Serge Alexandrovitch de Russie
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Serge Alexandrovitch de Russie
Serge Alexandrovitch de Russie

Le grand-duc Serge Alexandrovitch (en russe Сергей Александрович Романов), né le 10 mai 1857 à Tsarskoïe Selo et mort le 17 février 1905 à Moscou, fut un membre de la famille impériale de Russie. Il a été grand-duc de Russie, membre du Conseil d'Empire, général de corps d'armée, maire de Moscou, commandant de la région militaire de Moscou, gouverneur général de Moscou lors de la tragédie du champ de Kodynka. Pour le peuple, qui lui attribua le surnom de « prince de la Khodynka », il resta le seul responsable de cette tragédie.
Famille
Il est le cinquième fils et le septième enfant de l’empereur Alexandre II de Russie et de sa femme Marie.
Mariage

Serge Alexandrovitch de Russie épousa en 1884 la princesse Elisabeth de Hesse-Darmstadt dite « Ella », fille du grand-duc Louis IV de Hesse et de la princesse Alice du Royaume-Uni, et sœur aînée de la princesse Alix qui épousa en 1894 l'Empereur Nicolas II. Le couple n'eut pas d'enfant et certains de leurs biographes prétendent que le grand-duc était homosexuel.
Citant comme exemple l'anecdote d'après les Mémoires du ministre des Affaires étrangères, le comte Vladimir Nikolaïevitch Lamsdorf, le sociologue, psychologue et sexologue Igor Semionovitch Kon (1928-) fit valoir que le grand-duc Sergueï Aleksandrovitch de Russie mena un style de vie ouvertement homosexuel. Quant à Frédéric Mitterrand, dans son ouvrage Les Aigles Foudroyés, le définit comme un être atteint de névrose, et de nature perverse. D'après lui, ce mariage ne fut jamais consommé, et ils vécurent comme frère et sœur. Selon l'historienne britannique Virginia Cowles, le grand-duc Sergueï aurait été également porté sur le sadisme
Enfance
Le grand-duc Sergueï Alexandrovitch de Russie naquit dans l'aile Zoubov du Palais Catherine (Екатерининский дворец - Ekaterininsky Dvorets, en russe), à Tsarkoïe Selo, situé à 32 kilomètres de Saint-Pétersbourg.
Il passa les premières années de sa vie en compagnie de son inséparable frère cadet, le grand-duc Paul et de sa sœur Marie à Livadia (résidence d'été de la famille impériale en Crimée), à Tsarkoïe Selo et au Palais d'Hiver de Saint-Pétersbourg. À l'époque de sa naissance, sa mère, la tsarine Marie, était de santé fragile. Bien que l'impératrice fût une mère peu affectueuse, sauf à l'égard de son unique fille, en raison d'une santé déclinante, ses trois plus jeunes enfants Paul, Serge et Marie bénéficièrent de toute son attention.
Les deux frères et la sœur formèrent une communauté fermée au sein de la famille, dès leur plus jeune âge, un étroit lien fraternel se formant entre eux. Enfant, le grand-duc Sergueï fut un petit garçon timide, studieux et introverti. Sous l'influence de sa mère, une personne également très réservée, il devint très pieux.
Au fil des ans, la santé de Marie Alexandrovna déclina, et, afin de fuir le rude climat russe, l'impératrice et ses trois jeunes enfants passèrent de longues périodes à l'étranger, à Darmstadt et Jugenheim, les hivers dans le midi de la France où la tragédie frappa la famille impériale de Russie. En avril 1865, peu avant le huitième anniversaire du grand-duc Sergueï Aleksandrovitch de Russie, son frère aîné et parrain, le tsarévitch Nikolaï Aleksandrovitch de Russie décéda de la tuberculose à Nice.
Dès l'année 1870, le grand-duc Serge et son jeune frère Paul demeurèrent en Russie, afin de poursuivre leurs études. Comme tous les membres masculins de la famille Romanov, les deux jeunes gens étaient destinés à une carrière militaire. Mais le tuteur de Serge, l'amiral Arseniev encouragea les capacités du grand-duc dans les domaines des langues, des arts, et de la musique.
Il parlait couramment plusieurs langues dont bien évidemment le français, langue des cours de l'Europe, et maîtrisait si bien l'italien qu'il pouvait lire Dante dans la langue originale. Son intérêt pour l'art et la culture italienne était d'ailleurs intense. Doué pour la peinture, il possédait également une bonne oreille musicale et jouait de la flûte dans un orchestre amateur. Il aimait réciter des drames, et possédait une grande connaissance de l'Histoire ancienne, de la culture et des traditions de la Russie. Il aimait lire Tolstoï et Dostoïevski, dont il admirait les œuvres.

Le grand-duc Serge Alexandrovitch (en russe Сергей Александрович Романов), né le 10 mai 1857 à Tsarskoïe Selo et mort le 17 février 1905 à Moscou, fut un membre de la famille impériale de Russie. Il a été grand-duc de Russie, membre du Conseil d'Empire, général de corps d'armée, maire de Moscou, commandant de la région militaire de Moscou, gouverneur général de Moscou lors de la tragédie du champ de Kodynka. Pour le peuple, qui lui attribua le surnom de « prince de la Khodynka », il resta le seul responsable de cette tragédie.
