Yasser Arafat
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Yasser Arafat

Yasser Arafat (arabe : ياسر عرفات), né le 24 août 1929 dans la ville du Caire et mort le 11 novembre 2004 à Clamart en France, de son vrai nom Mohamed Abdel Raouf Arafat al-Qudwa al-Husseini (محمد عبد الرؤوف القدوة الحسيني) et connu aussi sous son kounya Abou Ammar (ابو عمّار), a été un activiste puis homme d'État palestinien.
Dirigeant du Fatah puis également de l'Organisation de libération de la Palestine, longtemps considéré comme un terroriste notamment par Israël en raison de son implication dans de nombreuses opérations qui ont coûté la vie à des civils et à des militaires israéliens, Yasser Arafat est resté pendant plusieurs décennies une figure controversée de l'expression par la violence des aspirations nationales palestiniennes avant d'apparaître pour Israël comme un partenaire de discussions dans le cadre du processus de paix israélo-palestinien dans les années 1990.
Yasser Arafat représente alors les Palestiniens dans les différentes négociations de paix et signe les accords d'Oslo en 1993. Il devient le premier président de la nouvelle Autorité palestinienne et reçoit le prix Nobel de la Paix 1994 en compagnie de Shimon Peres et Yitzhak Rabin.
À partir de 2001, après l'échec du sommet de Taba et le déclenchement de la Seconde Intifada, il perd progressivement de son crédit auprès d'une partie de son peuple qui lui reproche la corruption de son autorité. Il se retrouve isolé sur la scène internationale tandis que les Israéliens élisent Ariel Sharon au poste de Premier ministre de l'État d'Israël, amenant un durcissement de la position israélienne vis-à-vis du dirigeant palestinien contraint à ne plus quitter Ramallah. Cet isolement n'est rompu qu'à la veille de sa mort, quand il est emmené d'urgence à Clamart, en région parisienne, où il décède en 2004.
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Re: Yasser Arafat
Biographie
De 1929 à 1959, premières années
Naissance

Son nom officiel est Mohammed Abdel Rahman Abdel Raouf Arafat al-Qudua al-Husseini. Son biographe palestinien, Saïd K. Aburish, précise que « Mohammed Abdel Rahman était son prénom ; Abdel Raouf, le nom de son père ; Arafat, son grand-père ; al-Qudua est le nom de sa famille et al-Husseini est le nom du clan dont font partie les al-Qudua ».
Arafat se revendiquait comme le neveu du célèbre grand mufti de Jérusalem Hadj Amin al-Husseini.
Yasser Arafat est né au Caire en Égypte, le 4 août 1929. Un biographe de Yasser Arafat, Alan Hart, rapporte que des documents découverts à l’université du Caire ont permis de conclure qu’il était bien né dans la capitale égyptienne. Sixième d’une famille de sept enfants, son père est un commerçant originaire de Gaza et sa mère est originaire de Jérusalem.
Cependant, lui-même déclarait être né à Jérusalem le 4 août 1929. Selon son récit, sa mère aurait ainsi quitté le Caire durant sa grossesse suite à une dispute avec son époux, pour se rendre chez ses parents dans la ville sainte où elle aurait donné naissance à Yasser. Arafat aurait insisté sur le fait qu’il serait né à Jérusalem afin de préserver son existence mythique et ainsi accroître sa crédibilité en tant que dirigeant palestinien.
Né au Caire, il bénéficie de l’enseignement gratuit des écoles égyptiennes , il y passe la plus grande partie de son enfance et de son adolescence avec ses six frères et sœurs. Après le décès de sa mère, alors qu’il a cinq ans, il passe avec son frère, Fathi Arafat — qui devient plus tard le président du Croissant-Rouge palestinien —, quatre ans à Jérusalem chez un de ses oncles maternels, Salim Abou Saoud, avant que son père, lorsqu’il se marie pour la deuxième fois[6], le fasse rentrer au Caire où sa sœur aînée s’occupe de lui.
Une jeunesse engagée
De 1929 à 1959, premières années
Naissance

Son nom officiel est Mohammed Abdel Rahman Abdel Raouf Arafat al-Qudua al-Husseini. Son biographe palestinien, Saïd K. Aburish, précise que « Mohammed Abdel Rahman était son prénom ; Abdel Raouf, le nom de son père ; Arafat, son grand-père ; al-Qudua est le nom de sa famille et al-Husseini est le nom du clan dont font partie les al-Qudua ».
Arafat se revendiquait comme le neveu du célèbre grand mufti de Jérusalem Hadj Amin al-Husseini.
Yasser Arafat est né au Caire en Égypte, le 4 août 1929. Un biographe de Yasser Arafat, Alan Hart, rapporte que des documents découverts à l’université du Caire ont permis de conclure qu’il était bien né dans la capitale égyptienne. Sixième d’une famille de sept enfants, son père est un commerçant originaire de Gaza et sa mère est originaire de Jérusalem.
Cependant, lui-même déclarait être né à Jérusalem le 4 août 1929. Selon son récit, sa mère aurait ainsi quitté le Caire durant sa grossesse suite à une dispute avec son époux, pour se rendre chez ses parents dans la ville sainte où elle aurait donné naissance à Yasser. Arafat aurait insisté sur le fait qu’il serait né à Jérusalem afin de préserver son existence mythique et ainsi accroître sa crédibilité en tant que dirigeant palestinien.
Né au Caire, il bénéficie de l’enseignement gratuit des écoles égyptiennes , il y passe la plus grande partie de son enfance et de son adolescence avec ses six frères et sœurs. Après le décès de sa mère, alors qu’il a cinq ans, il passe avec son frère, Fathi Arafat — qui devient plus tard le président du Croissant-Rouge palestinien —, quatre ans à Jérusalem chez un de ses oncles maternels, Salim Abou Saoud, avant que son père, lorsqu’il se marie pour la deuxième fois[6], le fasse rentrer au Caire où sa sœur aînée s’occupe de lui.
Une jeunesse engagée
Au Caire, Arafat fréquente les Macchabées, des clubs sportifs juifs pour « étudier leur mentalité ». Il se met également à lire les textes de penseurs sionistes comme Theodor Herzl et Vladimir Jabotinsky. « Il faut que je comprenne mon ennemi », déclare-t-il.
Arafat est secrètement entraîné avec d’autres jeunes aux opérations de commando par un officier allemand. Il dénonce également à la police égyptienne les membres de certains mouvements sionistes qui opéraient au Caire comme, par exemple, un groupe de jeunes filles juives de son voisinage, membres de la Jeunesse sioniste, qui effectuaient des transmissions radio pour encourager les juifs égyptiens à rejoindre le mouvement sioniste en Palestine.
Sa sœur raconte aussi qu’Arafat « participait à toutes les manifestations. J’ai souvent dû courir derrière lui et le ramener à la maison ». Sa sœur lui supprime son argent de poche pour le contraindre à lui obéir mais cela n’empêche pas Arafat de poursuivre ses activités.
À 17 ans, il participe au transport vers la Palestine d’armes devant être employées contre les Britanniques et les Juifs. À 18 ans, il abandonne ses études à l’université pour participer aux combats en Palestine où il sert, selon certains, comme secrétaire d’Abdel Kader al-Husseini, le leader militaire arabe palestinien. Lors de la défaite, il se sent trahi car les armées arabes désarment les étudiants palestiniens venus pour combattre. Yasser, qui se réfugie à Gaza, comprend que les Palestiniens ne peuvent compter sur personne et qu’ils doivent être indépendants des gouvernements arabes.
Il envisage de partir s’installer aux États-Unis pour suivre une formation en ingénierie du pétrole à l’université du Texas, mais le visa lui est refusé. Il entre alors en 1949 à l’école d’ingénieurs de l’Université Roi Fouad Ier du Caire, où il obtient un diplôme d’ingénieur civil
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Re: Yasser Arafat
Lutte politique en Égypte

Au cours de ses études universitaires, il fait la connaissance de Khaled Moheidine, professeur d’art militaire chargé de la formation des officiers de réserve. On rapporte que Yasser ne manque pas une seule fois son cours et obtient ainsi le certificat d’officier de réserve. Cette formation lui permet de côtoyer des fonctionnaires du gouvernement égyptien, mais le temps qu’il y consacre fait qu’il n’obtient son diplôme d’ingénieur qu’un peu tard par rapport à ses camarades.
Il se rapproche, sans toutefois en devenir membre, de la confrérie des Frères musulmans, qui militent en faveur de la cause palestinienne. Il participe avec eux à des opérations contre les Britanniques. De 1952 à 1956, il devient président de l’Union Générale des Etudiants de Palestine (GUPS). Il édite le magazine La Voix de la Palestine.
Le père d’Arafat meurt en 1952, mais Yasser n’assiste pas à ses funérailles : la sévérité de ce dernier avec ses enfants, ses mariages répétés et son expulsion à Gaza ont en effet contribué à l’éloigner de son fils.
Arafat, qui considère que la monarchie égyptienne est corrompue, s’éloigne bientôt des « Frères » pour se rapprocher des « officiers libres » égyptiens (Naguib, Nasser, Sadate) qui préparent en secret le renversement de celle-ci, et qui accèdent au pouvoir en juillet 1952. L’année suivante, Arafat présente à Mohammed Naguib, alors président, une pétition au nom des étudiants palestiniens rédigée en lettres de sang avec 3 mots en arabe signifiant : « N’oubliez pas la Palestine ».
En octobre 1955, Arafat est arrêté pendant quelques jours lors de la liquidation par le président Gamal Abdel Nasser de l’organisation des Frères musulmans qui s’opposent à son programme, considéré par eux comme étant « nationaliste athée ».
Durant la crise du canal de Suez, il sert dans l’armée égyptienne avec le grade de sous-lieutenant. Mais avec la défaite des armées arabes, il s’éloigne peu à peu des dirigeants arabes qu’il estime incapables de libérer la Palestine.
Au Caire, il rencontre également ceux qui fonderont le Fatah avec lui, et deviendront ses adjoints à la direction de l’OLP.

Au cours de ses études universitaires, il fait la connaissance de Khaled Moheidine, professeur d’art militaire chargé de la formation des officiers de réserve. On rapporte que Yasser ne manque pas une seule fois son cours et obtient ainsi le certificat d’officier de réserve. Cette formation lui permet de côtoyer des fonctionnaires du gouvernement égyptien, mais le temps qu’il y consacre fait qu’il n’obtient son diplôme d’ingénieur qu’un peu tard par rapport à ses camarades.
Il se rapproche, sans toutefois en devenir membre, de la confrérie des Frères musulmans, qui militent en faveur de la cause palestinienne. Il participe avec eux à des opérations contre les Britanniques. De 1952 à 1956, il devient président de l’Union Générale des Etudiants de Palestine (GUPS). Il édite le magazine La Voix de la Palestine.
Le père d’Arafat meurt en 1952, mais Yasser n’assiste pas à ses funérailles : la sévérité de ce dernier avec ses enfants, ses mariages répétés et son expulsion à Gaza ont en effet contribué à l’éloigner de son fils.
Arafat, qui considère que la monarchie égyptienne est corrompue, s’éloigne bientôt des « Frères » pour se rapprocher des « officiers libres » égyptiens (Naguib, Nasser, Sadate) qui préparent en secret le renversement de celle-ci, et qui accèdent au pouvoir en juillet 1952. L’année suivante, Arafat présente à Mohammed Naguib, alors président, une pétition au nom des étudiants palestiniens rédigée en lettres de sang avec 3 mots en arabe signifiant : « N’oubliez pas la Palestine ».
En octobre 1955, Arafat est arrêté pendant quelques jours lors de la liquidation par le président Gamal Abdel Nasser de l’organisation des Frères musulmans qui s’opposent à son programme, considéré par eux comme étant « nationaliste athée ».
Durant la crise du canal de Suez, il sert dans l’armée égyptienne avec le grade de sous-lieutenant. Mais avec la défaite des armées arabes, il s’éloigne peu à peu des dirigeants arabes qu’il estime incapables de libérer la Palestine.
Au Caire, il rencontre également ceux qui fonderont le Fatah avec lui, et deviendront ses adjoints à la direction de l’OLP.
"Quelle est la différence fondamentale entre une femme et un terroriste ? Avec le terroriste on peut négocier"
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Re: Yasser Arafat
De 1959 à 1970, le début du Fatah
Le Koweït et la création du Fatah
Après plusieurs arrestations pour ses activités politiques en Égypte (avec les Frères musulmans) Yasser Arafat s’installe dans l’émirat du Koweït où de nombreux Palestiniens travaillent et résident.
Le Koweït est à l’époque un protectorat britannique et les visas de travail sont délivrés par les ambassades anglaises au Caire, qui examinent avec soin les dossiers des demandeurs. Des compétences professionnelles solides sont exigées, et les activités politiques sont très mal vues. L’obtention du visa par Yasser Arafat malgré son profil reste difficile à expliquer. L’auteur palestinien Audeh Butus Audeh estime que les Britanniques lui ont néanmoins accordé un visa, parce qu’il était opposé à Nasser.
Arafat travaille comme ingénieur au département des travaux publics puis à la municipalité de Koweït City, avant de développer sa propre affaire. Les revenus générés par cette activité lui permettent en 1958 de financer la création du Fatah, son parti politique.
Yasser Arafat est le seul parmi les fondateurs du mouvement à ne pas avoir d’enfants, et contrairement aux autres fondateurs, il ne prend pas le nom de l’enfant aîné. Il adopte le nom de guerre de Abou Ammar, en hommage à Ammar Ben Yasser, un compagnon du prophète Mahomet et premier martyr de l’islam. Abou signifie père de en arabe.
