création d'une grande Alliance avec les pays islamiques.

Cette grande Alliance avec les pays islamiques permettra d'isoler les "radicaux violents", selon Zapatéro qui estime que cette initiative devra influer beaucoup plus sur le volet politique de la stratégie à suivre en Afghanistan et dans le conflit du Moyen-Orient, que dans les questions de sécurité.

L'idée de l'Alliance des civilisations avait été avancée en 2004 par le chef de l'exécutif espagnol et le Premier ministre turc, Recep Erdogan, afin de rapprocher l'Islam et l'Occident.

Le projet a été adopté par la suite par l'ONU qui a décidé de nommer un Comité des sages co-présidé par l'ancien directeur général de l'Unesco, l'Espagnol Federico Mayor, et un ministre d'Etat et professeur de théologie turc, Mehmet Aydin.

Parmi les autres membres, figurent l'ancien ministre français des Affaires étrangères Hubert Védrine, le président sortant de la Banque interaméricaine de développement, l'Uruguayen Enrique Iglesias, André Azoulay, conseiller de SM le Roi et l'historienne britannique des religions, Karen Armstrong.

Le Groupe de haut niveau -ou Comité des sages de l'Alliance- est chargé de formuler des recommandations concrètes à l'intention non seulement des décideurs politiques et des leaders religieux, mais aussi des Nations unies et de la société civile.
http://www.wabayn.com/monde/290909-lalliance-des-civilisations-est-la-voie-idoine-pour-lutter-contre-le-terro.html

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Post-it Re: Rapports de forces

Message par sphinx le Mar 29 Sep - 22:58

La Russie à la recherche d'un nouvel équilibre

L'intention exprimée par Dmitri Medvedev et Vladimir Poutine de se présenter aux élections présidentielles de 2012 a été perçue comme le signe d'une compétition au sommet. L'un et l'autre ont intérêt, dans le contexte actuel, à faire croire à une rivalité pour mieux masquer leur connivence. D'autant qu'ils s'accordent sur un point essentiel : privilégier la financiarisation de l'économie plutôt que sa réindustrialisation

Pour commencer, un rappel constitutionnel. En novembre 2008, le Parlement russe a décidé d'allonger le mandat présidentiel de quatre à six ans (renouvelable une fois) à partir des élections de 2012. Ce rappel est nécessaire pour comprendre les récentes déclarations de Dmitri Medvedev et de Vladimir Poutine, qui n'excluraient ni l'un ni l'autre de se représenter. Ces déclarations ont été interprétées comme le signe de divergences au sommet de l'Etat annonçant de possibles remous. Après des mois de crise aiguë, qui ont fait vaciller les ressorts de la puissance russe, elles annoncent un nouveau cycle politique et économique sans pour autant mettre en cause les fondamentaux du régime.

A l'évidence, Vladimir Poutine et Dmitri Medvedev ne sont pas dans les mêmes dispositions psychologiques. Légalement, rien n'interdit à V. Poutine, actuel Premier ministre, d'espérer occuper le pouvoir jusqu'en 2024 s'il est réélu. Il aura alors 72 ans et sera en mesure de marquer l'histoire du pays de son empreinte. Rien n'interdit non plus au président Medvedev de se représenter pour un nouveau mandat de six ans jusqu'en 2018. Il aura alors 53 ans. En cumulant les années, V. Poutine peut exercer le pouvoir pendant un quart de siècle en s'inscrivant dans une filiation allant de Pierre à Staline en passant par Catherine. Il pense désormais son destin en fonction de l'histoire russe, d'où l'importance qu'il accorde à la lecture politique de la Seconde Guerre mondiale. Symbole d'une nouvelle génération, D. Medvedev est davantage préoccupé par sa légitimité nationale et internationale : ses étalons demeurent Vladimir Poutine et les autres chefs d'État, d'où l'importance qu'il accorde à l'image de marque du pays.

Ces différences se traduiront-elles par une rivalité sourde, susceptible de déstabiliser le pays, comme en Ukraine ? L'opposition de style fait la force du tandem : Medvedev et Poutine sont, au fond, étroitement complémentaires vis-à-vis de leur opinion comme de leurs partenaires étrangers. En réalité, leurs déclarations délimitent l'espace politique russe, comme si le débat se résumait à leur dialogue à distance. Les deux hommes au pouvoir ne craignent nullement l'organisation d'une force politique rivale, mais davantage la capacité d'inertie du système, présentée par leurs entourages comme la principale force d'opposition à la réforme. Pour conserver leur liberté d'action, ils ont l'un et l'autre intérêt, dans le contexte actuel, à faire croire à une rivalité naissante pour mieux masquer leur connivence.

Cette opposition de style porte-t-elle les germes d'un débat sur le modèle politico-économique de la Russie ? La réponse est plus complexe car on sent poindre des débats d'écoles, qui ne recoupent pas forcément les entourages respectifs. La discussion porte sur la notion de modernisation et son corollaire, la nature des partenariats étrangers. Dans le discours, tout le monde, ou presque, est favorable à la diversification de l'économie. Dans les faits, la modernisation fait naître un clivage entre les tenants d'une diversification basée sur un fort contrôle étatique et les promoteurs d'une diversification basée sur l'esprit d'entreprise et l'abaissement des contraintes administratives.

Les premiers dominent en période de prix énergétiques élevés. Les seconds insistent sur le capital humain de la Russie. Cette distinction se ressent dans l'approche de l'étranger. Pour les uns, il s'agit de maintenir un niveau de tension géopolitique afin d'exercer une pression constante sur les prix énergétiques et "politiser" les échanges économiques. Cela se traduit notamment par une politique conciliante vis-à-vis du Venezuela ou de l'Opep. Pour les autres, il s'agit de poursuivre l'intégration de la Russie à l'économie mondiale, en misant notamment sur l'approfondissement de la relation UE-Russie.

Pour des raisons différentes, ces deux courants convergent sur un point capital : ils misent sur la financiarisation de l'économie russe, plutôt que sur sa réindustrialisation. La diversification se fera, selon eux, par les services, notamment financiers, afin de recycler les liquidités générées par les marchés de l'énergie. Cette approche s'explique par des raisons objectives, extérieures et intérieures : le décrochage inexorable en matière industrielle par rapport à la Chine et les projections de main‑d'œuvre laissant notamment apparaître un déficit d'ingénieurs à horizon 2020.

Cette financiarisation devrait se fonder sur un renforcement des oligarchies, qui - plan de relance oblige - ne peuvent plus faire preuve aujourd'hui de la même arrogance politique que par le passé. Cette discrétion est affaire de contexte. En d'autres termes, la bataille à venir sera moins entre D. Medvedev et V. Poutine qu'entre des groupes industrialo-financiers sollicitant leur parrainage. Courtisés, les deux hommes seront en position privilégiée pour suivre la prochaine vague de privatisation, prévue en 2010, et auront leur mot à dire, pour des prises de participation étrangère. La mort de Boris Eltsine leur a conféré une position unique. L'un et l'autre n'ont de cesse de défendre les prérogatives présidentielles : défense de la constitution et commandement des forces armées, pour mieux se distinguer des milieux d'affaires. Pour continuer à se singulariser, les deux hommes devraient continuer à s'entendre. En 2024, D. Medvedev aura 59 ans.

Thomas Gomart, directeur du centre Russie/NEI de l'Institut français des relations internationales

http://www.latribune.fr/opinions/20090928trib000427276/la-russie-a-la-recherche-d-un-nouvel-equilibre.html

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Post-it Re: Rapports de forces

Message par sphinx le Mer 30 Sep - 0:05

[b]L' « islamophobie » est-elle devenue une menace planétaire contre la liberté d'expression[/b]

Titre original : Is 'Islamophobia' a Worldwide Free Speech Threat?
By Dale Hurd - CBN News Sr. Reporter
Thursday, September 24, 2009 (*)

Traduction : Naibed.


COPENHAGUE, Danemark - La liberté d'expression dans le monde a été un symbole de la civilisation chrétienne, mais aujourd'hui il on est de moins en moins libre de critiquer l'Islam.

Au Danemark, un jeune danois de 15 ans risque la prison pour avoir distribué des tracts avertissant que le pays pourrait devenir un jour une nation musulmane et qu'il pense que c'est une une mauvaise chose. Un procureur danois a osé qualifier ces tracts de "discours de haine".
lire la suite :
http://annawatch.blogs.nouvelobs.com/archive/2009/09/29/l-islamophobie-est-elle-une-menace-planetaire-contre-la-libe.html

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Post-it Re: Rapports de forces

Message par sphinx le Jeu 1 Oct - 23:43

Iran, Palestine et Israël: 3 mensonges et une vérité

Qui peut déloger Israël de la Cisjordanie ?

Lorsque les dirigeants sionistes israéliens se déclarent représentants des survivants de l’Holocauste ou héritiers du martyre juif, c’est un mensonge grotesque. En effet, le sionisme, en tant qu’idéologie constitutive de l’Etat israélien, prône la conquête territoriale et la pureté ethnique, ce que le commun des mortels qualifie de racisme. Ce sont, bien entendu, les Palestiniens (en Cisjordanie, en Israël et à Gaza) qui en font les frais. Le dernier rapport du Conseil des droits de l’homme de l’ONU, dirigé par Richard Goldstone («juif et sioniste» selon sa fille) accuse Israël de crimes de guerre à Gaza en 2009. Selon le rapport, l’objectif de Tsahal était de «punir, humilier et terroriser». Les survivants juifs de l’Holocauste et ceux militants des droits de l’homme, condamnant les agissements anti-palestiniens des sionistes, se battent pour la cause palestinienne et refusent de voir en l’Etat d’Israël le représentant des juifs du monde entier.
Lorsque les dirigeants israéliens prétendent que critiquer l’Etat d’Israël et ses crimes en Palestine, relève de l’antisémitisme, c’est vouloir placer l’antisionisme au même niveau que l’antisémitisme. Il s’agit d’un deuxième mensonge inacceptable au service du sionisme conquérant, raciste et adepte de l’apartheid en Palestine, qui essaie de brouiller les pistes pour justifier l’injustifiable: le non respect de toutes les résolutions des Nations unies et le crime permanent contre le peuple palestinien.
Lorsqu’Ahmadinejad, président iranien, qualifie l’Holocauste de mythe, il raconte un mensonge, en confondant intentionnellement Israël, état sioniste, et les juifs qui ont subi humiliation, expropriation et un atroce génocide pendant la deuxième guerre mondiale.
Ces trois mensonges voilent une réalité, celle d’un changement de rapports de forces planétaire qui se déroule progressivement sous nos yeux depuis le 27 septembre 2007. A cette date, Condoleezza Rice, secrétaire d’état de l’administration Bush avait annoncé la tenue d’une conférence internationale destinée à discuter des moyens de garantir la stabilité politique de l’Irak. La Syrie et l’Iran étaient invités à participer à cette conférence. Dans l’article «le chant du cygne de l’unilatéralisme» (Communiqué n°23 du 4 mars 2007), nous avons analysé cette conférence comme étant le signe de l’impasse de l’unilatéralisme et la naissance de l’ère multilatérale, l’ère des puissances relatives.
Deux ans plus tard, le reflux de la puissance américaine se fait sentir partout dans la région. L’Irak ne connaît toujours pas la paix et le régime irakien se maintient grâce à la décomposition du pays. «Sachant que, dans la région autonome du Kurdistan irakien, seuls les peshmergas kurdes (sous uniforme irakien) sont habilités à manœuvrer et que, dans le Sud chiite, la presque totalité des troupes sont chiites, on peut conclure que l’armée irakienne reste loin du symbole de la réconciliation nationale» appelée de ses vœux par M. Maliki (premier ministre irakien) (1). Pendant ce temps-là, les attentats meurtriers continuent en Irak et on peut s’attendre à ce que le peuple irakien ne tarde pas à se ressaisir.
L’enlisement des armées occidentales en Afghanistan n’est plus un secret et selon certains analystes, pour sécuriser le pays «il aurait fallu pour cela environ 400 000 hommes, contre 100 000 aujourd’hui»(2). Comme au Vietnam.
Comme en Irak, en Afghanistan les mensonges les plus grotesques entourent l’intervention et les opérations militaires. Dans un entretien avec le journal Le Monde, Anders Fogh Rasmussen, le nouveau secrétaire général de l’OTAN, prétend que «la lutte contre la drogue est un succès». Il parle de la construction de 3500 écoles et affirme que «désormais 85% des Afghans ont accès aux services de santé essentiels»(3).
Concernant les «succès» contre la drogue, la secrétaire d’Etat américaine, Hillary Clinton, n’est pas du même avis et qualifie l’Etat afghan de «narco-state»(4).
Quant aux efforts de «construction», dont l’objectif serait d’attirer les faveurs des Afghans à l’égard de la présence militaire occidentale, Natalie NOUGAYREDE, journaliste au Monde, parle clairement de «l’hostilité des populations pachtounes à toute présence occidentale, quels que soient parfois les apports de la reconstruction»(2). D’autant plus que les armées occidentales sont prises dans une nasse qui pourrait se transformer en un nouveau Diên Biên Phu de l’OTAN (voir analyse 4 du 1er février 2009). Le ravitaillement des armées occidentales, par le Pakistan (Passe de Khyber) et par le Nord, sont constamment sous le feu de la résistance afghane et pakistanaise. «Depuis 2008, plus de 700 camions ont été détruits» à la Passe de Khyber(5).

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Post-it Re: Rapports de forces

Message par sphinx le Jeu 1 Oct - 23:45

Face à la Russie, les Etats-Unis ont préféré faire marche arrière et abandonné leur projet d’installation de bouclier antimissile en Europe orientale.
Le même phénomène s’observe avec l’Iran dont les propositions furent acceptées comme base de négociation avec l’Occident. Finies les conditions préalables pour discuter avec l’Iran, qui impose désormais son agenda.
Dans un article d’analyse intitulé : «le déclin annoncé des Etats-Unis», Marie-France TOINET livre quelques indices économiques du déclin de l’Amérique. De créditeurs jusqu’en 1985, les Etats-Unis sont devenus, pour la première fois depuis 1913, débiteurs. La chute fut très rapide: leur «stock» de dette extérieure (…) est devenu le plus élevé du monde, atteignant quelque 800 milliards de dollars en 1990. «Si l’on inclut les investissements en portefeuille dans la définition de la dette extérieure, les Etats-Unis sont de très loin le pays le plus endetté du monde»(5). Ou encore: «Les caisses d’épargne américaines (…) laissent une «ardoise» de plusieurs centaines de milliards de dollars.(…) Bref, l’appareil financier est en plein désarroi (…) L’infrastructure nationale a été laissée à vau-l’eau. La Federal Highway Administration estime que 23% des cinq cent soixante-quinze mille ponts sont structurellement défectueux et que le quart du réseau autoroutier est en mauvais état (...) Au total, les excès reaganiens ont accéléré le déclin américain».
Il est à souligner que les dépenses militaires colossales américaines en Irak et en Afghanistan, qui coutent chaque jour quelques 500 millions de dollars à la trésorerie américaine, aggravent d’autant plus le poids de ses dettes.
Faut-il souligner que le déclin est un phénomène qui peut s’étaler sur plusieurs dizaines d’années.
Actuellement, le rapprochement économique et financier se développe entre l’Amérique Latine et l’Afrique. Leur l’objectif serait de s’émanciper de l’asservissante domination des institutions financières euro-américaines.
Force est de constater que depuis l’ère Bush, deux camps se font face: l’Occident, mené par les Etats-Unis et l’Orient, au sein duquel sont présents différents pays, allant de la Russie, de la Chine, de l’Iran, jusqu’aux pays d’Amérique Latine tels que le Venezuela, la Bolivie et le Nicaragua. L’Iran constitue le fer de lance du camp Orient.
Signe des temps : la Colombie, avec qui le Venezuela a une frontière commune, a octroyé sept bases militaires aux Etats-Unis, provoquant l’inquiétude du Venezuela, de la Bolivie, du Brésil et de l’Argentine. Le Venezuela et la Bolivie, en dénonçant une menace pour la stabilité régionale, ont déclaré que cet accord «masque une stratégie globale de domination des Etats-Unis»(7).
Pour l’instant, les deux camps Occident-Orient sont dans un équilibre instable. Mais, la situation évoluant vite, dans un futur proche, la naissance d’une nouvelle alliance militaire, concurrente de l’OTAN, n’est pas à écarter. Cette nouvelle alliance militaire reposera-t-elle sur le traité de Shanghai? Affaire à suivre.

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Post-it Re: Rapports de forces

Message par sphinx le Jeu 1 Oct - 23:47

Le Moyen-Orient (Liban et Palestine) est le principal champ de bataille de l’affrontement Est-Ouest. C’est dans un tel climat qu’il faut analyser les impasses des «pourparlers de paix» israélo-palestiniens. Impasses, car la situation se débloquera le jour où les rapports de force militaire tourneront à l’avantage de l’Orient. Sinon, Israël continuera le blocus inhumain de Gaza, le massacre des Palestiniens et la colonisation de la Cisjordanie. La pureté ethnique, si chère aux sionistes, est à ces prix-là. Mahmoud Abbas n’en ignore rien.



De même, un blocage entre les partisans des deux camps empêche le Liban de former son gouvernement. Pour débloquer la situation, un clash militaire (où et de quelle ampleur?) serait-il indispensable? A suivre.
(1) Cécile Hennion et Sylvain Cypel- Le Monde du 23-24 août 2009.

(2) Natalie NOUGAYREDE- Le Monde du 10 septembre 2009.

(3) Le Monde du 05 septembre 2009.

(4) Le Monde du 18 septembre 2009.

(5) Le Monde du 10 septembre 2009.

(6) Manière de voir- Octobre-novembre 2009.

(7) Le Monde du 30-31 août 2009.

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Post-it Re: Rapports de forces

Message par sphinx le Lun 5 Oct - 22:45

Censure et terrorisme dans les médias au centre d'un conférence à Vienne

e rôle des médias dans la lutte contre le terrorisme et les tentatives des gouvernements de réduire la liberté d'expression sont au centre d'une conférence de deux jours réunissant journalistes, experts en sécurité et droits de l'Homme ouverte lundi à Vienne.

A l'heure où les mouvements terroristes utilisent de plus en plus souvent les médias comme canaux de communication pour menacer les populations et gouvernements d'attentats, la conférence, à l'initiative de l'Institut International de la presse (IPI), a appelé à une plus grande coopération entre gouvernants et journalistes sur les questions ayant trait à la sécurité nationale.

"Nous ne pouvons pas accepter d'être manipulés par des terroristes et leur fournir une mise en scène qui va conduire à de nouveaux actes de terrorisme", a souligné Nikolai Sintsov, porte-parole de la Commission nationale anti-terroriste russe dans une déclaration lue par un interprète.

Les récentes restrictions en matière de compte rendu dans les médias sur les opérations de lutte contre le terrorisme en Russie étaient nécessaires, selon lui, à cause de l'ignorance des journalistes des intérêts nationaux de la Russie et parce qu'ils cherchent à obtenir des "informations exclusives à tous prix".

Raphael Perl, responsable de l'unité anti-terroriste à l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) a plaidé pour davantage de compréhension et de confiance entre les gouvernements et les médias.

"Il faut être de plus en plus vigilant pour que la lutte contre le terrorisme ne soit pas utilisée comme excuse par les Etats pour réduire la liberté de la presse", a-t-il insisté.

"Les gouvernements veulent contrôler les flux d'information(...) mais les meilleurs juges pour décider ce qu'il faut écrire ou ne pas publier sont les journalistes eux-mêmes", a souligné Yossi Melman, correspondant pour les questions de sécurité du journal israélien Haaretz.

Enfin, selon Elmar Thevessen de la chaîne allemande de télévision ZDF, les médias doivent "montrer qui sont ces terroristes et ce qu'ils font. Ce n'est qu'ainsi que nous pouvons donner une chance à la société de briser les arguments des jeunes qui rejoignent les mouvements terroristes."

http://www.lemonde.fr/web/depeches/0,14-0,39-40548296@7-58,0.html

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Post-it Re: Rapports de forces

Message par sphinx le Lun 12 Oct - 22:16

Qu’avons-nous fait de la Démocratie ?


Alors que nous débattons encore pour savoir s’il y a une vie après la mort, je propose que l’on rajoute une nouvelle question à la liste : y’a-t-il une vie après la démocratie ? Si oui, de quelle vie s’agit-il ? Par « démocratie » j’entends le modèle appliqué, la démocratie occidentale libérale et ses variantes telles qu’elles existent et non pas la démocratie idéalisée ou rêvée.
Donc, y’a-t-il une vie après la démocratie ?

Lorsqu’on tente de répondre à cette question, on se lance généralement dans des comparaisons entre différents systèmes de gouvernance, pour finir par une défense quelque peu épidermique et agressive de la démocratie. La démocratie a ses défauts, disons-nous. Et aussi qu’elle n’est pas parfaite, mais c’est encore ce que nous avons de mieux à offrir. Inévitablement, quelqu’un dans la pièce dira « vous préféreriez quoi ? l’Afghanistan, le Pakistan, l’Arabie Saoudite, la Somalie… ? »

Que la démocratie soit une utopie à laquelle toute société « en voie de développement » devrait aspirer ou non est un tout autre débat. (Et je pense qu’elle devrait effectivement y aspirer. Dans sa phase initiale idéaliste, la démocratie peut-être assez réjouissante.) La question d’une vie après la démocratie s’adresse à ceux qui vivent déjà dans une démocratie ou dans des pays qui se prétendent des démocraties. Je ne propose pas un retour vers d’anciens modèles discrédités de gouvernance totalitaire ou autoritaire. Je dis que le modèle de démocratie représentative – trop de représentativité et pas assez de démocratie – a besoin d’un réajustement structurel.

En fait, la véritable question est « qu’avons-nous fait de la démocratie ? » En quoi l’avons-nous transformée ? Que devient-elle à l’usage ? Quand a-t-elle été vidée de sa substance et de sa signification ? Que se passe-t-il lorsque toutes ses institutions se métastasent en quelque chose de dangereux ? Qu’arrivera-t-il maintenant que la démocratie et le libre-marché ont fusionné en un seul organisme prédateur doté d’une imagination qui se résume à l’idée de maximiser les profits ?

Ce processus est-il irréversible ? Lorsqu’une chose a muté, est-il possible de revenir en arrière ? La survie de la planète exige une vision à long terme. Des gouvernements dont la survie dépend d’effets immédiats et mesurables à court-terme sont-ils capables d’une telle vision ? Serait-il possible que la démocratie, cette réponse sacrée à nos espoirs et prières immédiats, protectrice de nos libertés individuelles et gardienne de nos rêves les plus égoïstes, se révèle être la dernière carte jouée par la race humaine ? Serait-il possible que la démocratie remporte un tel succès chez les humains modernes justement parce qu’elle est le reflet de la plus grande de nos folies – notre myopie ?

Notre incapacité de vivre totalement dans le présent (comme le font la plupart des animaux), combinée à notre incapacité de prévoir très loin dans l’avenir, fait de nous d’étranges créatures hybrides, ni animaux, ni prophètes. Notre étonnante intelligence semble nous avoir dépouillé de notre instinct de survie. Nous pillons la Terre dans l’espoir que l’accumulation de surplus matériel compensera cette chose profonde et insondable que nous avons perdue. Je mentirais si je prétendais avoir les réponses à toutes ces questions. Mais on dirait bien que l’attrait de la démocratie est en train de faiblir et qu’on ne peut plus compter sur elle pour assurer la justice et la stabilité dont nous rêvions.

Un commis de la résistance

En tant qu’écrivain, je me suis souvent demandé si le fait d’être toujours à la recherche du mot juste, de l’information exacte et précise, ne limitait pas d’une certaine manière ma perception de la véritable ampleur des événements en cours. Serais-je en train de m’occulter une vérité plus grande ? Je crains de me fourvoyer en recherchant la précision prosaïque et factuelle alors qu’il faudrait pousser un cri sauvage ou recourir au pouvoir transformateur et véritablement précis de la poésie.

Il y a quelque chose dans la nature de la gouvernance indienne, son côté rusé, Brahmanique, inextricable, bureaucratique, paperassière, son côté « adressez-vous au service ad hoc » qui semble m’avoir transformée en une sorte de commis. Ma seule excuse est qu’il faut employer des méthodes peu conventionnelles pour révéler le réseau de subterfuges et d’hypocrisies qui recouvrent l’inhumanité, la froideur et la violence dosée de la nouvelle super puissance préférée de la planète. Une répression « par des services ad hoc » génère parfois une résistance « par des moyens ad hoc. » Pour ce qui est de la résistance, elle est insuffisante, je sais. Mais pour le moment, c’est tout ce que nous avons. Peut-être qu’un jour elle servira de point de départ pour aboutir à la poésie et le cri sauvage.

Aujourd’hui, des mots tels que « progrès » et « développement » sont devenus interchangeables avec « réformes » économiques, « déréglementation » et « privatisation ». Désormais, liberté signifie avoir le choix. Elle relève plus du nombre de marques différentes de déodorant en rayon que du domaine spirituel. Le marché n’est plus l’endroit où vous vous rendez pour faire des courses mais un espace dématérialisé où des multinationales sans visage font des affaires, y compris en achetant et en vendant « l’avenir ». Justice est devenu synonyme de droits de l’homme (et en ce qui concerne ces derniers, comme on dit, « ça ira comme ça, merci »).

Ce vol de langage, cette technique qui consiste à usurper les mots et les utiliser comme des armes, pour un usage destiné à masquer l’intention qui se cache derrière et le fait qu’ils signifient désormais exactement le contraire de ce qu’ils étaient censés signifier à l’origine, a été une des victoires stratégiques les plus brillantes des tsars de la nouvelle donne. Cela leur a permis de marginaliser leurs détracteurs, de les priver du langage pour exprimer leurs critiques et de les faire passer pour des adversaires du « progrès », du « développement », de la « réforme », et bien sûr de la « nation » - autant de négativistes de la pire espèce.

Essayez de sauver une rivière ou de protéger une forêt et ils vous diront « vous ne croyez pas au progrès ? » A ceux dont les terres sont englouties par les eaux d’un barrage, et à ceux dont les maisons sont rasées par des bulldozers, ils disent « avez-vous un modèle de développement alternatif à nous proposer ? » A ceux qui croient que le gouvernement a l’obligation de fournir aux gens une éducation, des soins, une sécurité sociale, ils rétorquent « c’est contraire aux lois du marché ». Et il n’y a qu’un crétin pour vouloir contrarier les lois du marché, n’est-ce pas ?

Pour se réapproprier les mots dérobés, il faudrait se lancer dans des explications trop compliquées pour un monde où les capacités de concentration sont limitées, et trop coûteuses à une époque où la Liberté d’Expression est hors de portée des plus pauvres. Ce détournement de vocabulaire pourrait bien constituer la pierre angulaire de notre déchéance.

Deux décennies de « progrès » en Inde ont crée une vaste classe moyenne enivrée par une richesse soudaine et le statut social qui l’accompagne – elle a crée aussi une sous-classe bien plus nombreuse et désespérée. Des dizaines de millions de gens ont été dépossédés et chassés de leurs terres par des inondations, des sécheresses, et la désertification provoquée par des opérations hasardeuse d’infrastructures massives, des barrages, des mines, des Zones Economiques Spéciales. Le tout développé au nom des pauvres mais destiné en réalité à répondre aux exigences d’une nouvelle aristocratie.

Les institutions viriles de la démocratie indienne – la justice, la police, la presse « libre » et, bien sûr, les élections – loin de constituer un ensemble équilibré de pouvoirs et contre-pouvoirs, agissent le plus souvent dans le sens contraire. Elles se protègent mutuellement pour promouvoir les intérêts supérieurs de l’Union et du Progrès. En faisant cela, elles créent une confusion et une cacophonie telles que les voix qui s’élèvent pour nous mettre en garde se perdent dans le brouhaha. Et ceci ne fait que renforcer l’image d’une démocratie tolérante, travailleuse, colorée, et quelque peu chaotique. Le chaos est bien réel. Le consensus aussi.

Une nouvelle guerre froide au Cachemire

Parlant de consensus, il y a le petit problème sempiternel du Cachemire. Lorsqu’il s’agit du Cachemire, le consensus en Inde est profond. Il traverse toutes les couches des classes dirigeantes, les médias, de la bureaucratie, de l’intelligentsia, et même de Bollywood (industrie cinématographique indienne – Ndt).

La guerre dans la vallée du Cachemire a pratiquement vingt ans et a fait environ 70.000 victimes. Des dizaines de milliers ont été torturés, plusieurs milliers ont « disparu », des femmes ont été violées, des dizaines de milliers sont devenues veuves. 500.000 soldats indiens patrouillent la vallée du Cachemire, la zone la plus militarisée au monde. (Les Etats-Unis avaient environ 165.000 soldats en Irak au sommet de leur occupation.) L’armée indienne affirme qu’elle a pour ainsi dire écrasé les mouvements militants au Cachemire. C’est peut-être vrai. Mais la domination militaire signifie-t-elle la victoire ?

Comment un gouvernement qui se targue d’être démocratique justifie-t-il une occupation militaire ? En organisation régulièrement des élections, évidemment. Les élections au Cachemire ont toujours été une histoire longue et fascinante. Les élections ouvertement truquées de 1987 ont été la première cause du soulèvement armée qui a commencé en 1990. Depuis, les élections sont devenues l’outil de précision de l’occupation militaire, un terrain de jeu sinistre pour l’Inde.

Les services de renseignement ont crée des partis politiques et des politiciens de pacotille, ils ont bâti et démoli des carrières politiques selon leur volonté. Ce sont eux, plus que quiconque, qui décident du résultat de chaque élection. Après chaque élection, la classe dirigeante indienne déclare avoir reçu un mandat populaire du peuple du Cachemire.

Au cours de l’été 2008, une dispute sur des terres allouées à Amarnath Shrine Board s’est transformée en un soulèvement massif et pacifique. Jour après jour, des centaines de milliers de personnes ont défié les soldats et les policiers, en marchant dans les rues. Du matin jusqu’à tard dans la nuit, la ville résonnait des chants « Azadi ! Azadi ! » (liberté ! liberté !). Des vendeurs de fruits pesaient les fruits en chantant “Azadi”. Les commerçants, les médecins, les propriétaires de maisons flottantes, les guides touristiques, les tisserands, les vendeurs de tapis, tout le monde avec sa pancarte, tout le monde criait « Azadi ! Azadi ! ». Les protestations ont duré plusieurs jours.

