Mondialisation ou globalisation (en)
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Mondialisation ou globalisation (en)
Interview publiée dans France-Antilles
PROF. MAURICE BURAC : "L’EXPERIMENTATION, UNE INJURE AUX MARTINIQUAIS !"
Maurice BURAC, 64 ans, géographe, professeur des universités, directeur du centre de recherche GEODE, spécialiste du développement des pays de la Caraïbe intervient dans le débat institutionnel.
Faut-il, selon vous, une période d’expérimentation ? :
"Lorsque les esclaves des îles britanniques de la Caraïbe ont été affranchis en 1834, le ministère des colonies leur a imposé une période « d’apprentissage » de quatre ans, soit-disant pour leur apprendre à travailler et donc à faire du sucre. C’était une façon pour les planteurs de gagner du temps.
En 1848, les abolitionnistes français n’ont pas osé proposer ce système d’apprentissage-expérimentation du travail, et ils ont eu raison. 160 ans plus tard, ce serait faire une injure aux Martiniquais de leur demander d’expérimenter la responsabilité".
HONNEUR ET RESPECT M. le Prof. BURAC.
Après décembre 2003, le 17 janvier 2010, nous serons amenés à nous prononcer sur un changement institutionnel. Dans le contexte géo-politique qui est le nôtre, est-ce opportun ?
En six ans, la situation économique et sociale de la Martinique s’est encore dégradée. Il suffit de voir les statistiques de notre économie pour s’en rendre compte. La crise de février-mars 2009 a encore mis à mal des entreprises. Tout montre qu’il faut arrêter ce processus de déclin. C’est la fin du système découlant de la départementalisation-régionalisation, malmené par la globalisation-mondialisation. Il était normal que le président de la République, fort d’une demande des élus et au lendemain d’une crise sociale et sociétale sans précédent, propose une refondation politique susceptible de relancer l’économie, le social ou le culturel et de rétablir la confiance.
La nouveauté est qu’au sommet de l’État on reconnaît de plus en plus que la Martinique ne peut plus avoir les mêmes politiques de développement que la Lozère, les Ardennes ou les Bouches-du-Rhône. Cette consultation est une belle opportunité, après 1848, 1946, 1982 qui ont été des étapes importantes, pour réajuster le système institutionnel. L’heure est à la responsabilité collective et il faut que chacun assume sa part.
"La seule chose qui nous manque, c’est l’audace"
Pensez-vous que les Martiniquais soient aujourd’hui prêts pour une autonomie encadrée dans la République française ?
Si les Martiniquais n’étaient pas prêts, le président de la République n’aurait pas proposé de mettre fin au statu quo. Les dernières années de départementalisation-régionalisation, dans la conjoncture de la mondialisation, ont permis à la classe politique et à la population de comprendre l’essentiel des problèmes structurels qui freinent le développement endogène. Par ces temps de crise, où même des entreprises des pays riches doivent licencier à tour de bras, chacun doit savoir que rien ne pourra plus être comme avant. Malheureusement, certains de nos compatriotes restent persuadés que la crise va toujours les épargner et qu’il ne faut surtout rien modifier. Grâce à différents coups de pouce de la République, ils ont su, en se donnant les moyens qu’il fallait, tirer parti de la départementalisation-régionalisation, politiquement, économiquement ou socialement. Ne voulant surtout pas remettre en cause leur organisation, ils ont décidé de tout faire pour ne pas sortir du statu quo. Ceux-là ne seront jamais prêts pour le changement, ni aujourd’hui, ni dans cinq ans, ni dans cinquante ans, même s’ils sont inquiets de la situation actuelle, conséquence de la crise de février-mars.
Je suis convaincu que les Martiniquais ont aujourd’hui toute l’expérience qu’il faut pour passer à une nouvelle étape. La seule chose qui manque à certains, c’est l’audace. C’est oser prendre conscience que l’heure de l’action est arrivée. Aussi, pour les autres, l’important maintenant doit consister à accompagner ces indécis pour un saut qualitatif, et ceci dans l’esprit du plus grand respect et de considération.
Faut-il, selon vous, une période d’expérimentation ?
Lorsque les esclaves des îles britanniques de la Caraïbe ont été affranchis en 1834, le ministère des colonies leur a imposé une période « d’apprentissage » de quatre ans, soit-disant pour leur apprendre à travailler et donc à faire du sucre. C’était une façon pour les planteurs de gagner du temps.
En 1848, les abolitionnistes français n’ont pas osé proposer ce système d’apprentissage-expérimentation du travail, et ils ont eu raison. 160 ans plus tard, ce serait faire une injure aux Martiniquais de leur demander d’expérimenter la responsabilité. Ils ont été préparés depuis 1946, avec une attention renouvelée depuis la décentralisation que la république a mise en place à partir de 1982.
L’expérimentation doit être permanente. D’ailleurs, tous les jours, on constate que les grands pays comme la France sont en perpétuelle expérimentation, mettant à profit l’expérience du passé accumulée de par le monde. Les constitutions sont ajustées régulièrement, selon la conjoncture internationale, les contradictions du développement et les réponses apportées par les différents gouvernements.
La population de Saint-Pierre et Miquelon, territoire de 7 000 habitants, à 25 kilomètres du Canada, a eu à gérer à quatre reprises un statut politique différent, entre 1946 et 2003. L’archipel est passé de territoire d’Outre-mer à collectivité d’Outre-mer, après avoir été département d’Outre-mer et collectivité territoriale de la République. Plus près de nous, dans les Antilles néerlandaises Aruba et Curaçao connaissent une évolution statutaire chaque fois que le besoin se fait sentir, en concertation avec le royaume des Pays-Bas.
Les nouvelles orientations de la mondialisation et les impératifs du développement durable imposent qu’en permanence on réajuste, on modifie, on expérimente afin d’équilibrer le développement et notamment réussir les politiques sociales.
Y aurait-il une inadaptation chronique, entre les besoins de développement économique et les propositions politiques des élus ?
Jusqu’ici le développement de la Martinique a été basé principalement sur l’approvisionnement des marchés français et européen et non sur celui du marché local.
Depuis le triomphe de l économie de plantation aux Antilles, au XVIIe siècle, les gouvernements ont choisi, en permanence, de favoriser au maximum les productions d’exportation traditionnelles susceptibles d’enrichir le territoire. Les nouvelles orientations définies par les Martini quais, que ce soient à travers les schémas de développement où à l’occasion des états généraux, consistent désormais à privilégier aussi bien les productions pour le marché intérieur que les productions destinées au marché extérieur. Il est inconcevable qu’un secteur comme le tourisme, par exemple, facteur d’enrichissement des populations du monde entier soit de plus en plus mal perçu par certains acteurs, au point que nous nous appauvrissons chaque année davantage, tandis que nos voisins et les professionnels du monde entier, plus pragmatiques, s’enrichissent par leur travail.
Il est également anormal que l’essentiel de ce que nous consommons soit importé comme au bon vieux temps de la colonie. Le développement durable, objectif stratégique des gouvernements d’aujourd’hui, offre de belles perspectives à la Martinique, en matière d’énergies renouvelables de substitution au pétrole, de biodiversité ou d’environnement. Les possibilités de mettre en synergie les impératifs de développement et les propositions de la gouvernance territoriale n’ont jamais été aussi significatives. Les élus sont d’ailleurs interpellés pour prendre davantage en compte la contribution des populations, dans le cadre de la démocratie participative.
.../...
PROF. MAURICE BURAC : "L’EXPERIMENTATION, UNE INJURE AUX MARTINIQUAIS !"
Maurice BURAC, 64 ans, géographe, professeur des universités, directeur du centre de recherche GEODE, spécialiste du développement des pays de la Caraïbe intervient dans le débat institutionnel.
Faut-il, selon vous, une période d’expérimentation ? :
"Lorsque les esclaves des îles britanniques de la Caraïbe ont été affranchis en 1834, le ministère des colonies leur a imposé une période « d’apprentissage » de quatre ans, soit-disant pour leur apprendre à travailler et donc à faire du sucre. C’était une façon pour les planteurs de gagner du temps.
En 1848, les abolitionnistes français n’ont pas osé proposer ce système d’apprentissage-expérimentation du travail, et ils ont eu raison. 160 ans plus tard, ce serait faire une injure aux Martiniquais de leur demander d’expérimenter la responsabilité".
HONNEUR ET RESPECT M. le Prof. BURAC.
Après décembre 2003, le 17 janvier 2010, nous serons amenés à nous prononcer sur un changement institutionnel. Dans le contexte géo-politique qui est le nôtre, est-ce opportun ?
En six ans, la situation économique et sociale de la Martinique s’est encore dégradée. Il suffit de voir les statistiques de notre économie pour s’en rendre compte. La crise de février-mars 2009 a encore mis à mal des entreprises. Tout montre qu’il faut arrêter ce processus de déclin. C’est la fin du système découlant de la départementalisation-régionalisation, malmené par la globalisation-mondialisation. Il était normal que le président de la République, fort d’une demande des élus et au lendemain d’une crise sociale et sociétale sans précédent, propose une refondation politique susceptible de relancer l’économie, le social ou le culturel et de rétablir la confiance.
La nouveauté est qu’au sommet de l’État on reconnaît de plus en plus que la Martinique ne peut plus avoir les mêmes politiques de développement que la Lozère, les Ardennes ou les Bouches-du-Rhône. Cette consultation est une belle opportunité, après 1848, 1946, 1982 qui ont été des étapes importantes, pour réajuster le système institutionnel. L’heure est à la responsabilité collective et il faut que chacun assume sa part.
"La seule chose qui nous manque, c’est l’audace"
Pensez-vous que les Martiniquais soient aujourd’hui prêts pour une autonomie encadrée dans la République française ?
Si les Martiniquais n’étaient pas prêts, le président de la République n’aurait pas proposé de mettre fin au statu quo. Les dernières années de départementalisation-régionalisation, dans la conjoncture de la mondialisation, ont permis à la classe politique et à la population de comprendre l’essentiel des problèmes structurels qui freinent le développement endogène. Par ces temps de crise, où même des entreprises des pays riches doivent licencier à tour de bras, chacun doit savoir que rien ne pourra plus être comme avant. Malheureusement, certains de nos compatriotes restent persuadés que la crise va toujours les épargner et qu’il ne faut surtout rien modifier. Grâce à différents coups de pouce de la République, ils ont su, en se donnant les moyens qu’il fallait, tirer parti de la départementalisation-régionalisation, politiquement, économiquement ou socialement. Ne voulant surtout pas remettre en cause leur organisation, ils ont décidé de tout faire pour ne pas sortir du statu quo. Ceux-là ne seront jamais prêts pour le changement, ni aujourd’hui, ni dans cinq ans, ni dans cinquante ans, même s’ils sont inquiets de la situation actuelle, conséquence de la crise de février-mars.
Je suis convaincu que les Martiniquais ont aujourd’hui toute l’expérience qu’il faut pour passer à une nouvelle étape. La seule chose qui manque à certains, c’est l’audace. C’est oser prendre conscience que l’heure de l’action est arrivée. Aussi, pour les autres, l’important maintenant doit consister à accompagner ces indécis pour un saut qualitatif, et ceci dans l’esprit du plus grand respect et de considération.
Faut-il, selon vous, une période d’expérimentation ?
Lorsque les esclaves des îles britanniques de la Caraïbe ont été affranchis en 1834, le ministère des colonies leur a imposé une période « d’apprentissage » de quatre ans, soit-disant pour leur apprendre à travailler et donc à faire du sucre. C’était une façon pour les planteurs de gagner du temps.
En 1848, les abolitionnistes français n’ont pas osé proposer ce système d’apprentissage-expérimentation du travail, et ils ont eu raison. 160 ans plus tard, ce serait faire une injure aux Martiniquais de leur demander d’expérimenter la responsabilité. Ils ont été préparés depuis 1946, avec une attention renouvelée depuis la décentralisation que la république a mise en place à partir de 1982.
L’expérimentation doit être permanente. D’ailleurs, tous les jours, on constate que les grands pays comme la France sont en perpétuelle expérimentation, mettant à profit l’expérience du passé accumulée de par le monde. Les constitutions sont ajustées régulièrement, selon la conjoncture internationale, les contradictions du développement et les réponses apportées par les différents gouvernements.
La population de Saint-Pierre et Miquelon, territoire de 7 000 habitants, à 25 kilomètres du Canada, a eu à gérer à quatre reprises un statut politique différent, entre 1946 et 2003. L’archipel est passé de territoire d’Outre-mer à collectivité d’Outre-mer, après avoir été département d’Outre-mer et collectivité territoriale de la République. Plus près de nous, dans les Antilles néerlandaises Aruba et Curaçao connaissent une évolution statutaire chaque fois que le besoin se fait sentir, en concertation avec le royaume des Pays-Bas.
Les nouvelles orientations de la mondialisation et les impératifs du développement durable imposent qu’en permanence on réajuste, on modifie, on expérimente afin d’équilibrer le développement et notamment réussir les politiques sociales.
Y aurait-il une inadaptation chronique, entre les besoins de développement économique et les propositions politiques des élus ?
Jusqu’ici le développement de la Martinique a été basé principalement sur l’approvisionnement des marchés français et européen et non sur celui du marché local.
Depuis le triomphe de l économie de plantation aux Antilles, au XVIIe siècle, les gouvernements ont choisi, en permanence, de favoriser au maximum les productions d’exportation traditionnelles susceptibles d’enrichir le territoire. Les nouvelles orientations définies par les Martini quais, que ce soient à travers les schémas de développement où à l’occasion des états généraux, consistent désormais à privilégier aussi bien les productions pour le marché intérieur que les productions destinées au marché extérieur. Il est inconcevable qu’un secteur comme le tourisme, par exemple, facteur d’enrichissement des populations du monde entier soit de plus en plus mal perçu par certains acteurs, au point que nous nous appauvrissons chaque année davantage, tandis que nos voisins et les professionnels du monde entier, plus pragmatiques, s’enrichissent par leur travail.
Il est également anormal que l’essentiel de ce que nous consommons soit importé comme au bon vieux temps de la colonie. Le développement durable, objectif stratégique des gouvernements d’aujourd’hui, offre de belles perspectives à la Martinique, en matière d’énergies renouvelables de substitution au pétrole, de biodiversité ou d’environnement. Les possibilités de mettre en synergie les impératifs de développement et les propositions de la gouvernance territoriale n’ont jamais été aussi significatives. Les élus sont d’ailleurs interpellés pour prendre davantage en compte la contribution des populations, dans le cadre de la démocratie participative.
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Dernière édition par sphinx le Ven 27 Mai - 0:09, édité 2 fois
"Quelle est la différence fondamentale entre une femme et un terroriste ? Avec le terroriste on peut négocier"
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Re: Mondialisation ou globalisation (en)
Pour le géographe que vous êtes, la Martinique sera-t-elle plus développée dans un cadre régi selon l’article 74, ou dans une configuration de type collectivité unique avec des compétences régies par l’article 73 de la Constitution ?
Ce n’est ni l’article 74, ni l’article 73 qui garantiront le développement cohérent de la Martinique. L’avantage d’une C.O.M. (collectivité d’Outre-mer) régie selon l’article 74 est d’aider à sortir du statu quo, d’ouvrir un champ de responsabilité adapté à chaque exigence du développement, en fonction de la préparation réelle de la population, et ceci de façon raisonnée, au sein de la République. Encore faut-il que les acteurs politiques, économiques et sociaux jouent franc jeu, n’aient pas de double discours, ne revendiquent pas la responsabilité, tout en ?oeuvrant pour maintenir le statu quo, synonyme, à terme, de nouvelles explosions sociales.
À partir du moment où les élus, quelles que soient leurs tendances politiques, la population, accompagnés par l’État décident en toute responsabilité de réussir un nouveau projet pour la Martinique, pourquoi reculer ?
La question de l’article est secondai re, dès qu’on sort du statu quo. Cela ne peut être qu’un outil dans la stratégie définie. D’ailleurs, après la consultation, une loi organique est prévue pour arrêter les propositions du parlement et du gouvernement. Ces propositions doivent être élaborées à partir de discussions entre les élus martiniquais et les représentants de l’État. Ceci dit, on ne peut pas revendiquer l’autonomie où une responsabilité respectable, si la nouvelle collectivité ne s’inscrit pas dans l’article 74.
Une chose est certaine, rien ne sera plus comme avant. Il faudra mettre l’intelligence au poste de commandement. Il faudra être beaucoup plus sérieux, pour certains, dialoguer en permanence dans l’entreprise en donnant à cette dernière les moyens pour atteindre ses objectifs, veiller à une meilleure répartition des bénéfices, aider les jeunes à se former et à créer leurs entreprises et exiger que chacun assume sa contribution au nom de l’intérêt commun.
Vous avez présidé un atelier lors des états généraux. Pensez-vous que les résultats de ces états généraux permettront de dégager une autre relation avec la France ?
Ces états généraux ont été un excellent exercice d’intelligence collective où les présidents d’atelier ont pu apprécier la demande exceptionnelle des participants à sortir du statu quo.
La nouvelle équation qu’il faut bien comprendre est que la République est en train de reconnaître que chaque territoire de l’Outre-mer doit définir sa propre stratégie de développement, en fonction de ses particularités et de l’intelligence de ses élus et de sa population. C’est aux politiques et aux populations désormais de définir cette stratégie et d’assumer leurs responsabilités, pour le meilleur de ces territoires, de l’Outre-mer et de la République. Ces nouvelles orientations ne peuvent que consolider la confiance des populations de l’Outre-mer dans leur avenir et en même temps renforcer les bonnes pratiques dans les relations de l’Outre-mer avec la France mais aussi avec l’Union européenne. Plus la Martinique et l’Outre-mer se prendront en charge, sans tromperie de la part des principaux acteurs, plus les Martiniquais assumeront leur fierté, chez eux et ailleurs, plus la République se trouvera confortée.
Pourrons-nous dégager un sens à notre appartenance géographique à la Caraïbe, nos liens avec l’Europe et notre identité française ? Oui, nous sommes à la croisée des chemins pour notre développement que nous sommes condamnés à réussir en assumant nos responsabilités. Cela implique plus que jamais que nous soyons fiers d’être nous-mêmes, que nous assumions notre intégration dans la Grande Caraïbe et dans le reste des Amériques, sans être naïfs. Ni notre appartenance à l’Europe, ni notre identité française ne sont menacées ou remises en question. Tout ça n’est que balivernes pour rester dans le statu quo. Nous sommes déjà des régions ultrapériphériques de l’Union européenne comme les régions autonomes d’Espagne ou du Portugal. Il faudra, plus dans les actes que dans les discours, tirer parti de cette position privilégiée. S’agissant de notre identité française, le choix qu’on nous demande de faire lors de la consultation du 17 janvier n’est pas un choix de rupture avec la France. Aucun processus n’est engagé dans ce sens, tout se passe au sein de la République comme pour les Saintpierrais et les Miquelonnais ou les autres. Le président Nicolas Sarkozy et ses ministres l’ont bien répété et les élus martiniquais ayant en charge la réforme institutionnelle, via le Congrès, n’ont pas exprimé le contraire. Chacun doit comprendre qu’à partir de ce moment, forts d’une vision commune, les Martiniquais doivent se mettre ensemble pour réussir ce nouveau challenge. Il serait irresponsable, vis-à-vis des nouvelles générations et des difficultés du moment, de s’en tenir au statu quo. Entretien : Gabriel Gallion
http://www.montraykreyol.org
Ce n’est ni l’article 74, ni l’article 73 qui garantiront le développement cohérent de la Martinique. L’avantage d’une C.O.M. (collectivité d’Outre-mer) régie selon l’article 74 est d’aider à sortir du statu quo, d’ouvrir un champ de responsabilité adapté à chaque exigence du développement, en fonction de la préparation réelle de la population, et ceci de façon raisonnée, au sein de la République. Encore faut-il que les acteurs politiques, économiques et sociaux jouent franc jeu, n’aient pas de double discours, ne revendiquent pas la responsabilité, tout en ?oeuvrant pour maintenir le statu quo, synonyme, à terme, de nouvelles explosions sociales.
À partir du moment où les élus, quelles que soient leurs tendances politiques, la population, accompagnés par l’État décident en toute responsabilité de réussir un nouveau projet pour la Martinique, pourquoi reculer ?
La question de l’article est secondai re, dès qu’on sort du statu quo. Cela ne peut être qu’un outil dans la stratégie définie. D’ailleurs, après la consultation, une loi organique est prévue pour arrêter les propositions du parlement et du gouvernement. Ces propositions doivent être élaborées à partir de discussions entre les élus martiniquais et les représentants de l’État. Ceci dit, on ne peut pas revendiquer l’autonomie où une responsabilité respectable, si la nouvelle collectivité ne s’inscrit pas dans l’article 74.
Une chose est certaine, rien ne sera plus comme avant. Il faudra mettre l’intelligence au poste de commandement. Il faudra être beaucoup plus sérieux, pour certains, dialoguer en permanence dans l’entreprise en donnant à cette dernière les moyens pour atteindre ses objectifs, veiller à une meilleure répartition des bénéfices, aider les jeunes à se former et à créer leurs entreprises et exiger que chacun assume sa contribution au nom de l’intérêt commun.
Vous avez présidé un atelier lors des états généraux. Pensez-vous que les résultats de ces états généraux permettront de dégager une autre relation avec la France ?
Ces états généraux ont été un excellent exercice d’intelligence collective où les présidents d’atelier ont pu apprécier la demande exceptionnelle des participants à sortir du statu quo.
La nouvelle équation qu’il faut bien comprendre est que la République est en train de reconnaître que chaque territoire de l’Outre-mer doit définir sa propre stratégie de développement, en fonction de ses particularités et de l’intelligence de ses élus et de sa population. C’est aux politiques et aux populations désormais de définir cette stratégie et d’assumer leurs responsabilités, pour le meilleur de ces territoires, de l’Outre-mer et de la République. Ces nouvelles orientations ne peuvent que consolider la confiance des populations de l’Outre-mer dans leur avenir et en même temps renforcer les bonnes pratiques dans les relations de l’Outre-mer avec la France mais aussi avec l’Union européenne. Plus la Martinique et l’Outre-mer se prendront en charge, sans tromperie de la part des principaux acteurs, plus les Martiniquais assumeront leur fierté, chez eux et ailleurs, plus la République se trouvera confortée.
Pourrons-nous dégager un sens à notre appartenance géographique à la Caraïbe, nos liens avec l’Europe et notre identité française ? Oui, nous sommes à la croisée des chemins pour notre développement que nous sommes condamnés à réussir en assumant nos responsabilités. Cela implique plus que jamais que nous soyons fiers d’être nous-mêmes, que nous assumions notre intégration dans la Grande Caraïbe et dans le reste des Amériques, sans être naïfs. Ni notre appartenance à l’Europe, ni notre identité française ne sont menacées ou remises en question. Tout ça n’est que balivernes pour rester dans le statu quo. Nous sommes déjà des régions ultrapériphériques de l’Union européenne comme les régions autonomes d’Espagne ou du Portugal. Il faudra, plus dans les actes que dans les discours, tirer parti de cette position privilégiée. S’agissant de notre identité française, le choix qu’on nous demande de faire lors de la consultation du 17 janvier n’est pas un choix de rupture avec la France. Aucun processus n’est engagé dans ce sens, tout se passe au sein de la République comme pour les Saintpierrais et les Miquelonnais ou les autres. Le président Nicolas Sarkozy et ses ministres l’ont bien répété et les élus martiniquais ayant en charge la réforme institutionnelle, via le Congrès, n’ont pas exprimé le contraire. Chacun doit comprendre qu’à partir de ce moment, forts d’une vision commune, les Martiniquais doivent se mettre ensemble pour réussir ce nouveau challenge. Il serait irresponsable, vis-à-vis des nouvelles générations et des difficultés du moment, de s’en tenir au statu quo. Entretien : Gabriel Gallion
http://www.montraykreyol.org
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Re: Mondialisation ou globalisation (en)
Guerre des terres en Afrique : la Lybie, l'Arabie Séoudite, Dubai, la Chine raflent les terres arables et irriguables
Pour équilibrer leurs comptes, les fonds spéculatifs et les fonds souverains raflent des millions de terres arables et cultivables dans les Pays ACP (Afrique, Caraïbes, Pacifique) et dans les PED (Pays En Développement). La Société Générale conseille à ses clients dans son Rapport de 68 pages signé par un cadre de la division Cross Asset du pôle Credit and investment de reporter leurs investissements spéculatifs sur les farm commodities et les denrées alimentaires.
Les pays riches font semblant de se quereller avant le Sommet climatique de Copenhagen pour dévier l’attention face à la Crise financière et pour retarder encore de quelques semaines l’effondrement imminent global, celui des économies nationales et privées. Obama réduit ses objectifs environnementaux.
Le Green Bail Out n’aura pas lieu.

L’Afrique est de nouveau effondrée et nous avons vu au récent Sommet de la Faim à Rome que les 8 Objectifs du Millénium, les G8 de Gleneagles ou le G8 de Heiligendam, le G4 de Potsdam sont de nouveau oubliés. Les ambitions de réduire de moitié la pauvreté pour 2015 se sont transformées en augmentation rapide de la pauvreté depuis le début de la crise à la fin de l’année 2006. Les G20+ n’invitent pas le continent africain à la table des discussions. Dans ce Global Meltdown, les capitaux étrangers délaissent les pays africains, là où il n’y a pas de pétrole, de diamants, de la bauxite, du minerai d’uranium... à piller. Les échanges transcontinentaux sont morts et l’indice du fret maritime transcontinental, le Baltic Dry Index a perdu 90% de son niveau d'avant 2008. Le BDI est une moyenne mondiale, une grande partie de cet indice est constitué par le transport de matières "sèches" (dry), donc par l'exportation de minerais et de matières agricoles non transformées. Les pays africains sont plus violemment percutés par la crise financière et économique mondiale, mais les médias des pays industrialisés n'en parlent pas. Les pays africains vendent en ce moment le dernier bien qu'il leur reste : le sol.
Voici in extenso un communiqué d’un site ami, abcBurkina SEDELAN, de la Coopérative agricole burkinabée.
Début de l'article >>>
Nous revenons aujourd’hui sur la question de l’accaparement des terres par les pays riches. Le phénomène se poursuit, et il va prendre des proportions dramatiques pour les paysans des pays pauvres si des règles internationales ne sont pas rapidement mises en place pour régulariser le marché des terres agricoles et canaliser les puissances de l’argent. Il est urgent de dégager des principes qui assurent que les deux parties (les investisseurs) et les pays d’accueil (pas seulement les tenants du pouvoir politique, mais surtout les populations) seront gagnantes. Or ce que nous apprenons nous fait craindre le pire.
C’est ainsi que l’Arabie Saoudite a établi un vaste programme de « production alimentaire à l’étranger ». A cet effet elle a mise en place une société d’investissement nommé FORAS International, avec des capitaux du Gouvernement Saoudien, de la Banque Islamique de Développement et d’hommes d’affaires saoudiens.
« Foras a informé l’Institut international de recherche sur le riz (IRRI) de son acquisition de 500 000 ha de terres agricoles au Sénégal et de 200 000 ha de terres agricoles au Mali pour la production de riz »
L’IRRI a été informé parce que FORAS leur a demandé des conseils pour l’exploitation de ces terres maliennes et sénégalaises. Mais, à ma connaissance, les paysans maliens et sénégalais n’ont pas encore été informés par leur gouvernement. Et personne à l’extérieur, me semble-t-il ne connaît les termes des contrats. Les petits paysans des régions concernés ne sont même pas sûrs d’avoir une place dans le plan saoudien, intitulé « 7 x 7 », qui, sur une période de sept ans, prévoit la production annuelle de 7 millions de tonnes de riz sur ces 700 000 hectares de terres.
Le Mali a déjà cédé 100 000 hectares de terres irrigables de l’Office du Niger à la Libye. Que restera-t-il pour les maliens dans quelques années ?
Les organisations paysannes maliennes et sénégalaises rendraient un fier service aux autres paysans africains s’ils pouvaient obtenir les termes des contrats et les publier. Ce serait une bonne préparation pour le « Congrès du riz en Afrique 2010 » qui se tiendra à Bamako, au Mali, du 22 au 26 mars 2010. Une analyse détaillée de ces contrats permettrait sans doute de dégager quelques principes.
Il faudra pouvoir répondre à cette question : Comment faciliter les investissements sans que cela ne s’apparente à une nouvelle colonisation ?
Quand on sait que le Sénégal est le deuxième plus grand importateur de riz de l’Afrique (après le Nigeria), on peut penser qu’il vaudrait mieux chercher des investisseurs pour produire du riz pour les sénégalais, puis pour le marché commun de l’Afrique de l’Ouest.
Ces opérations risquent fort de renforcer la sécurité alimentaire de l’Arabie Saoudite aux dépends de celle des sénégalais et des maliens. Or, il y a sûrement plus de maliens et de sénégalais qui souffrent de la faim que de saoudiens !
Et j’apprends que le prochain sommet mondial de la FAO sur la sécurité alimentaire est financé par l’Arabie Saoudite ! Les puissants peuvent dormir tranquilles ! Leur sécurité alimentaire sera garantie ! Les exploitations familiales ont intérêts à renforcer leurs organisations au niveau local, national, régional et mondial, si elles ne veulent pas disparaître au profit de l’agrobusiness ! Les consommateurs aussi s’ils veulent conserver une alimentation variée, saine et adaptée à leur culture.
Koudougou, le 24 octobre 2009
Maurice Oudet
Président du SEDELAN
<<< Fin de l'article
Pour équilibrer leurs comptes, les fonds spéculatifs et les fonds souverains raflent des millions de terres arables et cultivables dans les Pays ACP (Afrique, Caraïbes, Pacifique) et dans les PED (Pays En Développement). La Société Générale conseille à ses clients dans son Rapport de 68 pages signé par un cadre de la division Cross Asset du pôle Credit and investment de reporter leurs investissements spéculatifs sur les farm commodities et les denrées alimentaires.
Les pays riches font semblant de se quereller avant le Sommet climatique de Copenhagen pour dévier l’attention face à la Crise financière et pour retarder encore de quelques semaines l’effondrement imminent global, celui des économies nationales et privées. Obama réduit ses objectifs environnementaux.
Le Green Bail Out n’aura pas lieu.