Il crée le Mouvement de libération de la Palestine (Harakat Tahrir Filastin حركة تحرير فلسطين) avec Salah Khalaf, Khalil al-Wazir et Farouk Kaddoumi, rebaptisé rapidement Fatah (la conquête). Cette nouvelle organisation a pour premier but l’établissement d’un État palestinien de la Méditerranée au Jourdain, recouvrant notamment les territoires d’Israël. Elle met en avant l’idée que la libération de la Palestine est avant tout l’affaire des Palestiniens, et ne saurait être confiée aux régimes arabes ou rapportée à une problématique d’unité arabe. Cette doctrine est, à l’époque de Nasser et du panarabisme triomphant, quasiment hérétique. En 1959, Arafat fonde avec Salah Khalaf le journal Filistinuna (Notre Palestine) qui préconise la lutte armée contre Israël.
Arafat, qui cherche à donner une certaine légitimité à son organisation, contacte les gouvernements arabes. En 1965, il réussit à ouvrir un bureau à Alger
Création de l’OLP
En avril 1964, à Jérusalem-Est alors sous contrôle jordanien, le Conseil national palestinien se réunit à l’hôtel Intercontinental, situé en haut du mont des Oliviers et adopte la Charte de l’OLP qui définit les objectifs nationalistes palestiniens. Un mois plus tard, la Ligue arabe se réunit à l’instigation de Nasser pour créer l’Organisation de libération de la Palestine. Celle-ci a pour but de combattre l’État israélien. Sa branche politique est le Fatah. Quant à son bras militaire, l’Armée de libération de la Palestine, il est placé sous le commandement des différentes armées arabes[5].
Nasser s’inquiète en effet de la présence sur son sol de commandos palestiniens incontrôlés qui pourraient saboter l’armistice de 1957, en même temps qu’il doit montrer son soutien aux Palestiniens : d’où l’idée de créer une organisation qui sera sous son autorité.
La même année, Yasser Arafat rencontre le pape Paul VI : le Vatican ne reconnaissait pas encore l’État d’Israël à cette époque.
Le mois de décembre 1964 marque un tournant dans le parcours de l’organisation, lorsqu’un groupe du Fatah mène sa première opération militaire — la destruction d’une pompe à eau israélienne. Arafat envoie en personne un communiqué qui revendique l’opération au journal libanais An Nahar. Toutefois, cette attaque est un échec et le Fatah est condamné par la quasi-totalité des gouvernements arabes. Le Fatah poursuit toutefois ses opérations contre des cibles civiles avec notamment les attaques à l’explosif de juillet 1965 contre Beit Guvrin, et une voie ferrée près de Kfar Battir.
Jusqu’à la guerre des Six Jours, la branche armée du Fatah mène une « centaine de raids ». « Le début de [cette] lutte armée [lui vaut] et plus particulièrement à Arafat, le soutien croissant de la diaspora palestinienne, lui permettant de prendre (…) les rênes de l’OLP ».
Émancipation et début de l’activisme
La guerre des Six Jours change la donne géopolitique au Proche-Orient et constitue le véritable point de départ de la carrière de Yasser Arafat.
L’Égypte, la Syrie et la Jordanie sont défaites par Israël qui conquiert Jérusalem-Est et la Cisjordanie (qui étaient passés depuis le mandat britannique sous l’autorité de la Transjordanie depuis 1948), ainsi que la bande de Gaza et le Sinaï alors égyptiens et le Golan syrien.
Les organisations palestiniennes se réorganisent. Deux jours après la fin des combats, un congrès du Fatah tenu à Damas décide, sous l’impulsion de Yasser Arafat, d’accentuer la lutte armée. L’attention d’Israël se détourne alors des gouvernements arabes pour se concentrer sur les diverses organisations palestiniennes, dont le Fatah.
Entre la guerre des six jours et le début de l’année 1968, le Fatah organise la lutte intérieure en Cisjordanie en établissant des cellules et en perpétrant sabotages et attentats. Arafat se rend successivement à Qabatiya, Naplouse puis Ramallah où il est à deux doigts de se faire arrêter par le Shin Beth. La répression israélienne est « implacable » et fait plus de 200 tués parmi les Palestiniens. Devant l’échec, Arafat et le Fatah décident alors de changer de tactique. Ils établissent leur quartier général à Karameh et lancent, depuis la Jordanie, des opérations pour lesquelles ils obtiennent le soutien de la Légion arabe. En réponse, Israël établit des systèmes de surveillance renforcés et mène des raids au-delà du Jourdain.
En mars 1968, en représailles à l’explosion d’un bus de ramassage scolaire sur une mine déposée par les fedayins, l’armée israélienne lance une opération d’envergure visant à détruire le camp palestinien de Karameh. 300 Palestiniens, auxquels Yasser Arafat a ordonné de « tenir tête à l’ennemi » et épaulés par une centaine de Jordaniens, font face pendant plusieurs heures à une incursion d’envergure menée par près de 6 500 hommes soutenus par l’aviation, les blindés et l’artillerie. Le camp est finalement rasé et les Israéliens se retirent. 128 soldats jordaniens, 97 combattants palestiniens et 29 soldats israéliens sont tués[26]. Malgré le nombre élevé de morts côté arabe et la destruction du camp, la bataille est considérée comme une victoire par le Fatah car les Israéliens se sont finalement retirés après dix heures de combat. Arafat annonce la victoire à la radio et organise à Amman des funérailles officielles pour les fedayins qui ont été tués.
Cette nouvelle situation permet au Fatah de s’émanciper totalement de la tutelle des Moukhabarat, et de prendre la même année le contrôle de l’OLP, Organisation de Libération de la Palestine, organisme représentatif créé lors du sommet de la Ligue arabe quatre ans auparavant. Nasser reconnaît le Fatah et son chef, qu’il avait cherché à circonvenir par tous les moyens.
Le 17 juillet 1968, la charte de l’OLP est modifiée avec l’ajout de 7 nouveaux articles suite à la guerre de 1967 et devient la Charte nationale palestinienne, adoptée au Caire qui déclare le territoire de la Palestine mandataire comme indivisible et comme la patrie du peuple arabe palestinien. Cette charte est considérée par les Israéliens comme une véritable déclaration de guerre, car elle définit le but de l’organisation dans l’anéantissement de l’État d’Israël par la lutte armée en lui niant toute légitimité d’existence.
Le Koweït et la création du Fatah
Après plusieurs arrestations pour ses activités politiques en Égypte (avec les Frères musulmans) Yasser Arafat s’installe dans l’émirat du Koweït où de nombreux Palestiniens travaillent et résident.
Le Koweït est à l’époque un protectorat britannique et les visas de travail sont délivrés par les ambassades anglaises au Caire, qui examinent avec soin les dossiers des demandeurs. Des compétences professionnelles solides sont exigées, et les activités politiques sont très mal vues. L’obtention du visa par Yasser Arafat malgré son profil reste difficile à expliquer. L’auteur palestinien Audeh Butus Audeh estime que les Britanniques lui ont néanmoins accordé un visa, parce qu’il était opposé à Nasser.
Arafat travaille comme ingénieur au département des travaux publics puis à la municipalité de Koweït City, avant de développer sa propre affaire. Les revenus générés par cette activité lui permettent en 1958 de financer la création du Fatah, son parti politique.
Yasser Arafat est le seul parmi les fondateurs du mouvement à ne pas avoir d’enfants, et contrairement aux autres fondateurs, il ne prend pas le nom de l’enfant aîné. Il adopte le nom de guerre de Abou Ammar, en hommage à Ammar Ben Yasser, un compagnon du prophète Mahomet et premier martyr de l’islam. Abou signifie père de en arabe.
Il crée le Mouvement de libération de la Palestine (Harakat Tahrir Filastin حركة تحرير فلسطين) avec Salah Khalaf, Khalil al-Wazir et Farouk Kaddoumi, rebaptisé rapidement Fatah (la conquête). Cette nouvelle organisation a pour premier but l’établissement d’un État palestinien de la Méditerranée au Jourdain, recouvrant notamment les territoires d’Israël. Elle met en avant l’idée que la libération de la Palestine est avant tout l’affaire des Palestiniens, et ne saurait être confiée aux régimes arabes ou rapportée à une problématique d’unité arabe. Cette doctrine est, à l’époque de Nasser et du panarabisme triomphant, quasiment hérétique. En 1959, Arafat fonde avec Salah Khalaf le journal Filistinuna (Notre Palestine) qui préconise la lutte armée contre Israël.
Arafat, qui cherche à donner une certaine légitimité à son organisation, contacte les gouvernements arabes. En 1965, il réussit à ouvrir un bureau à Alger
Création de l’OLP
En avril 1964, à Jérusalem-Est alors sous contrôle jordanien, le Conseil national palestinien se réunit à l’hôtel Intercontinental, situé en haut du mont des Oliviers et adopte la Charte de l’OLP qui définit les objectifs nationalistes palestiniens. Un mois plus tard, la Ligue arabe se réunit à l’instigation de Nasser pour créer l’Organisation de libération de la Palestine. Celle-ci a pour but de combattre l’État israélien. Sa branche politique est le Fatah. Quant à son bras militaire, l’Armée de libération de la Palestine, il est placé sous le commandement des différentes armées arabes[5].
Nasser s’inquiète en effet de la présence sur son sol de commandos palestiniens incontrôlés qui pourraient saboter l’armistice de 1957, en même temps qu’il doit montrer son soutien aux Palestiniens : d’où l’idée de créer une organisation qui sera sous son autorité.
La même année, Yasser Arafat rencontre le pape Paul VI : le Vatican ne reconnaissait pas encore l’État d’Israël à cette époque.
Le mois de décembre 1964 marque un tournant dans le parcours de l’organisation, lorsqu’un groupe du Fatah mène sa première opération militaire — la destruction d’une pompe à eau israélienne. Arafat envoie en personne un communiqué qui revendique l’opération au journal libanais An Nahar. Toutefois, cette attaque est un échec et le Fatah est condamné par la quasi-totalité des gouvernements arabes. Le Fatah poursuit toutefois ses opérations contre des cibles civiles avec notamment les attaques à l’explosif de juillet 1965 contre Beit Guvrin, et une voie ferrée près de Kfar Battir.
Jusqu’à la guerre des Six Jours, la branche armée du Fatah mène une « centaine de raids ». « Le début de [cette] lutte armée [lui vaut] et plus particulièrement à Arafat, le soutien croissant de la diaspora palestinienne, lui permettant de prendre (…) les rênes de l’OLP ».
Émancipation et début de l’activisme
La guerre des Six Jours change la donne géopolitique au Proche-Orient et constitue le véritable point de départ de la carrière de Yasser Arafat.
L’Égypte, la Syrie et la Jordanie sont défaites par Israël qui conquiert Jérusalem-Est et la Cisjordanie (qui étaient passés depuis le mandat britannique sous l’autorité de la Transjordanie depuis 1948), ainsi que la bande de Gaza et le Sinaï alors égyptiens et le Golan syrien.
Les organisations palestiniennes se réorganisent. Deux jours après la fin des combats, un congrès du Fatah tenu à Damas décide, sous l’impulsion de Yasser Arafat, d’accentuer la lutte armée. L’attention d’Israël se détourne alors des gouvernements arabes pour se concentrer sur les diverses organisations palestiniennes, dont le Fatah.
Entre la guerre des six jours et le début de l’année 1968, le Fatah organise la lutte intérieure en Cisjordanie en établissant des cellules et en perpétrant sabotages et attentats. Arafat se rend successivement à Qabatiya, Naplouse puis Ramallah où il est à deux doigts de se faire arrêter par le Shin Beth. La répression israélienne est « implacable » et fait plus de 200 tués parmi les Palestiniens. Devant l’échec, Arafat et le Fatah décident alors de changer de tactique. Ils établissent leur quartier général à Karameh et lancent, depuis la Jordanie, des opérations pour lesquelles ils obtiennent le soutien de la Légion arabe. En réponse, Israël établit des systèmes de surveillance renforcés et mène des raids au-delà du Jourdain.
En mars 1968, en représailles à l’explosion d’un bus de ramassage scolaire sur une mine déposée par les fedayins, l’armée israélienne lance une opération d’envergure visant à détruire le camp palestinien de Karameh. 300 Palestiniens, auxquels Yasser Arafat a ordonné de « tenir tête à l’ennemi » et épaulés par une centaine de Jordaniens, font face pendant plusieurs heures à une incursion d’envergure menée par près de 6 500 hommes soutenus par l’aviation, les blindés et l’artillerie. Le camp est finalement rasé et les Israéliens se retirent. 128 soldats jordaniens, 97 combattants palestiniens et 29 soldats israéliens sont tués[26]. Malgré le nombre élevé de morts côté arabe et la destruction du camp, la bataille est considérée comme une victoire par le Fatah car les Israéliens se sont finalement retirés après dix heures de combat. Arafat annonce la victoire à la radio et organise à Amman des funérailles officielles pour les fedayins qui ont été tués.
Cette nouvelle situation permet au Fatah de s’émanciper totalement de la tutelle des Moukhabarat, et de prendre la même année le contrôle de l’OLP, Organisation de Libération de la Palestine, organisme représentatif créé lors du sommet de la Ligue arabe quatre ans auparavant. Nasser reconnaît le Fatah et son chef, qu’il avait cherché à circonvenir par tous les moyens.