Les protestations furent massives, démocratiques et non violentes. Pour la première fois depuis des décennies, des fissures sont apparues dans l’opinion publique indienne. L’Etat indien a paniqué. Ne sachant pas trop comment gérer cette désobéissance civile de masse, l’état indien ordonna la répression. Le couvre-feu le plus strict jamais connu fut imposé, avec ordre de tirer à vue. Pendant des jours et des jours, des millions de gens ont été virtuellement mis en cage. Les principaux dirigeants du mouvement ont été assignés à domicile, plusieurs autres emprisonnés. Les maisons furent fouillées les unes après les autres et des centaines de personnes furent arrêtées.

Une fois la rébellion sous contrôle, le gouvernement a fait quelque chose d’extraordinaire : il annonça des élections. Les dirigeants indépendantistes appelèrent au boycott. Ils furent arrêtés. Pratiquement tout le monde pensait que le gouvernement indien allait se ridiculiser avec ces élections. Les services de sécurité étaient gangrénés par la paranoïa. Leur réseau sophistiqué d’espions, de traitres et de journalistes embarqués s’est mis à bourdonner de nouveau. Il ne fallait prendre aucun risque. (Même moi, qui n’avais rien à voir avec ces événements, j’ai été assignée à résidence à Srinagar pendant deux jours).

L’organisation d’élections représentait un risque énorme. Mais le pari a été gagné. Les gens sont allés voter en masse. Ce fut la plus grande participation depuis le déclenchement de la lutte armée. Le scrutin avait été organisé pour faire voter en premier les circonscriptions les plus militarisées.

Aucun analyste, journaliste ou psychologue n’a pris la peine de se demander pourquoi des gens qui avaient pris tant de risques quelques semaines auparavant avaient d’un seul coup changé d’opinion. Aucun des grand-penseurs médiatisés du grand festival de la démocratie – qui passent pratiquement leurs vies sur des plateaux de télévision lorsqu’une élection s’annonce, à décortiquer chaque sondage, chaque résultat, chaque fraction de pourcentage de vote – n’a abordé la signification d’une élection tenue sous un déploiement massif et permanent de troupes (soit un soldat armé pour 20 civils).

Personne se s’est étendu sur le mystère de centaines de candidats inconnus qui se sont matérialisés de nulle part au nom de partis politiques qu’on n’avait jamais vus dans la vallée du Cachemire. D’où venaient-ils ? Qui les finançait ? Personne ne s’est posé la question. Personne n’a parlé du couvre-feu, des arrestations massives, de la répression exercée sur les citoyens qui s’apprêtaient à voter.

Très peu ont parlé de comment les politiciens en campagne ont tout fait pour évacuer Azadi et le conflit du Cachemire de la campagne électorale qui, insistaient-ils, ne concernait que des enjeux locaux – les routes, l’eau, l’électricité. Personne n’a évoqué le fait que des gens qui vivaient sous une occupation militaire depuis des décennies – où des soldats pouvaient faire irruption dans les maisons et emmener quelqu’un à tout heure du jour ou de la nuit – pouvaient avoir besoin de quelqu’un qui les écouterait, les défendrait, les représenterait.

Le scrutin à peine clos, les élites et les grands médias ont encore une fois annoncé la victoire (de l’Inde). Le résultat le plus préoccupant a été que les habitants du Cachemire ont commencé à imiter leurs colonisateurs et à se considérer comme des gens plutôt pathétiques qui méritaient leur sort. « Ne faites jamais confiance à un Cachemiri, » m’ont conseillé plusieurs Cachemiris. « Nous sommes volages et peu fiables. » La guerre psychologique, connue sous le nom de psy-ops (psychological operations – NdT), a été l’instrument de la politique officielle au Cachemire. Les dégâts occasionnés au cours des décennies – la destruction de l’estime de soi des Cachemiris – est certainement l’aspect le plus sordide de l’occupation. Il y a là de quoi se poser la question s’il existe réellement un rapport entre élections et démocratie.

Le problème est que le Cachemire est situé sur les lignes de fractures d’une région qui croule sous les armes et glisse vers le chaos. La lutte de libération du Cachemire, mue par des sentiments clairs mais aux contours flous, est ballotée entre plusieurs idéologies dangereuses et contradictoires – le nationalisme indien (national aussi bien que « hindou », qui tend vers l’impérialisme), le nationalisme Pakistanais (qui croule sous ses propres contradictions), l’impérialisme US (rendu impatient par une économie à la dérive), et la résurgence des islamistes-médiévaux Taliban (qui sont en train de gagner rapidement en légitimité, malgré leur brutalité insensée, parce qu’ils sont perçus comme une résistance face à une force d’occupation). Chacune de ces idéologies est capable de faire preuve d’une brutalité qui peut aller du génocide à la guerre nucléaire. Si vous rajoutez les ambitions impériales de la Chine et une Russie agressive et réincarnée, et les énormes réserves de gaz naturel de la région caspienne ainsi que les rumeurs persistantes de gaz et d’uranium au Cachemire et au Ladakh, vous obtenez la recette d’une nouvelle Guerre Froide (qui, tout comme la précédente, est froide pour quelques uns et chaude pour les autres).

Au milieu de tout ça, le Cachemire est mûr pour devenir la voie de passage par laquelle se déversera en Inde toute la pagaille qui se développe en Afghanistan et au Pakistan et qui trouvera un terrain fertile parmi les jeunes en colère chez les quelques 150 millions de musulmans de l’Inde qui ont été brutalisés, humiliés et marginalisés. Les premiers signes ont été annoncés par une série d’attentats terroristes dont l’attaque à Mumbai en 2008.

Il ne fait aucun doute que le conflit du Cachemire concourt pour une place sur le podium des conflits les plus anciens et inextricables au monde – juste à côté de la Palestine. Cela ne signifie pas qu’il n’y a pas de solution. Cela signifie seulement que la solution ne se trouve pas dans la satisfaction exclusive des exigences d’une seule des parties en présence, d’un seul pays ou d’une seule idéologie. Les négociateurs devront se préparer à s’écarter de la « ligne officiel du parti ».

Bien sûr, le gouvernement de l’Inde n’a même pas encore atteint le stade de reconnaître l’existence d’un problème, encore moins la nécessité de négocier une solution. Pour le moment, il n’a aucune raison de le faire. Sur le plan international, sa côte de popularité crève le plafond. Tandis que ses voisins font face à des bains de sang, des guerres civiles, des camps de concentration, des réfugiés, des soulèvements armés, l’Inde vient juste de conclure une magnifique élection. Cependant, la « démon-cratie » ne peut pas tromper tout le monde tout le temps. Les solutions temporaires, à court terme, apportées aux troubles dans le Cachemire n’ont fait qu’amplifier le problème et l’ont profondément enfoui au point de polluer les nappes phréatiques.

La Démocratie est-elle en train de fondre ?

Peut-être que l’histoire du Glacier Siachen, le champ de bataille le plus haut du monde, constituerait la métaphore le plus appropriée pour décrire la folie de notre époque. Des milliers de soldats indiens et pakistanais y sont déployés et affrontent des vents glaciaux et des températures de moins 40. Parmi les centaines d’hommes qui y ont trouvé la mort, beaucoup ont été tués par les éléments naturels.

Le glacier est devenu une décharge parsemée de déchets de la guerre – des milliers d’obus, de bidons, d’outils, de vêtements, de tentes et toutes sortes de détritus qui sont produits lorsque des milliers d’êtres humains se font la guerre. Sous des températures glaciales, les déchets sont dans un parfait état de conservation, tel un monument érigé à la folie humaine.

Tandis que les gouvernements indiens et pakistanais dépensent des milliards de dollars en armes et logistiques de guerre en haute altitude, le champ de bataille commence à fondre. A présent, sa superficie s’est réduite de moitié. La fonte du glacier est due moins aux affrontements militaires qu’au train de vie mené par certains à l’autre bout de la planète. Ces gens-là sont gentils, et ils croient à la démocratie, à la liberté d’expression et aux droits de l’homme. Ils vivent dans des démocraties vivaces dont les gouvernements siègent au Conseil de Sécurité de l’ONU et dont les économies dépendent largement des exportations d’armes vers des pays comme l’Inde et le Pakistan (et le Rwanda, le Soudan, la Somalie, la République du Congo, l’Irak, l’Afghanistan… la liste est longue).

La fonte du glacier va provoquer de graves inondations dans le subcontinent, suivies d‘une importante sécheresse qui affectera des millions de vies. Ce qui nous donnera encore plus de raisons de nous battre. Il nous faudra alors encore plus d’armes. Et qui sait ? C’est peut-être justement cette sorte de confiance du consommateur envers le marché qui sortira le monde de la crise actuelle. Ainsi, tous ceux qui vivent dans une démocratie vivace pourront mener un train de vie encore meilleur – et les glaciers pourront fondre encore plus vite.


ARTICLE ORIGINAL
http://www.tomdispatch.com/post/175119/arundhati_roy_is_democracy_melting_

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Post-it Re: Rapports de forces

Message par sphinx le Mer 14 Oct - 22:13

Quand le Veilleur s'appelle Israël

Certains hauts dignitaires du Fatah palestinien ont proposé au mouvement terroriste palestinien Hamas de limoger Mahmoud Abbas en échange d'une réconciliation entre les deux mouvements, selon une information reprise par un journal au Qatar. Ces hauts dignitaires du Fatah ont fait remettre leur offre au chef du bureau politique du Hamas, Khaled Mechaal, qui vit à Damas , en Syrie. Cette initiative survient alors que l'Égypte met tout en œuvre - depuis des lustres - pour une réconciliation entre Mahmoud Abbas du Fatah et Haniyah du Hamas. A cet égard, je lis cette après-midi sur le wire que « Le Fatah du président Mahmoud Abbas a signé seul un projet de réconciliation avec le Hamas mis au point par l'Égypte. Le Hamas a refusé d'assister à la cérémonie commune ». Le ridicule ne tue pas...

Des hauts dignitaires du Fatah sont par ailleurs favorables à une troisième Intifada et ils l'ont prouvé ces derniers jours en attisant les provocations, sous divers prétextes fallacieux, contre les forces de sécurité israéliennes. Le fait est que le Fatah (qui lors de son dernier congrès a refusé de renoncer au terrorisme) se radicalise, d'une part, pour mieux cacher ses divisions internes ; et d'autre part, pour ne pas laisser au Hamas le monopole du terrorisme, rebaptisé « lutte armée » et « résistance », question de brouiller les cartes et de se concilier l'opinion publique ou ce qui en tient lieu.




L’armée israélienne a diffusé hier, mardi 13 octobre au soir, des images prises par un drone ayant filmé des roquettes évacuées (d’une maison du Sud-Liban, maison appartenant à un membre du mouvement terroriste Hezbollah) après une explosion présumée accidentelle. Les images filmées par le drone israélien après l’explosion montrent clairement des roquettes, y compris une « roquette » de quatre mètres de long (ça s'appelle un missile...), qui sont extraites de la maison et chargées dans des camions.

Hier mardi 13 octobre, le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan a accusé Israël d'avoir utilisé des bombes au phosphore pour tuer des enfants dans la bande de Gaza. De son côté, le ministre syrien des Affaires étrangères, Waalid Muallen, a confirmé hier mardi sur Al Jazeera que la Turquie et la Syrie ont mené des exercices militaires conjoints la semaine passée, soit la même semaine où la Turquie a brutalement décidé d'annuler l'exercice conjoint Anatolian Eagle à cause de la participation israélienne.

La Russie estime prématuré de se concentrer sur de nouvelles sanctions contre l'Iran, déclare aujourd'hui mercredi le négociateur russe du dossier nucléaire iranien, le vice-ministre des Affaires étrangères, Sergueï Riabkov. La Russie vient en outre d'opérer un rapprochement stratégique important avec la Chine lors de la toute récente visite de Poutine à Pékin.


.../...


"Quelle est la différence fondamentale entre une femme et un terroriste ? Avec le terroriste on peut négocier"
  • 3
.、スフィンクス、







http://www.intervalle-dz.com/f97-grandes-figures-de-la-nation-algerienne


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Post-it Re: Rapports de forces

Message par sphinx le Mer 14 Oct - 22:19



Si l'on relie entre eux tous ces événements ; et si l'on tente, par là-même, d'obtenir un ensemble plus facile à décrypter, cela donne à peu près ceci : le Fatah se divise et se radicalise, tout en amorçant - malgré ses divisions internes - une réconciliation avec son frère ennemi le Hamas, réconciliation dont le seul résultat potentiel reste le terrorisme et rien que le terrorisme ; autrement dit, le seul résultat reste la poursuite de la guerre contre Israël. Le Hezbollah a stocké au Sud-Liban des roquettes et des missiles (surnommés « roquettes de quatre mètres de long ») ce qui présuppose la ferme intention de reprendre - un jour - la guerre contre Israël ; et ce qui révèle, une fois de plus, l'inutilité des casques bleus de la Finul au Liban.

La Turquie, sans rompre totalement ses contacts avec Israël, opère toujours plus un rapprochement stratégique avec la Syrie. Qui elle-même s'est récemment rapprochée de l'Arabie saoudite sunnite, sans rompre pour autant avec l'Iran chiite. Là encore, les relations entre Nations musulmanes ressemblent à tout et à son contraire, c'est à dire à n'importe quoi, le seul dénominateur commun étant, comme d'habitude, le refus du droit à l'existence de l'État d'Israël.

Quant à la Russie, elle refuse de nouvelles sanctions contre l'Iran et elle se rapproche de la Chine. Ce qui, concrètement, revient à acculer Israël à déclencher - dans le court terme - des frappes contre le nucléaire offensif iranien. Le côté le plus absurde de toutes ces gesticulations incohérentes, c'est que l'Arabie saoudite et l'Égypte, toutes deux sunnites, ne voient pas d'un mauvais œil des frappes israéliennes contre le nucléaire offensif de l'Iran chiite. Et la Russie non plus ne le voit pas d'un mauvais œil, car sur le fond, Poutine, tout en vendant du matériel stratégique, y compris nucléaire, à l'Iran, ne tient pas à ce que l'Iran se dote de la bombe atomique. Le récent aller retour « secret » de Netanyahu à Moscou semble confirmer cette hypothèse.

Dans le fond, la Russie ainsi que les Nations musulmanes citées plus haut se livrent à un jeu d'échec qui ressemble à un jeu de dominos et qui, en définitive, ne veut ni la bombe iranienne ni la paix israélo-arabe. Les slaves comme les mahométans jouent donc avec le feu, sans véritable stratégie à long terme ; et sans plan d'action fixant des objectifs, des priorités, et des moyens adaptés aux objectifs, dans un ordre de priorité donné. Ce qui revient à laisser Israël décider seul quand et comment il mettra fin aux trois entités qui veulent sa destruction et qui menacent la paix globale, à savoir l'Iran, le Hezbollah et le Hamas.

Dans l'hypothèse où Israël déciderait de faire le ménage, ce ne serait finalement qu'une conséquence inéluctable de l'immaturité politique des dirigeants musulmans et de la politique pyromane de la Russie. Les USA et l'Union européenne auront beau jeu de pousser des « oh! » et des « ah! » le moment venu, cela ne changera rien à la réalité des faits, à savoir que hormis les Israéliens, absolument personne n'a le désir sincère de liquider les forces destructrices avant de négocier la paix avec les forces constructrices. L'Histoire juge sévèrement les Occidentaux dans leur lenteur et dans leur lâcheté face à Hitler. L'Histoire jugera tout aussi sévèrement les Occidentaux dans leur lenteur et dans leur lâcheté face à la terreur islamique.




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Post-it Re: Rapports de forces

Message par sphinx le Ven 16 Oct - 23:28

L’enjeu nucléaire en Iran

Dix questions sur le nucléaire iranien à Pierre Dortiguier, philosophe et spécialiste des questions internationales.

Comment jugez-vous la situation internationale de l’Iran, après la période électorale de fin de printemps ?

Il est question en Europe, selon une formule du ministre français des Affaires Etrangères et médecin, M. Kouchner, d’un principe d’ingérence dans les affaires des autres nations, lorsqu’on estime qu’elles souffrent de troubles graves ou que leur existence est un danger. Toute crise nationale ou tout jugement porté extérieurement sur une crise devrait, dans cette perspective, entraîner l’intervention médiatique, politique, militaire au besoin, de la « grande famille » des autres nations. Il y aurait donc des limites morales à l’indépendance, tout comme il y a des bornes à la liberté, sous le contrôle d’une police générale des mœurs et des conduites.

Ce principe est appliqué aujourd’hui à l’Iran. Nous concluons de là qu’une nouvelle conduite doit s’imposer aux acteurs politiques, quels qu’ils soient, dans tout pays, à commencer par les acteurs iraniens. Chacun d’eux est sous l’observation de l’ensemble des grandes puissances intitulées « communauté internationale » ou « opinion publique » qui exigent que chaque pays devienne une sorte de maison de verre où chacun peut voir ce qui s’y passe et y entrer au besoin, en brisant les carreaux.

Les élections du pays, par exemple, sont bien sûr, une affaire interne, mais le pays ne vit pas que sur lui-même ; sa politique extérieure, plus qu’autrefois, conditionne son avenir, toute difficulté qu’il veut surmonter à l’intérieur de lui-même a maintenant ses principales causes à l’extérieur du pays. En revanche, les pays étrangers exploitent toutes les dissensions intérieures pour parvenir à leurs objectifs. Pour eux l’Iran est un défi. Il y a un enjeu iranien dont tous les Iraniens ne peuvent que prendre conscience, et surtout leurs dirigeants politiques, les candidats au pouvoir, les responsables…

Quel est cet enjeu touchant l’Iran ?

Cet enjeu n’est autre que le nucléaire. Si l’Iran le maîtrise, il travaille pour son propre bénéfice, sinon il dépendra entièrement d’autrui pour son développement, de même que les pays de l’or noir, du pétrole, du gaz, dépendent, en réalité, des grandes puissances, du marché. Ils sont riches, mais cette richesse ne les préservent pas de la dépendance économique, de la consommation générale, des cours des prix.

Si l’Iran est renforcé par la politique suivie jusqu’à ce jour par ses responsables, la conséquence en sera bonne pour tous les pays en difficulté, au Moyen Orient, sauf naturellement pour le régime israélien d’extrême droite en place, c’est-à-dire le groupe sioniste qui s’est servi de l’Angleterre, des Etats-Unis et de la France pour coloniser la Palestine avec un drapeau juif et sa population fanatisée par une doctrine discutable.

Ce que veut ce groupe international, c’est l’abandon de l’indépendance énergétique de l’Iran. Même à l’époque ancienne du Shah, le premier essai de constitution d’indépendance énergétique, marqué par le réacteur de l’université de Téhéran, essai effectué avec l’aide du groupe allemand Siemens, a été mal vu, au point qu’après la révolution islamique iranienne, des hommes politiques influencés ou manipulés par les Américains et le groupe financier en question, condamnaient les recherches nucléaires comme étant une orientation politique de l’ancien régime.

Personne ne remet en question ce développement en Iran même !

En effet, mais chaque homme politique doit savoir que l’étranger en général attend que le pays s’affaiblisse pour faire pression sur lui.

Pouvez-vous être plus précis ?

Vous connaissez le proverbe : l’enfer est pavé de bonnes intentions. Cela signifie qu’il faut pouvoir avant de vouloir. Il faut qu’une équipe gouvernementale, par exemple, sente qu’elle a une liberté de manœuvre, qu’elle n’est pas perpétuellement menacée ou contestée par des rivaux, car l’étranger peut avantager l’opposition, afin de faire pression sur l’équipe en place. Aussi la sagesse exige-t-elle qu’une bonne entente patriotique, non pas la haine ou la jalousie règne entre majorité et opposition, qu’il y ait des critiques, et non pas une inimitié. Si chacun crie que l’un ou l’autre est un tyran ou un traître, c’est le pays lui-même qui est malade, qu’on peut alors l’intimider de l’extérieur. C’est un « homme malade » et les « médecins » arrivent pour se partager ses biens et le faire mourir plus vite !

Comment donc les puissances extérieures s’y prennent-elles ? Vous parlez d’influences étrangères exercées sur les personnes ?

Non, les candidats aux élections par exemple, ont tous fait leurs preuves de patriotisme par leur passé, à eux trois. C’est une évidence. Il faut seulement ne pas jouer les apprentis-sorciers, c’est à dire qu’ils prennent garde que les actes ne dépassent pas les intentions. Les ennemis extérieurs de l’Iran veulent cultiver et entretenir un climat de méfiance, au besoin par le meurtre, l’assassinat, comme dans le cas très trouble des morts dans les émeutes (exception faite des casseurs qui ont attaqué des postes de miliciens et militaires) pour que la jeunesse mette en cause le principe du régime, se désespère, ne rêve que de l’Occident comme d’une unique espérance. De nombreuses armes ont été fournies par les Américains et autres, des mercenaires et des tueurs professionnels ont été embauchés, des attentats ont été commis en période électorale, et l’on se souvient que la fille de Dick Cheney aux Etats Unis, il y a plus d’un an, était chargée de gérer un budget pour renverser l’ordre républicain. Il y a un financement américain et israélien pour cela. Chaque mort, quel qu’il soit, chaque injure lancée entre Iraniens est une victoire de l’ennemi extérieur et intérieur. L’objectif lointain est sinon la guerre civile, du moins la discorde durable installée dans la société. Les troubles sont une étape intermédiaire, mais le but final est : l’abandon du nucléaire. On veut faire lâcher l’Iran.

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Post-it Re: Rapports de forces

Message par sphinx le Ven 16 Oct - 23:34

Pourquoi la politique américaine ne changerait-elle pas envers l’Iran ? Tout peut évoluer.
Ce qui change, c’est la tactique, le mouvement des forces, mais la stratégie, c’est-à-dire la disposition des forces est identique, car elle répond à une géopolitique..

Que signifie exactement ce concept de géopolitique et quelle est, par exemple, la géopolitique des U.S.A ?

La géopolitique est une action politique fondée sur la diversité de la géographie. C’est le temps, le futur de la politique appuyé sur les conditions permanentes de l’espace géographique.. Assurer un leadership mondial en exploitant les caractères de chaque pays, préserver une stabilité du pouvoir mondial américain, faire de l’Iran le maillon d’une chaine de pays islamiques contre la Russie et la Chine afin d’exercer une pression constante contre eux. C’est la fameuse doctrine du vieux conseiller démocrate de Jimmy Carter, Zbigniew Brzezinski, telle qu’il l’a exprimée dans son livre « Le Grand Echiquier » en 1997 et en 2004 dans le rapport d’une commission présidée par lui et le Dr. Robert M. Gates, dirigée par Suzanne Maloney, conseil dans une importante compagnie pétrolière du Moyen Orient et auteur d’un ouvrage sur l’ancien président d’Iran M. Khatami. Cette étude intitulée « Iran : Temps d’une nouvelle approche » [Iran, Time of a new approach, 2004, report of an independant Task Force] a été soutenue par le Conseil des Relations Etrangères, organisation, faite d’universitaires, fondée en 1921 et qui présente des points de vue à l’administration américaine. Voici un passage que toute personne intéressée à la politique en Iran et dans le monde devrait avoir en tête : « Dans leur relation avec l’Iran, les Etats-Unis devraient abandonner la rhétorique du changement. Un tel langage évoque inévitablement l’histoire problématique de l’implication des Etats-Unis dans le coup d’Etat de 1953 qui a renversé le Premier ministre Mohammad Mossadegh. C’est pourquoi la proposition d’un changement de régime heurterait les passions nationalistes qui seraient clairement préjudiciables à la cause que pareille politique voudrait servir. Les positions et les politiques de Washington devraient bien plutôt faire entendre clairement au gouvernement et aux citoyens de l’Iran que les Etats-Unis favorisent l’évolution politique : la vision à long terme est celle d’un Iran qui s’introduit lui-même dans la démocratie de manière valable et durable » (page 42).

Est-ce que ce M. Brzezinski, dont vous parlez, a pris position nettement contre la poursuite du développement nucléaire iranien ? Est-il prêt, en d’autres termes, à faire des concessions sur la liberté iranienne de développement nucléaire, s’il estime que l’Iran répond à ses fameux critères démocratiques ? Une entente américano-iranienne est-elle alors envisagée par lui ?

M. Brzezinski refuse toute autonomie nucléaire. Il faut bien lire ce qu’écrit la commission d’universitaires qu’il co-préside avec M. Robert M. Gates. La réponse est nette : « En fin de compte, ce ne sera que dans le cadre d’un rapprochement total avec Washington qu’il y aura une perspective de persuader l’Iran de prendre la décision stratégique d’abandonner son programme nucléaire ».( ouvrage cité, page 43)

Et un véritable chantage est imposé à l’Iran par les U.S.A. et leurs alliés. On demanderait à l’Iran de s’engager à cesser en permanence ses activités d’enrichissement et de production nucléaire, soumis à une vérification internationale. En retour, la communauté internationale garantirait l’accès aux fournitures du combustible nucléaire adéquat, avec des assurances que tout le combustible dépensé serait retourné au pays d’origine, et la communauté internationale garantirait l’accès à une puissance technologique de génération avancée (dont l’exportation en Iran est habituellement restreinte). L’apprenti sorcier, dont j’ai parlé plus haut, serait celui qui succomberait à ce chant de sirènes et y conduirait ses électeurs.

La politique de M.Obama est-elle une application de cette nouvelle approche suggérée par la Task Force dont vous citez des extraits ?

Barack Obama applique la politique de son mentor et il est intéressant de voir les conséquences qui sont annoncées par le conseiller de l’ex président Carter. Tout se passe comme si nous vivions aujourd’hui pour voir se dérouler un scénario écrit il y a cinq ans. La rupture avec la politique de G.W. Bush était déjà proposée : « Essayer d’isoler le peuple iranien ne sert point la cause de la démocratie en Iran et dans la région. Le mécanisme le plus approprié et effectif pour amener un lent processus de changement de l’Iran dans la région serait d’intensifier les liens politiques, culturels et économiques entre sa population et un monde plus large. Cela impliquerait en particulier de faire entrer l’Iran dans l’initiative de partenariat U.S. au Moyen-Orient et autres programmes de réforme régionale, et d’autoriser les activités des ONG US en Iran. »

Telles sont les propositions faites à l’administration des Etats-unis. Pour les apprécier, il faut connaître l’enjeu principal, qui est le nucléaire, sans compter la question palestinienne. Mais même cette dernière question inquiète Washington et Tel Aviv parce que l’Iran marche vers son indépendance et peut donc constituer une force réelle avec laquelle il faudra compter. Dans le cas inverse, si l’Iran s’affaiblit, s’il devient dépendant, ses propos seront méprisés.

Votre conclusion générale ?

D’abord une citation classique bien connue en France, extraite d’un Traité de la connaissance de Dieu et de soi-même, datant du 17ème siècle, tout à fait conforme à la thèse de Descartes sur l’opposition de la volonté infinie à l’intelligence limitée : « Le plus grand dérèglement de l’esprit est de croire les choses parce qu’on veut qu’elles soient, et non pas parce qu’on a vu ce qu’elles sont en effet ». Vouloir est normal, voir, aussi, mais c’est différent ; les deux sont nécessaires, cependant le premier est actif et tend vers l’infini, comme les vœux ou les désirs de la jeunesse, le second est limité, précis, mais passif, il faut donc accorder l’un à l’autre. C’est tout l’art politique.

M. Brzezinski applique ce principe à lui-même : il pense que vouloir dominer le monde par ses propres forces est impossible aux Américains et par conséquent aux Sionistes liés à eux depuis 1917, à savoir depuis la Balfour declaration décidée après le retour du ministre anglais Lord Balfour d’Amérique à londres. M. Brzezinski voit les différences nationales, de caractère, de religion. Il ne faut pas heurter de front, selon lui, la nation iranienne, dénigrer l’Islam, parler de « clash des civilisations » etc.. Il n’est pas brutal, mais rusé. Il demande à l’administration américaine d’agir en douceur, d’amener les peuples à reconnaître la nécessité du leadership américain, sous prétexte de stabilité régionale, de coopération, d’échange culturel…. De là le titre de son livre « Le choix, domination globale ou leadership global » Il choisit la seconde solution, laquelle serait bien dite « la main tendue d’Obama », ou celle du financier marxiste George Soros, le père des révolutions de couleur, oranges, vertes … comme le caméléon qui prend la couleur de l’arbre où il grimpe !

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Post-it Re: Rapports de forces

Message par sphinx le Mar 17 Nov - 1:59

Comment Américains et Israéliens ont nourri l'islamisme

Dans son nouveau livre,Charles Enderlin montre comment Américains et Israéliens ont, au nom de leurs intérêts, favorisé la montée de l'islamisme... avant d'en payer le prix.

Après plusieurs livres, devenus désormais des références, sur l'histoire des négociations de paix au Moyen-Orient, Charles Enderlin publie aujourd'hui un livre passionnant sur les relations des Israéliens et des Américains avec l'islam.

Dès leur arrivée en Afrique du Nord, en 1942, et pendant toute la guerre froide, les Américains ont utilisé l'islam contre le communisme. Des officiers américains ont même poussé les Algériens à se révolter contre une France dont Washington craignait qu'elle ne tombât entre les mains communistes. Comme ils ont manipulé, dans le même but, en Italie, le Vatican et la mafia, l'un et l'autre en soutiens de la démocratie chrétienne.




"Le dirigeant pakistanais Zia Ul Hak a islamisé le pays entre 1977 et 1988 avec les dollars de la CIA"


Charles Enderlin montre parfaitement comment cette stratégie a conduit, par un terrible engrenage, tant en Afghanistan qu'au Moyen-Orient, à la montée de l'islamisme. Ainsi le dirigeant pakistanais Zia Ul Hak a-t-il islamisé le pays entre 1977 et 1988 avec les dollars de la CIA. Et ainsi est-on passé de quelques centaines de madrasas (écoles religieuses) en 1977 à plus de 8 000 en 1988.

Les Israéliens font de même avec le Hamas, l'une des branches du salafisme; un mouvement entièrement religieux, et non politique comme l'OLP (Organisation de libération de la Palestine), son antidote, qui parle en fait le même langage laïque que les chefs militaires israéliens.

