Affaire des «fadettes»: (France )
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Affaire des «fadettes»: (France )
Affaire des «fadettes»
Chronologie - L'affaire des "fadettes"
L'affaire des "fadettes" comprend tous les ingrédients du roman d'espionnage.
Source AFP
Services secrets, journalistes espionnés, magistrat puni, procureur convoqué en vue de sa mise en examen : l'affaire dite des "fadettes", du nom des factures téléphoniques détaillées, comprend tous les ingrédients du roman d'espionnage. En voici les principales étapes.
18-19 juillet 2010 - Le Monde révèle le contenu des déclarations à la police de Patrice de Maistre, le gestionnaire de fortune de Liliane Bettencourt, qui y met en difficulté Éric Woerth, ministre du Budget, puis du Travail, de Nicolas Sarkozy. Le Monde expliquera plus tard que la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) a adressé ensuite des réquisitions classées "confidentiel" à l'opérateur Orange. La première réquisition réclame les factures détaillées liées au portable du journaliste du Monde Gérard Davet, entre le 12 et le 16 juillet 2010. La seconde réquisition concerne la liste des appels passés par David Sénat, conseiller pénal de la garde des Sceaux, Michèle Alliot-Marie, soupçonné d'être la "source" du Monde.
26 juillet - David Sénat est informé par sa hiérarchie que les services secrets ont la certitude qu'il a communiqué au Monde des pièces de procédure dans l'affaire Bettencourt, selon son récit dans le livre paru en août 2011 Sarko m'a tuer. Il est déchargé de ses fonctions.
1er septembre - Le procureur de Nanterre, Philippe Courroye, ouvre une enquête préliminaire pour violation du secret de l'enquête dans l'affaire Bettencourt après d'autres révélations du Monde sur une perquisition en cours chez Liliane Bettencourt.
13 septembre - Le directeur général de la police nationale (DGPN), Frédéric Péchenard, déclare que la DCRI a vérifié un renseignement sur des fuites dans la presse sur l'affaire Bettencourt et saisi le parquet le 2 septembre.
20 septembre - Le Monde et Gérard Davet portent plainte contre X pour violation du secret des sources après l'article sur les déclarations de Patrice de Maistre.
3 novembre - Le Monde dépose une plainte pour violation du secret des sources après l'article sur la perquisition chez Mme Bettencourt.
11 janvier 2011 - Le parquet de Paris classe sans suite la plainte du Monde concernant le volet de Maistre. Le Monde dépose une nouvelle plainte avec constitution de partie civile.
24 février - Le Monde porte plainte de nouveau avec constitution de partie civile pour violation du secret des sources après l'article sur la perquisition chez Liliane Bettencourt.
13 mai - Une information judiciaire est ouverte pour "atteinte au secret des correspondances par personne dépositaire de l'autorité publique dans l'exercice de ses fonctions". Elle est confiée à la juge Sylvia Zimmermann.
1er septembre - Le Monde révèle que la juge Zimmermann a la preuve que la DCRI a effectué une recherche des facturations détaillées d'appels téléphoniques de Gérard Davet en juillet 2010 et de David Sénat.
9 septembre - Frédéric Péchenard confirme avoir demandé "d'identifier" la source d'un journaliste du Monde dans l'affaire Bettencourt.
28 septembre - Philippe Courroye est convoqué par la juge Zimmermann en vue de sa mise en examen pour avoir ordonné l'analyse des relevés téléphoniques pour identifier les sources du Monde.
http://lepoint.fr
Des fadettes qui mettent le feu

Cerise sur le gâteau pour un François Hollande comblé. lundi, il a été le premier à réagir et à s’indigner sur le plateau de TF1. Bernard Squarcini, patron de la Direction Centrale du Renseignement Intérieur (DCRI), venait d’être mis en examen dans l’affaire d’espionnage téléphonique d’un journaliste du Monde enquêtant sur le dossier Bettencourt. Le plus haut responsable de l’appareil sécuritaire français reste en liberté et en fonction mais il est poursuivi pour "atteinte au secret des correspondances, collecte illicite de données et recel de violation du secret professionnel »… C’est encore une première peu reluisante ,pour le quinquennat de Nicolas Sarkozy et elle est sans précédent dans l’histoire des services secrets français.
