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Mirage ou mythe de la démocratie

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Dossier datualité Mirage ou mythe de la démocratie

Message par sphinx le Lun 16 Mar - 22:41

Le terme démocratie désigne un corpus de principes philosophiques et politiques, suivant lequel un groupe social donné organise son fonctionnement par des règles : élaborées, décidées, mises en application et surveillées par l'ensemble des membres de ce groupe, a priori sans privilèges ni exclusions.

Un mythe est un récit, porté à l'origine par une tradition orale, qui propose une explication pour certains aspects fondamentaux du monde : sa création (cosmogonie), les phénomènes naturels, le statut de l'être humain, ses rapports avec le divin, la nature ou encore avec les autres humains (d'un autre sexe, d'un autre groupe), etc.

Source:wikipédia

Lucian Boia

Le mythe de la démocratie

Résumé : Fiche technique


Voici une nouvelle histoire de la démocratie, mais bien différente des autres. Pour Lucian Boia, la démocratie effective (supposant à la fois, et sans aucune restriction, la souveraineté du peuple, la liberté et l'égalité) n’existe pas et n’existera jamais. Autrement dit, la démocratie est un mythe. Elle est un projet utopique, qui a joué un rôle clef dans les évolutions des deux derniers siècles, se matérialisant, d’une manière fatalement incomplète, et plus ou moins efficace, dans une variété de constructions politiques (modèle américain et modèle français, démocratie occidentale et démocratie communiste, etc.). On ne doit pas confondre symboles et réalités. Les mots cachent parfois le sens réel des choses. Absolutisme, démocratie, gauche, droite, communisme, extrême droite…, Lucian Boia invite le lecteur à un décryptage sans préjugés de ces concepts dont le contenu s’avère souvent très différent des apparences.

Lucian Boia, professeur à l’Université de Bucarest et spécialiste de l’imaginaire, a déjà publié aux Belles Lettres Pour une histoire de l’imaginaire (1998) et La Mythologie scientifique du communisme (2000).



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Dossier datualité Le mythe de la réalité démocratique

Message par sphinx le Lun 16 Mar - 22:42

Tunisie: Démocratie et pauvreté
La question ne se pose-elle pas plus que jamais de savoir si le peuple tunisien n’est pas déjà en butte à des prémices de difficultés sociales qui se traduiraient à terme par une recrudescence de la pauvreté et par suite des manques, des privations et des exclusions, surtout quand le seuil de pauvreté se conjugue déjà avec le chômage de longue durée. Le filet social tendu en des temps où le taux de croissance économique était de l’ordre de 5% est-il à même de répondre aux demandes additionnelles d’assistance publique qui se profilent à l’horizon, et ce en l’absence d’un dispositif de protection des chômeurs, jeunes et moins jeunes, en cours et à venir ? Comme lors de la crise de 1929 qui ne sévit particulièrement en Tunisie que dès 1933, pour frapper les années ultérieures, par un effet à retardement qui rendrait compte de l’émergence de Néo-Destour. Tout donne à penser que nous traverserions une période de latence, que le pire à Dieu ne plaise serait à venir, sans que des mesures énergiques aient été prises et portées à notre connaissance pour conjurer la menace qui se profile, comme si gouverner n’est pas prévoir.

Il faut s’attendre en bonne logique à une diminution du pouvoir d’achat des économiquement faibles, surtout avec le renchérissement des prix qui obère par les temps qui courent le panier de la ménagère. C’est sur ce terrain que de surcroît seront jugés bientôt les autorités publiques. Que font-elle de concret pour nous protéger ? La possibilité a été offerte depuis longtemps de disposer d’un vêtement décent. Le problème de l’habillement a été en effet résolu puisque la majorité du peuple tunisien, hommes et femmes confondus, s’habille à la fripe, en s’appropriant les hardes des nantis vivant dans les pays riches ? L’habillement d’emprunt est devenu un trait constitutif de l’identité tunisienne : s’affubler en se fringuant des restes vestimentaires des autres est considéré comme étant un signe de modernité, même d’occasion.

Ainsi personne ne pourra nier que nous portons des habits usagés qui n’ont pas été taillés à notre mesure (comme nos chaussures neuves faites avec des moules formatées sur des pieds occidentaux), ceux que des âmes charitables appartenant à des pays riches nous ont laissés de bon cœur dans le dessein leur donner une seconde vie et faisant d’une pierre deux coups, moderniser plus avant nos pratiques vestimentaires jusqu’aux plus intimes. La réincarnation vestimentaire est un critère objectif de métempsychose pouvant servir à identifier la pauvreté déguisée dont on se sert pour alléger le portefeuille du père de famille. En arriverons-nous à leur demander un jour, sous la pression des nécessités, de nous envoyer leur rebut alimentaire ?

Certes la majorité du peuple tunisien est encore en mesure de satisfaire ses besoins vitaux en terme de nourriture (sous-nutrition=1800 calories par jour, malnutrition= 2400 calories quotidiennes) et de logement. Les pauvres sont définis comme vivant dans des conditions difficiles. C’est une manière d’occulter le problème du seuil de pauvreté, non seulement par rapport aux besoins minimaux objectifs, mais aussi et au-delà par rapport aux besoins souhaités, ceux en vertu desquels on aspire par vanité à faire comme les autres, sinon plus. En la matière les statistiques tunisiennes posent un problème de méthode et de critères. On vient de l’admettre en haut lieu pour une plus grande rigueur. Les statistiques internationales sont bien plus fiables, mais vieillissent sans que leur actualisation soit la règle. C’est pourquoi l’indice synthétique de pauvreté humaine reste énigmatique, incertain et peu fiable : indices numériques et/ou volumétriques, vieille pauvreté, nouvelle pauvreté, précarité. On nous annonce l’existence dans le tournant du siècle de 1 327 zones d’ombres, de plus de 1 2000 000 personnes vivant dans des « conditions difficiles », mais la création de seuls 17 719 emplois seulement à leur intention. Qu’en est-il au jour d’aujourd’hui ? Les manques en termes de niveaux de vie relatifs aux hommes et aux femmes appellent une attention particulière, moins politicienne, et d’une exactitude plus respectueuse du genre humain.

Disons pour fixer les idées, et en dépit des aléas statistiques et des querelles de chiffres entre « économcistes » et « humanicistes » pour faire bref, que la décroissance annuelle moyenne du seuil de pauvreté est passée de -10,1% entre 1975 et 1980, à -6,4% entre 1980 et 1990 et à -7,7% entre 1995 et 2000. Ce qui revient à dire que l’indice du seuil national de pauvreté est tombé de 30% en 1960, à 22,2% en 1975, à 12,9%à 1980, et à 7,7% en 1985, (recul du taux de pauvreté entre 1975-1985 : fin de l’ère du bourguibisme social), puis à 6,7% en 1990, à 6,2 en 1995, à 4,2 % en 2000/2004 et à 3,8% en 2008 (soit une décélération du rythme durant cette période, à l’ère du mondialisme démocratique). On espère parvenir à rabaisser ce seuil à 2% en 2015.

S’agissant de sa répartition géographique, la pauvreté concerne plus les milieux urbains (là où les équipements de base ne manquent pas, thèse de l’INS), et y touche plus de 5% de la population (soit l’équivalent de 74% de l’ensemble des pauvres) ; et dans une moindre mesure les milieux ruraux qui retiendraient les 26% restants, soit près de 3% des habitants. La Banque mondiale prétend le contraire. En souffrent partout notamment les chômeurs (y compris les diplômés dont 42,5 % sont au chômage de longue durée d’après les chiffres de 2004), les ouvriers agricoles et les ouvriers non agricoles.

Cependant les inégalités régionales ne sont pas négligeables ; elles oscillent en matière de pauvreté entre 2,3% et 8,7%, d’après l’enquête nationale sur le budget, la consommation et le niveau de vie des ménages, entreprise en 2000. Les régions relativement les moins pauvres sont le Nord-Ouest, le Centre-Est et le Grand Tunis. Les régions comparativement les plus pauvres sont le Sud et le Centre-Ouest. Le Nord-Est occupe une position médiane avoisinant la moyenne nationale qui est rappelons la de 4,2%. Mais 2009 n’est plus 2000.

Les plus nantis (20%, estimés à 747 000 personnes en tout nous dit-on de source officielle et accaparant 47% de la consommation) sont considérés comme riches parce qu’ils sont censés pouvoir dépenser plus de 11 dinars par jour et par tête. En somme un travailleur qui gagne 340 dinars (l’équivalent de 200 euros, alors que le seuil de pauvreté est fixé en France à 817 euros) par mois pour subvenir à ses seuls besoins personnels est considéré comme un nanti. Il faut une bonne dose de niaiserie pour y ajouter foi. Mais qu’en est-il d’un père de famille qui gagne par exemple le double et dont la femme ne travaille pas et dont progéniture est au chômage ? Les plus démunis (20%, soit 376 000 personnes en tout affirme-t-on ne disposant que de 7% de la consommation totale) sont considérés comme pauvres dès lors qu’il sont censés ne pouvoir dépenser qu’un dinar par jour et par tête (à peine de quoi se payer un seul casse-croûte quotidien au thon ou un bol de lablabi sans option oléicole, ou les deux tiers d’un chapatti ordinaire au plus). La CIA Word Factbook (2004-2008) estime quant à elle que 7% des tunisiens sont pauvres. Au vu de ces critères, les membres de la classe moyenne (se situant entre les plus riches et les plus pauvres, soit 60% en nombre et 46% en part de consommation) disposeraient d’une plage allant de plus de un dinar à près de onze dinars. En son sein se trouvent ceux qui ne sont pas candidats à l’aide sociale et qui n’ont pas de matelas nécessaire pour traverser éventuellement la crise de leur pouvoir d’achat ; d’où la tentation grandissante des prêts à la consommation (l’endettement affecte en 2006 le tiers de la population active). Entre la réalité vécue et les élucubrations chiffrées, il y a de quoi perdre son latin. Une remise en ordre s’impose.

Une telle approche pose le problème de la fiabilité et de la disponibilité de l’information sur la pauvreté vraie et actualisée à l’échelle nationale et locale. La mesure de la pauvreté ne doit pas reposer sur de simples critères monétaires et surtout plus sur le PIB, car cela pose le problème de l’inégalité sociale de la répartition des richesses. Ne jouons pas avec la pauvreté en en modifiant le baromètre pour en réduire artificiellement l’indice par calcul politique, surtout quand les gens déclarent que la vie devient de plus en plus dure. La pauvreté se constate sur le terrain et les organismes caritatifs sont par malheur inféodés au pouvoir. Le mode d’évaluation et le calcul statistique laissent perplexes, faute d’un contrôle indépendant. De toute façon le décalage entre la réalité et les statistiques nourrit le doute et alimente une tension sociale latente.