Tsahal aveuglé par les promesses du Hamas

Dans un premier temps, l'armée israélienne ignore ceux qui ne "tirent" pas, ne vérifie pas ce qui se passe dans les mosquées et prend pour argent comptant les promesses du patron du Hamas, le cheikh Yassine: "Vous n'êtes pas nos ennemis. Nous combattons les apostats de l'OLP et les communistes." Ce n'est qu'après la chute du communisme qu'Américains et Israéliens réalisent le danger du radicalisme religieux.

Mais il est trop tard et ils sont paralysés. Charles Enderlin montre bien que tout dialogue est alors impossible: le Hamas refuse de parlementer avec Israël, dont il veut la disparition. Et les Israéliens comprennent bien tard que ce qui compte, ce ne sont pas les belles paroles des dirigeants politiques palestiniens, installés à Damas, mais les décisions des imams et des cheikhs dans les mosquées de Gaza.

Ainsi, en dix ans, les laïques des deux camps (travaillistes israéliens et Fatah), qui avaient fini par réussir à se parler et même à s'entendre, sont discrédités par les religieux de chaque bord, qui se retrouvent dans le rejet de la rationalité et des valeurs démocratiques ; transforment un conflit territorial en une guerre de religions, rendant impossible toute négociation. On peut faire des compromis sur le tracé d'une frontière, pas sur la nature de Dieu.

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Post-it Re: Rapports de forces

Message par sphinx le Jeu 19 Nov - 1:26

Comment les Etats-Unis ont organisé une tentative de putsch contre le Hamas

Quand les Palestiniens sont eux aussi victimes de la politique de "Regime Change" de l'Administration Bush

Près d'un an après la division politique entre la Cisjordanie et la Bande de Gaza, je me propose dans cet article de revenir sur l'enchaînement des événements qui ont conduit à cette division sans précédent dans l'histoire du mouvement national palestinien. Il apparaît en effet aujourd'hui que, loin d'être le seul produit de "rivalités inter-palestiniennes", ces événements portent la marque de la politique de "regime change" de l'Administration Bush. Le but de ce travail n’est pas de faire des "révélations", l’essentiel des éléments de cet article sont connus de ceux qui suivent de près l’actualité politique palestinienne. Il s’agit plutôt, en opérant "ce retour en arrière", de mieux comprendre la situation politique et les dynamiques actuelles dans les territoires palestiniens.

« Regime Change » ? 1

La doctrine du « Regime Change », ou « Changement de régime », n’est pas une invention de l’Administration Bush. Un simple regard sur l’Histoire du 20ème Siècle nous offre de multiples exemples de tentatives, réussies ou non, de remplacement d’un régime au moyen d’une intervention extérieure directe ou indirecte : Iran (1953), Guatemala (1954), Cuba (1961, entre autres…), Chili (1973), Panama (1989), Somalie (1993)… La liste est longue et elle n’est pas exhaustive. Cette pratique n’est pas l’apanage des Etats-Unis : l’URSS y a aussi eu recours dans les pays de l’Est, de même que la France en Afrique.
L’Administration Bush l’a simplement réactualisée, que ce soit par son soutien appuyé à des mouvements d’opposition à des pouvoirs en place (Géorgie, Ukraine, Liban, Venezuela) ou par des interventions militaires directes (Afghanistan, Iraq). Une constante demeure, quelles que soient l’époque et la méthode : il s’agit de remplacer un régime jugé hostile aux intérêts économiques, politiques et diplomatiques de la (ou des) puissance(s) initiatrice(s) du « Regime Change » par un régime « ami ». Il peut s’agir aussi parfois de « sauver » un régime allié menacé de renversement par des élections démocratiques ou par un mouvement populaire, comme ce fut le cas pour les interventions soviétiques en Hongrie (1956) ou en Tchécoslovaquie (1968).
Un peu moins d’un an après les affrontements armés entre milices du Fatah et du Hamas à Gaza qui ont abouti à la division politique entre la Cisjordanie et la Bande de Gaza avec la mise en place, le 18 juin 2007, du « Gouvernement d’urgence » de Salam Fayyad en Cisjordanie, il est désormais établi que les Palestiniens n’étaient pas les seuls acteurs des « événements ». Je me propose à présent de synthétiser les divers éléments qui amènent à conclure que ce sont bel et bien l’Union Européenne, Israël et surtout les Etats-Unis, aidés par de hauts responsables de l’Autorité palestinienne, qui ont organisé la tentative semi-avortée de renversement du gouvernement dominé par le Hamas, et ce dès le lendemain des élections législatives de janvier 2006.

La victoire électorale du Hamas

L’écrasante victoire du Hamas lors des élections législatives de janvier 2006 a été, pour beaucoup, une surprise. Si de nombreux observateurs prévoyaient que le Hamas pourrait devancer le Fatah, peu s’attendaient à ce que le mouvement obtienne une telle majorité (74 sièges sur 132, contre 45 au Fatah). Au Hamas même, certains ont été étonnés. Mohammad al-Rantissi, frère du dirigeant historique Abd al-Aziz al-Rantissi 2 expliquait ainsi en décembre 2005 que le Hamas espérait obtenir suffisamment de voix pour être une opposition conséquente mais surtout pas se retrouver en situation de devoir prendre les commandes de l’Autorité palestinienne 3.

Au Fatah aussi, même si plusieurs militants et cadres avaient senti souffler le vent de la défaite, la surprise a été réelle, notamment pour les dirigeants ou ex-dirigeants de l’Autorité Palestinienne (AP). Lors d’une rencontre en mars 2007, Kifah al-Wawi, candidat du Fatah sur la liste nationale, me rapportait un événement significatif : durant la campagne électorale, lors d’une réunion publique près d’Hébron, Jibril Rajoub, ancien responsable de la Sécurité Préventive en Cisjordanie, balayait les critiques faites à l’AP par des sympathisants du Fatah avec ces mots : « Vous pouvez nous critiquer mais les gens ne mettront pas le Hamas au pouvoir. Avec ou sans vos voix, nous gagnerons » 4.

Mais c’est en Israël et surtout aux Etats-Unis que la surprise a été de taille. En Israël les Services de Renseignements ont été publiquement accusés d’incompétence pour ne pas avoir anticipé le raz-de-marée électoral du Hamas. De l’autre côté de l’Atlantique, même les plus hauts responsables ont reconnu leur erreur d’appréciation. « J’ai demandé pourquoi personne n’avait rien vu venir » a ainsi déclaré Condoleeza Rice. « Je ne connais personne qui n’ait été pris au dépourvu par la démonstration de force du Hamas » 5. Le désarroi a été d’autant plus grand que c’est sous la pression de Georges W. Bush que Mahmoud Abbas (Abu Mazen) avait accepté de convoquer des élections législatives. Après avoir contraint Yasser Arafat à créer un poste de Premier Ministre en 2003, Bush espérait que les élections seraient l’occasion de la mise en place d’un gouvernement palestinien légitimé par les urnes et disposé à négocier un « plan de paix » conformes aux visées états-uniennes.
C’est le contraire qui s’est produit. La population palestinienne a saisi l’occasion des élections législatives pour exprimer son rejet des pratiques mafieuses de la direction sortante de l’AP et son refus des compromissions et de la collaboration avec l’occupant israélien. Le parti d’Ismaïl Haniyah est apparu dans les territoires palestiniens comme le plus crédible pour exercer ce mandat. Le Hamas l’a emporté pour des raisons essentiellement politiques et non religieuses 6. Pour l’Administration Bush, la réponse à cette Intifada électorale, obstacle majeur dans ses projets de réorganisation politique et économique du Moyen-Orient, tenait en 2 mots : Regime Change.

Le plan Etats-unien

La rapidité et la vigueur de la réaction ont été à la hauteur de la surprise provoquée par la victoire du Hamas. Tandis que le boycott diplomatique et économique était organisé par les pays occidentaux, Etats-Unis et Union Européenne en tête, ainsi que par une partie des pays arabes, qu’Israël cessait de reverser à l’AP les taxes sur les importations et menait une offensive d’ampleur contre le Hamas (arrestation de plusieurs dizaines de députés et de Ministres, bombardements massifs de Gaza, place-forte du mouvement, au printemps et à l’été 2006) un plan était élaboré à Washington pour renverser le nouveau pouvoir et mettre en place un gouvernement qui se conformerait aux projets de l’Administration Bush.
Le plan élaboré aux Etats-Unis sera, sur le papier, relativement simple :
- Maintenir et accentuer les sanctions politiques et économiques contre le nouveau pouvoir palestinien.
- Faire porter au Hamas la responsabilité de la dégradation des conditions de vie de la population palestinienne consécutive aux sanctions.
- Exiger du Hamas, pour que les sanctions soient levées, qu’il accepte les conditions du « Quartet pour le Proche-Orient» : reconnaissance d’Israël, renonciation à la lutte armée et acceptation des accords antérieurs, notamment les Accords d’Oslo.
- S’assurer que suite au fort probable refus du Hamas, Abu Mazen convoque des élections législatives anticipées ou forme un gouvernement d’urgence, disposé à négocier aux conditions précitées, duquel le Hamas serait exclu.
- Donner les moyens financiers et logistiques aux forces de sécurité fidèles à Abu Mazen d’en découdre militairement avec un Hamas qui tentera nécessairement de s’opposer au retour au pouvoir de la direction sortante de l’AP dans de telles conditions.
Pris de cours par la victoire du Hamas, les Services états-uniens vont mettre plusieurs mois à élaborer ce scénario de « Regime Change ». Deux éléments sont en effet décisifs pour que le scénario aboutisse : le premier est de choisir le moment opportun ; le second est de disposer, du côté palestinien, d’alliés fiables et déterminés à aller à la confrontation, militaire si nécessaire, avec le Hamas. Le moment opportun sera l’automne 2006, après l’offensive militaire israélienne contre la Bande de Gaza et le blocus qui s’ensuit. Les alliés palestiniens sont tout désignés : Abu Mazen et son cercle restreint (notamment Nabil Amr et Yasser Abd Rabbo), représentants d’une classe politico-mafieuse produite par les Accords d’Oslo, qui sait qu’elle risque de tout perdre suite à la victoire de Hamas. Ces individus et leurs proches multiplient les rencontres avec des représentants des Etats-Unis dès le printemps 2006. Un autre homme va être appelé à jouer un rôle-clé dans le scénario élaboré par l’Administration US : c’est Mohammad Dahlan.
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Post-it Re: Rapports de forces

Message par sphinx le Jeu 19 Nov - 1:33

« Mohammad Dahlan est notre homme » (Georges W. Bush)

Mohammad Dahlan, né en 1961, ancien dirigeant de la Shabiba (organisation de jeunesse du Fatah) à Gaza, a séjourné plusieurs années dans les prisons israéliennes avant d’être banni des territoires palestiniens en 1988. Il rejoint alors la direction de l’OLP à Tunis et va progressivement se rapprocher d’Abu Iyad 7, acquérir une place centrale dans l’appareil sécuritaire de la centrale palestinienne et être associé à l’équipe qui mènera les négociations avec Israël. C’est précisément pour discuter de questions sécuritaires qu’il participe en janvier 1994, à Rome, à une rencontre avec des responsables de l’armée et des renseignements israéliens 8. Cette rencontre secrète, organisée dans le cadre du processus d’Oslo, scelle la coopération entre le futur appareil sécuritaire de l’AP et les services israéliens, notamment dans leur objectif commun de neutralisation du Hamas.
A son retour dans les territoires palestiniens en 1994, Dahlan est nommé responsable de la Sécurité Préventive (SP) à Gaza. Il exercera cette fonction pendant 8 ans. La SP est un organe dont la tâche, selon les termes très explicites de l’un de ses dirigeants, est de « surveiller les partis politiques, les organisations et la population afin que le gouvernement puisse gouverner » 9. Au cours des années 2000, il prend ses distances vis-à-vis de Yasser Arafat, multipliant les appels à la réforme de l’AP et au renouvellement de son leadership. Il démissionne de la SP en juin 2002. En avril 2003, le Premier Ministre Abu Mazen le nomme Ministre de la Sécurité Intérieure malgré les objections d’Arafat. Il quitte ses fonctions lors de la démission d’Abu Mazen en septembre et fait son retour au gouvernement en février 2005, lorsqu’il est nommé Ministre des Affaire Civiles du 3ème Gouvernement d’Ahmad Qurai. Lors des législatives de janvier 2006, il est réélu député dans la circonscription de Khan Younes.
Depuis le début des années 90, Dahlan entretient des liens appuyés avec les Etats-Unis et Israël. Il a en outre construit une relation privilégiée avec plusieurs responsables des services de sécurité égyptiens d’Hosni Moubarak. Durant les mandats de Bill Clinton puis ceux de Georges Bush, il a multiplié les rencontres avec des représentants de l’Administration US et de la CIA. D’après des officiels états-uniens, Georges Bush aurait dit de lui, après une rencontre en 2003 : « C’est notre homme » 10. Dahlan déclare de son côté en 2008, au sujet de Georges Tenet, Directeur de la CIA de 1997 à 2004 : « C’est tout simplement un homme juste, un grand homme. J’ai encore, de temps en temps, des contacts avec lui » 11.

De nombreux dirigeants israéliens le jugent digne de confiance, que ce soit en raison de ses critiques de la gestion de l’AP par Yasser Arafat ou de son attitude implacable face au Hamas. Sous sa direction, la Sécurité Préventive de Gaza a entre autres participé à la répression violente (14 morts) d’une manifestation organisée par le Hamas et le Jihad en novembre 1994 et à la vague d’arrestations consécutive à la campagne d’attentats-suicides de février-mars 1996 (plusieurs centaines de sympathisants et membres du Hamas interpellés). En avril 2002, le Ministre de la Défense israélien Benyamin Ben Eliezer déclarait devant la Knesset qu’il venait de proposer à Dahlan de prendre le contrôle de la Bande de Gaza 12.

Le nom de Mohammad Dahlan est également associé aux guerres fratricides qui ont eu lieu au sein de l’AP et du Fatah à partir de 2001, lorsque s’est posée la question de la succession d’un Yasser Arafat désormais mis hors-jeu par Israël et les Etats-Unis. Dahlan est soupçonné d’avoir développé un vaste réseau de corruption et d’avoir entretenu une milice privée de plusieurs centaines d’hommes afin de se construire une place-forte à Khan Younes (dans le Sud de la Bande de Gaza) et de mieux pouvoir assouvir ses ambitions personnelles. Certains l’accusent d’être indirectement lié à l’assassinat, en septembre 2005, de Moussa Arafat, cousin de Yasser Arafat nommé en 2004 chef de la SP à Gaza pour contenir l’influence de Dahlan.

Ultime élément, et pas des moindres, en juillet 2007, une lettre datant de 2003 était découverte dans ses anciens bureaux de Gaza, dans laquelle il s’adressait en ces termes à Shaul Mofaz, alors Ministre israélien de la Défense : « Soyez certain que les jours de Yasser Arafat sont comptés, mais laissez-nous en finir avec lui selon nos méthodes, pas selon les vôtres. Et soyez également assuré que (…) je donnerai ma vie pour tenir les promesses que j’ai faites devant le Président Bush » 13.Dahlan n’a jamais contesté l’authenticité de la lettre.

Les « conseils amicaux » des Etats-Unis

Pour les Etats-Unis Dahlan devra être au cœur du dispositif de Regime Change, en charge des questions sécuritaires. Un soutien financier lui est apporté et les Etats-Unis se mettent à sa disposition pour former et armer ses hommes. Dès les mois qui suivent les élections, ses milices fomentent des troubles dans la Bande de Gaza et de premiers affrontements ont lieu avec les groupes armés liés au Hamas. Il est également à l’initiative de manifestations « anti-gouvernementales » devant les Ministères. Tandis que l’instabilité se répand dans les territoires palestiniens, des pourparlers s’engagent à l’automne 2006 pour la formation d’un gouvernement d’Union Nationale sous la pression de la population et des partis politiques. Les Etats-Unis et Mohammad Dahlan tentent alors de dissuader Abu Mazen de parvenir à un accord.

Une note remise au Président palestinien par le Consul Général des Etats-Unis à Jérusalem, à la fin de l’année 2006, qui aurait dû demeurer confidentielle mais qui a été révélée par David Rose en mars 2008 14 et authentifiée par divers responsables états-uniens et palestiniens, donne a posteriori raison à ceux qui, dès 2006, ont dénoncé le coup d’Etat en préparation 15. J’en cite ici de larges extraits :« La Secrétaire d’Etat Rice m’a demandé de vous rencontrer afin de discuter des moyens par lesquels nous pouvons avancer ensemble. (…) Comme vous l’avez entendu à New York, le Président Bush veut vous soutenir. (…) Mais notre capacité à vous aider dépend en grande partie de vous. Nous pouvons faire beaucoup plus si un gouvernement de l’AP se met en place, qui accepterait totalement et clairement les principes du Quartet. Des Etats arabes clés sont également prêts à vous soutenir dans cette démarche. (…) Nous savons que vous évaluez les différentes options. Nous voyons 3 éléments vitaux qui devraient faire partie de votre stratégie, quelle qu’elle soit : 1) Adressez-vous au public : rendez publique votre intention de former un nouveau gouvernement et expliquez ce qu’un tel gouvernement pourrait apporter au peuple palestinien ; 2) Le Hamas devrait avoir à faire un choix clair, avec une date-limite claire : le Hamas disposerait d’un délai limité pour répondre : soit ils acceptent un nouveau gouvernement qui se conforme aux exigences du Quartet, soit ils le rejettent ; 3) Les conséquences de la décision du Hamas devraient elles aussi être claires : si le Hamas ne répondait pas favorablement dans le délai prescrit, vous devriez expliquez clairement votre intention de déclarer l’état d’urgence et de former un gouvernement d’urgence explicitement dévoué à ce programme.
(…) Nous pensons aussi que vous devez immédiatement renforcer votre équipe. Nous pensons que vous devez y inclure des personnalités bénéficiant d’un fort crédit dans la communauté internationale (…). Nous travaillons déjà à des projets de soutien à la Garde Présidentielle et aux Forces de Sécurité Nationale (…). Si vous agissez en vous inscrivant dans ces perspectives, nous vous soutiendrons tant matériellement que politiquement » 16.
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Post-it Re: Rapports de forces

Message par sphinx le Jeu 19 Nov - 1:42

Le piège du Gouvernement d’union nationale et le « plan B »

« L’option » choisie par Abu Mazen, au grand désarroi des Etats-Unis et de Dahlan, est de trouver un accord de principe avec le Hamas en vue de la formation d’un gouvernement d’union nationale. Ce gouvernement est néanmoins un piège tendu à un Hamas lui aussi sous pression, notamment de l’Arabie Saoudite : il permet de remettre au pouvoir une partie de la direction sortante (et battue) de l’AP et d’exiger ensuite du Hamas, au nom de l’unité, qu’il se soumette publiquement aux exigences du Quartet. L’accord est signé à la Mecque en février 2007. Mais dans les territoires palestiniens personne ne croit à la viabilité du nouveau gouvernement, d’autant plus que très rapidement, conformément à la volonté états-unienne, Abu Mazen va imposer des conditions inacceptables pour le Hamas.
Les Etats-Unis réadaptent en effet leur stratégie à la lumière des Accords de La Mecque. Un nouveau document est élaboré, intitulé « Plan pour la Présidence palestinienne en 2007 » ou « Plan B ». Deux noms apparaissent à plusieurs reprises dans le document, en plus de celui d’Abu Mazen : Salam Fayyad, ancien haut fonctionnaire à la Banque Mondiale et au Fonds Monétaire International, et Mohammad Dahlan. Ils sont au cœur du dispositif que les Etats-Unis souhaitent mettre en place pour aboutir à une chute rapide du Gouvernement d’Union Nationale et l’éviction définitive du Hamas de la direction de l’AP. Abu Mazen devra confier à Fayyad la gestion de l’ensemble des ressources financières de l’AP et à Dahlan la gestion de son appareil sécuritaire, qui devra être réformé. Conformément aux souhaits états-uniens, Fayyad sera nommé Ministre de l’économie du nouveau gouvernement et Dahlan Conseiller National à la Sécurité (CNS) du Président Abbas, malgré les protestations du Hamas.
La première version du « Plan B », révélée elle aussi par David Rose, indique qu’il s’agit, via la réforme des services de sécurité et la nomination de Dahlan à leur tête, de « maintenir sous le contrôle indépendant du Président Abbas les forces de sécurité clé (…) par l’intermédiaire du CNS [et d’] éviter l’intégration du Hamas dans ces services » 17. Plus loin on peut lire que depuis le début de l’année 2007, « le CNS Dahlan supervise, en coordination avec le Général Dayton, l’effort accompli pour entraîner et équiper une force de 15 000 hommes sous contrôle du Président Abbas afin d’établir la loi et l’ordre, de stopper le terrorisme et de dissuader les forces [armées] extra-légales » 18. Dans la version définitive du « Plan B » on peut lire que les Etats-Unis s’engagent à « fournir aux personnels de sécurité les équipements nécessaires et les armes afin qu’ils puissent accomplir leur mission » 19. Une nouvelle étape va donc être franchie. Malgré les réticences d’Abu Mazen , qui jusqu’au bout espère pouvoir reprendre le contrôle de l’AP sans effusion de sang, le feu vert est donné à Dahlan.

Le « coup de force » de Gaza

Dès lors la machine est lancée. Dahlan multiplie les déclarations provocatrices à l’égard du Hamas ; depuis les camps d’entraînement sous supervision US (en Jordanie, en Egypte et à Jéricho), ses hommes affluent dans la Bande de Gaza avec la bénédiction d’Israël et les armes des Etats-Unis ; les incidents se multiplient avec les groupes armés liés au Hamas, notamment à partir du mois d’avril, lorsque l’existence du « Plan B » est révélée dans plusieurs journaux arabes 20. La bataille autour du contrôle des forces de sécurité fait rage, le Hamas ayant décider de créer sa propre Police dans la Bande de Gaza. Le 14 mai, Ismail Haniyah accepte la démission d’Hani al-Qawasmi, le Ministre de l’Intérieur (« indépendant »), qui affirme qu’il n’a en fait aucun contrôle sur les forces de sécurité de l’AP et qu’il ne peut rien faire pour stopper les combats.
Au début du mois de juin on compte déjà plusieurs dizaines de morts dans les deux camps. Tandis que dans la presse arabe et dans les rues palestiniennes, Abu Mazen et Dahlan sont déjà surnommés depuis plusieurs mois les «Pinochet du Moyen-Orient » 21, dans les pays occidentaux et en Israël on accuse le Hamas de fomenter les troubles, d’avoir une attitude anti-démocratique et de mettre en péril la fragile unité nationale palestinienne. Abu Mazen et Dahlan tiennent à peu le même discours. Le Président palestinien accuse même le Hamas d’être lié à al-Qaeda. « Les putschistes du Fatah, dans la tradition de tous les régimes arabes non-élus qui ont eux aussi organisé leurs propres coups d’Etat (…), ont déclaré que leurs ennemis démocratiquement élus étaient les « putschistes », ceux qui conduisaient le peuple palestinien vers de « sombres » abysses ». 22

Durant les deux premières semaines de juin les combats se multiplient et chacun comprend que l’affrontement d’ampleur est désormais inévitable. Le 13 juin le parti d’Ismail Haniyah prend l’initiative d’en finir avec les forces de Mohammad Dahlan avant que l’ensemble des armes et des hommes entraînés par les Etats-Unis ne rejoignent la Bande de Gaza et que Dahlan ne décide de lancer la dernière phase de l’offensive. En à peine 24 heures les hommes du Conseiller National à la Sécurité, qui ne bénéficient d’aucun soutien dans la population gazaouie, contrairement à ce que pensaient les stratèges états-uniens, sont balayés par le Hamas et ceux qui le peuvent tentent de s’enfuir de la Bande de Gaza. Plusieurs centaines d’entre eux s’entassent à la frontière entre Gaza et Israël, où ils bénéficient de la protection des forces israéliennes, qui va en outre faciliter leur transfert vers la Cisjordanie.
Abu Mazen et Dahlan savent que le pustch a échoué. Le 14 juin Abu Mazen révoque le gouvernement d’Union Nationale et décrète l’état d’urgence. Le 16 juin il refuse une réunion de crise avec la direction du Hamas en Syrie. Il se rend, accompagné de Dahlan, à une rencontre avec le Consul Général des Etats-Unis. Le lendemain il nomme un « gouvernement d’urgence » sous la direction de Salam Fayyad. L’état d’urgence permet à Abu Mazen et Fayyad de contourner la procédure normale, qui aurait impliqué un vote de confiance du Conseil Législatif Palestinien. Le Premier Ministre Fayyad est imposé, y compris à Abu Mazen, par l’Administration Bush alors que son parti « Troisième Voie » n’avait pas franchi la barre des 2% lors des législatives de janvier 2006. Les Etats-Unis, l’Union européenne et Israël annoncent la levée des sanctions économiques et diplomatiques, reprennent les versements d’argent au gouvernement de Fayyad et le reconnaissent comme « seul gouvernement légitime » de l’AP. Le Hamas a fait une démonstration de force dans le Bande de Gaza mais ne peut ni ne veut s’opposer à Abu Mazen et Fayyad en Cisjordanie : pourquoi se battre pour « prendre le contrôle » de zones autonomes qui sont en fait sous occupation israélienne ?

Conclusion : après l'échec de Gaza, bientôt celui de la Cisjordanie...

La journaliste israélienne Amira Hass avait raison lorsqu’elle écrivait, dès octobre 2006 , au sujet des affrontements « interpalestiniens » : « Ce n’est pas une affaire interne palestinienne » 23. Toute la séquence qui a suivi les élections législatives de janvier 2006 est en effet marquée par les interventions extérieures, notamment états-uniennes, visant à modifier les dynamiques politiques des territoires palestiniens. Les divers éléments que j’ai tentés de rassembler ici montrent sans ambiguïté que les « événements » de Gaza en juin 2007 ne sont que le produit d’une tentative de Regime Change orchestrée par l’Administration Bush et une fraction de la direction sortante de l’AP, prête à tout pour revenir au pouvoir.
Si l’on se situe du point de vue des objectifs des Etats-Unis, la tentative de putsch a été un échec. Les alliés palestiniens de Washington n’ont pas pris le contrôle de la Bande de Gaza, le Hamas n’a pas été mis hors-jeu même s’il est affaibli et il n’existe pas aujourd’hui de représentation palestinienne qui pourrait prétendre être légitime pour négocier un « plan de paix » made in USA. Certes, Gaza est isolée et coupée du monde. Certes, un gouvernement « ami » est aujourd’hui en place en Cisjordanie, qui s’est fixé pour principale tâche de désarmer la résistance et de soumettre l’économie palestinienne aux principes du libre-échange. Certes, les négociateurs palestiniens négocient et affirment à qui veut l’entendre que « tous les espoirs sont permis ».
Mais derrière les apparences, la réalité est toute autre. La Bande de Gaza est une véritable bombe à retardement, qui tôt ou tard va exploser au visage de ceux qui ont voulu jouer aux apprentis sorciers en tentant par la force de changer le verdict des urnes. En Cisjordanie, le gouvernement Fayyad est impopulaire dans quasiment tous les secteurs de la société palestinienne, à part chez les hommes d’affaires. Même au Fatah on le critique ouvertement. Les spectaculaires opérations de « rétablissement de la sécurité » à Naplouse et à Jénine et les multiples arrestations de militants et sympathisants du Hamas ne sont en aucun cas une démonstration du faut que l’AP pourrait contenir un nouveau soulèvement. En outre, personne ne croit sérieusement que les négociations en cours vont aboutir à une solution juste pour le peuple palestinien. Abu Mazen lui-même est revenu « extrêmement déçu » de sa dernière visite à Washington…
Les tergiversations d’Abu Mazen et le lamentable échec de Dahlan à Gaza ont conduit les Etats-Unis à placer tous leurs espoirs en leur nouvel homme de confiance : Salam Fayyad. Il a désormais accès aux comptes de l’OLP et de l’AP et gère donc en conséquence l’immense manne financière des « aides internationales ». Il a remplacé les responsables des divers services de sécurité de Cisjordanie en mettant « à la retraite » tous ceux qui avaient un passé politique ou militaire dans le Fatah ou l’OLP et en les remplaçant par des hommes de confiance. Pour l’instant l’édifice construit par l’Administration Bush tient debout. Mais pour combien de temps ?
Car contrairement à Abu Mazen, Fayyad n’a aucune légitimité « historique », que ce soit dans le Fatah ou dans l’OLP, et ne peut jouer d’un passé dans le mouvement de libération nationale pour faire accepter aux Palestiniens des accords au rabais. Contrairement à Dahlan il n’a pas de réseaux et de milices dévouées qui pourraient le soutenir au cas où la situation redeviendrait instable. On peut l’affirmer sans prendre de risque : après l’échec du pustch à Gaza, c’est en Cisjordanie que la politique états-unienne de Regime Change va bientôt montrer ses limites.

Et Mohammad Dahlan, me direz-vous ?
Depuis sa déroute à Gaza et la révélation de sa lettre à Shaul Mofaz, il ne fait pas trop parler de lui. Le parcours de cet individu interdit néanmoins d’en conclure qu’il ne prépare pas, d’une façon ou d’une autre, son retour sur la scène politique palestinienne. Mais il est provisoirement tombé en disgrâce. Pour lui signifier qui était le nouveau patron, Salam Fayyad a ordonné, dès juillet 2007, la saisie de 7 millions de dollars sur ses comptes bancaires, l’accusant de détournement de fonds...

Qui a dit que les loups ne se mangeaient pas entre eux ?

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Post-it Re: Rapports de forces

Message par sphinx le Sam 5 Déc - 2:04

À la guerre, comme à la guerre...

Je suis outré lorsque j'entends tous ces politiciens et tous ces éditorialistes accuser le gouvernement d'avoir laissé nos soldats remettre leurs prisonniers entre les mains de gens qui étaient susceptibles de les torturer. Messieurs, et vous aussi, Mesdames, n'avez-vous pas applaudi lorsque vos députés ont unanimement voté pour l'envoi de troupes en Afganistans? Ne saviez-vous pas que nous entrions alors en guerre et que la guerre n'est pas une affaire de gentlemen?