Le Squale
Pour l’Elysée l’affaire est très sensible, une de plus en tous cas dont on se serait bien passé. Un dossier qui touche certes à la liberté d’information et qui prend encore une autre dimension compte tenu de la personnalité très particulière du premier flic de France, désormais sur le banc des accusés. Place Beauvau on l’a surnommé avec respect "le Squale" pour son flair et son habileté à évoluer silencieusement en eaux profondes. Bernard Squarcini, fils de policier, petit-fils de berger corse, a été nommé directeur de la surveillance du territoire (DST) en juin 2007 après avoir été n°2 des Renseignements généraux (RG). C’est lui qui a réussi la « fusion » entre ces deux grands services, se taillant dans le même temps une réputation d’as de la lutte anti-terroriste. Ses hommes ont déjoué de nombreuses tentatives d’attentats fomentés par les réseaux salafistes. Repéré par Nicolas Sarkozy durant les années Chirac, il avait rejoint « son premier cercle » se faisant ainsi quelques inimitiés. Dominique de Villepin, alors ministre de l’Intérieur, s’était même opposé à sa nomination à la direction des RG, le jugeant trop proche de son ennemi intime. Simple contretemps, Bernard Squarcini va se retrouver aux côtés de Nicolas Sarkozy pour l’aider à démonter le piège de l’affaire Clearstream... C’est donc tout naturellement que le préfet Squarcini se retrouve en 2008 à la tête la Direction Centrale du Renseignement Intérieur, une sorte de FBI « à la française » enfin opérationnel et qui regroupe quelques 3.300 fonctionnaires dont les meilleurs limiers du renseignement et du contre-espionnage. C’est un puissant outil sécuritaire comme la France n’en avait jamais eu, certes adapté à la menace terroriste mais dont le champ d’investigations pourrait aussi s’être déplacé en terrain glissant. Au point que certains, comme l’avait fait Dominique de Villepin, mettent en cause l’existence « d’officines » et même d’un « cabinet noir » autour de Nicolas Sarkozy...
Terrain glissant
Déjà en 2010, à l’occasion de l’affaire Woerth-Bettencourt, la DCRI avait été accusée d’espionner des journalistes pour identifier leurs sources et Le Canard Enchaîné, par la plume de son rédacteur- en-chef Claude Angeli accusait Nicolas Sarkozy d’avoir donné son feu vert. Quand survint la chute de DSK, d’abord plombé il faut bien le dire par ses propres turpitudes, beaucoup de ses amis à gauche y ont vu la main du Renseignement intérieur. Le député socialiste de l’Eure, François Loncle, l’accusera même de « connexions politiques » via son directeur avec le groupe Accor. Bernard Squarcini répliquera énergiquement en menaçant de poursuites en diffamation tous ceux qui le mettraient en cause ainsi que ses services dans l’affaire du Sofitel de New York. Mais la DCRI avait déjà défrayé la chronique en enquêtant cette fois très officiellement pour trouver la source de la « rumeur » sur les présumées infidélités conjugales du couple Sarkozy. Il s’agissait, affirmait-on, « de s’assurer que cela ne cachait pas une éventuelle tentative de déstabilisation... » Certains en avaient même profité pour pointer du doigt Rachida Dati...La démarche était en tout cas des plus surprenantes et avait surtout alimenté la verve des humoristes.
La source...