Convenons que la pauvreté est une forme de violation des droits de l’homme et d’atteinte à la dignité des citoyens défavorisés. Déjà en 1998, tous les gouvernements et tous les parlements du monde ont considéré en chœur que la pauvreté « porte atteinte à la dignité et aux droits inaliénables et égaux de tous les êtres humains ». De la parole à l’acte il y a loin. Le « monitoring » social n’en est qu’à ses débuts. La lutte contre la marginalisation a un long chemin devant elle.

Source:Prof. Taoufik BACHROUCH - Mouwatinoun N°95 Hebdomadaire – Tunis


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Dossier datualité Le mythe de la réalité démocratique

Message par sphinx le Mer 18 Mar - 22:28

La Tunisie : une dictature post-moderne

Qardhawi, la Femme et les carottes du régime


La dernière visite de l'Imam Qardhawi aurait pu passer inaperçue si elle n'avait revêtu un caractère officiel. En effet, Le tapis mauve que lui a déroulé le ministre de la culture et les Unes que lui ont consacré les médias ont suscité un vif débat dans la blogosphère. Les Laïques y on vu une menace contre les acquis progressistes amenés par Bourguiba tandis que les conservateurs se sont réjouis du retour à la normale de la Tunisie qui se réveille enfin de sa laïque léthargie made in occident. Un dialogue de sourd entre les uns et les autres a noyé toute possibilité d'entente sur la sempiternelle question de la laïcité et de l'Islam.
Sans vouloir me mettre au dessus de ce débat, sur lequel j'ai ma propre opinion, je voudrai rappeler encore une fois que Islam ou laïcité ne sont que les carottes qu'agite le régime au gré des circonstances et du public visé. Rappelez-vous que lors de la journée de la femme du 8 Mars dernier, notre gentil gouvernement, comme chaque année, récupère à son compte le code du statut personnel de Bourguiba et se félicite des progrès acquis en faveur des femmes. Quand on sait qu'une semaine plus tard, ce même régime n'a vu aucune contradiction à accueillir officiellement un des imams les plus rétrogrades en la matière on comprend combien ce que nos dirigeants jouent des symboles et les instrumentalisent à des fins populistes.

Stratégie des carottes et égarements idéologiques des citoyens

Le régime en mélangeant les genres entretient des clivages et empêche la société de débattre clairement de ses divergences. Sa stratégie consiste à acheter la paix sociale en usant de toutes les voix discordantes que peut produire le corps social. Il les récupèrera à son compte et les mettra en scène dans un simulacre de démocratie. Le vide politique que génère cette comédie fait de l'internet un exutoire des pulsions politiques. La blogosphère en particulier devient la tribune des différentes sensibilités et restitue d'une manière informelle le débat confisqué. Malheureusement cette voie d'expression a tendance à polariser les opinions et à renforcer les clivages. On y entend plus des laïcs dont l'islamophobie dépasse celle de l'extrême droite européenne ou alors des conservateurs dénonçant un complot hourdi par des présupposés agents occultes œuvrant pour le compte d'occidentaux sionistes. Ces confrontations même anecdotiques montrent combien ce que l'absence d'un vrai débat démocratique (ou d'un conseil de Choura pour reprendre une terminologie traditionnelle) égare les citoyens et les éloigne des vraies questions qui concernent le pays. Parmi ces nombreuses questions une me parait prioritaire: la revendication urgente du droit au débat public, droit nécessaire sans lequel aucun débat constructif n'est possible. Voilà un point qui devrait malgré nos oppositions idéologiques constituer un socle commun pour amorcer un véritable progrès dans le pays. Au lieu de cela beaucoup de nos blogueurs se retranchent dans des clivages qui même s'ils existent, font diversion et permettent à Ammar, notre censeur national, de se réjouir de leurs querelles inutiles.

Totalitarisme post-moderne

En attendant l'avènement espéré d'une véritable démocratie, notre gentil régime continuera à jeter autant de carottes qu'il n'y aura de sensibilités politiques. Fûssent-elles libérales, socialistes, écologistes, progressistes ou conservatrices rien ne semble perturber son soucis de cohérence à part l'unique et seule ligne politique cohérente qu'il a toujours défendu: celle de son autopréservation...
Ainsi mes amis, vous qui redoutiez l'islamisation du régime ou vous qui avez peur de son occidentalisation, n'ayez crainte, il ne sera ni l'un ni l'autre, il sera l'un et l'autre. Il s'agit d'un totalitarisme post-moderne qui combine toutes les denrées possibles que lui offrira le marché idéologique. Sa couleur mauve, remarquez, exprime bien cette bâtardise...
Sourcue:tunisia watch


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Dossier datualité Le mythe de la réalité démocratique

Message par sphinx le Dim 22 Mar - 11:25

Algerie: Des intellectuels algériens Lancent Un appel pour "un changement démocratique"
Alors que la campagne pour la présidentielle en Algérie s'est ouverte jeudi 19 mars, des universitaires, journalistes et médecins ont lancé un "appel au peuple algérien", "pour un changement démocratique en Algérie". Voici leur texte :
Appel au Peuple Algérien
Nous, Algériennes et Algériens, signataires du présent appel, avons décidé de prendre nos responsabilités devant notre Nation et devant l’Histoire, pour en appeler à la mobilisation permanente du peuple algérien contre le pouvoir politique illégitime en place et d’œuvrer à l’instauration d’un Etat de Droit tel que défini par la déclaration historique du premier novembre 1954.
comme étant institutionnellement illégitime, politiquement incompétent et moralement discrédité.

Un pouvoir qui a spolié le peuple de sa légitime souveraineté et qui a détourné à son profit exclusif les richesses de la Nation.

Un pouvoir quasi régalien qui fonctionne essentiellement sur l’arbitraire, le clientélisme, le laxisme et la corruption. Il a profondément affaibli l’autorité de l’Etat dans son rôle sur l’échiquier international et il constitue une réelle menace pour notre unité et intégrité nationales.

Nous situons le présent appel, dans la continuité du Mouvement National, des principes énoncés dans la Déclaration du 1er Novembre 1954 et de la plateforme de la Soummam.

Nous, Algériennes et Algériens, signataires de cet appel, exprimons haut et fort, notre profonde préoccupation devant la logique d’autodestruction et de détérioration continue, qui caractérise la situation sociopolitique, économique et morale de notre pays. Nous refusons désormais catégoriquement d’en être les complices actifs ou tacites. Nous décidons de mettre fin à notre inaction, à notre silence et à notre désengagement sous quelques formes qu’il soit (lâcheté, égoïsme, peur, …).

Cette initiative libre et indépendante, a été dictée par les données fondamentales et structurelles de notre situation commune qui se caractérise par:


la persistance et l’aggravation de la crise de la légitimité du pouvoir depuis 1962 à ce jour, crise devenue une menace et un danger permanent pour notre nation.
la persistance de l’oligarchie à exclure le peuple du débat et de la participation politique en violant son droit constitutionnel et naturel de choisir et de construire sa propre destinée.
L’échec et la médiocrité du personnel politique officiel et l’avilissement de l'opposition factice.
le manque de perspective claire et nette pour toute la nation,
La culture du chaos et de la violence et son extension à toutes les couches sociales, le maintien de l’Etat d’urgence comme moyen de domination et d’asservissement du peuple algérien.
Notre but est:

D'œuvrer à la concrétisation des objectifs du mouvement de libération nationale, à la reconquête du droit du peuple à la souveraineté et au changement radical et pacifique du système politique.

D'œuvrer à l’instauration d'institutions solides et responsables capables d'assurer le fonctionnement démocratique de la société, de garantir la transparence du gouvernement et, l'alternance de son pouvoir, enfin de créer un Etat dont les commandes resteront entre les seules mains du peuple souverain, sans que puisse intervenir les forces occultes dans le fonctionnement de ces institutions. Les principes régissant le fonctionnement de nos institutions seront fidèles à la Constitution et aux lois votées par le législateur en accord avec nos valeurs civilisationnelles, nos cultures et nos traditions séculaires. Nos institutions seront soucieuses de consolider, par leur sain fonctionnement, le lien entre le peuple et ses vraies valeurs.

L’heure est venue pour changer ce système politique illégitime par les méthodes pacifiques et démocratiques et de rendre la souveraineté politique aux Algériennes et aux Algériens pour qu’ils choisissent librement et démocratiquement, les institutions politiques qui épousent les réalités politiques et socioculturelles de la Nation, en permettant une répartition équitable des richesses nationales, aussi bien entre les collectivités régionales et locales qu'entre les individus.

Cet appel est ouvert à l’adhésion morale et active de tous nos compatriotes qui partagent le même attachement à la patrie et aux valeurs morales et culturelles de la société algérienne dans toute sa diversité, y compris ceux qui se trouvent, de par leurs fonctions ou leurs positions dans les institutions officielles actuelles. Il est une exhortation à tous ceux qui refusent la marginalisation et l’exclusion de l’Algérienne et de l’Algérien de la vie publique. Enfin, c’est un appel à tous ceux, qui conscients de la déliquescence de la société et de la fatuité des institutions, veulent fédérer leurs efforts pour un changement décisif et salvateur de la situation de la Nation Algérienne.

Cet appel se veut enfin et surtout comme une force de propositions et d’action pour une transition pacifique vers un Etat de Droit.

Nous, Algériennes et Algériens libres, aspirons acquérir à notre idéal de résistance pacifique et de dynamique de changement, les couches les plus larges du Peuple Algérien, sans exclusion aucune.

Nous devons œuvrer au rassemblement de toutes les forces patriotiques en vue d’un changement pacifique et radical sur la base de valeurs et de principes démocratiques clairement définis, acceptés et respectés par tous et notamment:

- Les valeurs civilisationnelles de la Nation Algérienne (Islamité, Amazighité et Arabité), fondements de notre ALGERIANITE. Ces derniers sont le socle de notre unité nationale, qui ne doivent nullement être instrumentalisés ni être le monopole d’aucun parti ou tendance politique.
- L'égalité de tous devant la loi.
- La sacralité des droits de la personne humaine.
- La souveraineté populaire : le peuple étant la seule source du pouvoir et de légitimité.
- La mise en place d'institutions qui garantissent l'expression de la volonté populaire, notamment par la séparation effective des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire.
- Le respect et la protection des libertés individuelles et collectives.
- L’alternance au pouvoir à travers le suffrage universel.
- Le respect et la promotion des cultures nationales.
- La promotion du mérite et de la compétence individuelle véritable.
- Une distribution juste et équitable des ressources nationales.