Nous voulions faire la paix, direz-vous? Mais la paix, ce n'est pas la guerre: ça en est même tout le contraire. On ne fait pas la guerre pour avoir la paix, mais bel et bien pour s'emparer d'un territoire et en chasser ceux qui le défendent.

Nous voulions y apporter la démocratie? On ne fait pas la guerre pour imposer nos belles valeurs à un peuple récalcitrant: on la fait pour s'emparer d'un territoire et en chasser ceux qui le défendent.

Nous voulions y apporter la justice? On ne fait pas la guerre pour imposer la justice; on la fait pour s'emparer d'un territoire et en chasser ceux qui le défendent.

Les Américains ne sont pas entrés en guerre lors de la Deuxième Guerre mondiale pour sauver les juifs de l'Holocauste et les anglais de l'humiliation; ils sont entrés en guerre lorsqu'ils ont vu leur propre territoire menacé. Les Américains ne sont pas entrés en guerre en Afganistan et en Irak pour y faire la paix, mais pour défendre leur intérêt économique menacé. À la guerre, il n'y a pas de bon coté. Le seul bon coté à la guerre, c'est la paix.

Vous souvenez-vous, messieurs/dames les députés du Bloc, du PC, du PLC, du NPD, de ce que vous avez fait lorsqu'il a été question d'envoyer nos troupes en Afganistan? Je n'ai jamais eu autant honte de mes représentants gouvernementaux. Tous ces hommes et toutes ces femmes - ce n'était pourtant pas des jeunots - qui ont approuvé la position gouvernementale n'avaient donc aucun souvenir? Ne se souvenaient-ils pas que toutes les guerres sont engendrées les unes par les autres? Ne savaient-ils pas que toutes les guerres auxquelles l'humanité a été confrontée depuis des millénaires l'ont toujours fait régresser et qu'on ne peut pas changer cette réalité?

La guerre, c'est la guerre. On y envoie des soldats dont le devoir est de tuer et de contraindre; c'est le règne de la force contre celui du respect; c'est le règne de l'orgueil contre celui de l'humilité; c'est le règne du carnage contre celui de la paix.

C'est à ça que nous avons envoyé nos soldats et nous n'avons tous aujourd'hui qu'à nous en prendre à nous-mêmes si nos soldats se sont conduits comme des soldats prêts à tuer pour conquérir un territoire, et non pas comme des gentlemen prêts à mourir pour rien. (...)

Claude Guay

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Post-it Re: Rapports de forces

Message par sphinx le Ven 15 Jan - 11:58

CAMEROUN – LE SENS DE LA LIBERATION

Eviter toute confusion entre libérateur, dictateur et terroriste
Si le libérateur poursuit le but de voir chacun partager le bonheur souvent confisqué par la dictature ou alors réservé à une classe dominante, le dictateur, despote ou tyran est par contre une force opposée au bien-être général. Tout libérateur doit donc faire disparaître la dictature par tous les moyens. Le terrorisme peut être une méthode normale de lutte en tant qu’arme des faibles contre les forts. Mais à coté d’un tel usage légitime du terrorisme, il y a l’assoiffé du Mal, le terroriste pur, souvent utilisé par le dictateur comme étiquette contre le libérateur. Aussi ne faut-il pas perdre de vue que la libération est aussi une guerre spirituelle. Comment se positionner parmi les forces du Bien, en plus d’une solide préparation de combattant, est un chemin à visiter.

NEW YORK 01/01/2010 – Le libérateur, aussi appelé combattant de la liberté, rédempteur, ou messie, est celui ou celle qui a délivré une personne, une ville ou un peuple de la captivité, de la servitude ou de quelque grand péril. Le libérateur est celui ou celle qui libère d’une occupation étrangère, d’une servitude ou d'une contrainte.

Dans le domaine politique, le libérateur est une personne compassionnée, déterminée à libérer le Peuple de toute forme d’oppression. Il/elle poursuit le but de voir chacun dans la société ou le pays partager le bonheur souvent confisqué par la dictature ou alors réservé à une classe dominante.

Le libérateur est souvent le pire ennemi du dictateur, parce que sa mission est de renverser par tous les moyens le malfaiteur au pouvoir, ce qui est souvent l’unique condition pour atteindre son but de libération du Peuple et/ou du pays et d’établissement d’un environnement de paix et de bien-être pour tous.

Le dictateur, une force opposée au bien-être, vouée à disparaître

Le dictateur, par contre, est l’oppresseur, le despote, le tyran, une personne qui exerce tous les pouvoirs sans qu'aucune loi ou institution ne les limite. C’est une personne qui ne peut jouir de son pouvoir et de ses privilèges que sous le silence et/ou sur le cimetière de ceux qui critiquent ou contestent son pouvoir.

Rappelons ici que le despotisme est un gouvernement qui ne respecte pas les libertés des individus et dont le principe est la crainte. La terreur est donc le moyen d’action par excellence du despote. Au Cameroun, avec sa lutte contre les libertés individuelles, dont la liberté d’expression, avec le cas actuel de l’emprisonnement de Jean Bosco Talla pour « outrage » au dictateur, et son usage de la terreur, avec par exemple son dernier massacre des jeunes lors du soulèvement populaire de février 2008, le pouvoir de Paul Biya est bel et bien despotique.

La tyrannie est une forme corrompue de gouvernement par un seul, le monarque. Il n’est plus besoin de démontrer que le régime de Paul Biya a pour fondement la corruption. Il est dirigé par un monarque de fait, qui cumule tous les pouvoirs, répondant ainsi à la définition de tyrannie.

La dictature est un régime politique autoritaire et illégitime, établi et maintenu par la violence. Conservatrice comme celle de Yaoundé qui est installée depuis les années 1960, la dictature surgit souvent lors des crises sociales, où elle sert à empêcher l’évolution en cours ou à la freiner.

Une telle évolution de crise sociale est la lutte nationaliste d’indépendance et d’unification des années 1950 à 1970, et l’exigence actuelle de la démocratie et du Changement au Cameroun depuis les années 1990.

Le régime y répond justement par la violence, à l’exemple de la persécution des Anglophones demandant leur séparation de cette tyrannie insupportable, les étudiants des universités dénonçant des injustices criardes, les manifestants exigeant que le tyran ne modifie pas la constitution à sa guise pour s’éterniser au pouvoir, les journalistes osant mener des enquêtes indépendantes et critiquer le despotisme au pouvoir, etc.

La dictature est un régime très personnel. Tel est le cas avec la concentration excessive des pouvoirs entre les mains de Paul Biya.

Mais les services de renseignements, l'armée ou le parti unique (le RDPC) servent de base à toute dictature institutionnelle. La dictature néocoloniale de Yaoundé en est l’illustration la plus patente.

Dans le domaine politique, on appelle dictature un régime dans lequel une personne (le dictateur), ou un groupe de personnes (les «élites » ou toute autre forme de classe sociale ou de clan), disposent d'un pouvoir absolu. Le caractère absolu du pouvoir se caractérise notamment par l'absence de séparation des pouvoirs : entre l’exécutif, le législatif et le judiciaire.

L’absolutisme du pouvoir de Paul Biya est confirmé en effet par la haute main du Président de la République sur une Assemblée Nationale issue des fraudes électorales et du terrorisme d’Etat, majoritairement pliée à son service. Tandis que la justice est sous les ordres de ce Chef Suprême de la Magistrature.

Cet absolutisme résulte aussi de l'absence de contrôle démocratique et d'élections libres, avec notamment la répression des opposants et le non-respect de la liberté de la presse. C’est ainsi que la Constitution actuelle, taillée sur mesure, donne des pouvoirs exceptionnels et sans limites à Paul Biya, tels ceux de « proclamer par décret, l’état d’urgence qui lui confère des pouvoirs spéciaux » et « proclamer, par décret, l’état d’exception et prendre toutes mesures qu’il juge nécessaires ».

Le terrorisme, méthode normale de lutte ou soif de destruction aveugle ?

L’Histoire est essentiellement avare des cas où le libérateur et le dictateur s’entendent ou se tolèrent l’un l’autre. Chacun utilise par contre tous les moyens de lutte possibles pour éliminer l’autre, dans un rapport conflictuel qui souvent n’obéit à aucune convention (de Genève).

L’un de ces moyens de lutte, lors d’une confrontation violente, est le terrorisme : qui est un outil plus ou moins efficace pour arrêter ou détruire l’ennemi, soit complètement, soit en lui infligeant la peur.

Lors d’une lutte, souvent populaire, contre un oppresseur disposant des moyens de violence disproportionnés, le libérateur peut, parmi ses actions de résistance et de rébellion légitimes, recourir au terrorisme ; qui est alors considéré comme une arme des faibles contre les forts. De telles actions de terrorisme, absolument légitimes contre la dictature, le despotisme et la tyrannie, sont des moyens guerre et de guérilla laissées comme le dernier recours des forces de libération.

Car le terrorisme se définit comme l'emploi délibéré de la violence (attentats, assassinats, enlèvements, ...) à des fins politiques, de telle sorte que leur retentissement psychologique – terreur et peur – dépasse largement le cercle des victimes directes, pour frapper massivement l'opinion publique concernée. Le terrorisme normal fait donc partie des stratégies courantes de toute guerre psychologique, qui va toujours de pair avec toute guerre de guérilla et ses opérations de contre-espionnage offensif et défensif.

L’abondance des conflits contemporains de plus en plus horribles a par contre engendré un acteur nouveau de plus en plus en vue sur la scène politique. C’est le terroriste, qui n’utilise pas le terrorisme comme un simple outil de guerre ou de combat contre l’ennemi, mais plutôt comme une profession. Semer la peur et la désolation, même quand les chances d’atteindre les objectifs prônés sont des plus minces, est la méthode qui marque l’existence quotidienne du terroriste.

Massacrer le maximum de personnes sur les marchés publics, les rues bondées de monde, les lieux de pèlerinage, etc., et détruire le maximum d’investissements sont en fait les objectifs et les buts des stratégies et des tactiques du terroriste, même en l’absence de toute cause noble qui, quand même elle existe, sert souvent d’habillage pour ce qui est en réalité une simple soif de terroriser.

Le terroriste est l’incarnation achevée du Mal dans ses formes extrêmes. Ces dernières années, ce terrorisme pour le terrorisme a trouvé un terrain fertile de recrutement : l’environnement religieux dans une communauté qui y prête le flanc dans ses écrits.

C’est ainsi que prenant appui sur l’actualité mondiale pour prôner un Islam essentiellement extrémiste, des groupes du Mal promettent aux jeunes recrues, contre leur suicide terroriste n’épargnant pas enfants, femmes ou vieillards, le Paradis – marqué entre autres par la mise (divine ?) de sept vierges à leur disposition éternellement, en dehors d’autres mensonges comme par exemple celui selon lequel lorsque le terroriste meurt son corps est « illuminé », que le jeune terroriste survivant de Mumbay avait eu à réaliser comme une tromperie après avoir vu les corps bousillés de ses camarades abattus (voir le Documentaire de CNN « Terror in Mumbai » avec Fareed Zakaria).

Le terroriste est donc souvent détesté, et rejeté par la société comme une personne horrible, une incarnation du Mal et de Satan, un personnage asocial et extrêmement dangereux, sur lequel il y a souvent consensus qu’il doit périr en subissant la peine de mort ; tout simplement parce que tant qu’un terroriste est en vie, il est un danger pour la société et pour toute organisation.

L’usage légitime du terrorisme

Le dictateur ne se gêne pas qu’on l’accuse de terrorisme, puisqu’il dispose d’un prétexte solide, celui de son utilisation de l’Etat. Ce dernier est en effet investi du monopole de la violence. Ses actions violentes ne peuvent donc pas être qualifiées de terroristes. Parce que le terrorisme d’Etat se défend d’être légitime.

Fort d’une telle « légitimité », le dictateur infiltre ses agents de renseignements, assassine, massacre et détruits les installations des combattants de la liberté, dans des actions terroristes qu’il prend soin de présenter au public comme une lutte gouvernementale anti-insurrectionnelle ou « antiterroriste ».

Par contre le libérateur, dans son importante mission morale, voudrait souvent ressembler au personnage biblique de Moïse ayant délivré son peuple opprimé des mains de la tyrannie égyptienne – un exemple symbolique de toute dictature, de tout despotisme et de toute tyrannie, qui n’a cependant rien à voir avec l’Egypte historique, tout comme Israël actuel n’a rien à voir avec le peuple opprimé symbolique d’Israël biblique -, ou à Jésus Christ le Messie qui avait délivré l’Homme de foi de l’oppression satanique. Le libérateur n’acceptera donc jamais d’être confondu ou assimilé au terroriste.

Mais comme le dictateur cherchera toujours à discréditer le libérateur aux yeux du Peuple, qu’un tel dictateur entend maintenir sous son oppression, son système au pouvoir présentera toujours ce rédempteur ou messie comme un terroriste; ceci surtout toutes les fois que ce combattant de la liberté utilise des actions terroristes contre ses forces despotiques.

Dans ses stratégies de guerre psychologique, le libérateur prend donc souvent toutes les précautions pour ne jamais apparaître, preuves sérieuses à l’appui, comme un terroriste. Dans chacune de ses actions, le libérateur cherchera plutôt à paraître comme l’ami du citoyen et du Peuple, le protecteur du citoyen et du Peuple, le sauveur du citoyen et du Peuple.

La ligne de démarcation étant donc essentiellement tenue entre les actions légitimes de guérilla et le terrorisme, le libérateur n’a pas d’autre choix que d’éviter de poser des actions qui frappent le citoyen ordinaire innocent ou le faible. Au contraire, le libérateur doit avoir pour mission de protéger les innocents et les faibles.

Croire ou ne pas croire aux forces spirituelles dans une lutte de libération

Nous avons examiné les aspects séculiers - c’est-à-dire ceux du monde matériel de l’espace-temps – de la cause de la libération. Mais beaucoup de combattants de la libération oublient souvent que le combat de libération n’est pas seulement séculier, mais aussi spirituel.

Dans tous les cas, s’ils se bornent à demeurer naïfs, en ne faisant foi qu’à leur ignorance qu’est une philosophie athéiste, un ennemi comme Paul Biya se frottera les mains et les écrasera à volonté. Car le régime néocolonial investit énormément pour s’allier toutes les forces diaboliques les plus puissantes qui puissent exister au monde afin d’atteindre ses objectifs de soumettre le Peuple camerounais et de bloquer mystiquement toute action de libération populaire qui menacerait de le renverser.

Certains veulent devenir des libérateurs du Cameroun mais déclarent qu’ils ne croient pas aux esprits. C’est dire qu’ils ne croient pas aux multiples témoins ayant été reçus au palais présidentiels d’Etoudi, et qui parlent toujours de barrières d’attaques spirituelles à certains lieux de ce palais.

Toute personne à l’esprit éveillé peut en effet reconnaître des présences invisibles, que l’on sent par des coups de vents normalement caractéristiques d’une personne qui passe derrière vous, par cette émotion unique semblable à une peur glaciale, qui vous donne la chair de poule, vous hérisse les poils de la peau, ou vous donne l’impression de transpercer votre cœur, etc.

Ceux qui ne croient à une réalité que lorsqu’ils la ressentent par leurs sens humains – connus pourtant comme essentiellement limités dans la perception des choses -, auraient intérêts à regarder des documentaire télévisés comme « Ghost Hunters » [Les chasseurs de fantômes]. Des chercheurs, comme les membres de TAPS (The Atlantic Paranormal Society), utilisent en effet des méthodes diverses, y compris l’émission des champs électromagnétiques pour détecter la présence des êtres aux corps subtiles (les esprits) à certains endroits, et l’enregistrement des fines vibrations ou sons que de tels esprits émettent, entre autres tests.

Dans tous les cas, des millions de personnes dans nos villes et campagnes camerounaises riraient sur votre nez si vous exprimez votre ignorance en déclarant que les esprits n’existent pas ; si déjà ils ne vous font pas la démonstration du contraire, de manière parfois tragique.

Tout ceci pour dire qu’il ne faut jamais négliger la guerre spirituelle dans toute guerre de libération. Les Mao Mao au Kenya ou les PAIGC de Guinée-Bissau l’avaient bien compris en associant leurs ancêtres dans la lutte de libération de leurs pays de l’occupation coloniale.

La libération est aussi une guerre spirituelle

Il devrait même aller sans dire que toute lutte de libération est d’abord une guerre spirituelle contre le Mal. Car les libérateurs ou héros sont toujours des forces du Bien.

Dans la mythologie ancienne égyptienne, l’esprit du Bien, Heru-Ur (Horus en Grec, d’où le nom de héro), avait dû combattre pendant des années l’esprit du Mal, son oncle Set (d’où le nom de Satan). C’est en recevant l’aide de Tehuti (divinité de la Sagesse), notamment l’Oeil de Oudjat ou Œil d’Horus (faculté de voir dans le monde spirituel), que Heru-Ur avait pu vaincre Set et établir le royaume du Bien.

Dans la Bible, il avait fallu que Moïse triomphe du mauvais Pharaon et de ses troupes du Mal pour que le peuple opprimé soit libéré ; il avait fallu que David vainque Goliath et d’autres forces du Mal pour installer son royaume du Bien ; que Elisha triomphe des magiciens et les fasse périr pour établir une société de paix ; que Jésus le Christ arrive pour vaincre et assujettir la puissance de Satan, etc.

C’est dire qu’il n’y a pas de libération sans une victoire et un anéantissement des forces du Mal. La lutte contre un régime dictatorial, despotique, tyrannique et essentiellement satanique, comme le régime néocolonial dirigé par Paul Biya, ne célébrera donc la victoire que sur le cimetière de ces forces du Mal au pouvoir depuis 1960.

Cette lutte doit être menée jusqu’à la victoire sur le plan séculier, mais aussi sur le plan spirituel. Pour lutter contre les forces du Mal, le libérateur n’a pas d’autre choix que de s’associer les forces du Bien, c’est-à-dire Dieu, ainsi que ceux de ses Ancêtres Bienheureux qui ont été acceptés dans la sphère divine.

Comment se positionner parmi les forces du Bien

Tout libérateur doit donc se préparer à devenir, en même temps qu’un bon combattant, une personne morale qui cherche à ressembler aux libérateurs historiques comme Heru, Moïse, David, Elisha ou Jésus Christ. Il/elle doit suivre individuellement la voie du service du Bien.

Pour se positionner comme une personne du Bien, la meilleure prière que le bon libérateur doit adresser chaque jour et à chaque instant à Dieu ou à ses Ancêtres Bienheureux, à travers l’outil disponible qu’est le souffle de sa parole exprimée à haute voix, peut être la suivante :

« Seigneur mon Dieu, apprends-moi à connaître ce qui mérite d'être connu, à aimer ce qui mérite d’être aimé, et à détester tout ce qui ne Te plaît pas »

Et pour savoir comment se positionner du coté des forces divines ou du bien, il n’y a pas à notre sens meilleure disposition spirituelle à adopter de celle conseillée par les béatitudes suivantes :
- Bénis sont les pauvres (c’est-à-dire ceux qui n'ont aucune possession dans le monde matériel, qui n'essaient pas d'obtenir la richesse matérielle) en esprit (plus correctement, par l'esprit, c’est-à-dire par sa propre décision, par sa propre volonté ou philosophie), parce qu’à eux est le Royaume des Cieux!
- Bénis sont ceux qui pleurent (c’est-à-dire ceux qui éprouvent du remords face à leurs méfaits qui ont une importance morale), parce qu’ils seront confortés!
- Bénis sont les doux (c’est-à-dire ceux exempts d’arrogance et de prétention), parce qu’ils hériteront de la terre!
- Bénis sont ceux qui sont affamés et assoiffés de droiture, car ils seront comblés!
- Bénis sont les compatissants, car ils obtiendront la miséricorde!
- Bénis sont les purs de cœur (c’est-à-dire ceux qui suivent la Volonté de Dieu, qui n’oeuvrent que pour le Bien), car ils verront Dieu! (comme nos Ancêtres Bienheureux ayant été admis dans la sphère divine)
- Bénis sont les conciliateurs (c’est-à-dire ceux qui aiment et désirent la paix, qui font la paix entre les Hommes, en sachant qu’un récepteur de paix a l’obligation d’être un fournisseur de paix), car ils seront appelés Fils de Dieu.
- Bénis sont ceux qui sont persécutés pour des motifs nobles (c’est-à-dire des causes justes, au service du Peuple et des faibles), car le Royaume des Cieux est à eux!
- Bénis vous êtes quand les autres vous insultent et vous persécutent et disent toutes sortes de méchanceté contre vous faussement dans Mon intérêt! (c’est-à-dire l’intérêt du Cheminvers Dieu, que Jésus est). Réjouissez-vous et soyez heureux, car grande est votre récompense dans les Cieux!

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Post-it Re: Rapports de forces

Message par Syfou le Lun 18 Jan - 0:41

ISSOUFOU BACHAR ET LA QUESTION DU TERRORISME:
Les errements d’un homme politique

La question du terrorisme est en train de devenir une préoccupation pour les dirigeants du monde entier qui ont décidé de prendre le sujet à bras le corps. L’attentat manqué du vol Amsterdam Détroit dont un jeune ressortissant nigérian est l’auteur a rappelé à quel point la menace était réelle. Mais au lieu que tous les esprits soient dans la direction de la lutte contre le terrorisme, il semble que certains intellectuels nigériens ont décidé d’abonder dans le sens de l’apologie du crime.



Dans un entretien qu’il a accordé à une télévision de la place, le leader de l’Alliance pour la Démocratie et le Progrès (ADP Zumunci), Issoufou Bachar, a, sans sourciller, apporté tout son soutien au nigérian Omar Farouk Abdul Mutalab qu’il considère comme un héros. Et l’homme politique qui n’est pas à sa première sortie médiatique contre le monde occidental de souhaiter que tant d’autres Omar Farouk pour détruire ou déjouer le complot juif et croisé. Un soutien pour le terrorisme incompréhensible quand on sait que le Niger fait face depuis quelques temps à des actes qui s’apparentent à ceux de la nébuleuse islamiste. L’enlèvement des diplomates canadiens Robert Fowler et Louis Guay ainsi que de leur chauffeur nigérien, l’assassinat des chasseurs saoudiens dans la région de Tillaberi, et l’accrochage entre les forces de défense et de sécurité et un groupe d’hommes armés qu’on associe au trafic de drogue…, sont autant de problèmes que le Niger a vécu ces derniers mois.

Comment un homme politique nigérien peut-il en arriver à faire l’apologie de la violence au nom de la religion musulmane qui est par excellence une religion de paix et de tolérance? Ses propos sont un soutien explicite aux islamistes radicaux. D’ailleurs n’était-il pas celui qui avait dit dans une interview accordée à la Deutsche Welle que «le système de sécurité nigérien ne peut rien contre Al-Qaïda pour qui, le terrain reste très fertile au Niger, un Etat laïc majoritairement musulman » ? Et de poursuivre que «Al-Qaïda pourra bénéficier de toutes les complicités internes pour exécuter n’importe quelle opération en territoire nigérien».

Un rappel à l’ordre des autorités en charge de la sécurité publique s’avère plus que nécessaire devant la gravité de ces propos. Comment sous le couvert de la liberté d’expression, des personnalités se permettent d’apporter un soutien à un acte terroriste qui pouvait détruire des centaines de vies humaines innocentes ?

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Post-it Re: Rapports de forces

Message par sphinx le Sam 23 Jan - 0:25

Yémen : cette nouvelle génération de djihadistes irréductibles

Terrorisme. Les vétérans du djihad les appellent «les gamins de l'Internet». Des jeunes d'à peine 20 ans, endoctrinés sur la Toile, sans avoir jamais croisés Oussama Ben Laden et les autres leaders historiques d'al-Qaida.

«Nous assistons à l'émergence d'une nouvelle génération de militants, souvent au chômage, très peu éduqués, qui sont la cible du recrutement d'al-Qaida au Yémen», explique l'analyste yéménite Mourad Zafir. Tel Abdel Rahman al-Ujairih, ce kamikaze de 18 ans, inconnu des services de sécurité, qui tua quatre touristes sud-coréens et leur guide local en mars dernier, en se projetant contre eux avec des explosifs.

Depuis «nous avons capturé des dizaines d'autres jeunes, certains avaient planifié des attentats suicides», reconnaît le vice-ministre des Affaires étrangères, Mohy Dhabi. Jeudi, les autorités ont annoncé avoir suspendu, dans les aéroports l'octroi de visa d'entrée aux étrangers, un certain nombre d'entre eux étant soupçonnés de venir grossir les rangs d'al-Qaida.


L'Irak fut le terrain d'entraînement de cette nouvelle génération de djihadistes. À partir de 2003, de nombreux Yéménites allèrent y affronter les troupes américaines. «N'oubliez pas que Zarqaoui (le chef d'al-Qaida en Irak, jusqu'à sa mort en 2006, NDLR) était entouré de plusieurs Yéménites» , relève le journaliste Abdullilah Shaya.

Mais contrairement à leurs aînés «afghans», ces djihadistes ne se contentèrent pas de s'entraîner, ils combattirent deux, voire trois ans, face à la plus puissante armée du monde. À leur retour au Yémen, cette «expertise» ne tarda pas à produire ses effets : les premières attaques au mortier contre des ambassades eurent lieu en 2007.


Ils ne ressemblent pas à leurs aînés : ils refusent tout compromis avec les autorités. «Ils me considèrent comme un traître» , constate Abou Jandal, l'ancien garde du corps d'Oussama Ben Laden en Afghanistan, passé par les prisons yéménites après son retour au pays en 2000.

Impossible de les convaincre de suivre un quelconque programme de réhabilitation : pour ces radicaux, toute personne ayant eu à faire avec les services de sécurité est un «collabo». Leur chef a pour nom Nasser al-Wahayshi, le leader d'al-Qaida dans la péninsule arabique, lui aussi hostile à tout arrangement avec le pouvoir du président Ali Abdallah Saleh.

«Ils opèrent au sein de tribus depuis des zones montagneuses, où l'autorité centrale n'existe pas», affirme le chef d'état-major interarmées américain, le général Michael Mullen.

Ils écoutent les prêches enflammés de Fahad al-Quso, condamné aux États-Unis pour son implication dans l'attentat contre le navire américain USS Cole en 2000, mais qui vit replié près d'Aden.

Ils fréquentent le site Internet d'Anwar al-Awlaqi, cet imam américano-yéménite, caché dans la province de Shabwa, après avoir joué un rôle dans l'endoctrinement de Nidal Hassan, ce psychiatre militaire américain, qui tua 13 soldats dans la base texane de Fort Hood.

Leur allégeance à al-Qaida serait autant pécuniaire qu'idéologique. «Al-Qaida, qui les aide financièrement, représente une chance de survie» , observe Khaled al-Ansi de l'ONG Hood. «Avant, poursuit-il, de strictes conditions étaient posées aux candidats qui voulaient devenir membres d'al-Qaida, maintenant prêter serment est devenu beaucoup plus facile, il s'agit seulement de s'opposer au président Saleh et à sa coopération avec les Américains.»

Dans ces conditions, chacun redoute que les frappes américano-yéménites contre les bastions d'al-Qaida poussent encore d'autres jeunes à se rapprocher de la mouvance terroriste. «Cette nouvelle génération est plus dangereuse que la précédente, car elle est sans idéologie», prévient al-Ansi.

Ces nouveaux djihadistes constituent la chair à canon d'une organisation qui a su attirer les cibles visées par les nombreuses opérations antiterroristes menées par les autorités yéménites, ces dernières années.

Ils disposent de camps d'entraînement mobiles à travers le pays. Ils bénéficient du renfort de quelques douzaines de combattants étrangers, des Saoudiens surtout, mais aussi des Égyptiens, rentrés eux aussi d'Afghanistan, et sans doute d'une poignée de Britanniques d'origine pakistanaise. Ultime précision : c'est un membre de cette nouvelle génération qui faillit réussir une opération extrêmement sophistiquée fin août contre le prince Mohammed Bin Nayef en Arabie saoudite .

Par Georges Malbrunot


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Post-it Re: Rapports de forces

Message par sphinx le Ven 5 Fév - 22:12

QU'EST-CE QUE LE TERRORISME ?

Il est beaucoup question de terrorisme depuis la fin des années 1960, et plus encore depuis le 11 septembre 2001. Tout le monde en parle, tout le monde appelle à combattre ce fléau. Mais qu'est-ce au juste que le terrorisme ?

Les définitions ne manquent pas. Aux Nations-Unies, malgré des années de discussion en vue d'aboutir à une convention internationale, il n'a pas été possible de se mettre d'accord sur la signification de ce terme. Dire, comme le fait le Petit Larousse, qu'il s'agit de "l'ensemble des actes de violence commis par une organisation pour créer un climat d'insécurité ou renverser le gouvernement établi", c'est ne prendre en compte qu'une partie du problème.

Un des deux points de divergence au sein de l'ONU réside précisément dans la distinction à faire ou à ne pas faire entre organisations terroristes et mouvements de libération. L'autre a trait au terrorisme d'Etat, dont certains vont jusqu'à nier l'existence.

LES ORIGINES

La première utilisation du mot "terrorisme" - dans un sens assez différent de celui d'aujourd'hui - remonte à la révolution française, à Robespierre et à son régime de justice expéditive. C'est ce que le chef des Jacobins appelait lui-même "la terreur sans laquelle la vertu est impuissante", terreur à laquelle il finit lui aussi par succomber le 9 thermidor de l'an II. S'agissait-il de terrorisme d'Etat ou de violence exercée par un groupe politique sur un autre afin d'imposer un changement radical ? On en a longuement débattu, on pourrait en débattre encore. Le phénomène s'est reproduit plus d'un siècle plus tard avec la révolution russe de 1917, en s'amplifiant considérablement. La "terreur rouge", élevée au rang de vertu révolutionnaire en réponse à la "terreur blanche", a longtemps survécu à cette dernière.

Mais la terreur institutionnalisée de Robespierre ou de Staline - on en parle d'autant plus qu'eux-mêmes se sont vantés de la pratiquer - n'a pas été la première qu'ait connue l'histoire humaine. La crucifixion de milliers d'esclaves dans la Rome antique ou l'extermination de centaines de milliers d'Indiens d'Amérique sont antérieures. Il est vrai toutefois que ces excès passent rarement pour des actes de terrorisme. Pas plus que le massacre de 30.000 Parisiens, perpétré par les tueurs versaillais d'Adolphe Thiers en mai 1871, sous l'oeil bienveillant de l'occupant prussien.