L’Afrique est de nouveau effondrée et nous avons vu au récent Sommet de la Faim à Rome que les 8 Objectifs du Millénium, les G8 de Gleneagles ou le G8 de Heiligendam, le G4 de Potsdam sont de nouveau oubliés. Les ambitions de réduire de moitié la pauvreté pour 2015 se sont transformées en augmentation rapide de la pauvreté depuis le début de la crise à la fin de l’année 2006. Les G20+ n’invitent pas le continent africain à la table des discussions. Dans ce Global Meltdown, les capitaux étrangers délaissent les pays africains, là où il n’y a pas de pétrole, de diamants, de la bauxite, du minerai d’uranium... à piller. Les échanges transcontinentaux sont morts et l’indice du fret maritime transcontinental, le Baltic Dry Index a perdu 90% de son niveau d'avant 2008. Le BDI est une moyenne mondiale, une grande partie de cet indice est constitué par le transport de matières "sèches" (dry), donc par l'exportation de minerais et de matières agricoles non transformées. Les pays africains sont plus violemment percutés par la crise financière et économique mondiale, mais les médias des pays industrialisés n'en parlent pas. Les pays africains vendent en ce moment le dernier bien qu'il leur reste : le sol.
Voici in extenso un communiqué d’un site ami, abcBurkina SEDELAN, de la Coopérative agricole burkinabée.
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Nous revenons aujourd’hui sur la question de l’accaparement des terres par les pays riches. Le phénomène se poursuit, et il va prendre des proportions dramatiques pour les paysans des pays pauvres si des règles internationales ne sont pas rapidement mises en place pour régulariser le marché des terres agricoles et canaliser les puissances de l’argent. Il est urgent de dégager des principes qui assurent que les deux parties (les investisseurs) et les pays d’accueil (pas seulement les tenants du pouvoir politique, mais surtout les populations) seront gagnantes. Or ce que nous apprenons nous fait craindre le pire.
C’est ainsi que l’Arabie Saoudite a établi un vaste programme de « production alimentaire à l’étranger ». A cet effet elle a mise en place une société d’investissement nommé FORAS International, avec des capitaux du Gouvernement Saoudien, de la Banque Islamique de Développement et d’hommes d’affaires saoudiens.
« Foras a informé l’Institut international de recherche sur le riz (IRRI) de son acquisition de 500 000 ha de terres agricoles au Sénégal et de 200 000 ha de terres agricoles au Mali pour la production de riz »
L’IRRI a été informé parce que FORAS leur a demandé des conseils pour l’exploitation de ces terres maliennes et sénégalaises. Mais, à ma connaissance, les paysans maliens et sénégalais n’ont pas encore été informés par leur gouvernement. Et personne à l’extérieur, me semble-t-il ne connaît les termes des contrats. Les petits paysans des régions concernés ne sont même pas sûrs d’avoir une place dans le plan saoudien, intitulé « 7 x 7 », qui, sur une période de sept ans, prévoit la production annuelle de 7 millions de tonnes de riz sur ces 700 000 hectares de terres.
Le Mali a déjà cédé 100 000 hectares de terres irrigables de l’Office du Niger à la Libye. Que restera-t-il pour les maliens dans quelques années ?
Les organisations paysannes maliennes et sénégalaises rendraient un fier service aux autres paysans africains s’ils pouvaient obtenir les termes des contrats et les publier. Ce serait une bonne préparation pour le « Congrès du riz en Afrique 2010 » qui se tiendra à Bamako, au Mali, du 22 au 26 mars 2010. Une analyse détaillée de ces contrats permettrait sans doute de dégager quelques principes.
Il faudra pouvoir répondre à cette question : Comment faciliter les investissements sans que cela ne s’apparente à une nouvelle colonisation ?
Quand on sait que le Sénégal est le deuxième plus grand importateur de riz de l’Afrique (après le Nigeria), on peut penser qu’il vaudrait mieux chercher des investisseurs pour produire du riz pour les sénégalais, puis pour le marché commun de l’Afrique de l’Ouest.
Ces opérations risquent fort de renforcer la sécurité alimentaire de l’Arabie Saoudite aux dépends de celle des sénégalais et des maliens. Or, il y a sûrement plus de maliens et de sénégalais qui souffrent de la faim que de saoudiens !
Et j’apprends que le prochain sommet mondial de la FAO sur la sécurité alimentaire est financé par l’Arabie Saoudite ! Les puissants peuvent dormir tranquilles ! Leur sécurité alimentaire sera garantie ! Les exploitations familiales ont intérêts à renforcer leurs organisations au niveau local, national, régional et mondial, si elles ne veulent pas disparaître au profit de l’agrobusiness ! Les consommateurs aussi s’ils veulent conserver une alimentation variée, saine et adaptée à leur culture.
Koudougou, le 24 octobre 2009
Maurice Oudet
Président du SEDELAN
<<< Fin de l'article
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Re: Mondialisation ou globalisation (en)
5 facteurs de succès pour l’implantation d’un système de gestion des connaissances
Avec le phénomène de globalisation des marchés, on se rend vite compte que l’avantage d’une compagnie par rapport à une autre réside dans la valeur ajoutée aux produits, et non plus dans la simple fabrication de biens de consommation à grande échelle.
Les produits, ou encore les services, offerts par une compagnie devront être avant-gardistes, performants et économiques pour subsister dans un marché de plus en plus compétitif. Les compagnies devront être créatrices et innovantes! Pour demeurer dans la course, elles devront offrir toujours plus, et offrir régulièrement de nouveaux produits, dans des délais toujours plus courts. Elles devront alors être très flexibles et agiles pour répondre à la demande des clients. Dans cette optique, on comprend que la valeur ajoutée est intimement lié au savoir d’une entreprise. Voici donc les 5 facteurs de succès pour l’implantation d’un système de gestion des connaissances en entreprise:
1. La mentalité des individus
2. La communication dans l’organisation
3. La structure organisationnelle
4. Les relations entre les individus
5. La gestion des ressources humaines.
Le succès est donc intimement lié à la culture d’entreprise! Avis aux gestionnaires!
http://nsisolution.wordpress.com
Avec le phénomène de globalisation des marchés, on se rend vite compte que l’avantage d’une compagnie par rapport à une autre réside dans la valeur ajoutée aux produits, et non plus dans la simple fabrication de biens de consommation à grande échelle.
Les produits, ou encore les services, offerts par une compagnie devront être avant-gardistes, performants et économiques pour subsister dans un marché de plus en plus compétitif. Les compagnies devront être créatrices et innovantes! Pour demeurer dans la course, elles devront offrir toujours plus, et offrir régulièrement de nouveaux produits, dans des délais toujours plus courts. Elles devront alors être très flexibles et agiles pour répondre à la demande des clients. Dans cette optique, on comprend que la valeur ajoutée est intimement lié au savoir d’une entreprise. Voici donc les 5 facteurs de succès pour l’implantation d’un système de gestion des connaissances en entreprise:
1. La mentalité des individus
2. La communication dans l’organisation
3. La structure organisationnelle
4. Les relations entre les individus
5. La gestion des ressources humaines.
Le succès est donc intimement lié à la culture d’entreprise! Avis aux gestionnaires!
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Re: Mondialisation ou globalisation (en)
L’Algérie face aux enjeux de la mondialisation
Bonne gouvernance, réformes et privatisation.
Le président de la République algérienne entame le lancement de son nouveau programme économique à compter du 01 janvier 2010 de plus de 150 milliards de dollars 2010/2013. Ci-joint un dossier en cinq parties qui est l’aboutissement d’un ouvrage en cours de finalisation.
L’Algérie est –elle sur la bonne voie ? T- elle est la question qui mérite un débat contradictoire utile loin de toute passion, car engageant l’avenir du pays et donc la sécurité nationale.
PRÉAMBULE
La mondialisation dans sa version contemporaine renvoie non seulement à des interactions internationales d’ordre économique mais aussi à des interactions de type religieux et culturel, politique idéologique et militaire, et dont la crise d’octobre 2008 qui est loin d’être terminée préfigure d‘importants bouleversements géo stratégiques et socio-économiques tenant compte du futur défi écologique, horizon 2015/2020. L’Algérie devra s’y adapter si elle veut éviter sa marginalisation croissante, tant politique qu’économique surtout avec l’épuisement inéluctable des hydrocarbures. C’est pourquoi toute stratégie d’adaptation ou de réponse à ce phénomène doit embrasser l’ensemble de ses composantes et de ses manifestations, notre participation volontaire et active à l’ordre international en construction devant être appréhendée et retenue comme un objectif de toute première importance. Notre adaptation est un problème de sécurité nationale et donc un défi pour les générations futures, évitant le retour suicidaire du volontarisme étatique des années 1970.
Aussi, afin de situer la problématique de l’Algérie face aux enjeux de la mondialisation, j’articulerai ma démonstration comme suit :-esquisse du processus de mondialisation- deuxièmement , les grands traits de l’Accord de l’Algérie avec l’Union Européenne dont le bilan devra se faire le 01 septembre 2010- troisièmement je juge utile de rappeler la déclaration du Mouvement International Européen dite déclaration d’Alger de 2006 ; quatrièmement les obstacles à la réforme globale , cinquièmement, les actions à mener pour approfondir les réformes ; sixièmement démystifier les propos négatifs vis-à-vis de l’apport du privé national et international ; septièmement je poserai les conditions pour une stratégie transparente de la privatisation qui suscite l’ adhésion, privatisation qui piétine depuis des années du fait de rapports de forces contradictoires au niveau du pouvoir algérien alors qu’elle constitue le fondement de l’instauration d’une véritable économie de marché, n’existant pas d’économie de marché spécifique à l’algérienne, mais des spécificités sociales et enfin pour terminer l’analyse de l’urgence de nouvelles forces sociales pour mener à bien les réformes .
NB- Voir les résolutions de l’atelier investissement du Forum International Européen a été présidé par le Docteur Abderrahmane MEBTOUL au nom de l’Algérie- assisté du Directeur de la Banque Européenne d’ Investissement ( BEI) Henry Marty Qauquié
.../...
Bonne gouvernance, réformes et privatisation.
Le président de la République algérienne entame le lancement de son nouveau programme économique à compter du 01 janvier 2010 de plus de 150 milliards de dollars 2010/2013. Ci-joint un dossier en cinq parties qui est l’aboutissement d’un ouvrage en cours de finalisation.
L’Algérie est –elle sur la bonne voie ? T- elle est la question qui mérite un débat contradictoire utile loin de toute passion, car engageant l’avenir du pays et donc la sécurité nationale.
PRÉAMBULE
La mondialisation dans sa version contemporaine renvoie non seulement à des interactions internationales d’ordre économique mais aussi à des interactions de type religieux et culturel, politique idéologique et militaire, et dont la crise d’octobre 2008 qui est loin d’être terminée préfigure d‘importants bouleversements géo stratégiques et socio-économiques tenant compte du futur défi écologique, horizon 2015/2020. L’Algérie devra s’y adapter si elle veut éviter sa marginalisation croissante, tant politique qu’économique surtout avec l’épuisement inéluctable des hydrocarbures. C’est pourquoi toute stratégie d’adaptation ou de réponse à ce phénomène doit embrasser l’ensemble de ses composantes et de ses manifestations, notre participation volontaire et active à l’ordre international en construction devant être appréhendée et retenue comme un objectif de toute première importance. Notre adaptation est un problème de sécurité nationale et donc un défi pour les générations futures, évitant le retour suicidaire du volontarisme étatique des années 1970.
Aussi, afin de situer la problématique de l’Algérie face aux enjeux de la mondialisation, j’articulerai ma démonstration comme suit :-esquisse du processus de mondialisation- deuxièmement , les grands traits de l’Accord de l’Algérie avec l’Union Européenne dont le bilan devra se faire le 01 septembre 2010- troisièmement je juge utile de rappeler la déclaration du Mouvement International Européen dite déclaration d’Alger de 2006 ; quatrièmement les obstacles à la réforme globale , cinquièmement, les actions à mener pour approfondir les réformes ; sixièmement démystifier les propos négatifs vis-à-vis de l’apport du privé national et international ; septièmement je poserai les conditions pour une stratégie transparente de la privatisation qui suscite l’ adhésion, privatisation qui piétine depuis des années du fait de rapports de forces contradictoires au niveau du pouvoir algérien alors qu’elle constitue le fondement de l’instauration d’une véritable économie de marché, n’existant pas d’économie de marché spécifique à l’algérienne, mais des spécificités sociales et enfin pour terminer l’analyse de l’urgence de nouvelles forces sociales pour mener à bien les réformes .
NB- Voir les résolutions de l’atelier investissement du Forum International Européen a été présidé par le Docteur Abderrahmane MEBTOUL au nom de l’Algérie- assisté du Directeur de la Banque Européenne d’ Investissement ( BEI) Henry Marty Qauquié
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Re: Mondialisation ou globalisation (en)
1ERE PARTIE
LA MONDIALISATION, UN RAPPORT SOCIAL COMPLEXE HISTORIQUEMENT DATE, NON ENCORE ACHÈVE
Le processus de mondialisation non encore achevé comme le montre la crise récente, rapport social complexe, produit historique du développement du capitalisme est irréversible et l’Algérie et plus globalement le Maghreb l’ère des micro- Etats étant révolu, devra s’y adapter si elle veut éviter sa marginalisation. Il s’agit de comprendre donc, qu’aujourd’hui, ce sont les entreprises qui compétitionnent pour les Etats- Nations. Face à ce mouvement et cette dynamique, où l’accumulation en ce XXIème siècle se fonde sur le savoir et l’entreprise dominée par des segments personnalisés et les producteurs de symboles, nous restons en Algérie spectateurs d’une pièce de théâtre qui se joue sans nous mais qui nous concerne tout autant. Insérer l’Algérie dans l’économie mondiale c’est d’abord situer les enjeux puis connaître les règles du jeu de la globalisation. Ce renouveau stratégique doit nécessairement s’accompagner d’un réengineering global qui s’appuiera sur plusieurs leviers dont principalement :
-La culture des affaires internationales
-La maîtrise du processus des réformes
–La mise en place d’un système d’information économique et de veille technologique.
Tout cela supposant la nécessaire revalorisation du savoir loin des emplois rentes et des comportements rentiersLa plupart des pays en développement se livrent, depuis une décennie, à une concurrence aiguë pour attirer sur leur sol l’implantation des groupes multinationaux, vecteur traditionnel de l’IDE et parallèlement favoriser un partenariat gagnant/gagnant. Les quelques expériences menées par SONATRACH avec succès doivent être analysées et évaluées dans le fond, pour servir de « référents » aux formes futures de partenariats Il est urgent pour l’Algérie de s’inscrire dans un tel mouvement avec les objectifs suivants :
-Relancer et moderniser son économie
-Accéder aux technologies avancées
-Apprendre le marché et viser l’exportation hors hydrocarbures
-Stimuler la concurrence et la compétitivité interne et externe
-Considérer les IDE comme « ressources » pour les privatisations.
Sur le plan de la garantie des droit de propriété, c’est plus la mise en application des textes de lois édictés qui est mise en cause, que la qualité même de ces lois.
L’investissement Direct Etranger (IDE) constitue l’un des moteurs de la globalisation, voire même sa source principale et est un élément important du processus de restructuration, de modernisation et de l’éventuelle réorientation de l’économie mondiale. Mais contrairement à une idée largement répandue, l’IDE est concentré pour plus de 75% dans le Nord, 25% dans la zone Sud, la Chine captant plus de 50% laissant au reste de la zone Sud que 25% accaparé par des pays émergents comme l’Inde, le Brésil, le Mexique, et d’autres pays de l’Asie comme la Malaisie et la Corée du Sud. De ce point de vue, notre pays, présente un déficit d’attractivité des IDE et d’une manière générale d’investissement hors hydrocarbures à forte valeur ajoutée qui s’explique en partie par la présence de plusieurs obstacles structurels :
-Une gouvernance à résultat mitigé ;
-Le manque de cohérence et de visibilité dans la démarche de la politique économique
-Un cadre juridique instable
-Un système financier sclérosé
- Une formation peu adaptée aux nouvelles mutations ayant misé sur la quantité au lieu de la qualité
- Un secteur tertiaire sous-développé
- Et enfin l’étroitesse du marché algérien.
Aussi, toute la future politique économique et sociale algérienne devra tenir compte des mutations planétaires afin de s’adapter à ce monde interdépendant en perpétuel mouvement. Car il ne saurait être question d’occulter la consolidation des grands espaces Asie( APEC)-Amérique (ALENA)-l’Europe qui s’étend sur son flanc Est et Sud dont la future carte euro méditerranéenne. La notion de globalisation (certains parleront de mondialisation) concerne un certain stade de développement des échanges de biens et de services, d’intégrations des marchés financiers et d’extension de la multinationalisation des appareils productifs, de diffusion de connaissances technologiques et de comportements de consommation, le rôle des services jouant un rôle croissant surtout au XXI ème siècle. Aussi cette globalisation concerne tant l’accroissement des échanges, que la transnationalisation des circuits agro-industriels, commerciaux, bancaires, de services. Dans la mesure où les grandes sociétés calquées anciennement sur l’organisation militaire éclatent en réseaux complexes à travers le monde. Se substituent à la configuration passée de l’accumulation fondée sur la consommation de masse, une accumulation fondée sur l’économie personnalisée dont le pivot est la vente en fonction de besoins exclusifs d’où la percée des producteurs de symboles et l’avancée des segments de la PMI/ PME elles mêmes organisées en réseaux et s’appuyant sur le savoir faire managérial et technologique. Car il y a lieu de ne pas confondre les anti-mondialisations qui ne sont pas contre une économie de marché concurrentielle humanisée mais condamnent plutôt les économies étatistes totalitaires. Certes, des voix s’élèvent contre cette forme de mondialisation. Ils appellent à une économie de marché sociale solidaire, à un mouvement des citoyens impliquant la société civile (le regretté Bourdieu parlait de société civile internationale) afin de réaliser un contrepoids perdu depuis l’effritement du bloc communiste,nécessitant de mieux encadrer les marchés par une nouvelle régulation institutionnelle, sociale et politique au niveau mondial , montrant l’importance de l’Etat Régulateur ou l’Etat stratège comme nerf de la régulation sans briser le ressort des énergies créatrices .Aussi s’agit- il de comprendre, afin de prévoir toutes les incidences, l’Accord de l’Algérie pour une zone de libre échange avec l’Europe qui s’inscrit dans le cadre des accords de Barcelone restrictif à une région, incluant des volets culturels et politiques et les futurs accords avec l’Organisation Mondiale du Commerce ( OMC) qui concerne à la fois les flux de marchandises mais récemment les flux de capitaux, la propriété intellectuelle et les services.
Cela implique d’ailleurs une uniformisation du droit face aux nouvelles exigences internationales, encore que l’évolution du droit international face à ces mutations mondiales est en gestation comme en témoignent les perceptions différentes du concept de concurrence par les USA et la Commission de Bruxelles. L’adhésion à l’OMC implique par conséquent au moment de la consolidation des grands espaces économiques de grands espaces stables politiquement, solides économiquement, élément déterminant de la stabilité de l’espace mondial. Pour l’Algérie ne pas adhérer à l’organisation mondiale du commerce (OMC), la majorité des pays du Maghreb et de l’ OPEP étant membres, et le plus grand producteur de pétrole de l’OPEP à savoir l’Arabie Saoudite ayant eu son ticket d’accès le dernier trimestre 2005 après plusieurs décennies de négociation, a certes des avantages à court terme (mono exportateur d’hydrocarbures) mais aura des répercutions négatives à moyen et long terme sur l’économie nationale en isolant le pays. Cela implique d’avoir une visibilité dans la démarche, de savoir ce que l’on veut en synchronisant les avantages comparatifs statiques avec les avantages comparatifs dynamiques. Toujours est-il que l’implication de ces accords aura des répercutions importantes sur le devenir tant de l’économie que de la société algérienne rendant nécessaire l’accélération des réformes économiques micro-économiques et institutionnelles, la stabilisation macro-économique étant éphémère sans ces réformes. Examinons l’accord avec l’Union Européenne qui est en application depuis le 01 septembre 2005 :
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LA MONDIALISATION, UN RAPPORT SOCIAL COMPLEXE HISTORIQUEMENT DATE, NON ENCORE ACHÈVE
Le processus de mondialisation non encore achevé comme le montre la crise récente, rapport social complexe, produit historique du développement du capitalisme est irréversible et l’Algérie et plus globalement le Maghreb l’ère des micro- Etats étant révolu, devra s’y adapter si elle veut éviter sa marginalisation. Il s’agit de comprendre donc, qu’aujourd’hui, ce sont les entreprises qui compétitionnent pour les Etats- Nations. Face à ce mouvement et cette dynamique, où l’accumulation en ce XXIème siècle se fonde sur le savoir et l’entreprise dominée par des segments personnalisés et les producteurs de symboles, nous restons en Algérie spectateurs d’une pièce de théâtre qui se joue sans nous mais qui nous concerne tout autant. Insérer l’Algérie dans l’économie mondiale c’est d’abord situer les enjeux puis connaître les règles du jeu de la globalisation. Ce renouveau stratégique doit nécessairement s’accompagner d’un réengineering global qui s’appuiera sur plusieurs leviers dont principalement :
-La culture des affaires internationales
-La maîtrise du processus des réformes
–La mise en place d’un système d’information économique et de veille technologique.
Tout cela supposant la nécessaire revalorisation du savoir loin des emplois rentes et des comportements rentiersLa plupart des pays en développement se livrent, depuis une décennie, à une concurrence aiguë pour attirer sur leur sol l’implantation des groupes multinationaux, vecteur traditionnel de l’IDE et parallèlement favoriser un partenariat gagnant/gagnant. Les quelques expériences menées par SONATRACH avec succès doivent être analysées et évaluées dans le fond, pour servir de « référents » aux formes futures de partenariats Il est urgent pour l’Algérie de s’inscrire dans un tel mouvement avec les objectifs suivants :
-Relancer et moderniser son économie
-Accéder aux technologies avancées
-Apprendre le marché et viser l’exportation hors hydrocarbures
-Stimuler la concurrence et la compétitivité interne et externe
-Considérer les IDE comme « ressources » pour les privatisations.
Sur le plan de la garantie des droit de propriété, c’est plus la mise en application des textes de lois édictés qui est mise en cause, que la qualité même de ces lois.
L’investissement Direct Etranger (IDE) constitue l’un des moteurs de la globalisation, voire même sa source principale et est un élément important du processus de restructuration, de modernisation et de l’éventuelle réorientation de l’économie mondiale. Mais contrairement à une idée largement répandue, l’IDE est concentré pour plus de 75% dans le Nord, 25% dans la zone Sud, la Chine captant plus de 50% laissant au reste de la zone Sud que 25% accaparé par des pays émergents comme l’Inde, le Brésil, le Mexique, et d’autres pays de l’Asie comme la Malaisie et la Corée du Sud. De ce point de vue, notre pays, présente un déficit d’attractivité des IDE et d’une manière générale d’investissement hors hydrocarbures à forte valeur ajoutée qui s’explique en partie par la présence de plusieurs obstacles structurels :
-Une gouvernance à résultat mitigé ;
-Le manque de cohérence et de visibilité dans la démarche de la politique économique
-Un cadre juridique instable
-Un système financier sclérosé
- Une formation peu adaptée aux nouvelles mutations ayant misé sur la quantité au lieu de la qualité
- Un secteur tertiaire sous-développé
- Et enfin l’étroitesse du marché algérien.
Aussi, toute la future politique économique et sociale algérienne devra tenir compte des mutations planétaires afin de s’adapter à ce monde interdépendant en perpétuel mouvement. Car il ne saurait être question d’occulter la consolidation des grands espaces Asie( APEC)-Amérique (ALENA)-l’Europe qui s’étend sur son flanc Est et Sud dont la future carte euro méditerranéenne. La notion de globalisation (certains parleront de mondialisation) concerne un certain stade de développement des échanges de biens et de services, d’intégrations des marchés financiers et d’extension de la multinationalisation des appareils productifs, de diffusion de connaissances technologiques et de comportements de consommation, le rôle des services jouant un rôle croissant surtout au XXI ème siècle. Aussi cette globalisation concerne tant l’accroissement des échanges, que la transnationalisation des circuits agro-industriels, commerciaux, bancaires, de services. Dans la mesure où les grandes sociétés calquées anciennement sur l’organisation militaire éclatent en réseaux complexes à travers le monde. Se substituent à la configuration passée de l’accumulation fondée sur la consommation de masse, une accumulation fondée sur l’économie personnalisée dont le pivot est la vente en fonction de besoins exclusifs d’où la percée des producteurs de symboles et l’avancée des segments de la PMI/ PME elles mêmes organisées en réseaux et s’appuyant sur le savoir faire managérial et technologique. Car il y a lieu de ne pas confondre les anti-mondialisations qui ne sont pas contre une économie de marché concurrentielle humanisée mais condamnent plutôt les économies étatistes totalitaires. Certes, des voix s’élèvent contre cette forme de mondialisation. Ils appellent à une économie de marché sociale solidaire, à un mouvement des citoyens impliquant la société civile (le regretté Bourdieu parlait de société civile internationale) afin de réaliser un contrepoids perdu depuis l’effritement du bloc communiste,nécessitant de mieux encadrer les marchés par une nouvelle régulation institutionnelle, sociale et politique au niveau mondial , montrant l’importance de l’Etat Régulateur ou l’Etat stratège comme nerf de la régulation sans briser le ressort des énergies créatrices .Aussi s’agit- il de comprendre, afin de prévoir toutes les incidences, l’Accord de l’Algérie pour une zone de libre échange avec l’Europe qui s’inscrit dans le cadre des accords de Barcelone restrictif à une région, incluant des volets culturels et politiques et les futurs accords avec l’Organisation Mondiale du Commerce ( OMC) qui concerne à la fois les flux de marchandises mais récemment les flux de capitaux, la propriété intellectuelle et les services.
Cela implique d’ailleurs une uniformisation du droit face aux nouvelles exigences internationales, encore que l’évolution du droit international face à ces mutations mondiales est en gestation comme en témoignent les perceptions différentes du concept de concurrence par les USA et la Commission de Bruxelles. L’adhésion à l’OMC implique par conséquent au moment de la consolidation des grands espaces économiques de grands espaces stables politiquement, solides économiquement, élément déterminant de la stabilité de l’espace mondial. Pour l’Algérie ne pas adhérer à l’organisation mondiale du commerce (OMC), la majorité des pays du Maghreb et de l’ OPEP étant membres, et le plus grand producteur de pétrole de l’OPEP à savoir l’Arabie Saoudite ayant eu son ticket d’accès le dernier trimestre 2005 après plusieurs décennies de négociation, a certes des avantages à court terme (mono exportateur d’hydrocarbures) mais aura des répercutions négatives à moyen et long terme sur l’économie nationale en isolant le pays. Cela implique d’avoir une visibilité dans la démarche, de savoir ce que l’on veut en synchronisant les avantages comparatifs statiques avec les avantages comparatifs dynamiques. Toujours est-il que l’implication de ces accords aura des répercutions importantes sur le devenir tant de l’économie que de la société algérienne rendant nécessaire l’accélération des réformes économiques micro-économiques et institutionnelles, la stabilisation macro-économique étant éphémère sans ces réformes. Examinons l’accord avec l’Union Européenne qui est en application depuis le 01 septembre 2005 :
.../...
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Re: Mondialisation ou globalisation (en)
DEUXIÈME PARTIE A PART
FONDEMENTS DE L’ACCORD ENTRE L’ALGERIE ET L’UNION EUROPÉENNE DU 01 SEPTEMBRE 2005 ET LA DÉCLARATION D’ALGER DE MARS 2006 DU MOUVEMENT INTERNATIONAL EUROPÉEN
I-LES FONDEMENTS DE L ACCORD ENTRE L’ ALGERIE ET L’UNION EUROPÉENNE
Dans l’Accord il est souligné d’une part, que convaincus que le présent accord constitue un cadre propice à l’épanouissement d’un partenariat qui se base sur l’initiative privée. Il favorisera un climat favorable à l’essor de leurs relations économiques et commerciales. Il est le fondement d’un dialogue politique et de sécurité régulier entre les partenaires et créera des liens durables de solidarité qui contribueront à la prospérité, à la stabilité et à la sécurité de la région méditerranéenne en développant un climat de compréhension et de tolérance entre les cultures. Je recense neufs (9) objectifs de cet accord signé en toute souveraineté par l’Algérie et l’Europe qui sont notamment :
a- le respect des principes démocratiques et des droits fondamentaux de l’homme, tels qu’énoncés dans la Déclaration universelle des droits de l’homme, inspire les politiques internes et internationales des parties et constitue un élément essentiel du présent accord ;
- encourager l’intégration maghrébine condition stratégique afin de favoriser les échanges et la coopération au sein de l’ensemble maghrébin et entre celui-ci et les Communautés européennes et leurs Etats membres;
b- assurer à partir de l’entrée en vigueur du présent accord, la libre circulation des capitaux concernant les investissements directs en Algérie, effectués dans des sociétés constituées selon la législation en vigueur, ainsi que la liquidation et le rapatriement du produit de ces investissements et de tout bénéfice en découlant Les parties se consultent et coopèrent pour la mise en place des conditions nécessaires en vue de faciliter la circulation des capitaux entre la Communauté et l’Algérie et d’aboutir à sa libéralisation complète ;
c- sur le plan de la concurrence, élément stratégique de l’Accord, il est stipulé que sont incompatibles dans la mesure où ils sont susceptibles d’affecter les échanges entre la Communauté et l’Algérie: tous les accords entre entreprises, toutes les décisions d’association d’entreprises et toutes les pratiques concertées entre entreprises, qui ont pour objet ou pour effet d’empêcher, de restreindre ou de fausser le jeu de la concurrence et l’exploitation abusive par une ou plusieurs entreprises d’une position dominante . Dans ce cadre, les Etats membres et l’Algérie ajusteront progressivement, sans préjudices, des engagements pris au GATT, tous les monopoles d’Etat à caractère commercial à la fin de la cinquième année suivant l’entrée en vigueur de l’accord. Il n’existeront plus de discrimination en ce qui concerne les conditions d’approvisionnement et de commercialisation des marchandises entre les ressortissants des Etats membres et ceux de l’Algérie , le Comité d’association étant informé des mesures adoptées pour mettre en oeuvre cet objectif. Les parties se fixent comme objectif une libéralisation réciproque et progressive des marchés publics ;
d- la suppression dès l’entrée en vigueur du présent accord, de toutes les mesures unilatérales ainsi que tous les obstacles administratifs , techniques ou autres qui pourraient constituer une restriction déguisée ou avoir des effets discriminatoires sur la libre prestation des services internationaux et ne pas engager des actions rendant les conditions d’établissement et d’exploitation de leurs sociétés plus restrictives qu’elles ne l’étaient le jour précédant la date de signature du présent accord ;
e- en matière de coopération douanière, il est précisé que la coopération vise à garantir le respect du régime du libre-échange et porte en priorité sur la simplification des contrôles et des procédures douanières; l’application d’un document administratif unique similaire à celui de la Communauté et la possibilité d’établir un lien entre les systèmes de transit de la Communauté et de l’Algérie. A cet effet, l’Accord vise à rapprocher les législations de l’Algérie à la législation de la Communauté dans les domaines couverts par le présent Accord.
f -assurer une protection adéquate et effective des droits de propriété intellectuelle – industrielle et commerciale en conformité avec les plus hauts standards internationaux y compris les moyens effectifs de faire valoir de tels droits.
g- dans le domaine de la coopération scientifique, technique et technologique, la coopération vise à favoriser l’établissement de liens permanents entre les communautés scientifiques des deux parties, à travers notamment :l’accès de l’Algérie aux programmes communautaires de recherche et de développement technologique en conformité avec les dispositions communautaires relatives à la participation des pays tiers à ces programmes; la participation de l’Algérie aux réseaux de coopération décentralisée; la promotion des synergies entre la formation et la recherche; renforcer la capacité de recherche de l’Algérie; stimuler l’innovation technologique, le transfert de technologies nouvelles et de savoir-faire, la mise en oeuvre de projets de recherche et de développement technologique, ainsi que la valorisation des résultats de la recherche scientifique et technique et encourager toutes les actions visant à créer des synergies d’impact régional.
h- une coopération dans le domaine statistique pour d’assurer, via notamment, un rapprochement des méthodologies utilisées par les parties, la comparabilité et l’utilisation des statistiques, entre autres sur le commerce extérieur, les finances publiques et la balance des paiements, la démographie, les migrations, les transports et les communications.
i- Enfin, dans le domaine de l’Energie et des Mines, élément stratégique pour l’Algérie, les objectifs de la coopération dans le domaine visent la mise à niveau institutionnelle, législative et réglementaire pour assurer la régulation des activités et la promotion des investissements ; la mise à niveau technique et technologique pour préparer les entreprises énergétiques et les mines aux exigences de l’économie de marché et faire face à la concurrence ; le développement du partenariat entre les entreprises algériennes et européennes, dans les activités d’exploration, de production, de transformation, de distribution, des services de l’énergie et des mines. A ce titre les domaines prioritaires de la coopération seront d’une part, l’adaptation du cadre institutionnel, législatif et réglementaire régissant les activités du secteur de l’énergie et des mines aux règles de l’économie de marché par l’assistance technique administrative et réglementaire; d’autre part, le soutien aux efforts de restructuration des entreprises publiques du secteur de l’énergie et des mines. L’Accord insiste notamment sur le développement du partenariat en matière d’ exploration, production et transformation des hydrocarbures ; de production d’électricité ; de production des produits pétroliers ; de production d’équipements et services intervenant dans -la production des produits énergétiques ; la valorisation et transformation du potentiel minier ; le développement du transit de gaz, de pétrole et d’électricité; le soutien aux efforts de modernisation et de développement des réseaux énergétiques et de leur interconnexion avec les réseaux de la Communauté européenne; la mise en place de bases de données dans les domaines de l’énergie et des mines; le soutien et la promotion de l’investissement privé dans les activités du secteur de l’énergie et des mines; l’environnement, le développement des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique et enfin la promotion du transfert technologique dans le secteur de l’énergie et des mines.
Se pose cette question : les grands groupes industriels que le gouvernement veut créer, après avoir assaini les entreprises publiques d’environ 40 milliards de dollars soit 3.000 milliards de dinars et encore 5 milliards de dollars entre 2009/2010 (352 milliards de dinars au cours actuel de décembre 2009 ) seront-ils compétitifs dans le cadre des valeurs internationales( coût/et surtout qualité) renvoyant à des normes de gestion modernes(combien d’entreprises privées et publiques ont-elles la comptabilité analytique ?) lorsque le dégrèvement tarifaire tendra vers zéro( 0) horizon 2014/2015, ne pouvant interdire l’importation, et actuellement l’Algérie n’exportant presque rien hormis les hydrocarbures à l’état brut ou semi brut , les 50% de l’insignifiant 3 % d’exportation hors hydrocarbures étant constituées de déchets ferreux et semi ferreux . Comme il y a lieu de signaler que certains dits « exportateurs algériens » notamment dans l’agro-alimentaire bénéficient d’une double subvention comme le blé à la fois des pays producteurs ( USA- Canada- Europe) et de l’Etat algérien : dans ce cas l’exportation devrait être autorisée qu’en cas d’alignement des prix des matières premières sur le prix réel du marché, donc corrigés de la valeur des subventions, pour déterminer leur véritable compétitivité .
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FONDEMENTS DE L’ACCORD ENTRE L’ALGERIE ET L’UNION EUROPÉENNE DU 01 SEPTEMBRE 2005 ET LA DÉCLARATION D’ALGER DE MARS 2006 DU MOUVEMENT INTERNATIONAL EUROPÉEN
I-LES FONDEMENTS DE L ACCORD ENTRE L’ ALGERIE ET L’UNION EUROPÉENNE
Dans l’Accord il est souligné d’une part, que convaincus que le présent accord constitue un cadre propice à l’épanouissement d’un partenariat qui se base sur l’initiative privée. Il favorisera un climat favorable à l’essor de leurs relations économiques et commerciales. Il est le fondement d’un dialogue politique et de sécurité régulier entre les partenaires et créera des liens durables de solidarité qui contribueront à la prospérité, à la stabilité et à la sécurité de la région méditerranéenne en développant un climat de compréhension et de tolérance entre les cultures. Je recense neufs (9) objectifs de cet accord signé en toute souveraineté par l’Algérie et l’Europe qui sont notamment :
a- le respect des principes démocratiques et des droits fondamentaux de l’homme, tels qu’énoncés dans la Déclaration universelle des droits de l’homme, inspire les politiques internes et internationales des parties et constitue un élément essentiel du présent accord ;
- encourager l’intégration maghrébine condition stratégique afin de favoriser les échanges et la coopération au sein de l’ensemble maghrébin et entre celui-ci et les Communautés européennes et leurs Etats membres;
b- assurer à partir de l’entrée en vigueur du présent accord, la libre circulation des capitaux concernant les investissements directs en Algérie, effectués dans des sociétés constituées selon la législation en vigueur, ainsi que la liquidation et le rapatriement du produit de ces investissements et de tout bénéfice en découlant Les parties se consultent et coopèrent pour la mise en place des conditions nécessaires en vue de faciliter la circulation des capitaux entre la Communauté et l’Algérie et d’aboutir à sa libéralisation complète ;
c- sur le plan de la concurrence, élément stratégique de l’Accord, il est stipulé que sont incompatibles dans la mesure où ils sont susceptibles d’affecter les échanges entre la Communauté et l’Algérie: tous les accords entre entreprises, toutes les décisions d’association d’entreprises et toutes les pratiques concertées entre entreprises, qui ont pour objet ou pour effet d’empêcher, de restreindre ou de fausser le jeu de la concurrence et l’exploitation abusive par une ou plusieurs entreprises d’une position dominante . Dans ce cadre, les Etats membres et l’Algérie ajusteront progressivement, sans préjudices, des engagements pris au GATT, tous les monopoles d’Etat à caractère commercial à la fin de la cinquième année suivant l’entrée en vigueur de l’accord. Il n’existeront plus de discrimination en ce qui concerne les conditions d’approvisionnement et de commercialisation des marchandises entre les ressortissants des Etats membres et ceux de l’Algérie , le Comité d’association étant informé des mesures adoptées pour mettre en oeuvre cet objectif. Les parties se fixent comme objectif une libéralisation réciproque et progressive des marchés publics ;
d- la suppression dès l’entrée en vigueur du présent accord, de toutes les mesures unilatérales ainsi que tous les obstacles administratifs , techniques ou autres qui pourraient constituer une restriction déguisée ou avoir des effets discriminatoires sur la libre prestation des services internationaux et ne pas engager des actions rendant les conditions d’établissement et d’exploitation de leurs sociétés plus restrictives qu’elles ne l’étaient le jour précédant la date de signature du présent accord ;
e- en matière de coopération douanière, il est précisé que la coopération vise à garantir le respect du régime du libre-échange et porte en priorité sur la simplification des contrôles et des procédures douanières; l’application d’un document administratif unique similaire à celui de la Communauté et la possibilité d’établir un lien entre les systèmes de transit de la Communauté et de l’Algérie. A cet effet, l’Accord vise à rapprocher les législations de l’Algérie à la législation de la Communauté dans les domaines couverts par le présent Accord.
f -assurer une protection adéquate et effective des droits de propriété intellectuelle – industrielle et commerciale en conformité avec les plus hauts standards internationaux y compris les moyens effectifs de faire valoir de tels droits.
g- dans le domaine de la coopération scientifique, technique et technologique, la coopération vise à favoriser l’établissement de liens permanents entre les communautés scientifiques des deux parties, à travers notamment :l’accès de l’Algérie aux programmes communautaires de recherche et de développement technologique en conformité avec les dispositions communautaires relatives à la participation des pays tiers à ces programmes; la participation de l’Algérie aux réseaux de coopération décentralisée; la promotion des synergies entre la formation et la recherche; renforcer la capacité de recherche de l’Algérie; stimuler l’innovation technologique, le transfert de technologies nouvelles et de savoir-faire, la mise en oeuvre de projets de recherche et de développement technologique, ainsi que la valorisation des résultats de la recherche scientifique et technique et encourager toutes les actions visant à créer des synergies d’impact régional.
h- une coopération dans le domaine statistique pour d’assurer, via notamment, un rapprochement des méthodologies utilisées par les parties, la comparabilité et l’utilisation des statistiques, entre autres sur le commerce extérieur, les finances publiques et la balance des paiements, la démographie, les migrations, les transports et les communications.
i- Enfin, dans le domaine de l’Energie et des Mines, élément stratégique pour l’Algérie, les objectifs de la coopération dans le domaine visent la mise à niveau institutionnelle, législative et réglementaire pour assurer la régulation des activités et la promotion des investissements ; la mise à niveau technique et technologique pour préparer les entreprises énergétiques et les mines aux exigences de l’économie de marché et faire face à la concurrence ; le développement du partenariat entre les entreprises algériennes et européennes, dans les activités d’exploration, de production, de transformation, de distribution, des services de l’énergie et des mines. A ce titre les domaines prioritaires de la coopération seront d’une part, l’adaptation du cadre institutionnel, législatif et réglementaire régissant les activités du secteur de l’énergie et des mines aux règles de l’économie de marché par l’assistance technique administrative et réglementaire; d’autre part, le soutien aux efforts de restructuration des entreprises publiques du secteur de l’énergie et des mines. L’Accord insiste notamment sur le développement du partenariat en matière d’ exploration, production et transformation des hydrocarbures ; de production d’électricité ; de production des produits pétroliers ; de production d’équipements et services intervenant dans -la production des produits énergétiques ; la valorisation et transformation du potentiel minier ; le développement du transit de gaz, de pétrole et d’électricité; le soutien aux efforts de modernisation et de développement des réseaux énergétiques et de leur interconnexion avec les réseaux de la Communauté européenne; la mise en place de bases de données dans les domaines de l’énergie et des mines; le soutien et la promotion de l’investissement privé dans les activités du secteur de l’énergie et des mines; l’environnement, le développement des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique et enfin la promotion du transfert technologique dans le secteur de l’énergie et des mines.
Se pose cette question : les grands groupes industriels que le gouvernement veut créer, après avoir assaini les entreprises publiques d’environ 40 milliards de dollars soit 3.000 milliards de dinars et encore 5 milliards de dollars entre 2009/2010 (352 milliards de dinars au cours actuel de décembre 2009 ) seront-ils compétitifs dans le cadre des valeurs internationales( coût/et surtout qualité) renvoyant à des normes de gestion modernes(combien d’entreprises privées et publiques ont-elles la comptabilité analytique ?) lorsque le dégrèvement tarifaire tendra vers zéro( 0) horizon 2014/2015, ne pouvant interdire l’importation, et actuellement l’Algérie n’exportant presque rien hormis les hydrocarbures à l’état brut ou semi brut , les 50% de l’insignifiant 3 % d’exportation hors hydrocarbures étant constituées de déchets ferreux et semi ferreux . Comme il y a lieu de signaler que certains dits « exportateurs algériens » notamment dans l’agro-alimentaire bénéficient d’une double subvention comme le blé à la fois des pays producteurs ( USA- Canada- Europe) et de l’Etat algérien : dans ce cas l’exportation devrait être autorisée qu’en cas d’alignement des prix des matières premières sur le prix réel du marché, donc corrigés de la valeur des subventions, pour déterminer leur véritable compétitivité .
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"Quelle est la différence fondamentale entre une femme et un terroriste ? Avec le terroriste on peut négocier"
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Re: Mondialisation ou globalisation (en)
II- LA DÉCLARATION DU MOUVEMENT INTERNATIONAL EUROPÉEN (déclaration d’Alger de mars 2006)
Pour la première fois de son existence au lendemain de la seconde guerre mondiale le Mouvement Européen International s’est tenu à Alger les 24/25/26 février 2006 sous le haut patronage du Président de la République Algérienne avec une participation de plusieurs pays regroupant environ 400 personnes dont – Algérie- Tunisie- Maroc- Arabie Saoudite- France- Belgique – Autriche – Allemagne –Danemark- Egypte-Grèce- Irlande-Espagne-Italie- Grèce-Hongrie-Liban-Jordanie- Lybie- Pays Bas- Portugal- Tchéquie- Suède- Suisse – Liban- Royaume Uni. Cela traduit le dynamisme de la société civile signe évident de la vitalité de toute société. Mais cette adaptation intermédiaire pour l’Algérie devra s’inscrire dans le cadre euro méditerranéen pour un dialogue fécond Nord-Sud fondement de l’attrait de l’investissement pour une prospérité partagée. C’est le message fort de la déclaration d’Alger qui traduite en actions concrètes pourrait être le prélude d’un dialogue fécond des deux rives de la Méditerranée et qui a vu pour le suivi des travaux la création d’un observatoire dont le siège a été fixé en Algérie. Concrètement les recommandations notamment de l’atelier investissement se sont articulées autour de trois axes (1):
- Intégration Sud Nord par la bonne gouvernance et la promotion du capital humain
- Dynamiser l’investissement pour une richesse partagée
-L’émigration facteur d’inter- culturalité et de développement
2.1- Intégration Sud Nord par la bonne gouvernance et la promotion du capital humain
Le soubassement des travaux de l’atelier investissement que j’ai eu l’honneur de présider au nom de l’Algérie, s’est fondé essentiellement sur l’intégration Sud-Sud- et Nord Sud, le développement des investissements directs étrangers-(IDE) le soutien aux PME, du micro crédit et enfin l’investissement dans le capital humain(promotion des compétences) qui conditionne tout le reste. Ainsi lié à cet aspect stratégique il a été retenu la promotion de la mobilité universitaire, la reconnaissance mutuelle des diplômes et la création d’une université euro méditerranéenne en favorisant les réseaux de formation qualifiante pour le personnel de la PME, d’élargir le programme Erasmus aux pays du Sud et intensifier la coopération en matière de recherche développement notamment dans les nouvelles technologies. Justement pour ce point capital, il a été largement démontré qu’il faille une coopération étroite en matière d’éducation et du savoir au sens large. Sans la considération du savoir et de l’élite il ne peut y a voir de développement durable et donc une lutte efficace contre le chômage. D’une manière générale, il a été fortement souligné par la majorité des participants quatre facteurs conditionnent l’attrait de l’investissement :
a)une bonne gouvernance et une société fondée sur un Etat de droit par la lutte contre les entraves bureaucratiques qui limitent fortement la mise en œuvre d’affaires communes ;
b)Lié à la construction d’un état de Droit,l’intégration loin des mesures autoritaires, de la sphère informelle par la délivrance des titres de propriété dans la mesure où la citoyenneté se mesure par la progressivité du paiement des impôts directs ;
c)la mise en œuvre par les deux parties du partenariat euro méditerranéen de la libre circulation effective des personnes, des biens, des services et des capitaux ;
d) le renforcement du secteur financier dont celui des banques (fondement des réformes micro-économiques et institutionnelles) pour une contribution efficace au financement de l’économie et notamment la création d’un environnement juridique favorable au micro crédit. A cet effet, la professionnalisation de la micro finance devrait conduire à réserver les dons et fonds publics à la couverture du risque et à l’accompagnement des projets en association avec les organismes de miro crédit en impliquant la société civile.
2.2- Dynamiser l’investissement pour une richesse partagée
Pour favoriser ce rapprochement entre les deux rives de la méditerranée, il a été fortement souligné qu’il est souhaitable d’axer les efforts sur sept axes fondamentaux :
-que les institutions internationales ciblent leurs décisions de financement sur les investissements ayant des externalités loin d’une vision purement commerciale. A cet effet une convention euro méditerranéenne de l’investissement direct étranger est fortement souhaitée ;
-une harmonisation des législations notamment au sien de la zone Sud surtout avec la création d’une zone de libre échange avec l’Europe et l’adhésion de ces pays à l’organisation mondiale du commerce ;
- l’institutionnalisation d’une banque dédiée au développement des économies des pays du Sud et de l’Est de la méditerranée ;
- la création d’une agence euro méditerranéenne des investissements étrangers ;
-la promotion d’un groupe de travail sur la promotion de l’image des pays du Sud (notamment du risque qui est surévalué) ;
- la création d’une bourse et d’une banque centrale euro méditerranéenne ;
-la dynamisation de la PME avec la mise en place d’un système de garantie couvrant les risques politiques ¸juridiques et commerciaux.
Autre point important canaliser l’apport de l’émigration surtout son savoir faire.
2.3- L’émigration facteur d’inter-culturalité et de développement
Il s’ensuit que des mesures concrètes doivent être entreprise afin :
-d’adapter les produits financiers à la communauté émigrée
-de favoriser une plus grande bancarisation de cette épargne potentielle,
-de réduire les coûts de transaction, le coût de certaines sociétés spécialisées dans ce transfert pouvant atteindre 10 à 16% du coût de transaction.
Dans ce cadre l’émigration maghrébine ciment des liens culturels peut être la pierre angulaire de la consolidation de cette coopération. C’est un élément essentiel de ce rapprochement du fait qu’elle recèle d’importantes potentialités culturelles, économiques et financières. Car la promotion des relations entre nos pays et sa communauté émigrée doit mobiliser, à divers stades d’intervention, l’initiative de l’ensemble des parties concernées, à savoir le Gouvernement, les missions diplomatiques, les entrepreneurs, les commerçants et les compétences individuelles. L’engagement implicite caractérisant les relations entre nos communautés émigrées et les pays d’origine, ne doit pas occulter les légitimes intérêts strictement économiques des parties concernées pour garantir la rentabilité et la pérennité des opérations engagées.
Les pouvoirs exécutifs devraient veiller, dans le cadre organisationnel et législatif, à alléger l’ensemble des procédures administratives, afin de favoriser la promotion de l’investissement et les échanges commerciaux, à l’instar de pays qui utilisent leurs compétences nationales localisées à l’étranger comme point d’appui au développement national. Cela permettrait par des actions concrètes de promouvoir la synergie de systèmes privés, politiques et administratifs, pour développer une approche « coopération » avec l’Europe qui pourrait être mieux perçue qu’une approche purement commerciale.
C’est que les relations entre nos deux rives sont souvent passionnées pour des raisons historiques. Le Forum International Européen a clairement démontré, soucieux de concilier la modernité et notre authenticité, du fait de la densité de nos rapports culturels qu’elles seront transgressées dans le cadre des intérêts bien compris de chaque nation. L’accélération des réformes économiques, sociales, culturelles (le droit à la différence) et politiques inséparable de l’instauration de l’économie de marché humanisée basée sur la concertation sociale, de l’instauration de la démocratie, du respect du droit de l’homme, de la promotion de la condition féminine, de la promotion du capital humain conditionnent largement la réussite de cette grande entreprise qui interpelle notre conscience euro- méditerranéenne. Aux tensions et aux conflits doivent se substituer la coopération et un dialogue soutenu pour éviter des factures douloureuses. Notre espace doit être un relais puissant, et un lieu de brassage des cultures, la culture étant entendue comme processus historique et relationnel. Car il est suicidaire pur chacun de nos pays de faire cavalier seul à l’heure des importantes mutations mondiales. Le repli sur soi serait préjudiciable à notre prospérité commune et engendrerait d’inéluctables tensions sociales. L’histoire commune nous impose d’entreprendre ensemble.
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Pour la première fois de son existence au lendemain de la seconde guerre mondiale le Mouvement Européen International s’est tenu à Alger les 24/25/26 février 2006 sous le haut patronage du Président de la République Algérienne avec une participation de plusieurs pays regroupant environ 400 personnes dont – Algérie- Tunisie- Maroc- Arabie Saoudite- France- Belgique – Autriche – Allemagne –Danemark- Egypte-Grèce- Irlande-Espagne-Italie- Grèce-Hongrie-Liban-Jordanie- Lybie- Pays Bas- Portugal- Tchéquie- Suède- Suisse – Liban- Royaume Uni. Cela traduit le dynamisme de la société civile signe évident de la vitalité de toute société. Mais cette adaptation intermédiaire pour l’Algérie devra s’inscrire dans le cadre euro méditerranéen pour un dialogue fécond Nord-Sud fondement de l’attrait de l’investissement pour une prospérité partagée. C’est le message fort de la déclaration d’Alger qui traduite en actions concrètes pourrait être le prélude d’un dialogue fécond des deux rives de la Méditerranée et qui a vu pour le suivi des travaux la création d’un observatoire dont le siège a été fixé en Algérie. Concrètement les recommandations notamment de l’atelier investissement se sont articulées autour de trois axes (1):
- Intégration Sud Nord par la bonne gouvernance et la promotion du capital humain
- Dynamiser l’investissement pour une richesse partagée
-L’émigration facteur d’inter- culturalité et de développement
2.1- Intégration Sud Nord par la bonne gouvernance et la promotion du capital humain
Le soubassement des travaux de l’atelier investissement que j’ai eu l’honneur de présider au nom de l’Algérie, s’est fondé essentiellement sur l’intégration Sud-Sud- et Nord Sud, le développement des investissements directs étrangers-(IDE) le soutien aux PME, du micro crédit et enfin l’investissement dans le capital humain(promotion des compétences) qui conditionne tout le reste. Ainsi lié à cet aspect stratégique il a été retenu la promotion de la mobilité universitaire, la reconnaissance mutuelle des diplômes et la création d’une université euro méditerranéenne en favorisant les réseaux de formation qualifiante pour le personnel de la PME, d’élargir le programme Erasmus aux pays du Sud et intensifier la coopération en matière de recherche développement notamment dans les nouvelles technologies. Justement pour ce point capital, il a été largement démontré qu’il faille une coopération étroite en matière d’éducation et du savoir au sens large. Sans la considération du savoir et de l’élite il ne peut y a voir de développement durable et donc une lutte efficace contre le chômage. D’une manière générale, il a été fortement souligné par la majorité des participants quatre facteurs conditionnent l’attrait de l’investissement :
a)une bonne gouvernance et une société fondée sur un Etat de droit par la lutte contre les entraves bureaucratiques qui limitent fortement la mise en œuvre d’affaires communes ;
b)Lié à la construction d’un état de Droit,l’intégration loin des mesures autoritaires, de la sphère informelle par la délivrance des titres de propriété dans la mesure où la citoyenneté se mesure par la progressivité du paiement des impôts directs ;
c)la mise en œuvre par les deux parties du partenariat euro méditerranéen de la libre circulation effective des personnes, des biens, des services et des capitaux ;
d) le renforcement du secteur financier dont celui des banques (fondement des réformes micro-économiques et institutionnelles) pour une contribution efficace au financement de l’économie et notamment la création d’un environnement juridique favorable au micro crédit. A cet effet, la professionnalisation de la micro finance devrait conduire à réserver les dons et fonds publics à la couverture du risque et à l’accompagnement des projets en association avec les organismes de miro crédit en impliquant la société civile.
2.2- Dynamiser l’investissement pour une richesse partagée
Pour favoriser ce rapprochement entre les deux rives de la méditerranée, il a été fortement souligné qu’il est souhaitable d’axer les efforts sur sept axes fondamentaux :
-que les institutions internationales ciblent leurs décisions de financement sur les investissements ayant des externalités loin d’une vision purement commerciale. A cet effet une convention euro méditerranéenne de l’investissement direct étranger est fortement souhaitée ;
-une harmonisation des législations notamment au sien de la zone Sud surtout avec la création d’une zone de libre échange avec l’Europe et l’adhésion de ces pays à l’organisation mondiale du commerce ;
- l’institutionnalisation d’une banque dédiée au développement des économies des pays du Sud et de l’Est de la méditerranée ;
- la création d’une agence euro méditerranéenne des investissements étrangers ;
-la promotion d’un groupe de travail sur la promotion de l’image des pays du Sud (notamment du risque qui est surévalué) ;
- la création d’une bourse et d’une banque centrale euro méditerranéenne ;
-la dynamisation de la PME avec la mise en place d’un système de garantie couvrant les risques politiques ¸juridiques et commerciaux.
Autre point important canaliser l’apport de l’émigration surtout son savoir faire.
2.3- L’émigration facteur d’inter-culturalité et de développement
Il s’ensuit que des mesures concrètes doivent être entreprise afin :
-d’adapter les produits financiers à la communauté émigrée
-de favoriser une plus grande bancarisation de cette épargne potentielle,
-de réduire les coûts de transaction, le coût de certaines sociétés spécialisées dans ce transfert pouvant atteindre 10 à 16% du coût de transaction.
Dans ce cadre l’émigration maghrébine ciment des liens culturels peut être la pierre angulaire de la consolidation de cette coopération. C’est un élément essentiel de ce rapprochement du fait qu’elle recèle d’importantes potentialités culturelles, économiques et financières. Car la promotion des relations entre nos pays et sa communauté émigrée doit mobiliser, à divers stades d’intervention, l’initiative de l’ensemble des parties concernées, à savoir le Gouvernement, les missions diplomatiques, les entrepreneurs, les commerçants et les compétences individuelles. L’engagement implicite caractérisant les relations entre nos communautés émigrées et les pays d’origine, ne doit pas occulter les légitimes intérêts strictement économiques des parties concernées pour garantir la rentabilité et la pérennité des opérations engagées.
Les pouvoirs exécutifs devraient veiller, dans le cadre organisationnel et législatif, à alléger l’ensemble des procédures administratives, afin de favoriser la promotion de l’investissement et les échanges commerciaux, à l’instar de pays qui utilisent leurs compétences nationales localisées à l’étranger comme point d’appui au développement national. Cela permettrait par des actions concrètes de promouvoir la synergie de systèmes privés, politiques et administratifs, pour développer une approche « coopération » avec l’Europe qui pourrait être mieux perçue qu’une approche purement commerciale.
C’est que les relations entre nos deux rives sont souvent passionnées pour des raisons historiques. Le Forum International Européen a clairement démontré, soucieux de concilier la modernité et notre authenticité, du fait de la densité de nos rapports culturels qu’elles seront transgressées dans le cadre des intérêts bien compris de chaque nation. L’accélération des réformes économiques, sociales, culturelles (le droit à la différence) et politiques inséparable de l’instauration de l’économie de marché humanisée basée sur la concertation sociale, de l’instauration de la démocratie, du respect du droit de l’homme, de la promotion de la condition féminine, de la promotion du capital humain conditionnent largement la réussite de cette grande entreprise qui interpelle notre conscience euro- méditerranéenne. Aux tensions et aux conflits doivent se substituer la coopération et un dialogue soutenu pour éviter des factures douloureuses. Notre espace doit être un relais puissant, et un lieu de brassage des cultures, la culture étant entendue comme processus historique et relationnel. Car il est suicidaire pur chacun de nos pays de faire cavalier seul à l’heure des importantes mutations mondiales. Le repli sur soi serait préjudiciable à notre prospérité commune et engendrerait d’inéluctables tensions sociales. L’histoire commune nous impose d’entreprendre ensemble.
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Re: Mondialisation ou globalisation (en)
TROISIÈME PARTIE
CONTRAINTES ET ACTIONS POUR SURMONTER LES OBSTACLES AUX REFORMES
I- L’ ALGERIE FACE A LA FAIBLESSE DE LA REFORME GLOBALE
Sous réserve que l’Algérie favorise la libéralisation de son économie par l’investissement nouveau et « les privatisations »,tenant compte de la concurrence internationale vivace dans ce domaine(la concentration étant au profit des pays développés , et à un degré moindre des pays émergents comme la Chine et l’Inde, avoir des matières premières n étant plus une condition essentielle de l’attrait de l’investissement, la maîtrise des services et donc des nouvelles technologies devenant de plus en plus prépondérant ), les IDE , des partenariats bien ciblés et la promotion du secteur privé national utile pourraient fortement contribuer à la relance et la modernisation de notre économie , de permettre d’accéder aux technologies avancées, d’apprendre le marché et viser l’exportation hors hydrocarbures et de stimuler la concurrence et la compétitivité interne et externe. Concernant le développement du secteur privé indispensable pour asseoir une véritable économie de marché concurrentielle, sa promotion ne peut être comprise isolé des réformes d’ensemble liant démocratie- bonne gouvernance et instauration de l’économie de marché au moyen de mécanismes concurrentiels, pour favoriser le débat, je rappelle les principes directeurs suivants :
1.-L’Algérie s’est engagée dans les réformes économiques indispensables pour s’adapter tant à la mondialisation de l’économie dont l’espace euro-maghrébin, euro-méditérranéen (accord de Barcelone) et arabo-africain NEPAL) est son espace naturel qu’aux mutations internes. Je suis persuadé, au moment de la consolidation des grands espaces, une des conditions de l’attrait de l’investissement, qu’il est suicidaire pour chaque pays du Maghreb de faire cavalier seul.
2-Le cadre macro-économique relativement stabilisé et les réserves de change sont éphémères sans de profondes réformes structurelles. Les réserves de change, estimées à environ 144 milliards de dollars ne sont qu’un signe monétaire. Le pouvoir d’achat n’augmente pas forcément quand les réserves gonflent, le travail et l’intelligence à travers la dynamisation de l’entreprise étant la source de la richesse.
3-IL est utile de pourtant rappeler que la période du terrorisme s’est soldée par des destructions d’infrastructures qui se sont chiffrées à des dizaines de milliards de dollars US et l’Etat algérien a eu pour souci de préserver la cohésion sociale. Ainsi en moyenne en 2005/2009, les transferts sociaux le montant des affectations budgétaires se solde à 10% du produit intérieur brut y compris environ 2,5/3 milliards de dollars qui sont versés au titre des subventions des produits énergétiques, l’eau, les loyers, les transports. Entre transferts sociaux explicites et implicites, le montant approche 10/11 milliards de dollars, l’Etat dépensant actuellement quatre fois plus en actions sociales, mais mal, qu’en actions économiques. Cela peut constituer à l’avenir une dérive économique et sociale que voilent les recettes exceptionnelles des hydrocarbures ces dernières années, le fondement de la loi de finances 2010 étant un soutien plus important à la sphère sociale qu’à la sphère économique rendant urgent un ciblage pour plus de cohésion sociale.
4-La privatisation qui n’est certes pas une panacée – englobée dans le cadre des réformes : système financier – douanier, fiscal – domanial pour les titres de propriété, supposant la réactualisation du cadastre, administration (la réforme de l’Etat pour la dé bureaucratisation et l’efficacité du service public) – régulation sociale au profit des plus démunis – est l’élément essentiel des ajustements structurels futurs. Mais il y a lieu de ne pas confondre restructuration industrielle qui n’est qu’un élément – de la restructuration globale de l’économie objectif stratégique de la privatisation. Le bilan est mitigé : il faut tirer les leçons. Le consensus tant au niveau international que national est l’urgence d’objectifs politiques plus précis et une nouvelle organisation institutionnelle afin de donner plus de cohérence et une accélération de ce processus complexe mais combien déterminant pour l’avenir du pays. Les expériences internationales, tenant compte du contexte social algérien, peuvent être utiles.
5- Dans ce cadre, il est utile par ailleurs de signaler que l’accumulation des richesses de l’indépendance politique à nos jours a suivi le processus de positionnement des cadres dans les secteurs névralgiques ou mêmes secondaires de l’économie et surtout son domaine public en fonction des positionnements au sein de la société, par l’irrigation de la rente provenant des hydrocarbures, expliquant l’économie mono-exportatrice depuis des décennies, la faiblesse de la production et exportation hors hydrocarbures et par là de véritables entreprenants créateurs de richesses.
C’est donc à partir de l’accumulation des richesses dans ce secteur et leur redistribution que s’est construite l’actuelle structure sociale en Algérie, structuration en mutation non achevée. Il est utile, pour toute politique économique fiable, d’analyser cette structure fondée sur une synergie assabienne, une hiérarchie parentale et une identité patrilinéaire solide. Ces analyses opératoires qui rendent d’actualité la vision ibn khaldounienne au niveau de l’ensemble des pays du Maghreb, sont indispensables pour faire émerger une société conciliant la modernité et son authenticité. Elles sont le fondement stratégique pour l’émergence de nouvelles catégories d’acteurs (les scientifiques et les cadres compétents, les villes de la haute technologie, les universités de pointe.) indispensables pour les changements dans les structures de productions et la cristallisation des aspirations émergentes.
Partant de là, nous ne pouvons pas ne pas reconnaître le décalage qui existe entre les potentialités que recèle notre pays, et elles sont énormes, et le niveau de développement proprement dérisoire que le pays a atteint après plusieurs décennies d’indépendance. Les résistances au changement ne datent pas d’aujourd’hui. Elles sont d’ordre sociologique et culturel et un important travail est à faire en direction de l’opinion publique pour expliquer la nature des défis Elles sont d’ordre politique et il y a urgence de la recherche d’un consensus, voire d’un compromis, avec des acteurs qui peuvent – pour tout myopes qu’ils sont politiquement –, se rendre, en dernière instance, à la raison et accepter d’identifier positivement leurs intérêts à ceux de l’ensemble de la collectivité nationale.
Les conditions de la réussite des réformes nécessitent l’exploitation judicieuse et productive de son environnement et exige qu’un effort particulier et soutenu soit fait dans plusieurs directions :-la normalisation du fonctionnement des institutions, par la clarification de leurs missions et le renforcement de l’indépendance des organes qui les contrôlent ;-la stabilisation durable du front social, par le dialogue et la négociation ainsi que par la diversification et l’élargissement des actions de solidarité de l’Etat au profit des groupes sociaux vulnérables et des catégories sociales qui sont fragilisées par la restructuration nécessaire de l’appareil économique national ; -la sensibilisation de l’ensemble de la société à l’impérieuse nécessité d’une mise à niveau général pour préserver les intérêts fondamentaux du pays et ceux des générations futures ;-la recherche d’un contrat politique minimum au sujet de la question des réformes économiques et de la modernisation du pays, et le nécessaire respect, par les différents acteurs, de la doctrine nationale en matière de politique extérieure, de défense et de sécurité ;-le respect des engagements internationaux pris par l’Algérie, expression de la continuité de l’Etat et garant solide de sa crédibilité.
Sur le plan économique , à titre d’exemple il est important de démystifier culturellement l’impact de notre adhésion à la zone de libre échange avec l’Europe et à l’Organisation mondiale du Commerce qui constituent un impératif stratégique, démystification qui rentre dans ce renouveau culturel en distinguant les avantages comparatifs statiques, ( ce que l’on perd à court terme du fait du démantèlement tarifaire environ 1,8 milliard de dollars US) des avantages comparatifs dynamiques ( ce que le pays dans son ensemble gagne à moyen et long terme) du fait que l’Algérie a besoin d’un important flux d’investissement hors hydrocarbures pour atteindre l’optimum d’un taux de croissance durable de 7 à 8% an entre 2010/2015., et réduire le lancinant problème du chômage et de la pauvreté, montant d’autant plus important qu’avec les dernières dispositions gouvernementales( 51% minimum Etat/49% étranger ) ,que cela se fera sur fonds public, le rythme de financement dépendant donc de l’évolution du cours du pétrole et du gaz ; les hydrocarbures permettant 98% des recettes en devises..
Le défi majeur est une croissance soutenue basée sur le savoir pour lutter contre le chômage et mettre fin à une situation budgétaire instable. Car la structure productive actuelle rend la croissance volatile et soumise aux chocs externes, les variations du prix du pétrole restant fortes et rendant difficile une action contra-cyclique à long terme. Car il est à signaler que la fiscalité pétrolières ces dernières années dépasse 70% des recettes totales. Envisagée du point de vue des échanges de biens, la position extérieure de l’Algérie reste dominée par la faiblesse inhérente à sa spécialisation dans les hydrocarbures, l’Algérie n’ayant pas de prise sur ses propres comptes extérieurs, qui ne dépendent que des cours du pétrole et du taux de change du dollar. Le PIB par habitant évolue de manière chaotique, ce qui ne permet pas d’amélioration dans la lutte contre la pauvreté ou contre l’illettrisme, dont le taux demeure, malgré d’importants efforts, encore élevés. Le risque étant de retrouver une situation comparable aux années passées (1986-1994-1997) en cas de chute brutale des cours de pétrole avec le danger de surfiscaliser les activités visibles par des recouvrements excessifs de la fiscalité ordinaire pour équilibrer le budget renforçant paradoxalement la sphère informelle.
Il s’ensuit de cette situation que sur le plan socio- politique, les exportations hors hydrocarbures n’ayant jamais dépassé le un (1) millions de dollars US n’exportant donc presque rien de biens à valeur ajoutée comme signalé précédemment, pendant des décennies, la base sociale devant militer pour l’ouverture , étant faible expliquant le peu de relais au niveau de la société, la majorité des entreprises privées n’étant pas autonomes mais trouvant leur prospérité ou leur déclin dans la part des avantages financiers, fiscaux, leurs parts de marché auprès des entreprises publiques et des administrations, utilisant leurs relais pour accroître les mesures protectionnistes, néfastes à moyen et long terme. L’importance des entreprises familiales, le peu de recours aux formes de sociétés modernes indispensables pour assurer la compétitivité internationale attestent de ce constat amer.
.../...
CONTRAINTES ET ACTIONS POUR SURMONTER LES OBSTACLES AUX REFORMES
I- L’ ALGERIE FACE A LA FAIBLESSE DE LA REFORME GLOBALE
Sous réserve que l’Algérie favorise la libéralisation de son économie par l’investissement nouveau et « les privatisations »,tenant compte de la concurrence internationale vivace dans ce domaine(la concentration étant au profit des pays développés , et à un degré moindre des pays émergents comme la Chine et l’Inde, avoir des matières premières n étant plus une condition essentielle de l’attrait de l’investissement, la maîtrise des services et donc des nouvelles technologies devenant de plus en plus prépondérant ), les IDE , des partenariats bien ciblés et la promotion du secteur privé national utile pourraient fortement contribuer à la relance et la modernisation de notre économie , de permettre d’accéder aux technologies avancées, d’apprendre le marché et viser l’exportation hors hydrocarbures et de stimuler la concurrence et la compétitivité interne et externe. Concernant le développement du secteur privé indispensable pour asseoir une véritable économie de marché concurrentielle, sa promotion ne peut être comprise isolé des réformes d’ensemble liant démocratie- bonne gouvernance et instauration de l’économie de marché au moyen de mécanismes concurrentiels, pour favoriser le débat, je rappelle les principes directeurs suivants :
1.-L’Algérie s’est engagée dans les réformes économiques indispensables pour s’adapter tant à la mondialisation de l’économie dont l’espace euro-maghrébin, euro-méditérranéen (accord de Barcelone) et arabo-africain NEPAL) est son espace naturel qu’aux mutations internes. Je suis persuadé, au moment de la consolidation des grands espaces, une des conditions de l’attrait de l’investissement, qu’il est suicidaire pour chaque pays du Maghreb de faire cavalier seul.
2-Le cadre macro-économique relativement stabilisé et les réserves de change sont éphémères sans de profondes réformes structurelles. Les réserves de change, estimées à environ 144 milliards de dollars ne sont qu’un signe monétaire. Le pouvoir d’achat n’augmente pas forcément quand les réserves gonflent, le travail et l’intelligence à travers la dynamisation de l’entreprise étant la source de la richesse.
3-IL est utile de pourtant rappeler que la période du terrorisme s’est soldée par des destructions d’infrastructures qui se sont chiffrées à des dizaines de milliards de dollars US et l’Etat algérien a eu pour souci de préserver la cohésion sociale. Ainsi en moyenne en 2005/2009, les transferts sociaux le montant des affectations budgétaires se solde à 10% du produit intérieur brut y compris environ 2,5/3 milliards de dollars qui sont versés au titre des subventions des produits énergétiques, l’eau, les loyers, les transports. Entre transferts sociaux explicites et implicites, le montant approche 10/11 milliards de dollars, l’Etat dépensant actuellement quatre fois plus en actions sociales, mais mal, qu’en actions économiques. Cela peut constituer à l’avenir une dérive économique et sociale que voilent les recettes exceptionnelles des hydrocarbures ces dernières années, le fondement de la loi de finances 2010 étant un soutien plus important à la sphère sociale qu’à la sphère économique rendant urgent un ciblage pour plus de cohésion sociale.
4-La privatisation qui n’est certes pas une panacée – englobée dans le cadre des réformes : système financier – douanier, fiscal – domanial pour les titres de propriété, supposant la réactualisation du cadastre, administration (la réforme de l’Etat pour la dé bureaucratisation et l’efficacité du service public) – régulation sociale au profit des plus démunis – est l’élément essentiel des ajustements structurels futurs. Mais il y a lieu de ne pas confondre restructuration industrielle qui n’est qu’un élément – de la restructuration globale de l’économie objectif stratégique de la privatisation. Le bilan est mitigé : il faut tirer les leçons. Le consensus tant au niveau international que national est l’urgence d’objectifs politiques plus précis et une nouvelle organisation institutionnelle afin de donner plus de cohérence et une accélération de ce processus complexe mais combien déterminant pour l’avenir du pays. Les expériences internationales, tenant compte du contexte social algérien, peuvent être utiles.
5- Dans ce cadre, il est utile par ailleurs de signaler que l’accumulation des richesses de l’indépendance politique à nos jours a suivi le processus de positionnement des cadres dans les secteurs névralgiques ou mêmes secondaires de l’économie et surtout son domaine public en fonction des positionnements au sein de la société, par l’irrigation de la rente provenant des hydrocarbures, expliquant l’économie mono-exportatrice depuis des décennies, la faiblesse de la production et exportation hors hydrocarbures et par là de véritables entreprenants créateurs de richesses.
C’est donc à partir de l’accumulation des richesses dans ce secteur et leur redistribution que s’est construite l’actuelle structure sociale en Algérie, structuration en mutation non achevée. Il est utile, pour toute politique économique fiable, d’analyser cette structure fondée sur une synergie assabienne, une hiérarchie parentale et une identité patrilinéaire solide. Ces analyses opératoires qui rendent d’actualité la vision ibn khaldounienne au niveau de l’ensemble des pays du Maghreb, sont indispensables pour faire émerger une société conciliant la modernité et son authenticité. Elles sont le fondement stratégique pour l’émergence de nouvelles catégories d’acteurs (les scientifiques et les cadres compétents, les villes de la haute technologie, les universités de pointe.) indispensables pour les changements dans les structures de productions et la cristallisation des aspirations émergentes.
Partant de là, nous ne pouvons pas ne pas reconnaître le décalage qui existe entre les potentialités que recèle notre pays, et elles sont énormes, et le niveau de développement proprement dérisoire que le pays a atteint après plusieurs décennies d’indépendance. Les résistances au changement ne datent pas d’aujourd’hui. Elles sont d’ordre sociologique et culturel et un important travail est à faire en direction de l’opinion publique pour expliquer la nature des défis Elles sont d’ordre politique et il y a urgence de la recherche d’un consensus, voire d’un compromis, avec des acteurs qui peuvent – pour tout myopes qu’ils sont politiquement –, se rendre, en dernière instance, à la raison et accepter d’identifier positivement leurs intérêts à ceux de l’ensemble de la collectivité nationale.
Les conditions de la réussite des réformes nécessitent l’exploitation judicieuse et productive de son environnement et exige qu’un effort particulier et soutenu soit fait dans plusieurs directions :-la normalisation du fonctionnement des institutions, par la clarification de leurs missions et le renforcement de l’indépendance des organes qui les contrôlent ;-la stabilisation durable du front social, par le dialogue et la négociation ainsi que par la diversification et l’élargissement des actions de solidarité de l’Etat au profit des groupes sociaux vulnérables et des catégories sociales qui sont fragilisées par la restructuration nécessaire de l’appareil économique national ; -la sensibilisation de l’ensemble de la société à l’impérieuse nécessité d’une mise à niveau général pour préserver les intérêts fondamentaux du pays et ceux des générations futures ;-la recherche d’un contrat politique minimum au sujet de la question des réformes économiques et de la modernisation du pays, et le nécessaire respect, par les différents acteurs, de la doctrine nationale en matière de politique extérieure, de défense et de sécurité ;-le respect des engagements internationaux pris par l’Algérie, expression de la continuité de l’Etat et garant solide de sa crédibilité.
Sur le plan économique , à titre d’exemple il est important de démystifier culturellement l’impact de notre adhésion à la zone de libre échange avec l’Europe et à l’Organisation mondiale du Commerce qui constituent un impératif stratégique, démystification qui rentre dans ce renouveau culturel en distinguant les avantages comparatifs statiques, ( ce que l’on perd à court terme du fait du démantèlement tarifaire environ 1,8 milliard de dollars US) des avantages comparatifs dynamiques ( ce que le pays dans son ensemble gagne à moyen et long terme) du fait que l’Algérie a besoin d’un important flux d’investissement hors hydrocarbures pour atteindre l’optimum d’un taux de croissance durable de 7 à 8% an entre 2010/2015., et réduire le lancinant problème du chômage et de la pauvreté, montant d’autant plus important qu’avec les dernières dispositions gouvernementales( 51% minimum Etat/49% étranger ) ,que cela se fera sur fonds public, le rythme de financement dépendant donc de l’évolution du cours du pétrole et du gaz ; les hydrocarbures permettant 98% des recettes en devises..
Le défi majeur est une croissance soutenue basée sur le savoir pour lutter contre le chômage et mettre fin à une situation budgétaire instable. Car la structure productive actuelle rend la croissance volatile et soumise aux chocs externes, les variations du prix du pétrole restant fortes et rendant difficile une action contra-cyclique à long terme. Car il est à signaler que la fiscalité pétrolières ces dernières années dépasse 70% des recettes totales. Envisagée du point de vue des échanges de biens, la position extérieure de l’Algérie reste dominée par la faiblesse inhérente à sa spécialisation dans les hydrocarbures, l’Algérie n’ayant pas de prise sur ses propres comptes extérieurs, qui ne dépendent que des cours du pétrole et du taux de change du dollar. Le PIB par habitant évolue de manière chaotique, ce qui ne permet pas d’amélioration dans la lutte contre la pauvreté ou contre l’illettrisme, dont le taux demeure, malgré d’importants efforts, encore élevés. Le risque étant de retrouver une situation comparable aux années passées (1986-1994-1997) en cas de chute brutale des cours de pétrole avec le danger de surfiscaliser les activités visibles par des recouvrements excessifs de la fiscalité ordinaire pour équilibrer le budget renforçant paradoxalement la sphère informelle.
Il s’ensuit de cette situation que sur le plan socio- politique, les exportations hors hydrocarbures n’ayant jamais dépassé le un (1) millions de dollars US n’exportant donc presque rien de biens à valeur ajoutée comme signalé précédemment, pendant des décennies, la base sociale devant militer pour l’ouverture , étant faible expliquant le peu de relais au niveau de la société, la majorité des entreprises privées n’étant pas autonomes mais trouvant leur prospérité ou leur déclin dans la part des avantages financiers, fiscaux, leurs parts de marché auprès des entreprises publiques et des administrations, utilisant leurs relais pour accroître les mesures protectionnistes, néfastes à moyen et long terme. L’importance des entreprises familiales, le peu de recours aux formes de sociétés modernes indispensables pour assurer la compétitivité internationale attestent de ce constat amer.
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"Quelle est la différence fondamentale entre une femme et un terroriste ? Avec le terroriste on peut négocier"
- 3