Nos moyens de lutte contre ce pouvoir illégitime seront exclusivement politiques, pacifiques et démocratiques :

a. Par la réappropriation de nos droits inaliénables, individuels et collectifs que l’ensemble des générations qui se sont succédé depuis l’indépendance ont abandonnés pour la construction de la société nationale et d’un nouvel Etat authentiquement indépendant. Ces droits qui font partie intégrante de nos pouvoirs naturels et dont nous avons été amputés par le fait de notre ignorance, de notre lâcheté, de notre impréparation et manque d’éducation politique mais également parce que nous n’avions pas été conscients du drame qui se tramait et que nous ne possédions pas alors les moyens de résister.

b. Par la sensibilisation et la mobilisation aussi large que possible de l’opinion publique nationale et internationale sur les responsabilités des pouvoirs en place en matière d’atteintes caractérisées aux Droits de l’Homme et aux Libertés Publiques ainsi que sur tous les cas d’arbitraire, d’abus de pouvoir et de forfaitures administratives et judiciaires et par la résistance contre toutes ses dérives totalitaires.

c. Par la dénonciation d’une certaine et flagrante duplicité de l’opinion occidentale, qui refuse de faire la part entre ses intérêts à court terme et à long terme, qui proclame des valeurs universelles tout en privilégiant des intérêts étroits en soutenant des régimes illégitimes.

d. Par la diffusion continue par tous les moyens de communication, de nos idées, de nos propositions et de nos revendications pour l’avènement de la Dignité et du changement dans notre pays.

e. Par le recours à des manifestations pacifiques, à la désobéissance civile et à l’abstention massive aux élections, entre autres.

Il est donc clair que notre démarche a pour but de mettre fin à près d’un demi-siècle d’usurpation permanente de la souveraineté populaire et de rendre la dignité et la parole au Peuple Algérien, afin qu’il puisse choisir librement et démocratiquement les institutions politiques conformes à ses aspirations de liberté, de démocratie et de justice, en harmonie avec les valeurs identitaires et socioculturelles de notre Algérianité, dont l’Islam, l’amazighité et l’arabité constituent les fondements essentiels. C’est ainsi que le peuple pourra asseoir un véritable Etat de droit.

Propositions de sortie de crise

Le consensus actuel des véritables forces politiques converge vers l’élection d’une Assemblée Nationale Constituante.

Cette évolution pacifique vers la légitimité doit passer par une brève période de transition qui ne devrait pas excéder deux années. Nous sommes convaincus que cette phase ne pourrait se faire sans la participation active de l’institution militaire.

Avec la collaboration républicaine de l’institution militaire, principale force actuellement organisée, qui aura pour mission d’assurer la gestion sécuritaire du pays, pendant la phase de transition, un gouvernement provisoire sera mis en place et aura pour mission, en plus de la gestion publique de l’Etat, de s’acquitter de deux tâches essentielles :

1. Réunir une conférence nationale de toutes les volontés politiques sans exclusion aucune et de personnalités intellectuelles en vue de l’établissement d’un consensus politique historique autour des valeurs et principes démocratiques énoncés plus haut.

2. Préparation des élections de l’Assemblée Nationale Constituante.

Ce gouvernement provisoire sera secondé par un Conseil des Sages constitué de personnalités issues du mouvement National, connues pour leur probité, leur intégrité, leur sagesse et leur engagement pour le salut de leur pays.

Durant cette phase, l’armée saura imposer sa mission de préservation de la quiétude publique et de l’unité nationale. Elle éprouvera, en cette occasion, sa vocation républicaine de se maintenir hors de la gestion politique du pays, et préservera sa neutralité politique jusqu’à l’échéance finale qu’est la mise en place d’institutions démocratiquement élues.

Au terme de cette phase transitoire et conformément à un protocole conclu entre l’institution militaire et les instances élues, l’armée entamera son désengagement progressif des affaires politiques, pour s’orienter définitivement vers ses obligations, exclusivement militaires, clairement définies par la nouvelle Constitution.

Nous Algériennes et Algériens, interpellés par la gravité de la situation et inquiets quant à l’avenir de la Nation, devons cesser d’assister dans l’impuissance à la dévastation de notre propre pays. Nous devons nous engager en acteurs de notre propre Histoire et nous imposer en maîtres de notre destin. L’Algérie appartient à toutes les Algériennes et à tous les Algériens sans exclusion ni exclusive.

Nous en appelons à la conscience, au cœur et à la raison de toutes et de tous, Algériennes et Algériens, intellectuels et politiques, civils et militaires, pour s’unir et œuvrer ensemble, sans exclusion aucune et dans la sérénité à la véritable réconciliation et à la résolution définitive de la grave crise politique qui ébranle notre pays.

Nous ne saurions tourner cette sombre page de notre Histoire contemporaine, sans rien oublier de ce qui a été fomenté contre la nation. Œuvrons tous ensemble à la reconstruction de notre pays et à l’édification d’une société d’ouverture et de tolérance, libérée du joug de l’injustice, de la violence et de la terreur politique.

Soyons un peuple de bâtisseurs hardis qui hissera l'Algérie dans l'ère du 21ème siècle, pour la faire accéder à un futur radieux, serein et prospère.

Tous ensemble, œuvrons à l’instauration d’un Etat Algérien souverain, démocratique et social, dans le cadre de nos principes, des valeurs intrinsèques à notre identité et des valeurs universellement admises.

Ainsi nous aurons été fidèles à la mémoire des hommes libres de novembre 54 et au texte fondateur de la révolution libératrice.

Dieu et le peuple algérien sont témoins de nos paroles et de nos actes.

Algérie le 19 mars 2009

Signataires : Zineb Azouz, Universitaire. (Constantine). Djamaleddine Benchenouf, Journaliste, (Lyon). Maâmar Boudersa, Universitaire, économiste (Constantine). Abdelkader Dehbi, Universitaire, (Alger). Abdelmalek Djoudi, Ingénieur Documentariste, (Lyon). Kamaleddine Fekhar, Médecin, Militant des Droits de l'Homme (Ghardaïa). Rachid Ghoreib, Journaliste (Canada). Ahmed Kaci, Journaliste, (Paris). Samy Khoukoum, Psychosociologue. (Paris). Madjid Laribi, Journaliste (Paris). Salah-Eddine Sidhoum, Chirurgien. (Alger). Ahmed Si Mozrag, Avocat, (Burkina Faso). Brahim Younessi, Politologue, (Paris). Ziani-Cherif Rachid, Médecin (Sidi Bel Abbés). Mohamed Larbi Zitout, Ex-diplomate. (Londres).

Pour tout contact: Appel19mars2009@hotmail.fr - Texte orignal en Arabe : نداء إلى الشعب الجزائري

Source:tunisia watch


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Dossier datualité Re: Mirage ou mythe de la démocratie

Message par sphinx le Ven 27 Mar - 0:34

Nicolas Sarkozy plaide pour la démocratie en Afrique
Nicolas Sarkozy a plaidé jeudi pour la démocratie et les droits de l'homme en Afrique et réaffirmé sa volonté de mettre en place une "relation renouvelée" entre la France et le continent noir. Lire la suite l'article
S'exprimant devant le parlement du Congo, il a en outre invité Denis Sassou Nguesso, président de ce pays emblématique de la "Françafrique", à gagner d'autres batailles que le retour de la sécurité dans l'ancienne colonie française.

"La démocratie et les droits de l'homme font partie de notre héritage commun", a dit le président français, soulignant qu'il ne s'agissait pas de valeurs occidentales "artificiellement plaquées" sur les sociétés africaines.

Un an après s'être engagé, à l'occasion d'une visite en Afrique du Sud, à agir pour une refondation des relations entre la France et l'Afrique, il a estimé qu'il fallait en particulier se "débarrasser des pesanteurs du passé (...) qui alimentent trop souvent méfiance et soupçon".

Cette situation se traduit selon lui par une opinion publique française qui éprouve une grande sympathie pour l'Afrique mais qui "se désintéresse pourtant d'une relation trop souvent caricaturée comme opaque ou affairiste".

A l'inverse, l'Afrique peut se plaindre d'un désengagement de la France tout en continuant à lui reprocher "de prétendues ingérences néocoloniales ou la persistance de je ne sais quels intérêts inavouables".

S'il ne veut pas la "liquidation d'une relation ancienne, fraternelle" à laquelle la France tient avec le continent, Nicolas Sarkozy a exprimé son ambition de lui conférer "une légitimité nouvelle".

ADHÉSION PARTAGÉE

"Cette relation privilégiée doit susciter une adhésion partagée, pas seulement des gouvernants mais surtout des nouveaux acteurs majeurs que sont les sociétés civiles", a-t-il dit.

Brazzaville était la deuxième étape d'une brève tournée africaine du président français entamée jeudi matin à Kinshasa et qui s'achèvera vendredi à Niamey, au Niger.

Il a rencontré des représentants de l'opposition congolaise alors que le pays se prépare à des élections présidentielles en juillet, souhaitant montrer par ce geste que cette "visite d'amitié" ne signifie pas que la France soutient Denis Sassou Nguesso, qui est candidat à sa propre succession.

"Que cela soit clair : la France ne soutient aucun candidat ! Elle n'a pas à le faire et je ne suis pas venu pour cela", a-t-il dit devant le parlement.

Plus tard, lors d'un dîner officiel, il a souligné qu'il était important que le processus électoral "se déroule dans la sérénité et la transparence", ajoutant : "Rien ne serait pire qu'un réveil, même très partiel, des vieux démons de la violence politique."

Il avait salué auparavant l'action de Denis Sassou Nguesso depuis son retour au pouvoir après la guerre civile de 1997 qui a permis, selon lui, au Congo de retrouver la stabilité et la sécurité.

"Voir Brazzaville reconstruite, Brazzaville apaisée, c'est dire que cette bataille-là vous l'avez gagnée. Ne vous arrêtez pas en chemin. Il faut gagner toutes les autres et le chemin est encore long", a-t-il déclaré à l'adresse du président congolais.

Le président français a encore estimé qu'avec les importantes ressources pétrolières du Congo, son potentiel agricole, forestier et minier, "la réussite ne peut être qu'au rendez-vous et le peuple congolais devrait pouvoir en sentir les bénéfices".

Ces propos ont une résonnance particulière dans un pays qui fait l'objet de longue date de nombreuses critiques sur la gestion des revenus de l'or noir.

Avec le Gabonais Omar Bongo, Denis Sassou Nguesso est au nombre des dirigeants africains qui ont été visés en France par des plaintes pour recel de détournement de fonds publics en raison notamment de l'importance de leurs investissements immobiliers privés à l'étranger.