En revanche, les assassinats individuels de rois, de princes, de présidents, d'hommes politiques, d'industriels ou de banquiers, tels qu'ils se pratiquent depuis le 19ème siècle, sont considérés comme terroristes.

Dès l'origine, il y a donc bien deux poids et deux mesures dans la manière d'appréhender cette question, à la fois pour ce qui est de la "couleur" du terrorisme (voir plus loin) que pour l'échelle à laquelle il se pratique (ce que le politologue américain Michael Parenti appelle "wholesale terrorism" et "retail terrorism" = terrorisme en gros ou au détail - ou comme l'a dit quelqu'un d'autre: "le terrorisme d'Etat est au terrorisme groupusculaire ce que la grande distribution est au petit commerce").


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Post-it Re: Rapports de forces

Message par sphinx le Ven 5 Fév - 22:18

FORMES MULTIPLES - CAUSES MULTIPLES

Essayer de comprendre les causes du terrorisme, c'est avant tout tenter de cerner, dans toute leur complexité, les divers aspects du phénomène.

Terrorisme groupusculaire :

Si l'on en croit les enragés de l'après-11 septembre, le terrorisme serait le fait d'organisations radicales d'inspiration politique ou religieuse, jalouses de la liberté et du bien-être dont jouit la civilisation occidentale. Il y aurait sans doute beaucoup à dire sur cette fameuse "liberté", sur ce "bien-être" et sur cette "civilisation", mais c'est une autre affaire... Quoi qu'il en soit, la jalousie n'explique pas grand-chose. L'envieu convoite les biens d'autrui ou cherche à se les approprier par des moyens légaux ou illégaux, mais pourquoi irait-il les détruire ? C'est d'autant plus absurde que les chefs terroristes comme Oussama Ben Laden et quelques autres disposent eux-mêmes de plus de richesses et de liberté que la plupart des habitants de la planète.

De toute évidence, le monde musulman cultive d'autres valeurs que celles qui obnubilent l'Occident. Contrairement à nos pays, et quelle qu'en soit la raison, il est certain que "le cul et le fric" ne sont pas des sujets de conversation prioritaires dans l'univers islamique. Aussi anachronique que cela puisse paraître, principes et idéaux y ont encore un certain poids. Même si, hélas, la religion et l'obscurantisme qu'elle véhicule en constituent le centre.

Ceux qui, chez nous, s'insurgent à propos d'un foulard porté à l'école, d'un mouton égorgé selon la tradition musulmane ou d'un rite vaudou pratiqué dans un HLM de banlieue, devraient essayer d'imaginer l'état d'esprit de personnes contraintes de supporter l'intrusion incessante dans leur vie quotidienne de moeurs européennes ou américaines qu'elles trouvent pour le moins étranges, quand ce n'est pas franchement repoussantes ou décadentes. Notre société invoque sans cesse la liberté, mais il s'agit toujours de la "liberté" pour les autres de s'aligner sur nous. Il est évident que l'impérialisme culturel entraîne chez ceux qui en sont victimes frustration et révolte.

Une autre cause de révolte réside dans l'agression étrangère permanente à laquelle sont soumis certains peuples (occupation des territoires palestiniens, guerre contre l'Irak, interventions militaires multiples un peu partout dans le monde). L'impuissance face à la brutalité et à l'arrogance de l'agresseur conduit infailliblement à des actes de désespoir.

Le terrorisme est donc souvent - mais pas toujours - un signe de faiblesse qui se manifeste lorsque tous les autres moyens de lutte collective sont inexistants ou inefficaces. Il émane en général d'une organisation, aussi rudimentaire soit-elle, et n'est que rarement l'acte d'un individu isolé.

Quand, par exception, un homme seul frappe un grand coup, on crie aussitôt à la démence. C'est peut-être justifié lorsqu'un forcené tue au hasard les clients d'un restaurant. Mais si, comme à Zoug et à Nanterre, les morts sont des conseillers cantonaux ou municipaux, alors il vaut mieux se méfier du diagnostic. Dans un cas comme dans l'autre, les attentats portaient une griffe politique, même si personne n'a essayé de comprendre les vraies motivations de ces actes. Des élus - et seraient-ils locaux - qui prennent des décisions ruinant l'existence de leurs concitoyens, ont peut-être tort de croire qu'ils peuvent le faire en toute impunité.
Comme la frustration nationale et la frustration culturelle, la frustration sociale peut elle aussi déboucher sur une riposte violente.


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Post-it Re: Rapports de forces

Message par sphinx le Ven 5 Fév - 22:25

Légitimité :

Le terme "terrorisme" ayant une valeur péjorative, plus personne ne s'en réclame. A chacun donc d'apprécier si une organisation doit être qualifiée de terroriste ou si, au contraire, il convient de la classer parmi les mouvements de libération, considérés eux comme tout à fait légitimes. (Dans son préambule, la Déclaration universelle des droits de l'homme de l'ONU reconnaît implicitement le droit "à la révolte contre la tyrannie et l'oppression".)

A cet égard, le comportement de la plupart des gouvernements est assez schizophrène. On voit des états issus d'une lutte de libération nationale refuser à d'autres ce pour quoi eux-mêmes se sont battus suscitant ainsi une résistance qui revêt souvent l'aspect du terrorisme. Ailleurs, des pays qui refusent l'autonomie à certaines de leurs provinces s'érigent chez les autres en champions de la "liberté" (à commencer par la Grande-Bretagne et la France qui dénient à l'Irlande du Nord ou à la Corse ce qu'elles revendiquent pour la Tchétchénie ou le Tibet).

Dans un monde orwellien où les puissants prétendent agir au nom de la "démocratie" et des "droits de l'homme", où la mise en condition de la population est permanente, et où l'on peut faire croire n'importe quoi à n'importe qui, dès lors qu'on dispose des médias, l'histoire remet rarement les choses en place. Pour un Nelson Mandela réhabilité de toute accusation de terrorisme, combien d'autres conservent cette estampille infamante, à commencer par Yasser Arafat.

Dénigrer l'adversaire a toujours été de bon aloi, mais l'ère de la communication a fait de cette activité une arme idéologique de très gros calibre devant laquelle plus d'un groupe dissident a dû capituler. Les organisations clandestines sans accès aux outils modernes de persuasion de masse ne peuvent survivre que si elles jouissent par ailleurs d'une large assise populaire, comme par exemple l'IRA irlandaise ou l'ETA basque, pour ne citer qu'elles.

Manipulation :

Les gouvernements et leurs appareils ne se contentent pas de combattre la dissidence verbalement. Ils interviennent depuis longtemps sur le terrain, chez eux et à l'étranger : mise en place ou infiltration de groupes terroristes, préparation et organisation d'attentats, provocation, désinformation... Un des exemples les plus évidents et les plus "réussis" de manipulation est sans doute celui des Brigades rouges italiennes dans les années 1970-1980. Les services secrets italiens, épaulés par les Américains, réussirent alors à placer un de leurs hommes à la tête de l'organisation clandestine et purent ainsi télécommander diverses actions, dont l'enlèvement et l'assassinat d'Aldo Moro, un homme politique de droite jugé "dangereux", car partisan du "compromis historique" avec le parti communiste. Depuis, la tactique italienne a souvent été copiée un peu partout dans le monde. (Lire ici Types of Terrorism and 9/11 par George Pumphrey.)

Aux Pays-Bas, en 1970, le service de renseignement BVD alla même jusqu'à créer de toutes pièces un parti "marxiste-léniniste maoïste" (le MLPN) afin d'infiltrer les milieux "pro-chinois" que l'on croyait violents et manipulés par Pékin (en fait Mao se fichait éperdument des gauchistes hollandais). L'épisode du MLPN a été rendu public trente ans plus tard par un des responsables, mais parallèlement des douzaines d'autres cas similaires en Europe occidentale sont plus ou moins restés dans l'ombre.

Quand une bombe explose quelque part, qu'un avion est détourné ou s'écrase contre un gratte-ciel, on est donc parfaitement en droit de se poser la question: qui a vraiment fait le coup, à qui profite le crime ?... La question est pertinente, même lorsqu'une organisation revendique la paternité de l'attentat - et à plus forte raison quand ce n'est pas le cas.

Le dessous des cartes est rarement dévoilé au grand public. Avec l'aide de la presse, les responsables veillent à ce que rien ne transparaisse. Le journaliste digne de ce nom, celui pour qui l'investigation sérieuse et la mise en cause des idées toutes faites sont des objectifs permanents, est une espèce en voie de disparition.

Dans ces conditions, les services secrets peuvent se permettre d'exagérer à dessein l'importance d'organisations occultes existantes, organisations qu'ils ont parfois eux-mêmes contribué à créer (Al-Quaïda, par exemple); ou de "ressusciter" des groupes disparus depuis longtemps (Brigades rouges italiennes ou Sentier lumineux péruvien); ou encore de créer de toutes pièces une "nouvelle génération" terroriste (RAF allemande). Américains et Israéliens sont sans doute les plus actifs et les plus imaginatifs en matière de manipulation, même si leurs trouvailles sont souvent cousues de fil blanc.

A titre d'exemple, lire ici deux articles de Joe Vialls sur les attentats de Bali (octobre 2002) et du Kenya (novembre 2002). La procédure employée un an plus tard à Istanbul n'est pas très différente (traduction d'un article paru dans le journal turc Yeni Safak à propos du rôle joué par les services secrets américains, britanniques et israéliens dans la manipulation des groupuscules terroristes islamistes et dans les attentats "antisémites" perpétrés dans cette ville). Depuis le 11 septembre, cette forme de manipulation tend à devenir systématique.

Fin 2002, on apprend aussi que le Shinbet (police secrète israélienne) recrute des Palestiniens afin de former une "cellule locale d'Al-Qaïda"*. Rien de bien nouveau dans cette démarche, quand on sait que les services de l'Etat juif ont toujours manipulé les islamistes. Vingt ans plus tôt, Menahem Begin (tueur de l'Irgoun devenu premier ministre du Likoud) soutenait et encourageait la création du Hamas palestinien, dans le seul but d'affaiblir Arafat et les forces de gauche de l'OLP. A Tel Aviv comme à Washington, les gouvernants adorent jouer avec le feu, quitte à pousser des cris lorsque leurs créatures s'émancipent.


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Post-it Re: Rapports de forces

Message par sphinx le Ven 5 Fév - 22:30

* Un an plus tard, le journal israélien Ha'aretz évoque une affaire similaire et donne des détails.

Voici quelques précisions sur les méthodes utilisées par le Mossad pour infiltrer et utiliser à son profit les cercles terroristes.

Guerre d'Irak : Qui est derrière l'enlèvement de Georges Malbrunot et de Christian Chesnot ? Dans cet article, Gilles Munier évoque le noyautage et la manipulation des organisations clandestines irakiennes par les services étrangers. Munier conseille à la résistance de "faire le ménage dans ses rangs". C'est sans doute plus vite dit que fait.*

. Cet argument, que l'on peut lire tel quel d'un bout à l'autre de notre presse, semble pour une bonne part relever de l'intox. On passe généralement sous silence le fait que les services occidentaux font preuve d'une étonnante mansuétude vis-à-vis des véritables terroristes. Depuis des années, les maîtres du monde et leurs assistants européens s'efforcent de renverser le régime algérien (pétrole) et n'ont aucun scrupule à utiliser les égorgeurs islamistes pour parvenir à leurs fins, comme ils l'ont fait dans d'autres pays, à commencer par l'Afghanistan. Corruption aidant, ces égorgeurs ont eux-même infiltré l'appareil d'Etat algérien,
Terrorisme en Algérie - Quand la DGSE infiltrait le GIA - un lecteur attire notre attention sur un cas concret de manipulation du terrorisme algérien par les services secrets français (Omar Nasiri/Saïd al-Majda a écrit un livre-choc à ce sujet).

Finalement, une des causes du retail terrorism réside dans la subversion par le haut (ou de l'extérieur), telle que la pratiquent certains gouvernements au nom de la lutte contre le terrorisme.


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Post-it Re: Rapports de forces

Message par sphinx le Ven 5 Fév - 22:38

Déstabilisation :

Mais l'intervention plus ou moins discrète de puissances étrangères dans des conflits locaux dépasse souvent le cadre de la simple manipulation. Le cas de l'Afghanistan dans les années 1980 est à la fois bien connu et très classique. L'exemple cambodgien l'est peut-être moins.

En 1975, avec la défaite américaine au Viêt-Nam, la guerilla cambodgienne accéda elle aussi au pouvoir. Mais à l'inverse des partisans vietnamiens, les soi-disant Khmers rouges, sous la conduite de Pol-Pot, instaurèrent dans leur pays un incroyable régime de terreur qui coûta la vie à un quart de la population. Les mesures les plus radicales jamais appliquées par une "révolution" (évacuation totale des villes, suppression du commerce, des échanges et de la monnaie, généralisation du travail forcé, abolition des liens familiaux, extinction de toute forme de vie culturelle, etc.) eurent des effets plus dévastateurs encore que des années de bombardements américains et conduisirent en un temps record à la ruine complète du pays. Par une étrange aberration, ce régime terroriste put se maintenir au pouvoir pendant plus de quatre ans grâce au soutien conjugué de la Chine et des Etats-Unis. Cette alliance contre nature, annonciatrice de la réconciliation des deux grands pays jusqu'alors ennemis, n'avait en fait d'autre but que de nuire à un adversaire commun: le Viêt-Nam, allié de l'URSS. Après que les Vietnamiens aient chassé les tueurs de Pol-Pot de Phnom-Penh (où ils étaient revenus) et les aient contraints à se réfugier dans la jungle, le soutien sino-américain aux massacreurs khmers (aide financière et diplomatique, livraisons d'armes) se poursuivit durant une bonne décennie.

Autre exemple de soutien - plus discret il est vrai - accordé par des grandes puissances à des groupes terroristes dans le but de déstabiliser un régime honni : l'Algérie. Les tueurs du FIS et du GIA jouissent en Europe occidentale, principalement en Grande-Bretagne, mais aussi en France, d'une assez large liberté de mouvement (voir plus haut). La déstabilisation du régime algérien s'effectue également par le biais d'une "opposition démocratique" ouvertement soutenue par Paris et les autres capitales européennes où, de toute évidence, on éprouve peu de scrupules à jouer les apprentis sorciers.

La Tunisie, elle aussi, est assez souvent l'objet de campagnes occidentales dénonçant ses "déficits démocratiques", de même que le Zimbabwe, dont le gouvernement, après vingt ans d'indépendance, ose s'attaquer aux séquelles les plus voyantes du colonialisme britannique. Le Maroc, par contre, est toujours présenté comme un modèle du genre, malgré la terreur permanente qui frappe toute forme de dissidence, malgré les assassinats et les emprisonnements arbitraires, malgré l'occupation illégale du Sahara Occidental.

En 2002, le Venezuela fournit le meilleur exemple de déstabilisation d'un gouvernement démocratique ne se pliant pas aux exigences de Washington : putsch avorté, actes de sabotage, "grève" organisée et financée par le patronat, les syndicats jaunes et l'ambassade des USA, revendication de nouvelles élections "libres" (sur le modèle des élections américaines de novembre 2000 ?), manifestants payés défilant dans les rues de la capitale pour les besoins des télévisions occidentales (pancartes en anglais). L'immense soutien populaire au président élu est totalement passé sous silence par la presse et la télévision locales (à 95 % aux mains des partisans du putsch) et par la quasi-totalité des médias étrangers... Tous ces ingrédients rappellent étrangement le Chili de 1973, peu avant le coup de force fasciste de Pinochet et l'assassinat du président Salvador Allende. (Lire ici deux articles de Maurice Lemoine du Monde Diplomatique: Déstabilisation au Venezuela et Hugo Chávez sauvé par le peuple.)


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Post-it Re: Rapports de forces

Message par sphinx le Ven 5 Fév - 22:47

Les offensives de déstabilisation ne font pas toujours intervenir d'emblée des éléments terroristes, mais si les résultats souhaités ne se manifestent pas très rapidement, leur mise en oeuvre ne saurait tarder.

Pour ce qui est du Caucase, la chose est en cours depuis une quinzaine d'années, contre l'URSS d'abord, contre la Russie ensuite. En Tchétchénie, l'infiltration étrangère, soutenue et organisée idéologiquement, financièrement et militairement par l'Arabie Saoudite, les Etats-Unis et certains de leurs nouveaux alliés de la région (Géorgie) est censée produire les mêmes effets que dans l'Afghanistan des années 1970-80.

A court terme, le conflit tchétchène constitue le moyen de pression numéro un pour obtenir l'alignement russe sur les positions américaines. A plus longue échéance, la déstabilisation du Caucase et d'autres régions devrait être le prélude à un remodèlement géopolitique de l'Asie au détriment de la Russie et de la Chine, qui restent à ce jour deux obstacles potentiels majeurs sur la voie de l'univers mondialisé.

Lorsque, comme en Tchétchénie, ou encore en Yougoslavie (années 90) ou au Nicaragua (années 80), la déstabilisation dégénère en agression extérieure, on quitte alors tout à fait le domaine du retail terrorism.

Sur les méthodes utilisées par la CIA pendant la guerre froide : Stay-Behind - un article du Réseau Voltaire.

Al-Qu'eda or Al-a'diversion ? par William Bowles, Global Research, Canada.

Les attentats de Londres sont à coup sûr le résultat d'une "opération hybride" faisant intervenir à la fois les services secrets (pour le choix des cibles, la préparation, l'assistance technique et le financement) et des groupes islamistes infiltrés ou créés de toutes pièces (pour la "main-d'oeuvre", les "colis" à transporter, les "traces" et autres "pistes" que révèlera "l'enquête" policière).

En pareil cas, si les services secrets font bien leur "travail" (on peut leur faire confiance), les fantassins du terrorisme ne s'aperçoivent pas qu'ils sont manipulés et croient agir pour la "bonne cause". A la limite, ils n'ont même pas conscience "d'agir". Ils prennent le métro comme chaque matin, avec leur petit sac à dos, sans savoir ce qu'il contient, tout simplement parce que "Mr. Ali" leur a demandé de le faire et qu'il faut bien rendre service. Et puis, au moment décisif, Ali est tout près d'eux sans qu'ils le sachent. Il reste sur le quai du métro tandis la rame disparaît dans le tunnel. Quelques secondes plus tard il appuie sur le bouton, et voilà que les "kamikazes" qui s'ignorent ont "frappé" pour le compte "d'Al-Qaïda". Ali (Chaïm de son vrai nom) peut faire son rapport et sera félicité par ses chefs - et peut-être même par le ministre. Voilà de l'avancement en perspective.

Cette façon de procéder peut varier selon les circonstances, le principe lui-même reste constant - lire ici ce que disait l'ancien ministre allemand Andreas von Bülow en janvier 2002 à propos des attentats du 11 septembre.


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Post-it Re: Rapports de forces

Message par sphinx le Ven 5 Fév - 22:49

N'oublions pas que la devise du Mossad israélien est "By way of deception", c'est-à-dire par la ruse, par la tromperie. (Il est vrai que ces gens sont à la fois fiers de tromper le monde et "profondément indignés" lorsque quelqu'un - par définition un "antisémite" - ose venir le rappeler.)

Comme le fait remarquer Sacha Sher, historien et sociologue, sur son blog Ne plus faire fausse route, les informations les plus contradictoires s'entremêlent à propos de ces attentats. Ainsi, par exemple, huit jours après les explosions, alors que 42 des victimes n'étaient pas encore identifiées, on connaissait déjà les noms et adresses de tous les porteurs de bombes. Le hasard fait vraiment bien les choses.

Autre "coïncidence", signalée ici par le Réseau Voltaire : "Le 7 juillet 2005, Visor Consultants, une société spécialisée dans la 'gestion de crise', organisait un important exercice de simulation d'attentats terroristes, au même moment et au mêmes endroits que les véritables attentats, ce qui n'est pas sans rappeler les simulations qui ont permis aux auteurs des attentats du 11 septembre 2001 à New York et Washington de neutraliser les procédures de sécurité du contrôle aérien." Les "terroristes musulmans" participaient-ils à ces "grandes manoeuvres", s'interroge Sacha Sher, leur avait-on fait croire qu'ils transportaient de faux explosifs que les agents de sécurité étaient censés trouver ? On ne le saura sans doute jamais, mais la thèse est assez plausible...

Voulait-on, avec ces attaques terroristes, se donner un prétexte pour intervenir plus vite contre l'Iran ? Le 31 mai, quelques semaines avant les attentats, George Galloway, député britannique indépendant, opposé à la guerre de Bush-Blair-Sharon, avait déclaré dans le "show radiophonique" d'Alex Jones, aux Etats-Unis : "Je suis persuadé que l'opinion publique est tout à fait en mesure d'empêcher une nouvelle agression comme celle qui se prépare contre l'Iran - à moins qu'un attentat terroriste organisé par le complexe militaro-industriel et imputé aux dirigeants de Téhéran, ne vienne tout changer." (Malheureusement, le 7 juillet, au Parlement de Londres, Galloway oublie ce qu'il a dit précédemment et accuse Al-Qaïda.)


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Post-it Re: Rapports de forces

Message par sphinx le Ven 5 Fév - 22:52

Le journaliste américain Wayne Madsen, de son côté, écrit le 8 juillet : "Si, par hasard, on devait découvrir que du RDX/C4 a été utilisé dans les attentats, l'appareil de propagande des néo-cons pourrait rapidement passer de la piste Al-Qaïda à la piste iranienne, arguant que Téhéran dispose de très grandes quantités de cet explosif." L'avenir dira ce qu'il en est...

En attendant, dans les jours qui suivent les attentats, les attaques contre les musulmans se multiplient un peu partout en Grande-Bretagne. On signale même plusieurs incendies de mosquées.

Le 11 juillet, il se trouve que la caste politico-médiatique "célèbre" le dixième anniversaire du "massacre" de Srebrenica, en Bosnie. Comme l'écrit à juste titre le journaliste allemand Jürgen Elsässer à cette occasion (dans le quotidien junge Welt) : "La presse a atteint un tel niveau de schizophrénie que le public est depuis longtemps incapable d'y voir clair. D'un côté (Srebrenica), on présente les musulmans comme des victimes par excellence ; de l'autre (attentats de Londres), ils sont tous classés dans la catégorie des 'natural born killers'. On offre simultanément au lecteur deux images totalement contradictoires de l'Islam : ici, cible innocente d'un 'fascisme' serbe particulièrement brutal ; là, source monstrueuse d'un 'fascisme' aussi brutal, voire plus brutal encore : 'l'islamo-fascisme'. Certains éditorialistes demandent même en toute innocence que l'on applique aux musulmans des mesures d'épuration ethnique semblables à celles dont se seraient rendus coupables les 'chefs serbes' de Bosnie Radovan Karadzic et Ratko Mladic. Une société islamique parallèle ne saurait être tolérée..."


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Post-it Re: Rapports de forces

Message par sphinx le Ven 5 Fév - 22:54

Comme les attentats de Madrid, et comme tous les précédents, ceux de Londres obéissent à la fois à des objectifs internationaux et à des considérations locales. Au niveau purement britannique, ils ont pour but de consolider le pouvoir de Tony Blair, affaibli par les scandales* (malgré sa réélection**), de faciliter le renforcement du fichage systématique et de la surveillance policière dans le pays, et de désamorcer le mouvement pacifiste.

* Notamment l'affaire du Downing Street Memo. Le locataire du 10 Downing Street y exposait, en 2002, la nécessité pour son gouvernement de fabriquer une justification "légale" à l'invasion de l'Irak.

** En mai 2005, grâce au système électoral majoritaire à un tour, les travaillistes de Tony Blair (Labour) obtiennent 36 % des voix (contre 33 % pour les conservateurs et 23 % pour les libéraux-démocrates), mais raflent néanmoins 57 % des sièges. Si l'on considère qu'il y a eu 40 % d'abstentions, on voit que Blair n'est soutenu que par 22 % des Britanniques - et encore, beaucoup d'électeurs travaillistes n'ont pas voté "pour Blair" mais pour leur député du Labour. L'écrasante majorité de la population est contre la guerre et pour le retrait des troupes.

Pour ce qui est de la date des attentats, on ne peut s'empêcher de remarquer que le timing était presque parfait. Si les explosions s'étaient produites fin avril ou début mai, Blair aurait sans doute subi le sort de son collègue Aznar, et la ville de Londres n'aurait pas été choisie pour organiser les Jeux Olympiques de 2012, la décision étant tombée la veille des attentats. On peut seulement se demander pourquoi on n'a pas laissé aux Londoniens le temps de fêter leur victoire. Le Mossad voulait-il "prouver" que les islamistes sont sans pitié ?...

21 juillet - les docteurs de l'ordre nouveau soumettent la population anglaise à une vaccination de rappel contre le syndrome de l'oubli : quatre pétards explosent dans les transports en commun de la capitale. Par manque d'imagination ou pour frapper les esprits, on a encore une fois pris pour cible trois stations de métro et un autobus. La presse nous explique que, cette fois, les quatre "bombes humaines" ont raté leur coup. C'est comme ça dans le monde du terrorisme suicidaire : ou bien ça marche à 100 %, ou bien ça foire complètement... Mais pour rendre service aux "enquêteurs", les "kamikazes" ont quand même laissé plein de traces partout. Scotland Yard les remercie...


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Post-it Re: Rapports de forces

Message par sphinx le Ven 5 Fév - 22:57

Le lendemain, pour montrer qu'elle ne reste pas les bras croisés, la police britannique assassine en plein jour, de sept balles dans la tête à bout portant, un jeune Brésilien "suspect" qui "donnait l'impression" de transporter une bombe.* En fait, il n'avait pas de bombe sur lui, mais comme on l'avait pris pour un Pakistanais, il était bel et bien suspect. Le maire de Londres, Ken Livingstone, approuve et justifie cet acte de terrorisme d'Etat - et pourtant, il y a quelques jours, il était encore pacifiste.

Les commanditaires de la terreur ont d'ores et déjà atteint un de leurs objectifs : le mouvement anti-guerre anglais tourne à vide.

* Les tueurs - en civil - font partie de "l'unité d'élite" SO 19 de la London Metropolitan Police. Ils ont été "formés" en Israël par l'INP (Israel National Police) et le Shin Beth. On voit qu'ils ont bien appris leur leçon. Lire ici à ce sujet un article de Michel Chossudovsky.


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Post-it Re: Rapports de forces

Message par sphinx le Ven 5 Fév - 22:59

Une des caractéristiques du terrorisme actuel, c'est que personne n'a vraiment le temps d'analyser les incohérences de la désinformation officielle. A peine commence-t-on à se pencher sur un des attentats, que le suivant lui enlève déjà toute actualité. C'est ainsi que le 22 juillet, à Charm-el-Cheikh, en Egypte, plusieurs explosions tuent près de 90 personnes.

Les organisateurs du terrorisme-spectacle veulent que le public cesse de se poser les "mauvaises" questions. En multipliant les vraies attaques, les fausses alertes, les razzias style Gestapo et les arrestations arbitraires suivies d'"aveux", ils ne lui laissent plus aucun répit. La terreur omniprésente a aussi pour but d'étouffer la réflexion, le doute et la critique.

En 1988, Guy Debord écrivait dans ses Commentaires sur la Société du spectacle : "Cette démocratie si parfaite fabrique elle même son inconcevable ennemi, le terrorisme. Elle veut en effet, être jugée sur ses ennemis plutôt que sur ses résultats. L'histoire du terrorisme est écrite par l'État ; elle est donc éducative. Les populations spectatrices ne peuvent certes pas tout savoir du terrorisme, mais elles peuvent toujours en savoir assez pour être persuadées que, par rapport à ce terrorisme, tout le reste devra leur sembler plutôt acceptable, en tout cas plus rationnel et plus démocratique."

Depuis 1988, le terrorisme fabriqué par la "démocratie" s'est développé à la vitesse grand V. Il serait intéressant de savoir quel jugement Guy Debord, qui nous a quittés en 1994, porterait sur la situation actuelle s'il revenait aujourd'hui.


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Post-it Re: Rapports de forces

Message par sphinx le Ven 5 Fév - 23:02

Autres attentats réels ou virtuels (2005-2008) :

Un peu plus tard, en octobre-novembre 2005, il y a de nouveaux attentats à Bali, puis d'autres encore à Trinidad et en Jordanie. Et comme toujours, "Al-Qaïda revendique" tandis que les pistes réelles mènent vers l'Etat terroriste juif.

L'attaque de Bali ressemble étrangement à celle de 2002. A Port-of-Spain, la police locale arrête un comploteur russo-israélien aux identités multiples, spécialisé dans le vol de passeports et de cartes de séjour (indispensables pour détourner l'attention vers "les islamistes"). Il semblerait en outre que l'homme soit au coeur d'un complot visant le Venezuela tout proche.

A Amman, bien que les hôtels touchés soient habituellement fréquentés par des Israéliens, pas de ressortissants de ce pays parmi les victimes : on les avait avertis à temps.

On a l'impression que toutes ces "activités" ne sont que le prélude à des attaques beaucoup plus importantes, destinées à "punir" les pays occidentaux réticents vis-à-vis de la politique de Washington et à briser les dernières velléités de résistance au sein de la population. Qui sera la prochaine cible ? L'Allemagne ? La France ?...

Le journaliste américain Wayne Madsen pense d'ailleurs que les "émeutes" nocturnes qui secouent les banlieues françaises en 2005 ne sont pas fortuites. Spontanées au départ, et déclenchées par la mort de deux adolescents suite à une action policière, les réactions de violence sont un peu trop systématiques, un peu trop organisées, pour être purement naturelles. Quelle aubaine pour Sarkozy (ministre de l'Intérieur "issu de l'immigration", pour employer son langage) et pour la racaille à ses ordres.

Le 11 juillet 2006, un jour avant le début de l'agression israélienne au Liban, une série d'attentats à Bombay fait plus de 200 morts. Ces attentats, qui rappellent ceux de Londres un an plus tôt (explosions simultanées dans plusieurs trains) n'ont aucun rapport avec le conflit du Cachemire, mais s'incrivent dans la stratégie terroriste israélo-américaine de la guerre globale (en pentagonais moderne : "guerre au terrorisme"). Les relations indo-israéliennes, dont on n'entend jamais parler ici, sont en effet excellentes - ce qui signifie en clair que le gouvernement de La Nouvelle-Delhi se plie inconditionnellement aux exigences du lobby sioniste. Il y a quelque temps, les autorités indiennes ont même interdit dans tout le pays les chaînes de télévision arabes, y compris dans les grands hôtels (où le touriste arabophone est désormais contraint de consommer l'habituelle propagande insipide diffusée par la BBC et CNN*, propagande d'ailleurs reprise par les chaînes locales).