Les faits semblent aujourd’hui bien plus embarrassants. Les investigations de la DCRI ont été déclenchées à la suite d’un article « trop bien informé » publié dans le Monde par un de ses journalistes Gérard Davet qui mettait en cause le ministre Eric Woerth, englué dans l’affaire Bettencourt. Le directeur central du Renseignement intérieur était poursuivi sur plainte du journal pour avoir demandé et obtenu sous contrainte légale les « fadettes », c’est à dite les factures détaillées de son mobile GSM. Bernard Squarcini se défend en estimant n’avoir commis aucune infraction. Selon lui l’enquête visait non pas la presse mais le fonctionnaire identifié grâce aux fadettes et soupçonné d’avoir violé son obligation de respect du secret de l’instruction en livrant au reporter un procès-verbal d’audition du dossier Bettencourt. « Je fais ce que l’on me dit de faire avec les outils que l’on me donne" aurait lâché le préfet Squarcini devant le juge laissant donc entendre qu’il ne s’agissait pas d’une initiative personnelle. Il estime surtout avoir agi dans le cadre de la loi sur « les interceptions de sécurité » autrement dit les écoutes. Cela ne semble pas être l’avis de la Commission Nationale de Contrôle des Interceptions de Sécurité (CNCIS), ni d’ailleurs de Jean-Paul Faugère, directeur de cabinet de François Fillon, qui, dans une note d’octobre 2010, avait rappelé à l’ordre le ministère de l’Intérieur. Les explications de Bernard Squarcini n’ont surtout pas convaincu la juge d’instruction Sylvia Zimmerman qui l’a mis en examen en notant que sa défense n’est conforme « ni à la lettre ni à l’esprit de la loi »Dans les jours qui viennent c’est le chef de la police nationale, Frédéric Penchenard, un autre ami de Nicolas Sarkozy qui sera devant le juge pour avoir demandé cette enquête. Au-delà de ses arcanes juridiques l’affaire à son importance pour la presse française. Elle pose la question du secret des sources des journalistes, protégé par la loi française et européenne, et qui dans ce cas semble bien avoir été violé.
Une odeur de souffre...
C’est un brulot de plus dans la campagne présidentielle. François Hollande ne pouvait donc rater sa cible en étrennant sans complexe son costume tout neuf de candidat à la Présidentielle que la primaire socialiste venait de lui offrir. Il avait beau jeu de s’étonner que Claude Guéant "n’ait pas déjà prononcé la démission" de Bernard Squarcini. "C’est grave ce qui s’est produit", accusait le candidat socialiste précisant que cette "cette faute devrait être immédiatement sanctionnée". Le sang du Premier ministre qui venait de sonner la charge contre les « hollandais » n’a fait qu’un tour. "Les socialistes demandent toujours la démission des mis en examen quand ils ne sont pas dans leur famille politique" tonne François Fillon. "Je constate que la justice dans notre pays est très indépendante, on nous dit tous les jours que ce n’est pas le cas, c’est la démonstration que c’est un fantasme", souligne-t-il en se retranchant derrière le principe de la présomption d’innocence avant de marteler « c’est au terme de la procédure judiciaire que le gouvernement devra prendre une décision s’agissant de l’avenir de Monsieur Squarcini ». Cette fois, on ne pourra pas lui reprocher de ne pas être monté au front. A droite tous ne sont pas convaincus. Hervé Morin, le président du Nouveau Centre, estime que « Bernard Squarcini doit en tirer lui-même les conséquences pour les 120 000 fonctionnaires sur le terrain à qui on donne un code de déontologie à signer... » A l’évidence l’ancien ministre de la Défense entend bien jouer sa partition depuis que Jean-Louis Borloo a jeté l’éponge mais il pourrait s’attirer les foudres du chef de l’Etat. La majorité balayée médiatiquement par la tornade de la primaire socialiste est appelée à serrer les rangs. Le patron de la DCRI ne démissionnera donc pas et les électeurs trancheront dans six mois. Dans la majorité les plus philosophes se rassurent, la Vème République a toujours trainé derrière elle comme une odeur de souffre. C’est sans doute oublier que les temps changent et l’exigence de transparence aussi, à droite comme à gauche. La primaire socialiste vient de le montrer.
Alex PANZANI "La Nouvelle Tribune"
Chronologie - L'affaire des "fadettes"
L'affaire des "fadettes" comprend tous les ingrédients du roman d'espionnage.
Source AFP
Services secrets, journalistes espionnés, magistrat puni, procureur convoqué en vue de sa mise en examen : l'affaire dite des "fadettes", du nom des factures téléphoniques détaillées, comprend tous les ingrédients du roman d'espionnage. En voici les principales étapes.