Yann Le Guernigou, édité par Clément Dossin
Source:yahoo actualités


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Dossier datualité Re: Mirage ou mythe de la démocratie

Message par sphinx le Ven 27 Mar - 0:40

Les autorités marocaines s'en prennent à l'homosexualité
Les autorités marocaines sont déterminées à combattre l'homosexualité. Des militants des droits de l'Homme accusent cette nouvelle campagne du gouvernement de "constituer une atteinte aux libertés personnelles".


Les autorités marocaines souhaitent lutter contre toutes les pratiques et retirer de la circulation l'ensemble des brochures, livres et publications qui cherchent à saper les valeurs religieuses et éthiques du pays.

Un communiqué publié par le ministère de l'Intérieur le 21 mars révèle l'étendue du programme du gouvernement : "préserver l'éthique citoyenne et défendre notre société contre toutes les actions irresponsables qui portent atteinte à notre identité et à notre culture".

Cette initiative de l'Etat intervient en réponse à de récents articles parus dans la presse appelant à une plus grande tolérance envers l'homosexualité. La source en est un article de presse de Samir Berkashi, le coordinateur de "Kif Kif", une association qui lutte pour la défense des intérêts des homosexuels.

Berkashi affirme que son association bénéficie du soutien de partis politiques, d'associations de défense des droits de l'Homme et de missions diplomatiques étrangères au Maroc, soulignant que les homosexuels sont partout, dans les médias, dans la société civile et dans les milieux politiques au Maroc.

Kif Kif "fonctionne au Maroc par le biais d'une association intermédiaire reconnue par la loi", explique-t-il, car elle "ne peut fonctionner publiquement tant que la loi continuera à interdire l'homosexualité."

Dans le cadre d'une mesure inattendue et sans précédent en faveur des militants des droits des homosexuels, le responsable de Kif Kif envisage d'organiser une conférence de presse le 15 avril à Marrakech.

Mais Berkashi a cependant réfuté un article controversé publié par le quotidien arabophone As Sabah concernant son entretien avec le journal francophone Aujourd’hui Le Maroc.

"Récemment, des voix se sont faites entendre dans les médias pour tenter de promouvoir une certaine forme de comportement honteux, provoquant ainsi l'opinion publique et ne tenant aucun compte des valeurs religieuses de notre société", affirme le rapport du ministère de l'Intérieur.

Interrogés sur le sujet, les gens de la rue réagissent différemment à la question de l'homosexualité, allant de l'acceptation au rejet le plus absolu.

"L'homosexualité devrait être considérée dans le cadre du respect des droits de l'Homme et de la diversité", explique Khaled Daoui, un fonctionnaire.

D'autres font entendre des avis totalement diffférents.

"Cela est interdit par notre religion et nos traditions. Dieu a interdit de tels péchés", affirme Soumia Tazi, une enseignante.

"L'homosexualité vient des films occidentaux, des émissions de télévision et des chaînes pornographiques qui encouragent de telles pratiques, qui sont reprises par les jeunes générations qui les suivent, sans être conscients des conséquences", ajoute Mohamed Zahi, un étudiant.

L'homosexualité est illégale au Maroc, et passible de "six mois à trois ans d'emprisonnement et d'une amende de 200 à 1 200 dirhams".
Le rapport du ministère de l'Intérieur laisse planer une sorte de menace et une atteinte à la liberté d'expression, dans la mesure où cela constitue une atteinte aux libertés personnelles", a expliqué Khadija Radi, directrice de l'Association Marocaine des Droits de l'Homme, à Magharebia.

"Le sujet est en grande partie sujet à l'interprétation, car elle ne traite pas exclusivement des homosexuels, mais aussi d'autres choses", ajoute-t-elle, se référant à la bataille récemment lancée par l'Etat contre la propagation du chiisme.

Quant à Kif Kif, l'un de ses membres, qui a préféré conserver l'anonymat, a déclaré à Magharebia que son association "ne cédera pas à la menace de l'Etat, et poursuivra ses activités dans le respect de la loi, de la liberté personnelle et des droits de l'Homme".

Ce jeudi 26 mars, Berkashi a déclaré à la presse espagnole que le gouvernement marocain n'avait pas tenté de l'empêcher d'organiser sa conférence de presse du 15 avril. Mais, a-t-il ajouté, si les pouvoirs publics devaient nous interdire, il se conformerait à cette décision.
Ce contenu a été réalisé sous requête de Magharebia.com.


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Dossier datualité Refoulement de Sihem Bensedrine à l’aéroport d’Alger : Le ministre algerien de l'intérieur attend des «explications»

Message par merle le Mar 7 Avr - 21:09

Le ministre (algerien) de l'intérieur Nouredine Yazid Zerhouni a réagi, lundi 6 avril, à l'affaire du refoulement de la journaliste et militante des droits de l'homme tunisienne Sihem Bensedrine à l'aéroport d'Alger. « J'attends plus de détails sur cette affaire », a expliqué M. Zerhouni, en marge d'une visite sur le chantier du métro de la capitale.

Invitée par la Ligue algérienne des droits de l'homme (LADDH) pour participer au programme de monitoring des medias, initié par cette ligue, la militante tunisienne a été refoulée, samedi dernier, à son arrivée à l'aéroport Houari Boumediene d'Alger. Aucune explication officielle n'a été donnée à cette décision, vivement condamnée par la LADDH.

« J'ai demandé des explications sur cette question aux autorités compétentes. Elles m'ont fait savoir qu'elle faisait l'objet d'une décision d'interdiction d'entrée sur le territoire national », a ajouté le ministre de l'Intérieur. M. Zerhouni a rappelé que « les administrations et les polices possèdent des mémoires ».

Dans un entretien au quotidien El Watan, (Voir plus bas) Sihem Bensedrine a affirmé qu'elle soupçonnait le président tunisien Ben Ali d'être derrière son refoulement. « Il aurait demandé au président Algérien de refouler tous les militants tunisiens des droits de l'homme (...) Je tiens ça de source sûre », a-t-elle expliqué.

SIHEM BENSEDRINE: «Je suspecte une collaboration entre Ben Ali et Bouteflika»
Vous venez d'être refoulée du sol algérien.Comment cela s'est-il passé et quelles sont les raisons avancées par les autorités algériennes ?

Malheureusement, je n'ai eu aucune explication! Je suis arrivée à partir de Paris à l'aéroport d'Alger dans la matinée de samedi. Au moment de franchir la PAF, j'ai été appréhendée par les services de sécurité qui m'ont orientée vers un policier chargé, selon eux, de la prise en charge des journalistes étrangers. Celui-ci m'a fait patienter avant de me présenter à deux inspecteurs qui m'ont demandé d'abord si j'avais sur moi un billet d'avion. Ma réponse était évidemment positive puisque dans le cas contraire je n'aurais pas pu prendre l'avion... Ils ont par la suite vérifié le document et m'ont tout de suite invitée à rebrousser chemin en m'expliquant que j'étais interdite d'accès au territoire algérien. J'ai demandé les raisons d'une telle interdiction. Ils ont répondu qu'ils n'avaient aucun justificatif à me fournir. J'ai alors tenté d'expliquer aux messieurs qu'il y a cinq pays du Maghreb qui ont signé un accord pour la libre circulation des citoyens et l'Algérie en fait partie, donc j'ai le droit d'entrer dans ce pays. Les inspecteurs ne voulaient rien entendre. Ils ont répliqué par un niet. Nous avons reçu des consignes que nous appliquons à la lettre. Un agent de police m'a alors escortée jusqu'à l'avion pour s'assurer que je suis effectivement repartie.

Votre visite en Algérie avait un double objectif : couvrir l'élection présidentielle et participer à un travail consistant en l'observation des médias algériens durant la période électorale. Ne pensezvous pas que c'est cette mission qui est à l'origine de ce refoulement ?

Non, je ne pense pas. Etant membre du groupe arabe de monitoring des médias AWG-MM (Arab Working Group), je devais participer au programme de monitoring pour les médias initié par la Ligue algérienne de défense des droits de l'homme dirigé par Mostefa Bouchachi. Ce n'est pas la première fois que l'on organise une telle activité. Nous avons observé la performance des médias, sans aucun problème, dans plusieurs pays, notamment au Maroc, au Yémen... A cet effet, un rapport détaillé sur ce travail justement sera rendu public avant le 9 avril prochain.

Mais alors quelles sont les véritables raisons du refoulement systématique des militants tunisiens du sol algérien, puisqu’il y a déjà eu un précédent ?

Je suspecte une collaboration entre les autorités algérienne et tunisienne. En plus clair, le président Zine El Abidine Ben Ali aurait demandé au président Bouteflika de refuser l'accès au territoire algérien à tous les militants des droits de l'homme et à tous ceux qui se sont engagés pour la démocratie en Tunisie. J'ai eu cette information de source sûre. Pourtant, j'ai un grand respect pour l'Algérie, mais je suis très déçue parce que j'étais persuadée que les dirigeants algériens prenaient leur décision de manière indépendante et non sur autorisation de Ben Ali.

Comment qualifiez-vous cet acte ?

Je suis révoltée et indignée par ce type de comportement et je regrette que l'Algérie soutienne Ben Ali. Que l'on bafoue les droits élémentaires des Tunisiens en Tunisie, cela ne constitue nullement une surprise, mais ce que l'on accepte mal et qui m'attriste est de voir que cela s'étend à
d'autres pays comme l'Algérie. Je suppose que des instructions similaires ont été données aux autorités marocaines, qui – c'est tout à leur honneur – ne les ont pas exécutées, car je n'ai jamais été empêchée d'entrer au Maroc. J'estime que les liens qui unissent les deux pays ne justifient en rien ce type d'acte et il est triste de constater que l'édification de nos pays se construit beaucoup plus sur le volet sécuritaire et non sur une unification d'un Maghreb où l'intérêt du peuple prime. Ce comportement est, malheureusement,le prolongement de la volonté des Européens à construire une barrière de sécurité qui empêcherait le mouvement et la circulation des personnes dans l'espace méditerranéen.

Rafik Tadjer - TSA - le 06/04/2009

merle
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Dossier datualité Re: Mirage ou mythe de la démocratie

Message par sphinx le Ven 1 Mai - 18:53

Les dix pays qui oppriment le plus les bloggeurs
La Birmanie arrive en tête d'un classement des dix principaux pays au monde réprimant les chroniqueurs en ligne, selon une étude du CPJ. En effet, l'essor des blogs dans beaucoup de nations d'Asie et du Moyen-Orient a conduit à une répression sévère par les gouvernements.