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sphinx- Adm

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Re: Mondialisation ou globalisation (en)
II- LES ACTIONS À MENER POUR APPROFONDIR LES REFORMES
Ainsi sur le plan interne, s’agit-il d’engager les véritables réformes politiques, économiques et sociale pour une société de liberté plus participative et citoyenne fondée sur des entreprises compétitives dans le cadre des avantages comparatifs mondiaux, par la prise en compte de l’environnement et de la qualité de la vie pour un espace plus équilibré et solidaire qui doivent impérativement toucher :
-le système politique, centre névralgique de la résistance au changement et à l’ouverture,-La justice par l’application et l’adaptation du Droit, la lutte contre la corruption qui fait fuir les capitaux. Un rapport récent de la banque mondiale note avec insistance « que 75% des chefs d’entreprises algériens sont obligés de verser des pots de vin pour régler leurs affaires et éviter les lenteurs administratives ». Le prix de la corruption toujours selon ce rapport représente en moyenne 6% du chiffre d’affaires des entreprises en Algérie ;
- le système éducatif, centre d’élaboration et de diffusion de la culture et de l’idéologie de la résistance au changement et à la modernisation du pays ;
-le secteurs des hydrocarbures, source de rente et objet de tout les convoitises ;
-l’agriculture et une nouvelle politique de gestion de l’eau ;
-une nouvelle gestion des stratégies sociales et la mise en place de nouveaux mécanismes de régulations sociales devant revoir la gestion des caisses de retraite et de la sécurité sociale , les subventions ciblées devant dorénavant être budgétisées non plus au niveau des entreprises mais sur le budget de l’Etat.
-La réforme du système financier est un préalable essentiel à la relance de l’investissement privé national et étranger, les banques publiques et privées étant au cœur d’importants enjeux de pouvoir entre les partisans de l’ouverture et ceux de préservation des intérêts de la rente. Elle est considérée, à juste titre, comme l’indice le plus probant de la volonté politique de l’Etat algérien d’ouvrir ou non l’économie nationale à la libre entreprise.
Sous le double effet de l’augmentation substantielle des recettes pétrolières et de la recapitalisation des banques publiques par le Trésor public, ces dernières se sont retrouvées en état de surliquidités sans pour autant faire bénéficier le secteur productif de cette embellie financière. C’est que la libération du commerce extérieur et la convertibilité du dinar commerciale ont en effet rendu possible le déplacement du centre de distribution de la rente des entreprises publiques économiques vers les banques appartenant au secteur de l’Etat, ces dernières contrôlant actuellement plus de 9O% des actifs du système bancaire, mais avec une faible bancarisation et le chèque tiré d’une wilaya à une autre dépasse pour son paiement plusieurs mois. L’analyse de la collecte de l’épargne et sa destination finale monte clairement que le schéma des dépenses et les montants alloués entre l’épargne et l’investissement peut être différents selon que le décaissement de la rente aille vers le secteur public ou le secteur privé. Or l’objectif à viser est d’aboutir à un système bancaire affranchi des ingérences, plus efficient et plus en harmonie avec les exigences d’une intermédiation financière performante et orientée vers l’économie de marché de capitaux. Jusqu’ici, la situation financière des banques publiques a constitué une contrainte qui a inhibé toute velléité de restructuration. Aussi, tenant compte des expériences négatives de Khalifa et d’autres banques privées , tout en n’oubliant pas les scandales financiers de bon nombre de banques publiques, , il y aurait lieu de dégager un scénario pour la création des nouvelles banques, la sauvegarde des actuelles par leur insertion dans la stratégie globale du partenariat( part l’ouverture du capital aux banques internationales) pour certaines et de la privatisation pour d’autres.
Pour ce qui est du système fiscal, celui-ci doit être plus incitatif tout en autorisant une grande rigueur dans son application en vue de la lutte contre l’évasion fiscale par la mise en place d’un système d’information et de communication plus moderne et moins sujet à interprétation. Il est également proposé d’améliorer la lisibilité de la politique générale de l’Etat par référence notamment à une nouvelle loi cadre de planification budgétaire. Cela renvoie également à la problématique de la sphère informelle qu’il convient d’examiner car son intégration est fondamentale, les négociations de l’Algérie avec l’Organisation mondiale du commerce (OMC) achoppant notamment sur la nécessité de son intégration qui renvoie à la construction d’un Etat de Droit, base de l’économie de marché concurrentielle et ce, afin de pouvoir favoriser une saine concurrence et attirer les flux d’investissement nécessaires pour une croissance durable. Car il ne suffit pas de crier sur les toits que cette sphère ne paye pas les impôts. Il faut expliquer les raisons de son existence et de son extension et surtout les actions à mener pour son intégration. Cette sphère informelle n’est pas le produit historique du hasard mais trouve son essence dans les dysfonctionnements de l’Etat et ce, à travers toutes les sphères, n’étant que la résultante du poids de la bureaucratie et du trop d’Etat au sein d’une économie et du blocage des réformes. Les ex pays du camp communiste ont connu l’ampleur de cette sphère informelle. Et l’Italie a su l’intégrer rapidement depuis qu’elle est membre de l’Europe.
Il est démontré à partir d’expériences concrètes, que selon les obstacles ou la rapidité de la construction d’une véritable économie de marché concurrentielle qui font que cette sphère diminue ou s’étend. Cela pose d’ailleurs la problématique de la construction de l’Etat et ses nouvelles missions en économie de marché. C’est faute d’une compréhension l’insérant dans le cadre de la dynamique sociale et historique que certains la taxent de tous les maux, paradoxalement par ceux mêmes qui permettent son extension en freinant les réformes. Pourtant cette sphère représente la majorité des activités si l’on excepte le cas spécifique en Algérie du secteur des hydrocarbures.Les chiffres en Algérie, faute d’enquêtes précises, sont les plus contradictoires 4O à 5O% de la masse monétaire en circulation hors banques (avec une intermédiation financière informelle limitant la politique monétaire globale de l’Etat), mais beaucoup plus si l’on inclut les transactions en nature.
Car cette situation menace le fondement de l’Etat lui-même, posant toute la problématique de la sécurité nationale, alors que son intégration intelligente selon une vision cohérente, sa légalisation au moyen de mécanismes économiques transparents dont la délivrance facile des titres de propriété, du registre du commerce est urgente.. Cela entraînera l’opposition d’une fraction active des rentiers (sous le vocable trabendistes) qui verront là la menace par ces jeunes entrepreneurs dynamiques de la perte de leurs privilèges. Car ces entrepreneurs sont acquis par définition à l’économie de marché puisque pratiquant ses règles qui est la satisfaction d’une demande solvable. Cette intégration favorisera, par ailleurs, la légitimité de tout Etat du fait qu’elle permettra à la fois de diminuer le poids de la corruption à travers les réseaux diffus et informels, et le paiement des impôts directs qui constituent le signe évident de la citoyenneté. Ce qui nous amène à examiner la problématique de la nécessaire accélération de la restructuration de l’économie par la démonopolisation, et du couple privatisation- partenariat, la dynamisation de l’investissement du privé national et international dans le cadre concurrentiel, loin de tout monopole dans le cadre de la logique des valeurs marchandes internationales fondement d’une plus grande valeur ajoutée interne.
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Ainsi sur le plan interne, s’agit-il d’engager les véritables réformes politiques, économiques et sociale pour une société de liberté plus participative et citoyenne fondée sur des entreprises compétitives dans le cadre des avantages comparatifs mondiaux, par la prise en compte de l’environnement et de la qualité de la vie pour un espace plus équilibré et solidaire qui doivent impérativement toucher :
-le système politique, centre névralgique de la résistance au changement et à l’ouverture,-La justice par l’application et l’adaptation du Droit, la lutte contre la corruption qui fait fuir les capitaux. Un rapport récent de la banque mondiale note avec insistance « que 75% des chefs d’entreprises algériens sont obligés de verser des pots de vin pour régler leurs affaires et éviter les lenteurs administratives ». Le prix de la corruption toujours selon ce rapport représente en moyenne 6% du chiffre d’affaires des entreprises en Algérie ;
- le système éducatif, centre d’élaboration et de diffusion de la culture et de l’idéologie de la résistance au changement et à la modernisation du pays ;
-le secteurs des hydrocarbures, source de rente et objet de tout les convoitises ;
-l’agriculture et une nouvelle politique de gestion de l’eau ;
-une nouvelle gestion des stratégies sociales et la mise en place de nouveaux mécanismes de régulations sociales devant revoir la gestion des caisses de retraite et de la sécurité sociale , les subventions ciblées devant dorénavant être budgétisées non plus au niveau des entreprises mais sur le budget de l’Etat.
-La réforme du système financier est un préalable essentiel à la relance de l’investissement privé national et étranger, les banques publiques et privées étant au cœur d’importants enjeux de pouvoir entre les partisans de l’ouverture et ceux de préservation des intérêts de la rente. Elle est considérée, à juste titre, comme l’indice le plus probant de la volonté politique de l’Etat algérien d’ouvrir ou non l’économie nationale à la libre entreprise.
Sous le double effet de l’augmentation substantielle des recettes pétrolières et de la recapitalisation des banques publiques par le Trésor public, ces dernières se sont retrouvées en état de surliquidités sans pour autant faire bénéficier le secteur productif de cette embellie financière. C’est que la libération du commerce extérieur et la convertibilité du dinar commerciale ont en effet rendu possible le déplacement du centre de distribution de la rente des entreprises publiques économiques vers les banques appartenant au secteur de l’Etat, ces dernières contrôlant actuellement plus de 9O% des actifs du système bancaire, mais avec une faible bancarisation et le chèque tiré d’une wilaya à une autre dépasse pour son paiement plusieurs mois. L’analyse de la collecte de l’épargne et sa destination finale monte clairement que le schéma des dépenses et les montants alloués entre l’épargne et l’investissement peut être différents selon que le décaissement de la rente aille vers le secteur public ou le secteur privé. Or l’objectif à viser est d’aboutir à un système bancaire affranchi des ingérences, plus efficient et plus en harmonie avec les exigences d’une intermédiation financière performante et orientée vers l’économie de marché de capitaux. Jusqu’ici, la situation financière des banques publiques a constitué une contrainte qui a inhibé toute velléité de restructuration. Aussi, tenant compte des expériences négatives de Khalifa et d’autres banques privées , tout en n’oubliant pas les scandales financiers de bon nombre de banques publiques, , il y aurait lieu de dégager un scénario pour la création des nouvelles banques, la sauvegarde des actuelles par leur insertion dans la stratégie globale du partenariat( part l’ouverture du capital aux banques internationales) pour certaines et de la privatisation pour d’autres.
Pour ce qui est du système fiscal, celui-ci doit être plus incitatif tout en autorisant une grande rigueur dans son application en vue de la lutte contre l’évasion fiscale par la mise en place d’un système d’information et de communication plus moderne et moins sujet à interprétation. Il est également proposé d’améliorer la lisibilité de la politique générale de l’Etat par référence notamment à une nouvelle loi cadre de planification budgétaire. Cela renvoie également à la problématique de la sphère informelle qu’il convient d’examiner car son intégration est fondamentale, les négociations de l’Algérie avec l’Organisation mondiale du commerce (OMC) achoppant notamment sur la nécessité de son intégration qui renvoie à la construction d’un Etat de Droit, base de l’économie de marché concurrentielle et ce, afin de pouvoir favoriser une saine concurrence et attirer les flux d’investissement nécessaires pour une croissance durable. Car il ne suffit pas de crier sur les toits que cette sphère ne paye pas les impôts. Il faut expliquer les raisons de son existence et de son extension et surtout les actions à mener pour son intégration. Cette sphère informelle n’est pas le produit historique du hasard mais trouve son essence dans les dysfonctionnements de l’Etat et ce, à travers toutes les sphères, n’étant que la résultante du poids de la bureaucratie et du trop d’Etat au sein d’une économie et du blocage des réformes. Les ex pays du camp communiste ont connu l’ampleur de cette sphère informelle. Et l’Italie a su l’intégrer rapidement depuis qu’elle est membre de l’Europe.
Il est démontré à partir d’expériences concrètes, que selon les obstacles ou la rapidité de la construction d’une véritable économie de marché concurrentielle qui font que cette sphère diminue ou s’étend. Cela pose d’ailleurs la problématique de la construction de l’Etat et ses nouvelles missions en économie de marché. C’est faute d’une compréhension l’insérant dans le cadre de la dynamique sociale et historique que certains la taxent de tous les maux, paradoxalement par ceux mêmes qui permettent son extension en freinant les réformes. Pourtant cette sphère représente la majorité des activités si l’on excepte le cas spécifique en Algérie du secteur des hydrocarbures.Les chiffres en Algérie, faute d’enquêtes précises, sont les plus contradictoires 4O à 5O% de la masse monétaire en circulation hors banques (avec une intermédiation financière informelle limitant la politique monétaire globale de l’Etat), mais beaucoup plus si l’on inclut les transactions en nature.
Car cette situation menace le fondement de l’Etat lui-même, posant toute la problématique de la sécurité nationale, alors que son intégration intelligente selon une vision cohérente, sa légalisation au moyen de mécanismes économiques transparents dont la délivrance facile des titres de propriété, du registre du commerce est urgente.. Cela entraînera l’opposition d’une fraction active des rentiers (sous le vocable trabendistes) qui verront là la menace par ces jeunes entrepreneurs dynamiques de la perte de leurs privilèges. Car ces entrepreneurs sont acquis par définition à l’économie de marché puisque pratiquant ses règles qui est la satisfaction d’une demande solvable. Cette intégration favorisera, par ailleurs, la légitimité de tout Etat du fait qu’elle permettra à la fois de diminuer le poids de la corruption à travers les réseaux diffus et informels, et le paiement des impôts directs qui constituent le signe évident de la citoyenneté. Ce qui nous amène à examiner la problématique de la nécessaire accélération de la restructuration de l’économie par la démonopolisation, et du couple privatisation- partenariat, la dynamisation de l’investissement du privé national et international dans le cadre concurrentiel, loin de tout monopole dans le cadre de la logique des valeurs marchandes internationales fondement d’une plus grande valeur ajoutée interne.
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Re: Mondialisation ou globalisation (en)
QUATRIÈME PARTIE
LES CONTRAINTES À L’INVESTISSEMENT PRIVE ET A LA PRIVATISATION
1- Privatisation et politique gouvernementale
La privatisation est un processus politique géré par le Gouvernement et s’agissant d’un programme politique il importe que celui ci soit soutenu non seulement par les groupes directement affectés mais également par la population en général. Il nécessite la transparence la plus totale de cette opération complexe et délicate ayant des incidences économiques, sociales et politiques, car déplaçant des segments de pouvoir ( les gagnants de demain ne sont pas forcément ceux d’aujourd’hui d’où des résistances naturelles des forces sociales rentières ), la cohérence dans sa démarche par le respect de l’Etat de Droit par un dialogue permanent , une communication active et enfin le pragmatisme tenant compte tant des expériences historiques que de la réalité sociale algérienne. Il y a lieu d’éviter au maximum le gré à gré qui est une pratique occulte, défendue par les rentiers et qui ne ferait que favoriser le passage d’un monopole public à un monopole privé et qui ne résoudrait pas les problèmes de fond. En attendant la dynamisation de la bourse des valeurs en léthargie actuellement, lieu par excellence de la concurrence, des avis d’appel d’offres transparents sont souhaitables. Comme il y a lieu d’éviter des changements périodiques des législations qui déstabilisent les investisseurs d’autant plus que le système d’information est actuellement déficient. Dans ce contexte, pour que la privatisation atteigne ses objectifs il y a lieu d’éviter l’erreur qui consiste à la circonscrire à la restructuration industrielle (vision micro-statique reposant sur la notion de secteur stratégique à forte résonance idéologique) alors que l’objectif fondamental est la restructuration globale de l’économie (le blocage est d’ordre systémique) afin d’optimaliser l’efficience du système dans son ensemble et en dynamique ce qui est politiquement stratégique aujourd’hui peut ne pas l’être demain . C’est dans ce contexte que la réussite de ce processus complexe implique de tenir compte tant de l’environnement national qu’international. Sur le plan interne l’on peut invoquer quelques aspects fondamentaux
a) Privatisation et système fiscal
La fiscalité applicable aux revenus de l’épargne investie en actions et en obligations est un critère essentiel pour tout investisseur national ou étranger. Ceci vise la fiscalité des dividendes et des revenus d’obligation, le régime fiscal applicable aux plus et moins values sur cessions de titres, le taux d’une éventuelle retenue à la source sur les revenus des actions et obligations ainsi que l’existence non d’une conversion de non double imposition
b) Privatisation et système douanier
Tout pays à pour souci constant de préserver et protéger sa production nationale tout en laissant la libre concurrence se développer. Le problème peut résider dans le degré de loyauté d’une telle concurrence. Dans ce cadre le système douanier joue un rôle central à travers les droits de douane applicables à telle ou telle importation. L’exemple le plus typique est celui où les taxes douanières applicables à un produit fini sont plus faibles que celles frappant les contrats composant ce produit fini. Par ailleurs la fluidité du système douanier est un facteur déterminant dans la prise de décision d’un investisseur.
c) Privatisation et investissement
Dans une économie de marché véritable il n’existe pas de code d’investissement, le marché étant l’élément de régulation. Cependant dans les économies en transition un code des investissements favorables tant aux investisseurs nationaux qu’étrangers doit exécuter afin de rendre le pays attractif à ces investisseurs et de leur assurer une stabilité dans le temps des avantages, notamment fiscaux, qui peuvent être à l’origine de leur décision d’investissement dans ce pays. Ce code des investissements doit être connecté avec la législation et les règles régissant le processus de privatisation. Faute d’une telle connexion, tout investisseur mettra en concurrence les avantages liés au code investissements s’il réalise un projet neuf comparativement à l’acquisition d’un investissement de même nature à travers le processus de privatisation.
2. – Le pourquoi de la privatisation
Il existe un marché mondial de la privatisation et il est utopique et incorrect de parler de privatisation partielle et totale en donnant naissance à des structures administratives qui se télescopent ce qui entretient la confusion, comme dans les années passées. La règle d’or est d’éviter d’attribuer à différents organes des compétences concurrentes sous peine de voir adopter des politiques ou approches contradictoires, où de se trouver face à d’interminables marchandages bureaucratiques ou luttes de pouvoir, qui porteraient préjudice à la crédibilité du programme de privatisation. Les répartitions de compétences devront être précisées dans le cadre juridique en vigueur évitant d’être juge et partie, le souhait étant la création d’une Agence relativement autonome de privatisation ayant une mission temporaire avec un calendrier précis comme cela s’est passé en Hongrie. A partir de ces textes il devrait être possible de déterminer qui a le pouvoir :
-de demander l’engagement d’une opération de privatisation ;
- de préparer la transaction ;
- d’organiser la sélection de l’acquéreur ;
-d’autoriser la conclusion de l’opération ;
- de signer les accords pertinents ;
-de mettre en œuvre les accords de privatisation et s’assurer de leur bonne exécution.
Par ailleurs, on ne saurait trop insister que la privatisation est un problème d’acheteurs et non particulièrement de vendeurs. En effet, c’est la demande c’est à dire le marché qui est l’élément déterminant (taux directeur du profit) et non l’offre. Dans la plupart des pays qui ont engagé la privatisation, il y a eu décote d’environ 20 % par rapport à la valeur déterminée, (en comparaison à des projets neufs) pour attirer les investisseurs nationaux, internationaux.
En effet l’expérience de par le monde montre que l’on ne privatise que des unités rentables et ce afin de désengager l’Etat et impulser la naissance d’une économie de marché concurrentielle compétitive. Certes il ne s’agit pas d’avoir une vision négativiste vis à vis des entreprises publiques qui évoluent dans un environnement concurrentiel. Cependant le blocage de l’accumulation est d’ordre systémique, pour ces économies monopolisées, qui ont fondées leurs politiques sur la théorie économique qui a été en vogue pendant des décennies postulant que le secteur d’Etat est le moteur de la croissance, de l’égalité des chances. Cela a été démenti par les faits. Au contraire, la dominance de l’Etat dans l’ensemble des sphères de la vie sociale a accentué la paralysie économique et a favorisé l’injustice sociale du fait de relations de clientèles entre différentes castes fermées. Le grand problème en Algérie reste donc le secteur industriel notamment public. Ce n’est pas une question de finances qui empêche son évolution du fait que le budget algérien lui a consacré comme mis en relief précédemment 3000 milliards de dinars entre 1991/2009 sans résultats probants, une fraction des entreprises publiques produisant, en effet, en permanence des déficits entraînant dans leur sillage les banques qui restent malades de leurs clients qui malgré plusieurs milliards de dollars de recapitalisation, risquent de revenir à la case de départ. Sur le plan économique, le monopole d’Etat dans la sphère économique ne peut qu’entraîner :
.../...
a) l’absence de concurrence en favorisant la médiocrité,
b) l’absence de motivation de profit, l’Etat se servant des entreprises publiques pour subventionner les consommateurs, les producteurs ou groupes sociaux dans le sillage de relations rentières,
c) du fait de l’absence de motivation de profit et l’inefficience, les entreprises publiques s’engouffrent dans un déficit chronique,
d) déséquilibres macro-économiques: ce déficit engendre un endettement extérieur (le service de la dette s’accroît) et un endettement intérieur que l’on couvre par l’émission monétaire (tensions inflationnistes), endettement extérieur et intérieur épongé en Algérie par les recettes des hydrocarbures sans s’attaquer à l’essence du mal
e) Enfin , l’accroissement du chômage en est la résultante couplée avec l’inflation qui paupérise les couches moyennes utiles au profit d’une couche moyenne rentière destructrice de richesses , des emplois improductifs au nom de la solidarité nationale donc une croissance faible ( (stagflation).
L’absence de discipline imposée aux entreprises par la concurrence dans le cadre de marchés ouverts engendre donc des effets graves, visibles au niveau des entreprises publiques,
a)niveau artificiel des prix qui sont dictés par l’administration,
b) excédents d’effectifs: les employés n’étant pas rémunérés en fonction de leur performance, cela induit le désintéressement, la mauvaise qualité et la faiblesse de la productivité du travail,
c)manque de compétitivité industrielle:dès lors se pose un problème important: doit-on maintenir sous perfusion ces unités en alimentant l’inflation, les fermer entraînant un chômage croissant , d’autant plus qu’elles évoluent dans un environnement monopoliste à leur image dont les effets se généralisent à l’ensemble de la société.
C’est dans cette optique qu’il s’agit d’avoir une vision d’ensemble que je qualifierai de stratégie d’adaptation puisque que l’on ne peut pas parler scientifiquement de stratégie au sens strict dans un pays mono exportateur (étant un producteur marginal et les variables du cours du brent lui échappant) et dont la majeure partie de la consommation tant intermédiaire
que finale, est importée. Il est entendu que cette présente analyse des contraintes d’environnement devra être affinée par la prise en compte des éléments suivants fonction du revenu par tête d’habitant hydrocarbures et hors hydrocarbures, du pouvoir d’achat corrigé par l’inflation, et tenant compte de la occurrence internationale, en calculant sur une tendance longue ( 5 à 10 ans ) : le nombre de procédures pour chaque administration lors de la création d’une entreprise et son coût en pertes de temps, le coût avec le délai de l’enregistrement de la propriété, le taux de recouvrement, le coût de mise en faillite (% du patrimoine), le coût de exécutions des contrats, l’indice de l’information du crédit, la couverture du registre public de crédit, les droits des prêteurs et emprunteurs, le coût de la création du nantissement, la protection des investisseurs comparée au pays développés et maghrébins , l’indice de difficulté de recruter par spécialité, l’indice de rigidité des horaires, l’indice de difficulté de licencier, l’indice de rigidité du marché du travail par rapport à a législation existante et enfin les coûts de licenciement. Dans cette présente analyse, je m’appesantirai sur les fondamentaux quitte par la suite dans une contribution plus fine à calculer les ratios mis en relief précédemment.
LES CONTRAINTES À L’INVESTISSEMENT PRIVE ET A LA PRIVATISATION
1- Privatisation et politique gouvernementale
La privatisation est un processus politique géré par le Gouvernement et s’agissant d’un programme politique il importe que celui ci soit soutenu non seulement par les groupes directement affectés mais également par la population en général. Il nécessite la transparence la plus totale de cette opération complexe et délicate ayant des incidences économiques, sociales et politiques, car déplaçant des segments de pouvoir ( les gagnants de demain ne sont pas forcément ceux d’aujourd’hui d’où des résistances naturelles des forces sociales rentières ), la cohérence dans sa démarche par le respect de l’Etat de Droit par un dialogue permanent , une communication active et enfin le pragmatisme tenant compte tant des expériences historiques que de la réalité sociale algérienne. Il y a lieu d’éviter au maximum le gré à gré qui est une pratique occulte, défendue par les rentiers et qui ne ferait que favoriser le passage d’un monopole public à un monopole privé et qui ne résoudrait pas les problèmes de fond. En attendant la dynamisation de la bourse des valeurs en léthargie actuellement, lieu par excellence de la concurrence, des avis d’appel d’offres transparents sont souhaitables. Comme il y a lieu d’éviter des changements périodiques des législations qui déstabilisent les investisseurs d’autant plus que le système d’information est actuellement déficient. Dans ce contexte, pour que la privatisation atteigne ses objectifs il y a lieu d’éviter l’erreur qui consiste à la circonscrire à la restructuration industrielle (vision micro-statique reposant sur la notion de secteur stratégique à forte résonance idéologique) alors que l’objectif fondamental est la restructuration globale de l’économie (le blocage est d’ordre systémique) afin d’optimaliser l’efficience du système dans son ensemble et en dynamique ce qui est politiquement stratégique aujourd’hui peut ne pas l’être demain . C’est dans ce contexte que la réussite de ce processus complexe implique de tenir compte tant de l’environnement national qu’international. Sur le plan interne l’on peut invoquer quelques aspects fondamentaux
a) Privatisation et système fiscal
La fiscalité applicable aux revenus de l’épargne investie en actions et en obligations est un critère essentiel pour tout investisseur national ou étranger. Ceci vise la fiscalité des dividendes et des revenus d’obligation, le régime fiscal applicable aux plus et moins values sur cessions de titres, le taux d’une éventuelle retenue à la source sur les revenus des actions et obligations ainsi que l’existence non d’une conversion de non double imposition
b) Privatisation et système douanier
Tout pays à pour souci constant de préserver et protéger sa production nationale tout en laissant la libre concurrence se développer. Le problème peut résider dans le degré de loyauté d’une telle concurrence. Dans ce cadre le système douanier joue un rôle central à travers les droits de douane applicables à telle ou telle importation. L’exemple le plus typique est celui où les taxes douanières applicables à un produit fini sont plus faibles que celles frappant les contrats composant ce produit fini. Par ailleurs la fluidité du système douanier est un facteur déterminant dans la prise de décision d’un investisseur.
c) Privatisation et investissement
Dans une économie de marché véritable il n’existe pas de code d’investissement, le marché étant l’élément de régulation. Cependant dans les économies en transition un code des investissements favorables tant aux investisseurs nationaux qu’étrangers doit exécuter afin de rendre le pays attractif à ces investisseurs et de leur assurer une stabilité dans le temps des avantages, notamment fiscaux, qui peuvent être à l’origine de leur décision d’investissement dans ce pays. Ce code des investissements doit être connecté avec la législation et les règles régissant le processus de privatisation. Faute d’une telle connexion, tout investisseur mettra en concurrence les avantages liés au code investissements s’il réalise un projet neuf comparativement à l’acquisition d’un investissement de même nature à travers le processus de privatisation.
2. – Le pourquoi de la privatisation
Il existe un marché mondial de la privatisation et il est utopique et incorrect de parler de privatisation partielle et totale en donnant naissance à des structures administratives qui se télescopent ce qui entretient la confusion, comme dans les années passées. La règle d’or est d’éviter d’attribuer à différents organes des compétences concurrentes sous peine de voir adopter des politiques ou approches contradictoires, où de se trouver face à d’interminables marchandages bureaucratiques ou luttes de pouvoir, qui porteraient préjudice à la crédibilité du programme de privatisation. Les répartitions de compétences devront être précisées dans le cadre juridique en vigueur évitant d’être juge et partie, le souhait étant la création d’une Agence relativement autonome de privatisation ayant une mission temporaire avec un calendrier précis comme cela s’est passé en Hongrie. A partir de ces textes il devrait être possible de déterminer qui a le pouvoir :
-de demander l’engagement d’une opération de privatisation ;
- de préparer la transaction ;
- d’organiser la sélection de l’acquéreur ;
-d’autoriser la conclusion de l’opération ;
- de signer les accords pertinents ;
-de mettre en œuvre les accords de privatisation et s’assurer de leur bonne exécution.
Par ailleurs, on ne saurait trop insister que la privatisation est un problème d’acheteurs et non particulièrement de vendeurs. En effet, c’est la demande c’est à dire le marché qui est l’élément déterminant (taux directeur du profit) et non l’offre. Dans la plupart des pays qui ont engagé la privatisation, il y a eu décote d’environ 20 % par rapport à la valeur déterminée, (en comparaison à des projets neufs) pour attirer les investisseurs nationaux, internationaux.
En effet l’expérience de par le monde montre que l’on ne privatise que des unités rentables et ce afin de désengager l’Etat et impulser la naissance d’une économie de marché concurrentielle compétitive. Certes il ne s’agit pas d’avoir une vision négativiste vis à vis des entreprises publiques qui évoluent dans un environnement concurrentiel. Cependant le blocage de l’accumulation est d’ordre systémique, pour ces économies monopolisées, qui ont fondées leurs politiques sur la théorie économique qui a été en vogue pendant des décennies postulant que le secteur d’Etat est le moteur de la croissance, de l’égalité des chances. Cela a été démenti par les faits. Au contraire, la dominance de l’Etat dans l’ensemble des sphères de la vie sociale a accentué la paralysie économique et a favorisé l’injustice sociale du fait de relations de clientèles entre différentes castes fermées. Le grand problème en Algérie reste donc le secteur industriel notamment public. Ce n’est pas une question de finances qui empêche son évolution du fait que le budget algérien lui a consacré comme mis en relief précédemment 3000 milliards de dinars entre 1991/2009 sans résultats probants, une fraction des entreprises publiques produisant, en effet, en permanence des déficits entraînant dans leur sillage les banques qui restent malades de leurs clients qui malgré plusieurs milliards de dollars de recapitalisation, risquent de revenir à la case de départ. Sur le plan économique, le monopole d’Etat dans la sphère économique ne peut qu’entraîner :
.../...
a) l’absence de concurrence en favorisant la médiocrité,
b) l’absence de motivation de profit, l’Etat se servant des entreprises publiques pour subventionner les consommateurs, les producteurs ou groupes sociaux dans le sillage de relations rentières,
c) du fait de l’absence de motivation de profit et l’inefficience, les entreprises publiques s’engouffrent dans un déficit chronique,
d) déséquilibres macro-économiques: ce déficit engendre un endettement extérieur (le service de la dette s’accroît) et un endettement intérieur que l’on couvre par l’émission monétaire (tensions inflationnistes), endettement extérieur et intérieur épongé en Algérie par les recettes des hydrocarbures sans s’attaquer à l’essence du mal
e) Enfin , l’accroissement du chômage en est la résultante couplée avec l’inflation qui paupérise les couches moyennes utiles au profit d’une couche moyenne rentière destructrice de richesses , des emplois improductifs au nom de la solidarité nationale donc une croissance faible ( (stagflation).
L’absence de discipline imposée aux entreprises par la concurrence dans le cadre de marchés ouverts engendre donc des effets graves, visibles au niveau des entreprises publiques,
a)niveau artificiel des prix qui sont dictés par l’administration,
b) excédents d’effectifs: les employés n’étant pas rémunérés en fonction de leur performance, cela induit le désintéressement, la mauvaise qualité et la faiblesse de la productivité du travail,
c)manque de compétitivité industrielle:dès lors se pose un problème important: doit-on maintenir sous perfusion ces unités en alimentant l’inflation, les fermer entraînant un chômage croissant , d’autant plus qu’elles évoluent dans un environnement monopoliste à leur image dont les effets se généralisent à l’ensemble de la société.
C’est dans cette optique qu’il s’agit d’avoir une vision d’ensemble que je qualifierai de stratégie d’adaptation puisque que l’on ne peut pas parler scientifiquement de stratégie au sens strict dans un pays mono exportateur (étant un producteur marginal et les variables du cours du brent lui échappant) et dont la majeure partie de la consommation tant intermédiaire
que finale, est importée. Il est entendu que cette présente analyse des contraintes d’environnement devra être affinée par la prise en compte des éléments suivants fonction du revenu par tête d’habitant hydrocarbures et hors hydrocarbures, du pouvoir d’achat corrigé par l’inflation, et tenant compte de la occurrence internationale, en calculant sur une tendance longue ( 5 à 10 ans ) : le nombre de procédures pour chaque administration lors de la création d’une entreprise et son coût en pertes de temps, le coût avec le délai de l’enregistrement de la propriété, le taux de recouvrement, le coût de mise en faillite (% du patrimoine), le coût de exécutions des contrats, l’indice de l’information du crédit, la couverture du registre public de crédit, les droits des prêteurs et emprunteurs, le coût de la création du nantissement, la protection des investisseurs comparée au pays développés et maghrébins , l’indice de difficulté de recruter par spécialité, l’indice de rigidité des horaires, l’indice de difficulté de licencier, l’indice de rigidité du marché du travail par rapport à a législation existante et enfin les coûts de licenciement. Dans cette présente analyse, je m’appesantirai sur les fondamentaux quitte par la suite dans une contribution plus fine à calculer les ratios mis en relief précédemment.
"Quelle est la différence fondamentale entre une femme et un terroriste ? Avec le terroriste on peut négocier"
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sphinx- Adm

