La Révolution iranienne est la révolution de 1979 qui a transformé l'Iran en république islamique, renversant l'État impérial d'Iran de la dynastie Pahlavi.

Éléments précurseurs de la révolution
En 1953, Mohammad Reza Pahlavi reprend le pouvoir en Iran après avoir fui le pays. Cela est possible en renversant le gouvernement de Mohammad Mossadegh avec l'aide d'une opération clandestine menée par la CIA et le MI6 dont le nom de code est Opération Ajax. Pahlavi maintient de bonnes relations avec les États-Unis, mais son gouvernement est critiqué pour sa corruption et les pratiques violentes de la SAVAK, ce qui provoque des protestations en Iran et suscite la condamnation de nombreux membres de la communauté internationale.
Une forte opposition politique se forme dans de nombreuses franges de la société pendant le règne du Shah. À cet égard, les figures religieuses ont une importance particulière au sein de l'opposition en Iran. Depuis la révolte des Tabacs en 1891, le clergé acquiert progressivement une influence politique autant que religieuse. Alors que cette opposition augmente, le Shah réprime fortement les dissidents.
L'Ayatollah Khomeiny est un des leaders de l'opposition religieuse, qui proclame que le règne du Shah est une tyrannie. Après l'arrestation de Khomeiny, puis son exil d'Iran en 1964, les émeutes menées par les partisans du clergé augmentent. Le Shah choisit fréquemment de répondre à ces émeutes par la violence, arrêtant et tuant les manifestants. On ne sait pas aujourd'hui combien cette campagne de répression a causé de victimes. Le gouvernement Pahlavi donne le chiffre de 86, alors que les exilés iraniens l'estiment en milliers.
En 1963 et 1967, l'économie iranienne croît considérablement, grâce à une augmentation des prix du pétrole ainsi qu'aux exportations d'acier. Mais l'inflation augmente au même rythme.
Faisant face à une opposition grandissante des leaders religieux, rejoints par les propriétaires de petites entreprises en 1975, le Shah tente un nouvel effort pour reprendre le contrôle de la société iranienne. Cet effort consiste à essayer de minimiser le rôle de l'Islam dans la vie de l'empire, en louant à la place les réalisations de la civilisation Perse pré-Islamique. En 1976, le début du calendrier solaire iranien est donc déplacé depuis l'Hégire à l'ascension au trône de Cyrus le Grand. Dans le même temps, les publications marxistes et musulmanes sont fortement censurées.
Le programme de réformes du Shah est connu sous le nom de Révolution blanche. Ce programme abolit aussi le système agraire inégalitaire existant jusque là (ayant par exemple pour conséquences de diminuer la taille des propriétés du clergé, diminuant par là leurs revenus), et accorde le droit de vote aux femmes, auquel le clergé s'oppose parce qu'il y voit une conspiration pour faire éclater la famille.
Conditions pré-révolutionnaires en Iran
La frange la plus pauvre de la population iranienne est aussi la plus religieuse et la plus opposée à l'impérialisme étranger. Les pauvres sont majoritairement ruraux, ou habitent dans des quartiers pauvres des grandes villes, particulièrement à Téhéran. Beaucoup d'entre eux souhaitent un retour au style de vie antérieur. De plus, les réformes du Shah entamées pendant la Révolution blanche ne tiennent pas toutes leurs promesses; la réforme agraire a des ratés et mécontente fortement le clergé chiite et les autres grands propriétaires terriens.
De plus, dans les années qui suivent sa restauration sur le trône en 1953, la position du Shah devient périlleuse. Cela est dû dans une large mesure à ses relations étroites avec l'occident, aux réformes qui n'ont pas réussi pendant la Révolution blanche, à la corruption et à la nature autoritaire de son gouvernement, particulièrement à cause de sa police secrète connue sous le nom de SAVAK (remplacée après la révolution par la "VEVAK"). Une opposition nombreuse au régime du Shah commence à se former, au sein de laquelle existe une opposition laïque et démocratique, composée de trois mouvements différents:
le Front National, composé de notables mossadeghistes et d'intellectuels libéraux urbains ;
l'extrême gauche urbaine (Organisation des moudjahiddines du peuple iranien), groupusculaire ;
le parti communiste iranien (Tudeh) qui avait une base au sein de la population ouvrière.
