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Les grandes puissances se disputent le gâteau libyen

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Sujet / Message Les grandes puissances se disputent le gâteau libyen

Message par Syfou le Mar 22 Mar - 0:57

La coalition entre en zone de turbulences

Les bombardements lancés dans le cadre de l'opération "Aube de l'Odyssée" sont loin de faire l'unanimité. Après les critiques de la Ligue arabe et du Premier ministre russe, c'est au sein de la coalition que des dissensions se font sentir.

Alors que l'opération militaire lancée sur la Libye semblait se dérouler sans véritable difficulté, du côté des tractations diplomatiques, l'ambiance est plutôt à la dissonance. L'orage, qui menaçait depuis des jours au sein de l'Otan, a fini par éclater lundi, la France refusant que l'alliance remplace la coalition internationale en Libye et la Turquie rejetant l'idée de lui donner carte blanche pour imposer une zone d'exclusion aérienne. Auparavant, la ligue Arabe, puis le Premier ministre russe Vladimir Poutine ont fait part de leurs critiques à l'encontre de l'opération militaire entamée samedi.

Ca tangue du côté de l'Otan


Au cours d'une réunion, les ambassadeurs d'une majorité des 28 pays membres ont confirmé leur souhait que l'alliance relaie au plus tôt la coalition qui a lancé la campagne de bombardements samedi, selon les diplomates. Mais Paris, bien qu'assez isolé, renâcle devant ce qu'impliquerait un tel affichage : si l'Otan dirige l'intervention, les pays arabes ne voudront pas s'y rallier et, pire, finiront par la dénoncer, répète la France.

Y a-t-il un commandant à bord ?

Actuellement, les opérations de la coalition emmenées par les Etats-Unis, la France et la Grande-Bretagne, sont nationales et coordonnées par les QG américains de Ramstein (ouest de l'Allemagne) et Naples (sud de l'Italie). Le président américain Barack Obama a assuré pour sa part que "l'Otan jouera un rôle" dans un délai "de jours, non de semaines". "L'Otan sera impliquée dans une fonction de coordination en raison de l'extraordinaire capacité de cette alliance", a précisé le président américain depuis le Chili où il est en visite. Le Premier ministre britannique, David Cameron, s'est prononcé lundi devant le Parlement pour que l'Otan prenne "au bout d'un moment" les commandes, tout en évoquant la possibilité qu'un officier britannique, américain ou français soit nommé à la tête de l'opération. Le chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi a demandé lui aussi lundi soir que l'Otan prenne en main les commandes.

La France n'est pas encore dans ces dispositions. Le ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé, à l'issue de la réunion de l'UE, a observé que "l'Otan était disposé à venir en soutien de la coalition dans quelques jours", semblant réserver un rôle complémentaire et non central à l'alliance. La position française est ainsi décryptée par un responsable militaire: "Il faut trouver une formule permettant de recourir aux moyens de l'Otan sans que son drapeau n'apparaisse".

La Norvège laisse ses avions au hangar

Témoignant de la tension grandissante, la Norvège a annoncé qu'elle "suspendait" la participation aux opérations de ses avions F-16 arrivés en Italie puis repartis en Crète, "à une clarification du commandement". L'Italie a placé la barre encore plus haut. Son ministre des Affaires étrangères, Franco Frattini, a lâché que si la question n'était pas réglée, son pays reprendrait le contrôle des bases qu'elle a mises à la disposition de la coalition. Autre point de dissension, l'Allemagne et surtout la Turquie, ne veulent pas que l'Otan, si elle devait finalement intervenir, bombarde à son tour comme la coalition l'a fait depuis 48 heures.

Poutine parle de croisade

Auparavant, preuve de l'absence de consensus dans la communauté internationale, le Premier ministre russe Vladimir Poutine y est allé de sa pique, affirmant que l'opération menée au-dessus de la Libye était une "croisade". Le président russe, Dmitri Medvedev a par ailleurs vertement tancé son Premier ministre. L'emploi du terme "croisade" à propos de l'intervention militaire en Libye est inacceptable, a-t-il estimé. Vladimir Poutine a comparé la résolution 1973 des Nations unies instaurant une zone d'exclusion aérienne et autorisant une opération militaire en Libye aux appels à la croisade du Moyen-Âge. "La résolution est déficiente et imparfaite", avait également dit Vladimir Poutine.