Le 17 juillet 1968, la charte de l’OLP est modifiée avec l’ajout de 7 nouveaux articles suite à la guerre de 1967 et devient la Charte nationale palestinienne, adoptée au Caire qui déclare le territoire de la Palestine mandataire comme indivisible et comme la patrie du peuple arabe palestinien. Cette charte est considérée par les Israéliens comme une véritable déclaration de guerre, car elle définit le but de l’organisation dans l’anéantissement de l’État d’Israël par la lutte armée en lui niant toute légitimité d’existence.
- « Vouloir prouver des choses qui sont claires d'elles-mêmes, c'est éclairer le jour avec une lampe. ». .
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Re: Yasser Arafat
Présidence de l’OLP
Grâce aux différentes distinctions données par Nasser à Arafat, ce dernier est promu à la tête du Fatah. Même ses détracteurs au sein de l’organisation le suivent, ce qui lui permet de disposer d’une base solide. Arafat prend également de l’importance sur la scène internationale : à l’occasion de la bataille de Karameh, la couverture de Time offre les premières images publiques de cet homme qui est présenté comme le chef de la guérilla palestinienne. Une délégation du Fatah est acceptée en France, qui devient ainsi le premier pays non arabe à accepter une représentation permanente du mouvement.
La direction de l’OLP est plus que jamais à sa portée. Le 4 février 1969, durant le Congrès national palestinien, il en est nommé président du comité exécutif, en remplacement de Yahya Hammouda.
Yasser Arafat, en faisant monter l’OLP en première ligne, amène la nature du combat des Palestiniens sur un terrain plus politique. Il modifie alors le cap de l’OLP, d’un mouvement panarabe, pour en faire un mouvement qui se consacre à la cause nationale palestinienne. La lutte armée contre Israël a été acceptée par les accords du Caire en 1969. À l’aube des années 1970, l’OLP qu’il préside recourt à la violence dans sa lutte contre Israël. Ses militants n’hésitent pas à détourner des avions, à prendre des otages, à commettre des actions armées contre des civils, opérations qu’Arafat dirige et planifie.
Septembre noir en Jordanie
De 1970 à 1982, établissement au Liban
En septembre 1970, chassé de Jordanie par les troupes du roi Hussein de Jordanie, Arafat s’établit au Liban. Le gouvernement central du Liban, fragilisé, ne peut empêcher l’OLP d’opérer presque comme un État indépendant, surnommé parfois Fatah land. Les camps de réfugiés servent de bases d’entrainement militaire, et L’OLP commence alors des attaques d’artillerie et des infiltrations commando contre la frontière nord d’Israël, ou même des actions terroristes à l’étranger.
Au Liban, Yasser Arafat contrôle les rentrées de fonds pour l’OLP. Le ministre syrien de la Défense, Moustafa Tlas, raconte qu’un jour une délégation d’hommes d’affaires koweïtiens a remis à Arafat un chèque de 800 000 dollars rédigé à l’ordre de l’OLP. Arafat l’a fait refaire à son nom. Tlas ajoute « Chaque fois qu’un chef d’État arabe veut lui remettre un chèque, il insiste pour qu’il soit rédigé à son ordre. Ainsi personne ne peut rien faire » .
L’armée libanaise tente en 1969 de reprendre le contrôle des camps, mais elle est trop faible. Un compromis est trouvé avec la signature au Caire sous l’égide de Nasser, en 1969, d’un accord entre Yasser Arafat — commandant de l’OLP — et le commandant en chef de l’armée reconnaissant l’extraterritorialité des camps des fedayins.
Jeux Olympiques de Munich
En septembre 1972, huit Palestiniens du groupe Septembre noir pénètrent dans le village olympique, abattent deux membres de l’équipe israélienne et kidnappent neuf athlètes israéliens au cours des jeux Olympiques de Munich. Le commando palestinien réclame la libération de 200 de leurs compatriotes emprisonnés en Israël. Lors d’une tentative de libération des otages par la police allemande, une fusillade éclate, et tous les athlètes sont tués, la plupart par les preneurs d’otage, parfois à la grenade, mais quelques-uns également par les tireurs d’élite de la police.
Selon Benny Morris, le Fatah avait pris la décision de créer le groupe Septembre noir lors d’un congrès du Fatah qui s’était tenu d’août à septembre 1971 à Damas.
La condamnation internationale de l’attaque ainsi que d’autres opérations du groupe Septembre noir a pour conséquence la distanciation du Fatah d’avec l’organisation. Arafat ordonne même l’assassinat de deux de ses membres qui ont refusé d’arrêter leurs activités. Mohammed Daoud Odeh, leader du commando qui a mené l’opération, indique dans un livre qu’il a publié en 1999 qu’Arafat avait été informé des plans de l’opération mais ajoute que l’intention n’avait jamais été de tuer les athlètes israéliens. Selon Said Aburich, on ne dispose d’aucune preuve qu’Arafat ait été personnellement impliqué dans les actions du groupe Septembre noir mais il aurait eu les moyens de les faire cesser et ne l’a pas fait.
Une « démarche progressive » vis-à-vis d’Israël
Le sommet arabe organisé à Alger en novembre 1973 admet implicitement l’idée d’une démarche progressive vis-à-vis d’Israël, en évoquant la libération prioritaire des territoires occupés en 1967. L’OLP est désignée par le même sommet comme seul représentant des Palestiniens dans le but de faire adhérer Arafat à cette idée, ce qu’il accepte.
Arafat réunit la douzième conférence du Conseil national palestinien dans le but de faire accepter aux Palestiniens cette démarche par étape que certains craignent de voir devenir une reconnaissance d’Israël. Pour faire face aux oppositions internes à l’OLP, il ajoute au comité exécutif quatre nouveaux membres de la Cisjordanie et de la bande de Gaza. Les habitants des territoires occupés, et notamment les Cisjordaniens, sont en effet favorables à un règlement politique du conflit.
Dans le même temps, Arafat essaie de prendre contact avec les États-Unis pour inciter Israël à reconnaître l’OLP. Il propose ainsi la protection par l’OLP des ressortissants et intérêts américains dans ses régions d’influence. Inquiet de ces développements, Israël prend alors contact avec la Jordanie qu’elle souhaite voir représenter les Palestiniens en lieu et place de l’OLP.
La nouvelle orientation d’Arafat divise l’OLP. Le FPLP gèle son adhésion, suivi par le FPLP-CG, le Front de libération arabe. Certains groupes palestiniens, comme l’Union générale des étudiants palestiniens et d’autres opposants d’Arafat, recourent à la violence pour affaiblir sa tentative de rapprochement avec les États-Unis. En 1974, le FPLP-CG mène plusieurs raids sur les villes du nord d’Israël : le 11 avril, 18 personnes (dont 9 enfants) sont tués dans un appartement de Kiryat Shmona et le 15 mai, 21 enfants sont tués lors une prise d’otages dans une école élémentaire à Ma’alot. Le 5 mars 1975, un commando de l’OLP arrivant à Tel Aviv par la mer s’introduit dans l’hôtel Savoy et prennent des otages. Huit de ces otages sont tués et 11 blessés par les Palestiniens qui finissent par se faire exploser dans leur retraite lors de l’opération de sauvetage israélienne qui fait 3 morts parmi les soldats. Suite à ces attaques, le gouvernement d’Israël renforce son refus de toutes discussions avec l’OLP, malgré les dénégations d’Arafat qui tente en vain de faire admettre que ni lui, ni l’OLP, ne sont responsables de ces attaques.
La bataille diplomatique
L’année 1974 constitue, pour Yasser Arafat, une année importante d’avancées en faveur d’un règlement politique.
Sur le plan international
Le 14 mai, l’ONU reconnaît l’OLP par 105 voix contre 4 comme représentant du peuple palestinien.
Le 21 octobre à Beyrouth, il rencontre Jean Sauvagnargues, ministre français des Affaires étrangères, qui devient ainsi le premier chef de la diplomatie occidentale à recevoir Arafat.
Le 13 novembre 1974, Yasser Arafat fait un discours devant l’Assemblée générale des Nations unies. Il y définit le sionisme comme une idéologie raciste, impérialiste et colonialiste, il y justifie la cause palestinienne en la comparant aux luttes nationalistes d’autres peuples du monde, et il y défend l’idée d’un État unique démocratique où vivraient chrétiens, juifs et musulmans.
Le 22 novembre 1974, l’Organisation est admise comme membre observateur à l’ONU, faisant d’Arafat le premier représentant d’une organisation non gouvernementale à participer à une session plénière de l’Assemblée générale de l’Organisation des Nations unies.
Dans le monde arabe
Au mois de juin, l’OLP adopte le principe de création d’un État palestinien sur les territoires qui seront libérés.
Arafat déclare ne pas vouloir « que soit versée une seule goutte de sang, juif ou arabe », et ne pas vouloir « que les combats se poursuivent » mais n’abroge pas la partie de la charte de l’OLP visant la fin du sionisme étatique.
Le 26 octobre 1976, lors du 8e sommet arabe à Rabat, les chefs d’États arabes admettent l’OLP comme membre à part entière de la Ligue arabe. Cette résolution implique également « l’obligation de tous les pays arabes de préserver l’unité palestinienne et de s’abstenir de toute ingérence dans les affaires palestiniennes. ».
Activisme palestinien et intervention israélienne au Liban
En 1976, le massacre de Damour, commis principalement par les milices palestiniennes, marque le déclenchement de la guerre civile libanaise.
Le président libanais et le chef de l’OLP sont convoqués à Riyad et sont invités par l’Arabie saoudite et l’Égypte à reconnaître la légitimité de la présence des troupes syriennes au Liban, et l’officialisent par la mise en place de la Force arabe de dissuasion (FAD).
D’autre part, des attaques palestiniennes contre le territoire israélien sont organisées depuis le Liban. Le 11 mars 1978, un commando palestinien parti de Damour débarque au sud de Haïfa et prend les passagers d’un autobus en otage. Le commando mitraille tout ce que rencontre l’autobus. Le bus est finalement arrêté par une unité militaire israélienne au nord de Tel Aviv et les membres du commando palestinien sont tués. Le lourd bilan est au total de 35 morts et 74 blessés graves dont de nombreux civils.
Israël attend du Liban qu’il assure sa sécurité en contrôlant l’activité des Palestiniens sur son territoire, mais le Liban est trop faible pour résoudre le problème. Menahem Begin lance l’Opération Litani en 1978, au terme de laquelle l’armée israélienne et l’armée du Sud Liban (des chrétiens libanais alliés aux Israéliens) prennent le contrôle d’une étroite bande de terre, dite la zone de sécurité, qui sera évacuée en 1985.
En 1982, un attentat est commis à Londres par Abou Nidal (qui avait aussi tenté auparavant d’assassiner Arafat), contre un diplomate israélien, Shlomo Argov, et laisse ce dernier paralysé. Israël accuse l’OLP, qui envoie en continu depuis 1981 des roquettes du Liban sur son territoire mais qui nie toute implication dans l’affaire, et une seconde opération militaire, dite opération Paix en Galilée, voit s’affronter 15 000 Palestiniens dirigés par Arafat et 85 000 soldats israéliens. La structure de commandement qu’il avait imaginée sur le terrain s’effondre, les officiers sur lesquels il comptait prennent la fuite. Said Aburich décrit cette situation comme suit : « La légendaire tendance d’Arafat à s’entourer d’incapables flagorneurs et son manque d’organisation coutaient cher aux Palestiniens ».
Arafat lance des appels dans les médias pour demander de l’aide aux pays arabes qui ne bougent pas. La Ligue arabe ne juge même pas utile de se réunir. Même la Syrie avec laquelle Arafat a mis un plan d’urgence en cas d’invasion israélienne signe une trêve unilatérale avec Israël qui occupe le Liban Sud au terme de l’opération.
C’est au cours de cette seconde opération, lors du siège de Beyrouth par l’armée israélienne, que des civils palestiniens (entre 800 et 3 500 selon les sources) sont massacrés dans les camps de réfugiés de Sabra et Chatila par les milices chrétiennes. L’implication supposée d’Ariel Sharon, alors ministre de la Défense d’Israël, dans cette opération aura plus tard un impact négatif sur les pourparlers de paix lorsqu’il accèdera aux fonctions de Premier ministre, le 17 février 2001.
Pendant la période libanaise, les camps palestiniens deviennent de plus en plus indépendants. De sa base de Beyrouth, l’OLP prend en charge les services sociaux aux réfugiés palestiniens. Mais dans le même temps, elle arme et organise les groupes de fedayins qui lancent des attaques contre Israël et ses intérêts.
Grâce aux différentes distinctions données par Nasser à Arafat, ce dernier est promu à la tête du Fatah. Même ses détracteurs au sein de l’organisation le suivent, ce qui lui permet de disposer d’une base solide. Arafat prend également de l’importance sur la scène internationale : à l’occasion de la bataille de Karameh, la couverture de Time offre les premières images publiques de cet homme qui est présenté comme le chef de la guérilla palestinienne. Une délégation du Fatah est acceptée en France, qui devient ainsi le premier pays non arabe à accepter une représentation permanente du mouvement.
La direction de l’OLP est plus que jamais à sa portée. Le 4 février 1969, durant le Congrès national palestinien, il en est nommé président du comité exécutif, en remplacement de Yahya Hammouda.
Yasser Arafat, en faisant monter l’OLP en première ligne, amène la nature du combat des Palestiniens sur un terrain plus politique. Il modifie alors le cap de l’OLP, d’un mouvement panarabe, pour en faire un mouvement qui se consacre à la cause nationale palestinienne. La lutte armée contre Israël a été acceptée par les accords du Caire en 1969. À l’aube des années 1970, l’OLP qu’il préside recourt à la violence dans sa lutte contre Israël. Ses militants n’hésitent pas à détourner des avions, à prendre des otages, à commettre des actions armées contre des civils, opérations qu’Arafat dirige et planifie.
