Le 3 octobre 1956, au château de Saint-Cloud, DE GAULLE, sorti pour quelques jours de sa retraite de Colombey, confiait au prince héritier du Maroc, Moulay Hassan, le futur Hassan2 :-L’Algérie ? Mais elle sera indépendante, qu’on le veille ou non .C’est inscrit dans l’Histoire.
Si ce grave propos avait été rendu public, en ce temps-là, il n’est pas douteux que le 13 mai 1958 aurait quand même eu lieu, mais assurément pas à son bénéfice.
La révélation nous en est faite aujourd’hui par M.Claude paillat, dans son second dossier secret de l’Algérie (<< les presses de la cité>>), qui complète son premier ouvrage, lequel allait de 13 mai 1958 à Evian .La rétrospective porte cette fois, du déclenchement de la rébellion, le 1° novembre 1954, jusqu'à la veille de 13 mai.
Documentation minutieuse, dont le déroulement chronologique permet de comprendre que tout était en germe dés le début.
Dés le départ, le F.L.N. A fixé ses but :
1-SOUVRAINTE ET UNITE ALGERIENNE.
2-LUTTE ARMEE A L’Interieur.
3- REALISATION A L’Exterieur DE L’Unite NORD-AFRIQUAINE.
4- INTERNALISATION DU PROBLEME ALGERIEN.
5- DEVELOPPEMENT DES AMITIES A L’O.N.U.
A ce programme, publié du Caire, le chef du gouvernement, Mendès-France, a répondu << non ! >> Et son ministre de l’intérieur, François Mitterrand, a déclaré :
- L’Algérie C’est la France !
On sait maintenant que la révolte n’avait pu surprendre. Le directeur de la sécurité, le préfet Vaujour, sans préciser la date, avait prévenu le gouverneur Léonard, lequel avait averti paris.
Vaujour avait deux indicateurs parmi les membres du C.R.U.A. (comité révolutionnaire d’unité et d’action), embryon du F.L.N.L’un deux devint l’un des personnes en vue de G.P.R.A !
Par eux vaujour a su que l’ordre était venu du Caire << d’allumer la mèche en Algérie>>.
Des maquis locaux sont en voie de constitution. A Tripoli de Libye, entre autres, sont installés des camps de matériels et d’instruction de fellaghas, formés par d’anciens officiers allemands.
Faits curieux : c’est à l’échelon local que les responsables de l’ordre ont été le plus surpris.
La raison en est que la plupart d’entre eux ont perdu tout contact avec la population musulmane.
Aucun renseignement ne leur parvient .Le premier drame de l’Algérie est qu’elle est sous administrée.
Quant aux forces militaires, elles n’excèdent pas 50.000 hommes ! Elles ne sont pas adaptées à la guerre qui se prépare.
La motorisation a fait abandonner presque complètement l’usage de mulets.
Dés ses premiers rapports, le général cherrière, qui assure le commandement en chef a mis le gouvernement en garde.
Ses analyses indiquent que c’est toute l’Algérie qu’il faut reprendre en main.
Un problème d’effectifs se pose, de même que la nécessité de recourir à des supplétifs.
- la temporisation et faiblesse, rappelle-t-il, ne paient pas dans les pays de l’islam !
Il faut se montrer partout, réhabituer le blédard musulman à la présence française : la commune d’arris, qui englobe 60.000 personnes, ne dispose pas que de quelques administrateurs et de sept gendarmes ! Le constantinois n’est tenu que par 12.000 soldats français.
L’aviation ne peut être employée qu’avec l’autorisation des chefs civils : on craint à paris le précédent de 1945, ou la révolte de Sétif fut stopper par De Gaulle à coups d’avion – mitrailleurs- le ministre de l’air étant le communiste Tillon.
Pour réprimer, tout en protégeant les musulman fidèles, cherrière ne peut, comme il le voudrait, << agir vite et fort>>. Les frictions entre les pouvoirs civils et militaires ne permettent pas la coordination souhaitable.
En réalité, ce qu’il faudrait, c’est la centralisation des pouvoirs en une main, sur place .A cette unité de vue et de direction correspondait l’affirmation par paris de volonté de rester.
Source: CLAUDE PAILLAT