La Ligue arabe critique l'opération

L'intervention, autorisée par le Conseil de sécurité de l'ONU pour protéger les populations civiles prises au piège des affrontements entre les forces fidèles à Kadhafi et les rebelles, a été également critiquée par le secrétaire général de la Ligue arabe, dont la caution est essentielle pour l'Occident. Amr Moussa a dénoncé des bombardements "qui ont provoqué la mort et les blessures de nombreux civils libyens" et il a convoqué une réunion extraordinaire de l'organisation. Un porte-parole de la rébellion a aussitôt critiqué la position du diplomate égyptien, affirmant que plus de 8000 insurgés avaient été tués depuis le début de l'insurrection à la mi-février.

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Sujet / Message Re: Les grandes puissances se disputent le gâteau libyen

Message par Syfou le Mar 22 Mar - 1:03

Berlusconi souhaite que l'Otan prenne le commandement des opérations

ROME - Le chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi a demandé lundi soir que l'Otan prenne en main le commandement des opérations de la coalition internationale en Libye, au cours d'une conférence de presse à Turin, dans le nord de l'Italie.

"Nous souhaitons que le commandement des opérations passe
à l'Otan et qu'il y ait une coordination différente de celle qui existe actuellement", a-t-il dit
, cité par les agences italiennes.

Le chef du gouvernement a également assuré que les avions italiens "ne tirent pas et ne tireront pas", se limitant à patrouiller pour assurer la zone d'exclusion aérienne ("no fly zone") décidée par l'ONU. Des pilotes de chasse italiens ont cependant affirmé dans la matinée avoir réalisé "avec succès" leur mission visant à détruire la DCA des troupes fidèles de Mouammar Kadhafi dans la région de Benghazi.

"Nous vivons des moments particuliers et nous avons dû souligner encore une fois ces dernières heures qu'il est essentiel pour nous de définir clairement les objectifs de la mission en Libye dans le cadre de la résolution de l'ONU: no-fly zone, instauration de l'embargo et protection des civils", a ajouté M. Berlusconi, selon la même source.

Plus tôt dans la journée, le chef de la diplomatie italienne Franco Frattini avait plaidé à Bruxelles pour que l'Otan prenne le commandement de l'opération militaire en Libye faute de quoi, a-t-il laissé entendre, Rome pourrait ne plus autoriser l'usage des bases italiennes.

"Si l'Otan n'assure pas rapidement la coordination des opérations militaires, nous devrons étudier un moyen pour que l'Italie assume elle-même la responsabilité du contrôle des bases" situées sur son territoire, a dit M. Frattini à l'issue d'une réunion des ministres européens des Affaires étrangères consacrée à la Libye.

"C'est l'Otan qui doit prendre l'initiative", a insisté M. Frattini, en regrettant que chaque pays de la coalition agisse, selon lui, sans en informer ses partenaires. "Tous les membres de la coalition ont besoin de savoir ce que font les autres et l'Otan a l'expérience pour ça", a-t-il dit.

Dans la soirée, M. Frattini a précisé que si un accord en ce sens n'était pas atteint au sein de l'Otan, l'Italie envisagerait "un commandement national séparé pour gérer les opérations militaires".

"Si un accord n'était pas atteint entre les pays alliés sur cette option, l'Italie envisagerait l'idée d'instituer son propre commandement national séparé pour gérer les activités de commandement et de contrôle de toutes les opérations militaires en application de la résolution 1973 qui prévoient l'utilisation des sept bases que notre pays a mises à disposition pour la mission en question", indique un communiqué.

Plusieurs pays de l'Otan, comme la Turquie ou la France, refusent à ce stade que l'organisation soit en première ligne de l'intervention en Libye, de crainte de s'aliéner les pays arabes.

AFP



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