Famille
Il est le cinquième fils et le septième enfant de l’empereur Alexandre II de Russie et de sa femme Marie.
Mariage

Serge Alexandrovitch de Russie épousa en 1884 la princesse Elisabeth de Hesse-Darmstadt dite « Ella », fille du grand-duc Louis IV de Hesse et de la princesse Alice du Royaume-Uni, et sœur aînée de la princesse Alix qui épousa en 1894 l'Empereur Nicolas II. Le couple n'eut pas d'enfant et certains de leurs biographes prétendent que le grand-duc était homosexuel.
Citant comme exemple l'anecdote d'après les Mémoires du ministre des Affaires étrangères, le comte Vladimir Nikolaïevitch Lamsdorf, le sociologue, psychologue et sexologue Igor Semionovitch Kon (1928-) fit valoir que le grand-duc Sergueï Aleksandrovitch de Russie mena un style de vie ouvertement homosexuel. Quant à Frédéric Mitterrand, dans son ouvrage Les Aigles Foudroyés, le définit comme un être atteint de névrose, et de nature perverse. D'après lui, ce mariage ne fut jamais consommé, et ils vécurent comme frère et sœur. Selon l'historienne britannique Virginia Cowles, le grand-duc Sergueï aurait été également porté sur le sadisme
Enfance
Le grand-duc Sergueï Alexandrovitch de Russie naquit dans l'aile Zoubov du Palais Catherine (Екатерининский дворец - Ekaterininsky Dvorets, en russe), à Tsarkoïe Selo, situé à 32 kilomètres de Saint-Pétersbourg.
Il passa les premières années de sa vie en compagnie de son inséparable frère cadet, le grand-duc Paul et de sa sœur Marie à Livadia (résidence d'été de la famille impériale en Crimée), à Tsarkoïe Selo et au Palais d'Hiver de Saint-Pétersbourg. À l'époque de sa naissance, sa mère, la tsarine Marie, était de santé fragile. Bien que l'impératrice fût une mère peu affectueuse, sauf à l'égard de son unique fille, en raison d'une santé déclinante, ses trois plus jeunes enfants Paul, Serge et Marie bénéficièrent de toute son attention.
Les deux frères et la sœur formèrent une communauté fermée au sein de la famille, dès leur plus jeune âge, un étroit lien fraternel se formant entre eux. Enfant, le grand-duc Sergueï fut un petit garçon timide, studieux et introverti. Sous l'influence de sa mère, une personne également très réservée, il devint très pieux.
Au fil des ans, la santé de Marie Alexandrovna déclina, et, afin de fuir le rude climat russe, l'impératrice et ses trois jeunes enfants passèrent de longues périodes à l'étranger, à Darmstadt et Jugenheim, les hivers dans le midi de la France où la tragédie frappa la famille impériale de Russie. En avril 1865, peu avant le huitième anniversaire du grand-duc Sergueï Aleksandrovitch de Russie, son frère aîné et parrain, le tsarévitch Nikolaï Aleksandrovitch de Russie décéda de la tuberculose à Nice.
Dès l'année 1870, le grand-duc Serge et son jeune frère Paul demeurèrent en Russie, afin de poursuivre leurs études. Comme tous les membres masculins de la famille Romanov, les deux jeunes gens étaient destinés à une carrière militaire. Mais le tuteur de Serge, l'amiral Arseniev encouragea les capacités du grand-duc dans les domaines des langues, des arts, et de la musique.
Il parlait couramment plusieurs langues dont bien évidemment le français, langue des cours de l'Europe, et maîtrisait si bien l'italien qu'il pouvait lire Dante dans la langue originale. Son intérêt pour l'art et la culture italienne était d'ailleurs intense. Doué pour la peinture, il possédait également une bonne oreille musicale et jouait de la flûte dans un orchestre amateur. Il aimait réciter des drames, et possédait une grande connaissance de l'Histoire ancienne, de la culture et des traditions de la Russie. Il aimait lire Tolstoï et Dostoïevski, dont il admirait les œuvres.
- « Vouloir prouver des choses qui sont claires d'elles-mêmes, c'est éclairer le jour avec une lampe. ». .
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Re: Serge Alexandrovitch de Russie
Premières armes

Dès sa naissance, le grand-duc Sergueï Aleksandrovitch de Russie fut nommé colonel en chef du 38e régiment d'infanterie de Tobolsk. Il devint également colonel du second bataillon de la Garde et vers la fin de sa vie, fut nommé colonel du 5e régiment de grenadiers de Kievsky A son vingtième anniversaire, le 27 avril 1877, il prêta solennellement allégeance au tsar. Un voyage éducatif avait été prévu à la suite, mais il fut retardé en raison de la Guerre russo-turque de 1877-1878. Avec son père et ses frères, le tsarévitch Aleksandr, le grand-duc Vladimir et le grand-duc Alexeï, il prit part à ce conflit.