New York, le 30 avril 2009--La Birmanie, dirigée par une junte militaire qui limite sérieusement l'accès à l'Internet et emprisonne des citoyens pendant des années pour l'affichage de critiques, est le pire pays au monde pour les bloggeurs, selon une étude du Comité pour la Protection des Journalistes (CPJ). Ce rapport intitulé « Les 10 pays qui oppriment le plus les bloggeurs » identifie également un certain nombre de pays du Moyen-Orient et d'Asie, où l'épanouissement de l'usage de l'Internet s'accompagne d'une répression croissante des gouvernements.

« Les bloggeurs sont à l'avant-garde de la révolution de l'Information et leur nombre est en pleine croissance », a déclaré le directeur exécutif du CPJ, Joël Simon. « Cependant, les gouvernements ont très vite appris à tourner la technologie contre les bloggeurs en appliquant la censure et le filtrage de l'Internet, la limitation de l'accès à la Toile et l'extraction de données personnelles. En dernier recours, les autorités jettent tout simplement certains bloggeurs en prison afin d'intimider le reste de la communauté en ligne et les réduire au silence ou les pousser à l'autocensure ».

Sur la base de pratiques comme les détentions, les règlementations et les mesures d'intimidation, les autorités de l'Iran, la Syrie, l'Arabie saoudite, la Tunisie et l'Egypte apparaissent comme les principaux oppresseurs de bloggeurs au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. La Chine et le Vietnam, où l'essor des blogs est confronté à de vastes mesures de surveillance et de contrôle, sont parmi les nations qui oppriment le plus les bloggeurs. Cuba et le Turkménistan, des pays où l'accès à l'Internet est très limité, complètent le tableau de déshonneur.

« Les gouvernements qui figurent sur la liste tentent de faire reculer la révolution de l'Information et, pour l'instant, ils sont en train de réussir», a ajouté M. Simon. «Les organisations de défense de la liberté d'expression, les gouvernements concernés, la communauté en ligne et les entreprises du secteur des nouvelles technologies de l'information et de la communication doivent s'unir pour défendre les droits des bloggeurs dans le monde », a-t-il martelé.

Le CPJ a publié son rapport afin de marquer la Journée mondiale de la liberté de la presse, le 3 mai, et d'attirer l'attention sur la répression des bloggeurs, qui constitue une grande menace à la liberté de la presse dans le monde entier. Le CPJ considère les bloggeurs - des gens qui affichent des analyses et des commentaires basés sur des reportages ou des faits - comme des journalistes. En 2008, le CPJ a découvert que les bloggeurs et autres chroniqueurs en ligne étaient la catégorie professionnelle la plus emprisonnée parmi les journalistes, dépassant même la presse écrite, pour la première fois.

Pour établir cette liste, le CPJ a étudié les conditions de travail des bloggeurs dans plusieurs pays à travers le monde entier. Son personnel a consulté des experts d'Internet afin d'élaborer huit critères, notamment l'utilisation du filtrage, de la surveillance et de la réglementation par les gouvernements. D'autres critères comprennent l'emprisonnement, et le harcèlement juridique pour décourager les bloggeurs aux opinions dissidentes. Enfin, le rapport a considéré le niveau de pénétration de l'Internet et l'accès au Réseau.
LA LISTE
1. LA BIRMANIE
Dans le sillage de sa forte censure de la presse écrite et des medias audiovisuels, la Birmanie, applique également de grandes restrictions sur les blogs et d'autres activités sur la Toile. La pénétration de l'Internet comme outil d'utilisation privé est très faible: seulement 2% environ, de sorte que la plupart des citoyens accèdent au Réseau dans des cybercafés selon l'Open Net Initiative, un groupe de recherches étudiant le filtrage et les pratiques de surveillance en ligne. Les autorités réglementent lourdement ces cybercafés, les obligeant par exemple à appliquer des règles de censure. Le gouvernement, qui avait complètement bloqué l'accès à l'Internet pour étouffer un soulèvement populaire en 2007, a la capacité de contrôler les courriers électroniques et d'autres méthodes de communication, et de bloquer l'accès des usagers à certains sites politiques de l'opposition, selon l'Open Net Initiative. Au moins deux bloggeurs sont actuellement en prison.
Illustration: Le bloggeur Maung Thura, plus connu sous le nom de Zarganar, est en train de purger une peine d'emprisonnement de 59 ans pour avoir diffusé des séquences vidéo, après le passage du cyclone Nargis en 2008.


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Dossier datualité Re: Mirage ou mythe de la démocratie

Message par sphinx le Ven 1 Mai - 18:57

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2. L'IRAN
Régulièrement, les autorités jettent en prison ou harcèlent des bloggeurs affichant des billets critiquant les propos des personnalités politiques ou religieuses, la révolution islamique et ses symboles. Le gouvernement exige que tous les bloggeurs déclarent leurs sites au ministère de l'Art et de la Culture. Les responsables du gouvernement affirment avoir bloqué l'accès à des millions de sites Web, selon les médias. Un bureau du procureur, nouvellement créé, est spécialisé dans les questions relatives à l'utilisation de l'Internet et travaille directement avec les services de renseignement. Une législation imminente pourrait rendre la création de blogs promouvant « la corruption, la prostitution et l'apostasie » passible de la peine de mort.
Illustration: Le bloggeur Omidreza Mirsayafi, emprisonné pour avoir insulté les dirigeants religieux du pays, est décédé dans la prison d'Evin en mars dernier dans des circonstances qui n'ont pas été expliquées de façon détaillée.

3. LA SYRIE
Le gouvernement utilise des méthodes de filtrage pour bloquer les sites politiquement sensibles. Les autorités jettent en prison des bloggeurs pour la diffusion de textes et même d'articles de tiers dont les contenus sont considérés comme « faux » ou portant atteinte à « l'unité nationale ». L'autocensure est omniprésente dans ce pays. En 2008, le ministère de la Communication a ordonné aux propriétaires de cybercafés de procéder à l'identification de tous les clients, d'enregistrer leurs noms d'utilisateur et les heures d'utilisation, et de remettre régulièrement les documents aux autorités. Des organisations de défense des droits de l'homme ont indiqué que les autorités harcèlent et emprisonnent les bloggeurs considérés comme étant antigouvernementaux.
Illustration: Waed al-Mhana, un défenseur des sites archéologiques menacés, est jugé pour un article qui a critiqué la démolition d'un marché dans le Vieux Damas.
4. CUBA
communiste ont accès à l'Internet. La majorité de la population accède à la Toile dans des hôtels ou des cybercafés contrôlés par le gouvernement au moyen de cartes d'abonnement coûteuses?. Un petit nombre de bloggeurs indépendants, tel que Yoani Sanchez, exposent en détail la vie quotidienne et donnent un point de vue critique sur le régime. Leurs blogs sont basés à l'extérieur du pays mais leur accès est largement bloqué au niveau national. Deux bloggeurs indépendants ont déclaré au CPJ avoir été harcelés par les autorités du pays. Seuls les bloggeurs progouvernementaux peuvent diffuser leurs articles sur des sites à l'intérieur du pays, sites pouvant être aisément consultés.
Illustration: Actuellement, le gouvernement cubain détient 21 auteurs qui étaient à la pointe du journalisme en ligne au début de la décennie. Ces écrivains, qui ont tous été emprisonnés en 2003 à l'exception d'une personne, avaient envoyé leurs articles par téléphone ou par fax à des sites Web étrangers.

5. L'ARABIE SAOUDITE

Environ 400.000 sites sont bloqués à l'intérieur du royaume, notamment ceux qui traitent de questions politiques, sociales ou religieuses. L'autocensure est généralisée. Outre les articles « indécents », l'Arabie saoudite bloque l'accès à « tout ce qui est contraire à l'État ou son système », une norme qui a été interprétée libéralement. En 2008, des guides religieux influents ont demandé des peines sévères, notamment la flagellation et la mort, contre les auteurs en ligne coupables de diffusion d'articles jugés hérétiques.
Illustration: Le bloggeur Fouad Ahmed al-Farhan a été maintenu en détention sans inculpation pendant plusieurs mois en 2007 et en 2008 pour avoir défendu la réforme et la libération des prisonniers politiques.

6. LE VIETNAM

Les bloggeurs ont audacieusement tenté de combler les lacunes laissées par les médias classiques contrôlés par l'état en matière d'informations indépendantes. Cependant, le gouvernement a réagi avec davantage de mesures réglementaires et les autorités ont appelé des entreprises de technologie internationales telles que Yahoo, Google ou Microsoft à fournir des informations sur les bloggeurs qui utilisent leurs plateformes. En septembre dernier, l'éminent bloggeur Nguyen Van Hai, également connu sous le nom de Dieu Cay, a été condamné à 30 mois de prison sur des accusations de fraude fiscale. Les recherches du CPJ démontrent que ces accusations ont été formulées en représailles à son blog.
Illustration: En octobre 2008, le ministère de l'Information et de la Communication du Vietnam a créé une nouvelle agence chargée de contrôler l'Internet.

7. LA TUNISIE
Les fournisseurs de services Internet sont tenus de soumettre régulièrement des adresses IP et d'autres informations d'identification au gouvernement. Tout le trafic Internet passe par un réseau central, ce qui permet aux autorités de contrôler et de filtrer le contenu des courriers électroniques. Le gouvernement emploie une gamme de techniques visant à harceler les bloggeurs, notamment la surveillance, la restriction des mouvements des bloggeurs, et le sabotage électronique. Les chroniqueurs en ligne Slim Boukhdhir et Mohamed Abbou ont été emprisonnés pour leur affichages.
Illustration: Dans un discours en mars dernier, le président Zine El Abidine Ben Ali a mis en garde les bloggeurs qui portent l'attention sur les « erreurs et les abus » du gouvernement, disant qu'ils se livraient à des « pratiques qui ne sont pas dignes de la société tunisienne et n'ont rien à voir avec la liberté et la démocratie ».


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Dossier datualité Re: Mirage ou mythe de la démocratie

Message par sphinx le Ven 1 Mai - 19:01

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8. LA CHINE
Avec près de 300 millions d'internautes, la Chine a, plus que tout autre pays au monde, une forte culture numérique. Cependant, les autorités chinoises possèdent le plus vaste programme de censure de l'Internet au monde. Ce réseau de surveillance est imité par d'autres pays comme le Vietnam. Le gouvernement s'appuie sur des fournisseurs d'accès Internet pour filtrer les recherches, bloquer les sites Web de ses détracteurs, supprimer les contenus désobligeants et surveiller le trafic des courriels. Puisque la presse traditionnelle en Chine est étroitement contrôlée, les nouvelles et commentaires diffusés par les bloggeurs laissent rarement indifférent. Les blogs, par exemple, ont joué un rôle clé dans la diffusion d'informations sur le tremblement de terre au Sichuan en 2008. Mais les bloggeurs qui vont trop loin dans la promotion des opinions impopulaires ou dans la diffusion d'informations sensibles peuvent se retrouver en prison. Les recherches du CPJ ont révélé qu'au moins 24 chroniqueurs en ligne sont actuellement en détention.
Illustration: En 2008, le Bureau national de lutte contre la pornographie et les publications illicites a annoncé qu'il avait retiré plus de 200 millions de billets en ligne jugés « nuisibles» au cours de l'année précédente.