Le 11 août 2006, pour détourner l'attention des crimes de guerre israéliens au Liban et faire oublier les difficultés rencontrées au sol par l'armée d'invasion, les maîtres du monde mettent en scène, à Londres, un nouveau méga-spectacle anti-alqaïdesque. Vingt terroristes qui voulaient placer vingt bombes dans vingt avions en partance pour les USA sont arrêtés à temps par vingt équipes de Scotland Yard. Depuis le 11 septembre, 20 est un nombre magique (voir les 19 de la "bande à Atta" + Moussaoui). Note attribuée à ce happening : 20 sur 20.


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Post-it Re: Rapports de forces

Message par sphinx le Ven 5 Fév - 23:05

* Suite au "complot islamiste" du 11/8, on a pu voir sur CNN un Juif sioniste israélien (Wolf Blitzer, chef de "l'information" de la chaîne) interviewer un autre Juif sioniste israélien (Michael Chertoff, chef de la Homeland "Security" des Etats-Unis) à propos des "dangers du terrorisme musulman" : objectivité garantie. Quelques minutes plus tard, le même Wolf Blitzer s'entretenait avec Joe Lieberman, Juif sioniste américain et belliciste notoire, battu aux élections primaires démocrates du Connecticut (grâce à la fraude électronique, il sera "élu" comme "indépendant" en novembre). Dans la foulée, c'est une certaine Epi Lepsi ou Pipi Livni, Juive sioniste israélienne et ministre des Affaires étrangères de l'Etat terroriste de Tel Aviv, que Blitzer interrogeait en direct sur le "blitzkrieg" libanais raté. Qui peut encore nier que CNN est une arme de guerre totalement aux mains des sionistes ?...

En guise de confirmation, quelques mois plus tard, le Juif sioniste Wolf Blitzer anime un "débat" politique auquel participent trois autres Juifs sionistes (David Frum, auteur des discours "présidentiels" ; Michael Rubin, de l'AEI, un think tank pro-israélien ; Ken Adelman, un ancien du Pentagone). CNN pourrait aussi bien s'appeler NCNN (Neo-Con News Network) ou ZNN (Zionist News Network) - ce qui serait infiniment plus honnête.

Complot terroriste au Royaume-Uni : que se passe-t-il vraiment ? par Craig Murray, ancien ambassadeur britannique en Ouzbékistan.

Hystérie collective et manipulation des opinions publiques en pleins bombardements du Liban : Terrorisme fictif, guerre réelle par le journaliste allemand Jürgen Elsässer.

Quelques jours après le "complot" londonien "éventé de justesse", une affaire similaire éclate en Allemagne. Mais cette fois, ce sont des trains que les "terroristes" ont voulu frapper, en y déposant des bombes à retardement. Le "complot déjoué" est lui même à retardement. En effet, alors que les "bagages suspects" ont été découverts le 31 juillet, à Coblence et à Dortmund, la "bombe" médiatique n'éclate vraiment que deux semaines plus tard. Un des coupables, trahi par une caméra de surveillance, est un Libanais. Bien sûr on aurait pu prendre un Palestinien, mais un Libanais, cela prouve qu'on colle de près à l'actualité. La prochaine fois, on choisira un Syrien ou un Iranien, ou les deux.

S'inspirant de ses "prédécesseurs" du 11 septembre, le "terroriste libanais" prend bien soin de déposer dans la "valise piégée" des documents en arabe, des emballages de produits achetés au Liban et même un numéro de téléphone de Beyrouth.


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Post-it Re: Rapports de forces

Message par sphinx le Ven 5 Fév - 23:10

Comme l'affaire de Londres, celle de Coblence déclenche l'hystérie générale. On ferme des gares (Hambourg, Kiel) pendant plusieurs heures, on chamboule les horaires des trains, on décide de généraliser l'observation vidéo et de renforcer le fichage et le flicage des citoyens. On ne peut pas encore annuler ou détourner les vols internationaux - pour le moment, seuls les USA et leur poulain anglais ont le droit de le faire. Mais on a réussi à instaurer un peu plus le règne de la peur et de l'arabo-islamophobie, comme le voulaient les manipulateurs de l'axe israélo-américain.

Le torchon Bild-Zeitung, numéro un de la presse de caniveau et farouchement pro-sioniste,* mène la danse infernale. Il va même jusqu'à "découvrir" une "lettre de revendication du Hezbollah" - vous voyez bien qu'Israël avait raison de bombarder le Liban.

* Le contrat de travail des rédacteurs du groupe Springer (dont Bild fait partie) comporte une clause d'allégeance à l'Etat juif.

Début février 2007, les services anglais "déjouent à temps" un nouveau "complot" à Birmingham. Cette fois, les "islamistes" projetaient de "kidnapper" un soldat musulman britannique pour le "décapiter". Vraiment très original...

Avril 2007 : pour fêter l'ouverture de sa 100ème succursale - Al-Qaïda Maghreb ® - l'organisation "islamo-terroriste" la plus performante du siècle organise un "feu d'artifice" en Algérie. Quatre attentats simultanés font une trentaine de morts.

Fin juin-début juillet 2007 : le criminel de guerre Tony Blair quitte le 10 Downing Street pour se consacrer au "processus de paix au Moyent-Orient". Afin que la population britannique n'aille pas imaginer que tout va aller mieux sans lui, les maîtres du monde réactivent la menace terroriste. Résumé de ce nouvel épisode : des attentats manqués à Londres et à Glasgow, l'alerte rouge dans tout le pays, des suspects islamistes comme s'il en pleuvait, Al-Qaïda est dans le coup, les Israéliens l'ont confirmé. Soyez extrêmement vigilants mais ne changez rien à vos habitudes. Soyez terrorisés mais gardez votre calme. L'Etat policier est là pour vous protéger. Evitez d'être présents quand il y aura des bavures...

Septembre 2007 : deux attentats réels en Algérie (plus de 50 morts), un attentat "déjoué" en Allemagne. Trois mois après, deux nouveaux attentats à Alger (76 morts), etc. etc..

Un an plus tard, attentat extrêmement louche à Islamabad, au Pakistan.


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Post-it Re: Rapports de forces

Message par sphinx le Ven 5 Fév - 23:14

Bombay (2008) :

Fin novembre 2008, des attaques simultanées lancées contre deux grands hôtels, un restaurant, une gare et un centre juif de la capitale économique indienne, font près de 200 morts et donnent lieu à trois jours d'affrontements entre terroristes et forces spéciales. Les médias sont unanimes à dénoncer "les islamistes" et prétendent que les assaillants étaient tous pakistanais. Etant donné que les membres du commando sont morts (à l'exception d'un seul survivant), la chose est invérifiable.

On ne serait pas étonné d'apprendre que le groupe terroriste responsable de ces attaques a été créé pour les besoins de la cause par les services américano-israéliens. C'est un scénario désormais classique : on recrute des combattants musulmans, jeunes et politiquement inexpérimentés, pour une action "djihadiste" à l'étranger, on les entraîne, on les arme, on les amène à pied d'oeuvre, et une fois l'opération terminée, on les liquide sur place.

Chacun sait que le Mossad est chez lui en Inde, avec ses "hommes d'affaires" et ses "conseillers en sécurité", tout comme il est chez lui aux USA, en Europe et ailleurs. Le fait que cinq Israéliens aient été tués (sacrifiés) à cette occasion ne fait que renforcer la position des criminels sionistes ; ce n'est pas la première fois qu'ils tuent (ou font tuer) leurs propres gens. Depuis longtemps déjà, leur objectif avoué est d'étendre la guerre américaine à l'ensemble du Pakistan (et pas seulement à la région qui jouxte l'Afghanistan). Les attentats de Bombay sont peut-être le prétexte permettant d'intervenir ouvertement (avant ou après l'installation d'Obama à la Maison Blanche, en janvier 2009).


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Post-it Re: Rapports de forces

Message par sphinx le Sam 6 Mar - 23:53

Deux guerres locales


La guerre israélo-arabe a été un mauvais tour joué par l’histoire moderne à la bonne conscience de gauche, qui communiait dans le grand spectacle de sa protestation contre la guerre du Vietnam. La fausse conscience, qui voyait dans le F.N.L. le champion de la «révolution socialiste» contre l’impérialisme américain, ne put que s’embrouiller et sombrer dans ses insurmontables contradictions, quand il s’est agi de départager Israël et Nasser ; elle n’a pas cependant, à travers ses burlesques polémiques, cessé de proclamer que l’un ou l’autre avait absolument raison, même que telle ou telle de leurs perspectives était révolutionnaire.

C’est qu’en immigrant dans les zones sous-développées, la lutte révolutionnaire était l’objet d’une double aliénation : d’une part, celle d’une gauche impuissante devant un capitalisme surdéveloppé qu’elle ne peut nullement combattre, et, d’autre part, celle des masses laborieuses des pays colonisés, qui ont hérité des restes d’une révolution défigurée et ont dû subir ses tares. L’absence de mouvement révolutionnaire en Europe a réduit la gauche à sa plus simple expression : une masse de spectateurs qui pâment chaque fois que les exploités des colonies prennent les armes contre leurs maîtres, et ne peut s’empêcher d’y voir le nec plus ultra de la Révolution. de même que l’absence de la vie politique du prolétariat en tant que classe-pour-soi (et pour nous le prolétariat est révolutionnaire ou il n’est rien) a permis à cette gauche de devenir le chevalier de la vertu dans un monde sans vertu. Mais quand elle se lamente et se plaint de «l’ordre du monde» comme étant en conflit avec ses bonnes intentions, et qu’elle maintient ses pauvres aspirations en face de cet ordre, elle est en fait attachée à lui comme à son essence, et si cet ordre lui est ravi et si elle-même s’en exclut elle perd tout. La gauche européenne se montre si pauvre que, comme le voyageur dans le désert aspire à une simple goutte d’eau, elle semble aspirer pour se réconforter seulement au maigre sentiment d’une objection abstraite. À la facilité avec laquelle elle se satisfait peut se mesurer l’étendue de son indigence. Elle est étrangère à l’histoire, autant que le prolétariat est étranger à ce monde ; la fausse conscience est son état naturel, le spectacle son élément, et l’affrontement apparent des systèmes sa référence universelle : toujours et partout où il y a conflit, c’est le bien qui combat le mal, la «Révolution absolue» contre la «Réaction absolue».

L’adhésion de la conscience spectatrice aux causes étrangères reste irrationnelle, et ses protestations vertueuses s’embourbent dans les méandres de sa culpabilité. La plupart des «Comités Vietnam», en France, ont éclaté pendant la «guerre de six jours» et, aux États-Unis, une partie des groupes de résistance à la guerre au Vietnam ont aussi connu leur vérité. «On ne peut être à la fois pour les Vietnamiens et contre les Juifs menacés d’extermination», s’écrient les uns. «Pouvez-vous lutter contre les Américains au Vietnam en appuyant leurs alliés sionistes agresseurs ?» rétorquent les autres, et on se lance dans des discussions byzantines… Sartre ne s’en est pas relevé. En réalité, ce que condamne tout ce beau monde, il ne le combat pas effectivement, et ce qu’il approuve, il ne le connaît pas. Son opposition à la guerre américaine se confond quasiment toujours avec l’appui inconditionnel au Vietcong, mais en tout cas, pour tous, elle reste spectaculaire. Ceux qui s’opposaient réellement au fascisme espagnol allaient le combattre. Aucun n’est encore parti lutter contre l’«impérialisme yankee». Tout un étalage de tapis volants s’offre au choix des consommateurs de la participation illusoire : le nationalisme stalino-gaulliste contre l’Américain (la visite de Humphrey a été l’unique occasion où le P.C.F. a manifesté avec les fidèles qui lui restent) ; la vente du Courrier Vietnam, ou des brochures publicitaires de l’État de Ho Chi Minh ; enfin, les manifestations pacifistes. Ni les Provos (avant leur dissolution), ni les étudiants de Berlin n’ont su dépasser ce cadre étroit de «l’action» anti-impérialiste.
...


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Post-it Re: Rapports de forces

Message par sphinx le Sam 6 Mar - 23:53

L’opposition à la guerre en Amérique est d’emblée plus sérieuse, car elle trouve en face d’elle l’ennemi réel. Cependant, pour une partie de la jeunesse, elle signifie son identification mécanique avec les ennemis apparents de ses ennemis réels : ce qui accentue la confusion d’une classe ouvrière déjà soumise aux pires abrutissements et mystifications, et contribue à la maintenir dans cet état d’esprit «réactionnaire» dont on tire argument contre elle.

Plus importante nous semble la critique de Guevara, parce qu’enracinée dans des luttes authentiques, mais elle pèche par défaut. Le Che est sûrement l’un des derniers léninistes conséquents de notre époque. Toutefois, tel Épiménide, il semble avoir dormi pendant ce dernier demi-siècle, pour croire qu’il y a encore un «camp progressiste» et que celui-ci est étrangement «défaillant». Ce bureaucratique et romantique révolutionnaire ne voit ainsi dans l’impérialisme que le stade suprême du capitalisme, en lutte contre une société qui est socialste, même si elle a des défauts.

La déficience de l’U.R.S.S., honteusement reconnue, paraît de plus en plus «naturelle». Quant à la Chine, selon une déclaration officielle, elle reste «prête à consentir tous les sacrifices nationaux pour soutenir le Vietnam du Nord contre les U.S.A. (à défaut des ouvriers de Hong-Kong) et elle constitue l’arrière-garde la plus solide et la plus sûre pour le peuple vietnamien en lutte contre l’impérialisme». Personne ne doute, en effet, que quand le dernier Vietnamien sera tué, la Chine bureaucratique de Mao sera intacte. (Selon les Izvestia, la Chine et les États-Unis auraient conclu un accord de non-intervention réciproque.)

Ni la conscience manichéenne de la gauche vertueuse, ni la bureaucratie ne sont capables de voir l’unité profonde du monde actuel. La dialectique est leur ennemi commun. La critique révolutionnaire, quant à elle, commence par-delà le bien et le mal ; elle prend ses racines dans l’histoire, et a pour terrain la totalité du monde existant. Elle ne peut, en aucun cas, applaudir un État belligérant, ni appuyer la bureaucratie d’un État exploiteur en formation. Elle doit, avant tout, dévoiler la vérité des conflits actuels, en les rattachant à leur histoire, et démasquer les buts inavoués des forces officiellement en lutte. L’arme de la critique sert de prélude à la critique des armes.

La coexistence pacifique des mensonges bourgeois et bureaucratique a fini par l’emporter sur le mensonge de leurs affrontements ; l’équilibre de la terreur a été rompu à Cuba en 1962 lors de la débandade russe. Depuis, l’impérialisme américain est le maître incontesté du monde. Et il ne peut l’être que par l’agression, car il n’a aucune chance d’avoir un quelconque attrait pour les déshérités, plus facilement tournés vers le modèle russo-chinois. Le capitalisme d’État est la tendance naturelle des sociétés colonisées où l’État se constitue généralement avant les classes — au sens historique du terme. L’élimination totale de ses capitaux et de ses marchandises du marché mondial est justement la menace mortelle qui pèse sur la classe possédante américaine et son économie de libre entreprise ; et la clé de sa fureur agressive.

Depuis la grande crise de 1929, l’intervention de l’État se fait de plus en plus voyante dans les mécanismes du marché ; l’économie ne peut plus fonctionner régulièrement sans les dépenses massives de l’État, principal «consommateur» de toute la production non-commerciale (surtout par l’industrie d’armement). Ce qui ne l’empêche pas de rester en crise et d’avoir toujours besoin de l’expansion de son secteur public aux dépens de son secteur privé. Une logique implacable pousse le système vers un capitalisme de plus en plus contrôlé par l’État, engendrant de graves conflits sociaux.
...


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Post-it Re: Rapports de forces

Message par sphinx le Dim 7 Mar - 0:07

La profonde crise du système américain, c’est son incapacité à produire des profits à l’échelle sociale, d’une façon suffisante. Il doit donc réussir, à l’extérieur, ce qu’il ne peut faire chez lui, c’est-à-dire augmenter la masse des profits proportionnellement à la masse des capitaux esistants. La classe possédante, qui possède aussi plus ou moins l’État, compte sur ses entreprises impérialistes pour réaliser ce rêve dément. Pour cette classe, le capitalisme d’État signifie la mort, tout autant que le communisme ; c’est pourquoi elle est par essence incapable d’y voir une quelconque différence.



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Post-it Re: Rapports de forces

Message par sphinx le Dim 7 Mar - 0:08

Le fonctionnement artificiel de l’économie monopoliste comme «économie de guerre» assure, pour le moment, à la politique de la classe dirigeante, l’appui bienveillant des ouvriers, qui profitent du plein emploi et d’une abondance spectaculaire : «Actuellement, la proportion de la main-d’œuvre affectée à des tâches intéressant la défense nationale représente 5,2% de la main-d’œuvre américaine totale, contre 3,9% il y a deux ans (…). Le nombre des emplois civils dans le domaine de la défense nationale est passé de 3'000'000 à 4'100'000 environ en deux ans.» (Le Monde du 17-9-67.) En attendant, le capitalisme de marché sent obscurément qu’en étendant son contrôle territorial il atteindra une expansion accélérée capable de contrebalancer les exigences toujours croissantes de la production non-profitable. La défense acharnée des régions du monde «libre» où ses intérêts sont souvent minimes (en 1959, les investissements américains au Vietnam du Sud ne dépassaient pas les 50 millions de dollars) correspond à une stratégie qui, à long terme, pense arriver à transformer les dépenses militaires en simples frais d’exploitation, assurant aux États-Unis non seulement un marché, mais le contrôle monopolistique des moyens de production de la plus grande partie du globe. Mais tout contrecarre ce projet. D’une part, les contradictions internes du capitalisme privé : des intérêts particuliers s’opposent à cet intérêt général de la classe possédante dans son ensemble, tels les groupes qui s’enrichissent à court terme des commandes d’État (avec, en tête, les fabriquants d’armes), tels les entreprises monopolistes qui répugnent à investir dans des pays sous-développés, où la productivité est très basse en dépit d’une main-d’œuvre à bon marché, au lieu de le faire dans la partie avancée du monde — et surtout en Europe, toujours largement plus rentable que l’Amérique saturée. D’autre part, il se heurte aux intérêts immédiats des masses déshéritées, dont le premier mouvement ne peut être que l’élimination de leurs couches exploiteuses, seules capables d’assurer aux U.S.A. une quelconque infiltration.

Le Vietnam n’est, pour le moment, selon Rostow, spécialiste de la «croissance» au Département d’État, que le champ d’expérience de cette vaste stratégie — appelée à se multiplier — qui, pour assurer sa paix exploiteuse, doit commencer par une guerre destructrice — qui n’a pas grande chance d’aboutir. L’agressivité de l’impérialisme américain n’est donc nullement une aberration d’un mauvais gouvernement, mais une nécessité pour les relations de classes du capitalisme privé, qui, si un mouvement révolutionnaire ne vient pas y mettre un terme, évolue inexorablement vers un capitalisme technocratique d’État. C’est dans ce cadre général de l’économie mondiale restée non-dominée qu’il faut insérer l’histoire des luttes aliénées de notre époque.


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Post-it Re: Rapports de forces

Message par sphinx le Dim 7 Mar - 0:12

La destruction des vieilles structures «asiatiques» par la pénétration coloniale amena, d’une part, la naissance d’une nouvelle couche urbaine et, d’autre part, la paupérisation accrue de larges fractions de la paysannerie surexploitée. C’est la rencontre de ces deux forces sociales qui constitua le moteur principal de tout le mouvement vietnamien. Parmi les couches urbaines — petites-bourgeoises, et même bourgeoises — se formèrent en effet les premiers noyaux nationalistes, et le cadre de ce qui allait être, à partir de 1930, le Parti Communiste Indochinois. L’adhésion à l’idéologie bolchevik




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Post-it Re: Rapports de forces

Message par sphinx le Dim 7 Mar - 0:14

(dans sa version stalinienne) doubla le programme purement nationaliste d’un programme essentiellement agraire, et permit au P.C.I. de devenir le principal dirigeant de la lutte anti-coloniale, et d’encadrer la grande masse des paysans spontanément insurgés. Les «soviets paysans» de 1931 furent la première manifestation de ce mouvement. Mais, en rattachant son sort à celui de la IIIe Internationale, le P.C.I. se soumit à toutes les vicissitudes de la diplomatie stalinienne, et aux fluctuations des intérêts nationaux et étatiques de la bureaucratie russe. À partir du septième Congrès du Comintern (août 1935) «la lutte contre l’impérialisme français» disparut du programme et fut bientôt remplacée par la lutte contre le puissant parti trotskiste. «En ce qui concerne les trotskistes, pas d’alliances ni de concessions ; ils doivent être démasqués pour ce qu’ils sont : les agents du fascisme.» (Rapport de Ho Chi Minh au Comintern, juillet 1939.) Le traité germano-soviétique et l’interdiction des P.C. de France et d’outre-mer permirent au P.C.I. de changer de direction : «Notre parti trouve que c’est une question de vie ou de mort… de lutter contre la guerre impérialiste et la politique de piraterie et de massacre de l’impérialisme français (lire : contre l’Allemagne nazie)… mais nous lutterons, en même temps, contre les buts agressifs du fascisme japonais.»


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Post-it Re: Rapports de forces

Message par sphinx le Dim 7 Mar - 0:26

Vers la fin de la deuxième guerre mondiale, avec l’aide effective des Américains, le Vietminh contrôlait la plus grande partie du territoire, et était reconnu par la France comme l’unique représentant de l’Indochine. C’est à ce moment que Ho préféra «renifler un peu la crotte française plutôt que de manger toute la vie celle des Chinois», et signa, pour faciliter la tâche de ses camarades-maîtres, le monstrueux compromis de mars 1946, qui reconnut le Vietnam à la fois comme «État libre» et comme «faisant partie de la Fédération Indochinoise de l’Union Française». Ce compromis permit à la France de reconquérir une partie du pays et d’engager, en même temps que les staliniens perdaient leur part du pouvoir bourgeois en France, une guerre de huit ans, au bout de laquelle le Vietminh livrait le Sud aux couches les plus rétrogrades de la société vietnamienne et à leurs protecteurs, les Américains, et gagnait définitivement le Nord. Après avoir procédé à l’élimination systématique des éléments révolutionnaires qui restaient (le dernier leader trotskiste, Ta Tu Thau, a été assassiné en 1946), la bureaucratie vietminh installa son pouvoir totalitaire sur la paysannerie, et amorça l’industrialisation du pays dans le cadre d’un capitalisme d’État. L’amélioration du sort des paysans, consécutive à leurs conquêtes pendant la longue lutte de libération, devait, dans la logique bureaucratique, être mise au service de l’État naissant ; dans le sens d’une meilleure productivité dont il restait le maître incontesté. L’application autoritaire de la réforme agraire donna lieu, en 1956, à de violentes insurrections et à une sanglante répression (surtout dans la province même de Ho Chi Minh). Les paysans qui ont porté la bureaucratie au pouvoir se trouvaient être ses premières victimes. Une «orgie d’autocritiques» tenta, pendant plusieurs années, de faire oublier cette «grave erreur».


1945, l’année des ententes cordiales.
Ho Chi Minh (le deuxième en partant de la gauche)
avec un groupe de conseillers militaires américains parachutés
en Indochine pour aider les guérilleros contre les Japonais.


Mais les mêmes accords de Genève permirent aux Diem d’installer au sud du 17e parallèle, un État bureaucratique, féodal et théocratique, au service des propriétaires terriens et de la bourgeoisie compradore. Cet État allait, en l’espace de quelques années, liquider toutes les acquisitions de la paysannerie, par quelques «réformes agraires» appropriées, et les paysans du Sud, dont une partie n’avait jamais déposé les armes, allaient retomber sous la coupe de l’oppression et de la surexploitation. C’est la deuxième guerre du Vietnam. Là aussi, la masse des paysans insurgés, qui reprennent les armes contre les mêmes ennemis, retrouvent les mêmes chefs. Le Front National de Libération succède au Vietminh, héritant à la fois de ses qualités et de ses lourds défauts. En se faisant le champion de la lutte nationale et de la guerre paysanne, le F.N.L. a, dès le début, gagné la campagne, et en a fait la base principale de la résistance armée. Ce sont ses victoires successives sur l’armée officielle qui ont provoqué l’intervention de plus en plus massive des Américains, jusqu’à réduire le conflit à une guerre coloniale ouverte, où les Vietnamiens se trouvent opposés à l’armée d’invasion.



Sa résolution dans la lutte, son programme nettement anti-féodal et ses perspectives unitaires restent les principales qualités du mouvement. En aucune manière la lutte du F.N.L. ne sort du cadre classique des luttes de libération nationale, et son programme reste basé sur un compromis d’une vaste coalition de classes, dominée par l’unique objectif de liquider l’agression américaine (ce n’est pas par hasard qu’il rejette la dénomination Vietcong — id est communistes vietnamiens — pour insister sur son caractère national). Ses structures sont celles d’un État en formation, puisque déjà dans les zones qu’il contrôle il lève des impôts et institue le service militaire obligatoire.


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Post-it Re: Rapports de forces

Message par sphinx le Dim 7 Mar - 0:39

Ces qualités minimum dans la lutte, les objectifs et les intérêts sociaux qu’ils expriment, restent totalement absents dans l’affrontement qui oppose Israël aux Arabes. Les contradictions spécifiques du sionisme, comme celles de la société arabe morcelée, s’ajoutent dans la confusion générale.

Dès ses origines, le mouvement sioniste était le contraire de la solution révolutionnaire de ce qu’on appelait la question juive. Produit direct du capitalisme européen, il visait non le bouleversement d’une société qui avait besoin de persécuter les Juifs, mais la création d’une entité nationale juive qui serait à l’abri des aberrations antisémites du capitalisme décadent ; non l’abolition de l’injustice, mais son transfert. Ce qui constitue le péché originel du sionisme, c’est d’avoir toujours raisonné comme si la Palestine était une île déserte. Le mouvement ouvrier révolutionnaire voyait la solution de la question juive dans la communauté prolétarienne, c’est-à-dire la destruction du capitalisme et de «sa religion, le judaïsme», l’émancipation du Juif ne pouvant se faire en dehors de l’émancipation de l’homme. Le sionisme partait de l’hypothèse inverse. Certes, le développement contre-révolutionnaire de ce demi-siècle lui a donné raison, mais de la même manière que le développement du capitalisme européen a donné raison aux thèses réformistes de Bernstein. Le succès du sionisme, et corollairement la création de l’État d’Israël n’est qu’un avatar du triomphe de la contre-révolution mondiale. Au «socialisme dans un seul pays» pouvait faire écho «justice pour un seul peuple» et «égalité dans un seul kibboutz». C’est avec les capitaux de Rothschild qu’on a organisé la colonisation de la Palestine, et c’est grâce à la plus-value européenne qu’on a lancé les premiers kibboutzim. Les Juifs recréaient alors pour eux tout ce dont ils étaient victimes : le fanatisme et la ségrégation. Ceux qui souffraient de n’être que tolérés dans leur société, allaient lutter pour devenir, ailleurs, des propriétaires disposant du droit de tolérer les autres. Le kibboutz n’était pas un dépassement révolutionnaire de la «féodalité» palestinienne, mais une formule mutualiste d’auto-défense des travailleurs-colons juifs contre les tendances d’exploitation capitaliste de l’Agence Juive. Parce qu’elle était le principal propriétaire juif de Palestine, l’Organisation Sioniste se définissait comme l’unique représentant des intérêts supérieurs de «la Nation Juive». Si elle a fini par céder le droit à une certaine autogestion, c’est qu’elle s’était assurée que celle-ci serait fondée sur le refoulement systématique du paysan arabe.

Quant à la Histadrut, elle était, dès sa création en 1920, soumise à l’autorité du sionisme mondial, c’est-à-dire le contraire même de l’émancipation des travailleurs. Les travailleurs arabes en étaient statutairement exclus, et son activité consistait souvent à interdire aux entreprises juives de les employer.



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Post-it Re: Rapports de forces

Message par sphinx le Dim 7 Mar - 0:44



Le développement de la lutte triangulaire entre Arabes, sionistes et Anglais, allait tourner au profit des seconds ; grâce à la paternité active des Américains (à partir de la deuxième guerre mondiale) et à la bénédiction de Staline (qui voyait en Israël la constitution du premier bastion «socialiste» au Moyen-Orient, mais voulait par là même se débarrasser de quelques Juifs encombrants), le rêve herzlien ne tarda pas à se concrétiser, et l’État juif fut arbitrairement proclamé. La récupération de toutes les formes «progressives» d’organisation sociale, et leur intégration à l’idéal sioniste, permit dès lors aux plus «révolutionnaires» de travailler, la conscience tranquille, à l’édification de l’État bourgeois, militariste et rabbinique qu’est devenu l’Israël moderne. Le sommeil prolongé de l’internationalisme prolétarien a encore une fois engendré un monstre. L’injustice fondamentale commise contre les Arabes de Palestine se retourna aussitôt contre les Juifs eux-mêmes : l’État du peuple élu n’était rien d’autre qu’une vulgaire société de classes, où s’étaient reconstitués toutes les anomalies des vieilles sociétés (divisions hiérarchiques, oppositions ethniques entre Ashkenazes et Séphardites, persécutions racistes de la minorité arabe, etc.). La centrale syndicale y retrouva sa fonction normale d’intégrer les ouvriers à une économie capitaliste, dont elle est devenue le principal propriétaire. Elle emploie plus de salariés que n’en possède l’État lui-même. Elle constitue actuellement la tête de pont de l’expansion impérialiste du jeune capitalisme israélien («Solel Boneh», importante succursale en bâtiment de la Histadrut, a investi 180 millions de dollars en Afrique et en Asie en 1960-1966, et emploie actuellement 12'000 ouvriers africains).