Septembre noir en Jordanie
Suite à la guerre des six jours, des milliers de nouveaux réfugiés et des fedayins palestiniens se sont installés en Jordanie. Après Karameh, l’OLP déplace son quartier général de Damas à Amman. Suite au prestige croissant de l’OLP, les combattants palestiniens commencent à parcourir en arme les rues des villes jordaniennes ce qui provoque des heurts avec les forces jordaniennes. Petit à petit, le pays devient la base de la lutte armée palestinienne, les bases et les camps palestiniens deviennent un « État dans l’État ».
À la suite du détournement de trois avions par quatre Palestiniens du FPLP et de leur destruction sur le sol jordanien à Zarqa, ainsi que de la tentative d’assassinat raté à son encontre, le roi Hussein ordonne, le 17 septembre 1970, le massacre de dizaines de milliers de Palestiniens, qu’ils soient fedayins ou civils. La Syrie envoie deux cents tanks sur le sol jordanien pour aider les forces armées de l’OLP. Cet épisode dramatique est connu sous le nom de Septembre noir.
Le 27 septembre au Caire, Nasser obtient, vingt-quatre heures avant sa mort, la fin de la tuerie en imposant un accord entre le roi Hussein et Yasser Arafat. Après plusieurs tentatives infructueuses de négociations avec le roi Hussein, Munib Masri, le Palestinien le plus haut placé dans le cabinet de Wasfi Tal, réussit à emmener avec lui Arafat pour rencontrer le roi.
Après avoir atteint la ville de Jarash, il se dirige vers la Syrie, d’où il prend la route du Liban avec deux mille de ses combattants. Chassés du pays, Arafat et le Fatah s’installent au Liban. Arafat devient le commandant en chef des forces révolutionnaires palestiniennes deux ans plus tard, puis, en 1973, le dirigeant du département politique de l’OLP.
La nouvelle charte définie à Beyrouth prévoit de « s’attaquer aux intérêts sionistes partout dans le monde » et de « soulever la base libanaise aux côtés des Palestiniens ».
De 1970 à 1982, établissement au Liban
En septembre 1970, chassé de Jordanie par les troupes du roi Hussein de Jordanie, Arafat s’établit au Liban. Le gouvernement central du Liban, fragilisé, ne peut empêcher l’OLP d’opérer presque comme un État indépendant, surnommé parfois Fatah land. Les camps de réfugiés servent de bases d’entrainement militaire, et L’OLP commence alors des attaques d’artillerie et des infiltrations commando contre la frontière nord d’Israël, ou même des actions terroristes à l’étranger.
Au Liban, Yasser Arafat contrôle les rentrées de fonds pour l’OLP. Le ministre syrien de la Défense, Moustafa Tlas, raconte qu’un jour une délégation d’hommes d’affaires koweïtiens a remis à Arafat un chèque de 800 000 dollars rédigé à l’ordre de l’OLP. Arafat l’a fait refaire à son nom. Tlas ajoute « Chaque fois qu’un chef d’État arabe veut lui remettre un chèque, il insiste pour qu’il soit rédigé à son ordre. Ainsi personne ne peut rien faire » .
L’armée libanaise tente en 1969 de reprendre le contrôle des camps, mais elle est trop faible. Un compromis est trouvé avec la signature au Caire sous l’égide de Nasser, en 1969, d’un accord entre Yasser Arafat — commandant de l’OLP — et le commandant en chef de l’armée reconnaissant l’extraterritorialité des camps des fedayins.
Jeux Olympiques de Munich
En septembre 1972, huit Palestiniens du groupe Septembre noir pénètrent dans le village olympique, abattent deux membres de l’équipe israélienne et kidnappent neuf athlètes israéliens au cours des jeux Olympiques de Munich. Le commando palestinien réclame la libération de 200 de leurs compatriotes emprisonnés en Israël. Lors d’une tentative de libération des otages par la police allemande, une fusillade éclate, et tous les athlètes sont tués, la plupart par les preneurs d’otage, parfois à la grenade, mais quelques-uns également par les tireurs d’élite de la police.
Selon Benny Morris, le Fatah avait pris la décision de créer le groupe Septembre noir lors d’un congrès du Fatah qui s’était tenu d’août à septembre 1971 à Damas.
La condamnation internationale de l’attaque ainsi que d’autres opérations du groupe Septembre noir a pour conséquence la distanciation du Fatah d’avec l’organisation. Arafat ordonne même l’assassinat de deux de ses membres qui ont refusé d’arrêter leurs activités. Mohammed Daoud Odeh, leader du commando qui a mené l’opération, indique dans un livre qu’il a publié en 1999 qu’Arafat avait été informé des plans de l’opération mais ajoute que l’intention n’avait jamais été de tuer les athlètes israéliens. Selon Said Aburich, on ne dispose d’aucune preuve qu’Arafat ait été personnellement impliqué dans les actions du groupe Septembre noir mais il aurait eu les moyens de les faire cesser et ne l’a pas fait.
Une « démarche progressive » vis-à-vis d’Israël
Le sommet arabe organisé à Alger en novembre 1973 admet implicitement l’idée d’une démarche progressive vis-à-vis d’Israël, en évoquant la libération prioritaire des territoires occupés en 1967. L’OLP est désignée par le même sommet comme seul représentant des Palestiniens dans le but de faire adhérer Arafat à cette idée, ce qu’il accepte.
Arafat réunit la douzième conférence du Conseil national palestinien dans le but de faire accepter aux Palestiniens cette démarche par étape que certains craignent de voir devenir une reconnaissance d’Israël. Pour faire face aux oppositions internes à l’OLP, il ajoute au comité exécutif quatre nouveaux membres de la Cisjordanie et de la bande de Gaza. Les habitants des territoires occupés, et notamment les Cisjordaniens, sont en effet favorables à un règlement politique du conflit.
Dans le même temps, Arafat essaie de prendre contact avec les États-Unis pour inciter Israël à reconnaître l’OLP. Il propose ainsi la protection par l’OLP des ressortissants et intérêts américains dans ses régions d’influence. Inquiet de ces développements, Israël prend alors contact avec la Jordanie qu’elle souhaite voir représenter les Palestiniens en lieu et place de l’OLP.
La nouvelle orientation d’Arafat divise l’OLP. Le FPLP gèle son adhésion, suivi par le FPLP-CG, le Front de libération arabe. Certains groupes palestiniens, comme l’Union générale des étudiants palestiniens et d’autres opposants d’Arafat, recourent à la violence pour affaiblir sa tentative de rapprochement avec les États-Unis. En 1974, le FPLP-CG mène plusieurs raids sur les villes du nord d’Israël : le 11 avril, 18 personnes (dont 9 enfants) sont tués dans un appartement de Kiryat Shmona et le 15 mai, 21 enfants sont tués lors une prise d’otages dans une école élémentaire à Ma’alot. Le 5 mars 1975, un commando de l’OLP arrivant à Tel Aviv par la mer s’introduit dans l’hôtel Savoy et prennent des otages. Huit de ces otages sont tués et 11 blessés par les Palestiniens qui finissent par se faire exploser dans leur retraite lors de l’opération de sauvetage israélienne qui fait 3 morts parmi les soldats. Suite à ces attaques, le gouvernement d’Israël renforce son refus de toutes discussions avec l’OLP, malgré les dénégations d’Arafat qui tente en vain de faire admettre que ni lui, ni l’OLP, ne sont responsables de ces attaques.
La bataille diplomatique
L’année 1974 constitue, pour Yasser Arafat, une année importante d’avancées en faveur d’un règlement politique.
Sur le plan international
Le 14 mai, l’ONU reconnaît l’OLP par 105 voix contre 4 comme représentant du peuple palestinien.
Le 21 octobre à Beyrouth, il rencontre Jean Sauvagnargues, ministre français des Affaires étrangères, qui devient ainsi le premier chef de la diplomatie occidentale à recevoir Arafat.
Le 13 novembre 1974, Yasser Arafat fait un discours devant l’Assemblée générale des Nations unies. Il y définit le sionisme comme une idéologie raciste, impérialiste et colonialiste, il y justifie la cause palestinienne en la comparant aux luttes nationalistes d’autres peuples du monde, et il y défend l’idée d’un État unique démocratique où vivraient chrétiens, juifs et musulmans.
Le 22 novembre 1974, l’Organisation est admise comme membre observateur à l’ONU, faisant d’Arafat le premier représentant d’une organisation non gouvernementale à participer à une session plénière de l’Assemblée générale de l’Organisation des Nations unies.
Dans le monde arabe
Au mois de juin, l’OLP adopte le principe de création d’un État palestinien sur les territoires qui seront libérés.
Arafat déclare ne pas vouloir « que soit versée une seule goutte de sang, juif ou arabe », et ne pas vouloir « que les combats se poursuivent » mais n’abroge pas la partie de la charte de l’OLP visant la fin du sionisme étatique.
Le 26 octobre 1976, lors du 8e sommet arabe à Rabat, les chefs d’États arabes admettent l’OLP comme membre à part entière de la Ligue arabe. Cette résolution implique également « l’obligation de tous les pays arabes de préserver l’unité palestinienne et de s’abstenir de toute ingérence dans les affaires palestiniennes. ».
Activisme palestinien et intervention israélienne au Liban
En 1976, le massacre de Damour, commis principalement par les milices palestiniennes, marque le déclenchement de la guerre civile libanaise.
Le président libanais et le chef de l’OLP sont convoqués à Riyad et sont invités par l’Arabie saoudite et l’Égypte à reconnaître la légitimité de la présence des troupes syriennes au Liban, et l’officialisent par la mise en place de la Force arabe de dissuasion (FAD).
D’autre part, des attaques palestiniennes contre le territoire israélien sont organisées depuis le Liban. Le 11 mars 1978, un commando palestinien parti de Damour débarque au sud de Haïfa et prend les passagers d’un autobus en otage. Le commando mitraille tout ce que rencontre l’autobus. Le bus est finalement arrêté par une unité militaire israélienne au nord de Tel Aviv et les membres du commando palestinien sont tués. Le lourd bilan est au total de 35 morts et 74 blessés graves dont de nombreux civils.
Israël attend du Liban qu’il assure sa sécurité en contrôlant l’activité des Palestiniens sur son territoire, mais le Liban est trop faible pour résoudre le problème. Menahem Begin lance l’Opération Litani en 1978, au terme de laquelle l’armée israélienne et l’armée du Sud Liban (des chrétiens libanais alliés aux Israéliens) prennent le contrôle d’une étroite bande de terre, dite la zone de sécurité, qui sera évacuée en 1985.
En 1982, un attentat est commis à Londres par Abou Nidal (qui avait aussi tenté auparavant d’assassiner Arafat), contre un diplomate israélien, Shlomo Argov, et laisse ce dernier paralysé. Israël accuse l’OLP, qui envoie en continu depuis 1981 des roquettes du Liban sur son territoire mais qui nie toute implication dans l’affaire, et une seconde opération militaire, dite opération Paix en Galilée, voit s’affronter 15 000 Palestiniens dirigés par Arafat et 85 000 soldats israéliens. La structure de commandement qu’il avait imaginée sur le terrain s’effondre, les officiers sur lesquels il comptait prennent la fuite. Said Aburich décrit cette situation comme suit : « La légendaire tendance d’Arafat à s’entourer d’incapables flagorneurs et son manque d’organisation coutaient cher aux Palestiniens ».
Arafat lance des appels dans les médias pour demander de l’aide aux pays arabes qui ne bougent pas. La Ligue arabe ne juge même pas utile de se réunir. Même la Syrie avec laquelle Arafat a mis un plan d’urgence en cas d’invasion israélienne signe une trêve unilatérale avec Israël qui occupe le Liban Sud au terme de l’opération.
C’est au cours de cette seconde opération, lors du siège de Beyrouth par l’armée israélienne, que des civils palestiniens (entre 800 et 3 500 selon les sources) sont massacrés dans les camps de réfugiés de Sabra et Chatila par les milices chrétiennes. L’implication supposée d’Ariel Sharon, alors ministre de la Défense d’Israël, dans cette opération aura plus tard un impact négatif sur les pourparlers de paix lorsqu’il accèdera aux fonctions de Premier ministre, le 17 février 2001.
Pendant la période libanaise, les camps palestiniens deviennent de plus en plus indépendants. De sa base de Beyrouth, l’OLP prend en charge les services sociaux aux réfugiés palestiniens. Mais dans le même temps, elle arme et organise les groupes de fedayins qui lancent des attaques contre Israël et ses intérêts.
- « Vouloir prouver des choses qui sont claires d'elles-mêmes, c'est éclairer le jour avec une lampe. ». .
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Re: Yasser Arafat
De 1982 à 1994, établissement à Tunis
Retrait du Liban
En 1982, en pleine guerre du Liban, Arafat échappe à la mort en quittant de justesse un immeuble réduit à terre par une bombe israélienne. Escorté et protégé par les légionnaires du 2e REP, il est forcé de quitter Beyrouth, assiégée par l’armée israélienne, le 30 août 1982, à bord d’un navire militaire français vers la Grèce puis la Tunisie, ce qui désorganise en partie ses rentrées financières. Le président tunisien, Habib Bourguiba, est peu enclin à héberger Arafat mais finit par accepter après les pressions de la Ligue arabe et de sa femme.