9. LE TURKMÉNISTAN

Le président turkmène, Gurbanguly Berdymukhammedov a promis d'ouvrir son pays jusqu'alors isolé du monde en assurant un accès public à l'Internet. Mais lorsque le premier cybercafé du pays a ouvert en 2007, il était sous surveillance militaire. En plus, les connexions étaient irrégulières, le tarif horaire trop élevé et les autorités contrôlaient ou bloquaient l'accès à certains sites. L'entreprise de télécommunication russe MTS, qui avait pénétré le marché turkmène en 2005, a commencé en juin 2008 à offrir un accès au Web à partir de téléphones mobiles, mais les règlementations du service exigent que les clients évitent les sites critiquant le gouvernement turkmène.
Illustration: Turkmentelecom, le fournisseur public de services Internet, bloque systématiquement l'accès aux sites des dissidents et de l'opposition, tout en contrôlant les comptes e-mail sur Gmail, Yahoo et Hotmail.

10. L'EGYPTE
Les autorités égyptiennes ne bloquent qu'un petit nombre de sites Web, mais elles contrôlent régulièrement l'usage de la Toile. Le trafic de tous les fournisseurs de services Internet passe par l'opérateur Egypt Telecom contrôlé par l'Etat. Les autorités emprisonnent régulièrement des bloggeurs aux opinions dissidentes pour des durées indéterminées. Les organisations locales de défense de la liberté de la presse ont documenté la détention de plus de 100 chroniqueurs en ligne pour l'année 2008 seulement. Bien que la plupart des bloggeurs aient été libérés après de courtes périodes, certains ont été incarcérés pendant des mois et beaucoup ont été maintenus en détention sans ordonnance judiciaire. La plupart des bloggeurs déclarent avoir été maltraités, et certains ont été torturés.
Illustration: Le bloggeur Abdel Karim Suleiman, connu en ligne sous le nom de Karim Amer, purge actuellement une peine d'emprisonnement de quatre ans sur la base d'accusations d'insulte à l'Islam et au président égyptien, Hosni Moubarak.

METHODOLOGIE

En collaboration avec des experts d'Internet, le CPJ a élaboré les huit critères suivants afin d'évaluer les conditions de travail des bloggeurs dans le monde entier, notamment:
* Un pays emprisonne-t-il des bloggeurs?
* Les bloggeurs font-ils l'objet de harcèlement, de cyber-attaques, de menaces, d'agressions ou d'autres représailles?
* Les bloggeurs pratiquent-ils l'autocensure pour se protéger?
* Le gouvernement limite-t-il la connectivité ou restreint-il l'accès à l'Internet?
* Les bloggeurs sont-ils tenus de se déclarer auprès du gouvernement ou d'un fournisseur de services Internet ou de donner un nom et une adresse vérifiables avant de lancer un blog?
* Un pays possède-t-il des règlements ou des lois pouvant être utilisés pour censurer les bloggeurs?
* Le gouvernement surveille-t-il les citoyens qui utilisent l'Internet ?
* Le gouvernement utilise-t-il la technologie de filtrage pour bloquer ou censurer l'Internet?

Tunisia watch ( blog censuré en tunisie)


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Dossier datualité Re: Mirage ou mythe de la démocratie

Message par sphinx le Lun 15 Juin - 22:53

L’Algérie ou la démocratie ?

«C’est une mauvaise chose de protéger les lettres que de pendre les lettrés»

Il a fallu que ce soit un président américain qui s’adresse aux mondes arabe et musulman dans un discours d’homme d’Etat. Et comme il s’agit de l’Etat le plus riche et le plus puissant du monde, l’écho n’en finit pas de se faire sentir sur toute la planète. Le fait que M. Obama ait choisi le Caire n’est ni fortuit ni dénué de symbolique, de sens et surtout non dénué de portées politiques. Le Président Obama a supplanté tous les dirigeants arabes, englués dans des égo sans aucune mesure avec leur sagesse, leur charisme, leur inventivité, tout en donnant des leçons aux écrivains de hrouz, aux prédicateurs de fetwas de quartiers impraticables et aux apprentis théologiens de pacotille qui bredouillent un arabe approximatif dans des tenues sorties de l’inquisition espagnole qui n’est plus qu’un sujet pour thésards et prétexte à des films gores. Pourquoi le Caire ? Le siège à vie de la Ligue arabe qui n’est plus qu’un ornement dans la vanité des Arabes, incapables de régler entre eux le moindre conflit, est celui qui a vu naître la confrérie des «Frères Musulmans» qui ont essaimé dans le monde arabe pour mieux le ramener au Moyen-âge des bûchers, des exécutions de mécréants, des «traîtres» laïques et autres buveurs d’alcool et mangeurs de bûches de noël. Le choix de l’Egypte qui a payé cher les guerres israélo-arabes, qui a fait de Nasser un très grand leader anti-colonialiste, un puissant générateur de fierté, de mobilisation des peuples arabes, se justifie par la modération de son discours qui a évalué progressivement vers un consensus béni par les grandes puissances : Israël est une réalité de notre monde et il serait vain et surtout stupide de vouloir mettre «les juifs à la mer» qui ont le droit de vivre dans la paix et la sécurité au même titre que tous ses voisins pour toujours.
La nouveauté et la fermeté introduite par M. Obama est que les Palestiniens doivent avoir exactement les mêmes droits et qu’Israël ne peut plus se permettre la politique contre-productive de colonisation de terres qui ne lui appartiennent pas, en fermant sur les yeux sinon en encourageant l’implantation de nouvelles colonies rampantes et provocatrices. Si les dirigeants arabes, collectivement ou chacun de son côté, ne veulent pas ou ne peuvent pas avoir un discours clair, cohérent sans compromission sur l’Islam et sa place dans la société, il a fallu un Américain pour dire «l’Amérique et l’Islam se recoupent et se nourrissent de principes communs, à savoir la justice et le progrès, la tolérance et la dignité de chaque être humain». Et là, il gratte là où ça démange les régimes arabes qui pratiquent la valse hésitation pour des motifs de pouvoir, de rente et très souvent par un aveuglement idéologique et religieux qui fait que la différence, les libertés individuelles, le statut de la femme, des laïques et des libres penseurs relèvent du seul pouvoir et non pas des droits humains. En fait, la question centrale est : les dirigeants arabes veulent-ils le progrès pour leur société, l’égalité réelle des sexes et le respect des cultes et croyances ou pas ? M. Obama ne pouvait choisir meilleur endroit que la patrie d’Al-Azhar très peu fréquenté par les charlatans de troisième zone qui pérorent dans les médias, les cités populaires, les partis et les mosquées en Algérie. Dans ce pays, des hommes comme Abassi Madani, des «émirs» analphabètes, des fonctionnaires qui n’ont pas le certificat d’études en théologie ont régenté et domestiquent l’espace public, les consciences jusque dans les écoles dans l’impunité et la complicité totales de l’administration qui n’en pense pas moins mais laisse faire, contre des quotas au Parlement et des nominations ici et là.
Après avoir délivré, malgré son jeune âge, des leçons de tolérance, sur la cohabilitation pacifique des humains qui pratiquent ou pas une religion, qui professent la laïcité sinon l’athéisme qui n’engage que l’individu libre face au jugement dernier qui n’est d’aucune autorité ou pouvoir terrestres. Les dirigeants arabes ont sûrement suivi avec intérêt les propos du chef du monde grâce à la science, aux technologies à l’innovation et aux libertés qui font de l’Amérique la superpuissance, sans police politique des moeurs, des modes alimentaires et vestimentaires qui vont du bikini affriolant au foulard qui tient chaud l’été à la barbe hirsute, jamais taillée esthétiquement qui donne des allures de vieillards à des jeunes de trente ans. Ce qui offre effectivement, en ce siècle des paysages humains, en plus des violences exercées contre des musulmans par des musulmans, une image en parfaite contradiction avec le message délivré au Prophète de l’Islam pour qu’il soit révélé non pas aux seuls Arabes mais à l’humanité entière.
Sans jamais occulter le drame et la colonisation sauvage que vivent les Palestiniens depuis des décennies de feu et de sang, M. Obama a été humaniste, fin politique respectueux de tous et ouvert sur les civilisations, les cultures et les religions, lui, le chrétien, dans un pays où vivent toutes les religions, révélées ou pas, les sans foi et les pratiques les plus fermées sur elles-mêmes. Combien de dirigeants arabes auraient le courage politique, l’humanisme et l’ouverture d’esprit pour protéger la liberté du culte, des pensées qui s’affichent pacifiquement pour la richesse des sociétés et des pays qui ne peuvent avancer que dans la paix civile, la tolérance et le respect des croyances individuelles ou collectives ? Aucun, malgré les Constitutions et l’expérience accumulée par le monde.
Des problématiques lourdes pour l’humanité, pour l’avenir de la terre entière, pour des milliards d’être humains, qui ne laisseront indemnes aucun pays, aucune économie, aucun régime, aucune culture agitent de grands débats. Ces derniers sont menés entre les grandes puissances, à l’intérieur des pays, au sein des élites et experts mondiaux. Pendant ce temps, qui ne joue pas pour l’Afrique et de nombreux pays du Sud, la classe politique algérienne et la société s’enfoncent dans des querelles du passé, inconnu pour les jeunes. Ceux-ci suivent comment la terre fête une nouvelle année, une fête nationale, l’anniversaire du débarquement allié en normandie, la fête de la musique, les dates fondatrices qui ont marqué l’humanité. Que leur offre-t-on pour le 5 Juillet, le Premier Novembre, l’Aïd, le Mouloud, le 8 Mai 1945... etc. ? Rien, des villes closes où sont interdits les bals, la musique, les bars, la mixité chassée comme la perte, la chasse sans fin des «traîtres» des «ourdisseurs de complots», des «ennemis du pays», des «fossoyeurs de la langue nationale»...
Les motifs de fierté, d’appartenance à une communauté diversifiée mais que l’on veut uniforme, à une histoire célébrée dans la joie, avec faste et communion s’estompent d’année en année. Alors que faut-il choisir : l’Algérie ou la démocratie ? Les deux mon général !
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Dossier datualité Re: Mirage ou mythe de la démocratie

Message par sphinx le Ven 25 Sep - 14:45

Le Dalaï-lama, les relations internationales et la démocratie

Fin août, le Dalaï-lama s’est rendu à Taiwan, malgré les protestations de la République populaire de Chine. Il est actuellement en Amérique du Nord. Pourra-t-il rencontrer le président Barack Obama qui doit se rendre en Chine en novembre ? En Inde, le Karmapa rappelle la situation préoccupante du peuple tibétain et de sa culture menacée. « Yes we can », le slogan de campagne d’Obama peut-il inciter le président américain au courage d’une rencontre devant l’urgence requise pour le Tibet ?

