Evénements de la colonisation
Cet article décrit les conditions et les événements qui ont conduit à la colonisation du Maroc par la France et l'Espagne en 1912.
Le début du projet impérialiste
Après la découverte et exploration de l'Amérique au XIVe siècle par Christophe Colomb (1451-1506), qui coïncide avec la chute du royaume maure de Grenade en 1492, dernier bastion musulman d'Espagne, après la soumission du calife Boabdil le 2 janvier 1492, après la reconquista mettant fin à 7 siècles de présence musulmane, Ferdinand II d'Aragon et Isabelle Ire de Castille unifient le royaume d'Espagne.
Le 5 décembre 1496, roi Manuel Ier de Portugal applique l'inquisition portugaise ordonnant aux juifs et aux musulmans de quitter le Portugal. Une nouvelles classe sociale voit le jour : les conquistadors remplaçant la classe féodale, le but affiché de cette classe s'inscrit dans deux cadres :
missions d'expéditions et de conquêtes à travers le monde et éventuellement la colonisation et appropriation des richesses des peuples de tous les continents ;
missions d'évangélisation des populations dites païennes, sous le regard « bienveillant » du pape.
Une nouvelle Europe se construit au détriment des alliances complexes des familles régnantes d'Europe. La volonté de conquête des pays européens ne cessa de s'accroître. Le Maroc jadis puissant et indépendant, fit l'objet de nombreuses convoitises pour sa position stratégique et la richesse de son sol, la rivalité des pays européens frôla l'affrontement particulièrement celle du Portugal, de l'Espagne, de la France, de l'Angleterre et du kaiser Guillaume II.
Entre 1828 et 1830, une crise grave éclate à propos de la persistance de la course entre le Maroc d’une part, l’Angleterre et l’Autriche d’autre part. Les puissances européennes ne sont plus disposées à supporter l’insécurité engendrée par les corsaires, thèse alimentée par une large information par des organismes pro-colonialistes. Le Maroc aux yeux des européens restait une contrée mystérieuse et méconnue au moment où les explorateurs portugais, espagnols ou encore hollandais sillonnaient les mers du monde et les savanes africaines, s'installaient en Asie et en Afrique en créant des comptoirs commerciaux.
Mais cette période pré-coloniale du Maroc coïncide aussi avec le développement des sciences humaines (sociologie, anthropologie, ethnologie, …), les missions d'explorations et des missions de reconnaissance (Charles de Foucauld, …) s'aventuraient à la recherche de renseignements, qui serviront plus tard comme plate-forme de base facilitant la reconnaissance géographique, ethnologique, anthropologique des tribus, leurs modes de vie et leurs organisation sociales.
Politique coloniale

Sous la Troisième République, Jules Ferry, partisan actif voire zélé de l'expansion coloniale française, n'a pas caché ses intentions racistes lors de son intervention au Sénat le 28 juillet 1885 où il déclare ouvertement : « Les supérieurs ont le droit sur les inférieurs ».
« Mais il y a une autre forme de colonisation, c'est celle qui s'adapte aux peuples qui ont, ou bien un excédent de capitaux, ou bien un excédent de produits.... Les colonies sont pour les pays riches un placement de capitaux des plus avantageux....Dans la crise que traversent toutes les industries européennes, la fondation d'une colonie, c'est la création d'un débouché… ». (Extrait du bulletin officiel du 28 juillet 1885).
Le parti colonial ou colonialiste fondé en 1890 par D'Arenberg, qui joua un rôle non négligeable surtout dans le développement de l'information et de propagande, avait pour but de recueillir les fonds nécessaires pour divers missions d'explorations, d'études ou de recherches. Le parti rassemblait notamment diverses formations dans la société française (banquiers, officiers, écrivains, syndicalistes, députés).
Après le règlement de leurs contentieux politiques, en particulier avec l'Allemagne (Coup d'Agadir), le « gâteau marocain » revient à l'Espagne et la France. Le Maroc cèdera de son autorité en signant une série de conventions, au profit des colonialistes, qui aboutiront au rétrécissement de l'indépendance du Maroc, considéré comme un lion en papier. La "colonisation" du Maroc est donc très particulière comparativement aux autres pays colonisés, étant d'une part sous protectorat français, et ayant subi, d'autre part, moins longtemps la présence française (le dernier bastion de la résistance cèdera seulement en 1934 à Boughafer).
La "colonisation" du Maroc fut lente et progressive : En 1823 : signature d’une convention commerciale avec le Portugal, suivie d’accords comparables avec l’Angleterre en 1824, avec la France et le Piémont en 1825. Pour écarter toute ingérence du Makhzen en Algérie, des négociation seront entamées garantissant la neutralité marocaine. Cette mission, dont fait partie le peintre Eugène Delacroix, fut conduite en 1832 par le comte de Mornay. En 1884 la France engagea des hostilités envers le Maroc suite à l'incident de Lalla Maghnia qui déclencha l'occupation d'Oujda, d'Essaouira et le bombardement de Tanger, à l'initiative du Prince de Joinville. Mais la défaite marocaine à la bataille d'Isly marquera le déclin du Maroc malgré les accords du 10 septembre mettant fin aux hostilités.
Le 18 mars 1845 : traité de Lalla Maghnia qui fixe la frontière algéro-marocaine. La France se voit reconnaître un droit de suite au Maroc ce qui lui permettra de s'établir en Algérie comme base arrière.