18-19 juillet 2010 - Le Monde révèle le contenu des déclarations à la police de Patrice de Maistre, le gestionnaire de fortune de Liliane Bettencourt, qui y met en difficulté Éric Woerth, ministre du Budget, puis du Travail, de Nicolas Sarkozy. Le Monde expliquera plus tard que la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) a adressé ensuite des réquisitions classées "confidentiel" à l'opérateur Orange. La première réquisition réclame les factures détaillées liées au portable du journaliste du Monde Gérard Davet, entre le 12 et le 16 juillet 2010. La seconde réquisition concerne la liste des appels passés par David Sénat, conseiller pénal de la garde des Sceaux, Michèle Alliot-Marie, soupçonné d'être la "source" du Monde.
26 juillet - David Sénat est informé par sa hiérarchie que les services secrets ont la certitude qu'il a communiqué au Monde des pièces de procédure dans l'affaire Bettencourt, selon son récit dans le livre paru en août 2011 Sarko m'a tuer. Il est déchargé de ses fonctions.
1er septembre - Le procureur de Nanterre, Philippe Courroye, ouvre une enquête préliminaire pour violation du secret de l'enquête dans l'affaire Bettencourt après d'autres révélations du Monde sur une perquisition en cours chez Liliane Bettencourt.
13 septembre - Le directeur général de la police nationale (DGPN), Frédéric Péchenard, déclare que la DCRI a vérifié un renseignement sur des fuites dans la presse sur l'affaire Bettencourt et saisi le parquet le 2 septembre.
20 septembre - Le Monde et Gérard Davet portent plainte contre X pour violation du secret des sources après l'article sur les déclarations de Patrice de Maistre.
3 novembre - Le Monde dépose une plainte pour violation du secret des sources après l'article sur la perquisition chez Mme Bettencourt.
11 janvier 2011 - Le parquet de Paris classe sans suite la plainte du Monde concernant le volet de Maistre. Le Monde dépose une nouvelle plainte avec constitution de partie civile.
24 février - Le Monde porte plainte de nouveau avec constitution de partie civile pour violation du secret des sources après l'article sur la perquisition chez Liliane Bettencourt.
13 mai - Une information judiciaire est ouverte pour "atteinte au secret des correspondances par personne dépositaire de l'autorité publique dans l'exercice de ses fonctions". Elle est confiée à la juge Sylvia Zimmermann.
1er septembre - Le Monde révèle que la juge Zimmermann a la preuve que la DCRI a effectué une recherche des facturations détaillées d'appels téléphoniques de Gérard Davet en juillet 2010 et de David Sénat.
9 septembre - Frédéric Péchenard confirme avoir demandé "d'identifier" la source d'un journaliste du Monde dans l'affaire Bettencourt.
28 septembre - Philippe Courroye est convoqué par la juge Zimmermann en vue de sa mise en examen pour avoir ordonné l'analyse des relevés téléphoniques pour identifier les sources du Monde.
http://lepoint.fr
Des fadettes qui mettent le feu

Cerise sur le gâteau pour un François Hollande comblé. lundi, il a été le premier à réagir et à s’indigner sur le plateau de TF1. Bernard Squarcini, patron de la Direction Centrale du Renseignement Intérieur (DCRI), venait d’être mis en examen dans l’affaire d’espionnage téléphonique d’un journaliste du Monde enquêtant sur le dossier Bettencourt. Le plus haut responsable de l’appareil sécuritaire français reste en liberté et en fonction mais il est poursuivi pour "atteinte au secret des correspondances, collecte illicite de données et recel de violation du secret professionnel »… C’est encore une première peu reluisante ,pour le quinquennat de Nicolas Sarkozy et elle est sans précédent dans l’histoire des services secrets français.