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Re: Mondialisation ou globalisation (en)
CINQUIÈME PARTIE
POUR UNE STRATÉGIE TRANSPARENTE DES REFORMES ET URGENCE DE NOUVELLES FORCES SOCIALES
I- POUR UNE STRATÉGIE TRANSPARENTE DE LA PRIVATISATION
Les techniques d’évaluation quelque soit la technique (encore que le manque de bureaux d’études pluridisciplinaires est presque inexistant dans ce domaine en Algérie)- l’approche patrimoniale, le goodwill- les approches prospectives, donnent des résultats douteux d’où la nécessité de tenir compte des variations imputables tant à la situation politique et sociale interne qu’aux paramètre internationaux. L’enseignement majeur que l’on peut tirer est qu’il n’y a pas modèle universel. Chaque pays et chaque économie, en fonction de leurs réalités et de leurs contraintes, se doivent de mettre en place les techniques les plus adaptées à leurs contextes. Cet éventail de technique pose la problématique de l’adaptation du cadre juridique et du rythme que l’on veut imprimer aux réformes fonction de la volonté politique et non à des organes techniques souvent ballottés par des rapports de forces contradictoires. Ce d’autant plus que l’expérience algérienne que la filialisation s’est opérée d’une manière administrative, privilégiant l’offre inadaptée au nouvel contexte mondial, des comptabilités défectueuses (la plupart des entreprises n’ayant pas de comptabilités analytiques), la non délimitation du patrimoine et donc l’absence de titres de propriétés clairs et des créances importantes au niveau des organismes bancaires. C’est que la privatisation répond à de nombreux objectifs qui ne sont pas tous compatibles et qu’il convient de hiérarchiser dans la formulation d’un programme de privatisation.
1- Les objectifs stratégiques
Dans le cas de l’Algérie, les objectifs peuvent varier et être adaptés en fonction de l’activité ou de l’entreprise, objet de la privatisation où je recense dix axes fondamentaux :
a- parvenir à une grande efficience de l’économie donc croissance et création d’emplois ;
b- substituer des critères de gestion économiques à des critères politiques
c- éliminer les rigidités administratives ;
d- alléger les contraintes budgétaires : à moyen terme, elles peuvent permettre de réduire le poids de la dette publique et la contrainte de solvabilité de l’Etat si les recettes de privatisation sont affectées au désendettement et/ou aux dépenses d’investissement ;
e- contribuer à la compétitivité et à la modernisation des places financières. Les privatisations présentent l’avantage de renforcer la capitalisation boursière d’une place, d’augmenter considérablement le nombre des transactions et d’améliorer la liquidité du marché et, partant, la capacité d’attraction de l’épargne étrangère ;
f- favoriser la transparence des opérations et lutter contre les pratiques contraires à la déontologie ;
g- lutter contre les rigidités syndicales ;
h- permettre la promotion de certaines entreprises sur le plan commercial et auprès des investisseurs étrangers ;
i- développer l’actionnariat populaire et la participation des salariés au capital de leur entreprise (objectif explicite des privatisations britanniques et françaises) ;
j- favoriser et promouvoir des équipes de managers et développer une classe moyenne porteuse de dynamisme social.
Cependant le régime des changes est un critère fondamental pour les investisseurs étrangers soucieux de pouvoir rapatrier leurs dividendes et le cas échéant leur capital, la stabilité des changes étant importante en vue de limiter leurs risques de change et éviter une dépréciation trop grande de leur investissement. Cela s’applique aux repreneurs nationaux dont la dette externe des entreprises privatisables est importante et ce afin d’éviter les fameux conflits des pertes de changes. Par ailleurs sans la garantie du droit de propriété en évitant les conflits du fait de l’absence d’un cadastre réactualisé (cela posera des problèmes plus épineux pour le foncier agricole) il ne faut pas s’attendre à attirer tant l’investissement national qu’international ce qui nous amène à examiner ce point crucial.
2- Privatisation et propriétés
Durant cette phase de transition difficile nous distinguerons la privatisation avec et sans transfert de propriété.
a- Privatisations avec transfert de propriété
Les difficultés innombrables que rencontre la cession et pour être surmontées demandent des techniques appropriées. Grosso modo peut recenser huit techniques de privatisation qui n’est pas une liste exhaustive, qui souvent dans la pratique connaissent des combinaisons par des études cas par cas :
a) l’offre publique de ventes d’actions mais qui se heurte à une difficulté: l’absence de marché de capitaux ;
b) vente privée d’actions ;
c) l’apport d’investisseurs privés dans une entreprise publique après apurement du passif ;
e) découpage, segmentation ou restructuration de l’entreprise en plusieurs de ses composantes qui sont vendues séparément ;
f) distribution de bons vendus à l’ensemble de la société permettant la création de fonds d’investissement: la méthode de vente de bons d’échange, chaque citoyen recevant des bons de privatisation d’une certaine valeur moyennant une redevance d’enregistrement permet l’adhésion populaire sous réserve de bien organiser ces fonds d’investissement par des comités de surveillance ;
g) une toute autre solution de privatisation avec transfert de propriété est la privatisation de l’entreprise par voie de reprise totale par les salariés. Elle est satisfaisante théoriquement plus que pratiquement. Ces entreprises manqueront de fonds propres et auront des problèmes d’augmentation de capital. En outre on connaît les difficultés managériales des entreprises publiques en Algérie. Il y aura peu de chance qu’elles puissent trouver en leur sein des équipes de gestionnaires capables d’affronter un marché concurrentiel. Cette technique paraît en revanche adaptée au secteur des petites entreprises de services, comme il y aura lieu de prévoir la formule de cession aux cadres mais qui suppose la création d’une banque à risque pour les accompagner transitoirement ;
h) enfin sous réserve d’un programme de privatisation clair, une autre technique est la reconversion de la dette extérieure en prises de participation.
b -Privatisations sans transfert de propriété
Pour les grandes entreprises, l’on peut utiliser les techniques de privatisation par lesquelles l’Etat confit au secteur privé national, étranger ou mixte, la gestion de ces entreprises, mais renonce dans l’immédiat à en céder la propriété. La mise en gérance de l’entreprise publique est envisageable. Un contrat est passé avec la société gérante, qui pourra être étrangère, nationale ou, de préférence, mixte. Cela laisse ouvert toute une gamme de possibilités : la gérance rémunérée par l’EPE, rémunération dégressive ou non, variable ou non selon le chiffre d’affaires, à durée déterminée ou non, avec des pouvoirs de gestion plus ou moins larges, sans garantie ou avec garantie du passif par l’Etat et /ou garantie d’un chiffre d’affaires minimum par l’Etat ou par le gérant. Tout dépendra de l’état de l’entreprise et des espoirs des deux partenaires dans sa réhabilitation et sa rentabilisation plus ou moins prochaine. Si les espérances du candidat gérant sont suffisamment grandes, une gérance payante sera négociée : le contrat réglera, dans ce cas des modalités analogues à celle précités. Dans cette hypothèse, l’Etat aura la perspective d’une meilleure gestion en raison de l’engagement financier du gérant et de son intéressement direct aux résultats.
Une autre technique sera la location-vente qui permettra au locataire, qui paiera un loyer déterminé, d’acquérir à terme la propriété de l’entreprise, avec un droit de préemption à l’arrivée du terme. La technique du leasing au crédit-bail, sera plus intéressante pour le preneur à bail puisqu’il négociera d’entrer de jeu le prix de l’entreprise avant qu’il ne l’ait valorisé, qu’il aura l’option «in fine» et pourra plus facilement obtenir des crédits bancaires pour la réhabilitation et le développement de l’entreprise. Bien entendu tous ces contrats pourront être modulés selon l’objet de l’entreprise, car l’opération ne pourra être conçu de la même manière pour la reprise d’un établissement financier, d’une entreprise industrielle ou commerciale. Dans tous les cas où il s’agira d’entreprises à activités multiples, les possibilités de restructuration par cession ou vente partielle d’actifs devront être prévus, ainsi que la négociation de ces contrats à l’occasion de ces opération. Cela supposera nécessairement une clause de renégociation et une institution de type arbitral pour en connaître. IL importe pour clôturer cette partie de parler du partenariat, terme souvent imprécis et à fortes connections idéologiques.
3-La problématique du partenariat
IL faut définir avec exactitude ce terme- non précis – dans la mesure ou les expériences historiques les plus significatives ont montré un échec patent après une perte de temps ayant privilégié – pour ne pas toucher aux intérêts immédiats – un partenariat privé –public sans changer le mode de fonctionnement de l’économie. Si l’on exclut cette tendance du statut quo deux grandes voies existent en la matière : -soit l’ouverture du capital des sociétés à privatiser à des partenaires étrangers qui peuvent acquérir tout ou partie de ce capital, avec le pouvoir de gérer,-soit l’association avec des investisseurs étrangers dans le cadre de sociétés mixtes ou «joint-ventures ».
Le choix entre ces voies n’est pas neutre même si elles sont complémentaires. En effet le choix de réaliser « joint-ventures » avec des partenaires extérieurs réduit la possibilité de privatiser la société d’Etat pour la raison suivante : le choix du ou des actionnaires de référence pour la privatisation est fortement conditionné par l’identité du partenaire de la « jointe-venture », lequel n’a pas forcement un intérêt pour la reprise des actes autres que ceux qu’il détient déjà dans le cadre de cette « joint-venture ». Et comme finalité, l’objectif est de permettre une création de valeur interne supérieure au transfert de dividendes, le problème n’étant pas de déterminer juridiquement 49/51%, ou une autre fourchette et cela renvoie fondamentalement à l’accumulation du savoir faire interne et non aux disponibilités financières donc au savoir local si l’on veut un partenariat gagnant/gagnant
POUR UNE STRATÉGIE TRANSPARENTE DES REFORMES ET URGENCE DE NOUVELLES FORCES SOCIALES
I- POUR UNE STRATÉGIE TRANSPARENTE DE LA PRIVATISATION
Les techniques d’évaluation quelque soit la technique (encore que le manque de bureaux d’études pluridisciplinaires est presque inexistant dans ce domaine en Algérie)- l’approche patrimoniale, le goodwill- les approches prospectives, donnent des résultats douteux d’où la nécessité de tenir compte des variations imputables tant à la situation politique et sociale interne qu’aux paramètre internationaux. L’enseignement majeur que l’on peut tirer est qu’il n’y a pas modèle universel. Chaque pays et chaque économie, en fonction de leurs réalités et de leurs contraintes, se doivent de mettre en place les techniques les plus adaptées à leurs contextes. Cet éventail de technique pose la problématique de l’adaptation du cadre juridique et du rythme que l’on veut imprimer aux réformes fonction de la volonté politique et non à des organes techniques souvent ballottés par des rapports de forces contradictoires. Ce d’autant plus que l’expérience algérienne que la filialisation s’est opérée d’une manière administrative, privilégiant l’offre inadaptée au nouvel contexte mondial, des comptabilités défectueuses (la plupart des entreprises n’ayant pas de comptabilités analytiques), la non délimitation du patrimoine et donc l’absence de titres de propriétés clairs et des créances importantes au niveau des organismes bancaires. C’est que la privatisation répond à de nombreux objectifs qui ne sont pas tous compatibles et qu’il convient de hiérarchiser dans la formulation d’un programme de privatisation.
1- Les objectifs stratégiques
Dans le cas de l’Algérie, les objectifs peuvent varier et être adaptés en fonction de l’activité ou de l’entreprise, objet de la privatisation où je recense dix axes fondamentaux :
a- parvenir à une grande efficience de l’économie donc croissance et création d’emplois ;
b- substituer des critères de gestion économiques à des critères politiques
c- éliminer les rigidités administratives ;
d- alléger les contraintes budgétaires : à moyen terme, elles peuvent permettre de réduire le poids de la dette publique et la contrainte de solvabilité de l’Etat si les recettes de privatisation sont affectées au désendettement et/ou aux dépenses d’investissement ;
e- contribuer à la compétitivité et à la modernisation des places financières. Les privatisations présentent l’avantage de renforcer la capitalisation boursière d’une place, d’augmenter considérablement le nombre des transactions et d’améliorer la liquidité du marché et, partant, la capacité d’attraction de l’épargne étrangère ;
f- favoriser la transparence des opérations et lutter contre les pratiques contraires à la déontologie ;
g- lutter contre les rigidités syndicales ;
h- permettre la promotion de certaines entreprises sur le plan commercial et auprès des investisseurs étrangers ;
i- développer l’actionnariat populaire et la participation des salariés au capital de leur entreprise (objectif explicite des privatisations britanniques et françaises) ;
j- favoriser et promouvoir des équipes de managers et développer une classe moyenne porteuse de dynamisme social.
Cependant le régime des changes est un critère fondamental pour les investisseurs étrangers soucieux de pouvoir rapatrier leurs dividendes et le cas échéant leur capital, la stabilité des changes étant importante en vue de limiter leurs risques de change et éviter une dépréciation trop grande de leur investissement. Cela s’applique aux repreneurs nationaux dont la dette externe des entreprises privatisables est importante et ce afin d’éviter les fameux conflits des pertes de changes. Par ailleurs sans la garantie du droit de propriété en évitant les conflits du fait de l’absence d’un cadastre réactualisé (cela posera des problèmes plus épineux pour le foncier agricole) il ne faut pas s’attendre à attirer tant l’investissement national qu’international ce qui nous amène à examiner ce point crucial.
2- Privatisation et propriétés
Durant cette phase de transition difficile nous distinguerons la privatisation avec et sans transfert de propriété.
a- Privatisations avec transfert de propriété
Les difficultés innombrables que rencontre la cession et pour être surmontées demandent des techniques appropriées. Grosso modo peut recenser huit techniques de privatisation qui n’est pas une liste exhaustive, qui souvent dans la pratique connaissent des combinaisons par des études cas par cas :
a) l’offre publique de ventes d’actions mais qui se heurte à une difficulté: l’absence de marché de capitaux ;
b) vente privée d’actions ;
c) l’apport d’investisseurs privés dans une entreprise publique après apurement du passif ;
e) découpage, segmentation ou restructuration de l’entreprise en plusieurs de ses composantes qui sont vendues séparément ;
f) distribution de bons vendus à l’ensemble de la société permettant la création de fonds d’investissement: la méthode de vente de bons d’échange, chaque citoyen recevant des bons de privatisation d’une certaine valeur moyennant une redevance d’enregistrement permet l’adhésion populaire sous réserve de bien organiser ces fonds d’investissement par des comités de surveillance ;
g) une toute autre solution de privatisation avec transfert de propriété est la privatisation de l’entreprise par voie de reprise totale par les salariés. Elle est satisfaisante théoriquement plus que pratiquement. Ces entreprises manqueront de fonds propres et auront des problèmes d’augmentation de capital. En outre on connaît les difficultés managériales des entreprises publiques en Algérie. Il y aura peu de chance qu’elles puissent trouver en leur sein des équipes de gestionnaires capables d’affronter un marché concurrentiel. Cette technique paraît en revanche adaptée au secteur des petites entreprises de services, comme il y aura lieu de prévoir la formule de cession aux cadres mais qui suppose la création d’une banque à risque pour les accompagner transitoirement ;
h) enfin sous réserve d’un programme de privatisation clair, une autre technique est la reconversion de la dette extérieure en prises de participation.
b -Privatisations sans transfert de propriété
Pour les grandes entreprises, l’on peut utiliser les techniques de privatisation par lesquelles l’Etat confit au secteur privé national, étranger ou mixte, la gestion de ces entreprises, mais renonce dans l’immédiat à en céder la propriété. La mise en gérance de l’entreprise publique est envisageable. Un contrat est passé avec la société gérante, qui pourra être étrangère, nationale ou, de préférence, mixte. Cela laisse ouvert toute une gamme de possibilités : la gérance rémunérée par l’EPE, rémunération dégressive ou non, variable ou non selon le chiffre d’affaires, à durée déterminée ou non, avec des pouvoirs de gestion plus ou moins larges, sans garantie ou avec garantie du passif par l’Etat et /ou garantie d’un chiffre d’affaires minimum par l’Etat ou par le gérant. Tout dépendra de l’état de l’entreprise et des espoirs des deux partenaires dans sa réhabilitation et sa rentabilisation plus ou moins prochaine. Si les espérances du candidat gérant sont suffisamment grandes, une gérance payante sera négociée : le contrat réglera, dans ce cas des modalités analogues à celle précités. Dans cette hypothèse, l’Etat aura la perspective d’une meilleure gestion en raison de l’engagement financier du gérant et de son intéressement direct aux résultats.
Une autre technique sera la location-vente qui permettra au locataire, qui paiera un loyer déterminé, d’acquérir à terme la propriété de l’entreprise, avec un droit de préemption à l’arrivée du terme. La technique du leasing au crédit-bail, sera plus intéressante pour le preneur à bail puisqu’il négociera d’entrer de jeu le prix de l’entreprise avant qu’il ne l’ait valorisé, qu’il aura l’option «in fine» et pourra plus facilement obtenir des crédits bancaires pour la réhabilitation et le développement de l’entreprise. Bien entendu tous ces contrats pourront être modulés selon l’objet de l’entreprise, car l’opération ne pourra être conçu de la même manière pour la reprise d’un établissement financier, d’une entreprise industrielle ou commerciale. Dans tous les cas où il s’agira d’entreprises à activités multiples, les possibilités de restructuration par cession ou vente partielle d’actifs devront être prévus, ainsi que la négociation de ces contrats à l’occasion de ces opération. Cela supposera nécessairement une clause de renégociation et une institution de type arbitral pour en connaître. IL importe pour clôturer cette partie de parler du partenariat, terme souvent imprécis et à fortes connections idéologiques.
3-La problématique du partenariat
IL faut définir avec exactitude ce terme- non précis – dans la mesure ou les expériences historiques les plus significatives ont montré un échec patent après une perte de temps ayant privilégié – pour ne pas toucher aux intérêts immédiats – un partenariat privé –public sans changer le mode de fonctionnement de l’économie. Si l’on exclut cette tendance du statut quo deux grandes voies existent en la matière : -soit l’ouverture du capital des sociétés à privatiser à des partenaires étrangers qui peuvent acquérir tout ou partie de ce capital, avec le pouvoir de gérer,-soit l’association avec des investisseurs étrangers dans le cadre de sociétés mixtes ou «joint-ventures ».
Le choix entre ces voies n’est pas neutre même si elles sont complémentaires. En effet le choix de réaliser « joint-ventures » avec des partenaires extérieurs réduit la possibilité de privatiser la société d’Etat pour la raison suivante : le choix du ou des actionnaires de référence pour la privatisation est fortement conditionné par l’identité du partenaire de la « jointe-venture », lequel n’a pas forcement un intérêt pour la reprise des actes autres que ceux qu’il détient déjà dans le cadre de cette « joint-venture ». Et comme finalité, l’objectif est de permettre une création de valeur interne supérieure au transfert de dividendes, le problème n’étant pas de déterminer juridiquement 49/51%, ou une autre fourchette et cela renvoie fondamentalement à l’accumulation du savoir faire interne et non aux disponibilités financières donc au savoir local si l’on veut un partenariat gagnant/gagnant
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Re: Mondialisation ou globalisation (en)
II- POUR DE NOUVELLES FORCES SOCIALES PORTANT LE DÉVELOPPEMENT AJUSTANT EFFICACITÉ ÉCONOMIQUE ET COHÉSION SOCIALE
Les changements économiques survenus depuis quelques années dans le pays, ainsi que ceux qui sont appelés à se produire dans un proche avenir, doivent nécessairement, comme j’ai essayé de le démontrer tout au cours de cette modeste contribution, trouver leur traduction dans des changements d’ordre systémique destinés à les prendre en charge et à organiser leur insertion dans un ordre social qui est lui même en devenir. La pleine réussite de cette entreprise restera tributaire d’un certain nombre de conditions dont le fondement est :
-une redéfinition du nouveau rôle de l’Etat dans le développement économique et social et d’une manière claire le droit de propriété, donc les relations entre l’Etat et le marché qui doivent procéder d’une démarche pragmatique par une définition des règles incitatives ;
-la production d’une culture politique participative ;
-une communication institutionnelle efficiente ;
-l’élaboration d’un nouveau consensus politique permettant de dégager une majorité significative dans le corps social en faveur des réformes. Il s’agit là d’une entreprise d’envergure consistant principalement à
-revoir l’aménagement fonctionnel du pouvoir d’Etat ;
-restructurer le système partisan ;
-réorganiser le champ de l’information et de la communication ;
-réorganiser le mouvement syndical et associatif signe de la vitalité de toute société.
Évitons toute démagogie et promesses utopiques : l’égalité n’est pas l’égalité du modèle de l963-2O09 mais recouvre la nécessité d’une transformation de l’Etat providence par la mutation des services collectifs, par la formulation du contrat social qui devra concilier les principes de l’efficacité économique et de l’équité. Certes, l’Algérie a vécu sur un modèle égalitaire simple, l’Etat propriétaire gestionnaire ayant régenté l’ensemble de l’activité économique et sociale par la réduction des inégalités, le développement des prestations sociales pour tous, bien que certains contestent que ce modèle ait été équitable. D’une manière générale, ce compromis est remis en cause par l’évolution vers une société plus ouverte, plus individualiste exigeant des traitements plus personnalisés, avec comme toile de fond une croissance plus sélective. De ce fait, cela remet en cause le traitement statistique global qui correspond de moins en moins à la réalité plus complexe. Ainsi, les problèmes doivent être abordés différemment et cela passe par une réflexion collective sur la justice au sens sociétal. L’universalité de la justice n’existant pas, elle dépend du moment daté et du mouvement historique. Une société dynamique en forte croissance offre des espoirs individuels plus grands en tolérant certaines inégalités qu’une société dont l’économie est en stagnation, où l’avenir est incertain. Paradoxalement, en dynamique, certaines inégalités à court terme profitent aux plus défavorisés à moyen terme, bien entendu si l’on respecte les droits fondamentaux.
Ainsi, selon notre conception, l’équité qui ne recoupe pas l’égalitarisme est une condition de l’efficacité globale de l’économie. Dans un tel contexte, il faudra identifier lés inégalités qui doivent être combattues (inefficaces et injustes) et trouver le niveau acceptable d’inégalités nécessaire pour assurer le dynamisme de l’économie. C’est dans ce contexte qu’il s’agit de revoir toute la législation du travail rigide dont le système tant des rémunérations que des cotisations axé sur la distribution de salaires et de charges lourdes favorisent paradoxalement la médiocrité et pénalise l’efficacité. De ce fait il y a lieu de favoriser le couple flexibilité du marché du travail et cohésion sociale à travers l’action ciblée de l’Etat régulateur qui a fait ses preuves dans d’autres cieux, tenant compte bien entendu de la sociologie algérienne. L’action principale consistera à introduire l’initiative économique de tout le monde et les capacités entrepreneuriales, caractérisées par les prises de risques industriels et économiques afin d’accroître la valeur ajoutée et donc la croissance économique. La solution la plus sure sera de s’appuyer sur la qualification des salariés qui va de pair avec la spécialisation de l’économie. L’avenir est dans les gisements importants d’emplois sur les activités de services, des emplois de proximité, ce qui impliquera le développement important dans les années à venir des services marchands rendus nécessaires par l’élévation du niveau de qualification. Ainsi, l’Etat Régulateur, tout en ne se substituant pas au marché, édictera les règles de jeux et les fera respecter par l’ensemble des acteurs économiques et sociaux. L’action régulatrice de l’Etat et notamment de la dynamisation des collectivités locales doivent favoriser les initiatives collectives (associations) et individuelles sans jamais se substituer à elles, loin de toute vision bureaucratique.
Dr Abderrahmane MEBTOUL- Expert International, professeur d’Université en management stratégique ancien Président du Conseil National Algérien des Privatisations
Voir les contributions du Docteur sur ce sujet- Abderrahmane MEBTOUL :
-paper appeared in the global financial magazine “Euro-Money”, London, September 1998, updated 2003. See, of the same author, the paper published in “Washington Times”, USA, June 1999, and the international magazine “Gas of Today”, November-December 2002, Paris/ Finance.
-Algeria and the Challenge of Globalisation, Algiers, Office des Publications Universitaire, ( OPU) Algeria 2001: first part: Globalisation and Economic Culture, 2nd part: The Institutional Reforms and Micro- Economy.
- Lecture at Picardie (France) University. International Conference of Amiens in the occasion of the year of Algeria in France, October 16-17, 2003. International Dynamics and Privatisation in Algeria.
- Ouvrage collectif sous la direction A. MEBTOUL « Enjeux et défis de l’Algérie : Démocratie- Réformes –Développement », avec la collaboration Chouam BOUCHAMA (Docteur d’ Etat- Economiste), Mohamed TAIBI (docteur sociologue en anthropologie culturelle) Mohamed SABRI, Youcef IKHLEF (diplômés en Sciences Politiques), Boutlelis ARAF ( cadre financier )Alger « Casbah Editions » 05 avril 2005 volume 1 ( 310 pages) Annexes ( 240 pages )..
NB- Voir les résolutions de l’atelier investissement du Forum International Européen qui a été présidé par le Docteur Abderrahmane MEBTOUL au nom de l’Algérie- assisté du Directeur de la Banque Européenne d’ Investissement ( BEI) Henry Marty Qauquié
http://www.algerie-focus.com
Les changements économiques survenus depuis quelques années dans le pays, ainsi que ceux qui sont appelés à se produire dans un proche avenir, doivent nécessairement, comme j’ai essayé de le démontrer tout au cours de cette modeste contribution, trouver leur traduction dans des changements d’ordre systémique destinés à les prendre en charge et à organiser leur insertion dans un ordre social qui est lui même en devenir. La pleine réussite de cette entreprise restera tributaire d’un certain nombre de conditions dont le fondement est :
-une redéfinition du nouveau rôle de l’Etat dans le développement économique et social et d’une manière claire le droit de propriété, donc les relations entre l’Etat et le marché qui doivent procéder d’une démarche pragmatique par une définition des règles incitatives ;
-la production d’une culture politique participative ;
-une communication institutionnelle efficiente ;
-l’élaboration d’un nouveau consensus politique permettant de dégager une majorité significative dans le corps social en faveur des réformes. Il s’agit là d’une entreprise d’envergure consistant principalement à
-revoir l’aménagement fonctionnel du pouvoir d’Etat ;
-restructurer le système partisan ;
-réorganiser le champ de l’information et de la communication ;
-réorganiser le mouvement syndical et associatif signe de la vitalité de toute société.
Évitons toute démagogie et promesses utopiques : l’égalité n’est pas l’égalité du modèle de l963-2O09 mais recouvre la nécessité d’une transformation de l’Etat providence par la mutation des services collectifs, par la formulation du contrat social qui devra concilier les principes de l’efficacité économique et de l’équité. Certes, l’Algérie a vécu sur un modèle égalitaire simple, l’Etat propriétaire gestionnaire ayant régenté l’ensemble de l’activité économique et sociale par la réduction des inégalités, le développement des prestations sociales pour tous, bien que certains contestent que ce modèle ait été équitable. D’une manière générale, ce compromis est remis en cause par l’évolution vers une société plus ouverte, plus individualiste exigeant des traitements plus personnalisés, avec comme toile de fond une croissance plus sélective. De ce fait, cela remet en cause le traitement statistique global qui correspond de moins en moins à la réalité plus complexe. Ainsi, les problèmes doivent être abordés différemment et cela passe par une réflexion collective sur la justice au sens sociétal. L’universalité de la justice n’existant pas, elle dépend du moment daté et du mouvement historique. Une société dynamique en forte croissance offre des espoirs individuels plus grands en tolérant certaines inégalités qu’une société dont l’économie est en stagnation, où l’avenir est incertain. Paradoxalement, en dynamique, certaines inégalités à court terme profitent aux plus défavorisés à moyen terme, bien entendu si l’on respecte les droits fondamentaux.
Ainsi, selon notre conception, l’équité qui ne recoupe pas l’égalitarisme est une condition de l’efficacité globale de l’économie. Dans un tel contexte, il faudra identifier lés inégalités qui doivent être combattues (inefficaces et injustes) et trouver le niveau acceptable d’inégalités nécessaire pour assurer le dynamisme de l’économie. C’est dans ce contexte qu’il s’agit de revoir toute la législation du travail rigide dont le système tant des rémunérations que des cotisations axé sur la distribution de salaires et de charges lourdes favorisent paradoxalement la médiocrité et pénalise l’efficacité. De ce fait il y a lieu de favoriser le couple flexibilité du marché du travail et cohésion sociale à travers l’action ciblée de l’Etat régulateur qui a fait ses preuves dans d’autres cieux, tenant compte bien entendu de la sociologie algérienne. L’action principale consistera à introduire l’initiative économique de tout le monde et les capacités entrepreneuriales, caractérisées par les prises de risques industriels et économiques afin d’accroître la valeur ajoutée et donc la croissance économique. La solution la plus sure sera de s’appuyer sur la qualification des salariés qui va de pair avec la spécialisation de l’économie. L’avenir est dans les gisements importants d’emplois sur les activités de services, des emplois de proximité, ce qui impliquera le développement important dans les années à venir des services marchands rendus nécessaires par l’élévation du niveau de qualification. Ainsi, l’Etat Régulateur, tout en ne se substituant pas au marché, édictera les règles de jeux et les fera respecter par l’ensemble des acteurs économiques et sociaux. L’action régulatrice de l’Etat et notamment de la dynamisation des collectivités locales doivent favoriser les initiatives collectives (associations) et individuelles sans jamais se substituer à elles, loin de toute vision bureaucratique.
Dr Abderrahmane MEBTOUL- Expert International, professeur d’Université en management stratégique ancien Président du Conseil National Algérien des Privatisations
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-paper appeared in the global financial magazine “Euro-Money”, London, September 1998, updated 2003. See, of the same author, the paper published in “Washington Times”, USA, June 1999, and the international magazine “Gas of Today”, November-December 2002, Paris/ Finance.
-Algeria and the Challenge of Globalisation, Algiers, Office des Publications Universitaire, ( OPU) Algeria 2001: first part: Globalisation and Economic Culture, 2nd part: The Institutional Reforms and Micro- Economy.
- Lecture at Picardie (France) University. International Conference of Amiens in the occasion of the year of Algeria in France, October 16-17, 2003. International Dynamics and Privatisation in Algeria.
- Ouvrage collectif sous la direction A. MEBTOUL « Enjeux et défis de l’Algérie : Démocratie- Réformes –Développement », avec la collaboration Chouam BOUCHAMA (Docteur d’ Etat- Economiste), Mohamed TAIBI (docteur sociologue en anthropologie culturelle) Mohamed SABRI, Youcef IKHLEF (diplômés en Sciences Politiques), Boutlelis ARAF ( cadre financier )Alger « Casbah Editions » 05 avril 2005 volume 1 ( 310 pages) Annexes ( 240 pages )..
NB- Voir les résolutions de l’atelier investissement du Forum International Européen qui a été présidé par le Docteur Abderrahmane MEBTOUL au nom de l’Algérie- assisté du Directeur de la Banque Européenne d’ Investissement ( BEI) Henry Marty Qauquié
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"Quelle est la différence fondamentale entre une femme et un terroriste ? Avec le terroriste on peut négocier"
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Re: Mondialisation ou globalisation (en)
Intellectuels Africains face à la Mondialisation
par Jacques Bonjawo
A l’heure de la mondialisation, en jettant un regars sur le continent africain, force est de constater qu’il continue de traverser inexorablement une multitude de crises sans précédent depuis plus de deux décennies. L’objet de ce livre est de rendre compte d’une série d’approches originales pour y rémédier. Ce sont celles d’un groupe d’intellectuels libres, ayant une expérience pratique pour avoir souvent été sur le terrain.

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par Jacques Bonjawo
A l’heure de la mondialisation, en jettant un regars sur le continent africain, force est de constater qu’il continue de traverser inexorablement une multitude de crises sans précédent depuis plus de deux décennies. L’objet de ce livre est de rendre compte d’une série d’approches originales pour y rémédier. Ce sont celles d’un groupe d’intellectuels libres, ayant une expérience pratique pour avoir souvent été sur le terrain.

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Re: Mondialisation ou globalisation (en)
UEMOA, une nouvelle étape dans la marche de l'intégration : Le discours d' ATT
La réforme institutionnelle de l’Union monétaire ouest-africaine (UEMOA) et de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) est entrée en vigueur.
A cette occasion, le président de la République, Amadou Toumani Touré, président en exercice de la conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de l’UEMOA s’est adressé au pays membres de l’Union. Dans ce message, le chef de l’Etat explique l’esprit et le sens de la réforme. Nous vous proposons le texte intégral de l’intervention.
"Message du président Touré à l’occasion de l’entrée en vigueur des réformes institutionnelles de l’UMOA et de la BCEAO."
« Chers concitoyens de l’Union monétaire ouest-africaine, Mesdames, Messieurs,
A compter de ce jeudi 1er avril 2010, la réforme institutionnelle de l’Union monétaire ouest-africaine (UMOA) et de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) entre en vigueur.
En effet, le Traité de l’UMOA, adopté par la conférence des chefs d’Etat et de gouvernement le 20 janvier 2007, a été ratifié par l’ensemble des Etats membres et les instruments de ratification transmis à la République du Sénégal, Etat dépositaire.
En cette importante circonstance, permettez-moi d’exprimer à leurs excellences messieurs, les chefs d’Etat des pays membres de l’Union, ainsi qu’aux parlements nationaux, mes vives félicitation pour avoir permis la ratification de ce traité.
Par cet acte, les pays membres de l’Union réaffirment leur engagement, de consolider les acquis de l’intégration monétaire et de continuer à agir dans la solidarité, pour relever les défis de la mondialisation.
Chers concitoyens de l’Union monétaire ouest-africaine, L’architecture institutionnelle de l’UMOA, mise en place en 1973, a permis d’atteindre des résultats appréciables, en termes de stabilité monétaire et de financement du développement.
Cependant au fil du temps, il est apparu nécessaire de rationaliser notre organisation, pour l’adapter aux mutations de l’environnement, marquées au cours des dernières décennies par l’accélération du processus de libéralisation financière et de globalisation de l’économie.
La réforme institutionnelle qui entre en vigueur aujourd’hui, répond en particulier au souci de bâtir une Banque centrale dotée d’outils de travail et de normes conformes aux standards internationaux, et apte à relever les défis de l’intégration sous-régionale et de la mondialisation.
Avec l’entrée en vigueur des nouveaux textes, les différents chantiers entrepris par la Banque centrale depuis la fin des années 1980, notamment en matière :
* de politique monétaire et de financement de l’économie,
* de supervision bancaire et de modernisation des systèmes de paiement, s’insèrent désormais dans un cadre institutionnel rénové leur permettant d’atteindre plus efficacement leurs objectifs.Ainsi, la réforme donne à l’UMOA et à la BCEAO les moyens de renforcer la crédibilité et l’efficacité de leurs actions.
Cette réforme permettra à l’UMOA et à la BCEAO, j’en suis persuadé, de contribuer davantage aux efforts de développement de nos Etats à travers la mise en œuvre d’une politique monétaire visant un objectif fondamental de stabilité des prix, propice à la préservation de la valeur de la monnaie et de la compétitivité de nos économies, ainsi qu’à la réalisation d’une croissance saine et durable.
Aussi, je lance un vibrant appel à nos concitoyens, aux institutions communautaires de l’Union, ainsi qu’à nos partenaires techniques et financiers, afin que tous ensemble, nous œuvrons pour la réussite de cette réforme, qui marquera une nouvelle étape décisive dans la marche de nos pays, vers un espace économique intégré et plus solidaire ».
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A cette occasion, le président de la République, Amadou Toumani Touré, président en exercice de la conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de l’UEMOA s’est adressé au pays membres de l’Union. Dans ce message, le chef de l’Etat explique l’esprit et le sens de la réforme. Nous vous proposons le texte intégral de l’intervention.
"Message du président Touré à l’occasion de l’entrée en vigueur des réformes institutionnelles de l’UMOA et de la BCEAO."
« Chers concitoyens de l’Union monétaire ouest-africaine, Mesdames, Messieurs,
A compter de ce jeudi 1er avril 2010, la réforme institutionnelle de l’Union monétaire ouest-africaine (UMOA) et de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) entre en vigueur.
En effet, le Traité de l’UMOA, adopté par la conférence des chefs d’Etat et de gouvernement le 20 janvier 2007, a été ratifié par l’ensemble des Etats membres et les instruments de ratification transmis à la République du Sénégal, Etat dépositaire.
En cette importante circonstance, permettez-moi d’exprimer à leurs excellences messieurs, les chefs d’Etat des pays membres de l’Union, ainsi qu’aux parlements nationaux, mes vives félicitation pour avoir permis la ratification de ce traité.
Par cet acte, les pays membres de l’Union réaffirment leur engagement, de consolider les acquis de l’intégration monétaire et de continuer à agir dans la solidarité, pour relever les défis de la mondialisation.
Chers concitoyens de l’Union monétaire ouest-africaine, L’architecture institutionnelle de l’UMOA, mise en place en 1973, a permis d’atteindre des résultats appréciables, en termes de stabilité monétaire et de financement du développement.
Cependant au fil du temps, il est apparu nécessaire de rationaliser notre organisation, pour l’adapter aux mutations de l’environnement, marquées au cours des dernières décennies par l’accélération du processus de libéralisation financière et de globalisation de l’économie.
La réforme institutionnelle qui entre en vigueur aujourd’hui, répond en particulier au souci de bâtir une Banque centrale dotée d’outils de travail et de normes conformes aux standards internationaux, et apte à relever les défis de l’intégration sous-régionale et de la mondialisation.
Avec l’entrée en vigueur des nouveaux textes, les différents chantiers entrepris par la Banque centrale depuis la fin des années 1980, notamment en matière :
* de politique monétaire et de financement de l’économie,
* de supervision bancaire et de modernisation des systèmes de paiement, s’insèrent désormais dans un cadre institutionnel rénové leur permettant d’atteindre plus efficacement leurs objectifs.Ainsi, la réforme donne à l’UMOA et à la BCEAO les moyens de renforcer la crédibilité et l’efficacité de leurs actions.
Cette réforme permettra à l’UMOA et à la BCEAO, j’en suis persuadé, de contribuer davantage aux efforts de développement de nos Etats à travers la mise en œuvre d’une politique monétaire visant un objectif fondamental de stabilité des prix, propice à la préservation de la valeur de la monnaie et de la compétitivité de nos économies, ainsi qu’à la réalisation d’une croissance saine et durable.
Aussi, je lance un vibrant appel à nos concitoyens, aux institutions communautaires de l’Union, ainsi qu’à nos partenaires techniques et financiers, afin que tous ensemble, nous œuvrons pour la réussite de cette réforme, qui marquera une nouvelle étape décisive dans la marche de nos pays, vers un espace économique intégré et plus solidaire ».
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- « Vouloir prouver des choses qui sont claires d'elles-mêmes, c'est éclairer le jour avec une lampe. ». .
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Re: Mondialisation ou globalisation (en)
Renaître ou Ressusciter : le vrai combat de l’homme noir
signifier faire ressusciter le continent comme s’il avait rendu l’âme au cours de son existence pénible : ce serait mal lire les événements, les faits historiques qui ont incontestablement parsemé d’embûches sa marche jusqu’ici.
L’esclavage et la colonisation nous ont laissés intacts, vierges dans la foi et dans l’espoir d’une liberté prochaine, de la liberté éternelle. Le Nègre a, depuis ces moments sombres, vaincu la pusillanimité, la veulerie, la lâcheté et la peur de la mort biologique. Sa docilité relative dans l’acceptation de sa condition d’esclave ou de colonisé s’appuyait sur un credo solide et une espérance sans faille dans un jour prochain, un jour fait d’éclairci et de Liberté. Cet aïeul qui a accepté de plier sans jamais rompre, espérait tout juste une revanche et un rétablissement de sa splendeur, source de son difficile et long combat.
Je suis convaincu que la renaissance africaine dépasse de loin le symbolisme des commémorations ou les commémorations symboliques que l’on continue de nous servir depuis près d’un siècle. Elle est plus qu’un monument (fût-ce-t-il le plus haut du monde), plus qu’une date (faste et grandiose inauguration du fade édifice sur les Mamelles en ce samedi 03 mars 2010), plus que des résolutions creuses à l’Union africaine, plus que les rêveries fallacieuses et félonnes des usurpateurs de l’histoire du continent, plus que les pérégrinations intellectuelles au seul service du culte de la personnalité et du goût avancé du gigantisme pharaonique.
L’heure de la rupture a sonné : une heure de profonde et courageuse rétrospective, socle inaltérable au sursaut, au réveil, à une nouvelle conscience noire qui ouvrent enfin l’ère des perspectives, des visions justes et bien planifiées au seul service d’une Afrique émergente.
Cette nouvelle vision, ce nouveau souffre, cette enjambée, doivent s’articuler autour d’un puissant courant intellectuel et culturel qui «rend l’Afrique à l’Africain» ; je parle bien entendu de ce citoyen Africain qui n’a jamais été sujet de Sa Majesté ou petit-fils du Gaulois.
L’heure du décollage a sonné : il est temps de retirer la joue droite alors que l’autre a fini de recevoir un soufflet. L’Afrique réclame résolument sa place, une réelle reviviscence dans le concert des Nations
Pour ce, il y a lieu de rendre encore plus visibles la voix du continent et la voie nègre du développement.
LA VOIX DU CONTINENT NOIR DANS LE MONDE NOUVEAU
Une voix au continent noir, c’est quand nous aurons droit à la parole. Mieux, que cette parole fasse un impact tangible à l’Onu et dans les grandes instances de décision du monde. C’est quand nous saurons dire non aux ingérences de toutes sortes : surtout au paternalisme du monde occidental qui sonne comme une nouvelle forme de colonialisme. C’est dire stop à l’immigration choisie qui nous dépeuple de notre élite intellectuelle et artistique comme jadis la Traite négrière l’avait faite avec nos bras les plus valeureux. C’est mettre un frein au déversement quotidien des déchets toxiques sur nos sols, à la détérioration de la couche d’ozone qui menace chaque jour un peu plus notre existence. C’est prendre la responsabilité de se soustraire au diktat du Fmi et de la Banque mondiale qui nous étranglent et nous étouffent sciemment. C’est faire bannir la discrimination raciale avec son lot de brimades, d’incompréhensions et de calomnies. C’est savoir faire front commun contre la détérioration des termes de l’échange dans le commerce mondial où la part de l’Afrique scotche à presque 1% malgré le poids de nos phénoménales ressources minières et halieutiques. C’est aussi savoir parler d’une seule et unique voix pour dire stop aux dérives égoïstes, monarchiques et totalitaires de nos décideurs actuels. C’est lutter efficacement contre la mal gouvernance, les détournements abusifs de deniers publics et contre la fuite des capitaux. C’est aussi arrêter le pillage systématique de nos ressources minières et halieutiques. C’est une Afrique sans rebelles (les rebelles des uns couvés et armés par les autres), sans pandémies et autres épidémies qui nous épouvantent le quotidien. C’est se battre contre l’avancée du désert et la déforestation sauvage (très souvent l’œuvre des compagnies de bois plus proches des chasseurs de primes). C’est encore un continent dépouillé à jamais du spectre des guerres tribales et ethniques qui rappellent cruellement le Moyen-Âge. C’est prendre résolument à cœur le cauchemar de l’érosion et de l’appauvrissement lancinant et progressif des sols cultivables. C’est vaincre pour toujours les inégalités sociales, l’analphabétisme, le manque de formation viable des ressources humaines, la famine cyclique et rotative et enfin le manque effrayant d’eau potable. Tous ces manquements au sillage d’une Afrique essoufflée, demandent des issues vigoureuses ; ils dépassent le folklore des commémorations, le symbolisme creux et abstrait des monuments érigés à l’occasion et l’appel usurpateur à une ethnomusicologie biaisée de sa substance originelle.
UNE VOIE AUTOCHTONE VERS L’EMERGENCE
Une voie africaine du développement ne constitue en rien une chimère : il suffit de nous approprier notre continent. En s’appuyant exclusivement sur nos valeurs séculaires, sur nos réalités quotidiennes et sur notre rythme de vie, la voie africaine du développement n’est ni extrapolation, ni psittacisme mais une réelle application de la pensée négro-africaine faite de partage et de solidarité et essentiellement tournée sur un authentique pari sur le génie de l’homme noir. Elle s’articulera naturellement sur nos aptitudes d’harmonie avec la nature ; en termes plus clairs sur les activités agricoles, halieutiques et forestières. Ces activités protégées de toutes sortes de bradage, permettront à moyen terme le décollage réel d’une industrialisation du continent.
La voie africaine du développement, c’est encore travailler à mieux corriger la balkanisation en donnant aux grands ensembles des contenus plus visibles, plus lisibles, plus vivants, plus viables. Bref, c’est faire le choix salutaire du renoncement aux frontières nationales pour l’Unité économique, monétaire et même politique du continent.
Comment un «scandale écologique» comme notre continent (tant ses richesses minières sont énormes) peut-il se permettre de vivre dans ce dénuement absurde ? La famine avait-elle sa place sur nos immenses terres sillonnées de toutes parts par des fleuves, lacs et autres glaciers ? Nos coquasses réserves naturelles, nos sites historiques authentiques et célestes nous ont-ils servi à attirer les retombées du tourisme mondial ? Qu’avons-nous fait du pétrole, du diamant, de l’or, de l’uranium, de la bauxite, des phosphates et autres mines du sous-sol continental ? De la réponse courageuse à ces questions naîtra une voie africaine du développement : une voie qui partira de nous mêmes pour arriver à nous. S’approprier le continent ne signifie en rien un renferment sur soi ; il permettra plutôt aux Africains que nous sommes de répondre convenablement à l’appel du village planétaire (globalisation et mondialisation) et à la civilisation du donner et du recevoir. Jusqu’ici, qu’avons-nous proposé aux autres hormis le fait de tendre la main ?
La renaissance africaine passera forcément par l’action pour relever ces défis ; des actions concertées, réfléchies, mûries et renouvelées qui nous confèreront sans aucun doute une place honorable sur l’échiquier de la géopolitique mondiale. Penser au symbolisme abstrait des monuments et des commémorations inutiles et dépensiers de nos maigres deniers publics dans ces moments solennels, c’est trahir la cause africaine, c’est réduire l’émergence du continent au stade de rêve inaccessible et de désir inassouvi. Et pourtant, elle est possible cette renaissance dont on parle. Il suffit de se battre jusqu’au dernier souffle contre ces pseudos intellectuels et hommes de culture en mal d’inspiration qui ont choisi de brader l’halo de l’Homme nègre, l’ancêtre de l’humanité pour l’avoir sacrifié à des privilèges au cénacle des paraplégiques de la cause africaine.
Africains d’ici et de la diaspora, battons-nous convenablement et à l’unisson pour !
Amadou FALL
"Quelle est la différence fondamentale entre une femme et un terroriste ? Avec le terroriste on peut négocier"
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Re: Mondialisation ou globalisation (en)
Pays émergents - pays industrialisés
Couplée ou découplée, est-ce la question ?
Le point de savoir si les économies des pays émergents étaient découplées de celles des pays industrialisés , et d’une certaine manière immunisées , a fourni l’occasion de débats animés entre économistes et politiques lors du déclenchement de la crise économique en 2008.
Pour les uns, la mondialisation est une « mécanique des fluides » qui lient tous les pays par le commerce, l’investissement, les transferts financiers. La force de transmission est du côté de l’OCDE, notamment des Etats-Unis, dont la taille et la profondeur du marché intérieur, le poids de leurs entreprises multinationales ne peuvent que dominer l’économie mondialisée. Des décalages sont observables mais les économies émergentes et en développement ne sauraient être autonomes.
Pour d’autres, le lien entre économies nationales dans un espace globalisé est certes établi mais il n’entraine pas les effets inéluctables qu’on lui prête. L’impact de la crise sur les pays émergents ou en développement (les « victimes innocentes », selon le mot du Directeur général du FMI) est atténué par l’autonomisation croissante de ces pays et les politiques contra- cycliques qu’ils mènent avec succès grâce à des fondamentaux de départ solides. Pour les responsables politiques qui tiennent ce discours, il s’agit de souligner le bien fondé des politiques suivies ces dernières années (respect des grands équilibres, libéralisation économique, maîtrise de l’endettement public, assainissement bancaire…) et la pertinence des mesures prises en réaction à la crise. Pour les économistes favorables à cette thèse (minoritaires au début, bien plus nombreux aujourd’hui), le découplage des pays émergents résulte de ce que le monde change, le régionalisme progresse en Asie , les paradigmes traditionnels ne sont pas forcément universels et il faut être plus attentif à des réalités de terrain qui ne sont pas la copie de celles des pays occidentaux .L’ouverture et la mondialisation ne signifient pas l’uniformisation et l’oubli des ressorts propres à chaque culture.
Deux ans après ces débats et au vu des résultats enregistrés par l’économie mondiale tels qu’ils figurent dans le dernier rapport du FMI, que penser de ce débat et quels enseignements pratiques en tirer ?
Il est incontestable que chaque pays a été affecté par la crise partie des Etats-Unis mais ce qui frappe le plus aujourd’hui, c’est le contraste, l’hétérogénéité des situations.
Dès le printemps 2009, le groupe des pays émergents a repris sa course à la croissance. Au premier trimestre 2010, la Chine frôle les 12% de hausse du PIB tandis que les trois autres Etats de l’acronyme du BRIC, y compris la Russie, approchent ou excèdent des taux de 5%. Ces performances ont été obtenues grâce au soutien de la demande intérieure (consommation et investissement), même si le moteur des exportations a repris de la puissance (+8,3 % prévus en 2010 ). Il est vrai que cette appellation « pays émergents » recouvre des situations sensiblement différentes entre l’Asie qui caracole en tête (plus de 8% de croissance prévue par le FMI en 2010 et 2011), l’Amérique Latine qui se redresse (près de 4%) après la récession de 2010 (-1,9%) et l’Europe centrale et orientale qui souffre (-3,8% en 2009) et dont l’amélioration ne devrait être que progressive (2,9% en 2010 et 3,4% en 2011). Quant à l’Afrique sub-saharienne, elle approchera les 5% de croissance du PIB en 2010 et les 6 % en 2011. (suite..).
Par Joseph Richard
Couplée ou découplée, est-ce la question ?
Le point de savoir si les économies des pays émergents étaient découplées de celles des pays industrialisés , et d’une certaine manière immunisées , a fourni l’occasion de débats animés entre économistes et politiques lors du déclenchement de la crise économique en 2008.
Pour les uns, la mondialisation est une « mécanique des fluides » qui lient tous les pays par le commerce, l’investissement, les transferts financiers. La force de transmission est du côté de l’OCDE, notamment des Etats-Unis, dont la taille et la profondeur du marché intérieur, le poids de leurs entreprises multinationales ne peuvent que dominer l’économie mondialisée. Des décalages sont observables mais les économies émergentes et en développement ne sauraient être autonomes.
Pour d’autres, le lien entre économies nationales dans un espace globalisé est certes établi mais il n’entraine pas les effets inéluctables qu’on lui prête. L’impact de la crise sur les pays émergents ou en développement (les « victimes innocentes », selon le mot du Directeur général du FMI) est atténué par l’autonomisation croissante de ces pays et les politiques contra- cycliques qu’ils mènent avec succès grâce à des fondamentaux de départ solides. Pour les responsables politiques qui tiennent ce discours, il s’agit de souligner le bien fondé des politiques suivies ces dernières années (respect des grands équilibres, libéralisation économique, maîtrise de l’endettement public, assainissement bancaire…) et la pertinence des mesures prises en réaction à la crise. Pour les économistes favorables à cette thèse (minoritaires au début, bien plus nombreux aujourd’hui), le découplage des pays émergents résulte de ce que le monde change, le régionalisme progresse en Asie , les paradigmes traditionnels ne sont pas forcément universels et il faut être plus attentif à des réalités de terrain qui ne sont pas la copie de celles des pays occidentaux .L’ouverture et la mondialisation ne signifient pas l’uniformisation et l’oubli des ressorts propres à chaque culture.
Deux ans après ces débats et au vu des résultats enregistrés par l’économie mondiale tels qu’ils figurent dans le dernier rapport du FMI, que penser de ce débat et quels enseignements pratiques en tirer ?
Il est incontestable que chaque pays a été affecté par la crise partie des Etats-Unis mais ce qui frappe le plus aujourd’hui, c’est le contraste, l’hétérogénéité des situations.
Dès le printemps 2009, le groupe des pays émergents a repris sa course à la croissance. Au premier trimestre 2010, la Chine frôle les 12% de hausse du PIB tandis que les trois autres Etats de l’acronyme du BRIC, y compris la Russie, approchent ou excèdent des taux de 5%. Ces performances ont été obtenues grâce au soutien de la demande intérieure (consommation et investissement), même si le moteur des exportations a repris de la puissance (+8,3 % prévus en 2010 ). Il est vrai que cette appellation « pays émergents » recouvre des situations sensiblement différentes entre l’Asie qui caracole en tête (plus de 8% de croissance prévue par le FMI en 2010 et 2011), l’Amérique Latine qui se redresse (près de 4%) après la récession de 2010 (-1,9%) et l’Europe centrale et orientale qui souffre (-3,8% en 2009) et dont l’amélioration ne devrait être que progressive (2,9% en 2010 et 3,4% en 2011). Quant à l’Afrique sub-saharienne, elle approchera les 5% de croissance du PIB en 2010 et les 6 % en 2011. (suite..).
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Re: Mondialisation ou globalisation (en)
Mondialisation #1 – Les têtes de gondoles
Pour agrémenter un éditorial sur les réformes, tout éditocrate doit rehausser sa litanie de mesures de “bon sens” basées sur le sacro-saint principe de réalité. Des figures totémiques, quasi mystiques vulgairement qualifiés de “miracles”. Qui n’a jamais entendu parler du “miracle” chinois ? Formulation galvaudée teintée d’onanisme, qui dans la bouche des pédagogues d’opinion substitue prodigieusement un pays totalitaire pratiquant massivement la peine de mort par un modèle universel de développement. Un exemple. La communication de crise qui vise le consentement au dépouillement use des têtes de gondoles nationales pour vanter d’hypothétiques réussites. Elle use aussi de “têtes de Turcs” pour vomir des contres exemples. Comme une reproduction globalisée des motifs publicitaires.
À l’étal de la globalisation, le libéralisme sous vide
Par amnésies successives, on recycle les exemples de pays pilotes dans le mouvement de mondialisation et de libéralisation de l’économie. La phase d’expansion s’accompagne de louanges aux promesses de lendemains glorieux. Qui se souvient des articles dithyrambiques sur l’Eldorado argentin au début des années 1990 ? Un modèle de croissance qui devait faire de ce pays, plus connu par les disparus de sa dictature et son équipe de football que par son dynamisme économique, une locomotive pour les pays en développement.
Comment ne pas se remémorer la fascination qu’exerçait le modèle de croissance japonais sauce “karoshi”, dont on louait la pugnacité ainsi que la dangerosité. Le travail sans limite des fourmis nippones versus l’indolent européen agrippé à ses heures de sorties.
Plus récemment, les vendeurs de miracles se sont tournés vers des contrées moins exotiques. Quoi que. L’Islande au début des années 2000 se révèle un excellent candidat. Exemplaire dans la libéralisation de ses services. Peu regardant sur la concentration des médias. On y fait beaucoup d’argent et le taux de chômage ne dépasse pas 2 %. Au pays des elfes, les politiciens relayés par les communicants et journalistes trouvent une magnifique source d’inspiration à leurs contes de fées.
Autre produit d’appel. En juillet 2006, G. Cornu sénateur UMP se rend avec une délégation à Dublin pour y “comprendre le miracle irlandais”, selon les termes du rapport. Totalement sous le charme du “tigre celtique”, les conclusions sont sans appel. On y relate les pistes de croissance dans un monde globalisé. Mettant l’accent sur le recentrage vers les services financiers et l’externalisation. Le tout mis en musique par une concurrence sociale échevelée pudiquement décrite comme “un environnement fiscal et administratif favorable”. L’une des recettes de ce développement hors norme tient selon les sénateurs à “une main d’œuvre jeune et flexible”. Six mois après le CPE, ils y trouvent un motif supplémentaire de vitupération contre les archaïsmes hexagonaux. Sur place, un code du travail rachitique, adéquat aux desiderata du MEDEF. Au chapitre, simplification du contrat de travail, et durée hebdomadaire de 48h, agrémentée de procédures de licenciement express. Conscients que “La France n’est pas l’Irlande”, les sénateurs “de tous bords” estiment que “le succès irlandais pourrait inspirer la France sur des points précis”. L’année suivante la campagne présidentielle de 2007 voit l’avènement de N. Sarkozy.
Dans le même temps, c’est l’Espagne de J. L. R. Zapatero qui fait l’admiration de l’élite économique de l’Europe. En continuité avec son prédécesseur de droite, ce “socialiste” pratique une politique d’inspiration libérale économiquement. Un modèle pour les néoconservateurs Français, qui sert d’aiguillon face à un Parti Socialiste à l’âme un peu trop marxiste…
Un petit extrait de la propagande qui fut inlassablement serinée pour contraindre à adopter le modèle idoine de développement économique.
De la tête d’affiche à la cour des miracles
Puis la crise arrive, croyance évaporée, magie dissipée, le miracle se mu en mirage. Les carrosses se sont transformés en citrouilles. L’Argentine se remet difficilement de son apnée financière. Les efforts de l’État ont réussi à faire passer le taux de pauvreté de 45 % à 38 % de la population. Normes locales.
Le Japon avec son déficit astronomique (200 % du PIB) ne fait plus transpirer les rigoristes de la bonne gestion. Et la pente, selon des analystes, s’accenctue. On parle de 300 % de déficit cumulé à l’horizon 2015.
En Islande c’est l’État de faillite, le KO technique. Système bancaire concentré, parti en capilotade. Les iliens finiront même sur la liste des mauvais payeurs en compagnie d’États “terroristes” comme l’Iran et la Corée du Nord. G. Haraldsson directeur de l’institut économique de Reykjavik déclarera : “Je savais que nous avions des problèmes. Une telle croissance n’était pas soutenable pour un aussi petit pays. Mais comme tout le monde, je ne m’attendais pas à un tel effondrement.”
Quant à l’Espagne et l’Irlande, elles font partie du cercle peu couru des PIIGS (Portugal, Italie, Irlande, Grèce, Espagne), acronyme porcin pour désigner les membres de l’UE en quasi-apoplexie financière. L’explosion de la bulle immobilière ibérique accompagnée d’un chômage massif a remis les idées au clair de ceux qui voyaient un modèle transposable. Clef en main. Quant au “tigre celtique”, criblé de dettes, il s’est transformé en mouton souffreteux qui ne fait plus rêver personne.
Les laudateurs du libéralisme et de la marche forcée vers la globalisation sont oublieux de leurs propres recommandations. Aujourd’hui ce modèle est en échec technique. Il n’y a pas de solution de substitution clef en main. Alors les experts pour conserver les acquis voire même pour gagner encore du terrain (cf. La théorie du choc de N. Klein) s’inventent des têtes de Turcs, des contre modèles qu’il faudra saigner à blanc. Une sorte de publicité comparative décourageante. Une méthode marketing de système. Car dans cette logique économique folle, tout est “marketable”, les nations comme les idéologies.
Vogelsong
Pour agrémenter un éditorial sur les réformes, tout éditocrate doit rehausser sa litanie de mesures de “bon sens” basées sur le sacro-saint principe de réalité. Des figures totémiques, quasi mystiques vulgairement qualifiés de “miracles”. Qui n’a jamais entendu parler du “miracle” chinois ? Formulation galvaudée teintée d’onanisme, qui dans la bouche des pédagogues d’opinion substitue prodigieusement un pays totalitaire pratiquant massivement la peine de mort par un modèle universel de développement. Un exemple. La communication de crise qui vise le consentement au dépouillement use des têtes de gondoles nationales pour vanter d’hypothétiques réussites. Elle use aussi de “têtes de Turcs” pour vomir des contres exemples. Comme une reproduction globalisée des motifs publicitaires.
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À l’étal de la globalisation, le libéralisme sous vide
Par amnésies successives, on recycle les exemples de pays pilotes dans le mouvement de mondialisation et de libéralisation de l’économie. La phase d’expansion s’accompagne de louanges aux promesses de lendemains glorieux. Qui se souvient des articles dithyrambiques sur l’Eldorado argentin au début des années 1990 ? Un modèle de croissance qui devait faire de ce pays, plus connu par les disparus de sa dictature et son équipe de football que par son dynamisme économique, une locomotive pour les pays en développement.
Comment ne pas se remémorer la fascination qu’exerçait le modèle de croissance japonais sauce “karoshi”, dont on louait la pugnacité ainsi que la dangerosité. Le travail sans limite des fourmis nippones versus l’indolent européen agrippé à ses heures de sorties.
Plus récemment, les vendeurs de miracles se sont tournés vers des contrées moins exotiques. Quoi que. L’Islande au début des années 2000 se révèle un excellent candidat. Exemplaire dans la libéralisation de ses services. Peu regardant sur la concentration des médias. On y fait beaucoup d’argent et le taux de chômage ne dépasse pas 2 %. Au pays des elfes, les politiciens relayés par les communicants et journalistes trouvent une magnifique source d’inspiration à leurs contes de fées.
Autre produit d’appel. En juillet 2006, G. Cornu sénateur UMP se rend avec une délégation à Dublin pour y “comprendre le miracle irlandais”, selon les termes du rapport. Totalement sous le charme du “tigre celtique”, les conclusions sont sans appel. On y relate les pistes de croissance dans un monde globalisé. Mettant l’accent sur le recentrage vers les services financiers et l’externalisation. Le tout mis en musique par une concurrence sociale échevelée pudiquement décrite comme “un environnement fiscal et administratif favorable”. L’une des recettes de ce développement hors norme tient selon les sénateurs à “une main d’œuvre jeune et flexible”. Six mois après le CPE, ils y trouvent un motif supplémentaire de vitupération contre les archaïsmes hexagonaux. Sur place, un code du travail rachitique, adéquat aux desiderata du MEDEF. Au chapitre, simplification du contrat de travail, et durée hebdomadaire de 48h, agrémentée de procédures de licenciement express. Conscients que “La France n’est pas l’Irlande”, les sénateurs “de tous bords” estiment que “le succès irlandais pourrait inspirer la France sur des points précis”. L’année suivante la campagne présidentielle de 2007 voit l’avènement de N. Sarkozy.
Dans le même temps, c’est l’Espagne de J. L. R. Zapatero qui fait l’admiration de l’élite économique de l’Europe. En continuité avec son prédécesseur de droite, ce “socialiste” pratique une politique d’inspiration libérale économiquement. Un modèle pour les néoconservateurs Français, qui sert d’aiguillon face à un Parti Socialiste à l’âme un peu trop marxiste…
Un petit extrait de la propagande qui fut inlassablement serinée pour contraindre à adopter le modèle idoine de développement économique.
De la tête d’affiche à la cour des miracles
Puis la crise arrive, croyance évaporée, magie dissipée, le miracle se mu en mirage. Les carrosses se sont transformés en citrouilles. L’Argentine se remet difficilement de son apnée financière. Les efforts de l’État ont réussi à faire passer le taux de pauvreté de 45 % à 38 % de la population. Normes locales.
Le Japon avec son déficit astronomique (200 % du PIB) ne fait plus transpirer les rigoristes de la bonne gestion. Et la pente, selon des analystes, s’accenctue. On parle de 300 % de déficit cumulé à l’horizon 2015.
En Islande c’est l’État de faillite, le KO technique. Système bancaire concentré, parti en capilotade. Les iliens finiront même sur la liste des mauvais payeurs en compagnie d’États “terroristes” comme l’Iran et la Corée du Nord. G. Haraldsson directeur de l’institut économique de Reykjavik déclarera : “Je savais que nous avions des problèmes. Une telle croissance n’était pas soutenable pour un aussi petit pays. Mais comme tout le monde, je ne m’attendais pas à un tel effondrement.”
Quant à l’Espagne et l’Irlande, elles font partie du cercle peu couru des PIIGS (Portugal, Italie, Irlande, Grèce, Espagne), acronyme porcin pour désigner les membres de l’UE en quasi-apoplexie financière. L’explosion de la bulle immobilière ibérique accompagnée d’un chômage massif a remis les idées au clair de ceux qui voyaient un modèle transposable. Clef en main. Quant au “tigre celtique”, criblé de dettes, il s’est transformé en mouton souffreteux qui ne fait plus rêver personne.
Les laudateurs du libéralisme et de la marche forcée vers la globalisation sont oublieux de leurs propres recommandations. Aujourd’hui ce modèle est en échec technique. Il n’y a pas de solution de substitution clef en main. Alors les experts pour conserver les acquis voire même pour gagner encore du terrain (cf. La théorie du choc de N. Klein) s’inventent des têtes de Turcs, des contre modèles qu’il faudra saigner à blanc. Une sorte de publicité comparative décourageante. Une méthode marketing de système. Car dans cette logique économique folle, tout est “marketable”, les nations comme les idéologies.
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Re: Mondialisation ou globalisation (en)
L’Afrique dans le temps du monde - Par Djibril Samb L’Harmattan 2010 - 114 pages
L’Afrique prise dans le tourbillon de la mondialisation
Cet ouvrage de Djibril Samb, professeur titulaire des universités de classe exceptionnelle, regroupe une série de publications qui prend l’Afrique comme centre d’intérêt. Mais l’Afrique envisagée ici est une pars mundi, et non quelque terra incognito, étrange et lointaine. L’Afrique est connue depuis toujours et, dès la plus haute Antiquité, elle fait partie de l’histoire du monde, et les problèmes qu’elle pose sont ceux que déroule cette histoire.
La première partie de cet ouvrage tente de penser l’Afrique dans le monde, puisqu’elle en est une partie. L’Afrique postcoloniale contemporaine est prise dans le tourbillon de la mondialisation. L’une des résultantes de la mondialisation est de mettre les cultures et les civilisations les unes en face des autres dans un temps mondialisé, aux apparences d’uniformité, est aussi un temps éclaté, un temps à multiples dimensions. Parce que ces dimensions ne sont pas hétérogènes les unes aux autres et qu’elles sont structurées par le temps de l’information, les cultures et les civilisations ne s’ignorent nullement, mais du contact à la rencontre, et de la rencontre au dialogue, il y a toujours des pas à faire. C’est après avoir tracé ce cadre que D. Samb essaie d’y inscrire le possible dialogue des civilisations, nommément entre l’Europe et l’Afrique. Si ces deux grandes aires que lie un passé profond, douloureux et tragique, pourraient constituer valablement un paradigme universel !
Après avoir tenté de définir la mondialisation et la rencontre des cultures, D. Samb se demande si le dialogue est possible. Il pose des problèmes très sérieux qui méritent d’être discutés. La mondialisation n’est pas aussi un phénomène récent. Elle s’enracine dans l’histoire du capitalisme international dont elle reflète et traduit le développement le plus accentué, dans des conditions historiques nouvelles marquées, aujourd’hui, par la domination absolue de l’hégémonisme des Etats-unis et des modèles qu’il véhicule.
Dès que le mode de production capitaliste se forma en Europe et domina peu à peu l’ensemble de la formation sociale, des forces productives nouvelles furent libérées et eurent constamment tendance à déborder des frontières nationales, trop étroites, pour irradier à travers le monde et trouver à la fois de nouveaux espaces de développement dans un contexte de capitalisme commercial et financier primitif, surgi à la fin du XVe s. d’abord concentré dans la colonisation de l’Amérique. C’est dans ce sillage que s’est développée la traite atlantique qui réalisa, chemin faisant, la connexion économique et commerciale de trois continents : Europe, Amérique et Afrique. C’est par le biais de la traite atlantique que s’est effectuée, dès le XVIes., l’intégration de l’Afrique noire au système du capitalisme financier et commercial.
Le monde fut ‘protomondialisé’ sous la domination des puissances coloniales qui organisèrent, dans le cadre du système de production capitaliste, une nouvelle division internationale du travail et une nouvelle organisation commerciale du monde absolument soumise à la logique d’accumulation du capital international. Nous sommes d’accord avec D. Samb lorsqu’il soutient que ce qu’on appelle ‘mondialisation’ ou ‘globalisation’ n’est pas un phénomène nouveau. C’est une nouvelle dénomination d’une réalité très ancienne, qui est vieille de trois siècles, selon D. Samb.
Mais dater la mondialisation à partir de l’existence de la traite atlantique (Traite des Nègres) est discutable. Car c’est évacuer l’intégration de l’Afrique noire dans le monde méditerranéen qui a existé avec la traite arabe des nègres et le commerce transsaharien. C’est pourquoi, le grand chercheur portugais Godinho a très bien compris les effets de la rupture que constitue la découverte de l’Amérique à travers sa célèbre formule : La caravelle a vaincu la caravane. Autrement dit le commerce atlantique a vaincu le commerce transsaharien.
Djibril Samb a raison d’attirer l’attention des chercheurs et des penseurs sur le fait qu’au cours de son histoire, la formation sociale reposant sur le socle de l‘économie de marché a révélé une faculté d’adaptation dont aucun penseur n’a pris l’exacte mesure. C’est pourquoi, il propose de concevoir cette formation sociale comme indéterminée. Il aborde ainsi les questions relatives à la transition au capitalisme. Certains penseurs comme Adam Smith considèrent que les trois siècles du mercantilisme qui est au coeur de l’ouvrage d’André Gunder Franck (Re-orient Global Economy in Asian Age) constituent l’époque la plus complexe de l’histoire universelle. Car l’ancien (les formes tributaires) et le nouveau naissant (le capitalisme) s’y retrouvent associés et y opèrent d’une manière à la fois complémentaire et conflictuelle.
Il y a une grande difficulté à déterminer la nature de cette formation sociale. C’est pourquoi, Adam Smith parle de previous accumulation et Karl Marx parle d’accumulation primitive. Samir Amin soutient qu’avec l’instauration et la consolidation du capitalisme, les effets de l’accumulation continuent à exister dans les relations entre les pays du centre et les pays de la périphérie. Ces questions méritent d’être discutées de manière approfondie.
A notre connaissance, Adam Smith, l’auteur de La richesse des nations (1776) est le premier penseur à analyser les énormes effets de la connexion capitaliste des continents. Il écrit : ’La découverte de l’Amérique et celle d’un passage aux Indes orientales par le cap de Bonne-Espérance sont les deux événements les plus remarquables et les plus importants dont fassent mention les annales du genre humain ; ils ont produit de bien grands effets’. (La richesse des nations, tome II, G-F. Flammarion 1991, p. 240). Mais c’est l’historien sénégalais Abdoulaye Ly qui a tenté de théoriser la connexion capitaliste des continents dans une brochure publiée par L’Ifan en 1995 sur la base d’une énorme documentation relative aux théories produites sur les problèmes de l’impérialisme. Il a apporté un point de vue d’historien, comme il l’écrit lui-même. Mais c’est un économiste égyptien Samir Amin qui préconise la nécessité de la déconnexion comme moyen de sortir du système mondial dans son ouvrage : La déconnexion. Pour sortir du système mondial Editions La découverte, 1985).
Djibril Samb ne semble pas avoir rencontré deux auteurs comme les deux historiens : Abdoulaye Ly, spécialiste du commerce atlantique et notamment de la traite des nègres et Fernand Braudel, spécialiste de la Méditerranée et du monde méditerranéen. Pour traiter du passage du contact à la rencontre des cultures, il essaye tout d’abord de s’entendre sur la notion de culture dont bien des gens n’ont qu’une acception réductrice, bien éloignée de celle que lui donnent l’anthropologie et l’ethnologie contemporaines. Alors que la civilisation est une somme de cultures concrètes en principe détachée d’une société particulière, parfaitement consciente de son identité propre, c’est-à-dire de ce qui la distingue des autres - son héritage propre - , mais encore elle traduit le processus d’adaptation d’un groupe social à ses environnements immédiats ou lointains.
Ce que la mondialisation actuelle a apporté, c’est non pas de provoquer la rencontre des cultures, mais de les mettre les unes en face des autres en se présentant elle-même comme une ‘superstructure’ prétendant à être une monoculture, une ‘cosmoculture’. Il n’y a pas (encore) de véritable rencontre entre les cultures qui prennent le visage de peuples très concrets, avec leur espérance ou leur désespérance ainsi que leurs oppositions d’intérêts, mais seulement un face-à-face menaçant et gros de dangers. Face à la mondialisation, les cultures sont inégales. Aucun dialogue général entre cultures n’est pour le moment envisageable, sauf se satisfaire d’hypocrites leurres et de trop faibles lueurs de progrès.
Il reste que, entre hommes de bonne volonté issus des diverses cultures, agissant comme éclaireurs pour les siècles à venir, un dialogue est possible, à condition d’en définir, d’un commun accord, les objectifs et les règles dans le cadre d’un dialogue entre les civilisations que prônent les Nations unies qui ont fait de l’année 2001 celle du dialogue des civilisations. D. Samb précise les conditions du passage de la rencontre au dialogue des cultures.
D’abord le but d’un tel dialogue ne saurait être l’occidentalisation ; Ensuite, la ‘mondialisation’ ne doit pas être confondue subrepticement avec l’homogénéisation. Malgré tout, ce qui rend possible le dialogue, sa condition absolue, c’est le rejet du mondialisme comme volonté manifeste ou latente de domination, et la reconnaissance subséquente de la diversité culturelle.
En quelques décennies, des penseurs intellectuellement très limités ont proposé successivement le paradigme de la fin de l’histoire (Francis Fukuyama) et celui du ‘choc des civilisations’ (Huntington). Si éloignés qu’ils semblent, ces deux paradigmes visaient à homogénéiser le monde sous un ordre impérial, leurs objectifs intermédiaires étant d’annihiler toute forme de diversité culturelle, c’est-à-dire toutes les identités résiduelles. Ces paradigmes, porteurs de conflits de guerres, doivent être soumis à une critique serrée et réfutée.
Dans la deuxième partie du livre, l’auteur essaie de déterminer l’attitude de l’Afrique à l’égard de la paix et de la guerre. Il entend tirer un enseignement sur la paix que les sociétés africaines peuvent tirer de l’histoire de la philosophie. Dans la troisième partie du livre : Défis africains qui est passionnante et pleine de remarques pertinentes, Djibril Samb aborde les défis des bibliothèques au XXIe siècle que doivent relever l’université, la recherche et la renaissance africaine.
Notes de lecture par Amady Aly DIENG
L’Afrique prise dans le tourbillon de la mondialisation
Cet ouvrage de Djibril Samb, professeur titulaire des universités de classe exceptionnelle, regroupe une série de publications qui prend l’Afrique comme centre d’intérêt. Mais l’Afrique envisagée ici est une pars mundi, et non quelque terra incognito, étrange et lointaine. L’Afrique est connue depuis toujours et, dès la plus haute Antiquité, elle fait partie de l’histoire du monde, et les problèmes qu’elle pose sont ceux que déroule cette histoire.
La première partie de cet ouvrage tente de penser l’Afrique dans le monde, puisqu’elle en est une partie. L’Afrique postcoloniale contemporaine est prise dans le tourbillon de la mondialisation. L’une des résultantes de la mondialisation est de mettre les cultures et les civilisations les unes en face des autres dans un temps mondialisé, aux apparences d’uniformité, est aussi un temps éclaté, un temps à multiples dimensions. Parce que ces dimensions ne sont pas hétérogènes les unes aux autres et qu’elles sont structurées par le temps de l’information, les cultures et les civilisations ne s’ignorent nullement, mais du contact à la rencontre, et de la rencontre au dialogue, il y a toujours des pas à faire. C’est après avoir tracé ce cadre que D. Samb essaie d’y inscrire le possible dialogue des civilisations, nommément entre l’Europe et l’Afrique. Si ces deux grandes aires que lie un passé profond, douloureux et tragique, pourraient constituer valablement un paradigme universel !
Après avoir tenté de définir la mondialisation et la rencontre des cultures, D. Samb se demande si le dialogue est possible. Il pose des problèmes très sérieux qui méritent d’être discutés. La mondialisation n’est pas aussi un phénomène récent. Elle s’enracine dans l’histoire du capitalisme international dont elle reflète et traduit le développement le plus accentué, dans des conditions historiques nouvelles marquées, aujourd’hui, par la domination absolue de l’hégémonisme des Etats-unis et des modèles qu’il véhicule.
Dès que le mode de production capitaliste se forma en Europe et domina peu à peu l’ensemble de la formation sociale, des forces productives nouvelles furent libérées et eurent constamment tendance à déborder des frontières nationales, trop étroites, pour irradier à travers le monde et trouver à la fois de nouveaux espaces de développement dans un contexte de capitalisme commercial et financier primitif, surgi à la fin du XVe s. d’abord concentré dans la colonisation de l’Amérique. C’est dans ce sillage que s’est développée la traite atlantique qui réalisa, chemin faisant, la connexion économique et commerciale de trois continents : Europe, Amérique et Afrique. C’est par le biais de la traite atlantique que s’est effectuée, dès le XVIes., l’intégration de l’Afrique noire au système du capitalisme financier et commercial.
Le monde fut ‘protomondialisé’ sous la domination des puissances coloniales qui organisèrent, dans le cadre du système de production capitaliste, une nouvelle division internationale du travail et une nouvelle organisation commerciale du monde absolument soumise à la logique d’accumulation du capital international. Nous sommes d’accord avec D. Samb lorsqu’il soutient que ce qu’on appelle ‘mondialisation’ ou ‘globalisation’ n’est pas un phénomène nouveau. C’est une nouvelle dénomination d’une réalité très ancienne, qui est vieille de trois siècles, selon D. Samb.
Mais dater la mondialisation à partir de l’existence de la traite atlantique (Traite des Nègres) est discutable. Car c’est évacuer l’intégration de l’Afrique noire dans le monde méditerranéen qui a existé avec la traite arabe des nègres et le commerce transsaharien. C’est pourquoi, le grand chercheur portugais Godinho a très bien compris les effets de la rupture que constitue la découverte de l’Amérique à travers sa célèbre formule : La caravelle a vaincu la caravane. Autrement dit le commerce atlantique a vaincu le commerce transsaharien.
Djibril Samb a raison d’attirer l’attention des chercheurs et des penseurs sur le fait qu’au cours de son histoire, la formation sociale reposant sur le socle de l‘économie de marché a révélé une faculté d’adaptation dont aucun penseur n’a pris l’exacte mesure. C’est pourquoi, il propose de concevoir cette formation sociale comme indéterminée. Il aborde ainsi les questions relatives à la transition au capitalisme. Certains penseurs comme Adam Smith considèrent que les trois siècles du mercantilisme qui est au coeur de l’ouvrage d’André Gunder Franck (Re-orient Global Economy in Asian Age) constituent l’époque la plus complexe de l’histoire universelle. Car l’ancien (les formes tributaires) et le nouveau naissant (le capitalisme) s’y retrouvent associés et y opèrent d’une manière à la fois complémentaire et conflictuelle.
Il y a une grande difficulté à déterminer la nature de cette formation sociale. C’est pourquoi, Adam Smith parle de previous accumulation et Karl Marx parle d’accumulation primitive. Samir Amin soutient qu’avec l’instauration et la consolidation du capitalisme, les effets de l’accumulation continuent à exister dans les relations entre les pays du centre et les pays de la périphérie. Ces questions méritent d’être discutées de manière approfondie.
A notre connaissance, Adam Smith, l’auteur de La richesse des nations (1776) est le premier penseur à analyser les énormes effets de la connexion capitaliste des continents. Il écrit : ’La découverte de l’Amérique et celle d’un passage aux Indes orientales par le cap de Bonne-Espérance sont les deux événements les plus remarquables et les plus importants dont fassent mention les annales du genre humain ; ils ont produit de bien grands effets’. (La richesse des nations, tome II, G-F. Flammarion 1991, p. 240). Mais c’est l’historien sénégalais Abdoulaye Ly qui a tenté de théoriser la connexion capitaliste des continents dans une brochure publiée par L’Ifan en 1995 sur la base d’une énorme documentation relative aux théories produites sur les problèmes de l’impérialisme. Il a apporté un point de vue d’historien, comme il l’écrit lui-même. Mais c’est un économiste égyptien Samir Amin qui préconise la nécessité de la déconnexion comme moyen de sortir du système mondial dans son ouvrage : La déconnexion. Pour sortir du système mondial Editions La découverte, 1985).
Djibril Samb ne semble pas avoir rencontré deux auteurs comme les deux historiens : Abdoulaye Ly, spécialiste du commerce atlantique et notamment de la traite des nègres et Fernand Braudel, spécialiste de la Méditerranée et du monde méditerranéen. Pour traiter du passage du contact à la rencontre des cultures, il essaye tout d’abord de s’entendre sur la notion de culture dont bien des gens n’ont qu’une acception réductrice, bien éloignée de celle que lui donnent l’anthropologie et l’ethnologie contemporaines. Alors que la civilisation est une somme de cultures concrètes en principe détachée d’une société particulière, parfaitement consciente de son identité propre, c’est-à-dire de ce qui la distingue des autres - son héritage propre - , mais encore elle traduit le processus d’adaptation d’un groupe social à ses environnements immédiats ou lointains.
Ce que la mondialisation actuelle a apporté, c’est non pas de provoquer la rencontre des cultures, mais de les mettre les unes en face des autres en se présentant elle-même comme une ‘superstructure’ prétendant à être une monoculture, une ‘cosmoculture’. Il n’y a pas (encore) de véritable rencontre entre les cultures qui prennent le visage de peuples très concrets, avec leur espérance ou leur désespérance ainsi que leurs oppositions d’intérêts, mais seulement un face-à-face menaçant et gros de dangers. Face à la mondialisation, les cultures sont inégales. Aucun dialogue général entre cultures n’est pour le moment envisageable, sauf se satisfaire d’hypocrites leurres et de trop faibles lueurs de progrès.
Il reste que, entre hommes de bonne volonté issus des diverses cultures, agissant comme éclaireurs pour les siècles à venir, un dialogue est possible, à condition d’en définir, d’un commun accord, les objectifs et les règles dans le cadre d’un dialogue entre les civilisations que prônent les Nations unies qui ont fait de l’année 2001 celle du dialogue des civilisations. D. Samb précise les conditions du passage de la rencontre au dialogue des cultures.
D’abord le but d’un tel dialogue ne saurait être l’occidentalisation ; Ensuite, la ‘mondialisation’ ne doit pas être confondue subrepticement avec l’homogénéisation. Malgré tout, ce qui rend possible le dialogue, sa condition absolue, c’est le rejet du mondialisme comme volonté manifeste ou latente de domination, et la reconnaissance subséquente de la diversité culturelle.
En quelques décennies, des penseurs intellectuellement très limités ont proposé successivement le paradigme de la fin de l’histoire (Francis Fukuyama) et celui du ‘choc des civilisations’ (Huntington). Si éloignés qu’ils semblent, ces deux paradigmes visaient à homogénéiser le monde sous un ordre impérial, leurs objectifs intermédiaires étant d’annihiler toute forme de diversité culturelle, c’est-à-dire toutes les identités résiduelles. Ces paradigmes, porteurs de conflits de guerres, doivent être soumis à une critique serrée et réfutée.
Dans la deuxième partie du livre, l’auteur essaie de déterminer l’attitude de l’Afrique à l’égard de la paix et de la guerre. Il entend tirer un enseignement sur la paix que les sociétés africaines peuvent tirer de l’histoire de la philosophie. Dans la troisième partie du livre : Défis africains qui est passionnante et pleine de remarques pertinentes, Djibril Samb aborde les défis des bibliothèques au XXIe siècle que doivent relever l’université, la recherche et la renaissance africaine.
Notes de lecture par Amady Aly DIENG
"Quelle est la différence fondamentale entre une femme et un terroriste ? Avec le terroriste on peut négocier"
- 3