Le Dalaï-lama s’est rendu fin août à Taiwan. Si sa visite avait un caractère religieux, il a eu l’occasion de soutenir la démocratie en affirmant : « Vous appréciez la démocratie, vous devez la préserver. Je dis à mes amis, peu importe le parti (auquel vous appartenez). Je me consacre moi-même totalement à la promotion de la démocratie ». L’année 2009 est celle d’anniversaires sensibles pour la Chine, comme la commémoration du 20ème anniversaire du mouvement étudiant pour la démocratie de la place Tian’anmen.



Le Dalaï-lama avait exprimé son soutien et son émotion en 1989, et le 4 juin 2009, il déclarait dans un message de soutien aux démocrates chinois : « Les étudiants impliqués dans le mouvement de la place Tian’anmen n’étaient ni anti-communistes, ni anti-socialistes. Leur prise de parole pour défendre les droits constitutionnels populaires chinois, en faveur de la démocratie et leur prise de position contre la corruption se conformaient tout à fait aux idéaux implicites du gouvernement communiste chinois. Ceci a été exprimé en confidence par le chef du Parti d’alors, Zhao Ziyang. Par conséquent, l’imminent 60ème anniversaire de la République populaire de Chine constitue l’occasion de revenir sur les événements du 4 juin 1989. »

Il semble que ce nouvel anniversaire sensible va coïncider avec la visite du Dalaï-lama aux USA et peut-être dans l’éventualité d’une rencontre avec Barack Obama, des conseillers du président américain se sont rendus à Dharamsala, en Inde, où se trouve le siège du gouvernement tibétain en exil. Certains s’inquiètent qu’une telle rencontre suscite la colère de Pékin, et ne rende impossible les espoirs du président américain, qui doit effectuer son premier voyage à Pékin en novembre, dans le but de raffermir les liens entre les Etats-Unis et la Chine. A Dharamsala, le premier ministre tibétain Samdhong Rinpoché a déclaré : « De nombreuses nations adoptent une politique de conciliation. Même le gouvernement des Etats-Unis pratique cette politique d’apaisement. Aujourd’hui, les préoccupations économiques sont bien plus grandes que d’autres préoccupations ».

Dans le même temps, on apprend que des incursions de l’armée chinoise se seraient produites à la frontière indienne, et que 50 000 soldats chinois se trouveraient au Tibet. Le responsable de la Sécurité Nationale Indienne demande une réunion à ce sujet. La Chine s’oppose aussi à une prochaine visite du Dalaï-lama en Arunachal Pradesh, territoire à frontière sino-indienne qu’elle revendique. Le Dalaï-lama doit en effet visiter début novembre l’État d’Arunachal Pradesh, une zone du nord-est de l’Inde revendiquée par la Chine qui avait été l’un des enjeux de la guerre sino-indienne de 1962. Un journaliste a récemment interviewé le Karmapa qui s’est enfuit du Tibet il y a près de 10 ans. Il lui demandait notamment si les échanges entre l’Inde et la Chine étaient suffisamment diplomatiques. Le Karmapa répondit avec un trésor de diplomatie : « Bien sûr, je ne peux parler dans la perspective d’un politicien qui serait actif dans ces communications. Bien sûr, le gouvernement de chaque pays a ses propres intérêts dans les discussions en cours. Ils font ce qu’ils peuvent pour faire avancer leurs propres intérêts. Je ne peux commenter ce que pourraient être ces intérêts. Mais si je devais faire quelques observations et suppositions de mon propre angle de vue, il me semble que le gouvernement chinois agit un peu délibérément par des tentatives visant à irriter légèrement le gouvernement de l’Inde. A cause de ceci, la relation de voisinage a un peu souffert. L’Inde a toujours été un pays relativement pacifique, un pays qui a toujours eu un dossier raisonnablement bon de valorisation de la paix, l’Inde ne semble pas intéressée à poursuivre aucun type de conflit, cependant, l’Inde est un pays émergeant du monde et peut-être le gouvernement chinois sent quelque type d’impulsion visant à émousser cette émergence d’une manière ou d’une autre. Peut-être est-ce cela qui cause certaines des choses que nous voyons aujourd’hui. »

Dans cette même interview, le Karmapa affirme aussi soutenir la voie médiane du Dalaï-lama visant à une solution mutuellement bénéfique pour le gouvernement chinois et le peuple tibétain. Il affirme aussi que la préservation à long terme de la culture tibétaine ne pourra se faire qu’à l’intérieur du Tibet, et pour cette raison, la situation est terriblement préoccupante, cette culture risquant de disparaître de façon irrémédiable. Il ajoute que le monde devrait y prêter plus d’attention, et agir rapidement.

Dans ce contexte de tension et d’urgence, le président Obama serait sans doute bien conseillé de rencontrer dès à présent le Dalaï-lama alors que ce dernier vient d’arriver en Amérique du nord pour une visite qui le mènera successivement à Memphis dans le Tennessee, au Canada, puis à New York et à Washington.

En France, Ségolène Royal avait rencontré le Dalaï-lama lors de son passage en France en août 2008, une visite qui coïncidait avec les Jeux olympiques de Pékin. Quelques mois plus tard, en décembre 2008, le président Nicolas Sarkozy, le rencontrait lui aussi, à l’occasion du 60e anniversaire de la déclaration universelle des droits de l’homme. D’autres dirigeants européens comme Angela Merkel avaient aussi rencontré le Dalaï-lama. Certes, la Chine a toujours protesté, rendant plus explicite le courage des dirigeants qui osent rencontrer le Dalaï-lama.

Aussi, maintenant plus que jamais, pensons à l’urgence de la situation du peuple tibétain avec, pour le Tibet, ce slogan en tête : « Yes we can ».
http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/le-dalai-lama-les-relations-62033


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Dossier datualité Re: Mirage ou mythe de la démocratie

Message par sphinx le Lun 19 Oct - 4:28

Le martyre du peuple karen dans la jungle birmane par Eva R-sistons


Génocide !
Mot abominable !

L'extermination d'un peuple, d'une race, d'une communauté... L'homme est-il vraiment un loup pour son prochain ? C'est une idée insupportable. Et pourtant, l'"ami américain", le peuple "élu" (encore un !), le champion de la démocratie, de la liberté, du Bien, et j'en passe, s'est bâti sur les ruines des populations autochtones, les Amérindiens, dont la civilisation demeure pour beaucoup encore un modèle - de sagesse, de solidarité, en particulier. Et que penser de l'édification d'immenses fortunes sur le dos des Noirs emmenés de force et traités en esclave ? La philosophie de l'"ami américain" repose sur la force, l'individualisme, l'égoïsme. Tant pis pour les conséquences ! Et tout cela en invoquant le nom de Dieu, au mépris de la Parole chrétienne.



Et tant d'autres génocides ! L'Histoire est jalonnée de meurtres de masse... Encore récemment, ceux des Arméniens, des Tsiganes, des Juifs ou des Tutsis... L'intolérance est hélas une des choses les mieux partagées !


Concernant les Karens, je dirais que la situation de cette minorité me préoccupe depuis de longues années. Et depuis, rien n'a changé.
L'indignation des Etats est à géométrie variable: Elle dépend des ressources du sous-sol. Remarquez, la terre des Karens suscite bien des appétits : Mines de rubis, contrôle du trafic de stupéfiants le long des routes menant à la Thaïlande, ou... exploitation des gazéoducs au Sud de la Birmanie par la Compagnie Total, pour ne citer que ces exemples. Mais la vie des humains ne pèse pas lourd quand il s'agit d'intérêts financiers...


Dans la Jungle birmane, les Karens vivent un enfer. Ils ne reçoivent aucune aide alimentaire, aucune assistance médicale (alors que les maladies tropicales font des ravages), et aucune organisation humanitaire ne leur porte secours. Et ils souffrent de la faim, à quelques dizaines de kilomètres seulement des hauts lieux thaïlandais du tourisme.

Comment vivent les Karens en pleine jungle, alors que leurs campements, leurs cultures et leurs animaux sont régulièrement brûlés par les militaires birmans, et que leurs femmes sont constamment violées ? Eh bien, ils survivent, malades, affamés, sans instruction, passant le plus clair de leur temps à fuir ! Quand ile ne sautent pas sur des mines... et tout cela dans l'indifférence absolue du monde ! En fait, ils vivent comme des prisonniers en pleine jungle, emmurés, mais à la différence des Palestiniens, leurs murs sont invisibles...


Les hommes tentent de protéger la communauté, mais mal armés, ils en sont réduits à limiter les dégâts. Attention, ce peuple n'est pas belliqueux:
Beaucoup d'entre eux, d'ailleurs, sont des croyants pratiquants, et ils ne demandent qu'à être reconnus, à vivre librement leur culture, leurs traditions. A l'heure de la mondialisation, de la compétition, du chacun pour soi, ils perpétuent les modes de vie communautaires, la solidarité, l'attention à l'autre, ils ont toujours un esprit positif qui force l'admiration, ils ne se plaignent jamais. Alors que les Attali envisagent sans états d'âme l'euthanasie des retraités trop coûteux, comme les Amerindiens prennent soin de leurs anciens, dans le respect, les Karens se soucient de leurs vieillards. Lorsqu'un de leur campement est attaqué, ceux-ci sont transportés dans des grands paniers, ils ne sont pas abandonnés à leur sort ! Les barbares ne sont pas où on le pense...

Amis lecteurs, nous devons tout faire pour relayer la souffrance des Karens:
Ils vivent comme aujourd'hui les Palestiniens ou hier les Amerindiens, une lente agonie intolérable. Et les généraux birmans se donnent quelques mois pour procéder au nettoyage ethnique de cette minorité... Nettoyage ethnique ?
Un mot abominable qui rappelle d'atroces souffrances, celles des Juifs hier, ou celles des Palestiniens aujourd'hui, pour ne citer que ces exemples.