Un an après, Arafat revient à Tripoli au Liban. Dès le mois de septembre, les partisans d’Arafat sont repoussés par des dissidents de l’OLP dirigés par Abou Moussa épaulés par des troupes syriennes vers les camps de réfugiés de Tripoli. Yasser Arafat est contraint à l’exil. Farouk Kaddoumi demande à l’URSS de protéger les navires quittant le port de la ville pour assurer le départ d’Arafat mais les Soviétiques refusent. Farouk Kaddoumi demande alors l’aide des Français qui acceptent. L’URSS justifie son refus par la volonté d’éviter tout conflit avec les États-Unis.
Arafat et 4 000 de ses partisans quittent Tripoli sur des bâtiments grecs protégés par la marine française. Il installe son quartier général dans la ville de Borj Cédria tout près de Tunis où il vit constamment sur ses gardes. Il n’a pas de domicile fixe et ne dort jamais plus d’une nuit au même endroit. Il accepte la dispersion de ses forces combattantes.
Arafat évite la mort le 1er octobre 1985 lorsqu’un avion de chasse israélien F-15 bombarde le siège de l’OLP à Tunis où devait se tenir un meeting entre les dirigeants du mouvement, meeting auquel Arafat arrive en retard. Cette opération intervient en réponse à l’assassinat de trois Israéliens à Chypre. Le 7 octobre, un navire de croisière italien, le Achille Lauro, est détourné par 4 membres de l’OLP. Le 28 décembre 1985, d’autres commandos palestiniens attaquent les comptoirs aériens de El Al dans les aéroports de Rome et de Vienne, faisant 15 morts civils.
Malgré le renoncement au terrorisme de l’OLP en novembre 1985 au Caire, l’organisation est impliquée dans plus de 100 actes lors des deux années suivantes
Ouverture diplomatique
Yasser Arafat s’engage alors dans une démarche diplomatique, en accord avec sa nouvelle forme de lutte pour l’obtention d’un État palestinien. Le 13 décembre 1988, devant l’Assemblée générale des Nations unies à Genève, Arafat en appelle à une résolution pacifique du conflit israélo-arabe sur base des résolutions 181, 242 et 338 et rappelle le rejet par le Conseil national palestinien et par l’OLP de toute forme de terrorisme. Il aurait précisé le lendemain lors d’une conférence de presse que l’OLP reconnaissait la résolution 242, le droit à l’existence d’Israël et renoncer au terrorisme
Le président américain Ronald Reagan met fin aux treize années d’interdiction de discuter avec l’OLP en officialisant l’ouverture du dialogue avec l’organisation, lors d’une conférence de presse le 14 décembre.
Arafat rencontre le pape Jean-Paul II au Vatican, le 23 décembre 1988, et affiche par exemple sa dévotion envers « Notre Seigneur Jésus-Christ » (« "palestinien" puisque né à Bethléem, qui est un mot hébraïque qui veut dire "maison du pain" »), pour rallier à lui la minorité chrétienne palestinienne qui, bien souvent, est persécutée par les intégristes musulmans et obligée de fuir.
Dès cette époque, il assiste à toutes les messes de Noël à Bethléem, sauf lorsque l’accès lui en est interdit par Israël à la fin de sa vie.
Le 2 mai 1989, en visite officielle, pour la première fois à Paris, Arafat déclare « caduque » la charte de l’OLP qui affirmait que « la lutte armée est la seule voie pour la libération de la Palestine ». C’est la condition qu’avait mise François Mitterrand pour accepter de rencontrer le leader de l’OLP. Arafat fait état d’une « correspondance avec le général de Gaulle en 1968 » et montre la croix de Lorraine que ce dernier lui aurait envoyée, ce que niera le fils du général.
Le 22 décembre 1989, plus de soixante sénateurs américains envoient une lettre au secrétaire d’État James Baker, pour s’opposer au visa d’entrée d’Arafat en visite au siège de l’ONU aux États-Unis.
L’alliance avec Saddam Hussein
En 1989, la désintégration de l’empire soviétique et la fin de la guerre froide entraînent une redistribution des alliances diplomatiques qui marginalise Arafat sur la scène internationale. De plus, le gouvernement russe autorise l’émigration vers Israël de plusieurs centaines de milliers de ses ressortissants de confession juive.
Cherchant une issue à son isolement, Yasser Arafat s’allie avec Saddam Hussein, de qui il aurait reçu de l’aide financière[64], et ne condamne pas l’invasion du Koweït par l’Irak, ce qui est perçu comme une trahison par le Koweït.
Dans les jours qui précèdent l’invasion, Yasser Arafat fait la navette entre Bagdad et Koweït City pour tenter d’imposer sa médiation. Mais ses interlocuteurs koweïtiens ont remarqué qu’il semblait être étrangement réceptif aux arguments de Saddam Hussein et la communauté palestinienne, très importante (300 000 personnes) dans le petit émirat du Koweït, favorise la prise de cet État par l’armée irakienne en 1990. Sa décision mènera à la faillite de l’OLP, puisque plusieurs États, comme l’Arabie saoudite et le Koweït, lui retirent alors leur soutien financier.
Cette alliance vaut à Yasser Arafat, après la deuxième guerre du Golfe et la défaite des armées irakiennes, le ressentiment et la colère des monarchies pétrolières et des Américains.
Il est paradoxalement sauvé par le nouveau gouvernement israélien, où la gauche arrive au pouvoir en 1992 avec Yitzhak Rabin et Shimon Peres, qui estiment que Yasser Arafat ne peut plus refuser de leur donner toutes les garanties nécessaires en matière de sécurité, en vue de la création d’un État autonome palestinien en Cisjordanie et dans la bande de Gaza.
De 2000 à 2004, la seconde Intifada
Seconde intifada, échec de Taba et élection d’Ariel Sharon
La seconde Intifada est initiée en septembre 2000, à la suite de l’échec des discussions israélo-palestiniennes ; elle tourne rapidement à la guerre ouverte avec Israël. La visite du parlementaire du Likoud, Ariel Sharon, sur l’Esplanade des mosquées/Mont du Temple est vécue par eux comme une provocation. La veille, Arafat demande au Premier ministre israélien, Ehud Barak, d’annuler cette visite car selon lui, elle risque de provoquer de nouvelles émeutes sanglantes. Barak n'interdira pas cet acte politique de Sharon.
Cette visite est le point de départ de mois de violence qu’Arafat n’arrive pas à maitriser. Des attentats-suicides, visant la population civile, sont perpétrés en Israël. Impuissant à calmer la révolte, y compris parmi les Faucons du Fatah, Arafat décide de se joindre à l’Intifada en diffusant un appel dans lequel il exhorte les Palestiniens à se soulever contre « l’usurpateur israélien ». Mais c’est la faction du Fatah dirigée par Marouan Barghouti, qui ne reçoit aucun ordre d’Arafat, qui dirige cette deuxième intifada.
Dans un rapport établi à ce sujet, Human Rights Watch déclare ne pas avoir trouvé de preuves que Yasser Arafat ou l’Autorité palestinienne aient jamais participé à la mise en œuvre de ces attaques, mais souligne que cette dernière n’a pas fait suffisamment pour poursuivre les organisateurs et n’a pas pris de mesures préventives. Aussi Kenneth Roath, directeur exécutif de Human rights watch, déclare qu'Arafat et l’Autorité palestinienne portent un degré de responsabilité politique élevé dans les atrocités qui se sont produites. Selon les sources officielles israéliennes, 506 personnes auraient trouvé la mort dans les attentats-suicides entre 2000 et 2004 et elles accusent les dirigeants palestiniens de n’avoir rien fait pour arrêter les kamikazes voire de les avoir encouragés.
Des négociations de paix sont engagées dans l’urgence en janvier 2001 au cours du Sommet de Taba alors que les violences sur le terrain se multiplient. Elles n’aboutissent pas, à la veille d’élections anticipées en Israël.
D’après al-Jazeera, Arafat refuse également les propositions du Président américain Bill Clinton de renoncer au droit au retour des réfugiés palestiniens en échange du statut de Jérusalem comme capitale de la Palestine et d’Israël. Selon un de ses gardes de corps, Arafat aurait dit à Clinton que s’il acceptait cette offre, il serait tué des mains de son propre peuple. Des personnalités arabes, comme le président égyptien Hosni Moubarak, pressent Arafat d’accepter cette offre mais celui-ci répond que cela est impossible.
Les pourparlers de Taba sont interrompus, le 27 janvier 2001, après six jours de négociations intenses suite à la mise en terme aux discussions par Shlomo Ben-Ami, ministre des Affaires étrangères et chef de la délégation israélienne à la demande expresse d’Ehoud Barak.
En février 2001, Ariel Sharon est élu Premier ministre tandis qu’aux États-Unis, George W. Bush est élu président.
Ariel Sharon ne cherche pas à poursuivre les négociations avec Yasser Arafat qu’il ne juge pas comme un interlocuteur valable.
La mort de Yasser Arafat
En octobre 2004, Arafat se plaint de douleurs à l’estomac et de vomissements. Malgré une première intervention chirurgicale dans son quartier général de la Mouqata’a à Ramallah, en Cisjordanie, le 25 octobre, sa santé continue à se dégrader. Le 29 octobre 2004, gravement malade, Yasser Arafat quitte Ramallah pour rejoindre la Jordanie, d’où il se rend en France, à bord d’un avion médicalisé. Il est hospitalisé dans l’hôpital d’instruction des armées Percy à Clamart près de Paris.
Il décède officiellement à Clamart le 11 novembre 2004, à 3 h 30, heure de Paris, dans la seconde partie du mois de Ramadan. Mahmoud Abbas est nommé chef de l’Organisation de Libération de la Palestine, Farouk Kaddoumi est élu chef du Fatah, et Ahmed Qoreï maintenu dans ses fonctions de chef du gouvernement. Après un hommage officiel à l’aérodrome militaire de Villacoublay en présence du Premier ministre français Jean-Pierre Raffarin et une cérémonie officielle au Caire, en présence de nombreux représentants politiques étrangers, Yasser Arafat est inhumé le 12 novembre, dans la Mouqata'a, son dernier quartier général de Ramallah, en Cisjordanie, le gouvernement israélien ayant refusé qu’il soit enterré à Jérusalem (Yasser Arafat avait à plusieurs reprises exprimé le souhait d’y être inhumé). Une foule de près de 100 000 personnes est présente pour accueillir sa dépouille à son retour d’Égypte.
L’élection présidentielle palestinienne de 2005 se déroule le 9 janvier suivant la mort d’Arafat et désigne Mahmoud Abbas comme nouveau président de l’Autorité palestinienne. L’intérim est assuré par Rawhi Fattuh.
Retrait du Liban
En 1982, en pleine guerre du Liban, Arafat échappe à la mort en quittant de justesse un immeuble réduit à terre par une bombe israélienne. Escorté et protégé par les légionnaires du 2e REP, il est forcé de quitter Beyrouth, assiégée par l’armée israélienne, le 30 août 1982, à bord d’un navire militaire français vers la Grèce puis la Tunisie, ce qui désorganise en partie ses rentrées financières. Le président tunisien, Habib Bourguiba, est peu enclin à héberger Arafat mais finit par accepter après les pressions de la Ligue arabe et de sa femme.
Un an après, Arafat revient à Tripoli au Liban. Dès le mois de septembre, les partisans d’Arafat sont repoussés par des dissidents de l’OLP dirigés par Abou Moussa épaulés par des troupes syriennes vers les camps de réfugiés de Tripoli. Yasser Arafat est contraint à l’exil. Farouk Kaddoumi demande à l’URSS de protéger les navires quittant le port de la ville pour assurer le départ d’Arafat mais les Soviétiques refusent. Farouk Kaddoumi demande alors l’aide des Français qui acceptent. L’URSS justifie son refus par la volonté d’éviter tout conflit avec les États-Unis.
Arafat et 4 000 de ses partisans quittent Tripoli sur des bâtiments grecs protégés par la marine française. Il installe son quartier général dans la ville de Borj Cédria tout près de Tunis où il vit constamment sur ses gardes. Il n’a pas de domicile fixe et ne dort jamais plus d’une nuit au même endroit. Il accepte la dispersion de ses forces combattantes.
Arafat évite la mort le 1er octobre 1985 lorsqu’un avion de chasse israélien F-15 bombarde le siège de l’OLP à Tunis où devait se tenir un meeting entre les dirigeants du mouvement, meeting auquel Arafat arrive en retard. Cette opération intervient en réponse à l’assassinat de trois Israéliens à Chypre. Le 7 octobre, un navire de croisière italien, le Achille Lauro, est détourné par 4 membres de l’OLP. Le 28 décembre 1985, d’autres commandos palestiniens attaquent les comptoirs aériens de El Al dans les aéroports de Rome et de Vienne, faisant 15 morts civils.
Malgré le renoncement au terrorisme de l’OLP en novembre 1985 au Caire, l’organisation est impliquée dans plus de 100 actes lors des deux années suivantes
Première Intifada et déclaration d’Alger
En 1988, la première Intifada, ou « révolte des pierres », éclate en Cisjordanie et sur la bande de Gaza. Bien que l’OLP ait été grandement impliquée dans cette révolte, celle-ci a principalement été menée par le Commandement unifié de l’Intifada, et non par la faction tunisienne d’Arafat.