Le Squale
Pour l’Elysée l’affaire est très sensible, une de plus en tous cas dont on se serait bien passé. Un dossier qui touche certes à la liberté d’information et qui prend encore une autre dimension compte tenu de la personnalité très particulière du premier flic de France, désormais sur le banc des accusés. Place Beauvau on l’a surnommé avec respect "le Squale" pour son flair et son habileté à évoluer silencieusement en eaux profondes. Bernard Squarcini, fils de policier, petit-fils de berger corse, a été nommé directeur de la surveillance du territoire (DST) en juin 2007 après avoir été n°2 des Renseignements généraux (RG). C’est lui qui a réussi la « fusion » entre ces deux grands services, se taillant dans le même temps une réputation d’as de la lutte anti-terroriste. Ses hommes ont déjoué de nombreuses tentatives d’attentats fomentés par les réseaux salafistes. Repéré par Nicolas Sarkozy durant les années Chirac, il avait rejoint « son premier cercle » se faisant ainsi quelques inimitiés. Dominique de Villepin, alors ministre de l’Intérieur, s’était même opposé à sa nomination à la direction des RG, le jugeant trop proche de son ennemi intime. Simple contretemps, Bernard Squarcini va se retrouver aux côtés de Nicolas Sarkozy pour l’aider à démonter le piège de l’affaire Clearstream... C’est donc tout naturellement que le préfet Squarcini se retrouve en 2008 à la tête la Direction Centrale du Renseignement Intérieur, une sorte de FBI « à la française » enfin opérationnel et qui regroupe quelques 3.300 fonctionnaires dont les meilleurs limiers du renseignement et du contre-espionnage. C’est un puissant outil sécuritaire comme la France n’en avait jamais eu, certes adapté à la menace terroriste mais dont le champ d’investigations pourrait aussi s’être déplacé en terrain glissant. Au point que certains, comme l’avait fait Dominique de Villepin, mettent en cause l’existence « d’officines » et même d’un « cabinet noir » autour de Nicolas Sarkozy...
Terrain glissant
Déjà en 2010, à l’occasion de l’affaire Woerth-Bettencourt, la DCRI avait été accusée d’espionner des journalistes pour identifier leurs sources et Le Canard Enchaîné, par la plume de son rédacteur- en-chef Claude Angeli accusait Nicolas Sarkozy d’avoir donné son feu vert. Quand survint la chute de DSK, d’abord plombé il faut bien le dire par ses propres turpitudes, beaucoup de ses amis à gauche y ont vu la main du Renseignement intérieur. Le député socialiste de l’Eure, François Loncle, l’accusera même de « connexions politiques » via son directeur avec le groupe Accor. Bernard Squarcini répliquera énergiquement en menaçant de poursuites en diffamation tous ceux qui le mettraient en cause ainsi que ses services dans l’affaire du Sofitel de New York. Mais la DCRI avait déjà défrayé la chronique en enquêtant cette fois très officiellement pour trouver la source de la « rumeur » sur les présumées infidélités conjugales du couple Sarkozy. Il s’agissait, affirmait-on, « de s’assurer que cela ne cachait pas une éventuelle tentative de déstabilisation... » Certains en avaient même profité pour pointer du doigt Rachida Dati...La démarche était en tout cas des plus surprenantes et avait surtout alimenté la verve des humoristes.
La source...