Et comme l’État n’aurait jamais pu voir le jour sans l’intervention directe de l’impérialisme anglo-américain et l’aide massive du capitalisme financier juif, il ne peut aujourd’hui équilibrer son économie artificielle qu’avec l’aide des mêmes forces qui l’ont créé (le déficit de la balance des paiements est égal à 600 millions de dollars, c’est-à-dire plus que le revenu moyen d’un travailleur arabe par tête d’habitant israélien). Dès l’installation des premières colonies d’immigrés, les Juifs constituaient, parallèlement à la société arabe économiquement et socialement attardée, une société moderne de type européen ; la proclamation de l’État n’a fait qu’achever ce processus par l’expulsion pure et simple des éléments du retard. Israël est, de par son être, le bastion de l’Europe au cœur d’un monde afro-asiatique. Ainsi est-il devenu doublement étranger : à la population arabe, réduite à l’état permanent de réfugiés ou de minorité colonisée, et à la population juive qui y avait vu un moment la réalisation terrestre de toutes les idéologies égalitaires.

Mais ceci n’est pas dû aux seules contradictions de la société israélienne ; dès le début, cette situation n’a cessé de s’aggraver, du fait de son entretien par l’environnement arabe, incapable jusqu’à présent d’y apporter un début de solution effective.

Dès le début du mandat britannique, la résistance arabe en Palestine a été entièrement dominée par la classe possédante, c’est-à-dire par les classes dirigeantes arabes d’alors, et leurs protecteurs britanniques. L’accord Sykes-Picot a mis fin à tous les espoirs du nationalisme arabe naissant, et soumis la région, savamment morcelée, à une domination étrangère qui est loin d’être achevée. Les mêmes couches qui assuraient la servitude des masses arabes à l’Empire Ottoman passèrent au service de l’occupation britannique, et se firent les complices de la colonisation sioniste (par la vente, à des prix très élevés, de leurs terres). Le retard de la société arabe ne permettait pas encore l’émergence de nouvelles directions plus avancées, et les soulèvements populaires spontanés retrouvaient chaque fois les mêmes récupérateurs : les notabilités «féodales-bourgeoises» et leur marchandise, l’union nationale.

L’insurrection armée de 1936-1939, et la grève générale de six mois (la plus longue de l’histoire) ont été décidées et exécutées en dépit de l’opposition de toutes les directions des partis «nationalistes». Spontanément organisées, elles ont connu une vaste ampleur ; ce qui a obligé la classe dirigeante à s’y rallier et, du coup, à prendre la direction du mouvement. Mais c’était pour y mettre un frein, le conduire à la table des négociations et aux compromis réactionnaires. Seule la victoire de ce soulèvement dans ses ultimes conséquences aurait pu à la fois liquider le mandat britannique et le projet sioniste de constituter un État juif. Son échec annonçait, a contrario, les futures catastrophes, et en définitive la défaite de 1948.

Celle-ci a sonné le glas de la «bourgeoisie-féodalité» comme classe dirigeante du mouvement arabe. Elle a été l’occasion pour la petite-bourgeoisie d’émerger au pouvoir et de constituer, avec les cadres de l’armée défaite, le moteur du mouvement actuel. Son programme était simple : l’unité, une certaine idéologie socialiste et la libération de la Palestine (le Retour). L’agression tripartite de 1956 lui a fourni la meilleure occasion de se consolider en tant que classe dominante, et de découvrir un leader-programme en la personne de Nasser, proposé à l’admiration collective des masses arabes dépossédées de tout. C’était leur religion et leur opium. Seulement, la nouvelle classe exploiteuse avait ses intérêts propres, et ses buts autonomes. Les mots d’ordre qui ont fait la popularité du régime bureaucratique militaire d’Égypte, étaient mauvais en eux-mêmes, et il était incapable de les réaliser. L’unité arabe et la destruction d’Israël (tour à tour invoquée comme liquidation de l’État usurpateur, et comme rejet pur et simple de sa population à la mer) étaient au centre de cette idéologie-propagande.

Ce qui a inauguré la décadence de la petite-bourgeoisie arabe et de son pouvoir bureaucratique, ce sont tout d’abord ses propres contradictions internes, et la superficialité de ses options (Nasser, le Baas, Kassem et les partis dits communistes n’ont pas cessé de lutter les uns contre les autres, à travers les compromissions et les alliances avec les forces les plus louches).

Vingt ans après la première guerre de Palestine, cette nouvelle couche vient de prouver son incapacité totale de résoudre le problème palestinien. Elle a vécu par la surenchère démente, car seul l’entretien permanent du prétexte israélien lui permettait de survivre, impuissante qu’elle était à apporter une quelconque solution radicale aux innombrables problèmes intérieurs : le problème palestinien reste la clé des bouleversements arabes. C’est autour de lui que les conflits tournent, et en lui que tout le monde communie. Il est la base de la solidarité objective de tous les régimes arabes. Il réalise «l’Union sacrée» entre Nasser et Hussein, Fayçal et Boumedienne, le Baas et Aref.


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Post-it Re: Rapports de forces

Message par sphinx le Dim 7 Mar - 0:50

La dernière guerre est venue dissiper toutes les illusions. La rigidité absolue de «l’idéologie arabe» a été pulvérisée au contact de la réalité effective tout aussi dure, mais permanente. Ceux qui parlaient de faire la guerre ne la voulaient ni ne la préparaient, et ceux qui ne parlaient que de se défendre préparaient effectivement l’offensive. Chacun des deux camps suivait sa propre pente : la bureaucratie arabe, celle du mensonge et de la démagogie, les maîtres d’Israël, celle de l’expansion impérialiste. C’est en tant qu’élément négatif que la guerre des six jours a eu une importance capitale, puisqu’elle a révélé toutes les faiblesses et les tares secrètes de ce qu’on a voulu présenter comme «la révolution arabe». La «puissante» bureaucratie militaire égyptienne s’est effritée en deux jours, dévoilant tout d’un coup la vérité de ses réalisations : le pivot autour duquel se sont opérées toutes les transformations socio-économiques, l’armée, est resté fondamentalement le même. D’une part, elle prétendait tout changer en Égypte (et même dans toute la zone arabe), et d’une autre elle faisait tout pour que rien ne change en son sein, en ses valeurs et habitudes. L’Égypte nassérienne est encore dominée par les forces pré-nassériennes, sa «bureaucratie» est un magma sans cohérence ni conscience de classe, que seule l’exploitation et le partage de la plus-value sociale unit.

Quant à l’appareil politico-militaire qui gouverne la Syrie baasiste, il s’enferme de plus en plus dans l’extrémisme de son idéologie. Seulement, sa phraséologie ne trompe plus personne (à part Pablo !) ; tout le monde sait qu’il n’a pas fait la guerre, et qu’il a livré le front sans résistance, puisqu’il a préféré garder les meilleures troupes à Damas pour sa propre défense. Ceux qui consommaient 65% du budget syrien pour défendre le territoire ont définitivement démasqué leur cynique mensonge.

Enfin, elle a une dernière fois montré, à ceux qui en avaient encore besoin, que l’Union sacrée avec les Hussein ne pouvait conduire qu’à la catastrophe. La Légion Arabe s’est retirée dès le premier jour, et la population palestinienne, qui a subi pendant vingt ans la terreur policière de ses bourreaux, s’est trouvée désarmée et désorganisée devant les forces d’occupation. Le trône hachémite, depuis 1948, s’était partagé la colonisation des Palestiniens avec l’État sioniste. En désertant la Cisjordanie, il livrait à celui-ci les dossiers établis par la police sur tous les éléments révolutionnaires palestiniens. Mais les Palestiniens ont toujours su qu’il n’y avait pas une grande différence entre les deux colonisations, et se sentent aujourd’hui plus à l’aise dans leur résistance à la nouvelle occupation.

De l’autre côté, Israël est devenu tout ce que les Arabes, avant la guerre, lui reprochaient d’être : un État impérialiste se conduisant comme les forces d’occupation les plus classiques (terreur policière, dynamitage des maisons, loi martiale permanente, etc.). Et à l’intérieur se développe un délire collectif dirigé par les rabbins pour «le droit imprescriptible d’Israël aux frontières bibliques». La guerre est venue arrêter tout le mouvement de contestation qu’engendraient les contradictions de cette société artificielle (en 1966, il y a eu quelques dizaines d’émeutes, et pas moins de 277 grèves pour la seule année 1965) ; et provoquer une adhésion unanime autour des objectifs de la classe dominante, et de son idéologie la plus extrémiste. Elle a servi par ailleurs à renforcer tous les régimes arabes non impliqués dans l’affrontement armé. Boumedienne put ainsi, à 5000 km, participer, quiètement, à la surenchère, et faire applaudir son nom par la foule algérienne devant laquelle il n’osait même pas se présenter la veille ; enfin obtenir l’appui d’une O.R.P. complètement stalinisée («pour sa politique anti-impérialiste»). Fayçal, contre quelques millions de dollars, obtient l’abandon du Yémen Républicain et la consolidation de son trône — et on en passe.

Comme toujours la guerre, quand elle n’est pas civile, ne peut que geler le processus de la révolution sociale ; au Nord-Vietnam, elle provoque l’adhésion, jamais obtenue, de la masse paysanne à la bureaucratie qui l’exploite. En Israël, elle liquide pour une longue période toute opposition au sionisme, et dans les pays arabes c’est le renforcement — momentané — des couches les plus réactionnaires. En aucune façon les courants révolutionnaires ne peuvent s’y reconnaître. Leur tâche est à l’autre bout du mouvement actuel, car elle doit en être la négation absolue.

Il est évidemment impossible de chercher, aujourd’hui, une solution révolutionnaire à la guerre du Vietnam. Il s’agit avant tout de mettre fin à l’agression américaine, pour laisser se développer, d’une façon naturelle, la véritable lutte sociale du Vietnam, c’est-à-dire permettre aux travailleurs vietnamiens de retrouver leurs ennemis de l’intérieur : la bureaucratie du Nord et toutes les couches possédantes et dirigeantes du Sud. Le retrait des Américains signifie immédiatement la prise en main, par la direction stalinienne, de tout le pays : c’est la solution inéluctable. Car les envahisseurs ne peuvent indéfiniment prolonger leur agression : on sait depuis Talleyrand qu’on peut faire n’importe quoi avec des baïonnettes sauf s’asseoir dessus. Il ne s’agit donc pas de soutenir inconditionnellement (ou d’une façon critique) le Vietcong, mais de lutter avec conséquence et sans concessions contre l’impérialisme américain. Le rôle le plus efficace est actuellement celui des révolutionnaires américains qui prônent et pratiquent l’insoumission à une très large échelle (devant laquelle la résistance à la guerre d’Algérie, en France, est un jeu d’enfant). C’est que la racine de la guerre du Vietnam se trouve en Amérique même, et c’est là qu’il faut l’extirper.



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Post-it Re: Rapports de forces

Message par sphinx le Dim 7 Mar - 0:57



Au contraire de la guerre américaine, la question palestinienne n’a pas de solution immédiatement perceptible. Aucune solution à court terme n’est praticable. Les régimes arabes ne peuvent que s’écrouler sous le poids de leurs contradictions, et Israël sera de plus en plus prisonnier de sa logique coloniale. Tous les compromis que les grandes puissances et leurs alliés respectifs essaient de rafistoler ne peuvent, de toutes les façons, qu’être contre-révolutionnaires. Le statu quo bâtard — ni paix, ni guerre — va probablement prédominer pour une longue période, pendant laquelle les régimes arabes connaîtront le sort de leurs prédécesseurs de 1948 (et probablement au profit des forces franchement réactionnaires dans un premier temps). La société arabe qui a secrété toutes sortes de classes dominantes, caricatures de toutes les classes historiquement connues, doit maintenant secréter les forces qui porteront sa subversion totale. La bourgeoisie dite nationale et la bureaucratie arabe ont hérité de toutes les tares de ces deux classes, sans avoir jamais connu leurs réalisations historiques dans les autres sociétés. Les futures forces révolutionnaires arabes, qui doivent naître sur les décombres de la défaite de juin 1967, sauront qu’elles n’ont rien de commun avec aucun des régimes arabes existants, ni rien à respecter des pouvoirs constitués qui dominent le monde actuel. C’est en elles-mêmes et dans les expériences refoulées de l’histoire révolutionnaire qu’elles trouveront leur modèle. La question palestinienne est trop sérieuse pour être laissée aux États, c’est-à-dire aux colonels. Elle touche de trop près les deux questions fondamentales de la révolution moderne, à savoir l’internationalisme et l’État, pour qu’aucune force existante puisse lui apporter la solution adéquate. Seul un mouvement révolutionnaire arabe résolument internationaliste et anti-étatique, peut à la fois dissoudre l’État d’Israël et avoir pour lui la masse de ses exploités. Seul, par le même processus, il pourra dissoudre tous les États arabes existants et créer l’unification arabe par le pouvoir des Conseils.

Source:Internationale situationniste no 11, octobre 1967.

(Cet article, rédigé par Mustapha Khayati, a été traduit par la section italienne de l’I.S. sous le titre «Due guerre locali», et publié sans modification en juillet 1969 dans sa revue Internazionale situazionista, «les derniers développements n’ayant fait que confirmer les conclusions de ces analyses». Cette version italienne était illustrée par la photographie d’Ho Chi Minh et les deux cartes géographiques ici reproduites. )


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Post-it Re: Rapports de forces

Message par sphinx le Sam 20 Mar - 0:11

[b]Opération Sarkozy : comment la CIA a placé un de ses agents à la présidence de la République française [/b]

Nicolas Sarkozy doit être jugé à son action et non pas d’après sa personnalité. Mais lorsque son action surprend jusqu’à ses propres électeurs, il est légitime de se pencher en détail sur sa biographie et de s’interroger sur les alliances qui l’ont conduit au pouvoir. Thierry Meyssan a décidé d’écrire la vérité sur les origines du président de la République française. Toutes les informations contenues dans cet article sont vérifiables, à l’exception de deux imputations, signalées par l’auteur qui en assume seul la responsabilité.




Les Français, lassés des trop longues présidences de François Mitterrand et de Jacques Chirac, ont élu Nicolas Sarkozy en comptant sur son énergie pour revitaliser leur pays. Ils espéraient une rupture avec des années d’immobilisme et des idéologies surannées. Ils ont eu une rupture avec les principes qui fondent la nation française. Ils ont été stupéfaits par cet « hyper-président », se saisissant chaque jour d’un nouveau dossier, aspirant à lui la droite et la gauche, bousculant tous les repères jusqu’à créer une complète confusion.

Comme des enfants qui viennent de faire une grosse bêtise, les Français sont trop occupés à se trouver des excuses pour admettre l’ampleur des dégâts et leur naïveté. Ils refusent d’autant plus de voir qui est vraiment Nicolas Sarkozy, qu’ils auraient dû s’en rendre compte depuis longtemps.

C’est que l’homme est habile. Comme un illusionniste, il a détourné leur attention en offrant sa vie privée en spectacle et en posant dans les magazines people, jusqu’à leur faire oublier son parcours politique.

Que l’on comprenne bien le sens de cet article : il ne s’agit pas de reprocher à M. Sarkozy ses liens familiaux, amicaux et professionnels, mais de lui reprocher d’avoir caché ses attaches aux Français qui ont cru, à tort, élire un homme libre.

Pour comprendre comment un homme en qui tous s’accordent aujourd’hui à voir l’agent des États-Unis et d’Israël a pu devenir le chef du parti gaulliste, puis le président de la République française, il nous faut revenir en arrière. Très en arrière. Il nous faut emprunter une longue digression au cours de laquelle nous présenterons les protagonistes qui trouvent aujourd’hui leur revanche.

Secrets de famille
À la fin de la Seconde Guerre mondiale, les services secrets états-uniens s’appuient sur le parrain italo-US Lucky Luciano pour contrôler la sécurité des ports américains et pour préparer le débarquement allié en Sicile. Les contacts de Luciano avec les services US passent notamment par Frank Wisner Sr. puis, lorsque le « parrain » est libéré et s’exile en Italie, par son « ambassadeur » corse, Étienne Léandri.

En 1958, les États-Unis, inquiets d’une possible victoire du FLN en Algérie qui ouvrirait l’Afrique du Nord à l’influence soviétique, décident de susciter un coup d’État militaire en France. L’opération est organisée conjointement par la Direction de la planification de la CIA —théoriquement dirigée par Frank Wisner Sr.— et par l’OTAN. Mais Wisner a déjà sombré dans la démence de sorte que c’est son successeur, Allan Dulles, qui supervise le coup. Depuis Alger, des généraux français créent un Comité de salut public qui exerce une pression sur le pouvoir civil parisien et le contraint à voter les pleins pouvoirs au général De Gaulle sans avoir besoin de recourir la force .

Or, Charles De Gaulle n’est pas le pion que les Anglo-Saxons croient pouvoir manipuler. Dans un premier temps, il tente de sortir de la contradiction coloniale en accordant une large autonomie aux territoires d’outre-mer au sein d’une Union française. Mais il est déjà trop tard pour sauver l’Empire français car les peuples colonisés ne croient plus aux promesses de la métropole et exigent leur indépendance. Après avoir conduit victorieusement de féroces campagnes de répression contre les indépendantistes, De Gaulle se rend à l’évidence. Faisant preuve d’une rare sagesse politique, il décide d’accorder à chaque colonie son indépendance.

Cette volte-face est vécue comme une trahison par la plupart de ceux qui l’ont porté au pouvoir. La CIA et l’OTAN soutiennent alors toutes sortes de complots pour l’éliminer, dont un putsch manqué et une quarantaine de tentatives d’assassinat . Toutefois, certains de ses partisans approuvent son évolution politique. Autour de Charles Pasqua, ils créent le SAC, une milice pour le protéger.


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Post-it Re: Rapports de forces

Message par sphinx le Sam 20 Mar - 0:16

Pasqua est à la fois un truand corse et un ancien résistant. Il a épousé la fille d’un bootlegger canadien qui fit fortune durant la prohibition. Il dirige la société Ricard qui, après avoir commercialisé de l’absinthe, un alcool prohibé, se respectabilise en vendant de l’anisette. Cependant, la société continue à servir de couverture pour toutes sortes de trafics en relation avec la famille italo-new-yorkaise des Genovese, celle de Lucky Luciano. Il n’est donc pas étonnant que Pasqua fasse appel à Étienne Léandri (« l’ambassadeur » de Luciano) pour recruter des gros bras et constituer la milice gaulliste . Un troisième homme joue un grand rôle dans la formation du SAC, l’ancien garde du corps de De Gaulle, Achille Peretti —un Corse lui aussi—.



Ainsi défendu, De Gaulle dessine avec panache une politique d’indépendance nationale. Tout en affirmant son appartenance au camp atlantique, il remet en cause le leadership anglo-saxon. Il s’oppose à l’entrée du Royaume-Uni dans le Marché commun européen (1961 et 1967) ; Il refuse le déploiement des casques de l’ONU au Congo (1961) ; il encourage les États latino-américains à s’affranchir de l’impérialisme US (discours de Mexico, 1964) ; Il expulse l’OTAN de France et se retire du Commandement intégré de l’Alliance atlantique (1966) ; Il dénonce la Guerre du Viêt-nam (discours de Phnon Penh, 1966) ; Il condamne l’expansionnisme israélien lors de la Guerre des Six jours (1967) ; Il soutient l’indépendance du Québec (discours de Montréal 1967) ; etc.

Simultanément, De Gaulle consolide la puissance de la France en la dotant d’un complexe militaro-industriel incluant la force de dissuasion nucléaire, et en garantissant son approvisionnement énergétique. Il éloigne utilement les encombrants Corses de son entourage en leur confiant des missions à étranger. Ainsi Étienne Léandri devient-il le trader du groupe Elf (aujourd’hui Total) , tandis que Charles Pasqua devient l’homme de confiance des chefs d’États d’Afrique francophone.

Conscient qu’il ne peut défier les Anglo-Saxons sur tous les terrains à la fois, De Gaulle s’allie à la famille Rothschild. Il choisit comme Premier ministre le fondé de pouvoir de la Banque, Georges Pompidou. Les deux hommes forment un tandem efficace. L’audace politique du premier ne perd jamais de vue le réalisme économique du second.

Lorsque De Gaulle démissionne, en 1969, Georges Pompidou lui succède brièvement à la présidence avant d’être emporté par un cancer. Les gaullistes historiques n’admettent pas son leadership et s’inquiètent de son tropisme anglophile. Ils hurlent à la trahison lorsque Pompidou, secondé par le secrétaire général de l’Élysée Edouard Balladur, fait entrer « la perfide Albion » dans le Marché commun européen.

La fabrication de Nicolas Sarkozy

Ce décor étant planté, revenons-en à notre personnage principal, Nicolas Sarkozy. Né en 1955, il est le fils d’un noble catholique hongrois, Pal Sarkösy de Nagy-Bocsa, réfugié en France après avoir fuit l’Armée rouge, et d’Andrée Mallah, une roturière juive originaire de Thessalonique. Après avoir eu trois enfants (Guillaume, Nicolas et François), le couple divorce. Pal Sarkosy de Nagy-Bocsa se remarie avec une aristocrate, Christine de Ganay, dont il aura deux enfants (Pierre-Olivier et Caroline). Nicolas ne sera pas élevé par ses seuls parents, mais balloté dans cette famille recomposée.

Sa mère est devenue la secrétaire d’Achille Peretti. Après avoir co-fondé le SAC, le garde du corps de De Gaulle avait poursuivi une brillante carrière politique. Il avait été élu député et maire de Neuilly-sur-Seine, la plus riche banlieue résidentielle de la capitale, puis président de l’Assemblée nationale.

Malheureusement, en 1972, Achille Peretti est gravement mis en cause. Aux États-Unis, le magazine Time révèle l’existence d’une organisation criminelle secrète « l’Union corse » qui contrôlerait une grande partie du trafic de stupéfiants entre l’Europe et l’Amérique, la fameuse « French connexion » qu’Hollywwod devait porter à l’écran. S’appuyant sur des auditions parlementaires et sur ses propres investigations, Timecite le nom d’un chef mafieux, Jean Venturi, arrêté quelques années plus tôt au Canada, et qui n’est autre que le délégué commercial de Charles Pasqua pour la société d’alcool Ricard. On évoque le nom de plusieurs familles qui dirigeraient « l’Union corse », dont les Peretti. Achille nie, mais doit renoncer à la présidence de l’Assemblée nationale et échappe même à un « suicide ».

En 1977, Pal Sarkozy se sépare de sa seconde épouse, Christine de Ganay, laquelle se lie alors avec le n°2 de l’administration centrale du département d’État des États-Unis. Elle l’épouse et s’installe avec lui en Amérique. Le monde étant petit, c’est bien connu, son mari n’est autre que Frank Wisner Jr., fils du précédent. Les fonctions de Junior à la CIA ne sont pas connues, mais il clair qu’il y joue un rôle important. Nicolas, qui reste proche de sa belle-mère, de son demi-frère et de sa demi-sœur, commence à se tourner vers les États-Unis où il « bénéficie » des programmes de formation du département d’État.

À la même période, Nicolas Sarkozy adhère au parti gaulliste. Il y fréquente d’autant plus rapidement Charles Pasqua que celui-ci n’est pas seulement un leader national, mais aussi le responsable de la section départementale des Hauts-de-Seine.

En 1982, Nicolas Sarkozy, ayant terminé ses études de droit et s’étant inscrit au barreau, épouse la nièce d’Achille Peretti. Son témoin de mariage est Charles Pasqua. En tant qu’avocat, Me Sarkozy défend les intérêts des amis corses de ses mentors. Il acquiert une propriété sur l’île de beauté, à Vico, et imagine de corsiser son nom en remplaçant le « y » par un « i » : Sarkozi.

L’année suivante, il est élu maire de Neuilly-sur-Seine en remplacement de son bel-oncle, Achille Peretti, terrassé par une crise cardiaque.

Cependant, Nicolas ne tarde pas à trahir sa femme et, dès 1984, il poursuit une liaison cachée avec Cécilia, l’épouse du plus célèbre animateur de télévision français de l’époque, Jacques Martin, dont il a fait la connaissance en célébrant leur mariage en qualité de maire de Neuilly. Cette double vie dure cinq ans, avant que les amants ne quittent leurs conjoints respectifs pour construire un nouveau foyer.

Nicolas est le témoin de mariage, en 1992, de la fille de Jacques Chirac, Claude, avec un éditorialiste du Figaro. Il ne peut s’empêcher de séduire Claude et de mener une brève relation avec elle, tandis qu’il vit officiellement avec Cécilia. Le mari trompé se suicide en absorbant des drogues. La rupture est brutale et sans retour entre les Chirac et Nicolas Sarkozy.

En 1993, la gauche perd les élections législatives. Le président François Mitterrand refuse de démissionner et entre en cohabitation avec un Premier ministre de droite. Jacques Chirac, qui ambitionne la présidence et pense alors former avec Edouard Balladur un tandem comparable à celui de De Gaulle et Pompidou, refuse d’être à nouveau Premier ministre et laisse la place à son « ami de trente ans », Edouard Balladur. Malgré son passé sulfureux, Charles Pasqua devient ministre de l’Intérieur. S’il conserve la haute main sur la marijuana marocaine, il profite de sa situation pour légaliser ses autres activités en prenant le contrôle des casinos, jeux et courses en Afrique francophone. Il tisse aussi des liens en Arabie saoudite et en Israël et devient officier d’honneur du Mossad. Nicolas Sarkozy, quant à lui, est ministre du Budget et porte-parole du gouvernement.

À Washington, Frank Wisner Jr. a pris la succession de Paul Wolfowitz comme responsable de la planification politique au département de la Défense. Personne ne remarque les liens qui l’unissent au porte-parole du gouvernement français.

C’est alors que reprend au sein du parti gaulliste la tension que l’on avait connu trente ans plus tôt entre les gaullistes historiques et la droite financière, incarnée par Balladur. La nouveauté, c’est que Charles Pasqua et avec lui le jeune Nicolas Sarkozy trahissent Jacques Chirac pour se rapprocher du courant Rothschild. Tout dérape. Le conflit atteindra son apogée en 1995 lorsque Édouard Balladur se présentera contre son ex-ami Jacques Chirac à l’élection présidentielle, et sera battu. Surtout, suivant les instructions de Londres et de Washington, le gouvernement Balladur ouvre les négociations d’adhésion à l’Union européenne et à l’OTAN des États d’Europe centrale et orientale, affranchis de la tutelle soviétique.

Rien ne va plus dans le parti gaulliste où les amis d’hier sont près de s’entre-tuer. Pour financer sa campagne électorale, Edouard Balladur tente de faire main basse sur la caisse noire du parti gaulliste, cachée dans la double comptabilité du pétrolier Elf. À peine le vieux Étienne Léandri mort, les juges perquisitionnent la société et ses dirigeants sont incarcérés. Mais Balladur, Pasqua et Sarkozy ne parviendront jamais à récupérer le magot.


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Post-it Re: Rapports de forces

Message par sphinx le Sam 20 Mar - 0:18

La traversée du désert

Tout au long de son premier mandat, Jacques Chirac tient Nicolas Sarkozy à distance. L’homme se fait discret durant cette longue traversée du désert. Discrètement, il continue à nouer des relations dans les cercles financiers.

En 1996, Nicolas Sarkozy ayant enfin réussi à clore une procédure de divorce qui n’en finissait pas se marie avec Cécilia. Ils ont pour témoins les deux milliardaires Martin Bouygues et Bernard Arnaud (l’homme le plus riche du pays).

Dernier acte
Bien avant la crise irakienne, Frank Wisner Jr. et ses collègues de la CIA planifient la destruction du courant gaulliste et la montée en puissance de Nicolas Sarkozy. Ils agissent en trois temps : d’abord l’élimination de la direction du parti gaulliste et la prise de contrôle de cet appareil, puis l’élimination du principal rival de droite et l’investiture du parti gaulliste à l’élection présidentielle, enfin l’élimination de tout challenger sérieux à gauche de manière à être certain d’emporter l’élection présidentielle.

Pendant des années, les médias sont tenus en haleine par les révélations posthumes d’un promoteur immobilier. Avant de décéder d’une grave maladie, il a enregistré pour une raison jamais élucidée une confession en vidéo. Pour une raison encore plus obscure, la « cassette » échoue dans les mains d’un hiérarque du Parti socialiste, Dominique Strauss-Khan, qui la fait parvenir indirectement à la presse.

Si les aveux du promoteur ne débouchent sur aucune sanction judiciaire, ils ouvrent une boîte de Pandore. La principale victime des affaires successives sera le Premier ministre Alain Juppé. Pour protéger Chirac, il assume seul toutes les infractions pénales. La mise à l’écart de Juppé laisse la voie libre à Nicolas Sarkozy pour prendre la direction du parti gaulliste.

Sarkozy exploite alors sa position pour contraindre Jacques Chirac à le reprendre au gouvernement, malgré leur haine réciproque. Il sera en définitive, ministre de l’Intérieur. Erreur ! À ce poste, il contrôle les préfets et le renseignement intérieur qu’il utilise pour noyauter les grandes administrations.

Il s’occupe aussi des affaires corses. Le préfet Claude Érignac a été assassiné. Bien qu’il n’ait pas été revendiqué, le meurtre a immédiatement été interprété comme un défi lancé par les indépendantistes à la République. Après une longue traque, la police parvient à arrêter un suspect en fuite, Yvan Colonna, fils d’un député socialiste. Faisant fi de la présomption d’innocence, Nicolas Sarkozy annonce cette interpellation en accusant le suspect d’être l’assassin. C’est que la nouvelle est trop belle à deux jours du référendum que le ministre de l’Intérieur organise en Corse pour modifier le statut de l’île. Quoi qu’il en soit, les électeurs rejettent le projet Sarkozy qui, selon certains, favorise les intérêts mafieux.
Bien qu’Yvan Colonna ait ultérieurement été reconnu coupable, il a toujours clamé son innocence et aucune preuve matérielle n’a été trouvée contre lui. Étrangement, l’homme s’est muré dans le silence, préférant être condamné que de révéler ce qu’il sait.
Nous révélons ici que le préfet Érignac n’a pas été tué par des nationalistes, mais abattu par un tueur à gage, immédiatement exfiltré vers l’Angola où il a été engagé à la sécurité du groupe Elf. Le mobile du crime était précisément lié aux fonctions antérieures d’Érignac, responsable des réseaux africains de Charles Pasqua au ministère de la Coopération. Quand à Yvan Colonna, c’est un ami personnel de Nicolas Sarkozy depuis des décennies et leurs enfants se sont fréquentés.