Il passa la plus grande partie de la guerre dans le sud de la Roumanie, et servit comme poruchik (grade de l'armée impériale de Russie équivalent à celui de lieutenant) dans la Garde impériale, qui était placée sous les ordres du tsarévitch. Il fut promu alors colonel, et le 12 octobre 1877, après la bataille de Meyk, le tsar lui décerna l'Ordre de Saint-Georges, "pour son courage et sa bravoure au combat face à l'ennemi au cours d'une opération de reconnaissance à Kara Loma près de Koshev". En décembre 1877, le grand-duc et son père furent de retour dans la capitale de la Russie impériale.
Vie familiale
Entre-temps, Alexandre II de Russie avait fondé une nouvelle famille avec sa maîtresse, la princesse Ekaterina Mikhaïlovna Dolgoroukova. Frappé par la rupture de l'harmonie familiale, Sergueï demeura avec sa mère. L'impératrice Maria Aleksandrovna décéda le 8 juin 1880, et le 6 juillet 1880, moins d'un mois après le décès de son épouse, le tsar Alexandre II de Russie épousa sa maîtresse.
Lors de l'assassinat de son père, le 1er mars 1881, le grand-duc Sergueï séjournait en Italie avec l'amiral Arseniev et son jeune frère Pavel. Trois mois plus tard, en juin 1881, toujours accompagné de son jeune frère mais également de son cousin le grand-duc Konstantin, Sergueï Aleksandrovitch visita la Palestine, Jérusalem et les Lieux Saints : il participa alors à la création d'une association consacrée à l'entretien des lieux de culte orthodoxe en Terre Sainte et l'offrande de services aux pèlerins russes ; il en devint le président. On pense que ce poste lui donna plus de joie que n'importe laquelle de ses fonctions.
À partir de 1882, la carrière militaire et les manœuvres à Krasnoïe Selo du grand-duc Sergueï lui firent passer la majeure partie de son temps à Saint-Petersbourg. Le 15 janvier 1882, son frère Alexandre III de Russie le nomma commandant du 1er bataillon du régiment de la Garde Préobrajenski, un régiment d'élite fondé par Pierre Ier de Russie, avec le grade de colonel. Sept ans plus tard, Sergueï fut promu au grade de major général. Le 26 février 1891, le grand-duc Sergueï fut élevé au grade d'adjudant général de la Svita (Suite de Sa Majesté Impériale). La même année, son frère lui confia le poste de gouverneur général de Moscou.
Le grand-duc de Russie
À vingt-six ans, le grand-duc Sergueï Aleksandrovitch de Russie était un homme réservé, intelligent, bon et raffiné, d'une grande érudition, de taille élancée accentuée par le port d'un corset, porté à la manière des officiers prussiens. Sa barbe et ses cheveux étaient soigneusement entretenus. Quand Consuelo Vanderbilt, duchesse de Malborough, rencontra le jeune grand-duc à Moscou, elle le considéra comme « l'un des hommes les plus beaux que je n'ai jamais vu » Son beau-frère, Ernest Louis de Hesse-Darmstadt le décrivit comme « grand et blond, aux traits fins et de beaux yeux verts clairs ».
Très gêné, il se tenait très raide avec un regard dur dans les yeux, et avait pour habitude tourner l'une de ses bagues serties autour de son doigt. Il garda ce maintien rigide, et beaucoup de personnes prirent sa réserve pour de l'orgueil, mais peu le connaissaient vraiment. Profondément pieux, il devint un grand connaisseur en antiquités russes et des trésors artistiques ; intéressé par l'archéologie, il assista et présida à plusieurs congrès.
Sa timidité et sa réserve n'empêchèrent pas le grand-duc Sergueï de désapprouver le laxisme de la haute société russe. Il eut beaucoup de mal à faire face à l'opposition et perdait son sang-froid assez facilement. Dans sa maison, il exigea la propreté, l'ordre et la discipline. Sa nièce, la reine de Roumanie Marie de Saxe-Cobourg-Gotha, se souvenait de lui comme : « sec et nerveux, bref en parole, impatient, il n'appréciait pas la bonne humeur plutôt négligente de ses frères aînés. Mais pour nous tous qui l'aimions, on le trouvait irrésistible, car dur il pouvait l'être. Peu d'entre nous chérisse sa mémoire, mais moi je le fais ». De nombreux membres de sa famille dont son neveu, le grand-duc Kirill Vladimirovitch de Russie, la princesse Marie de Grèce et le prince Gavriil Konstantinovitch de Russie se souvinrent tendrement de lui.
Il avait des opinions politique ultra-conservatrices mêlées de piété et de nationalisme. Antisémite convaincu et farouche opposant au mouvement révolutionnaire, il appuya les syndicats gouvernementaux (Zoubatovisme) et l'organisation monarchiste. À l'époque où il était gouverneur de Moscou, des rumeurs circulèrent à son encontre : on disait qu'il aurait torturé lui-même les détenus, et y aurait pris grand plaisir.