http://www.intervalle-dz.com/f97-grandes-figures-de-la-nation-algerienne

sphinx- Adm

-

Nombre de messages: 7597
Age: 26
Emploi/loisirs: Mat
Humeur: Peu importe.
Date d'inscription: 19/12/2008
Localisation: S.B.A
Re: Mondialisation ou globalisation (en)
Pour un protectionnisme intelligent
HENRI DE BODINAT EST PRÉSIDENT DE TIME EQUITY PARTNERS.
Les gouvernements occidentaux ont tenté désespérément de surmonter la récession de 2009 en utilisant simultanément l'arme du déficit (Keynes) et celle de la création monétaire (Friedman). Les déficits ont été stupéfiants, montant jusqu'à 8-10 % du PNB en Grèce, en Espagne, en Angleterre et en France. La création monétaire a roulé à tombeau ouvert, les banques centrales prêtant de façon quasi illimitée à des taux voisins de zéro.
Cet effort monumental a peut-être évité la récession, mais la croissance reste en panne. Avec une conséquence dramatique : l'endettement colossal résultant des déficits ne pouvant se résorber par la croissance, il ne peut l'être que par la réduction des dépenses publiques et la hausse des impôts. Cette rigueur, en étouffant une croissance déjà molle, pourrait déclencher un cercle vicieux dramatique dont la perspective panique les Bourses depuis quelques semaines.
L'erreur des Etats est d'avoir oublié, dans leur frénétique fuite en avant, deux nouveautés qui font patiner les politiques budgétaires et monétaires : la globalisation de l'économie mondiale et la stratégie des multinationales.
La mondialisation, permise par un libre-échange exacerbé et la baisse des coûts de transport et d'information, met en concurrence tous les pays du monde pour la production de biens ou de services. Elle a été instrumentalisée par certains pays comme la Chine pour se doter d'un avantage absolu et d'excédents commerciaux structurels. Depuis dix ans, pour 1 euro vendu à la Chine, nous lui achetons 3 euros. La Chine a ainsi aspiré notre industrie et nos versements sans rien donner en échange. La croissance chinoise cannibalise d'autant plus la nôtre qu'elle a pour effet secondaire de faire grimper au ciel le prix des matières premières, facteur aggravant de stagnation.
Les multinationales comme Nike, Apple ou IBM ou les grands distributeurs comme Carrefour ou Wal Mart ont accéléré et structuré la mondialisation en délocalisant massivement leur production ou leurs achats, écrasant leurs coûts et gonflant leurs marges grâce à la sous-évaluation des monnaies et au moins-disant social systématique de leurs fournisseurs.
Résultat : quand nous injectons des revenus ou des liquidités en Europe ou aux Etats-Unis, nous créons de la croissance et des emplois… en Asie, et spécialement en Chine. Keynes et Friedman ont toujours raison, mais au niveau mondial. Les déficits budgétaires et le laxisme monétaire des uns créent des emplois chez les autres… L'Occident est devenu le dindon de la mondialisation.
A la croissance énergique des pays « émergés » répond ainsi notre stagnation, tristement semblable à celle du Japon, qui a connu dix ans de non-croissance, malgré des taux zéro, des déficits déments et un endettement record.
Pour sortir de la nasse en redonnant de l'attraction aux politiques budgétaires et monétaires, une forte baisse de l'euro (1 euro = 1 dollar ?) est un bien nécessaire, comme l'a noté François Fillon récemment, mais certainement pas suffisant à cause des rigidités structurelles créées par vingt ans de mondialisation. Il faut y ajouter un protectionnisme intelligent vis-à-vis des aspirateurs de croissance que sont la Chine ou l'Inde, qui permettrait, sans leur mettre genou à terre, de revenir à une situation normale : celle de l'équilibre des balances commerciales. Les entreprises délocalisatrices râleront devant la baisse de leurs rentes, les intégristes du libre-échange trépigneront, et tous crieront à l'inflation mais ces aboiements sont un faible prix à payer pour sortir d'une crise sans fin en supprimant le côté obscur de la mondialisation. Pour retrouver la croissance en Europe et aux Etats-Unis, nous allons devoir nous battre. Mais faisons en sorte que ce soit à armes égales…
http://lesechos.fr
HENRI DE BODINAT EST PRÉSIDENT DE TIME EQUITY PARTNERS.
Les gouvernements occidentaux ont tenté désespérément de surmonter la récession de 2009 en utilisant simultanément l'arme du déficit (Keynes) et celle de la création monétaire (Friedman). Les déficits ont été stupéfiants, montant jusqu'à 8-10 % du PNB en Grèce, en Espagne, en Angleterre et en France. La création monétaire a roulé à tombeau ouvert, les banques centrales prêtant de façon quasi illimitée à des taux voisins de zéro.
Cet effort monumental a peut-être évité la récession, mais la croissance reste en panne. Avec une conséquence dramatique : l'endettement colossal résultant des déficits ne pouvant se résorber par la croissance, il ne peut l'être que par la réduction des dépenses publiques et la hausse des impôts. Cette rigueur, en étouffant une croissance déjà molle, pourrait déclencher un cercle vicieux dramatique dont la perspective panique les Bourses depuis quelques semaines.
L'erreur des Etats est d'avoir oublié, dans leur frénétique fuite en avant, deux nouveautés qui font patiner les politiques budgétaires et monétaires : la globalisation de l'économie mondiale et la stratégie des multinationales.
La mondialisation, permise par un libre-échange exacerbé et la baisse des coûts de transport et d'information, met en concurrence tous les pays du monde pour la production de biens ou de services. Elle a été instrumentalisée par certains pays comme la Chine pour se doter d'un avantage absolu et d'excédents commerciaux structurels. Depuis dix ans, pour 1 euro vendu à la Chine, nous lui achetons 3 euros. La Chine a ainsi aspiré notre industrie et nos versements sans rien donner en échange. La croissance chinoise cannibalise d'autant plus la nôtre qu'elle a pour effet secondaire de faire grimper au ciel le prix des matières premières, facteur aggravant de stagnation.
Les multinationales comme Nike, Apple ou IBM ou les grands distributeurs comme Carrefour ou Wal Mart ont accéléré et structuré la mondialisation en délocalisant massivement leur production ou leurs achats, écrasant leurs coûts et gonflant leurs marges grâce à la sous-évaluation des monnaies et au moins-disant social systématique de leurs fournisseurs.
Résultat : quand nous injectons des revenus ou des liquidités en Europe ou aux Etats-Unis, nous créons de la croissance et des emplois… en Asie, et spécialement en Chine. Keynes et Friedman ont toujours raison, mais au niveau mondial. Les déficits budgétaires et le laxisme monétaire des uns créent des emplois chez les autres… L'Occident est devenu le dindon de la mondialisation.
A la croissance énergique des pays « émergés » répond ainsi notre stagnation, tristement semblable à celle du Japon, qui a connu dix ans de non-croissance, malgré des taux zéro, des déficits déments et un endettement record.
Pour sortir de la nasse en redonnant de l'attraction aux politiques budgétaires et monétaires, une forte baisse de l'euro (1 euro = 1 dollar ?) est un bien nécessaire, comme l'a noté François Fillon récemment, mais certainement pas suffisant à cause des rigidités structurelles créées par vingt ans de mondialisation. Il faut y ajouter un protectionnisme intelligent vis-à-vis des aspirateurs de croissance que sont la Chine ou l'Inde, qui permettrait, sans leur mettre genou à terre, de revenir à une situation normale : celle de l'équilibre des balances commerciales. Les entreprises délocalisatrices râleront devant la baisse de leurs rentes, les intégristes du libre-échange trépigneront, et tous crieront à l'inflation mais ces aboiements sont un faible prix à payer pour sortir d'une crise sans fin en supprimant le côté obscur de la mondialisation. Pour retrouver la croissance en Europe et aux Etats-Unis, nous allons devoir nous battre. Mais faisons en sorte que ce soit à armes égales…
http://lesechos.fr
"Quelle est la différence fondamentale entre une femme et un terroriste ? Avec le terroriste on peut négocier"
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Humeur: Peu importe.
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Re: Mondialisation ou globalisation (en)
Les Organismes Génétiquement Modifiés (OGM) : entre espoir et craintes
Un organisme génétiquement modifié (OGM) est un organisme dont le patrimoine génétique a été modifié, et ce en vue de développer certaines caractéristiques chez cet organisme. Dans le cas des plantes, les OGM sont assez récents : la première plante génétiquement modifiée a été une plante de tabac, en 1983 aux Etats-Unis. L’intérêt des OGM est qu’on peut transformer une plante afin de la rendre, par exemple, plus nourrissante, plus riche en certaines vitamines, ou bien encore résistante aux insectes, aux parasites, aux herbicides, etc.
De grandes firmes produisent et commercialisent aujourd’hui ce genre de graines, telles que Syngenta, Monsanto ou Novartis qui constituent une sorte d’oligopole international. Arguant des possibilités qu’ouvre la génétique en matière d’OGM, ces entreprises indiquent que leurs graines sont une réponse à la faim dans le monde. Elles permettraient de lutter à la fois contre la sous-nutrition et la malnutrition (le golden rice est à ce titre plus riche en vitamine A qu’un riz classique), mais aussi contre la pollution des sols. En effet, une plante résistante aux parasites fera consommer moins de produits chimiques tels que des pesticides. Autant de bonnes raisons de penser que les OGM peuvent améliorer le sort de millions de personnes.
Pourtant, le type d’OGM majoritairement développé est celui qui résiste aux herbicides, et qui incitera donc les agriculteurs à utiliser davantage de tels produits (tels que le Roundup, mis au point par Monsanto), aux effets néfastes sur l’environnement. De plus, la majorité des cultures OGM sont constituées de soja et de maïs destinés à nourrir non pas des hommes mais du bétail. Dans le même temps, il y a un manque cruel de variétés génétiquement modifiées pour des productions vivrières telles que le mil, le sorgho, etc. En outre, des inquiétudes subsistent quant à la possibilité de voir ces plantes se croiser naturellement avec d’autres plantes dans la nature, et proliférer au-delà des champs cultivés appauvrissant ainsi la biodiversité. Pourtant, les plantes OGM sont stériles et donc à usage unique, et ne peuvent se reproduire, ce qui pousse par contre les agriculteurs à en racheter. Enfin, on ne sait pas les effets que peuvent avoir ces OGM sur l’organisme humain, notamment à long terme, ce qui inquiète les associations de consommateurs ainsi que les services de santé. Ceci pousse, surtout en Europe, les pouvoirs publics à limiter la production et la commercialisation de telles productions. Ainsi, en 2008, le gouvernement français a décidé d’un moratoire concernant le MON 810, espèce de maïs génétiquement modifiée. Et la lutte contre les OGM a pris de l’ampleur dans la nébuleuse altermondialiste : on se rappelle par exemple de José Bové et Noël Mamère qui entreprirent d’arracher des champs entiers de plantes transgéniques en 2004 à Menville, en Haute-Garonne.
Quoiqu’il en soit, les OGM attirent de plus en plus : si les premières surfaces ensemencées datent du début des années 1990, elles représentaient en 2009 134 millions d’hectares, soit près de 9% des surfaces cultivées.
Source:Par Charles LARUE
Mondialisation et enjeux
Un organisme génétiquement modifié (OGM) est un organisme dont le patrimoine génétique a été modifié, et ce en vue de développer certaines caractéristiques chez cet organisme. Dans le cas des plantes, les OGM sont assez récents : la première plante génétiquement modifiée a été une plante de tabac, en 1983 aux Etats-Unis. L’intérêt des OGM est qu’on peut transformer une plante afin de la rendre, par exemple, plus nourrissante, plus riche en certaines vitamines, ou bien encore résistante aux insectes, aux parasites, aux herbicides, etc.
De grandes firmes produisent et commercialisent aujourd’hui ce genre de graines, telles que Syngenta, Monsanto ou Novartis qui constituent une sorte d’oligopole international. Arguant des possibilités qu’ouvre la génétique en matière d’OGM, ces entreprises indiquent que leurs graines sont une réponse à la faim dans le monde. Elles permettraient de lutter à la fois contre la sous-nutrition et la malnutrition (le golden rice est à ce titre plus riche en vitamine A qu’un riz classique), mais aussi contre la pollution des sols. En effet, une plante résistante aux parasites fera consommer moins de produits chimiques tels que des pesticides. Autant de bonnes raisons de penser que les OGM peuvent améliorer le sort de millions de personnes.
Pourtant, le type d’OGM majoritairement développé est celui qui résiste aux herbicides, et qui incitera donc les agriculteurs à utiliser davantage de tels produits (tels que le Roundup, mis au point par Monsanto), aux effets néfastes sur l’environnement. De plus, la majorité des cultures OGM sont constituées de soja et de maïs destinés à nourrir non pas des hommes mais du bétail. Dans le même temps, il y a un manque cruel de variétés génétiquement modifiées pour des productions vivrières telles que le mil, le sorgho, etc. En outre, des inquiétudes subsistent quant à la possibilité de voir ces plantes se croiser naturellement avec d’autres plantes dans la nature, et proliférer au-delà des champs cultivés appauvrissant ainsi la biodiversité. Pourtant, les plantes OGM sont stériles et donc à usage unique, et ne peuvent se reproduire, ce qui pousse par contre les agriculteurs à en racheter. Enfin, on ne sait pas les effets que peuvent avoir ces OGM sur l’organisme humain, notamment à long terme, ce qui inquiète les associations de consommateurs ainsi que les services de santé. Ceci pousse, surtout en Europe, les pouvoirs publics à limiter la production et la commercialisation de telles productions. Ainsi, en 2008, le gouvernement français a décidé d’un moratoire concernant le MON 810, espèce de maïs génétiquement modifiée. Et la lutte contre les OGM a pris de l’ampleur dans la nébuleuse altermondialiste : on se rappelle par exemple de José Bové et Noël Mamère qui entreprirent d’arracher des champs entiers de plantes transgéniques en 2004 à Menville, en Haute-Garonne.
Quoiqu’il en soit, les OGM attirent de plus en plus : si les premières surfaces ensemencées datent du début des années 1990, elles représentaient en 2009 134 millions d’hectares, soit près de 9% des surfaces cultivées.
Source:Par Charles LARUE
- « Vouloir prouver des choses qui sont claires d'elles-mêmes, c'est éclairer le jour avec une lampe. ». .
http://algerie-institution.blog4ever.com
Re: Mondialisation ou globalisation (en)
Veuillez patienter, tiers-mondisation en cours de traitement

versaillaise de hauts fonctionnaires d’État se targue d’être démocrate au chevet du peuple là où ces hommes ne sont qu’une bureaucratique oligarchie, fidèles serviteurs de l’Empire capitaliste, qui manifestent une folie obsessionnelle à imposer une mainmise permanente sur sa population : mise sous cadenas des cerveaux, contrôle de l’information en considérant les médias comme ambassadeurs de la vérité, révoltes et résistances ankylosées, télésurveillance, politique du tout sécuritaire, exaltation des peurs, division des foules... Nous vivons une époque formidable où Big Brother règne en maître sur les esclaves des temps modernes. Citoyens du nouvel ordre mondial, prenez gare au télécran, nous sommes la cible de leurs institutions du vol. L’équation est simple, celui qui a de l’argent vit, celui qui n’en a pas, galère ou crève. Face à l’engrenage de ce système qui écrase tout ce qui est plus faible sur son passage, l’individu en quête de liberté tombée en désuétude, doit lutter en permanence contre l’avarice des mercenaires du pouvoir et les bouches avides, gourmandes en dividendes et portefeuilles de titres. Mais n’ayons craintes, les gardes fous de la République irréprochable nous assurent quotidiennement paix, pain, bonheur et sécurité, malgré plus de 300 000 destructions d’emplois pour l’année 2009 en France, pendant que Veolia-environnement enregistre des profits records. Les indécrottables valets de la sarkozie (Lefèbvre, Hortefeux, Besson, Bertrand, Bettencourt, Dassault, etc.) et les journalistes de grande audience n’ont pas la gorge sèche lorsqu’il s’agit de cracher toutes ces balivernes médiatiques au micro, et ne manquent jamais de parts de marchés dans leur concupiscence pour les mascarades électoralistes fumeuses et clientélistes. Vêtus de leurs soutanes parlementaires ornées de fleurs de lys, artisans de la langue de bois, et rois de la manipulation, ces hommes de pouvoir avec démence et indécence, imposent leurs points de croissance en plus pour se remplir la panse pendant que la France panse ses plaies cérébrales entre stress, angoisse, dépression, drogue, addiction télévisuelle et bonheur vacancier d’une courte durée de cinq semaines annuelles. Ce bonheur prémâché en doses publicitaires patiemment attendu durant quarante sept semaines d’exploitation salariale consentie, qui se libère l’été sur les plages de la France, doigts de pied en éventail, permet de fermer les yeux une fois de plus sur l’amer goût de peste brune récupérée à la flamme par le pommier, séduisant les électeurs frontistes et rodant autour des couloirs de l’Élysée depuis l’automne 2009. Ce, tout en espérant observer de son vivant un changement qui ne viendra que lorsqu’il sera trop tard pour la planète, saturée par la destruction rentable des écosystèmes, la radioactivité due aux radiations calme et latentes d’un siècle d’extraction nucléaire, la pollution des sols, des eaux, des mers et de l’air.
Ce texte n’a pas vocation à faire la publicité malsaine d’un écologisme capitaliste digne des écolos-bobos tels Nicolas Hulot ou Yan Arthus Bertrand (qui se lamente de la pollution du haut de son hélicoptère, et qui finance un film grâce à de grands groupes industriels tel Pinault, PDG de Pinault-Printemps-Redoute), ceux-là mêmes qui n’auraient de honte à faire produire des bombes écologiques pour guerres propres, des éoliennes ou des panneaux photovoltaïques à la chaîne par des mômes de dix ans, pourvu que l’on utilise les énergies renouvelables dans le processus de production. Ce texte voudrait plutôt être une voix qui hurlerait contre l’état chronique de misère ambiante de la pensée critique, généré par des dizaines d’années d’endoctrinement massif et de formatage idéologique au système consumériste, pour que même les gens de "gauche" s’adaptent aux nouveaux besoins créés par les entreprises et la doxa du marché.
Parmi tous ceux-ci qui font couler le Titanic chaque jour un peu plus, une ineptie loin d’être raisonnable sort des micros des politiques dominants depuis 2008 : il faut refonder, moraliser, réguler le capitalisme. En proposant de rendre moral ou acceptable une entreprise de mise à mort lente et généralisée (par la précarité au Nord, la faim au Sud, ou les guerres "propres" néocolonialistes de l’Empire néolibéral) à l’échelle de toute la planète, même Hitler, Staline, ou Pinochet n’auraient pas faits de plus belles oxymores. Moraliser le capitalisme financier dans un monde globalisé, cela revient à dire qu’un renard qui ravage et assassine tous les moutons d’une bergerie, ou les lapins d’un clapier, pourrait être dompté pour qu’il les cajole.
Mondialisation et oligarchie des entreprises : deux phénomènes intimement liés
La fabrication à la chaîne des opinions façonnables et des êtres manipulables corvéables à merci dans un univers de surveillance numérique pour que règnent en maîtres les cartels d’entreprises multinationales, ne se font pas sans des États dont les gouvernements, de gauche libérale ou de droite libérale, légifèrent pour avaliser les agissements de ces prédateurs du Capital globalisé.
La mondialisation dans sa phase néolibérale force les économies nationales à fusionner sur un seul et unique marché capitaliste transcontinental. De telle manière que les États sont forcés de privatiser leurs entreprises et spécialiser leurs économies dans les secteurs où ils sont les plus compétitifs pour ne pas perdre la confiance des marchés financiers. L’individu, l’eau, la terre, le ciel, tout est potentiellement vendable sur le marché unique mondial, à un tel point que bientôt, un air pur sans hydrocarbures respiré en pleine campagne fera gonfler l’avis d’imposition annuel. Dans les chiffres, la mondialisation procure une abondance colossale de biens et de richesses, mais il est important que cette fausse abondance ne bénéficie qu’à un tiers de la population mondiale. Celles-ci depuis 1492 ne circulent que du Nord vers le Nord, ou du Sud vers le Nord.
« Les Quatre Cavaliers de l’Apocalypse du sous-développement sont la faim, la soif, les épidémies et la guerre. Ils détruisent chaque année plus d’hommes, de femmes et d’enfants que la boucherie de la Seconde Guerre Mondiale pendant six ans. »
Ce processus mondialiste arbitré par les organisations internationales, l’UE, le G8, le FMI et l’OMC répond à une dualité causale permanente : le nombre d’individus sur Terre en état de misère absolue augmente chaque année, et les plus grandes fortunes du monde s’enrichissent encore, encore, encore et encore toujours plus. A titre d’exemple, quelques chiffres. En 2007, les 500 entreprises multinationales les plus puissantes ont contrôlé 54% du produit mondial brut. En 2009, le revenu des 500 individus les plus riches de la planète dépasse les revenus cumulés des 416 millions de personnes les plus pauvres. En 2005, quatre milliards d’individus vivaient encore avec moins de 2$ par jour. En 2007, les chiffres de l’ONU font état de 1125 milliardaires en dollars, ayant un patrimoine cumulé de 4400 milliards de dollars. Or selon les mêmes sources, il faudrait 80 milliards de dollars par an pour assurer à la totalité de la population mondiale les services sociaux essentiels (santé, éducation, eau, assainissement). Un impôt annuel de 2% sur ces fortunes suffirait à regrouper ces 80 milliards². Rappelons, selon Jean Ziegler, qu’un enfant de moins de dix ans meurt de faim toutes les cinq secondes sur une planète qui peut nourrir douze milliards d’êtres humains. Sur une Terre où 18.6% de Blancs contrôlent plus de 80% des ressources naturelles mondiales, il y bien de quoi penser que ce ne serait qu’un devoir citoyen de changer radicalement nos habitudes de consommation en France, et dans tous les pays dits développés, en rétablissant les barrières douanières des pays les plus pauvres, ainsi qu’en réhabilitant une production optimale pour une consommation locale au lieu d’importer des produits sous-payés au Tiers-Monde. Or au lieu de cela, les élites des pays d’Europe multiplient à tour de bras les délocalisations dans des "zones spéciales de production" (régions à bas salaires), ainsi que les politiques sécuritaires et la lutte contre l’immigration pour protéger les frontières, jouant sur un faux semblant de sentiment d’insécurité pour rassurer les électorats. L’Occident finance, génère et alimente les conflits dans des pays dits du tiers-monde, il dévalise les pays d’Afrique pour son confort personnel, et ensuite s’horrifie que des étrangers non issus des classes dominantes viennent s’y installer. Tout en amalgamant volontairement délinquance et immigration, l’État français récupère les peurs sécuritaires qui étaient depuis la crise ensevelies sous les poussières de la propagande, insultant ainsi toutes les catégories de personnes qui, délaissées par le système mondial, souhaitent quitter la misère et la pauvreté de leur pays pour vivre travailler avec des souffrances moins douloureuses. Mais il est plus facile de préparer le terrain médiatique pour rendre ses entreprises productrices d’armes et de nucléaire compétitives par la guerre plutôt que d’assumer son passé colonial et jouer son rôle d’État. Les sommes colossales d’argent générées par les multinationales françaises un peu partout en Afrique du Niger à Madagascar en passant par l’Angola sont rapatriées dans des buildings en verre à Paris, le ministre des affaires étrangères ne sert plus qu’à préparer le terrain pour vendre le plus possible de centrales nucléaires ou d’avions de chasse à des États en guerre, la corruption des élus et des ministres est devenue main courante en France, mais même malgré ces trois insuffisants exemples, nul ne peut rediscuter la légitimité dont les pantins de la communication politique se réclament.
La guerre, une affaire rentable.
L’économie globalisée actuelle fonctionne comme un gigantesque Empire qui cherche coute que coute à se maintenir. L’on en retrouve toutes les caractéristiques : politique d’expansion, volonté de puissance, néo-colonisation suivie de l’uniformisation à toutes les régions annexées des économies, enrichissement des dominants et pillage des dominés, soumission obligatoire au courant dominant, système de propagande, et la guerre. La période dite d’Ancien Régime où les monarchies absolues régnaient sur l’Europe constitue la genèse de la consolidation de cet Empire. Le traité de Westphalie de 1648, qui redessinait les frontières des royautés européennes et tirait le profit des conquêtes militaires d’un Louis XIV absolutiste, fut l’un des premiers consensus européens autour de la volonté de puissance du continent sous couvert de paix associée. La mondialisation et les révolutions industrielles qui s’en sont accompagnées durant ces deux derniers siècles ont transférés les conflits des champs de batailles vers l’économie et le monde de l’entreprise. Bien que les deux guerres mondiales et les affrontements divers du 20ème siècle aient été très meurtriers, l’enjeu d’une guerre n’était dès lors pas simplement de remporter la bataille, mais il fallait aussi et surtout que les entreprises mères enregistrent des profits jamais observés. La guerre est une aubaine rentable pour la vente d’armes à tous les pays, qu’ils soient alliés ou ennemis, républicains ou fascistes. Pendant la guerre qui opposait l’Iran à l’Irak de 1980 à 1988, l’administration Reagan a inondé les deux pays en armes, alors que le conflit se déroulait aux portes de leur ennemi juré l’URSS…Les États-Unis ont armé le régime de Saddam Hussein pendant quinze ans, et l’ont assassiné vingt-cinq ans plus tard lorsque celui-ci ne servait plus que d’argument médiatique à la fausse guerre contre le terrorisme, de même en ce qui concerne les Talibans, armés par le même pays pour lutter contre l’URSS...
Depuis bientôt deux ans, les États occidentaux tentent de faire payer leur crise économique aux sociétés civiles du monde entier, et colmatent les brèches de leurs canots de sauvetage, gangrénés par le flamboyant totalitarisme des marchés financiers et la connivence permanente entre monde abstrait de la spéculation financière et classe politique.