En octobre 1971, le Shah organise la célébration du 2500e anniversaire de la fondation de l'Empire Perse. Cette célébration se tient sur trois jours à Persépolis, avec plus de 600 invités étrangers. Les cérémonies en costumes d'époque achéménide sont grandioses, et les banquets qui les suivent mobilisent plus de 200 employés, spécialement venus de France à cette occasion. Une polémique dans la presse sur le coût des festivités contribue à ternir encore l'image du Shah.
Premières protestations
En 1977, à la suite de pressions du président des États-Unis Jimmy Carter (qui menace d'arrêter les livraisons d'armes) concernant les droits de l'homme et la liberté politique, plus de 300 prisonniers politiques sont libérés, la censure se relâche, et le système de justice est réformé. Carter fait surtout pression pour la liberté d'association, ce qui entraîne par la suite une multiplication des campagnes pour la liberté d'expression, de la part des intellectuels.
Ce début d'opposition est mené par Mehdi Bazargan et son « Mouvement pour la Liberté de l'Iran ». Ce groupe laïc, libéral, assez proche du Front National de l'Iran de Mohammad Mossadegh, connaît vite un soutien assez significatif en Iran et à l'étranger, notamment en Occident.
Ali Shariati est plus révolutionnaire : ce professeur et philosophe populaire et respecté cherche à obtenir la justice sociale et la démocratie à travers une interprétation moderne de l'Islam. Avant l'ascension de Khomeiny, Shariati est le plus célèbre opposant au Shah. Son meurtre à Londres en 1977 contribue grandement à l'augmentation des tensions. Khomeiny devient alors la figure de proue de la révolution.
Le clergé se divise, certains s'alliant avec les libéraux laïcs, et d'autres avec les marxistes. Khomeiny, alors en exil en Irak, mène une petite faction de l'opposition qui se bat pour la fin du régime et l'établissement d'un état théocratique. Fin 1977, le fils de Khomeiny, Mostafa Khomeiny est retrouvé mort ; Khomeiny en blâme la police secrète du Shah.
Les groupes d'opposants opèrent depuis l'extérieur de l'Iran, principalement depuis Londres, Paris, l'Irak et la Turquie. Les discours des leaders de ces groupes sont introduits clandestinement en Iran afin d'être diffusés à la population.

Éléments précurseurs de la révolution
En 1953, Mohammad Reza Pahlavi reprend le pouvoir en Iran après avoir fui le pays. Cela est possible en renversant le gouvernement de Mohammad Mossadegh avec l'aide d'une opération clandestine menée par la CIA et le MI6 dont le nom de code est Opération Ajax. Pahlavi maintient de bonnes relations avec les États-Unis, mais son gouvernement est critiqué pour sa corruption et les pratiques violentes de la SAVAK, ce qui provoque des protestations en Iran et suscite la condamnation de nombreux membres de la communauté internationale.
Une forte opposition politique se forme dans de nombreuses franges de la société pendant le règne du Shah. À cet égard, les figures religieuses ont une importance particulière au sein de l'opposition en Iran. Depuis la révolte des Tabacs en 1891, le clergé acquiert progressivement une influence politique autant que religieuse. Alors que cette opposition augmente, le Shah réprime fortement les dissidents.
L'Ayatollah Khomeiny est un des leaders de l'opposition religieuse, qui proclame que le règne du Shah est une tyrannie. Après l'arrestation de Khomeiny, puis son exil d'Iran en 1964, les émeutes menées par les partisans du clergé augmentent. Le Shah choisit fréquemment de répondre à ces émeutes par la violence, arrêtant et tuant les manifestants. On ne sait pas aujourd'hui combien cette campagne de répression a causé de victimes. Le gouvernement Pahlavi donne le chiffre de 86, alors que les exilés iraniens l'estiment en milliers.
En 1963 et 1967, l'économie iranienne croît considérablement, grâce à une augmentation des prix du pétrole ainsi qu'aux exportations d'acier. Mais l'inflation augmente au même rythme.
Faisant face à une opposition grandissante des leaders religieux, rejoints par les propriétaires de petites entreprises en 1975, le Shah tente un nouvel effort pour reprendre le contrôle de la société iranienne. Cet effort consiste à essayer de minimiser le rôle de l'Islam dans la vie de l'empire, en louant à la place les réalisations de la civilisation Perse pré-Islamique. En 1976, le début du calendrier solaire iranien est donc déplacé depuis l'Hégire à l'ascension au trône de Cyrus le Grand. Dans le même temps, les publications marxistes et musulmanes sont fortement censurées.