Dès sa naissance, le grand-duc Sergueï Aleksandrovitch de Russie fut nommé colonel en chef du 38e régiment d'infanterie de Tobolsk. Il devint également colonel du second bataillon de la Garde et vers la fin de sa vie, fut nommé colonel du 5e régiment de grenadiers de Kievsky A son vingtième anniversaire, le 27 avril 1877, il prêta solennellement allégeance au tsar. Un voyage éducatif avait été prévu à la suite, mais il fut retardé en raison de la Guerre russo-turque de 1877-1878. Avec son père et ses frères, le tsarévitch Aleksandr, le grand-duc Vladimir et le grand-duc Alexeï, il prit part à ce conflit.
Il passa la plus grande partie de la guerre dans le sud de la Roumanie, et servit comme poruchik (grade de l'armée impériale de Russie équivalent à celui de lieutenant) dans la Garde impériale, qui était placée sous les ordres du tsarévitch. Il fut promu alors colonel, et le 12 octobre 1877, après la bataille de Meyk, le tsar lui décerna l'Ordre de Saint-Georges, "pour son courage et sa bravoure au combat face à l'ennemi au cours d'une opération de reconnaissance à Kara Loma près de Koshev". En décembre 1877, le grand-duc et son père furent de retour dans la capitale de la Russie impériale.
Vie familiale
Entre-temps, Alexandre II de Russie avait fondé une nouvelle famille avec sa maîtresse, la princesse Ekaterina Mikhaïlovna Dolgoroukova. Frappé par la rupture de l'harmonie familiale, Sergueï demeura avec sa mère. L'impératrice Maria Aleksandrovna décéda le 8 juin 1880, et le 6 juillet 1880, moins d'un mois après le décès de son épouse, le tsar Alexandre II de Russie épousa sa maîtresse.
Lors de l'assassinat de son père, le 1er mars 1881, le grand-duc Sergueï séjournait en Italie avec l'amiral Arseniev et son jeune frère Pavel. Trois mois plus tard, en juin 1881, toujours accompagné de son jeune frère mais également de son cousin le grand-duc Konstantin, Sergueï Aleksandrovitch visita la Palestine, Jérusalem et les Lieux Saints : il participa alors à la création d'une association consacrée à l'entretien des lieux de culte orthodoxe en Terre Sainte et l'offrande de services aux pèlerins russes ; il en devint le président. On pense que ce poste lui donna plus de joie que n'importe laquelle de ses fonctions.
À partir de 1882, la carrière militaire et les manœuvres à Krasnoïe Selo du grand-duc Sergueï lui firent passer la majeure partie de son temps à Saint-Petersbourg. Le 15 janvier 1882, son frère Alexandre III de Russie le nomma commandant du 1er bataillon du régiment de la Garde Préobrajenski, un régiment d'élite fondé par Pierre Ier de Russie, avec le grade de colonel. Sept ans plus tard, Sergueï fut promu au grade de major général. Le 26 février 1891, le grand-duc Sergueï fut élevé au grade d'adjudant général de la Svita (Suite de Sa Majesté Impériale). La même année, son frère lui confia le poste de gouverneur général de Moscou.
Le grand-duc de Russie
À vingt-six ans, le grand-duc Sergueï Aleksandrovitch de Russie était un homme réservé, intelligent, bon et raffiné, d'une grande érudition, de taille élancée accentuée par le port d'un corset, porté à la manière des officiers prussiens. Sa barbe et ses cheveux étaient soigneusement entretenus. Quand Consuelo Vanderbilt, duchesse de Malborough, rencontra le jeune grand-duc à Moscou, elle le considéra comme « l'un des hommes les plus beaux que je n'ai jamais vu » Son beau-frère, Ernest Louis de Hesse-Darmstadt le décrivit comme « grand et blond, aux traits fins et de beaux yeux verts clairs ».
Très gêné, il se tenait très raide avec un regard dur dans les yeux, et avait pour habitude tourner l'une de ses bagues serties autour de son doigt. Il garda ce maintien rigide, et beaucoup de personnes prirent sa réserve pour de l'orgueil, mais peu le connaissaient vraiment. Profondément pieux, il devint un grand connaisseur en antiquités russes et des trésors artistiques ; intéressé par l'archéologie, il assista et présida à plusieurs congrès.
Sa timidité et sa réserve n'empêchèrent pas le grand-duc Sergueï de désapprouver le laxisme de la haute société russe. Il eut beaucoup de mal à faire face à l'opposition et perdait son sang-froid assez facilement. Dans sa maison, il exigea la propreté, l'ordre et la discipline. Sa nièce, la reine de Roumanie Marie de Saxe-Cobourg-Gotha, se souvenait de lui comme : « sec et nerveux, bref en parole, impatient, il n'appréciait pas la bonne humeur plutôt négligente de ses frères aînés. Mais pour nous tous qui l'aimions, on le trouvait irrésistible, car dur il pouvait l'être. Peu d'entre nous chérisse sa mémoire, mais moi je le fais ». De nombreux membres de sa famille dont son neveu, le grand-duc Kirill Vladimirovitch de Russie, la princesse Marie de Grèce et le prince Gavriil Konstantinovitch de Russie se souvinrent tendrement de lui.
Il avait des opinions politique ultra-conservatrices mêlées de piété et de nationalisme. Antisémite convaincu et farouche opposant au mouvement révolutionnaire, il appuya les syndicats gouvernementaux (Zoubatovisme) et l'organisation monarchiste. À l'époque où il était gouverneur de Moscou, des rumeurs circulèrent à son encontre : on disait qu'il aurait torturé lui-même les détenus, et y aurait pris grand plaisir.