versaillaise de hauts fonctionnaires d’État se targue d’être démocrate au chevet du peuple là où ces hommes ne sont qu’une bureaucratique oligarchie, fidèles serviteurs de l’Empire capitaliste, qui manifestent une folie obsessionnelle à imposer une mainmise permanente sur sa population : mise sous cadenas des cerveaux, contrôle de l’information en considérant les médias comme ambassadeurs de la vérité, révoltes et résistances ankylosées, télésurveillance, politique du tout sécuritaire, exaltation des peurs, division des foules... Nous vivons une époque formidable où Big Brother règne en maître sur les esclaves des temps modernes. Citoyens du nouvel ordre mondial, prenez gare au télécran, nous sommes la cible de leurs institutions du vol. L’équation est simple, celui qui a de l’argent vit, celui qui n’en a pas, galère ou crève. Face à l’engrenage de ce système qui écrase tout ce qui est plus faible sur son passage, l’individu en quête de liberté tombée en désuétude, doit lutter en permanence contre l’avarice des mercenaires du pouvoir et les bouches avides, gourmandes en dividendes et portefeuilles de titres. Mais n’ayons craintes, les gardes fous de la République irréprochable nous assurent quotidiennement paix, pain, bonheur et sécurité, malgré plus de 300 000 destructions d’emplois pour l’année 2009 en France, pendant que Veolia-environnement enregistre des profits records. Les indécrottables valets de la sarkozie (Lefèbvre, Hortefeux, Besson, Bertrand, Bettencourt, Dassault, etc.) et les journalistes de grande audience n’ont pas la gorge sèche lorsqu’il s’agit de cracher toutes ces balivernes médiatiques au micro, et ne manquent jamais de parts de marchés dans leur concupiscence pour les mascarades électoralistes fumeuses et clientélistes. Vêtus de leurs soutanes parlementaires ornées de fleurs de lys, artisans de la langue de bois, et rois de la manipulation, ces hommes de pouvoir avec démence et indécence, imposent leurs points de croissance en plus pour se remplir la panse pendant que la France panse ses plaies cérébrales entre stress, angoisse, dépression, drogue, addiction télévisuelle et bonheur vacancier d’une courte durée de cinq semaines annuelles. Ce bonheur prémâché en doses publicitaires patiemment attendu durant quarante sept semaines d’exploitation salariale consentie, qui se libère l’été sur les plages de la France, doigts de pied en éventail, permet de fermer les yeux une fois de plus sur l’amer goût de peste brune récupérée à la flamme par le pommier, séduisant les électeurs frontistes et rodant autour des couloirs de l’Élysée depuis l’automne 2009. Ce, tout en espérant observer de son vivant un changement qui ne viendra que lorsqu’il sera trop tard pour la planète, saturée par la destruction rentable des écosystèmes, la radioactivité due aux radiations calme et latentes d’un siècle d’extraction nucléaire, la pollution des sols, des eaux, des mers et de l’air.
Ce texte n’a pas vocation à faire la publicité malsaine d’un écologisme capitaliste digne des écolos-bobos tels Nicolas Hulot ou Yan Arthus Bertrand (qui se lamente de la pollution du haut de son hélicoptère, et qui finance un film grâce à de grands groupes industriels tel Pinault, PDG de Pinault-Printemps-Redoute), ceux-là mêmes qui n’auraient de honte à faire produire des bombes écologiques pour guerres propres, des éoliennes ou des panneaux photovoltaïques à la chaîne par des mômes de dix ans, pourvu que l’on utilise les énergies renouvelables dans le processus de production. Ce texte voudrait plutôt être une voix qui hurlerait contre l’état chronique de misère ambiante de la pensée critique, généré par des dizaines d’années d’endoctrinement massif et de formatage idéologique au système consumériste, pour que même les gens de "gauche" s’adaptent aux nouveaux besoins créés par les entreprises et la doxa du marché.
Parmi tous ceux-ci qui font couler le Titanic chaque jour un peu plus, une ineptie loin d’être raisonnable sort des micros des politiques dominants depuis 2008 : il faut refonder, moraliser, réguler le capitalisme. En proposant de rendre moral ou acceptable une entreprise de mise à mort lente et généralisée (par la précarité au Nord, la faim au Sud, ou les guerres "propres" néocolonialistes de l’Empire néolibéral) à l’échelle de toute la planète, même Hitler, Staline, ou Pinochet n’auraient pas faits de plus belles oxymores. Moraliser le capitalisme financier dans un monde globalisé, cela revient à dire qu’un renard qui ravage et assassine tous les moutons d’une bergerie, ou les lapins d’un clapier, pourrait être dompté pour qu’il les cajole.
Mondialisation et oligarchie des entreprises : deux phénomènes intimement liés
La fabrication à la chaîne des opinions façonnables et des êtres manipulables corvéables à merci dans un univers de surveillance numérique pour que règnent en maîtres les cartels d’entreprises multinationales, ne se font pas sans des États dont les gouvernements, de gauche libérale ou de droite libérale, légifèrent pour avaliser les agissements de ces prédateurs du Capital globalisé.
La mondialisation dans sa phase néolibérale force les économies nationales à fusionner sur un seul et unique marché capitaliste transcontinental. De telle manière que les États sont forcés de privatiser leurs entreprises et spécialiser leurs économies dans les secteurs où ils sont les plus compétitifs pour ne pas perdre la confiance des marchés financiers. L’individu, l’eau, la terre, le ciel, tout est potentiellement vendable sur le marché unique mondial, à un tel point que bientôt, un air pur sans hydrocarbures respiré en pleine campagne fera gonfler l’avis d’imposition annuel. Dans les chiffres, la mondialisation procure une abondance colossale de biens et de richesses, mais il est important que cette fausse abondance ne bénéficie qu’à un tiers de la population mondiale. Celles-ci depuis 1492 ne circulent que du Nord vers le Nord, ou du Sud vers le Nord.
« Les Quatre Cavaliers de l’Apocalypse du sous-développement sont la faim, la soif, les épidémies et la guerre. Ils détruisent chaque année plus d’hommes, de femmes et d’enfants que la boucherie de la Seconde Guerre Mondiale pendant six ans. »
Ce processus mondialiste arbitré par les organisations internationales, l’UE, le G8, le FMI et l’OMC répond à une dualité causale permanente : le nombre d’individus sur Terre en état de misère absolue augmente chaque année, et les plus grandes fortunes du monde s’enrichissent encore, encore, encore et encore toujours plus. A titre d’exemple, quelques chiffres. En 2007, les 500 entreprises multinationales les plus puissantes ont contrôlé 54% du produit mondial brut. En 2009, le revenu des 500 individus les plus riches de la planète dépasse les revenus cumulés des 416 millions de personnes les plus pauvres. En 2005, quatre milliards d’individus vivaient encore avec moins de 2$ par jour. En 2007, les chiffres de l’ONU font état de 1125 milliardaires en dollars, ayant un patrimoine cumulé de 4400 milliards de dollars. Or selon les mêmes sources, il faudrait 80 milliards de dollars par an pour assurer à la totalité de la population mondiale les services sociaux essentiels (santé, éducation, eau, assainissement). Un impôt annuel de 2% sur ces fortunes suffirait à regrouper ces 80 milliards². Rappelons, selon Jean Ziegler, qu’un enfant de moins de dix ans meurt de faim toutes les cinq secondes sur une planète qui peut nourrir douze milliards d’êtres humains. Sur une Terre où 18.6% de Blancs contrôlent plus de 80% des ressources naturelles mondiales, il y bien de quoi penser que ce ne serait qu’un devoir citoyen de changer radicalement nos habitudes de consommation en France, et dans tous les pays dits développés, en rétablissant les barrières douanières des pays les plus pauvres, ainsi qu’en réhabilitant une production optimale pour une consommation locale au lieu d’importer des produits sous-payés au Tiers-Monde. Or au lieu de cela, les élites des pays d’Europe multiplient à tour de bras les délocalisations dans des "zones spéciales de production" (régions à bas salaires), ainsi que les politiques sécuritaires et la lutte contre l’immigration pour protéger les frontières, jouant sur un faux semblant de sentiment d’insécurité pour rassurer les électorats. L’Occident finance, génère et alimente les conflits dans des pays dits du tiers-monde, il dévalise les pays d’Afrique pour son confort personnel, et ensuite s’horrifie que des étrangers non issus des classes dominantes viennent s’y installer. Tout en amalgamant volontairement délinquance et immigration, l’État français récupère les peurs sécuritaires qui étaient depuis la crise ensevelies sous les poussières de la propagande, insultant ainsi toutes les catégories de personnes qui, délaissées par le système mondial, souhaitent quitter la misère et la pauvreté de leur pays pour vivre travailler avec des souffrances moins douloureuses. Mais il est plus facile de préparer le terrain médiatique pour rendre ses entreprises productrices d’armes et de nucléaire compétitives par la guerre plutôt que d’assumer son passé colonial et jouer son rôle d’État. Les sommes colossales d’argent générées par les multinationales françaises un peu partout en Afrique du Niger à Madagascar en passant par l’Angola sont rapatriées dans des buildings en verre à Paris, le ministre des affaires étrangères ne sert plus qu’à préparer le terrain pour vendre le plus possible de centrales nucléaires ou d’avions de chasse à des États en guerre, la corruption des élus et des ministres est devenue main courante en France, mais même malgré ces trois insuffisants exemples, nul ne peut rediscuter la légitimité dont les pantins de la communication politique se réclament.
La guerre, une affaire rentable.
L’économie globalisée actuelle fonctionne comme un gigantesque Empire qui cherche coute que coute à se maintenir. L’on en retrouve toutes les caractéristiques : politique d’expansion, volonté de puissance, néo-colonisation suivie de l’uniformisation à toutes les régions annexées des économies, enrichissement des dominants et pillage des dominés, soumission obligatoire au courant dominant, système de propagande, et la guerre. La période dite d’Ancien Régime où les monarchies absolues régnaient sur l’Europe constitue la genèse de la consolidation de cet Empire. Le traité de Westphalie de 1648, qui redessinait les frontières des royautés européennes et tirait le profit des conquêtes militaires d’un Louis XIV absolutiste, fut l’un des premiers consensus européens autour de la volonté de puissance du continent sous couvert de paix associée. La mondialisation et les révolutions industrielles qui s’en sont accompagnées durant ces deux derniers siècles ont transférés les conflits des champs de batailles vers l’économie et le monde de l’entreprise. Bien que les deux guerres mondiales et les affrontements divers du 20ème siècle aient été très meurtriers, l’enjeu d’une guerre n’était dès lors pas simplement de remporter la bataille, mais il fallait aussi et surtout que les entreprises mères enregistrent des profits jamais observés. La guerre est une aubaine rentable pour la vente d’armes à tous les pays, qu’ils soient alliés ou ennemis, républicains ou fascistes. Pendant la guerre qui opposait l’Iran à l’Irak de 1980 à 1988, l’administration Reagan a inondé les deux pays en armes, alors que le conflit se déroulait aux portes de leur ennemi juré l’URSS…Les États-Unis ont armé le régime de Saddam Hussein pendant quinze ans, et l’ont assassiné vingt-cinq ans plus tard lorsque celui-ci ne servait plus que d’argument médiatique à la fausse guerre contre le terrorisme, de même en ce qui concerne les Talibans, armés par le même pays pour lutter contre l’URSS...
- « Vouloir prouver des choses qui sont claires d'elles-mêmes, c'est éclairer le jour avec une lampe. ». .
http://algerie-institution.blog4ever.com
Re: Mondialisation ou globalisation (en)
Les forces armées de l’empire capitaliste, c’est-à-dire les banques et multinationales privées, les institutions financières internationales (G8, OMC, FMI, Banque Mondiale) et les dirigeants d’États, peuvent à tout moment déstabiliser d’autres gouvernements, voire leur déclarer la guerre, s’ils ne servent pas leurs intérêts à court terme. Ce fut le cas on le sait, au Chili le 11 septembre 1973. Depuis 2006 en Bolivie, l’administration américaine et la CIA tentent régulièrement de financer les partis d’opposition au régime socialiste d’Evo Morales pour le remplacer éventuellement par des boliviens plus souhaitables aux élections (soit, des néolibéraux). La plupart des États occidentaux sont les plus gros producteurs et exportateurs d’armes dans le monde. La France est le quatrième producteur mondial d’armes après le Royaume-Uni, la Russie et les États-Unis, grâce au groupe Dassault, et alimente ainsi nombre de conflits en Afrique. Fort de leurs puissances, ces pays producteurs d’armes sont ceux dont les complexes militaro-industriels sont les plus développés, possèdent des bases aux quatre coins de la planète pour surveiller en permanence tout mouvement ennemi suscitant la menace étrangère, et ce sont aussi les pays membres de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord. Institution légalisée et créée sous la forme d’une organisation d’États s’associant pour la paix en 1949, celle-ci est davantage une arme de poing balayant tout sur son passage pour consolider l’Empire qu’une association pour stopper la guerre sur la planète. Dans l’arrogance du système, faire la guerre pour obtenir la paix et imposer notre modèle de développement est devenu un symbole, une devise. La démocratie libérale ou l’écrasement sous les bombes : choisis ton camp, camarade. Faire partie de l’OTAN, grand militant européen de la paix meurtrière et sanguinaire, donne le droit à la France de faire la morale à tous les autres pays n’en faisant pas partie (Chine, Iran, Pakistan etc.).
Notre époque est sans doute la plus meurtrière de tous les temps, un magnifique monde où des bidonvilles se construisent au pied des grands buildings en verre, entre ceux qui crèvent sur la dalle et les actionnaires-banquiers qui ont tellement de primes et de bonus qu’ils ne sauraient même pas comment faire pour tout dépenser en un mois.
- « Vouloir prouver des choses qui sont claires d'elles-mêmes, c'est éclairer le jour avec une lampe. ». .
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Re: Mondialisation ou globalisation (en)
Le règne des entreprises, une tyrannie de la finance pour une poignée d’hommes à l’aune de la mondialisation.
Cette hégémonie outrageuse des conglomérats d’entreprises privées, ne s’est pas installée au dernier orage… Le développement des entreprises multinationales et leurs agissements néocolonialistes est une résultante directe de la mondialisation des échanges, celle qui enrichissait déjà les Empires coloniaux d’Europe (Grande-Bretagne, France, Portugal, Espagne) grâce au commerce triangulaire établi d’une manière savamment pensée pour le prestige des monarchies européennes, il y a cinq cent ans de cela.
Ce sont les économistes mercantilistes au service du pouvoir royal des 16 et 17ème siècles qui, dans l’histoire de la pensée économique, furent les premiers à établir une doctrine prônant l’enrichissement des nations d’Europe par le développement des échanges au travers du commerce extérieur. C’est la première forme combinée de mondialisation et de libéralisme, où les comptoirs européens s’établirent sur les côtes d’Amérique, d’Afrique, d’Asie plus tard. En 1774, la Jamaïque comptait 200 000 esclaves sur 775 plantations. Les bénéfices nets reçus de ces plantations dans ce pays des Caraïbes par l’Angleterre pour cette même année représentaient 1 500 000 livres de l’époque³. On oublie souvent que dans ce contexte de globalisation, la précarité ou la pauvreté d’un petit paysan producteur de café au fin fond du Honduras ou de l’Éthiopie est générée par les cartels occidentaux de la grande distribution. Que notre mode de consommation a de grandes influences sur la vie des pauvres gens d’Afrique, même si nous nous n’en estimons pas responsables. Sans ces trois siècles d’accumulation de capital dans ses colonies et d’esclavage, l’Europe n’aurait pas pu réaliser la Révolution Industrielle de la fin du 19ème siècle et passer d’une économie agricole à une économie ouvrière, industrialisée, base de son développement économique. Et sans les progrès démocratiques et sociaux qu’elle a vécu au sortir de la Seconde Guerre Mondiale grâce aux diverses luttes sociales, (sécurité sociale, congés payés, réduction du temps de travail etc.), ce continent n’aurait pu bénéficier des services sociaux essentiels au développement social des populations (services publics, couverture sociale gratuite, services des eaux, éducation, santé publique). La mondialisation néolibérale depuis quarante ans tente à merveille, à l’usure, de faire table rase des acquis sociaux apportés par le Conseil National de la Résistance.
L’ère industrielle commence au début du 18ième siècle en Angleterre. Les industriels développèrent les premières pompes à vapeur qui permettaient de pomper l’eau des mines à la place des mineurs afin d’extraire davantage de charbon, plus rapidement dans un souci de gain de productivité en réduisant les coûts de production. L’exploitation du charbon, a suivi celle du fer, puis du textile, puis celle de l’automobile, aujourd’hui le mot d’ordre est de produire davantage de cartes mémoires, de circuits imprimés ou de puces électroniques à l’heure. L’impératif économique voulant optimiser les calculs de coûts fixes et variables, et accroître les objectifs de rentabilité ont toujours été les mêmes, et ce depuis que l’on attribue la notion de valeur dans la transformation d’une matière première en produit fini. Si l’économie préindustrielle du 15ème au 18ème siècle s’articulait autour du commerce triangulaire, avec pour pierre angulaire le pillage des ressources d’Afrique et d’Amérique Latine par l’esclavage et le rapatriement des ressources en Europe, le cynisme de notre ère marchande est que l’on paye les esclaves. Dans le fond, rien n’a changé. Avec un (maigre) salaire, le salarié d’aujourd’hui se sent libre de consommer ce qui lui plait, partout où il veut, dans la mesure de l’entendement de son banquier. Mais à la différence des esclaves du Moyen-âge, l’esclave salarié du 21ème siècle doit payer sa cage, sa parcelle de terre soit à un propriétaire, soit au service des impôts, il doit payer pour l’assurance obligatoire de ses bien matériels à travers ce qu’on nomme hypocritement les cotisations. Non content de payer pour sa cage en ville ou pour sa voiture à crédit, il s’y barricade constamment pour éviter qu’un autre esclave du régime totalitaire des banques ne vienne lui chercher des noises. En fait, le pouvoir des entreprises n’a jamais été aussi conséquent sur l’individu, en ce qu’elles permettent de rétribuer aux esclaves modernes un sentiment de liberté pécuniaire, étouffant ainsi toute résistance à l’oppression ou à l’aliénation du travail.
L’institution du travail, via la hiérarchisation des tâches, le corporatisme, le management, l’objectif de rentabilité et de productivité en un temps toujours plus restreint dans les grosses entreprises, permettent d’infliger à l’Homme contemporain une spirale implacable de chantage, de pressions et de relations de contrôle/obéissance profondément antidémocratiques, voire totalitaire, le tout pour l’intérêt à court terme bien soigné de quelques poignées d’actionnaires, dont la collusion avec le pouvoir politique actuellement en place est tout autant consternante que flagrante et décomplexée. L’institution du travail substitue à toute individualité la culture d’une conscience personnelle libre et d’une connaissance de soi pour la transcender en une simple et vulgaire pièce de l’appareil productif servant à la vente. Une vulgaire marchandise.
Les livres scolaires veulent nous faire croire que la victoire de la démocratie sur la monarchie il y a deux siècles de cela fut une révolution des libertés, un changement planétaire radical. Mais ils occultent le fait que notre système économique actuel ait été érigé par les élites intellectuelles, mercantilistes, puis physiocrates de l’Ancien Régime qui à l’époque inventaient les stratagèmes et paradigmes économiques qui leur feraient gagner plus d’argent en un temps restreint. Le putsch de 1789 changea les têtes dirigeantes, mais pas la logique économique. Les valeurs, les normes, et les méthodes de contrôle social imposées aux sociétés civiles, perdurent selon les mêmes paradigmes économiques : le temps de travail fixe la valeur des choses, et la rareté des biens détermine le niveau des prix, et produit un discours de légitimation de l’inégal accès aux ressources.
Cette hégémonie outrageuse des conglomérats d’entreprises privées, ne s’est pas installée au dernier orage… Le développement des entreprises multinationales et leurs agissements néocolonialistes est une résultante directe de la mondialisation des échanges, celle qui enrichissait déjà les Empires coloniaux d’Europe (Grande-Bretagne, France, Portugal, Espagne) grâce au commerce triangulaire établi d’une manière savamment pensée pour le prestige des monarchies européennes, il y a cinq cent ans de cela.
Ce sont les économistes mercantilistes au service du pouvoir royal des 16 et 17ème siècles qui, dans l’histoire de la pensée économique, furent les premiers à établir une doctrine prônant l’enrichissement des nations d’Europe par le développement des échanges au travers du commerce extérieur. C’est la première forme combinée de mondialisation et de libéralisme, où les comptoirs européens s’établirent sur les côtes d’Amérique, d’Afrique, d’Asie plus tard. En 1774, la Jamaïque comptait 200 000 esclaves sur 775 plantations. Les bénéfices nets reçus de ces plantations dans ce pays des Caraïbes par l’Angleterre pour cette même année représentaient 1 500 000 livres de l’époque³. On oublie souvent que dans ce contexte de globalisation, la précarité ou la pauvreté d’un petit paysan producteur de café au fin fond du Honduras ou de l’Éthiopie est générée par les cartels occidentaux de la grande distribution. Que notre mode de consommation a de grandes influences sur la vie des pauvres gens d’Afrique, même si nous nous n’en estimons pas responsables. Sans ces trois siècles d’accumulation de capital dans ses colonies et d’esclavage, l’Europe n’aurait pas pu réaliser la Révolution Industrielle de la fin du 19ème siècle et passer d’une économie agricole à une économie ouvrière, industrialisée, base de son développement économique. Et sans les progrès démocratiques et sociaux qu’elle a vécu au sortir de la Seconde Guerre Mondiale grâce aux diverses luttes sociales, (sécurité sociale, congés payés, réduction du temps de travail etc.), ce continent n’aurait pu bénéficier des services sociaux essentiels au développement social des populations (services publics, couverture sociale gratuite, services des eaux, éducation, santé publique). La mondialisation néolibérale depuis quarante ans tente à merveille, à l’usure, de faire table rase des acquis sociaux apportés par le Conseil National de la Résistance.
L’ère industrielle commence au début du 18ième siècle en Angleterre. Les industriels développèrent les premières pompes à vapeur qui permettaient de pomper l’eau des mines à la place des mineurs afin d’extraire davantage de charbon, plus rapidement dans un souci de gain de productivité en réduisant les coûts de production. L’exploitation du charbon, a suivi celle du fer, puis du textile, puis celle de l’automobile, aujourd’hui le mot d’ordre est de produire davantage de cartes mémoires, de circuits imprimés ou de puces électroniques à l’heure. L’impératif économique voulant optimiser les calculs de coûts fixes et variables, et accroître les objectifs de rentabilité ont toujours été les mêmes, et ce depuis que l’on attribue la notion de valeur dans la transformation d’une matière première en produit fini. Si l’économie préindustrielle du 15ème au 18ème siècle s’articulait autour du commerce triangulaire, avec pour pierre angulaire le pillage des ressources d’Afrique et d’Amérique Latine par l’esclavage et le rapatriement des ressources en Europe, le cynisme de notre ère marchande est que l’on paye les esclaves. Dans le fond, rien n’a changé. Avec un (maigre) salaire, le salarié d’aujourd’hui se sent libre de consommer ce qui lui plait, partout où il veut, dans la mesure de l’entendement de son banquier. Mais à la différence des esclaves du Moyen-âge, l’esclave salarié du 21ème siècle doit payer sa cage, sa parcelle de terre soit à un propriétaire, soit au service des impôts, il doit payer pour l’assurance obligatoire de ses bien matériels à travers ce qu’on nomme hypocritement les cotisations. Non content de payer pour sa cage en ville ou pour sa voiture à crédit, il s’y barricade constamment pour éviter qu’un autre esclave du régime totalitaire des banques ne vienne lui chercher des noises. En fait, le pouvoir des entreprises n’a jamais été aussi conséquent sur l’individu, en ce qu’elles permettent de rétribuer aux esclaves modernes un sentiment de liberté pécuniaire, étouffant ainsi toute résistance à l’oppression ou à l’aliénation du travail.
L’institution du travail, via la hiérarchisation des tâches, le corporatisme, le management, l’objectif de rentabilité et de productivité en un temps toujours plus restreint dans les grosses entreprises, permettent d’infliger à l’Homme contemporain une spirale implacable de chantage, de pressions et de relations de contrôle/obéissance profondément antidémocratiques, voire totalitaire, le tout pour l’intérêt à court terme bien soigné de quelques poignées d’actionnaires, dont la collusion avec le pouvoir politique actuellement en place est tout autant consternante que flagrante et décomplexée. L’institution du travail substitue à toute individualité la culture d’une conscience personnelle libre et d’une connaissance de soi pour la transcender en une simple et vulgaire pièce de l’appareil productif servant à la vente. Une vulgaire marchandise.
Les livres scolaires veulent nous faire croire que la victoire de la démocratie sur la monarchie il y a deux siècles de cela fut une révolution des libertés, un changement planétaire radical. Mais ils occultent le fait que notre système économique actuel ait été érigé par les élites intellectuelles, mercantilistes, puis physiocrates de l’Ancien Régime qui à l’époque inventaient les stratagèmes et paradigmes économiques qui leur feraient gagner plus d’argent en un temps restreint. Le putsch de 1789 changea les têtes dirigeantes, mais pas la logique économique. Les valeurs, les normes, et les méthodes de contrôle social imposées aux sociétés civiles, perdurent selon les mêmes paradigmes économiques : le temps de travail fixe la valeur des choses, et la rareté des biens détermine le niveau des prix, et produit un discours de légitimation de l’inégal accès aux ressources.
- « Vouloir prouver des choses qui sont claires d'elles-mêmes, c'est éclairer le jour avec une lampe. ». .
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Re: Mondialisation ou globalisation (en)
Au 19ième siècle, les dirigeants des entreprises existantes en Europe ou aux États-Unis devaient se plier aux normes instituées par les États : les règles de production, la durée du temps de travail, le montant des salaires, etc. Les entreprises avaient pour unique but de satisfaire au bien commun, à ce qu’on a défini comme étant l’intérêt général. La production issue du travail des ouvriers devait servir à l’amélioration des infrastructures nécessaires à la communication ou au développement des échanges. D’ailleurs, même Adam Smith, que l’on considère comme le pilier pionnier écossais de la non-intervention de l’État dans l’économie, écrivait que le développement des infrastructures et des voies de communication devait rester dévolu aux entreprises étatiques. L’acquisition d’une part de l’entreprise par un "investisseur" privé était encore interdit. Mais en 1868, fut signé aux États-Unis le 14ème amendement à la Constitution. Celui-ci aurait eu pour objectif de concéder aux populations noires la citoyenneté au même titre que les blancs. Les législateurs ont fait passer cette révision constitutionnelle pour un progrès au service de la lutte contre le racisme, mais en réalité, cette date marque le début du pouvoir hégémonique des grandes entreprises. Car cet amendement donnait la personnalité juridique aux entreprises, de telle manière qu’elles pouvaient alors passer des contrats, se défendre en justice au même titre que n’importe quel citoyen particulier. Comme toute entreprise pouvait passer des contrats, elles pouvaient aussi se racheter entre elles par le biais d’offres publiques d’achat, n’étaient plus soumis à la tutelle étatique, et pouvaient ainsi réaliser librement leurs bénéfices, en organisant leur propre organisation de travail. Pire, elles pouvaient exproprier des terres en les rachetant aux gens pour y installer leurs bâtiments. Il a donc fallu consolider un environnement de travail, un vocabulaire, des techniques de marketing et générer de la productivité en temps restreint par tête, ce pour conserver la compétitivité dans un univers de concurrence féroce devenue peu à peu oligopole commercial. Et comme tout ordre donné, tout objectif de production, toute commande se réalise à la va-vite pour satisfaire le client le plus rapidement, "pour hier", les dirigeants se sont inspirés des économistes à succès de l’époque (Schumpeter, Taylor, Ford etc…) pour faciliter une division des tâches, remodeler l’emploi du temps de l’ouvrier, acheter sa condition d’esclave sans chaînes, et étendre les sphères de puissance de l’État.
Avec la révolution industrielle toute naissante de la fin du 19ème siècle, une catégorie de personnes estimait que les profits n’étaient pas suffisamment conséquents, alors que la condition économique et sociale de classe ouvrière productrice s’aggravait, et s’est rendue compte qu’elle pouvait réaliser des bénéfices inouïs sans faire partie du processus de production de l’entreprise : les banques ont commencé lentement à acheter des parts dans le capital des entreprises, et à en recevoir des dividendes importants sur le dos du travail d’autrui. Le 20ième siècle est celui du développement de l’économie de crédit, de l’actionnariat et du système de prêts consentis autant aux particuliers qu’aux États. Ce qui devait officiellement servir les intérêts des gens à l’origine n’était qu’une perspective de vol organisé à grande échelle des individus.
Pourtant, avec toute l’évolution du travail apportée par les révolutions industrielles successives, le progrès technique aurait pu permettre de simplifier le travail, de produire mieux en générant moins d’efforts. Simplifier le travail pour vivre mieux et plus longtemps, en somme. Or même avec la mécanisation du travail, dans un pays où la démographie se porte plutôt bien (la situation démographique de la société française serait parmi l’une des meilleures d’Europe), l’homme continue de se tuer à l’usine, au chantier, au bureau, tout doucement, à petit feu en attendant une retraite qu’il n’aura, peu ou prou, presque pas. Un travailleur à quarante heures hebdomadaires sera peut-être moins productif et motivé que deux ou plus qui travaillent en association à vingt heures par semaine, mais cela coûte cher aux entreprises en termes de salaires et cotisations sociales à verser. Résultat, à même volume horaire, combiné avec des niveaux de salaires réels augmentant moins vite que les taux d’inflation, cela légitime le maintien d’un certain nombre d’actifs au chômage, et c’est profitable aux "gérants" d’une société comme la notre : un fort taux de chômage, et le mythe d’un trou de la sécurité sociale sont de bons instruments médiatiques de chantage, et aucun salarié n’a le pouvoir de négociation sur ses conditions de travail, au risque que l’entreprise en embauche un autre. Ce n’est hélas pas demain que les salariés du secteur privé s’uniront pour changer de condition sociale attachée à une tutelle patronale ou hiérarchique aliénante, racheter leurs univers de travail et le réorganiser en association selon les besoins de chacun, non d’autrui ne faisant pas partie de la production, afin que la propriété des moyens de productions devienne collective, équitable et démocratique.
Dans la criminalité proactive chronique et récurrente de ce système incompatible avec ce à quoi aspire 85% de la population de ce globe, espérons qu’un énorme procès de Nuremberg bis sera déféré d’urgence pour juger ces prédateurs génocidaires de la mondialisation financière lorsque l’empire du capitalisme sauvage aura sombré et que la majorité des peuples de cette planète pillée, spoliée, polluée, dévastée, chantera au pied des échafauds. Mais ne rêvons pas, ce jour ne sera pas meilleur pour autant. L’humain révolté, enragé, oublie son humanité et ne se rend même pas compte que sa vengeance est bien plus criminelle que celle de ses prédécesseurs, car elle soulage hélas bien des turpitudes.
Source:Par Samuel Métairie
Avec la révolution industrielle toute naissante de la fin du 19ème siècle, une catégorie de personnes estimait que les profits n’étaient pas suffisamment conséquents, alors que la condition économique et sociale de classe ouvrière productrice s’aggravait, et s’est rendue compte qu’elle pouvait réaliser des bénéfices inouïs sans faire partie du processus de production de l’entreprise : les banques ont commencé lentement à acheter des parts dans le capital des entreprises, et à en recevoir des dividendes importants sur le dos du travail d’autrui. Le 20ième siècle est celui du développement de l’économie de crédit, de l’actionnariat et du système de prêts consentis autant aux particuliers qu’aux États. Ce qui devait officiellement servir les intérêts des gens à l’origine n’était qu’une perspective de vol organisé à grande échelle des individus.
Pourtant, avec toute l’évolution du travail apportée par les révolutions industrielles successives, le progrès technique aurait pu permettre de simplifier le travail, de produire mieux en générant moins d’efforts. Simplifier le travail pour vivre mieux et plus longtemps, en somme. Or même avec la mécanisation du travail, dans un pays où la démographie se porte plutôt bien (la situation démographique de la société française serait parmi l’une des meilleures d’Europe), l’homme continue de se tuer à l’usine, au chantier, au bureau, tout doucement, à petit feu en attendant une retraite qu’il n’aura, peu ou prou, presque pas. Un travailleur à quarante heures hebdomadaires sera peut-être moins productif et motivé que deux ou plus qui travaillent en association à vingt heures par semaine, mais cela coûte cher aux entreprises en termes de salaires et cotisations sociales à verser. Résultat, à même volume horaire, combiné avec des niveaux de salaires réels augmentant moins vite que les taux d’inflation, cela légitime le maintien d’un certain nombre d’actifs au chômage, et c’est profitable aux "gérants" d’une société comme la notre : un fort taux de chômage, et le mythe d’un trou de la sécurité sociale sont de bons instruments médiatiques de chantage, et aucun salarié n’a le pouvoir de négociation sur ses conditions de travail, au risque que l’entreprise en embauche un autre. Ce n’est hélas pas demain que les salariés du secteur privé s’uniront pour changer de condition sociale attachée à une tutelle patronale ou hiérarchique aliénante, racheter leurs univers de travail et le réorganiser en association selon les besoins de chacun, non d’autrui ne faisant pas partie de la production, afin que la propriété des moyens de productions devienne collective, équitable et démocratique.
Dans la criminalité proactive chronique et récurrente de ce système incompatible avec ce à quoi aspire 85% de la population de ce globe, espérons qu’un énorme procès de Nuremberg bis sera déféré d’urgence pour juger ces prédateurs génocidaires de la mondialisation financière lorsque l’empire du capitalisme sauvage aura sombré et que la majorité des peuples de cette planète pillée, spoliée, polluée, dévastée, chantera au pied des échafauds. Mais ne rêvons pas, ce jour ne sera pas meilleur pour autant. L’humain révolté, enragé, oublie son humanité et ne se rend même pas compte que sa vengeance est bien plus criminelle que celle de ses prédécesseurs, car elle soulage hélas bien des turpitudes.
Source:Par Samuel Métairie
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Re: Mondialisation ou globalisation (en)
Le " Chemin d'avenir " et les zones franches
Non seulement le chemin d’Avenir est pavé de bonnes intentions, il inaugure très souvent de bretelles sans issue. A l’image de la politique économique et industrielle conduite ces trente dernières années. L’industrialisation du Congo-Brazzaville est, en effet, dorénavant, le nouveau cheval de bataille enfourché par Denis Sassou Nguesso pour le développement de ce pays fort pourvu en richesses naturelles et perclus de paradoxes. Le Congo-Brazzaville est à la fois riche et pauvre. Et, pour hisser le Congo-Brazzaville au niveau des pays émergents, l’administration Sassou Nguesso a sorti de son chapeau la martingale : les zones franches industrielles. Coucou, les revoilà ! Pascal Lissouba s’y était aventuré, à coup de menton. Sans lendemain.
Après Brazzaville, c'est Pointe-Noire qui a reçu, le 7 septembre, Maurice Andrew Lam, conseiller spécial du Premier ministre mauricien, en compagnie d'Alain Akouala Atipault, ministre à la présidence chargé des zones économiques spéciales. Cette visite, qui entre dans le cadre des accords bilatéraux signés entre l'île Maurice et le Congo en février 2010, a concerné les zones littorales du port autonome de Pointe-Noire, de la rivière rouge à Nkounda et de l'embouchure du fleuve Kouilou. Des zones économiques spéciales pourraient y être créées en vue de l'industrialisation du pays dont l'économie ne doit plus reposer uniquement sur le pétrole et le bois.
Le ministre Alain Akouala Atipault a estimé que les zones visitées, compte tenu de leur potentiel, pourraient abriter un complexe pétrochimique ou un port minéralier qui permettrait d'importer du fer, comme l'a suggéré la société d'exploitation du fer MPD.
Selon Maurice Andrew Lam, la création des zones industrielles permettra la création d'emplois qui vont élever le niveau de vie de la population congolaise et favoriser le rayonnement économique du pays dans la sous-région (" Les dépêches de Brazzaville ", 15 Septembre 2010).
" Nous voulons faire de Pointe-Noire une zone franche et une voie qui permette de désenclaver toutes les régions avoisinantes au Gabon, au Zaïre, en Angola, au Centrafrique, au Tchad, au Rwanda, au Burundi et même au Sud-Soudan " (Jeune Afrique n°1839). Telle fut la déclaration de l’ancien Chef de l'Etat congolais Pascal Lissouba en 1996 devant les investisseurs occidentaux réunis à l'ouverture de la foire de Lyon. Ces paroles tonitruantes devraient-elles augurer une ère nouvelle dans l'intégration économique régionale dont l'échec était patent faute de projet et d'ambitions économiques et surtout de volonté politique? Pas si sûr, car le commerce intra-africain demeure négligeable au regard des flux commerciaux mondiaux. La création d'une zone franche industrielle donne au contraire l'impression d'une plus grande participation à la globalisation, dernière étape de la mondialisation de l'économie après l'internationalisation et la transnationalisation. Ainsi, l'un après l'autre, les pays africains découvrent avec délectation les merveilles des zones franches pour résorber leur problème de chômage et attirer les détenteurs de capitaux. Cette initiative de politique industrielle des autorités du Congo-Brazzaville tombe à point nommé, pourrait-on dire! En réalité, les investissements étrangers se multiplient dans cette partie du monde. L’’ Afro-pessimisme " est en train de prendre un coup de vieux, car les cabinets de conseil et d'études, tout comme les investisseurs - et pas seulement asiatiques ou brésiliens -, découvrent, les uns après les autres, que l'Afrique est devenue un continent d'opportunités promis à un développement rapide. Les statistiques du Fonds monétaire international (FMI) disent que de 2000 à 2009 son taux de croissance annuel a atteint, en moyenne, 5,1 %, malgré une année 2009 médiocre (+2,5 %).
Les investisseurs étrangers ne s'y sont pas trompés. Leurs apports annuels en capitaux sont passés de 9 milliards de dollars (7 milliards d'euros) en 2000 à 62 milliards de dollars en 2008, " presque aussi élevés qu'en Chine " (Le Monde, 16 Septembre 2010).
Marché à Pointe-Noire
Toutefois, il existe des initiatives commerciales, sectorielles et industrielles qui méritent d’être saluées. Celle de la création d'une zone franche à Pointe-Noire, Brazzaville et dans la Cuvette centrale en est une. Quid de la région du Pool, de la Likouala et de la vallée du Niari ? Cependant, la politique économique d’un pays ne se joue pas à éclat de voix et les paroles ne suffiront guère à sortir un pays du cycle de régression économique et sociale dans lequel il est englué. Le Congo-Brazzaville a fait et continue d’en faire la rude expérience, malheureusement à ses dépens. La déclaration ci-dessus faite par Alain Akouala Atipo, la caisse de résonance de Sassou Nguesso, fait-elle partie des sempiternelles envolées verbales creuses (santé pour tous, agriculture ‘priorité des priorités », création de 40 000 emplois par an, électricité d’Imboulou avant le cinquantenaire, etc…) tant entendues par le peuple congolais? Il faut hélas craindre que oui surtout quand on sait que les échéances électorales de 2012approchent.
Mythes et réalités des zones franches
Les zones franches industrielles sont des enclaves spéciales situées en dehors des barrières douanières normales et dans lesquelles les entreprises, essentiellement des fabricants étrangers, bénéficient d’un traitement favorable sur l’importation des produits intermédiaires, l’impôt sur les sociétés, la construction d’infrastructures et les règlements industriels applicables dans le reste du pays (Finances et Développement, Juin 1989). La création des zones franches industrielles vise trois objectifs principaux: obtenir des devises, créer des emplois et faciliter le transfert de technologie. Le traitement favorable varie d’un État à l'autre, mais une caractéristique générale des zones franches est la suppression quasi totale de l’imposition, soit de la réglementation de l’importation des biens intermédiaires dans la zone. Ces privilèges sont accordés à la condition que pratiquement toute la production des entreprises de la zone soit exportée et que toutes les matières premières et tous les biens intermédiaires soient exclusivement utilisés à l’intérieur de la zone ou soient réexportés.
Akouala, du portefeuille des démentis aux zones franches
Une caractéristique notable des entreprises opérant dans les zones franches est leur mobilité internationale. Elles se renouvellent très souvent et celles qui quittent une zone d'un pays vont souvent s'installer dans une zone d'un autre pays où les conditions sont plus favorables. La zone franche industrielle est un environnement économique conçu expressément pour attirer ces entreprises mobiles. Les zones franches obéissent le plus souvent à une logique: celle de se doter d'un statut d'extraterritorialité. Territoire délimité et isolé de l'extérieur, accès surveillé et réservé à ceux qui bénéficient du régime dérogatoire de la zone soumise à une gestion privée avec services autonomes de sécurité, de télécommunications, de fourniture d'énergie etc. L'objectif : se voir reconnaître le droit d'être et d'agir hors la loi et hors la souveraineté de l'Etat d'accueil. D'où l'attrait des zones franches pour tous les tenants de la globalisation, enclaves intégrées à la jungle du marché mondial dans des pays par ailleurs laissés à l'abandon (Le Monde diplomatique, Mars 1996). Pour la Confédération Internationale des Syndicats Libres (CISL) qui suit avec attention leurs activités, les zones franches sont « une vaste escroquerie économique et sociale. On peut sans doute compter sur elles pour que les pays en voie de développement continuent de subir les stratégies imposées de l'extérieur, mais pas pour construire entre le Sud et le Nord cette solidarité fondée sur la prise de conscience collective de l'interdépendance des uns et des autres. »
Zones franches et développement local
Il est vrai que Pointe-Noire a l'avantage d'être bien dotée en infrastructures: façade maritime, point de rupture de charge, port en eau profonde, installation aéroportuaire... Pointe-Noire souffre, toutefois, d’un déficit en énergie qui commande la construction du barrage de Sounda. Mais, est-ce pour autant que le déploiement d'une zone franche favorisera le décollage économique de cette région côtière? Lorsqu'on établit une zone franche, on escompte que les entreprises vont augmenter leurs achats sur place de matières premières, de pièces détachées, de produits semi-finis et de machines et que cette interaction avec l'économie locale profiterait aux entreprises régionales sous forme de transfert technologique. Il n'en est rien malheureusement. Les matières premières locales ne constituent qu'un tiers de celles utilisées effectivement dans la zone franche. Les raisons sont vite trouvées. Les achats des matières premières et d'autres biens intermédiaires provenant d'autres entreprises de la zone sont plus de trois fois plus élevés, ces matières premières sont de mauvaise qualité et peu fiables ou encore les matières premières locales ne correspondent pas aux types d'activités industrielles exercées dans les zones franches. La fabrication de vêtements et chaussures utilise une proportion beaucoup plus grande de matières premières locales que le montage de produits électroniques. A mesure que la composition des zones franches fait une plus large place à l'électronique, la proportion de matières premières locales diminue. Bref, le bénéfice tiré par le pays hôte est inversement proportionnel à l'intensité technologique et capitalistique des activités des entreprises opérant dans les zones franches. En réalité, si les entreprises ne veulent pas dépendre des matières premières locales, c'est parce qu'elles obéissent à la logique de la mondialisation de l'économie. Les firmes souhaitent en effet conserver un niveau élevé de mobilité internationale à leurs opérations industrielles et le fait de nouer des relations commerciales à long terme avec les fournisseurs locaux entrave cet objectif. Il est de notoriété publique désormais que les transferts de technologie que l'on espérait retirer des zones franches ne se sont pas encore réalisés et ne se réaliseront peut-être jamais. On peut en être convaincu. Les entreprises qui possèdent des technologies de pointe telles les sociétés électroniques, informatiques, automobiles et aéronautiques préservent très jalousement leurs informations. L'information technique est un savoir précieux pour les sociétés. On croyait très sérieusement que les relations commerciales entre les sociétés opérant dans les zones franches et les fournisseurs locaux seraient source d'enrichissement de ces derniers. Erreur !
La concurrence entre pays hôtes est devenue tellement âpre à travers le monde qu'il est difficile de nos jours d'attirer les investissements étrangers en Afrique dans les secteurs de pointe en sus des industries extractives. Toutefois, les entreprises des zones franches emploient plusieurs travailleurs non qualifiés ou semi-qualifiés. Il est donc invraisemblable et utopique de penser que le problème de chômage de milliers de jeunes diplômés africains soit résolu par le déploiement des zones franches. Cependant, les pays qui ont tiré leur épingle du jeu industriel sont ceux qui se sont lancés très tôt dans la création des zones franches industrielles. La zone franche de l'Île Maurice, la plus renommée du continent, a permis de créer près de 90000 emplois en vingt ans. Autre exemple cité en référence est celui de la Chine avec les zones franches de Shatoujiao avec 15000 emplois crées chaque année et un taux de croissance annuelle de 25% et de Futian dans la province de Shenzen (Jeune Afrique n°1852). Au total environ 4,5 millions d'emplois ont été créés dans le monde par les zones franches en vingt-cinq ans (Cf. "Zones franches d'exportation et violations des droits syndicaux ", enquête de la CISL, Avril 1996). Ce chiffre est très insignifiant comparé à 40 millions de nouveaux demandeurs d'emplois chaque année dans les pays en développement.
Il est possible que le salut du Congo-Brazzaville passe par le déploiement d'une zone franche industrielle à Pointe-Noire, Brazzaville et la Cuvette centrale. Mais, le dynamisme économique d'un pays ne peut reposer sur les sociétés étrangères et les multinationales réputées volantes, surnommées à cet effet " hirondelles ". En effet, ce sont ces multinationales qui ont fait entrer les zones franches dans leurs stratégies mondiales de délocalisations industrielles et commerciales pour améliorer leur compétitivité et augmenter leurs profits. N'en déplaise aux Cassandre d'une bourgeoisie nationale, l'initiative privée locale produit plus de prospérité que n'importe quel projet de développement venu de l'extérieur. Un Bouity au Kouilou, un Mboungou dans le Niari, Malonga, Massengo et Ngangoula dans le Pool, Nkoua dans les Plateaux, Okémba dans la Cuvette, à l’image d’un Bill Gates, d’un Warren Buffet surnommé « l'oracle d'Omaha »,) et d’un Ted Turner aux Etats-Unis ou du Mexicain Carlos Slim, sont plus rentables au Congo-Brazzaville que mille sociétés multinationales regroupées au sein d'une zone franche, prêtes à plier bagage vers d’autres cieux, à la moindre difficulté.
Par:Benjamin BILOMBOT BITADYS
Non seulement le chemin d’Avenir est pavé de bonnes intentions, il inaugure très souvent de bretelles sans issue. A l’image de la politique économique et industrielle conduite ces trente dernières années. L’industrialisation du Congo-Brazzaville est, en effet, dorénavant, le nouveau cheval de bataille enfourché par Denis Sassou Nguesso pour le développement de ce pays fort pourvu en richesses naturelles et perclus de paradoxes. Le Congo-Brazzaville est à la fois riche et pauvre. Et, pour hisser le Congo-Brazzaville au niveau des pays émergents, l’administration Sassou Nguesso a sorti de son chapeau la martingale : les zones franches industrielles. Coucou, les revoilà ! Pascal Lissouba s’y était aventuré, à coup de menton. Sans lendemain.
Après Brazzaville, c'est Pointe-Noire qui a reçu, le 7 septembre, Maurice Andrew Lam, conseiller spécial du Premier ministre mauricien, en compagnie d'Alain Akouala Atipault, ministre à la présidence chargé des zones économiques spéciales. Cette visite, qui entre dans le cadre des accords bilatéraux signés entre l'île Maurice et le Congo en février 2010, a concerné les zones littorales du port autonome de Pointe-Noire, de la rivière rouge à Nkounda et de l'embouchure du fleuve Kouilou. Des zones économiques spéciales pourraient y être créées en vue de l'industrialisation du pays dont l'économie ne doit plus reposer uniquement sur le pétrole et le bois.
Le ministre Alain Akouala Atipault a estimé que les zones visitées, compte tenu de leur potentiel, pourraient abriter un complexe pétrochimique ou un port minéralier qui permettrait d'importer du fer, comme l'a suggéré la société d'exploitation du fer MPD.
Selon Maurice Andrew Lam, la création des zones industrielles permettra la création d'emplois qui vont élever le niveau de vie de la population congolaise et favoriser le rayonnement économique du pays dans la sous-région (" Les dépêches de Brazzaville ", 15 Septembre 2010).
" Nous voulons faire de Pointe-Noire une zone franche et une voie qui permette de désenclaver toutes les régions avoisinantes au Gabon, au Zaïre, en Angola, au Centrafrique, au Tchad, au Rwanda, au Burundi et même au Sud-Soudan " (Jeune Afrique n°1839). Telle fut la déclaration de l’ancien Chef de l'Etat congolais Pascal Lissouba en 1996 devant les investisseurs occidentaux réunis à l'ouverture de la foire de Lyon. Ces paroles tonitruantes devraient-elles augurer une ère nouvelle dans l'intégration économique régionale dont l'échec était patent faute de projet et d'ambitions économiques et surtout de volonté politique? Pas si sûr, car le commerce intra-africain demeure négligeable au regard des flux commerciaux mondiaux. La création d'une zone franche industrielle donne au contraire l'impression d'une plus grande participation à la globalisation, dernière étape de la mondialisation de l'économie après l'internationalisation et la transnationalisation. Ainsi, l'un après l'autre, les pays africains découvrent avec délectation les merveilles des zones franches pour résorber leur problème de chômage et attirer les détenteurs de capitaux. Cette initiative de politique industrielle des autorités du Congo-Brazzaville tombe à point nommé, pourrait-on dire! En réalité, les investissements étrangers se multiplient dans cette partie du monde. L’’ Afro-pessimisme " est en train de prendre un coup de vieux, car les cabinets de conseil et d'études, tout comme les investisseurs - et pas seulement asiatiques ou brésiliens -, découvrent, les uns après les autres, que l'Afrique est devenue un continent d'opportunités promis à un développement rapide. Les statistiques du Fonds monétaire international (FMI) disent que de 2000 à 2009 son taux de croissance annuel a atteint, en moyenne, 5,1 %, malgré une année 2009 médiocre (+2,5 %).
Les investisseurs étrangers ne s'y sont pas trompés. Leurs apports annuels en capitaux sont passés de 9 milliards de dollars (7 milliards d'euros) en 2000 à 62 milliards de dollars en 2008, " presque aussi élevés qu'en Chine " (Le Monde, 16 Septembre 2010).
Marché à Pointe-Noire
Toutefois, il existe des initiatives commerciales, sectorielles et industrielles qui méritent d’être saluées. Celle de la création d'une zone franche à Pointe-Noire, Brazzaville et dans la Cuvette centrale en est une. Quid de la région du Pool, de la Likouala et de la vallée du Niari ? Cependant, la politique économique d’un pays ne se joue pas à éclat de voix et les paroles ne suffiront guère à sortir un pays du cycle de régression économique et sociale dans lequel il est englué. Le Congo-Brazzaville a fait et continue d’en faire la rude expérience, malheureusement à ses dépens. La déclaration ci-dessus faite par Alain Akouala Atipo, la caisse de résonance de Sassou Nguesso, fait-elle partie des sempiternelles envolées verbales creuses (santé pour tous, agriculture ‘priorité des priorités », création de 40 000 emplois par an, électricité d’Imboulou avant le cinquantenaire, etc…) tant entendues par le peuple congolais? Il faut hélas craindre que oui surtout quand on sait que les échéances électorales de 2012approchent.
Mythes et réalités des zones franches
Les zones franches industrielles sont des enclaves spéciales situées en dehors des barrières douanières normales et dans lesquelles les entreprises, essentiellement des fabricants étrangers, bénéficient d’un traitement favorable sur l’importation des produits intermédiaires, l’impôt sur les sociétés, la construction d’infrastructures et les règlements industriels applicables dans le reste du pays (Finances et Développement, Juin 1989). La création des zones franches industrielles vise trois objectifs principaux: obtenir des devises, créer des emplois et faciliter le transfert de technologie. Le traitement favorable varie d’un État à l'autre, mais une caractéristique générale des zones franches est la suppression quasi totale de l’imposition, soit de la réglementation de l’importation des biens intermédiaires dans la zone. Ces privilèges sont accordés à la condition que pratiquement toute la production des entreprises de la zone soit exportée et que toutes les matières premières et tous les biens intermédiaires soient exclusivement utilisés à l’intérieur de la zone ou soient réexportés.
Akouala, du portefeuille des démentis aux zones franches
Une caractéristique notable des entreprises opérant dans les zones franches est leur mobilité internationale. Elles se renouvellent très souvent et celles qui quittent une zone d'un pays vont souvent s'installer dans une zone d'un autre pays où les conditions sont plus favorables. La zone franche industrielle est un environnement économique conçu expressément pour attirer ces entreprises mobiles. Les zones franches obéissent le plus souvent à une logique: celle de se doter d'un statut d'extraterritorialité. Territoire délimité et isolé de l'extérieur, accès surveillé et réservé à ceux qui bénéficient du régime dérogatoire de la zone soumise à une gestion privée avec services autonomes de sécurité, de télécommunications, de fourniture d'énergie etc. L'objectif : se voir reconnaître le droit d'être et d'agir hors la loi et hors la souveraineté de l'Etat d'accueil. D'où l'attrait des zones franches pour tous les tenants de la globalisation, enclaves intégrées à la jungle du marché mondial dans des pays par ailleurs laissés à l'abandon (Le Monde diplomatique, Mars 1996). Pour la Confédération Internationale des Syndicats Libres (CISL) qui suit avec attention leurs activités, les zones franches sont « une vaste escroquerie économique et sociale. On peut sans doute compter sur elles pour que les pays en voie de développement continuent de subir les stratégies imposées de l'extérieur, mais pas pour construire entre le Sud et le Nord cette solidarité fondée sur la prise de conscience collective de l'interdépendance des uns et des autres. »
Zones franches et développement local
Il est vrai que Pointe-Noire a l'avantage d'être bien dotée en infrastructures: façade maritime, point de rupture de charge, port en eau profonde, installation aéroportuaire... Pointe-Noire souffre, toutefois, d’un déficit en énergie qui commande la construction du barrage de Sounda. Mais, est-ce pour autant que le déploiement d'une zone franche favorisera le décollage économique de cette région côtière? Lorsqu'on établit une zone franche, on escompte que les entreprises vont augmenter leurs achats sur place de matières premières, de pièces détachées, de produits semi-finis et de machines et que cette interaction avec l'économie locale profiterait aux entreprises régionales sous forme de transfert technologique. Il n'en est rien malheureusement. Les matières premières locales ne constituent qu'un tiers de celles utilisées effectivement dans la zone franche. Les raisons sont vite trouvées. Les achats des matières premières et d'autres biens intermédiaires provenant d'autres entreprises de la zone sont plus de trois fois plus élevés, ces matières premières sont de mauvaise qualité et peu fiables ou encore les matières premières locales ne correspondent pas aux types d'activités industrielles exercées dans les zones franches. La fabrication de vêtements et chaussures utilise une proportion beaucoup plus grande de matières premières locales que le montage de produits électroniques. A mesure que la composition des zones franches fait une plus large place à l'électronique, la proportion de matières premières locales diminue. Bref, le bénéfice tiré par le pays hôte est inversement proportionnel à l'intensité technologique et capitalistique des activités des entreprises opérant dans les zones franches. En réalité, si les entreprises ne veulent pas dépendre des matières premières locales, c'est parce qu'elles obéissent à la logique de la mondialisation de l'économie. Les firmes souhaitent en effet conserver un niveau élevé de mobilité internationale à leurs opérations industrielles et le fait de nouer des relations commerciales à long terme avec les fournisseurs locaux entrave cet objectif. Il est de notoriété publique désormais que les transferts de technologie que l'on espérait retirer des zones franches ne se sont pas encore réalisés et ne se réaliseront peut-être jamais. On peut en être convaincu. Les entreprises qui possèdent des technologies de pointe telles les sociétés électroniques, informatiques, automobiles et aéronautiques préservent très jalousement leurs informations. L'information technique est un savoir précieux pour les sociétés. On croyait très sérieusement que les relations commerciales entre les sociétés opérant dans les zones franches et les fournisseurs locaux seraient source d'enrichissement de ces derniers. Erreur !
La concurrence entre pays hôtes est devenue tellement âpre à travers le monde qu'il est difficile de nos jours d'attirer les investissements étrangers en Afrique dans les secteurs de pointe en sus des industries extractives. Toutefois, les entreprises des zones franches emploient plusieurs travailleurs non qualifiés ou semi-qualifiés. Il est donc invraisemblable et utopique de penser que le problème de chômage de milliers de jeunes diplômés africains soit résolu par le déploiement des zones franches. Cependant, les pays qui ont tiré leur épingle du jeu industriel sont ceux qui se sont lancés très tôt dans la création des zones franches industrielles. La zone franche de l'Île Maurice, la plus renommée du continent, a permis de créer près de 90000 emplois en vingt ans. Autre exemple cité en référence est celui de la Chine avec les zones franches de Shatoujiao avec 15000 emplois crées chaque année et un taux de croissance annuelle de 25% et de Futian dans la province de Shenzen (Jeune Afrique n°1852). Au total environ 4,5 millions d'emplois ont été créés dans le monde par les zones franches en vingt-cinq ans (Cf. "Zones franches d'exportation et violations des droits syndicaux ", enquête de la CISL, Avril 1996). Ce chiffre est très insignifiant comparé à 40 millions de nouveaux demandeurs d'emplois chaque année dans les pays en développement.
Il est possible que le salut du Congo-Brazzaville passe par le déploiement d'une zone franche industrielle à Pointe-Noire, Brazzaville et la Cuvette centrale. Mais, le dynamisme économique d'un pays ne peut reposer sur les sociétés étrangères et les multinationales réputées volantes, surnommées à cet effet " hirondelles ". En effet, ce sont ces multinationales qui ont fait entrer les zones franches dans leurs stratégies mondiales de délocalisations industrielles et commerciales pour améliorer leur compétitivité et augmenter leurs profits. N'en déplaise aux Cassandre d'une bourgeoisie nationale, l'initiative privée locale produit plus de prospérité que n'importe quel projet de développement venu de l'extérieur. Un Bouity au Kouilou, un Mboungou dans le Niari, Malonga, Massengo et Ngangoula dans le Pool, Nkoua dans les Plateaux, Okémba dans la Cuvette, à l’image d’un Bill Gates, d’un Warren Buffet surnommé « l'oracle d'Omaha »,) et d’un Ted Turner aux Etats-Unis ou du Mexicain Carlos Slim, sont plus rentables au Congo-Brazzaville que mille sociétés multinationales regroupées au sein d'une zone franche, prêtes à plier bagage vers d’autres cieux, à la moindre difficulté.
Par:Benjamin BILOMBOT BITADYS
- « Vouloir prouver des choses qui sont claires d'elles-mêmes, c'est éclairer le jour avec une lampe. ». .
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Re: Mondialisation ou globalisation (en)
À l’heure de la « deuxième » mondialisation, une ville mondiale est-elle forcément une ville globale ?
La présente analyse part de l’hypothèse que depuis la fin du XXe siècle, l’humanité (ou plutôt une partie seulement) franchit une nouvelle étape historique sous l’effet de la phase contemporaine de la mondialisation économique qui, tout en rappelant certains caractéristiques de la première mondialisation (amorcée autour des années 1870 pour s’interrompre brutalement avec la première guerre mondiale), s’en distingue. Les deux mondialisations qualifiées de « modernes » -par rapport à la mondialisation « pré-moderne » remarquablement analysée par Fernand Braudel- se traduisent toutes les deux par l’internationalisation de flux d’échanges de biens, de personnes et de capitaux parallèlement aux évolutions technologiques. Toutefois la deuxième s’en distingue en raison de l’émergence de ce qu’il est convenu d’appeler la « firme globale », soit une entreprise dotée de capacités d’assemblage d’éléments produits dans différentes parties du monde pour répondre aux attentes d’une société de consommation désormais qualifiée de globale. Le fonctionnement de la firme globale relève d’une organisation n’ayant plus rien à voir avec celle de l’entreprise fordiste du XXe siècle. Il repose désormais sur un sérieux travail d’échanges, de communication et de coopération entre équipes dites « virtuelles » parce que vivant dans des continents et pays différents. L’économiste Raymond Vernon fut le premier à utiliser l’adjectif « global » dans les années 80 avant que Michael Porter ne différencie clairement la « firme globale » de la « firme multinationale » des années 60 et 70. La stratégie de la première ne faisant plus référence aux frontières nationales.
Aussi suite à la mise en évidence de la spécificité de la deuxième mondialisation –également qualifiée de globalisation- et suite à la traduction française de l’ouvrage de l’universitaire américaine Saskia Sassen en 1996, l’expression « ville globale » a été reprise par les géographes, les chercheurs en sciences sociales ainsi que par les médias. Cette expression est alors principalement comprise comme synonyme de « ville-monde » ou encore de « ville mondiale », à l’image des chercheurs américains utilisant indifféremment « global city » et « world city » tout en se référant aux travaux de Sassen (1991) et de Friedmann et Wolff (1982). Une lecture minutieuse des textes originaux à la lueur de la distinction faite par les économistes entre économie mondiale (somme des économies nationales) et économie globale (un segment de l’économie mondiale) (Bressand & Distler) conduit toutefois à différencier les deux expressions. Aussi après avoir rappelé l’émergence d’un nouveau paradigme de la ville en rupture avec les représentations traditionnelles et souligné la genèse de ce débat anglo-américain, l’analyse souligne la différence conceptuelle entre les deux expressions « ville globale » et « ville mondiale » afin de mieux mettre en évidence la multidimensionalité de la mondialisation. Tout en rappelant l’intérêt d’inclure dans ce nouveau paradigme de la ville une dimension spatiale, la conclusion propose une contribution de la recherche française à ce débat.
L’émergence d’un récent questionnement autour de l’idée de ville
Les Nations unies ont organisé en 1996 le Sommet de la ville (Habitat II) pour inaugurer l’avènement du premier siècle urbain de l’humanité tout en s’inscrivant dans la continuité de la Conférence sur les Etablissements Humains (Habitat 1) organisée à Vancouver en 19763. De récentes données indiquent que désormais l’humanité est majoritairement urbaine et que le monde compte ainsi 400 grandes villes de plus d’1 million d’habitants, 120 de plus de 2 millions d’habitants, 50 de plus de 5 millions ainsi que 37 villes/métropoles comptant entre 8 et 26 millions d’habitants (Dogan, 2004). Selon les démographes des Nations unies, trois milliards d’êtres humains sont désormais urbains soit un être humain sur deux alors qu’en 1950, une personne sur dix vivait en milieu urbain .
Cette croissance urbaine devrait se poursuivre notamment pour les mégapoles tentaculaires comme Mumbai et Delhi qui passeront respectivement de 16 à 22 millions et de 12 à 19 millions en 2015 alors que Paris (10 millions) et Tokyo (35 millions) devraient rester relativement stables. La population de Shangai passera de 13 à 17 millions, celle de Dhaka (Bangladesh) de 12 à 17 millions, et celle de Lagos (Nigeria) atteindra 17 millions de personnes. Aussi dans 25 ans, les villes des pays en développement accueilleront 4 milliards d’habitants contre un demi milliard pour l’Europe et 300 millions en Amérique du Nord. Ce constat démographique est jugé par certains observateurs comme un fait susceptible de déstabiliser la planète au même titre que le changement climatique, les risques des marchés financiers ou encore le terrorisme. Compte tenu de la non-convergence entre urbanisation et développement économique, ils n’hésitent pas parler de « bombe urbaine ».
3 La préoccupation des Nations unies (entre 1976 et 1996) sur la question de l’urbanisation est clair (...)
4 Voir le rapport, World Urbanization Prospects des Nations unies régulièrement mis à jour sur Intern (...)
5 Consulter les travaux de David Satterthwaite, directeur du programme des Etablissements humains à l (...)
Dans les pays non touchés par la mondialisation (également qualifiés de pays moins avancés, PMA), l’urbanisation s’explique principalement par l’arrivée de ruraux fuyant la misère des campagnes, suite à une succession de mauvaises récoltes liées aux intempéries climatiques et à la désertification des sols ou encore suite à des affrontements violents et des situations d’insécurité. La notion de réfugié jusqu’ici assimilée à celle de réfugié politique inclut à présent une nouvelle catégorie, celle des réfugiés de l’environnement. Comme par ailleurs, ces villes ne sont pas en mesure d’offrir emplois et logements aux nouveaux arrivants, la fracture entre pays touchés par la mondialisation et ceux exclus, risque de s’accroître. Dans les pays du nord, 6% de la population urbaine vit dans une situation précaire alors que les trois quart de la population urbaine des pays du sud vit dans le plus grand dénuement. Un milliard d’habitants vivent aujourd’hui dans des bidonvilles, privés d’eau potable, d’hygiène et de sécurité non loin de nouveaux quartiers récents accueillant entreprises et ménages ancrés dans les réseaux économiques de la dynamique économique mondiale. Le sociologue Mike Davis est même allé jusqu’à parler de « planète de bidonvilles » Kibera, le plus grand bidonville africain est localisé à Nairobi (capitale du Kenya) où siège la division Habitat des Nations unies qui recense 200.000 bidonvilles dans le monde en 2007.
Certains architectes comme Richard Burdett qui fut en charge de la 10eme Biennale d’architecture de Venise (novembre 2006) -où 16 villes de quatre continents ont été présentées- déclarent préférer utiliser le terme de « mégapole » plutôt que celui de « ville ». Cet intitulé leur permet d’une part de souligner l’ampleur du phénomène urbain et d’autre part de mettre l’accent sur le rôle de leur profession en ce début de siècle qualifié de « premier siècle urbain ». Mais des spécialistes du développement préfèrent distinguer le phénomène « métropolitain » du phénomène « mégalopolitain », pour mieux souligner l’articulation avec la dynamique économique dans le premier cas et le lien plutôt distendu dans le second. Aussi une « ville méga » (ou une entité « mégapolitaine »), expression faisant principalement référence à la taille et au poids démographique, est plus adaptée au contexte des pays moins avancés et des pays émergents alors que l’entité métropolitaine participe pleinement de la dynamique globale (Haeringer, 2001, Dogan, 2004). Une ville « méga » est une ville qui s’affirme à l’échelle mondiale en raison de son poids démographique et de son rythme de croissance démographique et qui de ce fait véhicule l’image d’un univers chaotique en raison des tensions entre les différents groupes sociaux qui l’habitent.
Outre la reconnaissance de cette dichotomie entre urbanisation et croissance économique, les chercheurs soulignent également combien toute tentative de hiérarchisation des villes à l’échelle mondiale sur la base de simples données démographiques est un exercice hasardeux. Ils mettent l’accent sur la multiplicité de variantes nationales pour délimiter le territoire des villes et des agglomérations (Moriconi-Ebrard, 2000). Certains d’entre eux estiment par ailleurs que le mot « ville » est devenu moins précis depuis qu’il ne s’oppose plus vraiment à celui de « campagne » notamment dans les pays riches industrialisés (le niveau de vie est plus ou moins similaire en milieu urbain et en milieu rural) où l’ « urbain » (incluant le suburbain et le péri-urbain) a pris le relais de la ville (Berque & al). Ce point de vue doit toutefois être plus nuancé quand on se réfère à la réalité des pays émergents (Wu Jinglian 2005), où la dichotomie entre les deux mondes non seulement perdure mais s’accentue, en raison des inégalités sociales entre les habitants des villes et ceux des campagnes.
Aussi l’émergence d’un récent questionnement sur l’idée de ville à l’aube du XXIe siècle, contraste sérieusement avec les représentations des chercheurs du siècle dernier sur deux points. En effet jusqu’ici penser la ville à l’échelle mondiale signifiait d’une part faire référence au paradigme capital participant ainsi à l’idée de hiérarchie nationale et non de réseau (Arrault 2006) et d’autre part accorder au poids démographique le statut de variable discriminante. Ces deux critères étaient considérés fondamentaux pour juger de la dynamique économique. Dans un ouvrage de 1966, Sir Peter Hall, dans la continuité des travaux de Patrick Geddes et d’Adna Ferrin Weber (chercheur américain qui dans son ouvrage de 1899 faisaient référence aux travaux de Paul Meuriot et de Pierre Emile Levasseur), reprend le terme de « ville mondiale » : à la page 10 de son introduction, il écrit « l’accroissement de la population urbaine est particulièrement rapide dans les villes mondiales ». Il est vrai qu’à l’époque, l’urbanisation ne concernait que les pays industrialisés, comme le laisse supposer le choix des villes étudiées excluant toute référence aux pays du sud. A l’heure de la deuxième mondialisation, de nouveaux indicateurs sont désormais pris en compte pour hiérarchiser les villes à l’échelle mondiale : on parle ainsi désormais de ville mondiale et de ville globale.
La présente analyse part de l’hypothèse que depuis la fin du XXe siècle, l’humanité (ou plutôt une partie seulement) franchit une nouvelle étape historique sous l’effet de la phase contemporaine de la mondialisation économique qui, tout en rappelant certains caractéristiques de la première mondialisation (amorcée autour des années 1870 pour s’interrompre brutalement avec la première guerre mondiale), s’en distingue. Les deux mondialisations qualifiées de « modernes » -par rapport à la mondialisation « pré-moderne » remarquablement analysée par Fernand Braudel- se traduisent toutes les deux par l’internationalisation de flux d’échanges de biens, de personnes et de capitaux parallèlement aux évolutions technologiques. Toutefois la deuxième s’en distingue en raison de l’émergence de ce qu’il est convenu d’appeler la « firme globale », soit une entreprise dotée de capacités d’assemblage d’éléments produits dans différentes parties du monde pour répondre aux attentes d’une société de consommation désormais qualifiée de globale. Le fonctionnement de la firme globale relève d’une organisation n’ayant plus rien à voir avec celle de l’entreprise fordiste du XXe siècle. Il repose désormais sur un sérieux travail d’échanges, de communication et de coopération entre équipes dites « virtuelles » parce que vivant dans des continents et pays différents. L’économiste Raymond Vernon fut le premier à utiliser l’adjectif « global » dans les années 80 avant que Michael Porter ne différencie clairement la « firme globale » de la « firme multinationale » des années 60 et 70. La stratégie de la première ne faisant plus référence aux frontières nationales.
Aussi suite à la mise en évidence de la spécificité de la deuxième mondialisation –également qualifiée de globalisation- et suite à la traduction française de l’ouvrage de l’universitaire américaine Saskia Sassen en 1996, l’expression « ville globale » a été reprise par les géographes, les chercheurs en sciences sociales ainsi que par les médias. Cette expression est alors principalement comprise comme synonyme de « ville-monde » ou encore de « ville mondiale », à l’image des chercheurs américains utilisant indifféremment « global city » et « world city » tout en se référant aux travaux de Sassen (1991) et de Friedmann et Wolff (1982). Une lecture minutieuse des textes originaux à la lueur de la distinction faite par les économistes entre économie mondiale (somme des économies nationales) et économie globale (un segment de l’économie mondiale) (Bressand & Distler) conduit toutefois à différencier les deux expressions. Aussi après avoir rappelé l’émergence d’un nouveau paradigme de la ville en rupture avec les représentations traditionnelles et souligné la genèse de ce débat anglo-américain, l’analyse souligne la différence conceptuelle entre les deux expressions « ville globale » et « ville mondiale » afin de mieux mettre en évidence la multidimensionalité de la mondialisation. Tout en rappelant l’intérêt d’inclure dans ce nouveau paradigme de la ville une dimension spatiale, la conclusion propose une contribution de la recherche française à ce débat.
L’émergence d’un récent questionnement autour de l’idée de ville
Les Nations unies ont organisé en 1996 le Sommet de la ville (Habitat II) pour inaugurer l’avènement du premier siècle urbain de l’humanité tout en s’inscrivant dans la continuité de la Conférence sur les Etablissements Humains (Habitat 1) organisée à Vancouver en 19763. De récentes données indiquent que désormais l’humanité est majoritairement urbaine et que le monde compte ainsi 400 grandes villes de plus d’1 million d’habitants, 120 de plus de 2 millions d’habitants, 50 de plus de 5 millions ainsi que 37 villes/métropoles comptant entre 8 et 26 millions d’habitants (Dogan, 2004). Selon les démographes des Nations unies, trois milliards d’êtres humains sont désormais urbains soit un être humain sur deux alors qu’en 1950, une personne sur dix vivait en milieu urbain .
Cette croissance urbaine devrait se poursuivre notamment pour les mégapoles tentaculaires comme Mumbai et Delhi qui passeront respectivement de 16 à 22 millions et de 12 à 19 millions en 2015 alors que Paris (10 millions) et Tokyo (35 millions) devraient rester relativement stables. La population de Shangai passera de 13 à 17 millions, celle de Dhaka (Bangladesh) de 12 à 17 millions, et celle de Lagos (Nigeria) atteindra 17 millions de personnes. Aussi dans 25 ans, les villes des pays en développement accueilleront 4 milliards d’habitants contre un demi milliard pour l’Europe et 300 millions en Amérique du Nord. Ce constat démographique est jugé par certains observateurs comme un fait susceptible de déstabiliser la planète au même titre que le changement climatique, les risques des marchés financiers ou encore le terrorisme. Compte tenu de la non-convergence entre urbanisation et développement économique, ils n’hésitent pas parler de « bombe urbaine ».
3 La préoccupation des Nations unies (entre 1976 et 1996) sur la question de l’urbanisation est clair (...)
4 Voir le rapport, World Urbanization Prospects des Nations unies régulièrement mis à jour sur Intern (...)
5 Consulter les travaux de David Satterthwaite, directeur du programme des Etablissements humains à l (...)
Dans les pays non touchés par la mondialisation (également qualifiés de pays moins avancés, PMA), l’urbanisation s’explique principalement par l’arrivée de ruraux fuyant la misère des campagnes, suite à une succession de mauvaises récoltes liées aux intempéries climatiques et à la désertification des sols ou encore suite à des affrontements violents et des situations d’insécurité. La notion de réfugié jusqu’ici assimilée à celle de réfugié politique inclut à présent une nouvelle catégorie, celle des réfugiés de l’environnement. Comme par ailleurs, ces villes ne sont pas en mesure d’offrir emplois et logements aux nouveaux arrivants, la fracture entre pays touchés par la mondialisation et ceux exclus, risque de s’accroître. Dans les pays du nord, 6% de la population urbaine vit dans une situation précaire alors que les trois quart de la population urbaine des pays du sud vit dans le plus grand dénuement. Un milliard d’habitants vivent aujourd’hui dans des bidonvilles, privés d’eau potable, d’hygiène et de sécurité non loin de nouveaux quartiers récents accueillant entreprises et ménages ancrés dans les réseaux économiques de la dynamique économique mondiale. Le sociologue Mike Davis est même allé jusqu’à parler de « planète de bidonvilles » Kibera, le plus grand bidonville africain est localisé à Nairobi (capitale du Kenya) où siège la division Habitat des Nations unies qui recense 200.000 bidonvilles dans le monde en 2007.
Certains architectes comme Richard Burdett qui fut en charge de la 10eme Biennale d’architecture de Venise (novembre 2006) -où 16 villes de quatre continents ont été présentées- déclarent préférer utiliser le terme de « mégapole » plutôt que celui de « ville ». Cet intitulé leur permet d’une part de souligner l’ampleur du phénomène urbain et d’autre part de mettre l’accent sur le rôle de leur profession en ce début de siècle qualifié de « premier siècle urbain ». Mais des spécialistes du développement préfèrent distinguer le phénomène « métropolitain » du phénomène « mégalopolitain », pour mieux souligner l’articulation avec la dynamique économique dans le premier cas et le lien plutôt distendu dans le second. Aussi une « ville méga » (ou une entité « mégapolitaine »), expression faisant principalement référence à la taille et au poids démographique, est plus adaptée au contexte des pays moins avancés et des pays émergents alors que l’entité métropolitaine participe pleinement de la dynamique globale (Haeringer, 2001, Dogan, 2004). Une ville « méga » est une ville qui s’affirme à l’échelle mondiale en raison de son poids démographique et de son rythme de croissance démographique et qui de ce fait véhicule l’image d’un univers chaotique en raison des tensions entre les différents groupes sociaux qui l’habitent.
Outre la reconnaissance de cette dichotomie entre urbanisation et croissance économique, les chercheurs soulignent également combien toute tentative de hiérarchisation des villes à l’échelle mondiale sur la base de simples données démographiques est un exercice hasardeux. Ils mettent l’accent sur la multiplicité de variantes nationales pour délimiter le territoire des villes et des agglomérations (Moriconi-Ebrard, 2000). Certains d’entre eux estiment par ailleurs que le mot « ville » est devenu moins précis depuis qu’il ne s’oppose plus vraiment à celui de « campagne » notamment dans les pays riches industrialisés (le niveau de vie est plus ou moins similaire en milieu urbain et en milieu rural) où l’ « urbain » (incluant le suburbain et le péri-urbain) a pris le relais de la ville (Berque & al). Ce point de vue doit toutefois être plus nuancé quand on se réfère à la réalité des pays émergents (Wu Jinglian 2005), où la dichotomie entre les deux mondes non seulement perdure mais s’accentue, en raison des inégalités sociales entre les habitants des villes et ceux des campagnes.
Aussi l’émergence d’un récent questionnement sur l’idée de ville à l’aube du XXIe siècle, contraste sérieusement avec les représentations des chercheurs du siècle dernier sur deux points. En effet jusqu’ici penser la ville à l’échelle mondiale signifiait d’une part faire référence au paradigme capital participant ainsi à l’idée de hiérarchie nationale et non de réseau (Arrault 2006) et d’autre part accorder au poids démographique le statut de variable discriminante. Ces deux critères étaient considérés fondamentaux pour juger de la dynamique économique. Dans un ouvrage de 1966, Sir Peter Hall, dans la continuité des travaux de Patrick Geddes et d’Adna Ferrin Weber (chercheur américain qui dans son ouvrage de 1899 faisaient référence aux travaux de Paul Meuriot et de Pierre Emile Levasseur), reprend le terme de « ville mondiale » : à la page 10 de son introduction, il écrit « l’accroissement de la population urbaine est particulièrement rapide dans les villes mondiales ». Il est vrai qu’à l’époque, l’urbanisation ne concernait que les pays industrialisés, comme le laisse supposer le choix des villes étudiées excluant toute référence aux pays du sud. A l’heure de la deuxième mondialisation, de nouveaux indicateurs sont désormais pris en compte pour hiérarchiser les villes à l’échelle mondiale : on parle ainsi désormais de ville mondiale et de ville globale.
- « Vouloir prouver des choses qui sont claires d'elles-mêmes, c'est éclairer le jour avec une lampe. ». .
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Re: Mondialisation ou globalisation (en)
Suite :À l’heure de la « deuxième » mondialisation, une ville mondiale est-elle forcément une ville globale ?
Ville globale (global city) et ville mondiale (world city) : la genèse de ces deux termes dans le monde anglo-américain
Les deux expressions « ville mondiale » et « ville globale » ont été forgées par des chercheurs anglo-américains qui utilisent indifféremment les deux termes. L’auteur de toute publication scientifique précise ainsi désormais que l’usage de « world city » remonte à l’article phare de John Friedmann et Goetz Wolff (1982) et que celui de « global city » revient à l’ouvrage de Saskia Sassen (1991). Mais dans le cadre d’échanges amicaux avec les collègues outre-Atlantique, la majorité d’entre eux est d’accord pour affirmer que « global city » reflète certainement mieux que « world city » les mutations structurelles des villes en charge du commandement de l’économie globale même s’il est vrai que l’inconvénient de « global city » réside dans le fait que l’expression(reposant sur le choix d’indicateurs prenant en compte les activités boursières et l’ingéniérie financière) a été initialement utilisée pour trois villes New York, Londres et Tokyo. Cette remarque a d’ailleurs conduit à relativiser l’amalgame entre ces trois villes et le phénomène « global » dans un article écrit par Sassia Sasken pour le Debat (1994), « La ville globale : Eléments pour une lecture de Paris ».
Les deux figures de cette avancée conceptuelle, Friedmann et Sassen6, partagent une vision commune de l’avènement d’un système monde de production et de marchés (emerging world system of production and markets) qui tout en opérant une décentralisation spatiale des unités de production -grâce aux technologies de communication et d’information- maintient le principe de la centralité pour toutes les opérations stratégiques (relevant de la sphère du financement, des questions juridiques et de la comptabilité). La centralisation de ces opérations dans quelques villes localisées dans différentes régions du monde entraîne une reconfiguration et un renforcement de l’effet réseau entre ces villes, une situation susceptible de modifier ou encore de peser sur la vie politique locale et nationale. Friedmann et Wolff ont signalé les enjeux au niveau local ou encore infra-national alors que Sassen a explicitement parlé de l’Etat. Dans ce contexte reconnu comme inédit, la thématique du local devient un enjeu majeur en vue d’assurer une certaine régulation des flux globaux. D’où la formulation par les sciences sociales de trois questions jugées centrales pour l’action publique: -comment arbitrer entre les intérêts des habitants et ceux des entreprises transnationales ? -l’intervention de l’Etat est-elle pertinente ? –comment favoriser une meilleure coopération entre les différents échelons territoriaux de l’intervention publique ?
Dans l’article de 1982, Friedmann et Goetz reconnaissent avoir emprunté l’expression « world city » à Peter Hall. Toutefois contrairement à ce dernier, ils affirment de manière explicite leur refus de se limiter à la taille de la ville (poids démographique), de prendre en compte le statut de capitale ou encore toute forme d’inscription spatiale (agglomération ou conurbation) et la priorité d’une réflexion inscrite dans l’articulation entre ville et économie mondiale. Leur hypothèse s’appuie sur les travaux d’économistes d’avant-garde dont Christian Palloix mettant en évidence la logique d’émancipation du capitalisme du cadre national. L’économie mondiale ne se réduit plus à la somme des économies nationales, elle inclut un nouveau segment, l’ « économie globale ». L’analyse est pertinente pour deux raisons. Elle présente l’avantage de dépasser la vision (traditionnelle) d’un monde divisé en deux : le Nord avec les pays industrialisés et le Sud incluant pays pauvres et pays en voie d’industrialisation pour laisser entrevoir la figure des pays émergents. Elle souligne, en outre, les limites d’une opposition classique entre centre et périphérie pour proposer le principe d’une possible convergence à l’échelle mondiale. Les notions de centralité et de hiérarchie ne sont pas jugées révolues mais susceptibles d’être retravaillées du fait que monde de la production et de la consommation s’organisent désormais sur la base d’un réseau de « world city » (world economy spatially articulated through world-cities). Désormais la « world city » ne se vit plus uniquement comme une ville située au sein d’un Etat-nation (comme l’entendait Peter Hall) mais comme une ville articulant « économie globale » et « territoire national ».
Pour Saskia Sassen tout comme pour John Friedmann et Goetz Wolff, une « global city » ou encore une « world city » s’organise autour de « clusters » (quartiers ou d’espaces spécialisés et regroupant des activités relevant d’un même secteur économique). Ils reconnaissent tous la spécificité du « premier » cluster parce qu’incluant des emplois exigeant de hautes qualifications dans les secteurs bancaires, financiers, juridiques et comptables. Le deuxième cluster comprendrait des emplois ayant pour finalité de rendre service au premier avec la promotion immobilière, les hôtels, restaurants, services domestiques et polices privées. Le troisième cluster assez dépendant du deuxième s’organisant autour des activités liés au tourisme. Le taux de croissance des emplois dans ces trois clusters jugé rapide se fait également au détriment d’un quatrième cluster, celui des emplois industriels (en dehors bien entendu de la haute technologie). Les institutions publiques (enseignement supérieur, recherche, établissements scolaires…) représentent un cluster à part entière alors que le sixième cluster regroupe les activités relevant de l’économie informelle. Les auteurs parlent d’ « informal, floating and street economy » et reconnaissent le caractère polarisé de la « world city » où cohabitent une société transnationale (cosmopolite) ayant un niveau de vie élevé et une « underclass » alimentée par des flux migratoires (incluant des clandestins) et vivant à la marge de l’économie formelle.
La dimension spatiale de la ville globale a été souligné par le géographe Allen Scott qui dans le cadre de la conférence organisée en 2000 sur le campus de UCLA, a choisi l’expression « global city-region » ou « ville région globale » pour rendre compte du rôle des villes dans le commandement de l’économie globale. L’articulation entre l’économie globale et la ville entraîne une reconfiguration spatiale de l’ensemble. Comme l’indiquent les travaux empiriques, les emplois nobles relevant principalement de la sphère financière sont certes principalement localisés dans un quartier de la ville centre de la métropole ou ville-région mais cette concentration a eu pour effet de restructurer l’espace du marché du travail qui inclut désormais les univers suburbain et périurbain. Aussi l’expression ville-région globale met en évidence les inégalités territoriales entre les municipalités composant l’aire métropolitaine ou la ville-région et elle autorise à rendre plus explicite leur statut de rivalité pour attirer les entreprises et les ménages ainsi que la reproduction des inégalités sociales. Ce qui pose la sérieuse question de la gouvernance des entités métropolitaines.
Pour les chercheurs anglo-américains qui prennent pour référence la dynamique économique de la deuxième mondialisation également qualifiée de globalisation parce qu’elle ne se limite pas à la simple internationalisation des flux de capitaux, de biens et de personnes, toute différence entre « ville globale » et « mondiale » est jugée insignifiante. Or ce point de vue n’est valable que si l’on considère la mondialisation comme une nouvelle phase du capitalisme et que l’on néglige les autres dimensions de la mondialisation, comme par exemple l’influence culturelle. Une ville peut être qualifiée de mondiale si à l’échelle mondiale, elle est connue de tous, si elle exerce un pouvoir d’attraction et d’influence en raison de son patrimoine historique par exemple et si elle est en mesure de se qualifier pour se positionner dans la hiérarchie des villes accueillant les flux touristiques.
Ville globale (global city) et ville mondiale (world city) : la genèse de ces deux termes dans le monde anglo-américain
Les deux expressions « ville mondiale » et « ville globale » ont été forgées par des chercheurs anglo-américains qui utilisent indifféremment les deux termes. L’auteur de toute publication scientifique précise ainsi désormais que l’usage de « world city » remonte à l’article phare de John Friedmann et Goetz Wolff (1982) et que celui de « global city » revient à l’ouvrage de Saskia Sassen (1991). Mais dans le cadre d’échanges amicaux avec les collègues outre-Atlantique, la majorité d’entre eux est d’accord pour affirmer que « global city » reflète certainement mieux que « world city » les mutations structurelles des villes en charge du commandement de l’économie globale même s’il est vrai que l’inconvénient de « global city » réside dans le fait que l’expression(reposant sur le choix d’indicateurs prenant en compte les activités boursières et l’ingéniérie financière) a été initialement utilisée pour trois villes New York, Londres et Tokyo. Cette remarque a d’ailleurs conduit à relativiser l’amalgame entre ces trois villes et le phénomène « global » dans un article écrit par Sassia Sasken pour le Debat (1994), « La ville globale : Eléments pour une lecture de Paris ».
Les deux figures de cette avancée conceptuelle, Friedmann et Sassen6, partagent une vision commune de l’avènement d’un système monde de production et de marchés (emerging world system of production and markets) qui tout en opérant une décentralisation spatiale des unités de production -grâce aux technologies de communication et d’information- maintient le principe de la centralité pour toutes les opérations stratégiques (relevant de la sphère du financement, des questions juridiques et de la comptabilité). La centralisation de ces opérations dans quelques villes localisées dans différentes régions du monde entraîne une reconfiguration et un renforcement de l’effet réseau entre ces villes, une situation susceptible de modifier ou encore de peser sur la vie politique locale et nationale. Friedmann et Wolff ont signalé les enjeux au niveau local ou encore infra-national alors que Sassen a explicitement parlé de l’Etat. Dans ce contexte reconnu comme inédit, la thématique du local devient un enjeu majeur en vue d’assurer une certaine régulation des flux globaux. D’où la formulation par les sciences sociales de trois questions jugées centrales pour l’action publique: -comment arbitrer entre les intérêts des habitants et ceux des entreprises transnationales ? -l’intervention de l’Etat est-elle pertinente ? –comment favoriser une meilleure coopération entre les différents échelons territoriaux de l’intervention publique ?
Dans l’article de 1982, Friedmann et Goetz reconnaissent avoir emprunté l’expression « world city » à Peter Hall. Toutefois contrairement à ce dernier, ils affirment de manière explicite leur refus de se limiter à la taille de la ville (poids démographique), de prendre en compte le statut de capitale ou encore toute forme d’inscription spatiale (agglomération ou conurbation) et la priorité d’une réflexion inscrite dans l’articulation entre ville et économie mondiale. Leur hypothèse s’appuie sur les travaux d’économistes d’avant-garde dont Christian Palloix mettant en évidence la logique d’émancipation du capitalisme du cadre national. L’économie mondiale ne se réduit plus à la somme des économies nationales, elle inclut un nouveau segment, l’ « économie globale ». L’analyse est pertinente pour deux raisons. Elle présente l’avantage de dépasser la vision (traditionnelle) d’un monde divisé en deux : le Nord avec les pays industrialisés et le Sud incluant pays pauvres et pays en voie d’industrialisation pour laisser entrevoir la figure des pays émergents. Elle souligne, en outre, les limites d’une opposition classique entre centre et périphérie pour proposer le principe d’une possible convergence à l’échelle mondiale. Les notions de centralité et de hiérarchie ne sont pas jugées révolues mais susceptibles d’être retravaillées du fait que monde de la production et de la consommation s’organisent désormais sur la base d’un réseau de « world city » (world economy spatially articulated through world-cities). Désormais la « world city » ne se vit plus uniquement comme une ville située au sein d’un Etat-nation (comme l’entendait Peter Hall) mais comme une ville articulant « économie globale » et « territoire national ».
Pour Saskia Sassen tout comme pour John Friedmann et Goetz Wolff, une « global city » ou encore une « world city » s’organise autour de « clusters » (quartiers ou d’espaces spécialisés et regroupant des activités relevant d’un même secteur économique). Ils reconnaissent tous la spécificité du « premier » cluster parce qu’incluant des emplois exigeant de hautes qualifications dans les secteurs bancaires, financiers, juridiques et comptables. Le deuxième cluster comprendrait des emplois ayant pour finalité de rendre service au premier avec la promotion immobilière, les hôtels, restaurants, services domestiques et polices privées. Le troisième cluster assez dépendant du deuxième s’organisant autour des activités liés au tourisme. Le taux de croissance des emplois dans ces trois clusters jugé rapide se fait également au détriment d’un quatrième cluster, celui des emplois industriels (en dehors bien entendu de la haute technologie). Les institutions publiques (enseignement supérieur, recherche, établissements scolaires…) représentent un cluster à part entière alors que le sixième cluster regroupe les activités relevant de l’économie informelle. Les auteurs parlent d’ « informal, floating and street economy » et reconnaissent le caractère polarisé de la « world city » où cohabitent une société transnationale (cosmopolite) ayant un niveau de vie élevé et une « underclass » alimentée par des flux migratoires (incluant des clandestins) et vivant à la marge de l’économie formelle.
La dimension spatiale de la ville globale a été souligné par le géographe Allen Scott qui dans le cadre de la conférence organisée en 2000 sur le campus de UCLA, a choisi l’expression « global city-region » ou « ville région globale » pour rendre compte du rôle des villes dans le commandement de l’économie globale. L’articulation entre l’économie globale et la ville entraîne une reconfiguration spatiale de l’ensemble. Comme l’indiquent les travaux empiriques, les emplois nobles relevant principalement de la sphère financière sont certes principalement localisés dans un quartier de la ville centre de la métropole ou ville-région mais cette concentration a eu pour effet de restructurer l’espace du marché du travail qui inclut désormais les univers suburbain et périurbain. Aussi l’expression ville-région globale met en évidence les inégalités territoriales entre les municipalités composant l’aire métropolitaine ou la ville-région et elle autorise à rendre plus explicite leur statut de rivalité pour attirer les entreprises et les ménages ainsi que la reproduction des inégalités sociales. Ce qui pose la sérieuse question de la gouvernance des entités métropolitaines.
Pour les chercheurs anglo-américains qui prennent pour référence la dynamique économique de la deuxième mondialisation également qualifiée de globalisation parce qu’elle ne se limite pas à la simple internationalisation des flux de capitaux, de biens et de personnes, toute différence entre « ville globale » et « mondiale » est jugée insignifiante. Or ce point de vue n’est valable que si l’on considère la mondialisation comme une nouvelle phase du capitalisme et que l’on néglige les autres dimensions de la mondialisation, comme par exemple l’influence culturelle. Une ville peut être qualifiée de mondiale si à l’échelle mondiale, elle est connue de tous, si elle exerce un pouvoir d’attraction et d’influence en raison de son patrimoine historique par exemple et si elle est en mesure de se qualifier pour se positionner dans la hiérarchie des villes accueillant les flux touristiques.
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Re: Mondialisation ou globalisation (en)
Suite :À l’heure de la « deuxième » mondialisation, une ville mondiale est-elle forcément une ville globale ?
La mondialisation, un processus multidimensionnel : distinguer les deux concepts
L’article de Friedmann et Wolff esquissant il y a vingt cinq ans les contours d’un programme de recherche urbaine en proposant le principe d’une articulation à établir entre la ville et les mutations structurelles de l’économie mondiale ainsi que l’ouvrage de Sassen ayant enrichi la réflexion théorique à partir d’un sérieux travail empirique menée sur les trois premières villes impliquées dans cette nouvelle phase du capitalisme s’affranchissant du cadre national, ont facilité la remise en cause du paradigme traditionnel de la ville mondiale mais ils ont également effacé toute distinction possible entre « ville globale » et « ville mondiale ». Leur énoncé était certes audacieux et périlleux alors que d’autres chercheurs ancrés dans une démarche -que certains qualifieraient de déterminisme technologique- prônaient le déclin de la ville parallèlement à l’avènement des technologies de communication et d’information. Mais tout en rappelant les arguments de ces deux auteurs favorables à une équivalence entre « ville globale » et « ville mondiale », l’analyse se propose ici de revendiquer l’intérêt de leur distinction. Cette proposition repose sur l’hypothèse que la mondialisation ne peut en aucun cas se réduire aux seuls flux financiers et à l’émergence de la firme globale dans le cadre d’une mutation du capitalisme mais qu’elle exige de prendre en compte d’autres paramètres comme la dimension culturelle. En effet certains anthropologues n’hésitent pas à rappeler la dynamique du processus de déterritorialisation des cultures au travers des diasporas et des minorités transnationales (Appadurai 1996) pour mettre en évidence les phénomènes de métissage, atténuant ainsi les craintes liées à l’homogénéisation du monde ou encore à son américanisation.
Sassen insiste sur la question du rôle stratégique des villes dans l’économie globale en s’appuyant sur des données mettant en évidence trois villes (NY, Londres et Tokyo) devenues des lieux incontournables pour les entreprises financières et les services spécialisés (considérés comme des secteurs économiques de pointe). Elle propose de les qualifier de « globale » (global) plutôt que mondiale (world cities) dans la mesure où elles ne se réduisent pas à de simples niches économiques d’une économie mondialisée. Son ouvrage explique la manière dont la communication informationnelle autorise un processus de dispersion de la production industrielle à l’échelle mondiale mais combien cette dispersion exige en contrepartie la réorganisation de l’industrie financière autour de nouvelles centralités. Sassen a certes signalé l’impact de ce rôle « global » sur l’urbanisme et les nouvelles opérations immobilières - avec Battery Park City à New York, Canary Wharf à Londres et le téléport à Tokyo- ainsi que le processus de « gentrification » à l’initiative d’artistes qui ne tardent pas à être relayés par les nouvelles classes sociales branchées dans les réseaux globaux. Cette dimension est toutefois jugée secondaire par rapport aux véritables enjeux économiques et politiques, même si la thématique de la gentrification a par la suite été remarquablement travaillée par de nombreux géographes dont Neil Smith.
Distinguer les concepts de « ville mondiale » et « ville globale », contrairement aux chercheurs anglo-américains utilisant indifféremment les deux, s’impose si l’on veut éviter d’associer le processus de la mondialisation à sa seule dimension économique. Ainsi « ville globale » paraît approprié quand il s’agit de mettre en évidence l’articulation entre une ville et l’économie globale alors que l’idée de « ville mondiale » s’avère plus pertinent pour signifier le degré d’attraction qu’exerce une ville à l’échelle mondiale en raison de son passé historique, de son patrimoine, de la spécificité de sa production à une époque donnée ou encore de sa capacité à attirer des flux de touristes. La « ville globale » exprime clairement la spécificité de notre « deuxième » mondialisation (qualifiée également de globalisation) en raison de l’émergence de la firme globale parallèlement à l’usage d’internet autorisant la connexion en temps réel avec des acteurs en dehors de toute référence géographique. L’entreprise globale détient en effet la capacité de localiser ses unités de production dans différentes villes ou régions du monde (en fonction par exemple de la proximité des marchés de consommation ou du coût du travail) tout en exigeant en retour des opérations de contrôle et de direction hautement centralisées prenant place dans des villes qualifiées de « globales ». La décentralisation ou encore la dispersion des tâches de la production ne s’est pas accompagnée d’une décentralisation équivalente du pouvoir et des profits, ce qui a priori favorise donc la « ville globale ». Aussi plus l’économie se globalise, plus la concentration de fonctions relevant du commandement ou encore du leadership se renforce au profit de quelques villes en mesure d’attirer et de contrôler les flux de capitaux.
La ville mondiale fait toutefois référence à d’autres vecteurs de la mondialisation, comme le champ culturel ou le champ du patrimoine historique. En opérant cette distinction entre ville globale et ville mondiale, on reconnaît que Miami, Los Angeles, Chicago ou Phoenix (contexte américain) sont des villes globales au même titre que New York même si cette dernière maintient sa suprématie dans l’ingénierie financière. Mais parmi ces cinq villes des Etats-Unis, on peut facilement reconnaître que New York et Los Angeles sont par ailleurs des « villes mondiales ». Tout au long du XXe siècle, New York a été perçue comme la figure emblématique de la ville construite sur la base d’une immigration issue du monde entier et qu’elle a largement contribué à l’émergence et à la diffusion de l’art moderne. Quant à Los Angeles, elle a acquis grâce à Hollywood, le statut de « capitale mondiale » du cinéma dès les années 30 et maintient encore son rôle en dépit de l’influence croissante de Bollywood. Nul ne peut remettre en cause l’attractivité mondiale de Venise même si elle n’est plus comme à l’heure de la mondialisation pré-moderne un centre majeur de l’économie. Hong Kong est une ville « globale » en raison de l’activité de sa bourse mais on est en droit de s’interroger sur son classement dans la liste des villes mondiales. En Amérique latine, Mexico a certainement un rang mondial en raison de son patrimoine historique, du rayonnement de sa culture et de sa capacité à attirer des touristes mais elle ne figure pas au rang des villes globales comme Sao Paulo (Droulers, 1998) qui par ailleurs commence à s’affirmer comme « ville mondiale » grâce au rayonnement par exemple de son orchestre symphonique (Osesp). Paris et Londres appartiennent au réseau des villes globales mais elles ont également le privilège d’être des « villes mondiales ».
Le souci de cette distinction entre « ville mondiale » et « ville globale » susceptible de se traduire par des travaux empiriques en géographie n’a pas pour seule ambition de prendre distance par rapport aux ancrages théoriques des collègues américains et ainsi d’affirmer la contribution de la recherche française au débat scientifique. Il participe de ce choix explicite en faveur d’une hypothèse de la théorie de la mondialisation non confinée au seul champ économique.
Par:Cynthia Ghorra-Gobin
La mondialisation, un processus multidimensionnel : distinguer les deux concepts
L’article de Friedmann et Wolff esquissant il y a vingt cinq ans les contours d’un programme de recherche urbaine en proposant le principe d’une articulation à établir entre la ville et les mutations structurelles de l’économie mondiale ainsi que l’ouvrage de Sassen ayant enrichi la réflexion théorique à partir d’un sérieux travail empirique menée sur les trois premières villes impliquées dans cette nouvelle phase du capitalisme s’affranchissant du cadre national, ont facilité la remise en cause du paradigme traditionnel de la ville mondiale mais ils ont également effacé toute distinction possible entre « ville globale » et « ville mondiale ». Leur énoncé était certes audacieux et périlleux alors que d’autres chercheurs ancrés dans une démarche -que certains qualifieraient de déterminisme technologique- prônaient le déclin de la ville parallèlement à l’avènement des technologies de communication et d’information. Mais tout en rappelant les arguments de ces deux auteurs favorables à une équivalence entre « ville globale » et « ville mondiale », l’analyse se propose ici de revendiquer l’intérêt de leur distinction. Cette proposition repose sur l’hypothèse que la mondialisation ne peut en aucun cas se réduire aux seuls flux financiers et à l’émergence de la firme globale dans le cadre d’une mutation du capitalisme mais qu’elle exige de prendre en compte d’autres paramètres comme la dimension culturelle. En effet certains anthropologues n’hésitent pas à rappeler la dynamique du processus de déterritorialisation des cultures au travers des diasporas et des minorités transnationales (Appadurai 1996) pour mettre en évidence les phénomènes de métissage, atténuant ainsi les craintes liées à l’homogénéisation du monde ou encore à son américanisation.
Sassen insiste sur la question du rôle stratégique des villes dans l’économie globale en s’appuyant sur des données mettant en évidence trois villes (NY, Londres et Tokyo) devenues des lieux incontournables pour les entreprises financières et les services spécialisés (considérés comme des secteurs économiques de pointe). Elle propose de les qualifier de « globale » (global) plutôt que mondiale (world cities) dans la mesure où elles ne se réduisent pas à de simples niches économiques d’une économie mondialisée. Son ouvrage explique la manière dont la communication informationnelle autorise un processus de dispersion de la production industrielle à l’échelle mondiale mais combien cette dispersion exige en contrepartie la réorganisation de l’industrie financière autour de nouvelles centralités. Sassen a certes signalé l’impact de ce rôle « global » sur l’urbanisme et les nouvelles opérations immobilières - avec Battery Park City à New York, Canary Wharf à Londres et le téléport à Tokyo- ainsi que le processus de « gentrification » à l’initiative d’artistes qui ne tardent pas à être relayés par les nouvelles classes sociales branchées dans les réseaux globaux. Cette dimension est toutefois jugée secondaire par rapport aux véritables enjeux économiques et politiques, même si la thématique de la gentrification a par la suite été remarquablement travaillée par de nombreux géographes dont Neil Smith.
Distinguer les concepts de « ville mondiale » et « ville globale », contrairement aux chercheurs anglo-américains utilisant indifféremment les deux, s’impose si l’on veut éviter d’associer le processus de la mondialisation à sa seule dimension économique. Ainsi « ville globale » paraît approprié quand il s’agit de mettre en évidence l’articulation entre une ville et l’économie globale alors que l’idée de « ville mondiale » s’avère plus pertinent pour signifier le degré d’attraction qu’exerce une ville à l’échelle mondiale en raison de son passé historique, de son patrimoine, de la spécificité de sa production à une époque donnée ou encore de sa capacité à attirer des flux de touristes. La « ville globale » exprime clairement la spécificité de notre « deuxième » mondialisation (qualifiée également de globalisation) en raison de l’émergence de la firme globale parallèlement à l’usage d’internet autorisant la connexion en temps réel avec des acteurs en dehors de toute référence géographique. L’entreprise globale détient en effet la capacité de localiser ses unités de production dans différentes villes ou régions du monde (en fonction par exemple de la proximité des marchés de consommation ou du coût du travail) tout en exigeant en retour des opérations de contrôle et de direction hautement centralisées prenant place dans des villes qualifiées de « globales ». La décentralisation ou encore la dispersion des tâches de la production ne s’est pas accompagnée d’une décentralisation équivalente du pouvoir et des profits, ce qui a priori favorise donc la « ville globale ». Aussi plus l’économie se globalise, plus la concentration de fonctions relevant du commandement ou encore du leadership se renforce au profit de quelques villes en mesure d’attirer et de contrôler les flux de capitaux.
La ville mondiale fait toutefois référence à d’autres vecteurs de la mondialisation, comme le champ culturel ou le champ du patrimoine historique. En opérant cette distinction entre ville globale et ville mondiale, on reconnaît que Miami, Los Angeles, Chicago ou Phoenix (contexte américain) sont des villes globales au même titre que New York même si cette dernière maintient sa suprématie dans l’ingénierie financière. Mais parmi ces cinq villes des Etats-Unis, on peut facilement reconnaître que New York et Los Angeles sont par ailleurs des « villes mondiales ». Tout au long du XXe siècle, New York a été perçue comme la figure emblématique de la ville construite sur la base d’une immigration issue du monde entier et qu’elle a largement contribué à l’émergence et à la diffusion de l’art moderne. Quant à Los Angeles, elle a acquis grâce à Hollywood, le statut de « capitale mondiale » du cinéma dès les années 30 et maintient encore son rôle en dépit de l’influence croissante de Bollywood. Nul ne peut remettre en cause l’attractivité mondiale de Venise même si elle n’est plus comme à l’heure de la mondialisation pré-moderne un centre majeur de l’économie. Hong Kong est une ville « globale » en raison de l’activité de sa bourse mais on est en droit de s’interroger sur son classement dans la liste des villes mondiales. En Amérique latine, Mexico a certainement un rang mondial en raison de son patrimoine historique, du rayonnement de sa culture et de sa capacité à attirer des touristes mais elle ne figure pas au rang des villes globales comme Sao Paulo (Droulers, 1998) qui par ailleurs commence à s’affirmer comme « ville mondiale » grâce au rayonnement par exemple de son orchestre symphonique (Osesp). Paris et Londres appartiennent au réseau des villes globales mais elles ont également le privilège d’être des « villes mondiales ».
Le souci de cette distinction entre « ville mondiale » et « ville globale » susceptible de se traduire par des travaux empiriques en géographie n’a pas pour seule ambition de prendre distance par rapport aux ancrages théoriques des collègues américains et ainsi d’affirmer la contribution de la recherche française au débat scientifique. Il participe de ce choix explicite en faveur d’une hypothèse de la théorie de la mondialisation non confinée au seul champ économique.
Conclusion : une « ville mondiale » se distingue d’une « ville globale »
Les chercheurs anglo-américains ont participé à l’émergence d’un nouveau paradigme de la ville mondiale remettant ainsi en cause les définitions plus traditionnelles prenant en compte le poids démographique ou encore le statut de capitale. Ils ont alors utilisé de manière indifférente les expressions de « ville mondiale » et de « ville globale », ce qui explique la non-distinction faite entre les deus dans la recherche anglo-américaine. Après avoir retracé l’émergence d’un questionnement sur le statut de la ville mondiale à partir des années 1980 et après avoir souligné son ancrage dans une réflexion se donnant pour objectif d’assurer l’articulation entre la ville et le rôle de commandement de l’économie globale (un segment de l’économie mondiale) à partir des textes de John Friedmann et de Saskia Sassen, l’analyse réaffirme l’impératif de différencier « ville mondiale » et « ville globale ». Tout en reconnaissant la dynamique de l’économie globale et l’avantage que présente l’expression « ville globale » pour signifier ses points d’ancrage, il paraît hasardeux d’assimiler la ville mondiale (world city) à la ville globale (global city). Difficile en effet d’imaginer que la mondialisation en cours est en mesure d’effacer toute forme d’héritage historique et d’influence culturelle pour se réduire à de simples flux financiers et flux de communication.
Par:Cynthia Ghorra-Gobin
- « Vouloir prouver des choses qui sont claires d'elles-mêmes, c'est éclairer le jour avec une lampe. ». .
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Re: Mondialisation ou globalisation (en)
Un "nouvel ordre mondial" de l'information ?
On se souvient que pendant les années 1970 il était de bon ton de pourfendre le monopole occidental des agences de presse. On souhaitait « un nouvel ordre mondial de l'information », c'est-à-dire en gros une information venant du Sud.
Nous étions alors dans les utopies du « nouvel ordre mondial » tous azimuts (« stabilisation » du prix des matières premières, « démocratisation » de l’ONU etc.) J’avais à l’époque ferraillé contre ces délires dans Le socialisme contre le tiers monde.
Puis tout cela s’était atténué avec la prise de conscience que donner la majorité à l’ONU aux partis communistes russes, chinois et affiliés ou enrichir les autocrates du Sud n’était pas l’idéal, tandis que capotaient les accords de cours de stabilisation des matières premières.
On s’était en particulier aperçu que "l’information" venue du Sud (et, alors, de l’Est) n'en n'était pas une, venant de régimes liberticides.
A partir de 1976 (chute de Saïgon), et de 1979 (Invasion de l’Afghanistan), l’URSS remplaça les EU dans le rôle du « méchant », puis disparut avec la plupart des partis frères, tandis que les PC chinois et vietnamien réussissaient un remarquable tête à queue. Il y eut un mouvement intellectuel parallèle avec « les nouveaux philosophes » qui entama en France la majorité intellectuelle marxisante.
Mais l’empreinte dans les esprits restait coriace, et les altermondialistes reprirent le flambeau (D’où ma nouvelle réaction avec''Le mythe du fossé Nord-Sud)''. Les altermondialistes s’allièrent aux islamistes radicaux contre l’Occident, avant de s’apercevoir qu’ils divergeaient sur tout le reste et de se retrouver par ailleurs « trahis » par une des « victimes », selon eux, de l’Occident, la Chine, qui se développa en ignorant leurs idées. Et voici que ces deux ex-amis mettent en œuvre concrètement ce « nouvel ordre de l’information », sans en reprendre l’utopie gaucho-libertaire.
Il ne s’agit plus de parlotes sorbonnardes ou onusiennes, mais de conquérir les médias : radio, télévision et Internet. Cela en s’appuyant sur l’argent du pétrole pour les uns, sur la percée dans l'industrie, les services qualifiés, puis la recherche scientifique pour les autres, Chine en tête. L’argent du pétrole va à la Russie, à l’Arabie, à l’Iran et de là cascade vers diverses entreprises hostiles par conviction ou intérêt, via l’action étatique (Iran, Arabie …) ou le détournement de l’importante charité musulmane, voire par simple racket physique ou moral.
Le résultat concret est que le rôle mondial qu'ont eu la BBC, CNN ou la Voix de l'Amérique est en train de s’affaiblir. Ces grands réseaux diffusant les idées occidentales buttent sur de plus en plus d'obstacles et sont de plus en plus concurrencés. The Economist du 14 août nous en donne ci-dessous quelques exemples.
Les obstacles sont le refus des autorités locales de retransmettre en FM : ainsi la Voix de l'Amérique en russe n'est plus relayée que par une radio locale au lieu de 85 en 2003. Plus grave est la concurrence dans les têtes des auditeurs et spectateurs : depuis 2006 la Chine, l'Iran, le Japon ont lancé des chaînes internationales d'information en anglais et bien d’autres langues. La seule chaîne chinoise d'informations internationales a un budget de 15 fois celui de son homologue de la BBC, et à des programmes dans un plus grand nombre de langues. Parallèlement la BBC et La voix de l'Amérique ont fortement diminué leurs émissions en ondes courtes tandis que la radio internationale chinoise les doublait. Les réseaux locaux s'ajoutent à cette concurrence : le Kenya est passé ainsi d'une chaîne nationale à 20 télévisions et 80 radios.
Le Qatar mérite une mention spéciale : ce petit émirat, en froid avec l’Arabie Saoudite, a lancé la chaîne Al Jezirah en 1996. Cette chaîne a eu immédiatement un grand succès, étant en tête dans sa région avec 39 % des auditeurs contre 1 % pour la chaîne lancée par l'Amérique pour la concurrencer. Elle a internationalisé son action en lançant un réseau en anglais qui s'appuie sur 80 bureaux locaux, avec un effort particulier vers l'Afrique. Sa percée vient de sa relative liberté de ton, qui contraste avec le terne et le convenu des chaînes nationales officielles. Les citoyens des pays arabes pouvaient enfin avoir sur leur propre pays d’autres nouvelles que celles acceptées par la censure. C’était un grand progrès, l’ouverture d’une fenêtre sur l’extérieur, avec un grand professionnalisme et « un très bon arabe, très agréable à écouter » me disent de nombreux Maghrébins. Vu d’Occident, c’est certes « une fenêtre sur l’extérieur », mais elle donne sur la cour, entendez qu’elle est très arabocentrée. C’est un atout, car les chaînes françaises reçues au Maghreb se soucient d’abord de leur audience en France, et ne donnent pas à leurs interlocuteurs du Sud suffisamment de nouvelles de la région qui les intéresse. De plus, comparées à Al Jezirah qui est très pro palestinienne, elle semblent pro-israéliennes (alors qu’Israël les accuse d’être pro-palestiniennes), et leur crédibilité en souffre. Or Al Jezirah « se talibanise » d’après ses propres présentatrices, après avoir « lancé » Ben Laden en diffusant ses communiqués (ce qui ne doit pas faire oublier que ledit Ben Laden à été « créé » par les Américains pour contrer les soviétiques en Afghanistan ).
La bataille est également rude sur Internet, qui est bon marché et bien adapté aux audiences dispersées. C’est devenu un média de masse qui concurrence la presse et la télévision. Là aussi d’abord américain, puis occidental au sens large (les Sud-Coréens et les Japonais ont été parmi les premiers à s’y engouffrer), il est maintenant répandu partout où l’électricité est présente, en Chine bien sûr, mais aussi dans une grande partie du reste du monde, avec un retard important pour l’Afrique subsaharienne. Il bénéficie aux Occidentaux : en Russie, si la diffusion traditionnelle de La voix de l'Amérique recule, ses vidéos sont de plus en plus téléchargées, mais la Chine, l’Iran, la Tunisie et bien d’autres s’opposent à son usage « occidentalisant » (libéralisme politique, de mœurs, de croyance…) en le bloquant de mille façons (voire le bras de fer entre Google et le gouvernement chinois) et en s’en servant de manière offensive. De même pour les islamistes, dont les sites vont du rappel des traditions musulmanes (ou présentées comme telles à un public mal formé) au manuel de maniement des explosifs et à l’appel au meurtre. On en est arrivé à une guerre au sens propre, où les services secrets paralysent ou détournent les sites de l’adversaire.
Ainsi, sans que le terme soit réapparu, « le nouvel ordre mondial de l’information » prôné par les gauchistes de naguère se met en place sous nos yeux. C’est notamment une conséquence logique de la diffusion de l’efficacité économique par les idées libérales (ou, plus concrètement, par certaines d’entre elles au détriment des autres). Heureusement la baisse fantastique du coût de l’information permet à des acteurs « de la société civile » d’entrer aussi dans la danse. La suite des événements se jouera largement entre elle et les dictatures locales. Le rôle de l’Occident sera certes réduit, mais il restera important pour le soutien en idées, en expérience politique et historique et, espérons-le, en motivation. On me répondra que je suis un optimiste incurable.
Auteur:par Yves Montenay de L'Institut Turgot
Pour y voir un peu plus clair
On se souvient que pendant les années 1970 il était de bon ton de pourfendre le monopole occidental des agences de presse. On souhaitait « un nouvel ordre mondial de l'information », c'est-à-dire en gros une information venant du Sud.
Nous étions alors dans les utopies du « nouvel ordre mondial » tous azimuts (« stabilisation » du prix des matières premières, « démocratisation » de l’ONU etc.) J’avais à l’époque ferraillé contre ces délires dans Le socialisme contre le tiers monde.
Puis tout cela s’était atténué avec la prise de conscience que donner la majorité à l’ONU aux partis communistes russes, chinois et affiliés ou enrichir les autocrates du Sud n’était pas l’idéal, tandis que capotaient les accords de cours de stabilisation des matières premières.
On s’était en particulier aperçu que "l’information" venue du Sud (et, alors, de l’Est) n'en n'était pas une, venant de régimes liberticides.
A partir de 1976 (chute de Saïgon), et de 1979 (Invasion de l’Afghanistan), l’URSS remplaça les EU dans le rôle du « méchant », puis disparut avec la plupart des partis frères, tandis que les PC chinois et vietnamien réussissaient un remarquable tête à queue. Il y eut un mouvement intellectuel parallèle avec « les nouveaux philosophes » qui entama en France la majorité intellectuelle marxisante.
Mais l’empreinte dans les esprits restait coriace, et les altermondialistes reprirent le flambeau (D’où ma nouvelle réaction avec''Le mythe du fossé Nord-Sud)''. Les altermondialistes s’allièrent aux islamistes radicaux contre l’Occident, avant de s’apercevoir qu’ils divergeaient sur tout le reste et de se retrouver par ailleurs « trahis » par une des « victimes », selon eux, de l’Occident, la Chine, qui se développa en ignorant leurs idées. Et voici que ces deux ex-amis mettent en œuvre concrètement ce « nouvel ordre de l’information », sans en reprendre l’utopie gaucho-libertaire.
Il ne s’agit plus de parlotes sorbonnardes ou onusiennes, mais de conquérir les médias : radio, télévision et Internet. Cela en s’appuyant sur l’argent du pétrole pour les uns, sur la percée dans l'industrie, les services qualifiés, puis la recherche scientifique pour les autres, Chine en tête. L’argent du pétrole va à la Russie, à l’Arabie, à l’Iran et de là cascade vers diverses entreprises hostiles par conviction ou intérêt, via l’action étatique (Iran, Arabie …) ou le détournement de l’importante charité musulmane, voire par simple racket physique ou moral.
Le résultat concret est que le rôle mondial qu'ont eu la BBC, CNN ou la Voix de l'Amérique est en train de s’affaiblir. Ces grands réseaux diffusant les idées occidentales buttent sur de plus en plus d'obstacles et sont de plus en plus concurrencés. The Economist du 14 août nous en donne ci-dessous quelques exemples.
Les obstacles sont le refus des autorités locales de retransmettre en FM : ainsi la Voix de l'Amérique en russe n'est plus relayée que par une radio locale au lieu de 85 en 2003. Plus grave est la concurrence dans les têtes des auditeurs et spectateurs : depuis 2006 la Chine, l'Iran, le Japon ont lancé des chaînes internationales d'information en anglais et bien d’autres langues. La seule chaîne chinoise d'informations internationales a un budget de 15 fois celui de son homologue de la BBC, et à des programmes dans un plus grand nombre de langues. Parallèlement la BBC et La voix de l'Amérique ont fortement diminué leurs émissions en ondes courtes tandis que la radio internationale chinoise les doublait. Les réseaux locaux s'ajoutent à cette concurrence : le Kenya est passé ainsi d'une chaîne nationale à 20 télévisions et 80 radios.
Le Qatar mérite une mention spéciale : ce petit émirat, en froid avec l’Arabie Saoudite, a lancé la chaîne Al Jezirah en 1996. Cette chaîne a eu immédiatement un grand succès, étant en tête dans sa région avec 39 % des auditeurs contre 1 % pour la chaîne lancée par l'Amérique pour la concurrencer. Elle a internationalisé son action en lançant un réseau en anglais qui s'appuie sur 80 bureaux locaux, avec un effort particulier vers l'Afrique. Sa percée vient de sa relative liberté de ton, qui contraste avec le terne et le convenu des chaînes nationales officielles. Les citoyens des pays arabes pouvaient enfin avoir sur leur propre pays d’autres nouvelles que celles acceptées par la censure. C’était un grand progrès, l’ouverture d’une fenêtre sur l’extérieur, avec un grand professionnalisme et « un très bon arabe, très agréable à écouter » me disent de nombreux Maghrébins. Vu d’Occident, c’est certes « une fenêtre sur l’extérieur », mais elle donne sur la cour, entendez qu’elle est très arabocentrée. C’est un atout, car les chaînes françaises reçues au Maghreb se soucient d’abord de leur audience en France, et ne donnent pas à leurs interlocuteurs du Sud suffisamment de nouvelles de la région qui les intéresse. De plus, comparées à Al Jezirah qui est très pro palestinienne, elle semblent pro-israéliennes (alors qu’Israël les accuse d’être pro-palestiniennes), et leur crédibilité en souffre. Or Al Jezirah « se talibanise » d’après ses propres présentatrices, après avoir « lancé » Ben Laden en diffusant ses communiqués (ce qui ne doit pas faire oublier que ledit Ben Laden à été « créé » par les Américains pour contrer les soviétiques en Afghanistan ).
La bataille est également rude sur Internet, qui est bon marché et bien adapté aux audiences dispersées. C’est devenu un média de masse qui concurrence la presse et la télévision. Là aussi d’abord américain, puis occidental au sens large (les Sud-Coréens et les Japonais ont été parmi les premiers à s’y engouffrer), il est maintenant répandu partout où l’électricité est présente, en Chine bien sûr, mais aussi dans une grande partie du reste du monde, avec un retard important pour l’Afrique subsaharienne. Il bénéficie aux Occidentaux : en Russie, si la diffusion traditionnelle de La voix de l'Amérique recule, ses vidéos sont de plus en plus téléchargées, mais la Chine, l’Iran, la Tunisie et bien d’autres s’opposent à son usage « occidentalisant » (libéralisme politique, de mœurs, de croyance…) en le bloquant de mille façons (voire le bras de fer entre Google et le gouvernement chinois) et en s’en servant de manière offensive. De même pour les islamistes, dont les sites vont du rappel des traditions musulmanes (ou présentées comme telles à un public mal formé) au manuel de maniement des explosifs et à l’appel au meurtre. On en est arrivé à une guerre au sens propre, où les services secrets paralysent ou détournent les sites de l’adversaire.
Ainsi, sans que le terme soit réapparu, « le nouvel ordre mondial de l’information » prôné par les gauchistes de naguère se met en place sous nos yeux. C’est notamment une conséquence logique de la diffusion de l’efficacité économique par les idées libérales (ou, plus concrètement, par certaines d’entre elles au détriment des autres). Heureusement la baisse fantastique du coût de l’information permet à des acteurs « de la société civile » d’entrer aussi dans la danse. La suite des événements se jouera largement entre elle et les dictatures locales. Le rôle de l’Occident sera certes réduit, mais il restera important pour le soutien en idées, en expérience politique et historique et, espérons-le, en motivation. On me répondra que je suis un optimiste incurable.
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Pour y voir un peu plus clair
- « Vouloir prouver des choses qui sont claires d'elles-mêmes, c'est éclairer le jour avec une lampe. ». .
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Re: Mondialisation ou globalisation (en)
Mondialisation et santé mentale
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" Il ya deux manières d'ignorer les choses:
La première, c'est de les ignorer;
La seconde, c'est de les ignorer et croire qu'on les sait.
La seconde est pire que la première."
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Lotfi- Adm