L’éclatement de l’Intifada précipite la proclamation depuis Alger d’un État palestinien dans la nuit du 14 au 15 novembre 1988 et Arafat est élu par le Conseil national palestinien, président de ce nouvel État. Dans le même temps, l’OLP reconnaît la résolution 181 de l’ONU de 1947 qui partage la Palestine en deux États, l’un juif, l’autre arabe, reconnaissant de facto l’existence de l’État israélien, et elle réaffirme sa condamnation du terrorisme
Ouverture diplomatique
Yasser Arafat s’engage alors dans une démarche diplomatique, en accord avec sa nouvelle forme de lutte pour l’obtention d’un État palestinien. Le 13 décembre 1988, devant l’Assemblée générale des Nations unies à Genève, Arafat en appelle à une résolution pacifique du conflit israélo-arabe sur base des résolutions 181, 242 et 338 et rappelle le rejet par le Conseil national palestinien et par l’OLP de toute forme de terrorisme. Il aurait précisé le lendemain lors d’une conférence de presse que l’OLP reconnaissait la résolution 242, le droit à l’existence d’Israël et renoncer au terrorisme
Le président américain Ronald Reagan met fin aux treize années d’interdiction de discuter avec l’OLP en officialisant l’ouverture du dialogue avec l’organisation, lors d’une conférence de presse le 14 décembre.
Arafat rencontre le pape Jean-Paul II au Vatican, le 23 décembre 1988, et affiche par exemple sa dévotion envers « Notre Seigneur Jésus-Christ » (« "palestinien" puisque né à Bethléem, qui est un mot hébraïque qui veut dire "maison du pain" »), pour rallier à lui la minorité chrétienne palestinienne qui, bien souvent, est persécutée par les intégristes musulmans et obligée de fuir.
Dès cette époque, il assiste à toutes les messes de Noël à Bethléem, sauf lorsque l’accès lui en est interdit par Israël à la fin de sa vie.
Le 2 mai 1989, en visite officielle, pour la première fois à Paris, Arafat déclare « caduque » la charte de l’OLP qui affirmait que « la lutte armée est la seule voie pour la libération de la Palestine ». C’est la condition qu’avait mise François Mitterrand pour accepter de rencontrer le leader de l’OLP. Arafat fait état d’une « correspondance avec le général de Gaulle en 1968 » et montre la croix de Lorraine que ce dernier lui aurait envoyée, ce que niera le fils du général.
Le 22 décembre 1989, plus de soixante sénateurs américains envoient une lettre au secrétaire d’État James Baker, pour s’opposer au visa d’entrée d’Arafat en visite au siège de l’ONU aux États-Unis.
L’alliance avec Saddam Hussein
En 1989, la désintégration de l’empire soviétique et la fin de la guerre froide entraînent une redistribution des alliances diplomatiques qui marginalise Arafat sur la scène internationale. De plus, le gouvernement russe autorise l’émigration vers Israël de plusieurs centaines de milliers de ses ressortissants de confession juive.
Cherchant une issue à son isolement, Yasser Arafat s’allie avec Saddam Hussein, de qui il aurait reçu de l’aide financière[64], et ne condamne pas l’invasion du Koweït par l’Irak, ce qui est perçu comme une trahison par le Koweït.
Dans les jours qui précèdent l’invasion, Yasser Arafat fait la navette entre Bagdad et Koweït City pour tenter d’imposer sa médiation. Mais ses interlocuteurs koweïtiens ont remarqué qu’il semblait être étrangement réceptif aux arguments de Saddam Hussein et la communauté palestinienne, très importante (300 000 personnes) dans le petit émirat du Koweït, favorise la prise de cet État par l’armée irakienne en 1990. Sa décision mènera à la faillite de l’OLP, puisque plusieurs États, comme l’Arabie saoudite et le Koweït, lui retirent alors leur soutien financier.
Cette alliance vaut à Yasser Arafat, après la deuxième guerre du Golfe et la défaite des armées irakiennes, le ressentiment et la colère des monarchies pétrolières et des Américains.
Il est paradoxalement sauvé par le nouveau gouvernement israélien, où la gauche arrive au pouvoir en 1992 avec Yitzhak Rabin et Shimon Peres, qui estiment que Yasser Arafat ne peut plus refuser de leur donner toutes les garanties nécessaires en matière de sécurité, en vue de la création d’un État autonome palestinien en Cisjordanie et dans la bande de Gaza.
Accident d’avion
En 1992, Arafat échappe à la mort lorsque son avion, un Antonov 26, s’écrase en Libye alors qu’il effectue la liaison Khartoum-Tripoli. Dès la disparition de l’appareil, les autorités palestiniennes ont fait appel à l’aide internationale. À la suite d’une intervention de l’ex-président américain Jimmy Carter, George Bush autorise la fourniture d’informations enregistrées par les satellites américains. De leur côté, les autorités françaises envoient deux appareils, l’un basé au Tchad, l’autre à Djibouti, pour participer aux recherches.
Les deux pilotes de l’avion du leader palestinien ainsi qu’un ingénieur trouvent la mort[63] et Arafat ne souffre que de quelques contusions. Quelques semaines plus tard, il est hospitalisé d’urgence à Amman, en Jordanie, pour être opéré d’un caillot au cerveau.
De 2000 à 2004, la seconde Intifada
Seconde intifada, échec de Taba et élection d’Ariel Sharon
La seconde Intifada est initiée en septembre 2000, à la suite de l’échec des discussions israélo-palestiniennes ; elle tourne rapidement à la guerre ouverte avec Israël. La visite du parlementaire du Likoud, Ariel Sharon, sur l’Esplanade des mosquées/Mont du Temple est vécue par eux comme une provocation. La veille, Arafat demande au Premier ministre israélien, Ehud Barak, d’annuler cette visite car selon lui, elle risque de provoquer de nouvelles émeutes sanglantes. Barak n'interdira pas cet acte politique de Sharon.
Cette visite est le point de départ de mois de violence qu’Arafat n’arrive pas à maitriser. Des attentats-suicides, visant la population civile, sont perpétrés en Israël. Impuissant à calmer la révolte, y compris parmi les Faucons du Fatah, Arafat décide de se joindre à l’Intifada en diffusant un appel dans lequel il exhorte les Palestiniens à se soulever contre « l’usurpateur israélien ». Mais c’est la faction du Fatah dirigée par Marouan Barghouti, qui ne reçoit aucun ordre d’Arafat, qui dirige cette deuxième intifada.
Dans un rapport établi à ce sujet, Human Rights Watch déclare ne pas avoir trouvé de preuves que Yasser Arafat ou l’Autorité palestinienne aient jamais participé à la mise en œuvre de ces attaques, mais souligne que cette dernière n’a pas fait suffisamment pour poursuivre les organisateurs et n’a pas pris de mesures préventives. Aussi Kenneth Roath, directeur exécutif de Human rights watch, déclare qu'Arafat et l’Autorité palestinienne portent un degré de responsabilité politique élevé dans les atrocités qui se sont produites. Selon les sources officielles israéliennes, 506 personnes auraient trouvé la mort dans les attentats-suicides entre 2000 et 2004 et elles accusent les dirigeants palestiniens de n’avoir rien fait pour arrêter les kamikazes voire de les avoir encouragés.
Des négociations de paix sont engagées dans l’urgence en janvier 2001 au cours du Sommet de Taba alors que les violences sur le terrain se multiplient. Elles n’aboutissent pas, à la veille d’élections anticipées en Israël.
D’après al-Jazeera, Arafat refuse également les propositions du Président américain Bill Clinton de renoncer au droit au retour des réfugiés palestiniens en échange du statut de Jérusalem comme capitale de la Palestine et d’Israël. Selon un de ses gardes de corps, Arafat aurait dit à Clinton que s’il acceptait cette offre, il serait tué des mains de son propre peuple. Des personnalités arabes, comme le président égyptien Hosni Moubarak, pressent Arafat d’accepter cette offre mais celui-ci répond que cela est impossible.
Les pourparlers de Taba sont interrompus, le 27 janvier 2001, après six jours de négociations intenses suite à la mise en terme aux discussions par Shlomo Ben-Ami, ministre des Affaires étrangères et chef de la délégation israélienne à la demande expresse d’Ehoud Barak.
En février 2001, Ariel Sharon est élu Premier ministre tandis qu’aux États-Unis, George W. Bush est élu président.
Ariel Sharon ne cherche pas à poursuivre les négociations avec Yasser Arafat qu’il ne juge pas comme un interlocuteur valable.
La mort de Yasser Arafat
En octobre 2004, Arafat se plaint de douleurs à l’estomac et de vomissements. Malgré une première intervention chirurgicale dans son quartier général de la Mouqata’a à Ramallah, en Cisjordanie, le 25 octobre, sa santé continue à se dégrader. Le 29 octobre 2004, gravement malade, Yasser Arafat quitte Ramallah pour rejoindre la Jordanie, d’où il se rend en France, à bord d’un avion médicalisé. Il est hospitalisé dans l’hôpital d’instruction des armées Percy à Clamart près de Paris.
Il décède officiellement à Clamart le 11 novembre 2004, à 3 h 30, heure de Paris, dans la seconde partie du mois de Ramadan. Mahmoud Abbas est nommé chef de l’Organisation de Libération de la Palestine, Farouk Kaddoumi est élu chef du Fatah, et Ahmed Qoreï maintenu dans ses fonctions de chef du gouvernement. Après un hommage officiel à l’aérodrome militaire de Villacoublay en présence du Premier ministre français Jean-Pierre Raffarin et une cérémonie officielle au Caire, en présence de nombreux représentants politiques étrangers, Yasser Arafat est inhumé le 12 novembre, dans la Mouqata'a, son dernier quartier général de Ramallah, en Cisjordanie, le gouvernement israélien ayant refusé qu’il soit enterré à Jérusalem (Yasser Arafat avait à plusieurs reprises exprimé le souhait d’y être inhumé). Une foule de près de 100 000 personnes est présente pour accueillir sa dépouille à son retour d’Égypte.
L’élection présidentielle palestinienne de 2005 se déroule le 9 janvier suivant la mort d’Arafat et désigne Mahmoud Abbas comme nouveau président de l’Autorité palestinienne. L’intérim est assuré par Rawhi Fattuh.
- « Vouloir prouver des choses qui sont claires d'elles-mêmes, c'est éclairer le jour avec une lampe. ». .
http://algerie-institution.blog4ever.com
Re: Yasser Arafat
La mort de Yasser Arafat

En octobre 2004, Arafat se plaint de douleurs à l’estomac et de vomissements. Malgré une première intervention chirurgicale dans son quartier général de la Mouqata’a à Ramallah, en Cisjordanie, le 25 octobre, sa santé continue à se dégrader. Le 29 octobre 2004, gravement malade, Yasser Arafat quitte Ramallah pour rejoindre la Jordanie, d’où il se rend en France, à bord d’un avion médicalisé. Il est hospitalisé dans l’hôpital d’instruction des armées Percy à Clamart près de Paris.
Il décède officiellement à Clamart le 11 novembre 2004, à 3 h 30, heure de Paris, dans la seconde partie du mois de Ramadan. Mahmoud Abbas est nommé chef de l’Organisation de Libération de la Palestine, Farouk Kaddoumi est élu chef du Fatah, et Ahmed Qoreï maintenu dans ses fonctions de chef du gouvernement. Après un hommage officiel à l’aérodrome militaire de Villacoublay en présence du Premier ministre français Jean-Pierre Raffarin et une cérémonie officielle au Caire, en présence de nombreux représentants politiques étrangers, Yasser Arafat est inhumé le 12 novembre, dans la Mouqata'a, son dernier quartier général de Ramallah, en Cisjordanie, le gouvernement israélien ayant refusé qu’il soit enterré à Jérusalem (Yasser Arafat avait à plusieurs reprises exprimé le souhait d’y être inhumé). Une foule de près de 100 000 personnes est présente pour accueillir sa dépouille à son retour d’Égypte.
L’élection présidentielle palestinienne de 2005 se déroule le 9 janvier suivant la mort d’Arafat et désigne Mahmoud Abbas comme nouveau président de l’Autorité palestinienne. L’intérim est assuré par Rawhi Fattuh.
Regards sur Yasser Arafat
En Israël
Arafat était souvent considéré comme l’ennemi numéro un par Israël. Il a été qualifié de « chef terroriste » et de « menteur congénital », voire de « réincarnation d’Hitler ».
Wikipedia

En octobre 2004, Arafat se plaint de douleurs à l’estomac et de vomissements. Malgré une première intervention chirurgicale dans son quartier général de la Mouqata’a à Ramallah, en Cisjordanie, le 25 octobre, sa santé continue à se dégrader. Le 29 octobre 2004, gravement malade, Yasser Arafat quitte Ramallah pour rejoindre la Jordanie, d’où il se rend en France, à bord d’un avion médicalisé. Il est hospitalisé dans l’hôpital d’instruction des armées Percy à Clamart près de Paris.
Il décède officiellement à Clamart le 11 novembre 2004, à 3 h 30, heure de Paris, dans la seconde partie du mois de Ramadan. Mahmoud Abbas est nommé chef de l’Organisation de Libération de la Palestine, Farouk Kaddoumi est élu chef du Fatah, et Ahmed Qoreï maintenu dans ses fonctions de chef du gouvernement. Après un hommage officiel à l’aérodrome militaire de Villacoublay en présence du Premier ministre français Jean-Pierre Raffarin et une cérémonie officielle au Caire, en présence de nombreux représentants politiques étrangers, Yasser Arafat est inhumé le 12 novembre, dans la Mouqata'a, son dernier quartier général de Ramallah, en Cisjordanie, le gouvernement israélien ayant refusé qu’il soit enterré à Jérusalem (Yasser Arafat avait à plusieurs reprises exprimé le souhait d’y être inhumé). Une foule de près de 100 000 personnes est présente pour accueillir sa dépouille à son retour d’Égypte.
L’élection présidentielle palestinienne de 2005 se déroule le 9 janvier suivant la mort d’Arafat et désigne Mahmoud Abbas comme nouveau président de l’Autorité palestinienne. L’intérim est assuré par Rawhi Fattuh.