Les faits semblent aujourd’hui bien plus embarrassants. Les investigations de la DCRI ont été déclenchées à la suite d’un article « trop bien informé » publié dans le Monde par un de ses journalistes Gérard Davet qui mettait en cause le ministre Eric Woerth, englué dans l’affaire Bettencourt. Le directeur central du Renseignement intérieur était poursuivi sur plainte du journal pour avoir demandé et obtenu sous contrainte légale les « fadettes », c’est à dite les factures détaillées de son mobile GSM. Bernard Squarcini se défend en estimant n’avoir commis aucune infraction. Selon lui l’enquête visait non pas la presse mais le fonctionnaire identifié grâce aux fadettes et soupçonné d’avoir violé son obligation de respect du secret de l’instruction en livrant au reporter un procès-verbal d’audition du dossier Bettencourt. « Je fais ce que l’on me dit de faire avec les outils que l’on me donne" aurait lâché le préfet Squarcini devant le juge laissant donc entendre qu’il ne s’agissait pas d’une initiative personnelle. Il estime surtout avoir agi dans le cadre de la loi sur « les interceptions de sécurité » autrement dit les écoutes. Cela ne semble pas être l’avis de la Commission Nationale de Contrôle des Interceptions de Sécurité (CNCIS), ni d’ailleurs de Jean-Paul Faugère, directeur de cabinet de François Fillon, qui, dans une note d’octobre 2010, avait rappelé à l’ordre le ministère de l’Intérieur. Les explications de Bernard Squarcini n’ont surtout pas convaincu la juge d’instruction Sylvia Zimmerman qui l’a mis en examen en notant que sa défense n’est conforme « ni à la lettre ni à l’esprit de la loi »Dans les jours qui viennent c’est le chef de la police nationale, Frédéric Penchenard, un autre ami de Nicolas Sarkozy qui sera devant le juge pour avoir demandé cette enquête. Au-delà de ses arcanes juridiques l’affaire à son importance pour la presse française. Elle pose la question du secret des sources des journalistes, protégé par la loi française et européenne, et qui dans ce cas semble bien avoir été violé.
Une odeur de souffre...
C’est un brulot de plus dans la campagne présidentielle. François Hollande ne pouvait donc rater sa cible en étrennant sans complexe son costume tout neuf de candidat à la Présidentielle que la primaire socialiste venait de lui offrir. Il avait beau jeu de s’étonner que Claude Guéant "n’ait pas déjà prononcé la démission" de Bernard Squarcini. "C’est grave ce qui s’est produit", accusait le candidat socialiste précisant que cette "cette faute devrait être immédiatement sanctionnée". Le sang du Premier ministre qui venait de sonner la charge contre les « hollandais » n’a fait qu’un tour. "Les socialistes demandent toujours la démission des mis en examen quand ils ne sont pas dans leur famille politique" tonne François Fillon. "Je constate que la justice dans notre pays est très indépendante, on nous dit tous les jours que ce n’est pas le cas, c’est la démonstration que c’est un fantasme", souligne-t-il en se retranchant derrière le principe de la présomption d’innocence avant de marteler « c’est au terme de la procédure judiciaire que le gouvernement devra prendre une décision s’agissant de l’avenir de Monsieur Squarcini ». Cette fois, on ne pourra pas lui reprocher de ne pas être monté au front. A droite tous ne sont pas convaincus. Hervé Morin, le président du Nouveau Centre, estime que « Bernard Squarcini doit en tirer lui-même les conséquences pour les 120 000 fonctionnaires sur le terrain à qui on donne un code de déontologie à signer... » A l’évidence l’ancien ministre de la Défense entend bien jouer sa partition depuis que Jean-Louis Borloo a jeté l’éponge mais il pourrait s’attirer les foudres du chef de l’Etat. La majorité balayée médiatiquement par la tornade de la primaire socialiste est appelée à serrer les rangs. Le patron de la DCRI ne démissionnera donc pas et les électeurs trancheront dans six mois. Dans la majorité les plus philosophes se rassurent, la Vème République a toujours trainé derrière elle comme une odeur de souffre. C’est sans doute oublier que les temps changent et l’exigence de transparence aussi, à droite comme à gauche. La primaire socialiste vient de le montrer.
Alex PANZANI "La Nouvelle Tribune"
"Quelle est la différence fondamentale entre une femme et un terroriste ? Avec le terroriste on peut négocier"
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sphinx- Adm

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Re: Affaire des «fadettes»: (France )
Le chef de la police chez le juge
Frédéric Péchenard, le directeur général de la police nationale était entendu vendredi après-midi comme témoin assisté chez la juge qui enquête sur l'espionnage téléphonique d'un journaliste du Monde par la police pour identifier ses sources. Le ministre de l'Intérieur Claude Guéant a d'ores et déjà exclu tout départ de Frédéric Péchenard.
Lire la suite:
http://lci.tf1.fr/france/justice/fadettes-le-chef-de-la-police-convoque-chez-le-juge-6797204.html
"Quelle est la différence fondamentale entre une femme et un terroriste ? Avec le terroriste on peut négocier"
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