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Re: Mondialisation ou globalisation (en)
Mouvements et résistances
Par:Julien Teil, pour Mecanopolis
A l’aube de la guerre civile généralisée en Europe, un bref constat semble nécessaire. Les forces dictatoriales contrôlant les processus qui fondent notre réalité quotidienne se sont récemment doté de nouveaux atouts. Des atouts qui, évidemment, ont été patiemment maturé en partie grâce à la distillation de propagandes diverses et variées. Le but recherché est (et a toujours été) le même : étendre l’Empire. De Jules César à David Rockefeller & consorts, les choses n’ont vraisemblablement que peu changé. Les moyens sont différents, mais le but reste le même.
Les moyens sont devenus suffisamment subtils pour entretenir un conditionnement social et mental permanent. Conséquence : L’extrême Majorité des revendications proposées par les collectifs, associations citoyennes, etc., sont en réalité voulues par et pour le système. La promesse de la « mondialisation heureuse » et sans-frontiériste a fait du chemin depuis Médecins Sans Frontières et Bernard Kouchner. Il ne s’agit plus seulement de se servir des maux de l’humanité pour introduire le droit d’ingérence (1) mais également de créer et/ou reprendre chaque combat pour étendre la globalisation de l’Empire.
Face aux quelques États rebelles persistants, Wikileaks (2), la CIA et les associations dites « de défense des droits de l’homme » (mais jamais des droits de l’homme *et du citoyen*), développent une propagande digne des heures les plus sombres de l’occident moderne. Pendant ce temps, la crise économique persiste et l’éclatement des Nations européennes s’active. Et ceci, au profit de l’euro-régionalisme, qui permet notamment la création de patrouilles policières et militaires binationales : A la frontière franco-espagnole (3), franco-allemande (4), etc. (645 soldats allemands d’ici 2012 en Alsace). Combien de temps avant que ces patrouilles ne deviennent intégralement européennes puis mondiales ? Mais surtout, combien de temps avant qu’elles disposent des derniers moyens technologiques à l’initiative de la Rand Corporation ? (5)
En parallèle, les « révolutions » menées par les différentes factions politiques se révèlent toutes plus naïves les unes que les autres : de la CNT à Attac, en passant par M. Mélenchon et son pseudo-combat contre le groupe le Siècle. Les prétendants au titre de « force d’opposition » ne manquent pas et recyclent continuellement les mêmes thèmes moraux : antifascisme, antiracisme, féminisme, anti-libéralisme, tiers-mondisme, etc. ; alibis de leur incapacité à proposer une véritable solution au problème. C’est pourtant le rôle que la « gauche » devrait jouer. Rôle qu’elle ne peut manifestement plus jouer, tant ses outils d’analyses sont à des années lumières de la réalité politique et sociale.
Un point commun à tous les prétendus opposants au système les réunit dans leur incompétence, celui de l’incapacité d’analyser la situation, et de se servir d’outils justes et limpides. Combien d’entre-eux appellent à la critique du libéralisme, sans jamais avoir pris conscience qu’il s’agit d’autre chose ? Le libéralisme n’a jamais appelé à la privatisation des biens publics ni à la mise en place d’une économie de marché mondialisée. Le libéralisme s’érige contre la surcharge législative qui est un étau pour l’homme. Dans un système libéral : les lois doivent êtres peu nombreuses, claires et connues. Soit tout le contraire de ce à quoi nous assistons : la normativité à tout prix.
Le néo-libéralisme quant à lui, qui n’a pour fonction que de coaliser les États alliés au système de domination mondiale, impose à ces derniers l’intégration des communautés et autres lobbys. Ces derniers donnent leur(s) avis, et cela à l’encontre du bien commun. En France, cela pose évidemment un problème constitutionnel, mais tout a été fait pour passer outre. En effet, la République est censée être indivisible et anticommunautaire, et ainsi garantir l’égalité de chaque citoyen et cela peu importe son origine, sa communauté ou ses possibles orientations personnelles. Mais, c’est exactement l’inverse qui se produit. Et l’Europe suit la même trame : Chaque lobby souhaite y imposer sa loi. Il y a donc une volonté farouche de poser des règles et des ordonnances là où il n’y en avait pas auparavant – ce qui est précisément l’inverse du libéralisme.
Comment expliquer que les forces d’oppositions persistent dans leur incompétente critique ? Leurs porte -paroles sont bien souvent issus du monde universitaire, que l’on sait être particulièrement reclus, voire sectaire. L’école des hautes études en sciences sociales (EHESS), et dont la création n’aurait pas été possible sans l’appui financier de la Fondation Rockefeller, forme nombre de ces chercheurs incapables de trouver le moindre début de solution aux problématiques actuelles. (6) Il n’y a donc rien d’étonnant à ce qu’ils ne puissent sérieusement analyser la situation – encore moins disposer d’outils d’analyse perspicaces. Alors il se recyclent en défenseurs d’un ordre moral, qui n’a aucun rapport avec les véritables valeurs de la gauche progressiste. Au contraire, ils adoptent une posture réactionnaire typiquement totalitaire sur le plan idéologique. Rappelons-leurs que les penseurs, politiciens et chercheurs sont là pour servir le bien commun et non pour fixer les règles à suivre. C’est en cela que le système peut être bien plus pernicieux que ce que l’on croit : Il se présente sous de multiples formes.
On ne peut donc rien attendre de ce système, ni des partis politiques. Les quelques authentiques opposants au système de domination ne seront jamais élus, et n’obtiendront jamais suffisamment de couverture médiatique pour instruire la population. Nous le savons. Que reste-il donc ? Que faire face à la gravité d’une telle situation ?
Il est temps de s’allier, de se réunir – non pas pour combattre un système imbattable – mais pour organiser une résistance active : celle de l’avenir, de la vie. Il est temps de se demander ce dont on a réellement besoin pour la vie, de s’organiser afin de ne pas avoir à subir la dictature à venir. Combien de temps avant qu’une police mondiale équipée des derniers nano-drones et autres futures armes nécro-technologiques, vienne s’occuper de chaque opposant réel au système ?
Peu de temps. Trop peu de temps. Il est inutile d’énumérer les nuisances produites par le système de domination mondiale, elles sont trop nombreuses, trop insidieuses, pour pouvoir en comprendre le sens. On pourrait même se demander si elles sont vraiment assimilables pour un esprit humain ? L’homme a son destin entre les mains, c’est donc à nous – personnes un minimum lucides – de montrer la voie : Ne plus avoir peur de revenir à la source de la vie humaine, avoir le courage de se libérer de l’aliénation matérialiste, retourner à ce qui est sain, vrai, assimilable même pour un enfant de 8 ans encore jeune et innocent.
Par:Julien Teil, pour Mecanopolis
- « Vouloir prouver des choses qui sont claires d'elles-mêmes, c'est éclairer le jour avec une lampe. ». .
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Re: Mondialisation ou globalisation (en)
Guillaume Chaloin, Meeschaert: "Le continent africain recèle un énorme potentiel"
**Tradingsat.com**
Si les pays émergents, Chine, Inde et Brésil, en tête, continuent à soutenir la croissance mondiale, un nombre croissant d'investisseurs croient au potentiel de l'Afrique, qui pourrait devenir la zone émergente la plus dynamique dans les prochaines années. Guillaume Chaloin, gérant du fonds MAM Actions Afrique, nous fait partager ses convictions.
Tradingsat.com : Pour quelles raisons faut-il d'après vous investir aujourd'hui en Afrique ?
Guillaume Chaloin : Le continent africain recèle un énorme potentiel, qui est lié, paradoxalement, au fait que l'Afrique est restée totalement à l'écart de la mondialisation durant ces 20 à 25 dernières années. Elle entre aujourd'hui dans la globalisation, mais sa mutation économique est déjà bien enclenchée. Son PIB progresse de 5% par an depuis une dizaine d'années, soit un taux de croissance pas si éloigné de celui de certains pays émergents BRIC [Brésil, Russie, Inde, Chine]. Le président chinois Hu Jintao a d'ailleurs noué un "partenariat stratégique global", avec Jacob Zuma lors de la première visite d'Etat du président sud-africain en Chine.
Tradingsat.com : Peut-on considérer l'Afrique comme une zone émergente ?
Guillaume Chaloin : Hors Afrique du Sud et Afrique du Nord, on parle plutôt de « marché frontière ». Pour évoluer vers le statut "émergent", l'Afrique peut d'abord s'appuyer sur une plus grande stabilité politique. La crise ivoirienne ne doit pas faire oublier qu'il y a de moins en moins de guerres civiles en Afrique. Autre élément : le retour des élites sur le continent, qui est un phénomène assez récent, que la crise économique a accéléré. La très grande richesse du sol africain en matières premières suscite un intérêt économique croissant de la part des grandes puissances, ce qui soutient les opportunités de développement local.
Mais le principal atout de l'Afrique est ce que l'on appelle le « dividende démographique », qui constitue un vrai moteur de la consommation locale. De 1 milliard aujourd'hui, la population africaine aura doublé d'ici 2050 ! Cette augmentation s'effectuera essentiellement dans les centres urbains, ce qui suppose de forts besoins en infrastructures. Plusieurs économistes estiment que l'Afrique pourrait représenter d'ici 2030-2040 un marché potentiel de plus de 1700 milliards de dollars, similaire à celui de la Chine aujourd'hui.
Tradingsat.com : Quels sont les secteurs que vous privilégiez pour miser sur ce développement ?
Guillaume Chaloin : Les ressources naturelles sont à la base de tout ; elles demeurent sous-exploitées au regard de leur potentiel. Elles sont à l'origine de la manne financière de pays comme le Nigeria par exemple, et entraînent le développement d'autres secteurs comme celui des télécoms. Le fond MAM Actions Afrique contient ainsi des valeurs telles que la pétrolière Afren, et les opérateurs Maroc Télécom, ou le Sud-Africain MTN Group. On s'intéresse également aux secteurs de la finance et de la distribution, avec notamment Standard Bank Group et Shoprite Holdings, deux autres groupes sud-africains. Pour les besoins en infrastructures, je mise notamment sur Orascom Construction.
Tradingsat.com : Le producteur de bière Sabmiller est également l'une de vos principales lignes.
Guillaume Chaloin : C'est le numéro deux mondial de la bière derrière Anheuser-Busch InBev. La bière est l'un des premiers secteurs sur lesquels il faut se positionner dans une économie pré-émergente à fort potentiel. Tout simplement parce que la consommation de bière est étroitement corrélée a la progression du pouvoir d'achat. C'est un grand classique ! Le parcours de la bière philippine San Miguel à la Bourse de Manille en est un bon exemple.
Tradingsat.com : Peut-on miser sur l'Afrique avec des valeurs cotées à Paris ?
Guillaume Chaloin : Assurément. Il faut profiter du fait que la cote parisienne est relativement riche en valeurs africaines. Les plus connues sont le distributeur CFAO, Maroc Télécom, et bien sûr Bolloré. Il devrait aussi y avoir bientôt Tunisie Telecom, le premier opérateur de téléphonie fixe et mobile tunisien, qui mène les démarches nécessaires à une double cotation à Paris et à Tunis. Je regarde aussi de près le développement de sociétés plus petites telles que le spécialiste des bois tropicaux Rougier, ou le producteur de caoutchouc SIPH, même si ces valeurs ne figurent pas dans le fonds.
Tradingsat.com : Bolloré a progressé de près de 40% en 2010. Est-il encore temps d'acheter ?
Guillaume Chaloin : Je reste résolument acheteur sur les niveaux actuels. Bolloré affiche depuis longtemps une décote de holding qui est appelée à se réduire, voire à disparaître avec le processus de simplification qui a été engagé par Vincent Bolloré. La diversification dans les médias ou dans la pile à combustible ne doit pas faire oublier que l'Afrique reste l'axe de développement principal du groupe. Cela fait longtemps que Bolloré a identifié le potentiel du continent, auquel il consacre la majeure partie de ses investissements, dans le transport et la logistique essentiellement.
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Re: Mondialisation ou globalisation (en)
Le rêve Européen se terminera en cauchemar ou, plus vraisemblablement, dans une indifférence généralisée…
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La globalisation, on le sait, est à bien des égards responsable de nos déboires financiers. Pour autant, l'univers anglo-saxon n'est pas seul en cause pour avoir imposé cette vision du monde car l'intégration Européenne - en fait l'Union (monétaire) Européenne - a contribué de manière éloquente à l'intensification de cette globalisation. Cette Union - on le constate depuis la fin 2009 - n'est-elle en effet pas fondée sur le principe - on le sait aujourd'hui erroné - qui veut que, dans cette Europe et dans ce monde idéal, les stabilités financières et monétaires seraient la résultante quasi mécanique de règlements bien appliqués par les Etats et par les institutions importantes ? L'ensemble des développements (de nature financière) de l'Europe dès Maastricht n'ont-ils pas été construits selon le postulat d'une gouvernance allégée au possible ?
Et que constate-t-on depuis un peu plus d'une année ou, en d'autres termes, quels sont les défauts de cette cuirasse volontairement trouée de tous côtés afin de faciliter toutes les interactions ? Que la globalisation financière à outrance combinée à un cadre institutionnel déficient exacerbent la vulnérabilité d'un ensemble (l'Union Européenne) dont une poignée d'idéalistes étaient persuadés qu'il fonctionnerait grâce au préalable de la responsabilité commune. C'était hélas compter sans l'appât du gain et sans les tendances démagogiques de l'écrasante majorité...
Pourtant, cette Europe dont on rêvait avait tout pour elle tout en bénéficiant d'atouts considérables garants de son indépendance et de sa pérennité. Cet ensemble n'est-il ainsi pas totalement autonome du point de vue fondamental des échanges commerciaux ? Pour certains, il fallait toutefois parachever l'intégration financière de cette Union dans un contexte international en libérant et en stimulant à l'extrême les flux de capitaux. C'est ainsi qu'une Union autonome commercialement fut paradoxalement transformée en une zone totalement dépendante des investissements étrangers et, donc, des marchés financiers ... sans mise en place concomitante de garde fous ni de régulateur commun ! Ainsi, même à ce jour et après toutes les tourmentes de ces derniers mois, nul instrument collectif n'existe en vue de juguler - ou simplement de limiter les dégâts - de crises financières initiées à l'autre bout du monde.
Voilà donc une monnaie unique, l'Euro, sciemment modelée dans le but de faciliter les échanges et transactions transfrontaliers mais qui n'est néanmoins nullement concernée par le processus de décision politique de l'Union qui suit ses propres logique et dynamique... Voilà donc un Traité - celui de Maastricht - basé sur le principe voulant que ce soient les forces du marché qui parviendraient à imposer discipline et stabilité au sein des membres de l'Union mais qui n'a (toujours) pas prévu de mécanismes corrigeant les ajustements majeurs subis par des économies adoptant cette nouvelle devise. En fait, le Pacte de Stabilité et de Croissance supposé régir cette union monétaire se bornait à établir un cadre pour les endettements respectifs de chacun des membres, établissant implicitement une suspicion selon laquelle si défaillance il y aurait, elle proviendrait des Gouvernements et non des marchés ! Du reste, comment respecter (au sens premier du terme) un Traité qui favorise la stabilité des prix et la lutte contre l'inflation au détriment de la promotion de la croissance, de la création d'emplois et de mesures sociales ?
Ce rêve semble aujourd'hui de plus en plus voué à une mort prématurée car nul doute que des remèdes purement nationaux seront trouvés afin de régler les problématiques de chacune des nations Européennes en péril. Cette Union ressemble étrangement à l'antique étalon Or qui fonctionnait bien tant que tout le monde en respectait les règles mais qui a périclité dès lors qu'il fut abandonné par une seule nation...
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Re: Mondialisation ou globalisation (en)
Le Jasmin et le retour des Etats-Nations
Les peuples du Proche-Orient qui se soulèvent contre leurs tyrans ne brandissent ni le drapeau rouge de la révolution internationaliste, ni celui, vert, de l’islamisme radical panarabe. Les Tunisiens, Egyptiens, Algériens agitent la bannière de leurs Etats respectifs. Et les rebelles libyens – qui subissent bien des revers dans l’indifférence générale - ont ressorti l’ancien emblème banni par Kadhafi après son arrivée au pouvoir.
Ce choix, apparemment anodin, marque la persistance de la notion d’Etat-Nation dans les consciences, voire de son retour, tant elle semblait rangée au musée par la globalisation qui, en apparence, a transformé les villes en villages et les Etats en provinces. Brandir son drapeau devient ou redevient un acte révolutionnaire et n’est plus le seul symptôme d’une hystérie de nature footballistique.
Cela signifie-t-il que la globalisation n’a rien modifié dans les rapports entre peuples, Etats, institutions mondiales? En aucun cas. Le monde a bel et bien changé «de pôle et d’épaule» — dixit le poète Aragon — depuis l’effondrement de l’Empire soviétique, l’émergence de nouvelles puissances économiques, la mise en réseaux informatiques de la planète et l’intensification des échanges qui en est résulté.
L’Etat-Nation est en passe de changer d’aspect mais il n’a pas été supprimé pour autant. Il reste l’un des éléments principaux de ce puzzle mondial qui se constitue. Dans son remarquable ouvrage «La Voie» qui vient de paraître chez Fayard, le penseur français Edgar Morin aborde, parmi bien d’autres thèmes, la question de l’Etat telle qu’elle se pose maintenant:
«S’il faut que se constitue une conscience de Terre-Patrie (...) il faut aussi promouvoir le développement du local dans le global». Parmi les voies qu’il distingue, malgré son pessimisme, pour assurer un avenir à l’humanité, Edgar Morin évoque la tension entre «mondialisation» et«démondialisation»: «Il faut à la fois mondialiser et démondialiser (...) La démondialisation signifie le retour d’une autorité des Etats, abandonnée dans les privatisations au profit d’un capitalisme déterritorialisé, comportant le retour aux services publics».
Si des formes nouvelles de gouvernance mondiale doivent trouver désormais une légitimité qui leur fait défaut — afin de régler des problèmes politiques, économiques ou écologiques qui ne peuvent être traités qu’à grande échelle — il n’en demeure pas moins que l’Etat-Nation reste le lieu adéquat pour établir le lien entre les solidarités de proximité et la vastitude mondialisée.
En Europe, les succès des partis nationaux-populistes illustrent cette volonté des électeurs à ne pas être dépossédé de ce «lieu adéquat». Ils expriment un malaise qui est bien réel mais en offrant des solutions ineptes qui ne conduisent qu’à l’exclusion et à la haine. Aux partis de la droite libérale et de la gauche de gouvernement de reprendre ce drapeau national qu’ils ont laissé tomber.
Jean-Noël Cuénod
http://jncuenod.blog.tdg.ch
Les peuples du Proche-Orient qui se soulèvent contre leurs tyrans ne brandissent ni le drapeau rouge de la révolution internationaliste, ni celui, vert, de l’islamisme radical panarabe. Les Tunisiens, Egyptiens, Algériens agitent la bannière de leurs Etats respectifs. Et les rebelles libyens – qui subissent bien des revers dans l’indifférence générale - ont ressorti l’ancien emblème banni par Kadhafi après son arrivée au pouvoir.
Ce choix, apparemment anodin, marque la persistance de la notion d’Etat-Nation dans les consciences, voire de son retour, tant elle semblait rangée au musée par la globalisation qui, en apparence, a transformé les villes en villages et les Etats en provinces. Brandir son drapeau devient ou redevient un acte révolutionnaire et n’est plus le seul symptôme d’une hystérie de nature footballistique.
Cela signifie-t-il que la globalisation n’a rien modifié dans les rapports entre peuples, Etats, institutions mondiales? En aucun cas. Le monde a bel et bien changé «de pôle et d’épaule» — dixit le poète Aragon — depuis l’effondrement de l’Empire soviétique, l’émergence de nouvelles puissances économiques, la mise en réseaux informatiques de la planète et l’intensification des échanges qui en est résulté.
L’Etat-Nation est en passe de changer d’aspect mais il n’a pas été supprimé pour autant. Il reste l’un des éléments principaux de ce puzzle mondial qui se constitue. Dans son remarquable ouvrage «La Voie» qui vient de paraître chez Fayard, le penseur français Edgar Morin aborde, parmi bien d’autres thèmes, la question de l’Etat telle qu’elle se pose maintenant:
«S’il faut que se constitue une conscience de Terre-Patrie (...) il faut aussi promouvoir le développement du local dans le global». Parmi les voies qu’il distingue, malgré son pessimisme, pour assurer un avenir à l’humanité, Edgar Morin évoque la tension entre «mondialisation» et«démondialisation»: «Il faut à la fois mondialiser et démondialiser (...) La démondialisation signifie le retour d’une autorité des Etats, abandonnée dans les privatisations au profit d’un capitalisme déterritorialisé, comportant le retour aux services publics».
Si des formes nouvelles de gouvernance mondiale doivent trouver désormais une légitimité qui leur fait défaut — afin de régler des problèmes politiques, économiques ou écologiques qui ne peuvent être traités qu’à grande échelle — il n’en demeure pas moins que l’Etat-Nation reste le lieu adéquat pour établir le lien entre les solidarités de proximité et la vastitude mondialisée.
En Europe, les succès des partis nationaux-populistes illustrent cette volonté des électeurs à ne pas être dépossédé de ce «lieu adéquat». Ils expriment un malaise qui est bien réel mais en offrant des solutions ineptes qui ne conduisent qu’à l’exclusion et à la haine. Aux partis de la droite libérale et de la gauche de gouvernement de reprendre ce drapeau national qu’ils ont laissé tomber.
Jean-Noël Cuénod
http://jncuenod.blog.tdg.ch
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" Il ya deux manières d'ignorer les choses:
La première, c'est de les ignorer;
La seconde, c'est de les ignorer et croire qu'on les sait.
La seconde est pire que la première."
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Lotfi- Adm