Regards sur Yasser Arafat
En Israël
Arafat était souvent considéré comme l’ennemi numéro un par Israël. Il a été qualifié de « chef terroriste » et de « menteur congénital », voire de « réincarnation d’Hitler ».
Wikipedia
- « Vouloir prouver des choses qui sont claires d'elles-mêmes, c'est éclairer le jour avec une lampe. ». .
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Re: Yasser Arafat
Les circonstances politiques de la mort de Yasser Arafat

Le 11 novembre 2004, le président Yasser Arafat décédait dans un hôpital militaire français. Une polémique se déclenchait alors sur l’origine de son empoisonnement. Ce n’est que bien plus tard, lors de la saisie par le Hamas de documents dans les archives personnelles du ministre Mohamed Dahlan, que les preuves du complot furent réunies. L’assassinat a été commandité par Israël et les Etats-Unis, mais réalisé par des Palestiniens. Thierry Meyssan revient sur les circonstances politiques qui ont conduit à planifier cette élimination.
L’arrivée au pouvoir de George W. Bush, en janvier 2001, et celle du général Ariel Sharon, en mars 2001, en pleine Intifada, marquent un changement radical de politique à l’égard des Palestiniens. La période coïncide avec la remise du rapport du sénateur George Mitchell sur les responsabilités partagées dans la continuation du conflit. Le président Bush désigne un diplomate chevronné, William Burns, pour le représenter au Proche-Orient. Avec le directeur de la CIA, George Tenet, ils élaborent un protocole en six points pour cesser le feu. MM. Sharon et Bush examinent ce plan, le 26 juin 2001 à la Maison-Blanche.
Il s’agit en fait d’une simple mise en scène. La réouverture des voies de circulations dans les Territoires occupés est subordonnée à l’arrêt immédiat et complet des hostilités. En d’autres termes, les mesures de répression dans les Territoires occupés ne seront levées que si les Palestiniens renoncent sans contrepartie à la résistance armée. MM Sharon et Bush s’accordent sur un discours qui stigmatise le président Yasser Arafat et le rend responsable de la poursuite des hostilités : il est « le terroriste » par excellence et les deux pays doivent s’unir pour faire échec au « terrorisme ». Par conséquent, le général Sharon décide d’appliquer désormais la stratégie des « assassinats ciblés » aux dirigeants politiques palestiniens. Le premier éliminé sera Abou Ali Moustapha, un des chefs de l’OLP.
Aussi lorsque surviennent les attentat du 11 septembre 2001, cette rhétorique se fond sans problèmes dans celle de la « guerre au terrorisme ». Ce matin-là d’ailleurs, les médias diffusent une revendication par un groupe palestinien et Israël ferme toutes ses représentations diplomatiques dans le monde. Des images d’une quinzaine de Palestiniens criant leur joie devant les dommages infligés aux Etats-Unis font le tour du monde. Quoi qu’il en soit, la responsabilité palestinienne sera écartée au cours de la journée et les attentats seront attribués à un groupuscule installé en Afghanistan. Pour clore ce chapitre, Yasser Arafat se rendra dans un hôpital donner son sang pour les victimes états-uniennes. Mais l’occasion est trop belle : les dirigeants israéliens multiplient les déclarations de compassion avec les vcitimes en établissant un parallèle entre ce qu’endurent les États-uniens et les Israéliens. Ariel Sharon qualifie l’Autorité palestinienne d’« organisation soutenant le terrorisme », tandis que le porte-parole de la Maison-Blanche souligne qu’Israël a le droit de se défendre. L’amalgame est complet entre Résistance et terrorisme.
Tel-Aviv multiplie les démarches pour isoler « le terroriste » Yasser Arafat. Cependant, les ministre des Affaires étrangères de l’Union européenne réaffirment que le président de l’Autorité palestinienne est un partenaire pour la paix, tandis que Washington maintient ses contacts avec le vieux leader.
Constatant l’impossibilité d’une solution militaire, le général Sharon imagine un plan de redécoupage de la Palestine qui assure la continuité territoriale d’Israël et de ses colonies et qui, au contraire, divise les Territoires palestiniens en deux zones discontinues. Avec discrétion, il débute de grands travaux d’équipement, notamment la construction d’un mur qui marquera la nouvelle frontière. Le plan d’ensemble ne sera dévoilé qu’ultérieurement. Le général Sharon se contente dans un premier temps d’annoncer la création de « zones tampons », taillées dans les Territoires occupés. Simultanément, une association d’anciens officiers mène une campagne de propagande pour une séparation unilatérale des juifs d’avec les arabes. On se dirige vers une forme d’apartheid où Gaza et la Cisjordanie joueront le rôle de Bantoustans.
Pour déplacer les lignes sur le terrain, le cabinet israélien lance l’opération « Mur de protection » (parfois traduite par opération « Rempart ») dont l’intitulé ne sera compris qu’ultérieurement. Tsahal rase une partie de Jénine et assiège la Basilique de la Nativité à Bethléem où l’Église catholique a accordé l’asile à des résistants palestiniens. Le général Sharon désigne Yasser Arafat comme l’« ennemi d’Israël », ce que beaucoup interprètent comme le signal de son élimination imminente. Dans une allocution télévisée solennelle, le Premier ministre israélien déclare : « L’État d‘Israël est en guerre (…) Une guerre sans compromis contre le terrorisme (…) activité coordonnée et dirigée par Yasser Arafat ». Durant cinq mois, les Forces israéliennes assiègent le palais présidentiel à Ramallah et déclarent la ville « zone militaire interdite ». Le vieux leader est cantonné dans quelques pièces, tandis que l’eau et l’électricité sont coupés. Sharon lui offre de partir, « avec un billet sans retour ». À l’issue du siège, levé sous la pression internationale, Arafat restera assigné à résidence dans les ruines du palais présidentiel.
Le prince Abdullah d’Arabie saoudite énonce un plan de paix raisonnable, tenant compte des intérêts des différents protagonistes. Il le présente au sommet de la Ligue arabe à Beyrouth, en l’absence de Yasser Arafat prisonnier à Ramallah, et obtient le soutien des États arabes. George Bush, —qui jouait d’un côté le chaud avec William Burns et Donald Rumsfeld, de l’autre le froid avec Anthony Zini et Colin Powell— sabote le plan de paix arabe. Le 24 juin 2002, il se prononce pour la création d’un État palestinien, mais pose comme préalable le départ volontaire du président Arafat et à la mise en place d’une nouvelle direction palestinienne qui ne soit pas « compromise avec le terrorisme ».
La logique qui va conduire à l’assassinat du vieux leader est désormais en marche. Rien ne pourra l’arrêter.
Washington sollicite en vain ses partenaires du Quartet (ONU, Union européenne, Russie) pour qu’ils appuient le départ d’Arafat. A la suite d’un attentat qui fait 7 morts à Tel-Aviv, le général Sharon ordonne de reprendre le siège du palais présidentiel. Tsahal détruit presque tout le complexe gouvernemental et les dirigeants israéliens ne font pas mystère de vouloir en finir avec leur « ennemi » Arafat. Toute la population palestinienne manifeste en soutien au vieux leader, tandis que le Conseil de sécurité vote la résolution 1435 intimant à Israël de cesser immédiatement cette opération. Tsahal lève le camp.
Des élections anticipées sont convoquées en Israël. Leur résultat renforce le pouvoir d’Ariel Sharon. En composant son nouveau cabinet, il déclare sans détour qu’il va « achever la guerre contre le terrorisme, écarter la direction terroriste et créer les conditions de l’émergence d’une nouvelle direction avec laquelle il sera possible de parvenir à une paix véritable ».
La Russie et la France pressent Arafat de lâcher du lest pour éviter le pire. Le vieux leader consent à créer un poste de Premier ministre et à le confier à une personnalité qui sera acceptée par Tel-Aviv et Washington et pourra discuter avec eux pour rompre l’isolement. Il désigne Mahmoud Abbas. Les deux hommes ont toutes les difficultés à s’accorder pour la formation du gouvernement. Abbas souhaite confier les relations avec les organisations de la Résistance militaire au général Mohammed Dahlan qu’Arafat récuse. En définitive, ils conviennent de nommer Dahlan à la tête de la police.
Quoi qu’il en soit, la formation de ce gouvernement ne change rien. La décision de tuer Arafat a été prise. C’est même le programme officiel du nouveau cabinet Sharon. L’ambassadeur William Burns et le Premier ministre Ariel Sharon organisent une rencontre secrète avec le Premier ministre palestinien Mahmoud Abbas et le futur ministre de l’Intérieur Mohammed Dahlan. Les conjurés mettent au point les détails du crime. Ils conviennent à la fois d’assassiner le vieux leader et les chefs du Hamas, pour que ceux-ci ne puissent pas reprendre le flambeau.
Le Quartet accueille la nomination du nouveau gouvernement palestinien en publiant la « feuille de route ». Le cabinet Sharon approuve publiquement cette démarche, mais transmet en secret à la Maison-Blanche une note explicitant 14 réserves qui vident la « feuille de route » de son sens. Pendant six mois, Mahmoud Abbas participe à de nombreuses rencontres internationales pour mettre en œuvre les recommandations du Quartet et est reçu avec tous les honneurs à la Maison-Blanche. Cependant, il apparaît vite qu’il prend des engagements hors de ses compétences. Il aurait ainsi promis au sommet d’Akaba la fin de la Résistance armée sans contrepartie.
Quoi qu’il en soit, Jacques Chirac est informé du complot. Il alerte son homologue russe, Vladimir Poutine. La France et la Russie proposent au président Arafat de l’évacuer immédiatement de Ramallah et de lui accorder l’asile politique dans le pays de son choix. Le vieux leader décline l’offre. Il sait que s’il quitte la Palestine, il n’y retournera jamais.
Pour garantir sa sécurité, Arafat créé un poste de Conseiller national de sécurité qui empiète sur les prérogatives d’Abbas et de Dahlan. Il le confie à Jibril Rajoub. La tension atteint son paroxysme. Abbas démissionne, emportant Dahlan avec lui.
C’est dans cette période que Mohammed Dahlan a adressé une lettre au ministre israélien de la Défense Shaul Mofaz ; un document dont le double a été retrouvé dans les archives privées de Dahlan lors de sa fuite. Il y écrit : « Soyez certain que les jours de Yasser Arafat sont comptés. Mais laissez-nous l’abattre à notre manière, pas à la vôtre (…) je tiendrai les promesses que j’ai faites devant le président Bush ».
Yasser Arafat nomme Ahmed Qorei Premier ministre. Le cabinet Sharon réplique en adoptant le principe de l’expulsion du président de l’Autorité palestinienne hors de Palestine. Les Palestiniens manifestent à nouveau pour leur leader. La Syrie demande au Conseil de sécurité de l’ONU d’interdire l’expulsion du président Arafat, mais les États-Unis opposent leur veto à ce projet de résolution. Par rétorsion, les avions israéliens survolent le palais présidentiel syrien et bombardent un ancien camp palestinien près de Damas.
En mars 2004, Tsahal assassine cheikh Ahmad Yassine, chef spirituel du Hamas. Ce meurtre ne peut se comprendre que comme la volonté de décapiter la branche musulmane de la Résistance de sorte qu’elle ne puisse prendre la relève lorsque la branche laïque sera elle aussi décapitée. A l’ONU, Washington oppose son veto à une résolution condamnant ce crime. Continuant sur cette lancée, Tsahal assassine le mois suivant Abdel Aziz al-Rantissi, le chef civil du Hamas.
Ariel Sharon se rend à Washington et dévoile le nouveau plan de partage de la Palestine qu’il met en œuvre depuis trois ans. Il insiste sur le fait que la continuité territoriale israélienne exige le démantèlement de colonies trop avancées et indéfendables ; et que les troupes israéliennes se retireront des territoires destinés aux Palestiniens. Il admet le projet de séparation des populations en entités ethniquement homogènes et le tracé complet du mur de séparation. Le président Bush lui donne par écrit le feu vert de Washington et ajoute que, compte tenu de « la nouvelle réalité sur le terrain », le principe de retour aux frontières établies par la communauté internationale est désormais « irréaliste ». Le fait accompli prime sur le droit. Le Conseil de sécurité refusant de condamner les annexions de territoires derrière le mur de séparation, l’Assemblée générale saisit la Cour de La Haye pour qu’elle dise le droit.
A Ramallah, Yasser Arafat craint que le ministre de l’Intérieur du gouvernement Qorei n’ait rejoint le complot. Il décide de le démettre. Ahmed Qorei, se sentant désavoué, présente sa démission. Finalement Arafat renonce. Qorei et son équipe restent, y compris les traitres.
Erreur fatale.
Le 21 octobre 2004, Yasser Arafat est pris de vomissements. Les médecins croient d’abord à une simple grippe. Son état empire rapidement et son système immunitaire est gravement affaibli. Sur proposition de son homologue français, Jacques Chirac, il accepte de quitter la Palestine pour se faire soigner. Il sait que sa vie est en danger et que même s’il en réchappe, il ne retrouvera plus sa terre. Il est pris en charge dans un hôpital militaire spécialisé. Les médecins ne parviennent pas à isoler le poison d’autant que ses assassins lui ont également inoculé le rétrovirus du sida rendant illisibles tous les examens. Il tombe dans le coma. Sa mort est annoncée le 11 novembre 2004 à 3h30 heure de Paris. L’Élysée veille à ce que l’acte de décès stipule que le président de l’Autorité palestinienne est né à Jérusalem.