Une nouvelle affaire éclate : de faux listings circulent qui accusent mensongèrement plusieurs personnalités de cacher des comptes bancaires au Luxembourg, chez Clearstream. Parmi les personnalités diffamées : Nicolas Sarkozy. Il porte plainte et sous-entend que son rival de droite à l’élection présidentielle, le Premier ministre Dominique de Villepin, a organisé cette machination. Il ne cache pas son intention de le faire jeter en prison.
En réalité, les faux listings ont été mis en circulation par des membres de la Fondation franco-américaine , dont John Negroponte était président et dont Frank Wisner Jr. est administrateur. Ce que les juges ignorent et que nous révélons ici, c’est que les listings ont été fabriqués à Londres par une officine commune de la CIA et du MI6, Hakluyt & Co, dont Frank Wisner Jr. est également administrateur.
Villepin se défend de ce dont on l’accuse, mais il est mis en examen, assigné à résidence et, de facto, écarté provisoirement de la vie politique. La voie est libre à droite pour Nicolas Sarkozy.

Reste à neutraliser les candidatures d’opposition. Les cotisations d’adhésion au parti socialistes sont réduites à un niveau symbolique pour attirer de nouveaux militants. Soudainement des milliers de jeunes prennent leur carte. Parmi eux, au moins dix mille nouveaux adhérents sont en réalité des militants du Parti trotskiste « lambertiste » (du nom de son fondateur Pierre Lambert). Cette petite formation d’extrême gauche s’est historiquement mise au service de la CIA contre les communistes staliniens durant la Guerre froide (Elle est l’équivalent du SD/USA de Max Shatchman, qui a formé les néoconservateurs aux USA ). Ce n’est pas la première fois que les « lambertistes » infiltrent le Parti socialiste. Ils y ont notamment placé deux célèbres agents de la CIA : Lionel Jospin (qui est devenu Premier ministre) et Jean-Christophe Cambadélis, le principal conseiller de Dominique Strauss-Kahn .


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Post-it Re: Rapports de forces

Message par sphinx le Sam 20 Mar - 0:24

Des primaires sont organisées au sein du Parti socialiste pour désigner son candidat à l’élection présidentielle. Deux personnalités sont en concurrence : Laurent Fabius et Ségolène Royal. Seul le premier représente un danger pour Sarkozy. Dominique Strauss-Kahn entre dans la course avec pour mission d’éliminer Fabius au dernier moment. Ce qu’il sera en mesure de faire grâce aux votes des militants « lambertistes » infiltrés, qui portent leur suffrages non pas sur son nom, mais sur celui de Royal.
L’opération est possible parce que Strauss-Kahn est depuis longtemps sur le payroll des États-Unis. Les Français ignorent qu’il donne des cours à Stanford, où il a été embauché par le prévot de l’université, Condoleezza Rice .
Dès sa prise de fonction, Nicolas Sarkozy et Condoleezza Rice remercieront Strauss-Kahn en le faisant élire à la direction du Fonds monétaire international.

Premiers jours à l’Élysée

Le soir du second tour de l’élection présidentielle, lorsque les instituts de sondages annoncent sa victoire probable, Nicolas Sarkozy prononce un bref discours à la nation depuis son QG de campagne. Puis, contrairement à tous les usages, il ne va pas faire la fête avec les militants de son parti, mais il se rend au Fouquet’s. La célèbre brasserie des Champs-Élysées, qui était jadis le rendez-vous de « l’Union corse » est aujourd’hui la propriété du casinotier Dominique Desseigne. Il a été mis à disposition du président élu pour y recevoir ses amis et les principaux donateurs de sa campagne. Une centaine d’invités s’y bousculent, les hommes les plus riches de France y côtoient les patrons de casinos.

Puis le président élu s’offre quelques jours de repos bien mérités. Conduit en Falcon-900 privé à Malte, il s’y repose sur le Paloma, le yacht de 65 mètres de son ami Vincent Bolloré, un milliardaire formé à la Banque Rothschild.

Enfin, Nicolas Sarkozy est investi président de la République française. Le premier décret qu’il signe n’est pas pour proclamer une amnistie, mais pour autoriser les casinos de ses amis Desseigne et Partouche à multiplier les machines à sous.

Il forme son équipe de travail et son gouvernement. Sans surprise, on y retrouve un bien trouble propriétaire de casinos (le ministre de la Jeunesse et des Sports) et le lobbyiste des casinos de l’ami Desseigne (qui devient porte-parole du parti « gaulliste »).

Nicolas Sarkozy s’appuie avant tout sur quatre hommes :
Claude Guéant, secrétaire général du palais de l’Élysée. C’est l’ancien bras droit de Charles Pasqua.
François Pérol, secrétaire général adjoint de l’Élysée. C’est un associé-gérant de la Banque Rothschild.
Jean-David Lévitte, conseiller diplomatique. Fils de l’ancien directeur de l’Agence juive. Ambassadeur de France à l’ONU, il fut relevé de ses fonctions par Chirac qui le jugeait trop proche de George Bush.
Alain Bauer, l’homme de l’ombre. Son nom n’apparaît pas dans les annuaires. Il est chargé des services de renseignement. Ancien Grand-Maître du Grand Orient de France (la principale obédience maçonnique française) et ancien n°2 de la National Security Agency états-unienne en Europe .

Frank Wisner Jr., qui a été nommé entre temps envoyé spécial du président Bush pour l’indépendance du Kosovo, insiste pour que Bernard Kouchner soit nommé ministre des Affaires étrangères avec une double mission prioritaire : l’indépendance du Kosovo et la liquidation de la politique arabe de la France.

Kouchner a débuté sa carrière en participant à la création d’une ONG humanitaire. Grâce aux financements de la National Endowment for Democracy, il a participé aux opérations de Zbigniew Brzezinski en Afghanistan, aux côtés d’Oussama Ben Laden et des frères Karzaï contre les Soviétiques. On le retrouve dans les années 90 auprès d’Alija Izetbegoviç en Bosnie-Herzégovine. De 1999 à 2001, il a été Haut représentant de l’ONU au Kosovo.

Sous le contrôle de Wali, le frère cadet du président Hamid Karzaï, l’Afghanistan est devenu le premier producteur mondial de pavot. Le suc est transformé sur place en héroïne et transporté par l’US Air Force à Camp Bondsteed (Kosovo). Là, la drogue est prise en charge par les hommes d’Haçim Thaçi qui l’écoulent principalement en Europe et accessoirement aux États-Unis . Les bénéfices sont utilisés pour financer les opérations illégales de la CIA.
Karzaï et Thaçi sont des amis personnels de longue date de Bernard Kouchner, qui certainement ignore leurs activités criminelles malgré les rapports internationaux qui y ont été consacrés.

Pour complèter son gouvernement, Nicolas Sarkozy nomme Christine Lagarde, ministre de l’Économie et des Finances. Elle a fait toute sa carrière aux États-Unis où elle a dirigé le prestigieux cabinet de juristes Baker & McKenzie. Au sein du Center for International & Strategic Studies de Dick Cheney, elle a co-présidé avec Zbigniew Brzezinski un groupe de travail qui a supervisé les privatisations en Pologne. Elle a organisé un intense lobbying pour le compte de Lockheed Martin contre les l’avionneur français Dassault .

Nouvelle escapade durant l’été. Nicolas, Cécilia, leur maîtresse commune et leurs enfants se font offrir des vacances états-uniennes à Wolfenboroo, non loin de la propriété du président Bush. La facture, cette fois, est payée par Robert F. Agostinelli, un banquier d’affaires italo-new-yorkais, sioniste et néo-conservateur pur sucre qui s’exprime dans Commentary, la revue de l’American Jewish Committee.

La réussite de Nicolas rejaillit sur son demi-frère Pierre-Olivier. Sous le nom américanisé « d’Oliver », il est nommé par Frank Carlucci (qui fut le n°2 de la CIA après avoir été recruté par Frank Wisner Sr.) directeur d’un nouveau fonds de placement du Carlyle Group (la société commune de gestion de portefeuille des Bush et des Ben Laden) [13]. Sans qualité personnelle particulière, il est devenu le 5e noueur de deals dans le monde et gère les principaux avoirs des fonds souverains du Koweit et de Singapour.

La cote de popularité du président est en chute libre dans les sondages. L’un de ses conseillers en communication, Jacques Séguéla, préconise de détourner l’attention du public avec de nouvelles « people stories ». L’annonce du divorce avec Cécilia est publiée par Libération, le journal de son ami Edouard de Rothschild, pour couvrir les slogans des manifestants un jour de grève générale. Plus fort encore, le communiquant organise une rencontre avec l’artiste et ex-mannequin, Carla Bruni. Quelques jours plus tard, sa liaison avec le président est officialisée et le battage médiatique couvre à nouveau les critiques politiques. Quelques semaines encore et c’est le troisième mariage de Nicolas. Cette fois, il choisit comme témoins Mathilde Agostinelli (l’épouse de Robert) et Nicolas Bazire, ancien directeur de cabinet d’Edouard Balladur devenu associé-gérant chez Rothschild.

Quand les Français auront-ils des yeux pour voir à qui ils ont affaire ?

Par:Thierry Meyssan


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Post-it Re: Rapports de forces

Message par sphinx le Ven 26 Mar - 16:22

Le Dernier Bastion de la Laïcité en Islam Est en Péril

Depuis 1923, la Turquie n'est plus le siège du califat mondial de l'Islam. Lors de la 1ère Guerre mondiale 1914/18, la Turquie s'est rangée du mauvais côté et elle a perdu la guerre, non sans avoir procédé à un gigantesque massacre organisé, véritable holocauste de ses Arméniens, disséminés dans l'Empire Ottoman et rassemblés à Alep, avant d'être éliminés . Inspirée par la discipline et l'organisation allemande, menée par Kemal Ataturk, la nouvelle génération d'officiers, les Jeunes Turcs, voulait remodeler le pays à l'Occidentale. Ataturk a imposé d'une main de fer l'alphabet latin, la laïcité et le modernisme à un Islam déclinant et corrompu. La Turquie a vécu ainsi pendant 80 ans, une démocratie, sous la surveillance d'une armée vouée à la mémoire du Grand Chef Ataturk.

Epuisée par un excès de corruption et poussée par un nouvel islamisme de plus en plus envahissant, la démocratie turque a élu au pouvoir en 2002 un parti islamique, l'AKP, le Parti de la Justice et du Développement. En 8 ans de pouvoir, l'AKP et son chef Recep Tayip Erdogan ont progressivement transformé une démocratie laïque en une oligarchie islamique. Au point qu'en 2007, suite à des élections où l'AKP a amélioré son score, Abdallah Gul, un islamiste est devenu président de la Turquie, malgré la coutume que ce poste soit réservé à un laïc et malgré les réticences de l'armée.

Pour réussir, Erdogan s'est appuyé d'une part sur une mouvance occulte qui se développe d'une manière étonnante en Islam, depuis une quarantaine d'années, la mouvance "Gulen", et d'autre part sur le nationalisme turc, en l'exaltant et en s'attaquant aux états qui pourraient lui porter ombrage, notamment les Etats-Unis et Israël et ses Juifs, tout en essayant d'apaiser la minorité agissante kurde.

Pour réussir, Erdogan doit aussi neutraliser les anciens cadres laïcs de l'armée et du pouvoir juridique, après avoir purgé l'enseignement, de nombreuses municipalités, la police et les services secrets.

La mouvance Gulen soutient Erdogan et son parti l'AKP

Sous l'empire ottoman, la Turquie était un modèle d'islam tolérant s'appuyant sur la tradition soufie dont les confréries se développaient harmonieusement dans tout le Moyen Orient. Depuis près d'un demi-siècle, l'islam radical a supplanté cette vision, et les soufis sont persécutés, voire interdits en Arabie et en Iran. En Turquie un mouvement "opaque" appelé "Gulen" a fait tache d'huile, à grande allure, réunissant des millions d'adeptes sous la houlette d'un richissime érudit, Gulen Fethullah. Inspiré par le soufisme, mais ressemblant étrangement aux "Frères Musulmans" de Hassan el Banna, ce mouvement, appelé FGH, a créé plus d'un millier d'écoles et autant de centres caritatifs dans le monde. Comme l'Islam salafiste ou wahabi, l'Islam de Gulen a une vision précise et très particulière sur la politique, le fonctionnement du gouvernement, l'éducation, les affaires, la vie publique et privée…, un mode vie visant à remplacer progressivement celui institué par le grand chef Kémal Ataturk.


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Post-it Re: Rapports de forces

Message par sphinx le Ven 26 Mar - 16:24

Notre point de vue est que la mouvance Gulen ou FGH est le prélude à une réinstallation d'une espèce de Califat mondial de l'Islam. Or Gulen Fethullah s'est enfui de Turquie en 1999, de peur d'être arrêté par l'Armée et vit aux Etats-Unis, en Pennsylvanie. Pourtant sa mouvance a réussi à s'infiltrer partout dans les médias et les rouages de l'état turc, notamment dans la police et les services de renseignement, surtout depuis la prise du pouvoir par Erdogan en 2002.

Gulen Fethullah cherche à se venger de l'Armée turque, dernier bastion de la laïcité en Islam, et il a fomenté deux faux complots en 2007 (affaire Ergenekon, société secrète) et récemment en février 2010 (plan Balyoz) au cours desquels des dizaines d'universitaires, et même des présidents d'Université, des centaines d'officiers, la plupart retraités, ont été jetés en prison, sans aucune raison sérieuse. En fait l'AKP et le FGH cherchent à intimider et à transformer l'armée turque en islamisant son encadrement .

Gulen Fethullah préconise un Islam de compassion, sans effusion de sang, mais dans lequel on a le droit de mentir. Lors d'une émission à la télévision turque en 1999, il dit "pour servir Allah, toute méthode, toute voie est acceptable, y compris de mentir au peuple" (Soner Cagaptay dans www.ForeignPolicy.com 25/02/2010). Lors d'une interview il nie toute organisation centralisée contrôlant son mouvement, rejette toute forme de terrorisme, préconisant la réconciliation de l'Islam avec les sciences et les technologies.

Erdogan exalte le nationalisme turc et islamique

Après avoir malmené les Américains en leur refusant son territoire pour mener la campagne contre Saddam Hussein en 2003, en rappelant son ambassadeur à Washington parce que le Congrès a décidé récemment de reconnaître le génocide arménien, depuis l'opération "Plomb durci" à Gaza, Erdogan a intensifié ses attaques contre Israël et les Juifs. Récemment, il a affirmé que la Tombe de Rachel et le Caveau des Patriarches n'ont jamais fait partie du Patrimoine juif, mais musulman, qu'Israël cherchait à s'emparer de la Mosquée d'al Aksa. En Turquie une série télévisée "La Vallée des Loups, la Palestine" calomnie l'armée israélienne et défend les thèses des "frères de Gaza".

Par ailleurs, Erdogan cherche à intimider la Communauté Juive. Lors de l'office du shabat "Zakhor", des inspecteurs de police sont entrés dans la grande synagogue d'Istanbul "Brit Shalom" demandant aux fidèles leurs papiers d'identité. La plupart des fidèles ne transportant pas leurs documents d'identité, le shabat, les inspecteurs leur ont alors demandé de se présenter le lendemain au service de la municipalité, afin de prouver qu'ils étaient bien résidents d'Istanbul.

En ce qui concerne la minorité kurde très agissante, Erdogan lui a accordé une très large autonomie, espérant calmer "cette plaie ethnique" dans le corps turc.


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Post-it Re: Rapports de forces

Message par sphinx le Ven 26 Mar - 16:26

Erdogan veut transformer l'Armée et le pouvoir judiciaire

Nous avons vu les vrais-faux complots pour purger l'Armée de ses cadres laïcs, susceptibles de fomenter en effet un coup d'état pour ramener le pays dans le giron du Grand Chef Kémal Ataturk. Avec les nouvelles générations de recrues imprégnées d'Islam, cette menace s'éloigne dans le temps.

Mais en 2008, le pouvoir judiciaire laïc avait entamé sans succès une procédure auprès de la Cour Constitutionnelle qui a failli conduire à la dissolution de l'AKP, considéré comme un parti cherchant à miner la nature laïque de la Turquie. Le Procureur Général Abdurrahman Yalcinkaya avait préparé un acte d'accusations contre le gouvernement d'Erdogan, comme l'autorisation de porter le voile à l'université, ou la limitation d'usage de l'alcool à des "zones rouges" et il avait demandé 5 années d'interdiction de politique pour le 1er ministre Erdogan et le Président Abdallah Gul. Aujourd'hui Erdogan va présenter au Parlement une révision de la Constitution qui réduirait le pouvoir des instances judiciaires qui lui sont hostiles, quitte à devoir passer par un référendum.

Malgré de nombreux succès dans ses tentatives d'islamiser le pays, le gouvernement actuel n'est pas au bout de ses peines. Sa cote de popularité a baissé de 47% en 2007 à 29% aujourd'hui.

Il n'est pas à l'abri de manifestations populaires dans les villes du fait de la crise économique et d'un autoritarisme de plus en plus grand.

Amnistiés et de retour au pays, les Kurdes de l'étranger ont accru leurs exigences, provoquant des émeutes locales qui enveniment le climat politique et la coexistence ethnique.
Faisant suite aux arrestations pour complot, l'armée a nié toute activité illégale et le chef d'état-major, le général Ilker Basbug a averti "notre patience a des limites". Bien qu'un coup d'Etat soit peu probable, la situation reste tendue et incertaine après les différents coup de main de la police et des services secrets.

La nouvelle orientation de la Turquie au Moyen Orient, en direction de l'axe Iran-Syrie-Hezbollah augure mal d'un rapprochement avec l'Europe.

Le dernier bastion de la laïcité en Islam est à la croisée des chemins: soit il bascule d'une manière irréversible dans l'islamisme, avec l'application de la "sharia'h" comme mode vie à l'instar de l'Arabie, ou bien il parvient à se ressaisir dans un sursaut de survie, en essayant de trouver un compromis de tolérance et "de compassion" entre laïcité et islam… Pour beaucoup de commentateurs, les jeux sont faits.

Par Albert Soued


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Post-it Re: Rapports de forces

Message par sphinx le Dim 28 Mar - 23:21

Les Etats-Unis ont-ils gagné la bataille mondiale de la culture?

Une guerre fait rage dans les salles de production, sur les moteurs de recherche d'Internet, dans les studios d'enregistrement, les rédactions ou sur les plateaux de télé. Ce monde fabrique la culture d'aujourd'hui. C'est la thèse de Frédéric Martel. L'écrivain e animateur de l'émission Masse critique est allé à la rencontre des acteurs de ce vaste marché: 30 pays, 1.250 interviews, six mois d'enquête et, à l'arrivée, un essai de 460 pages. Mainstream (Flammarion) sort mercredi en librairie. Il s'interroge sur la culture dominante, ce langage universel, inventé aux Etats-Unis.

La patrie de Disney est celle de Google, le plus puissant moteur de recherche du monde. Reste-elle dominante?
Absolument. Les Etats-Unis conservent le leadership parce qu’ils produisent une culture qui parle à tout le monde. Un produit mainstream, universel, qui s’exporte partout. Ils ont des atouts : l’anglais, la diversité culturelle et l’immigration. Ils le font à partir d’un écosystème très particulier. Il n’y a pas un grand plan régulateur. Leurs acteurs sont indépendants et interconnectés. Ils poursuivent des objectifs privés et concurrents. Pourtant il y a une cohérence dans tout cela. Et la culture des communautés véhiculée par les canaux puissants du Net que sont Google, Facebook ou Twitter est construite sur le même schéma et rayonne tout autant.

Qu’est-ce qui fait la force du système américain?
Sa capacité d’influence, le fameux "soft power" dont ils ont la meilleure maîtrise. Au point que l’on peut parler de "smart power". Le pouvoir militaire complété par des contenus culturels, c’est très malin. Cette stratégie dépasse l’impérialisme consistant à imposer leur cinéma, leur musique, leurs médias ou leurs formats télévisés. Ils cherchent à multiplier et à élargir leurs marchés. Ils sont préparés à répondre à toutes les attentes avec des produits américains, des contenus conçus pour un public mondial ou des formats ciblés destinés à des clientèles régionale, locale, voire communautaire. Là est leur force. Ils ne tuent pas les cultures nationales. Mais leur matrice étouffe les autres cultures en les empêchant de rayonner. Exemple : un Français ne sait pas ce que regarde un Allemand à la télé mais l’un et l’autre connaissent les séries américaines.



L’hyperpuissance américaine reste-t-elle imbattable?
La géopolitique de la culture est en train de changer. Les pays émergents vont aussi émerger avec leur culture et leurs médias. Sur un axe qui va du Brésil à l’Indonésie ils sont en train de changer la donne. Tous commencent à exporter leurs contenus et aspirent à être mainstream comme les Américains. Les chaînes des pays arabes, comme la qatarie Al-Jazeera qui va émettre en français prochainement, mais aussi les saoudiennes Al-Arabyia, Rotana, MBC ou ART, s’adossent à une masse critique de téléspectateurs – 350 millions à proximité et 1,5 milliard de musulmans – et à des groupes multimédias qui ont d’énormes moyens. Ils profitent de la mondialisation et du basculement numérique. Ces deux réalités se croisent à Doha (Qatar) comme à Mumbai (Inde) ou São Paulo (Brésil). Aucun d’entre eux, toutefois, n’a encore produit un blockbuster mondial. Slumdog Millionaire est un film anglais-français-américain, pas indien.

Quelles valeurs défendent ces nouveaux entrants?
Paradoxalement les mêmes que celles de Disney et de la Motion Picture Association of America qui homologue les films outre-Atlantique. Ils veulent protéger les enfants, les familles et les croyances et réprouvent la violence et le sexe. Une logique parfaitement mainstream!

Que pèsent l’Europe et la France dans cette nouvelle géopolitique de la culture?
Nous vivons une éclipse. Les exportations américaines de contenus augmentent de 10 % depuis dix ans. A l’inverse, celles des Européens sont en baisse de 8 %. La concurrence est de plus en plus vive et nous jouons petit bras. Il va falloir changer si nous voulons rester dans le jeu. Nous nous en sortons lorsque nous fabriquons des contenus américains ou mondiaux, comme le font Bertelsmann, dans l’édition, le français Vivendi dans les jeux vidéo ou sa filiale Universal Music dans la création musicale.
Comment casser cette logique?
En appréciant l’enjeu du soft power à sa juste mesure. L’agence culturelle proposée par Bernard Kouchner était une belle idée. Elle avait comme objectif d’être puissante, indépendante et de soutenir les industries créatives françaises. L’Elysée n’en a pas voulu. La question n’est pas de savoir si le marché est bon ou mauvais pour la culture mais d’en faire partie. J’aime à la fois Patrice Chéreau et Toy Story. Savoir quel est le plus créatif et artistique des deux n’est pas si simple. Mais indéniablement l’un s’exporte mieux que l’autre.

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Post-it Re: Rapports de forces

Message par sphinx le Dim 4 Avr - 11:44

Otan,Iran, où est le danger pour la planéte ?

Rick Rozoff est diplômé de littérature européenne, journaliste et directeur d'une organisation pour la paix et le désarmement. Ila été impliqué dans la lutte contre la guerre et l'interventionnisme à divers titres et ce depuis 40 ans, son analyse est ce titre aussi intéressante que celle toujours orientée et éculée de l'axe du mal.

Le nouvel ennemi après Saddam Hussein à abattre est aujurd'hui Mahmoud Ahmadinejad. Il serait celui qui menace dangereusement la paix et l'équilibre dans le monde. Mais lisez jusqu'au bout l'article qui suit de Rick Rozoff pour avoir une autre vision, une analyse différente de celle des médias occidentaux.


Les évènements liés aux questions militaires et de sécurité en Europe et en Asie ont été nombreux ce mois-ci et se sont condensés dans moins d'une semaine de réunions, de déclarations et d'initiatives sur des questions allant des déploiements du bouclier antimissile jusqu'à l'escalade sans comparaison possible de la plus grande guerre du monde et allant d'un nouveau système de sécurité pour l'Europe jusqu'à une nouvelle doctrine militaire russe.

Une génération complète après la fin de la Guerre Froide et presque autant depuis l'éclatement de l'URSS, les événements de la semaine passée sont évocateurs d'une autre décennie et d'un autre siècle. La guerre de vingt ans ou plus en Afghanistan et les installations controversées de missiles en Europe ont constitué l'actualité dans un monde bipolaire.

Vingt ans après, alors qu'il n'y a plus d'Union Soviétique, plus de pacte de Varsovie et une Russie considérablement diminuée et tronquée, les États-Unis et l'OTAN ont militarisé l'Europe à un niveau sans précédent – subordonnant en fait presque tout le continent sous un bloc militaire dominé par Washington - et ont lancé l'offensive de combat la plus vaste en Asie du Sud dans ce qui est déjà la plus longue guerre du monde.

Des 44 nations en Europe et dans le Caucase (à l'exclusion des micro-états et du pseudo-état otanien du Kosovo ), seulement six - Belarus, Chypre, Malte, Moldavie, Russie et Serbie - ont échappé à la mobilisation de leurs citoyens par l'OTAN pour le déploiement sur le front de la guerre d'Afghanistan. Ce nombre sera bientôt réduit davantage encore.


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Post-it Re: Rapports de forces

Message par sphinx le Dim 4 Avr - 11:45

De ces 44 pays, seulement deux - Chypre et Russie - ne sont pas membres de l'OTAN ou de son programme de transition de Partenariat pour la Paix, et Chypre est soumise à une pression intense pour se joindre à la seconde.

Les 4 et 5 février tous les 28 chefs de la défense de l'OTAN se sont réunis à Istanbul, en Turquie, pour deux jours de délibérations qui se sont concentrées sur la guerre en Afghanistan, le déploiement du bloc militaire au Kosovo et des plans accélérés pour l'expansion d' un système de missiles intercepteurs d'envergure mondiale vers l'Europe de l'est et le Moyen-Orient. Ce rassemblement suivait de huit jours une réunion de deux jours du Comité Militaire de l'OTAN à Bruxelles qui comprenait 63 chefs militaires des nations de l'OTAN et des 35 Nations Contribuant en Troupes, comme le bloc les désigne, y compris les hauts commandants militaires d'Israël et du Pakistan. Cette conférence était axée sur la guerre afghane et sur le nouveau Concept Stratégique de l'OTAN qui doit être formalisé officiellement lors d'un sommet de l'Alliance plus tard cette année.

Le commandant de l'ensemble des 150 000 soldats des États-Unis et de l'OTAN en Afghanistan, le Général Stanley McChrystal, a assisté aux réunions des deux jours. Le chef du Pentagone Robert Gates a présidé la deuxième et «L'Afghanistan et la défense anti- missile sont les exemples des nouvelles priorités que sur lesquelles Gates veut que l'OTAN se concentre.» .


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Post-it Re: Rapports de forces

Message par sphinx le Dim 4 Avr - 11:46

Comme l'indiquait le nombre de chefs d'état-major de la défense ayant participé aux réunions de Bruxelles - 63- la portée de l'OTAN a été étendue bien au-delà de l'Europe et de l' Amérique du Nord au cours des dix dernières années. Les troupes servant sous le commandement du bloc en Afghanistan proviennent de tout continent peuplé, du Moyen-Orient et d'Océanie : l'Australie a le plus gros contingent des non-membres avec plus de 1 500 soldats, et les autres nations non européennes comme l'Arménie, l'Azerbaïdjan, Bahreïn, la Colombie, l'Egypte, la Géorgie, la Nouvelle Zélande, Singapour, la Corée du Sud et les Émirats Arabes Unis ont des troupes en Afghanistan ou sont en train d' y en envoyer.

Le jour où à commencé la réunion des ministres de la défense de l'OTAN à Istanbul, le Président roumain Traian Basescu a annoncé qu'il avait satisfait à la demande de l'administration Obama de baser des missiles intercepteurs US dans sa nation, cinq semaines après la nouvelle que des missiles antibalistiques U.S. Patriot seraient stationnés dans une région de la Pologne à une demi heure de la frontière la plus occidentale de la Russie.

Le lendemain, le 5 février, c'est-à-dire deux mois après l'expiration du Strategic Arms Reduction Treaty (START) [[traité de réduction des armes stratégiques]] entre les États-Unis et la Russie réglementant la réduction des armes nucléaires et des systèmes de lancement, l'agence de presse russe Interfax a annoncé que «le Président Dmitri Medvedev a approuvé la doctrine militaire de la Russie et les principes de base de sa politique de dissuasion nucléaire dans la période allant jusqu'en 2020...." .


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Post-it Re: Rapports de forces

Message par sphinx le Dim 4 Avr - 11:48

La même source a cité le Secrétaire adjoint du Conseil de Sécurité et ancien chef de l'état-major général des Forces Armées Iouri Baluyevsky qui commentait la nouvelle doctrine: "Il est prévu de développer les composants terrestres, maritimes et aériens de la triade nucléaire.... La Russie a besoin de garantir son développement démocratique cohérent en utilisant un garant de stabilité tel que les armes nucléaires, tel qu'une forme de dissuasion stratégique.... La Russie se réserve le droit d'utiliser des armes nucléaires uniquement si son existence en tant qu'état est mise en danger."

Le commentaire du quotidien indien The Hindu spécifiait que "La doctrine détaille 11 menaces militaires externes à la Russie, dont sept venant de l'Ouest. L'expansion vers l'est de l'OTAN et son insistance pour un rôle mondial sont identifiées comme la menace numéro un pour la Russie."

L'article ajoutait: " Les U.S.A. sont la source d'autres menaces majeures répertoriées dans la doctrine, même si le pays n'est jamais mentionné dans le document. Celles-ci incluent les tentatives visant à déstabiliser les pays et régions et à saper la stabilité stratégique ; les accumulations militaires dans les états et les mers voisins; la création et déploiement de défense anti-missiles stratégiques, ainsi que la militarisation de l'espace extra-terrestre et le déploiement des systèmes stratégiques non nucléaires de haute précision."

Pour ce qui est du calendrier de l'autorisation d'une nouvelle stratégie militaire de la Russie, le rapport l'a connecté avec les récentes décisions sur le bouclier antimissile U.S. et les pourparlers START entre Washington et Moscou qui traînent encore en longueur.


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