ALGERIE - GOUVERNANCE - RAPPORT
Le rapport d'évaluation de la gouvernance en Algérie, présenté récemment au Forum des chefs d'Etats et de gouvernements du Mécanisme africain d'évaluation par les pairs (MAEP), est "l'un des plus transparents et plus complets", a affirmé dimanche à Alger le ministre délégué chargé des Affaires maghrébines et africaines, M. Abdelkader MESSAHEL.
Le rapport sur la gouvernance en Algérie, "présenté à Accra (Ghana) par Mme Marie-Angélique Savané, la panéliste chargée du dossier Algérie, est l'un des plus transparents et plus complets", a indiqué M. MESSAHEL, en marge d'une rencontre de la commission nationale sur la gouvernance.
Soulignant que ce rapport, de 450 pages, était "très attendu" au vu de la place qu'occupe l'Algérie au sein de l'Afrique, M. MESSAHEL a relevé que le président de la République, M. Abdelaiz BOUTEFLIKA, l'a voulu "le plus transparent, le plus franc et le plus réel possible".
Pour M. MESSAHEL ce rapport, qui fait état de la gouvernance en Algérie dans les domaines politique, économique, d'entreprises et de développement social et économique, a permis d'identifier les "points forts" de la gouvernance en Algérie mais aussi les manques à gagner en la matière.
Dans ce contexte, le ministre a relevé qu'une liste comprenant 21 "bonnes pratiques", touchant aux différents domaines, a été présentée au Forum d'Accra, ajoutant qu'il a été souligné que l'Algérie a aussi des défis qu'elle doit relever tels que la consolidation du processus de la réconciliation nationale, les problèmes liés à la modernisation de l'Etat.
Précisant la publication du rapport ne se fera que dans six mois, tel que convenu dans le cadre du MAEP, M. MESSAHEL a toutefois relevé qu'une synthèse a été rendue publique faisant état de certaines "bonnes pratiques" en l'Algérie, notamment dans le domaines du leadership, basé sur le programme amorcé par le président BOUTEFLIKA, de la question de la réconciliation nationale, de l'éducation, de la santé et des infrastructures.
Les grandes réformes engagées par l'Algérie dans les secteurs de la justice, de la lutte contre la corruption ainsi que celles visant à améliorer les conditions de la femme et de la famille, ont également été mises en exergue dans ce rapport.
A cet effet, l'expérience algérienne ayant permis de réduire le taux de chômage de 29 % à 12 % s'est avérée, selon M. MESSAHEL, "assez intéressante" aux yeux des membres du MAEP, soulignant que ces derniers ont recommandé l'encouragement d'une économie nationale diversifiée et hors des hydrocarbures.
Le rapport de la Banque mondiale faisant état récemment des progrès "extraordinaires" réalisés par l'Algérie dans le domaine de la gouvernance "vient conforter le rapport du panel", a-t-il soutenu.
Selon M. MESSAHEL, il sera question maintenant de mettre en oeuvre "un plan de gouvernance", que l'Algérie a déjà soumis au MAEP, visant à consolider les acquis et à définir les défis à relever notamment en matière de lutte contre le chômage.
"L'application de ce plan, s'étalant sur trois années, incombe au gouvernement", a-t-il encore ajouté.
Par ailleurs, le ministre a affirmé que les ateliers prévus, en novembre prochain en Algérie, à la veille de la 9e session du partenariat pour l'Afrique placé sous le slogan "la bonne gouvernance et le développement", constitueront une occasion de plus pour présenter l'expérience algérienne en matière de bonne gouvernance.
Annonçant que la mission de la Commission nationale sur la gouvernance s'est terminée dimanche, le ministre n'a pas manqué de féliciter, en tant que point focal, le travail "extraordinaire" réalisé par les membres de la commission, ayant constitué, a-t-il dit, une plate-forme pour la mission d'évaluation de la gouvernance en Algérie et l'élaboration du rapport du panel.
Pour sa part, la présidente de la Commission nationale sur la gouvernance, Mme Fatma-Zohra Karadja, a exprimé sa satisfaction quant aux "réactions positifs" des membres du MAEP, au terme de la présentation du rapport d'évaluation de la gouvernance en Algérie, qui ont affirmé que "l'Algérie émerge comme le poids lourd du continent".
80 % des données collectées par la commission ont été intégrées dans le rapport d'évaluation de la gouvernance en Algérie, a relevé Mme Karadja.
Cinq pays ont présenté, jusqu'à présent, leurs rapports d'auto-évaluation à savoir l'Algérie, le Rwanda, l'Afrique du Sud, le Ghana et le Kenya.
L'Algérie a été parmi les premiers pays à adhérer au MAEP, en mars 2003 à Abuja (Nigeria). Cette adhésion s'est traduite concrètement par la désignation du ministre délégué chargé des Affaires maghrébines et africaines, comme point focal, ainsi que par l'installation d'une Commission nationale de la gouvernance (CNG), par le chef du gouvernement, le 12 mars 2005.
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