Le cabinet Sharon s’opposant à l’inhumation à Jérusalem, des obsèques internationales ont lieu au Caire et l’inhumation à Ramallah. Les Collaborateurs qui ont comploté avec l’Occupant pour le tuer vont s’emparer du pouvoir sans tarder.
par Thierry Meyssan

Le 11 novembre 2004, le président Yasser Arafat décédait dans un hôpital militaire français. Une polémique se déclenchait alors sur l’origine de son empoisonnement. Ce n’est que bien plus tard, lors de la saisie par le Hamas de documents dans les archives personnelles du ministre Mohamed Dahlan, que les preuves du complot furent réunies. L’assassinat a été commandité par Israël et les Etats-Unis, mais réalisé par des Palestiniens. Thierry Meyssan revient sur les circonstances politiques qui ont conduit à planifier cette élimination.
L’arrivée au pouvoir de George W. Bush, en janvier 2001, et celle du général Ariel Sharon, en mars 2001, en pleine Intifada, marquent un changement radical de politique à l’égard des Palestiniens. La période coïncide avec la remise du rapport du sénateur George Mitchell sur les responsabilités partagées dans la continuation du conflit. Le président Bush désigne un diplomate chevronné, William Burns, pour le représenter au Proche-Orient. Avec le directeur de la CIA, George Tenet, ils élaborent un protocole en six points pour cesser le feu. MM. Sharon et Bush examinent ce plan, le 26 juin 2001 à la Maison-Blanche.
Il s’agit en fait d’une simple mise en scène. La réouverture des voies de circulations dans les Territoires occupés est subordonnée à l’arrêt immédiat et complet des hostilités. En d’autres termes, les mesures de répression dans les Territoires occupés ne seront levées que si les Palestiniens renoncent sans contrepartie à la résistance armée. MM Sharon et Bush s’accordent sur un discours qui stigmatise le président Yasser Arafat et le rend responsable de la poursuite des hostilités : il est « le terroriste » par excellence et les deux pays doivent s’unir pour faire échec au « terrorisme ». Par conséquent, le général Sharon décide d’appliquer désormais la stratégie des « assassinats ciblés » aux dirigeants politiques palestiniens. Le premier éliminé sera Abou Ali Moustapha, un des chefs de l’OLP.
Aussi lorsque surviennent les attentat du 11 septembre 2001, cette rhétorique se fond sans problèmes dans celle de la « guerre au terrorisme ». Ce matin-là d’ailleurs, les médias diffusent une revendication par un groupe palestinien et Israël ferme toutes ses représentations diplomatiques dans le monde. Des images d’une quinzaine de Palestiniens criant leur joie devant les dommages infligés aux Etats-Unis font le tour du monde. Quoi qu’il en soit, la responsabilité palestinienne sera écartée au cours de la journée et les attentats seront attribués à un groupuscule installé en Afghanistan. Pour clore ce chapitre, Yasser Arafat se rendra dans un hôpital donner son sang pour les victimes états-uniennes. Mais l’occasion est trop belle : les dirigeants israéliens multiplient les déclarations de compassion avec les vcitimes en établissant un parallèle entre ce qu’endurent les États-uniens et les Israéliens. Ariel Sharon qualifie l’Autorité palestinienne d’« organisation soutenant le terrorisme », tandis que le porte-parole de la Maison-Blanche souligne qu’Israël a le droit de se défendre. L’amalgame est complet entre Résistance et terrorisme.
Tel-Aviv multiplie les démarches pour isoler « le terroriste » Yasser Arafat. Cependant, les ministre des Affaires étrangères de l’Union européenne réaffirment que le président de l’Autorité palestinienne est un partenaire pour la paix, tandis que Washington maintient ses contacts avec le vieux leader.
Constatant l’impossibilité d’une solution militaire, le général Sharon imagine un plan de redécoupage de la Palestine qui assure la continuité territoriale d’Israël et de ses colonies et qui, au contraire, divise les Territoires palestiniens en deux zones discontinues. Avec discrétion, il débute de grands travaux d’équipement, notamment la construction d’un mur qui marquera la nouvelle frontière. Le plan d’ensemble ne sera dévoilé qu’ultérieurement. Le général Sharon se contente dans un premier temps d’annoncer la création de « zones tampons », taillées dans les Territoires occupés. Simultanément, une association d’anciens officiers mène une campagne de propagande pour une séparation unilatérale des juifs d’avec les arabes. On se dirige vers une forme d’apartheid où Gaza et la Cisjordanie joueront le rôle de Bantoustans.
Pour déplacer les lignes sur le terrain, le cabinet israélien lance l’opération « Mur de protection » (parfois traduite par opération « Rempart ») dont l’intitulé ne sera compris qu’ultérieurement. Tsahal rase une partie de Jénine et assiège la Basilique de la Nativité à Bethléem où l’Église catholique a accordé l’asile à des résistants palestiniens. Le général Sharon désigne Yasser Arafat comme l’« ennemi d’Israël », ce que beaucoup interprètent comme le signal de son élimination imminente. Dans une allocution télévisée solennelle, le Premier ministre israélien déclare : « L’État d‘Israël est en guerre (…) Une guerre sans compromis contre le terrorisme (…) activité coordonnée et dirigée par Yasser Arafat ». Durant cinq mois, les Forces israéliennes assiègent le palais présidentiel à Ramallah et déclarent la ville « zone militaire interdite ». Le vieux leader est cantonné dans quelques pièces, tandis que l’eau et l’électricité sont coupés. Sharon lui offre de partir, « avec un billet sans retour ». À l’issue du siège, levé sous la pression internationale, Arafat restera assigné à résidence dans les ruines du palais présidentiel.
Le prince Abdullah d’Arabie saoudite énonce un plan de paix raisonnable, tenant compte des intérêts des différents protagonistes. Il le présente au sommet de la Ligue arabe à Beyrouth, en l’absence de Yasser Arafat prisonnier à Ramallah, et obtient le soutien des États arabes. George Bush, —qui jouait d’un côté le chaud avec William Burns et Donald Rumsfeld, de l’autre le froid avec Anthony Zini et Colin Powell— sabote le plan de paix arabe. Le 24 juin 2002, il se prononce pour la création d’un État palestinien, mais pose comme préalable le départ volontaire du président Arafat et à la mise en place d’une nouvelle direction palestinienne qui ne soit pas « compromise avec le terrorisme ».
La logique qui va conduire à l’assassinat du vieux leader est désormais en marche. Rien ne pourra l’arrêter.
Washington sollicite en vain ses partenaires du Quartet (ONU, Union européenne, Russie) pour qu’ils appuient le départ d’Arafat. A la suite d’un attentat qui fait 7 morts à Tel-Aviv, le général Sharon ordonne de reprendre le siège du palais présidentiel. Tsahal détruit presque tout le complexe gouvernemental et les dirigeants israéliens ne font pas mystère de vouloir en finir avec leur « ennemi » Arafat. Toute la population palestinienne manifeste en soutien au vieux leader, tandis que le Conseil de sécurité vote la résolution 1435 intimant à Israël de cesser immédiatement cette opération. Tsahal lève le camp.
Des élections anticipées sont convoquées en Israël. Leur résultat renforce le pouvoir d’Ariel Sharon. En composant son nouveau cabinet, il déclare sans détour qu’il va « achever la guerre contre le terrorisme, écarter la direction terroriste et créer les conditions de l’émergence d’une nouvelle direction avec laquelle il sera possible de parvenir à une paix véritable ».
La Russie et la France pressent Arafat de lâcher du lest pour éviter le pire. Le vieux leader consent à créer un poste de Premier ministre et à le confier à une personnalité qui sera acceptée par Tel-Aviv et Washington et pourra discuter avec eux pour rompre l’isolement. Il désigne Mahmoud Abbas. Les deux hommes ont toutes les difficultés à s’accorder pour la formation du gouvernement. Abbas souhaite confier les relations avec les organisations de la Résistance militaire au général Mohammed Dahlan qu’Arafat récuse. En définitive, ils conviennent de nommer Dahlan à la tête de la police.
Quoi qu’il en soit, la formation de ce gouvernement ne change rien. La décision de tuer Arafat a été prise. C’est même le programme officiel du nouveau cabinet Sharon. L’ambassadeur William Burns et le Premier ministre Ariel Sharon organisent une rencontre secrète avec le Premier ministre palestinien Mahmoud Abbas et le futur ministre de l’Intérieur Mohammed Dahlan. Les conjurés mettent au point les détails du crime. Ils conviennent à la fois d’assassiner le vieux leader et les chefs du Hamas, pour que ceux-ci ne puissent pas reprendre le flambeau.
Le Quartet accueille la nomination du nouveau gouvernement palestinien en publiant la « feuille de route ». Le cabinet Sharon approuve publiquement cette démarche, mais transmet en secret à la Maison-Blanche une note explicitant 14 réserves qui vident la « feuille de route » de son sens. Pendant six mois, Mahmoud Abbas participe à de nombreuses rencontres internationales pour mettre en œuvre les recommandations du Quartet et est reçu avec tous les honneurs à la Maison-Blanche. Cependant, il apparaît vite qu’il prend des engagements hors de ses compétences. Il aurait ainsi promis au sommet d’Akaba la fin de la Résistance armée sans contrepartie.
Quoi qu’il en soit, Jacques Chirac est informé du complot. Il alerte son homologue russe, Vladimir Poutine. La France et la Russie proposent au président Arafat de l’évacuer immédiatement de Ramallah et de lui accorder l’asile politique dans le pays de son choix. Le vieux leader décline l’offre. Il sait que s’il quitte la Palestine, il n’y retournera jamais.
Pour garantir sa sécurité, Arafat créé un poste de Conseiller national de sécurité qui empiète sur les prérogatives d’Abbas et de Dahlan. Il le confie à Jibril Rajoub. La tension atteint son paroxysme. Abbas démissionne, emportant Dahlan avec lui.
C’est dans cette période que Mohammed Dahlan a adressé une lettre au ministre israélien de la Défense Shaul Mofaz ; un document dont le double a été retrouvé dans les archives privées de Dahlan lors de sa fuite. Il y écrit : « Soyez certain que les jours de Yasser Arafat sont comptés. Mais laissez-nous l’abattre à notre manière, pas à la vôtre (…) je tiendrai les promesses que j’ai faites devant le président Bush ».
Yasser Arafat nomme Ahmed Qorei Premier ministre. Le cabinet Sharon réplique en adoptant le principe de l’expulsion du président de l’Autorité palestinienne hors de Palestine. Les Palestiniens manifestent à nouveau pour leur leader. La Syrie demande au Conseil de sécurité de l’ONU d’interdire l’expulsion du président Arafat, mais les États-Unis opposent leur veto à ce projet de résolution. Par rétorsion, les avions israéliens survolent le palais présidentiel syrien et bombardent un ancien camp palestinien près de Damas.
En mars 2004, Tsahal assassine cheikh Ahmad Yassine, chef spirituel du Hamas. Ce meurtre ne peut se comprendre que comme la volonté de décapiter la branche musulmane de la Résistance de sorte qu’elle ne puisse prendre la relève lorsque la branche laïque sera elle aussi décapitée. A l’ONU, Washington oppose son veto à une résolution condamnant ce crime. Continuant sur cette lancée, Tsahal assassine le mois suivant Abdel Aziz al-Rantissi, le chef civil du Hamas.
Ariel Sharon se rend à Washington et dévoile le nouveau plan de partage de la Palestine qu’il met en œuvre depuis trois ans. Il insiste sur le fait que la continuité territoriale israélienne exige le démantèlement de colonies trop avancées et indéfendables ; et que les troupes israéliennes se retireront des territoires destinés aux Palestiniens. Il admet le projet de séparation des populations en entités ethniquement homogènes et le tracé complet du mur de séparation. Le président Bush lui donne par écrit le feu vert de Washington et ajoute que, compte tenu de « la nouvelle réalité sur le terrain », le principe de retour aux frontières établies par la communauté internationale est désormais « irréaliste ». Le fait accompli prime sur le droit. Le Conseil de sécurité refusant de condamner les annexions de territoires derrière le mur de séparation, l’Assemblée générale saisit la Cour de La Haye pour qu’elle dise le droit.
A Ramallah, Yasser Arafat craint que le ministre de l’Intérieur du gouvernement Qorei n’ait rejoint le complot. Il décide de le démettre. Ahmed Qorei, se sentant désavoué, présente sa démission. Finalement Arafat renonce. Qorei et son équipe restent, y compris les traitres.
Erreur fatale.
Le 21 octobre 2004, Yasser Arafat est pris de vomissements. Les médecins croient d’abord à une simple grippe. Son état empire rapidement et son système immunitaire est gravement affaibli. Sur proposition de son homologue français, Jacques Chirac, il accepte de quitter la Palestine pour se faire soigner. Il sait que sa vie est en danger et que même s’il en réchappe, il ne retrouvera plus sa terre. Il est pris en charge dans un hôpital militaire spécialisé. Les médecins ne parviennent pas à isoler le poison d’autant que ses assassins lui ont également inoculé le rétrovirus du sida rendant illisibles tous les examens. Il tombe dans le coma. Sa mort est annoncée le 11 novembre 2004 à 3h30 heure de Paris. L’Élysée veille à ce que l’acte de décès stipule que le président de l’Autorité palestinienne est né à Jérusalem.
Le cabinet Sharon s’opposant à l’inhumation à Jérusalem, des obsèques internationales ont lieu au Caire et l’inhumation à Ramallah. Les Collaborateurs qui ont comploté avec l’Occupant pour le tuer vont s’emparer du pouvoir sans tarder.
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