Le programme de réformes du Shah est connu sous le nom de Révolution blanche. Ce programme abolit aussi le système agraire inégalitaire existant jusque là (ayant par exemple pour conséquences de diminuer la taille des propriétés du clergé, diminuant par là leurs revenus), et accorde le droit de vote aux femmes, auquel le clergé s'oppose parce qu'il y voit une conspiration pour faire éclater la famille.
Conditions pré-révolutionnaires en Iran
La frange la plus pauvre de la population iranienne est aussi la plus religieuse et la plus opposée à l'impérialisme étranger. Les pauvres sont majoritairement ruraux, ou habitent dans des quartiers pauvres des grandes villes, particulièrement à Téhéran. Beaucoup d'entre eux souhaitent un retour au style de vie antérieur. De plus, les réformes du Shah entamées pendant la Révolution blanche ne tiennent pas toutes leurs promesses; la réforme agraire a des ratés et mécontente fortement le clergé chiite et les autres grands propriétaires terriens.
De plus, dans les années qui suivent sa restauration sur le trône en 1953, la position du Shah devient périlleuse. Cela est dû dans une large mesure à ses relations étroites avec l'occident, aux réformes qui n'ont pas réussi pendant la Révolution blanche, à la corruption et à la nature autoritaire de son gouvernement, particulièrement à cause de sa police secrète connue sous le nom de SAVAK (remplacée après la révolution par la "VEVAK"). Une opposition nombreuse au régime du Shah commence à se former, au sein de laquelle existe une opposition laïque et démocratique, composée de trois mouvements différents:
le Front National, composé de notables mossadeghistes et d'intellectuels libéraux urbains ;
l'extrême gauche urbaine (Organisation des moudjahiddines du peuple iranien), groupusculaire ;
le parti communiste iranien (Tudeh) qui avait une base au sein de la population ouvrière.
En octobre 1971, le Shah organise la célébration du 2500e anniversaire de la fondation de l'Empire Perse. Cette célébration se tient sur trois jours à Persépolis, avec plus de 600 invités étrangers. Les cérémonies en costumes d'époque achéménide sont grandioses, et les banquets qui les suivent mobilisent plus de 200 employés, spécialement venus de France à cette occasion. Une polémique dans la presse sur le coût des festivités contribue à ternir encore l'image du Shah.
Premières protestations
En 1977, à la suite de pressions du président des États-Unis Jimmy Carter (qui menace d'arrêter les livraisons d'armes) concernant les droits de l'homme et la liberté politique, plus de 300 prisonniers politiques sont libérés, la censure se relâche, et le système de justice est réformé. Carter fait surtout pression pour la liberté d'association, ce qui entraîne par la suite une multiplication des campagnes pour la liberté d'expression, de la part des intellectuels.
Ce début d'opposition est mené par Mehdi Bazargan et son « Mouvement pour la Liberté de l'Iran ». Ce groupe laïc, libéral, assez proche du Front National de l'Iran de Mohammad Mossadegh, connaît vite un soutien assez significatif en Iran et à l'étranger, notamment en Occident.
Ali Shariati est plus révolutionnaire : ce professeur et philosophe populaire et respecté cherche à obtenir la justice sociale et la démocratie à travers une interprétation moderne de l'Islam. Avant l'ascension de Khomeiny, Shariati est le plus célèbre opposant au Shah. Son meurtre à Londres en 1977 contribue grandement à l'augmentation des tensions. Khomeiny devient alors la figure de proue de la révolution.
Le clergé se divise, certains s'alliant avec les libéraux laïcs, et d'autres avec les marxistes. Khomeiny, alors en exil en Irak, mène une petite faction de l'opposition qui se bat pour la fin du régime et l'établissement d'un état théocratique. Fin 1977, le fils de Khomeiny, Mostafa Khomeiny est retrouvé mort ; Khomeiny en blâme la police secrète du Shah.
Les groupes d'opposants opèrent depuis l'extérieur de l'Iran, principalement depuis Londres, Paris, l'Irak et la Turquie. Les discours des leaders de ces groupes sont introduits clandestinement en Iran afin d'être diffusés à la population.