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Re: Serge Alexandrovitch de Russie
Recherche d'une compagne

La grand-duc Sergueï Aleksandrovitch de Russie et son épouse
la grande-duchesse Élisabeth Fiodorovna surnommée « Ella »
En 1881, des rumeurs circulèrent à propos d'un éventuel mariage entre la princesse Clotilde Mathilde de Schleswig-Holstein-Sonderbourg-Augustenbourg (1860-1932), la seconde fille de Frédéric VIII de Schleswig-Holstein-Sonderbourg-Augustenbourg. Alexandre II de Russie souhaitant qu'un de ses fils épouse une princesse de Hesse comme lui, le grand-duc Sergueï Aleksandrovitch de Russie demanda finalement à épouser la princesse Elisabeth de Hesse-Darmstadt, la seconde fille du grand-duc Louis IV de Hesse et d'Alice de Saxe-Cobourg-Gotha.
« Ella » comme elle fut appelée par ses proches était la sœur aînée du grand-duc Ernest-Louis de Hesse-Darmstadt, et de la future impératrice de Russie et future épouse de Nicolas II de Russie, Alix de Hesse et du Rhin. Le grand-duc et la princesse de Hesse étant cousins germains, les deux familles hésitèrent.
Tout d'abord, Élisabeth de Hesse-Darmstadt refusa l'offre de mariage ; la reine Victoria du Royaume-Uni, la grand-mère d'« Ella » nourrissant des sentiments anti-russes, elle s'opposa à l'union du grand-duc et de sa petite-fille orpheline de mère. Néanmoins, les sœurs de la princesse allemande exercèrent une pression sur Élisabeth en vue d'un mariage politique ; toutefois, il lui fut laissé le libre choix.
Le couple séjourna ensemble pendant quelque temps à Wolfgasten à Darmstadt, en septembre 1883, la princesse Élisabeth accepta d'épouser le grand-duc Sergueï Aleksandrovitch de Russie. Leurs fiançailles furent annoncés publiquement le 26 février 1884, puis le grand-duc revint à Darmstadt rendre visite à sa jeune fiancée. Le mariage fut célébré au Palais d'Hiver à Saint-Pétersbourg le 15 juin 1884. Après le mariage et la conversion à la foi orthodoxe russe, la princesse Élisabeth de Hesse-Darmstadt devint la grande-duchesse Élizaveta Fiodorovna.
Vie maritale
Le jeune couple passa sa lune de miel à Ilinskoïe, résidence d'été d'une superficie de 2400 acres ((9,7 km²) à quarante miles à l'ouest de Moscou, dont Sergueï avait hérité de sa mère ; cette propriété était située sur la rive gauche de la Moskva, à quatre-vingt-dix minutes en train de Moscou. De retour dans la capitale, le couple s'installa dans une demeure située dans l'angle au sud-est du canal de Fontaka et de la perspective Nevski, un court trajet en voiture séparant les appartements du Palais d'Hiver. Le manoir Biélosselsky Belozerzky fut alors acquis par le grand-duc pour s'y établir avec sa jeune épouse ; par la suite le grand-duc le nomma Palais Sergueïevsky. Le grand-duc et son épouse avaient également une villa à Peterhof, bien également hérité de la défunte impératrice[17]. Chaque année, en août, le couple se rendait dans leur résidence d'été d'Ilinskoïe, leurs invités occupant des datchas construites à divers endroits du parc : sur la rive opposée de la Moskva, le grand-duc avait construit une grande maison à trois étages, faite de pierres et de briques, dotée d'un système de chauffage.
Sergueï Aleksandrovitch de Russie et son épouse furent très proches du tsar Alexandre III de Russie et de son épouse Maria Fiodorovna. L'empereur eut plus confiance en lui qu'en ses autres frères : en 1886, le tsar le nomma commandant du régiment des gardes Preobrajensky, et lui confia également la tâche d'introduire le tsarévitch Nikolaï Aleksandrovitch de Russie dans l'armée. En 1887, lors du jubilé de la reine Victoria Ire du Royaume-Uni, Sergueï et son épouse réprésentèrent la Russie impériale.
En 1888, à l'occasion de la consécration de l'église Sainte Marie-Madeleine construite à Jérusalem en mémoire de l'impératrice Maria Aleksandrovna, le couple se rendit en Terre Sainte. En 1892, après six ans de mariage, le grand-duc déjà certain de ne pas avoir de descendance, laissa un testament dans lequel il légua ses biens à son frère Pavel et à ses enfants.
Gouverneur de Moscou
Avec l'augmentation des activités d'éléments radicaux, en particulier dans le milieu estudiantin de Moscou, Alexandre III de Russie adopta une politique répressive : pour cela, l'empereur choisit une personne partageant ses idées pour administrer l'ancienne capitale et la deuxième ville de la Russie impériale. Au printemps de 1891, le tsar nomma donc son frère cadet, le grand-duc Sergueï Aleksandrovitch de Russie, gouverneur général de Moscou. Bien que ce fut un grand honneur, le grand-duc accepta ce poste avec réticence, ayant espéré conserver plus longtemps son commandement au régiment Preobrajensky : au sein de celui-ci, il bénéficiait d'une grande popularité. En outre, le grand-duc et son épouse appréciaient leur vie tranquille à Saint-Pétersbourg.