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Re: Mondialisation ou globalisation (en)
cèrte tout le monde voudra un changemment c'est un droit..etc c'est très juste n'ul n 'est parfait et n'ul ne pourra dire qu'il possèdera le monopole de la connaissance absolu...mais a mon avis lidèal politique et le tèrrain politique deux monde diffèrents changer avec prudence c'est logique que de changer pour aller nul part. la rèsponsabilitè est une tache lourd il faut assumer sinom l'èrreur sera impardonable un pays ce n'est pas un jeu et la sècuritè n'a pas de prix.
rakane- Invité

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Re: Mondialisation ou globalisation (en)
Abdoulaye Wade appelle les intellectuels du monde entier à se pencher sur les moyens « d’arrêter les dérives qui menacent l’humanité »

Il leur faut donc faire avec les moyens du bord ; y compris avec un « capitalisme » et une « mondialisation » dont les règles du jeu leur sont imposées. Margaret Thatcher, celle que l’on appelait « la Dame de fer » de la Grande-Bretagne libérale, utilisait à ce sujet un acronyme : « TINA » (« There is no alternative »). Effectivement, il n’y a pas d’alternative au système économique mondial si les Africains n’en cherchent pas. Ou s’ils laissent les autres en chercher pour eux. Ce qui est vrai de la « mondialisation » l’est aussi de « l’altermondialisation ». Quelques semaines après le Fesman, Dakar accueillait le Forum social mondial (FSM).
Et on peut redouter que le Nord n’impose au Sud une vision ethnocentrique de ce que doit être l’altermondialisation de la même façon que la mondialisation a voulu laisser croire au monde qu’il fallait que nous soyons tous identiques dans notre cheminement pour être égaux.
Dans la continuité du Fesman puis du FSM, Wade a entrepris de rassembler à Dakar des intellectuels du monde entier pour réfléchir aux moyens « d’arrêter les dérives qui menacent l’humanité » (cf. LDD Sénégal 0154/Mercredi 16 mars 2011). Le professeur Patrick Guillaumont, en charge du « contenu » de la conférence, a mis l’accent sur les problèmes liés à a croissance démographique du Sud face à un Nord vieillissant alors que les disparités de croissance ne font que s’aggraver, que les matières premières se raréfient tandis que le déficit alimentaire se généralise. Ajoutons à cela les changements climatiques, les contraintes énergétiques et les crises à répétition du système financier international et nous avons tous les ingrédients nécessaires à l’accroissement de l’insécurité et à la résurgence des conflits.
Jeffrey Sachs, professeur et directeur de l’Institut de la Terre (Columbia University), conseiller spécial du secrétaire général des Nations unies pour les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD), a mis l’accent sur l’absence de consensus sur le modèle de croissance soulignant la nécessité urgente de donner la priorité à l’agriculture, aux infrastructures, aux secteurs sociaux et à l’environnement. On connaît les positions de Sachs : si nous ne choisissons pas un autre modèle de croissance ce sera le chaos. Il l’a réaffirmé récemment (Les Echos du 14 mars 2011) : « L’alternative est de choisir la voie de la coopération politique et sociale, à la fois au sein de chaque pays et au plan international […] Cette voie est celle d’une prospérité partagée grâce à de meilleures technologies, à une équité politique et une prise de conscience morale ».
L’ancien président de la Commission européenne (1999-2004) ; ancien président du Conseil des ministres italien (1996-1998), président de la Fondation pour la collaboration entre les peuples, « Il professore » Romano Prodi, a souhaité que le « Groupe de Dakar » sorte des sentiers académiques pour s’engager ouvertement sur la voie de l’efficacité : « Il s’agit de prendre des décisions fortes permettant à l’Afrique de travailler ensemble ». Il faut, selon lui, identifier les défis et les domaines dans lesquels il est possible de trouver un consensus afin de promouvoir la participation des pays africains à la gouvernance mondiale. Le fondateur de la coalition de centre gauche L’Olivier prône une approche africaine de la gouvernance mondiale qui permettrait d’infléchir cette gouvernance.
En quelque sorte, une « gouvernance mondiale décentralisée » pour reprendre la formule de Pascal Salin, professeur émérite à l’université Paris-Dauphine, un « libéral » opposé à l’interventionnisme des Etats, adepte des analyses monétaristes des économistes de l’école autrichienne. Selon lui, la « gouvernance mondiale décentralisée », permettrait, tout en mettant l’accent sur des principes universels, de prendre en compte la diversité du monde puisqu’il ne saurait y avoir « d’uniformisation des recettes ».
L’Algérien Mohamed Bedjaoui, juriste de formation et de passion (il a été avocat au barreau de Grenoble dans les années 1950, doyen de la faculté de droit d’Alger, ministre de la Justice, président de la Cour internationale de justice de La Haye) mais également homme politique (ambassadeur en France, ministre des Affaires étrangères - cf. LDD Algérie 015/lundi 2 mai 2005) est un institutionnaliste : il prône l’établissement d’une charte des droits et responsabilités des Africains dans la gouvernance mondiale et réclame que les questions de gouvernance soient discutées au sein même des Nations unies. Impossible, bien sûr, de reprendre toutes les communications et toutes les interventions de ce vendredi 18 février 2011.
D’autant plus qu’il ne s’agissait, ce jour-là, que de déblayer le terrain. Le professeur Iba Der Thiam (Université Cheikh Anta Diop), déjà omniprésent lors du Fesman, était, avec Guillaumont, en charge du « contenu » de la conférence ; nul doute que les travaux de ce « Groupe de Dakar » feront l’objet d’un « dossier finalisé » dans la perspective de préparer la « Grande conférence » d’octobre 2011 (dans l’intervalle sont prévues des consultations informelles).
Beaucoup s’étonneront de ce que Wade vienne ainsi titiller les « altermondialistes » sur leur terrain favori : « Un autre monde est possible » (Iba Der Thiam n’a pas manqué de reprendre d’ailleurs ce slogan soulignant que, « dans la perspective de la définition de cette nouvelle vision, la voix de l’Afrique doit se faire entendre »). Il est vrai que Wade est un libéral. Et cela ne date pas d’aujourd’hui. Mais, comme il le disait, voici quelques années, dans son discours à l’Académie des sciences d’outre-mer sur « l’Afrique dans les enjeux mondiaux contemporains » (Paris, le 19 février 2003) : « Le libéralisme dont je me réclame n’est pas un libéralisme sauvage générateur de monopoles et d’impérialismes.
C’est un libéralisme social qui intègre la démocratie, la lutte contre la pauvreté, la prise en compte de la demande sociale ». Mais, conscient d’appartenir à une société où la concurrence est exacerbée, il sait qu’il lui faut agir sans perdre de vue que les dés sont pipés : les plus forts imposent aux plus faibles des règles du jeu à géométrie variable. C’est pourquoi quand certains prônent une « altermondialisation », il ne s’insurge pas mais entend affirmer que la priorité est de d’affirmer : « Une autre Afrique est possible ». Une Afrique rassemblée car, il l’a écrit voici bien longtemps déjà (« L’Afrique et la globalisation », in le quotidien Le Monde daté du 14 novembre 2001) : « Libéral convaincu, je n’en réclame pas moins, dans les conditions actuelles du commerce international, la protection de certains produits africains.
Car, malheureusement, beaucoup de ceux qui parlent du libéralisme ignorent totalement cette notion, qu’ils interprètent à leur façon […] En fait, nos partenaires du Nord, partisans de la globalisation comme nous, ne raisonnent malheureusement pas en termes d’intérêts de l’économie mondiale globale. En réalité, pour eux, l’économie mondiale se confond avec l’économie des pays développés ».
La Dépêche Diplomatique
Jean-Pierre Béjot

En décembre 2010, Abdoulaye Wade a voulu rassembler, à Dakar, les diasporas noires du monde entier. Lors de ce Festival mondial des arts nègres (Fesman), il n’a pas manqué de proclamer devant les représentants de peuples noirs venus du monde entier que « l’Afrique est en résistance » et que, dans ce mouvement, elle démontrait « la capacité de nos peuples à se battre dans des conditions créées par d’autres ». L’esclavage puis la colonisation ont formaté le continent africain. Les Africains vivent dans une Afrique qui n’est pas la leur. Qui est une Afrique voulue par les puissances coloniales puis par les multinationales.
Il leur faut donc faire avec les moyens du bord ; y compris avec un « capitalisme » et une « mondialisation » dont les règles du jeu leur sont imposées. Margaret Thatcher, celle que l’on appelait « la Dame de fer » de la Grande-Bretagne libérale, utilisait à ce sujet un acronyme : « TINA » (« There is no alternative »). Effectivement, il n’y a pas d’alternative au système économique mondial si les Africains n’en cherchent pas. Ou s’ils laissent les autres en chercher pour eux. Ce qui est vrai de la « mondialisation » l’est aussi de « l’altermondialisation ». Quelques semaines après le Fesman, Dakar accueillait le Forum social mondial (FSM).
Et on peut redouter que le Nord n’impose au Sud une vision ethnocentrique de ce que doit être l’altermondialisation de la même façon que la mondialisation a voulu laisser croire au monde qu’il fallait que nous soyons tous identiques dans notre cheminement pour être égaux.
Dans la continuité du Fesman puis du FSM, Wade a entrepris de rassembler à Dakar des intellectuels du monde entier pour réfléchir aux moyens « d’arrêter les dérives qui menacent l’humanité » (cf. LDD Sénégal 0154/Mercredi 16 mars 2011). Le professeur Patrick Guillaumont, en charge du « contenu » de la conférence, a mis l’accent sur les problèmes liés à a croissance démographique du Sud face à un Nord vieillissant alors que les disparités de croissance ne font que s’aggraver, que les matières premières se raréfient tandis que le déficit alimentaire se généralise. Ajoutons à cela les changements climatiques, les contraintes énergétiques et les crises à répétition du système financier international et nous avons tous les ingrédients nécessaires à l’accroissement de l’insécurité et à la résurgence des conflits.
Jeffrey Sachs, professeur et directeur de l’Institut de la Terre (Columbia University), conseiller spécial du secrétaire général des Nations unies pour les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD), a mis l’accent sur l’absence de consensus sur le modèle de croissance soulignant la nécessité urgente de donner la priorité à l’agriculture, aux infrastructures, aux secteurs sociaux et à l’environnement. On connaît les positions de Sachs : si nous ne choisissons pas un autre modèle de croissance ce sera le chaos. Il l’a réaffirmé récemment (Les Echos du 14 mars 2011) : « L’alternative est de choisir la voie de la coopération politique et sociale, à la fois au sein de chaque pays et au plan international […] Cette voie est celle d’une prospérité partagée grâce à de meilleures technologies, à une équité politique et une prise de conscience morale ».
L’ancien président de la Commission européenne (1999-2004) ; ancien président du Conseil des ministres italien (1996-1998), président de la Fondation pour la collaboration entre les peuples, « Il professore » Romano Prodi, a souhaité que le « Groupe de Dakar » sorte des sentiers académiques pour s’engager ouvertement sur la voie de l’efficacité : « Il s’agit de prendre des décisions fortes permettant à l’Afrique de travailler ensemble ». Il faut, selon lui, identifier les défis et les domaines dans lesquels il est possible de trouver un consensus afin de promouvoir la participation des pays africains à la gouvernance mondiale. Le fondateur de la coalition de centre gauche L’Olivier prône une approche africaine de la gouvernance mondiale qui permettrait d’infléchir cette gouvernance.
En quelque sorte, une « gouvernance mondiale décentralisée » pour reprendre la formule de Pascal Salin, professeur émérite à l’université Paris-Dauphine, un « libéral » opposé à l’interventionnisme des Etats, adepte des analyses monétaristes des économistes de l’école autrichienne. Selon lui, la « gouvernance mondiale décentralisée », permettrait, tout en mettant l’accent sur des principes universels, de prendre en compte la diversité du monde puisqu’il ne saurait y avoir « d’uniformisation des recettes ».
L’Algérien Mohamed Bedjaoui, juriste de formation et de passion (il a été avocat au barreau de Grenoble dans les années 1950, doyen de la faculté de droit d’Alger, ministre de la Justice, président de la Cour internationale de justice de La Haye) mais également homme politique (ambassadeur en France, ministre des Affaires étrangères - cf. LDD Algérie 015/lundi 2 mai 2005) est un institutionnaliste : il prône l’établissement d’une charte des droits et responsabilités des Africains dans la gouvernance mondiale et réclame que les questions de gouvernance soient discutées au sein même des Nations unies. Impossible, bien sûr, de reprendre toutes les communications et toutes les interventions de ce vendredi 18 février 2011.
D’autant plus qu’il ne s’agissait, ce jour-là, que de déblayer le terrain. Le professeur Iba Der Thiam (Université Cheikh Anta Diop), déjà omniprésent lors du Fesman, était, avec Guillaumont, en charge du « contenu » de la conférence ; nul doute que les travaux de ce « Groupe de Dakar » feront l’objet d’un « dossier finalisé » dans la perspective de préparer la « Grande conférence » d’octobre 2011 (dans l’intervalle sont prévues des consultations informelles).
Beaucoup s’étonneront de ce que Wade vienne ainsi titiller les « altermondialistes » sur leur terrain favori : « Un autre monde est possible » (Iba Der Thiam n’a pas manqué de reprendre d’ailleurs ce slogan soulignant que, « dans la perspective de la définition de cette nouvelle vision, la voix de l’Afrique doit se faire entendre »). Il est vrai que Wade est un libéral. Et cela ne date pas d’aujourd’hui. Mais, comme il le disait, voici quelques années, dans son discours à l’Académie des sciences d’outre-mer sur « l’Afrique dans les enjeux mondiaux contemporains » (Paris, le 19 février 2003) : « Le libéralisme dont je me réclame n’est pas un libéralisme sauvage générateur de monopoles et d’impérialismes.
C’est un libéralisme social qui intègre la démocratie, la lutte contre la pauvreté, la prise en compte de la demande sociale ». Mais, conscient d’appartenir à une société où la concurrence est exacerbée, il sait qu’il lui faut agir sans perdre de vue que les dés sont pipés : les plus forts imposent aux plus faibles des règles du jeu à géométrie variable. C’est pourquoi quand certains prônent une « altermondialisation », il ne s’insurge pas mais entend affirmer que la priorité est de d’affirmer : « Une autre Afrique est possible ». Une Afrique rassemblée car, il l’a écrit voici bien longtemps déjà (« L’Afrique et la globalisation », in le quotidien Le Monde daté du 14 novembre 2001) : « Libéral convaincu, je n’en réclame pas moins, dans les conditions actuelles du commerce international, la protection de certains produits africains.
Car, malheureusement, beaucoup de ceux qui parlent du libéralisme ignorent totalement cette notion, qu’ils interprètent à leur façon […] En fait, nos partenaires du Nord, partisans de la globalisation comme nous, ne raisonnent malheureusement pas en termes d’intérêts de l’économie mondiale globale. En réalité, pour eux, l’économie mondiale se confond avec l’économie des pays développés ».
La Dépêche Diplomatique
Jean-Pierre Béjot
- « Vouloir prouver des choses qui sont claires d'elles-mêmes, c'est éclairer le jour avec une lampe. ». .
http://algerie-institution.blog4ever.com
Re: Mondialisation ou globalisation (en)
Dans la mondialisation, la Chine tire véritablement son épingle du jeu. Comment et pourquoi en est-on arrivé là ?
- Spoiler:
La Chine était la Première puissance économique au XVIIIe siècle. Un rang qu'elle veut retrouver. © François Bourin
C’est à ces questions que répond le célèbre journaliste économique Jean-Michel Quatrepoint. Son nouveau livre, accessible à tous, permet de décrypter toutes les causes de la crise.
Mourir pour le Yuan ?, de Jean-Michel Quatrepoint est publié par François Bourin.
La note de Philippe Vallet :
Mot de l'éditeur
Depuis un quart de siècle, nous vivons sur le dogme d’une globalisation inéluctable, stade ultime du capitalisme, censée apporter bonheur et prospérité au plus grand nombre. Or, ce monde global débouche sur une crise… globale. Comme il y a un siècle, lorsque la première globalisation s’est effondrée avec la première guerre mondiale. A l’époque, il ne manquait pas de bons esprits, à gauche comme à droite, pour prédire la fin des nations… grâce à l’internationalisation des échanges, des marchés et des capitaux facilitée par les nouvelles technologies et les moyens de communication. L’interdépendance des économies rendait la guerre quasiment impossible, disait-on. On a vu ce qu’il advint de ces prophéties.
Cette seconde globalisation, amorcée depuis un quart de siècle, a reproduit les mêmes erreurs. On a poussé les feux du libre échange jusqu’à l’absurde. Comme au XIXe siècle, l’hypertrophie du commerce mondial a débouché sur une financiarisation excessive. Nous avons assisté à une sorte d’alliance contre nature entre les multinationales, la finance internationale et la Chine. Résultat : l’Occident a fait un marché de dupes, car il doit faire face désormais à une concurrence déloyale, à un dumping multiforme.
Comment éviter que les mêmes causes ne produisent les mêmes effets et que cette seconde globalisation ne débouche, à son tour, sur une catastrophe mondiale ? Jean-Michel Quatrepoint analyse deux scénarios possibles : aller encore plus loin dans la voie du libre échange ou tenter une déglobalisation progressive, limitée, contrôlée. Cette seconde voie passe par la redéfinition d’un monde multipolaire, où les frontières ne sont pas des obstacles. Pourquoi également ne pas relancer l’idée de la préférence communautaire ? Imposer une harmonisation fiscale au sein de l’Europe ?, etc.
Ou bien le monde réussit à accoucher de nouvelles règles du jeu monétaires, fiscales, sociales, environnementales, avec quelques grands espaces régionaux, ou nous allons à la catastrophe, c’est-à-dire à la guerre. Le paradigme dominant veut nous faire croire que le protectionnisme, quel qu’il soit, débouche inéluctablement sur la guerre. Mais pour Jean-Marie Quatrepoint, l’enjeu aujourd’hui est bien plutôt entre la déglobalisation… ou la guerre.
http://franceinfo.fr
"Quelle est la différence fondamentale entre une femme et un terroriste ? Avec le terroriste on peut négocier"
- 3

http://www.intervalle-dz.com/f97-grandes-figures-de-la-nation-algerienne

sphinx- Adm

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Age: 26
Emploi/loisirs: Mat
Humeur: Peu importe.
Date d'inscription: 19/12/2008
Localisation: S.B.A
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