Wiki
Cet article décrit les conditions et les événements qui ont conduit à la colonisation du Maroc par la France et l'Espagne en 1912.
Le début du projet impérialiste
Après la découverte et exploration de l'Amérique au XIVe siècle par Christophe Colomb (1451-1506), qui coïncide avec la chute du royaume maure de Grenade en 1492, dernier bastion musulman d'Espagne, après la soumission du calife Boabdil le 2 janvier 1492, après la reconquista mettant fin à 7 siècles de présence musulmane, Ferdinand II d'Aragon et Isabelle Ire de Castille unifient le royaume d'Espagne.
Le 5 décembre 1496, roi Manuel Ier de Portugal applique l'inquisition portugaise ordonnant aux juifs et aux musulmans de quitter le Portugal. Une nouvelles classe sociale voit le jour : les conquistadors remplaçant la classe féodale, le but affiché de cette classe s'inscrit dans deux cadres :
missions d'expéditions et de conquêtes à travers le monde et éventuellement la colonisation et appropriation des richesses des peuples de tous les continents ;
missions d'évangélisation des populations dites païennes, sous le regard « bienveillant » du pape.
Une nouvelle Europe se construit au détriment des alliances complexes des familles régnantes d'Europe. La volonté de conquête des pays européens ne cessa de s'accroître. Le Maroc jadis puissant et indépendant, fit l'objet de nombreuses convoitises pour sa position stratégique et la richesse de son sol, la rivalité des pays européens frôla l'affrontement particulièrement celle du Portugal, de l'Espagne, de la France, de l'Angleterre et du kaiser Guillaume II.
Entre 1828 et 1830, une crise grave éclate à propos de la persistance de la course entre le Maroc d’une part, l’Angleterre et l’Autriche d’autre part. Les puissances européennes ne sont plus disposées à supporter l’insécurité engendrée par les corsaires, thèse alimentée par une large information par des organismes pro-colonialistes. Le Maroc aux yeux des européens restait une contrée mystérieuse et méconnue au moment où les explorateurs portugais, espagnols ou encore hollandais sillonnaient les mers du monde et les savanes africaines, s'installaient en Asie et en Afrique en créant des comptoirs commerciaux.
Mais cette période pré-coloniale du Maroc coïncide aussi avec le développement des sciences humaines (sociologie, anthropologie, ethnologie, …), les missions d'explorations et des missions de reconnaissance (Charles de Foucauld, …) s'aventuraient à la recherche de renseignements, qui serviront plus tard comme plate-forme de base facilitant la reconnaissance géographique, ethnologique, anthropologique des tribus, leurs modes de vie et leurs organisation sociales.
Politique coloniale

Sous la Troisième République, Jules Ferry, partisan actif voire zélé de l'expansion coloniale française, n'a pas caché ses intentions racistes lors de son intervention au Sénat le 28 juillet 1885 où il déclare ouvertement : « Les supérieurs ont le droit sur les inférieurs ».
« Mais il y a une autre forme de colonisation, c'est celle qui s'adapte aux peuples qui ont, ou bien un excédent de capitaux, ou bien un excédent de produits.... Les colonies sont pour les pays riches un placement de capitaux des plus avantageux....Dans la crise que traversent toutes les industries européennes, la fondation d'une colonie, c'est la création d'un débouché… ». (Extrait du bulletin officiel du 28 juillet 1885).
Le parti colonial ou colonialiste fondé en 1890 par D'Arenberg, qui joua un rôle non négligeable surtout dans le développement de l'information et de propagande, avait pour but de recueillir les fonds nécessaires pour divers missions d'explorations, d'études ou de recherches. Le parti rassemblait notamment diverses formations dans la société française (banquiers, officiers, écrivains, syndicalistes, députés).
Après le règlement de leurs contentieux politiques, en particulier avec l'Allemagne (Coup d'Agadir), le « gâteau marocain » revient à l'Espagne et la France. Le Maroc cèdera de son autorité en signant une série de conventions, au profit des colonialistes, qui aboutiront au rétrécissement de l'indépendance du Maroc, considéré comme un lion en papier. La "colonisation" du Maroc est donc très particulière comparativement aux autres pays colonisés, étant d'une part sous protectorat français, et ayant subi, d'autre part, moins longtemps la présence française (le dernier bastion de la résistance cèdera seulement en 1934 à Boughafer).
La "colonisation" du Maroc fut lente et progressive : En 1823 : signature d’une convention commerciale avec le Portugal, suivie d’accords comparables avec l’Angleterre en 1824, avec la France et le Piémont en 1825. Pour écarter toute ingérence du Makhzen en Algérie, des négociation seront entamées garantissant la neutralité marocaine. Cette mission, dont fait partie le peintre Eugène Delacroix, fut conduite en 1832 par le comte de Mornay. En 1884 la France engagea des hostilités envers le Maroc suite à l'incident de Lalla Maghnia qui déclencha l'occupation d'Oujda, d'Essaouira et le bombardement de Tanger, à l'initiative du Prince de Joinville. Mais la défaite marocaine à la bataille d'Isly marquera le déclin du Maroc malgré les accords du 10 septembre mettant fin aux hostilités.
Le 18 mars 1845 : traité de Lalla Maghnia qui fixe la frontière algéro-marocaine. La France se voit reconnaître un droit de suite au Maroc ce qui lui permettra de s'établir en Algérie comme base arrière.
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Dernière édition par syfou le Ven 30 Avr - 16:49, édité 1 fois