Dans son rôle de gouverneur de la principauté de Moscou, le grand-duc Sergueï Aleksandrovitch de Russie était seul responsable de ses actes devant l'empereur. Il partageait les convictions intransigeantes de son frère aîné, et ses vues à propos d'un gouvernement fort et nationaliste. Sa priorité fut l'expulsion de 20 000 juifs de la ville de la Moscou, qui débuta quatre semaines avant l'arrivée du grand-duc, après la publication du ministre de l'Intérieur Ivan Nikolaïevitch Dournovo, d'un oukase impérial : les juifs de basse extraction sociale (artisans, petits commerçants,etc...) seront dans l'obligation de quitter la ville de Moscou.
Expulsion des Juifs
Le 29 mars, premier jour de la Pâques juive, la population juive de la ville prit connaissance du nouveau décret les expulsant de la vill. En trois phases soigneusement planifiées sur douze mois, les Juifs de Moscou furent expulsés. Les premiers à quitter la ville furent les célibataires, sans enfants, ceux résidant dans la ville depuis moins de trois ans. Puis vint le tour des apprentis, des familles de quatre enfants et de ceux résidant depuis moins de six ans à Moscou.
Les derniers expulsés furent les vieux colons avec familles nombreuses, et de nombreux employés dont certains avaient vécu plus de quarante ans à Moscou. Les jeunes femmes juives désirant demeurer à Moscou en reçurent l'autorisation, mais furent enregistrées en tant que prostituées. Au cours de l'expulsion, les maisons furent entourées par des troupes de cosaques, tandis que les policiers les saccagèrent.
En janvier 1892, à une température de 30 ° en dessous de zéro, des Juifs de tout âge et des deux sexes furent entassés dans la gare de Brest, vêtements en lambeaux, possédant peu de biens ; ils préfèrèrent rester plutôt que d'être déportés. Par une pétition, les commissaires de police demandèrent au gouverneur Sergueï de cesser les expulsions jusqu'à l'amélioration des conditions météorologiques.
Le gouverneur de Moscou accepta, mais cet ordre ne fut publié qu'après la fin des expulsions. Certains Juifs furent déplacés vers le régions méridionales et occidentales de l'Empire russe, mais nombreux furent ceux qui prirent la décision d'émigrer. La ville de Moscou perdit 100 000 millions de roubles dans le commerce et la fabrication ; 25 000 russes employés dans des entreprises juives perdirent leur emploi. Quant à l'industrie de la soie, l'une des industries les plus productives de la ville, elle disparut complètement.
Une politique critiquée
Pour répondre aux besoins des étudiants, le grand-duc Sergueï Alekandrovitch de Russie fit construire de nouveaux dortoirs à Moscou. Dans le même temps, à l'intérieur des universités, dans le cadre de la politique nationale contre les complots et les idées révolutionnaires, il imposa des restrictions aux étudiants et aux professeurs. Malgré l'approbation des milieux conservateurs, ces mesures restrictives le rendirent très impopulaire auprès de l'intelligentsia de Moscou.
Dans sa lutte contre la fraude et l'application des strictes mesures de la police, par sa maladresse et son manque de tact, le grand-duc s'attira le mépris de la noblesse moscovite et des commerçants. Néanmoins, extrêmement conscencieux dans l'exercice de ses fonctions, il améliora sensiblement les conditions de vie dans la ville. « Même à la campagne où il était censé se reposer », se souvenait sa nièce, « il recevait constamment du courrier de Moscou et accordait audience ».
Il accordait beaucoup d'attention aux détails, s'occupant personnellement des punitions concernant la corruption et la fraude, qui auraient pu être facilement laissés aux subalternes. Parfois, il se rendait en ville incognito afin de vérifier la situation par lui-même. Dans sa vie privée, le grand-duc et son épouse se préoccupèrent de la pauvreté dans la campagne environnante de Moscou, et s'entretinrent sur le moyen d'améliorer la situation.
Les organisations caritatives bénéficièrent toujours de la plus grande attention du grand-duc Sergueï : il en devint d'ailleurs soit président, soit membre de la direction de plus d'une dizaine d'entre elles. Il fut par exemple président de la Société Moscovite pour les soins, l'éducation et la formation des enfants aveugles, de la Société pour les enfants abandonnés et sans foyer, les adolescents condamnés, et du Département de Moscou de la protection nationale russe de la santé. En outre, il dirigea plusieurs confréries très diverses comme les Universités de Moscou et de Saint-Petersbourg, le fond d'aide des peintres, l'organisation des soins pour les acteurs âgés, l'Académie des Arts et des Sciences, la Société archéologique de Moscou, la Société d'Agriculture, la Société musicale de Moscou, le Musée historique de Moscou et l'Académie théologique de Moscou.
En 1892, à l'initiative du grand-duc, une galerie de portraits des anciens gouverneurs généraux de Moscou vit le jour.

La grand-duc Sergueï Aleksandrovitch de Russie et son épouse
la grande-duchesse Élisabeth Fiodorovna surnommée « Ella »
En 1881, des rumeurs circulèrent à propos d'un éventuel mariage entre la princesse Clotilde Mathilde de Schleswig-Holstein-Sonderbourg-Augustenbourg (1860-1932), la seconde fille de Frédéric VIII de Schleswig-Holstein-Sonderbourg-Augustenbourg. Alexandre II de Russie souhaitant qu'un de ses fils épouse une princesse de Hesse comme lui, le grand-duc Sergueï Aleksandrovitch de Russie demanda finalement à épouser la princesse Elisabeth de Hesse-Darmstadt, la seconde fille du grand-duc Louis IV de Hesse et d'Alice de Saxe-Cobourg-Gotha.
« Ella » comme elle fut appelée par ses proches était la sœur aînée du grand-duc Ernest-Louis de Hesse-Darmstadt, et de la future impératrice de Russie et future épouse de Nicolas II de Russie, Alix de Hesse et du Rhin. Le grand-duc et la princesse de Hesse étant cousins germains, les deux familles hésitèrent.
Tout d'abord, Élisabeth de Hesse-Darmstadt refusa l'offre de mariage ; la reine Victoria du Royaume-Uni, la grand-mère d'« Ella » nourrissant des sentiments anti-russes, elle s'opposa à l'union du grand-duc et de sa petite-fille orpheline de mère. Néanmoins, les sœurs de la princesse allemande exercèrent une pression sur Élisabeth en vue d'un mariage politique ; toutefois, il lui fut laissé le libre choix.
Le couple séjourna ensemble pendant quelque temps à Wolfgasten à Darmstadt, en septembre 1883, la princesse Élisabeth accepta d'épouser le grand-duc Sergueï Aleksandrovitch de Russie. Leurs fiançailles furent annoncés publiquement le 26 février 1884, puis le grand-duc revint à Darmstadt rendre visite à sa jeune fiancée. Le mariage fut célébré au Palais d'Hiver à Saint-Pétersbourg le 15 juin 1884. Après le mariage et la conversion à la foi orthodoxe russe, la princesse Élisabeth de Hesse-Darmstadt devint la grande-duchesse Élizaveta Fiodorovna.
Vie maritale
Le jeune couple passa sa lune de miel à Ilinskoïe, résidence d'été d'une superficie de 2400 acres ((9,7 km²) à quarante miles à l'ouest de Moscou, dont Sergueï avait hérité de sa mère ; cette propriété était située sur la rive gauche de la Moskva, à quatre-vingt-dix minutes en train de Moscou. De retour dans la capitale, le couple s'installa dans une demeure située dans l'angle au sud-est du canal de Fontaka et de la perspective Nevski, un court trajet en voiture séparant les appartements du Palais d'Hiver. Le manoir Biélosselsky Belozerzky fut alors acquis par le grand-duc pour s'y établir avec sa jeune épouse ; par la suite le grand-duc le nomma Palais Sergueïevsky. Le grand-duc et son épouse avaient également une villa à Peterhof, bien également hérité de la défunte impératrice[17]. Chaque année, en août, le couple se rendait dans leur résidence d'été d'Ilinskoïe, leurs invités occupant des datchas construites à divers endroits du parc : sur la rive opposée de la Moskva, le grand-duc avait construit une grande maison à trois étages, faite de pierres et de briques, dotée d'un système de chauffage.
Sergueï Aleksandrovitch de Russie et son épouse furent très proches du tsar Alexandre III de Russie et de son épouse Maria Fiodorovna. L'empereur eut plus confiance en lui qu'en ses autres frères : en 1886, le tsar le nomma commandant du régiment des gardes Preobrajensky, et lui confia également la tâche d'introduire le tsarévitch Nikolaï Aleksandrovitch de Russie dans l'armée. En 1887, lors du jubilé de la reine Victoria Ire du Royaume-Uni, Sergueï et son épouse réprésentèrent la Russie impériale.
En 1888, à l'occasion de la consécration de l'église Sainte Marie-Madeleine construite à Jérusalem en mémoire de l'impératrice Maria Aleksandrovna, le couple se rendit en Terre Sainte. En 1892, après six ans de mariage, le grand-duc déjà certain de ne pas avoir de descendance, laissa un testament dans lequel il légua ses biens à son frère Pavel et à ses enfants.
Gouverneur de Moscou
Avec l'augmentation des activités d'éléments radicaux, en particulier dans le milieu estudiantin de Moscou, Alexandre III de Russie adopta une politique répressive : pour cela, l'empereur choisit une personne partageant ses idées pour administrer l'ancienne capitale et la deuxième ville de la Russie impériale. Au printemps de 1891, le tsar nomma donc son frère cadet, le grand-duc Sergueï Aleksandrovitch de Russie, gouverneur général de Moscou. Bien que ce fut un grand honneur, le grand-duc accepta ce poste avec réticence, ayant espéré conserver plus longtemps son commandement au régiment Preobrajensky : au sein de celui-ci, il bénéficiait d'une grande popularité. En outre, le grand-duc et son épouse appréciaient leur vie tranquille à Saint-Pétersbourg.
Dans son rôle de gouverneur de la principauté de Moscou, le grand-duc Sergueï Aleksandrovitch de Russie était seul responsable de ses actes devant l'empereur. Il partageait les convictions intransigeantes de son frère aîné, et ses vues à propos d'un gouvernement fort et nationaliste. Sa priorité fut l'expulsion de 20 000 juifs de la ville de la Moscou, qui débuta quatre semaines avant l'arrivée du grand-duc, après la publication du ministre de l'Intérieur Ivan Nikolaïevitch Dournovo, d'un oukase impérial : les juifs de basse extraction sociale (artisans, petits commerçants,etc...) seront dans l'obligation de quitter la ville de Moscou.
Expulsion des Juifs
Le 29 mars, premier jour de la Pâques juive, la population juive de la ville prit connaissance du nouveau décret les expulsant de la vill. En trois phases soigneusement planifiées sur douze mois, les Juifs de Moscou furent expulsés. Les premiers à quitter la ville furent les célibataires, sans enfants, ceux résidant dans la ville depuis moins de trois ans. Puis vint le tour des apprentis, des familles de quatre enfants et de ceux résidant depuis moins de six ans à Moscou.
Les derniers expulsés furent les vieux colons avec familles nombreuses, et de nombreux employés dont certains avaient vécu plus de quarante ans à Moscou. Les jeunes femmes juives désirant demeurer à Moscou en reçurent l'autorisation, mais furent enregistrées en tant que prostituées. Au cours de l'expulsion, les maisons furent entourées par des troupes de cosaques, tandis que les policiers les saccagèrent.
En janvier 1892, à une température de 30 ° en dessous de zéro, des Juifs de tout âge et des deux sexes furent entassés dans la gare de Brest, vêtements en lambeaux, possédant peu de biens ; ils préfèrèrent rester plutôt que d'être déportés. Par une pétition, les commissaires de police demandèrent au gouverneur Sergueï de cesser les expulsions jusqu'à l'amélioration des conditions météorologiques.
Le gouverneur de Moscou accepta, mais cet ordre ne fut publié qu'après la fin des expulsions. Certains Juifs furent déplacés vers le régions méridionales et occidentales de l'Empire russe, mais nombreux furent ceux qui prirent la décision d'émigrer. La ville de Moscou perdit 100 000 millions de roubles dans le commerce et la fabrication ; 25 000 russes employés dans des entreprises juives perdirent leur emploi. Quant à l'industrie de la soie, l'une des industries les plus productives de la ville, elle disparut complètement.
Une politique critiquée
Pour répondre aux besoins des étudiants, le grand-duc Sergueï Alekandrovitch de Russie fit construire de nouveaux dortoirs à Moscou. Dans le même temps, à l'intérieur des universités, dans le cadre de la politique nationale contre les complots et les idées révolutionnaires, il imposa des restrictions aux étudiants et aux professeurs. Malgré l'approbation des milieux conservateurs, ces mesures restrictives le rendirent très impopulaire auprès de l'intelligentsia de Moscou.
Dans sa lutte contre la fraude et l'application des strictes mesures de la police, par sa maladresse et son manque de tact, le grand-duc s'attira le mépris de la noblesse moscovite et des commerçants. Néanmoins, extrêmement conscencieux dans l'exercice de ses fonctions, il améliora sensiblement les conditions de vie dans la ville. « Même à la campagne où il était censé se reposer », se souvenait sa nièce, « il recevait constamment du courrier de Moscou et accordait audience ».
Il accordait beaucoup d'attention aux détails, s'occupant personnellement des punitions concernant la corruption et la fraude, qui auraient pu être facilement laissés aux subalternes. Parfois, il se rendait en ville incognito afin de vérifier la situation par lui-même. Dans sa vie privée, le grand-duc et son épouse se préoccupèrent de la pauvreté dans la campagne environnante de Moscou, et s'entretinrent sur le moyen d'améliorer la situation.
Les organisations caritatives bénéficièrent toujours de la plus grande attention du grand-duc Sergueï : il en devint d'ailleurs soit président, soit membre de la direction de plus d'une dizaine d'entre elles. Il fut par exemple président de la Société Moscovite pour les soins, l'éducation et la formation des enfants aveugles, de la Société pour les enfants abandonnés et sans foyer, les adolescents condamnés, et du Département de Moscou de la protection nationale russe de la santé. En outre, il dirigea plusieurs confréries très diverses comme les Universités de Moscou et de Saint-Petersbourg, le fond d'aide des peintres, l'organisation des soins pour les acteurs âgés, l'Académie des Arts et des Sciences, la Société archéologique de Moscou, la Société d'Agriculture, la Société musicale de Moscou, le Musée historique de Moscou et l'Académie théologique de Moscou.
En 1892, à l'initiative du grand-duc, une galerie de portraits des anciens gouverneurs généraux de Moscou vit le jour.
- « Vouloir prouver des choses qui sont claires d'elles-mêmes, c'est éclairer le jour avec une lampe. ». .
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