Il est temps de lancer une grande campagne d'information et de mobilisation internationales pour que la junte birmane ne commette pas l'irréparable
bientôt ...

http://www.alterinfo.net


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Dossier datualité Re: Mirage ou mythe de la démocratie

Message par abdelmalek le Sam 21 Nov - 10:44

LA DE MO CRA TIE:la seul dont je pense et je crois c'est celle auquel le peuple soit :travaille (bien payer) bien être ect..

je vous donne la definition dde la bonne sante fournie par l'OMS:

le bien etre physique moral psychique social et materiel c'est la definition du bien être par l oms.POUR MOI c'est ça la democratie.
FRANCO militaire et dictateur:mais a construit l'espa&gne moderne et je l'admire.CAR L4ESPAGNE a depasser bcp de pays europeen:donc faisant la même chose en dix ans et vive franco qui a montre une ligne de conduite depuis et avant le 2eime guerre mondiale.une vision est un objective pour construire son pays ,il faut que les resultat soit visible.

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Dossier datualité Re: Mirage ou mythe de la démocratie

Message par Syfou le Dim 13 Fév - 2:43

La démocratie, ça sert à quoi ?

La démocratie, c'est quoi ? C'est le pouvoir partagé entre tous. C'est donc un idéal, un horizon, un principe vers lequel on ne peut que tendre, car au fond, rien ne nous dit comment nous pourrions partager le pouvoir entre tous, ni à quoi ça pourrait ressembler.

Pour autant, ce n'est pas une utopie, puisque les antiques institutions athéniennes peuvent servir de modèle. Mais Athènes n'était alors qu'une toute petite ville, le statut de citoyen s'opposait à celui d'esclave et cette démocratie se traduisait en des dynasties de notables.

Rien n'est moins évident que de partager le pouvoir entre tous. On ne peut non plus ignorer que toutes les tentatives ont été accompagnées de luttes cruelles, en Suisse, en Hollande, en Grande-Bretagne, aux Amériques, en France, en Russie, en Chine, etc. Les résultats ont toujours témoigné qu'il n'est pas très commode de concilier l'idéal et la réalité.

Il ne l'est pas davantage de les séparer. Comment distinguer la Terreur en France du combat pour la liberté ? Comment distinguer la fin du Saint Empire des guerres napoléoniennes ? Comment distinguer la Révolution en Angleterre du massacre des Irlandais ?

Toutes les tentatives de réaliser de beaux principes furent plutôt piteuses, il est dur de le nier. Celles, opposées, de leur faire obstacle furent pires encore. La répression de la Commune fit à Paris plus de fusillés en trois jours, qu'il n'y eut de guillotinés en trois ans de Terreur pour toute la France. De toute façon, une nette distinction entre révolution et contre-révolution n'est pas non plus commode.

Distinguer entre le bien et le mal est à la portée d'une bête. Nous-autres sommes irrémédiablement condamnés à distinguer entre des biens et entre des maux. Et naturellement, nous sommes capables de le faire.

En attendant, partager le pouvoir entre tous demeure un problème, pour tout dire une utopie au sens que l'on donne généralement à ce terme. Devant de tels principes que l'on ne sait pas davantage renier que mettre en application, nous ne connaissons que quatre attitudes : deux totalement stériles, et deux autres qui peuvent être efficaces dans des voies contraires.

La première consiste à s'opposer frontalement à la mise en œuvre de ces principes au nom d'un ordre établi, la seconde à vouloir les imposer à marche forcée. Ces deux attitudes n'ont pas réellement d'existence. Elles sont plutôt les caricatures que l'on fait des adversaires qu'on prétend combattre. Le réactionnaire sérieux sait que les rêves font partie de la réalité qu'il entend conserver en l'état. Il sait aussi que le monde tourne et qu'on doit changer bien des choses pour empêcher que tout change. Quant à celui qui veut tout changer au plus vite, il sait bien au fond que son pire obstacle est de n'avoir aucune idée de comment s'y prendre.

Il ne reste que deux attitudes efficaces. La première consiste à enclencher des processus irréversibles. Les Industrial Workers of the World des USA sont encore ceux qui l'ont le mieux résumé dans leur devise : « Construire le nouveau monde dans la coquille de l'ancien. » Il s'agit de savoir dans quelle direction l'on va - plus qu'exactement où - et d'utiliser toutes les ressources qui y conduisent.

Ceci n'exclut pas des chocs, voire la nécessité de révolutions, ou le risque de contre-révolutions. Les secousses de l'Histoire ne peuvent de toute façon être que des ajustements brutaux résultant de longues et patientes progressions (la taupe de Karl Marx).

Dans un tel processus, fins et moyens ne se distinguent pas clairement. Supposons que le but soit le partage du pouvoir entre tous, il ne peut être poursuivi qu'en commençant à le mettre en œuvre. Aller en ce sens suppose un affaiblissement du pouvoir des uns sur les autres, et un renforcement des collaborations pour exercer un pouvoir sur les choses. Cela touche naturellement aux modes de travail, aux techniques, au partage des connaissances et aux façons de les chercher, etc.

L'attitude contraire consiste à concevoir ce qui n'était que le moment d'un processus comme une institution définitive. Ce qui n'était qu'une marche titubante et tumultueuse - des mesures provisoires pour parer à des situations critiques, des expédients, des remèdes incertains, parfois pires que le mal - finit par prendre la place de ce qui en était le but, la raison d'être.

Ce qui n'était que de maladroites tentatives de démocratisation est présenté comme la démocratie elle-même. Sur un tel modèle, de catastrophiques tentatives de socialisation des moyens de production ont été présentées comme « le communisme réel ». Pourquoi pas « la démocratie réelle », puisqu'il s'agissait bien, et très explicitement de tentatives de démocratisation ?

Observons bien la « démocratie réelle » que le Pentagone tente d'imposer en Irak ou au Pakistan. Elle ne renie en rien la Révolution Américaine, au contraire, elle s'en réclame.

C'est également la raison pour laquelle ceux qui semblent faire aujourd'hui métier d'antistalinisme sont souvent ceux-là mêmes qui faisaient celui de zélotes de Staline en d'autres temps. C'est au fond la même posture, ou plutôt la même imposture. Tout homme normal sait le prix à payer parfois pour seulement rester en vie — je veux dire collectivement bien sûr. Ce qui peut faire débat, c'est qu'on n'est jamais sûr de ne pas creuser sa tombe en croyant creuser une issue. Mais qui peut confondre le prix à payer — peut-être, sans doute, à contre-usage — avec le but lui-même ?

Élire ses chefs, cela peut être un pas vers le partage du pouvoir entre tous. Cela peut même être le premier d'un processus irréversible. Tout dépend d'où l'on part. Le rapport entre les deux choses est toutefois lointain. Qu'importe comment quelqu'un se trouve investi à un poste de décision, du moment qu'il ne peut exercer son autorité contre ceux dont il la tient. De Gaulle avait-il plus besoin d'un mandat de la France libre, que les maquisards d'un ordre de mobilisation ?

On s'arrange comme on peut, et la pire dictature peut au contraire avoir besoin d'un suffrage populaire. Il est d'autant plus facile d'avoir des suffrages qu'on a déjà plus de pouvoir. Qu'un pouvoir soit légitimé par les urnes ne signifie en aucune façon qu'il soit démocratique.

N'y aurait-il même pas là une façon de jouer sur les mots ? Y a-t-il un sens à donner à qui que ce soit le pouvoir qu'il va exercer sur nous ? Y a-t-il seulement un sens à se déposséder d'un tel pouvoir ? N'est-ce pas une sorte de contradiction dans les termes ?

Il y a déjà longtemps qu'on a fait le coup du « président de tous les Français ». C'est tout à la fois illogique et trop logique, et d'autant plus illogique que c'est logique. L'élu est le président de tous, puisque tous ont participé au suffrage, reconnaissant par là celui qui le gagnera. Il sera pourtant élu sur un programme qui ne sera même pas celui d'une majorité au premier tour. La majorité se soumettra donc au choix d'une minorité. On sait jusqu'où en 2002, Lionel Jospin a poussé le paradoxe.

Autant dire clairement ce que tout le monde peut bien comprendre : que la démocratie est le respect des minorités, et certainement pas la dictature de la majorité. S'en remettre au scrutin majoritaire n'est qu'un expédient, une façon de trancher dans le vif un choix indécidable. C'est mieux et plus rapide qu'une commission d'experts, mais plus lourd que le pile ou face. Ce n'est pas pire ; le rapport avec la démocratie est seulement lointain.

La démocratie, on l'attendrait plutôt en amont, mais c'est alors le même problème qui se pose. Le choix d'un programme et d'un candidat, est fait exactement comme le choix final.

Le référendum sur le Traité Constitutionnel a été très symptomatique. Le traité a été rejeté alors que la quasi-unanimité des partis parlementaires le soutenait. On a préféré ne pas vérifier ce qui était probable : que tous les pays dotés d'une petite culture constitutionnelle auraient eu des votes semblables. Pourquoi se faire du mal, puisqu'on le savait ?

Et que savait-on exactement ? Que le vote populaire était en contradiction flagrante avec les décisions prises par les élus de ces mêmes votants.

« Non » de gauche ou « non » de droite, « non » des extrêmes ou « oui » du centre ? Ces questions sont bien subsidiaires à côté d'une autre : Ce qui nous divise se recoupe de moins en moins avec ce qui distingue les composantes politiques traditionnelles. Dit plus simplement : les élus sont de moins en moins les porteurs des idées de leurs électeurs. Ce qu'il y a finalement de plus démocratique dans nos mœurs et nos institutions, c'est encore que ce soit visible.

Attention, toutefois, le plus grave n'est pas le plus évident : qu'une « classe politique » accapare le pouvoir contre le peuple. Le remède serait alors plus facile à trouver. Le plus grave est que les débats dans les partis, les campagnes électorales et les débats parlementaires n'apportent plus rien au débat démocratique. Il ne peut que se tenir ailleurs ou ne pas se tenir du tout.

Mais au fond, ça sert à quoi la démocratie ? Ça sert à quoi que le pouvoir appartienne à tous ? À le justifier, le légitimer, je n'ose dire le sacraliser ? Serait-ce la version moderne du droit divin ?

S'il y a des personnes compétentes, il vaudrait mieux les laisser faire. Mais si ! osons le dire et le penser ! Comment une masse qui ne comprend rien pourrait apporter autre chose que de la confusion dans des problèmes plutôt techniques ? N'est-ce pas dans le fond ce que pensent ceux qui font appel à nos suffrages, et qu'ils nous font en réalité très bien comprendre ? Peut-on vraiment les en blâmer ?

Que demandent d'ailleurs les masses si ce n'est des sous et du travail ? Que pourraient-elles demander d'autre ? Et qu'attendrait-on qu'elles demandent ? Les masses le demandent parce que ça ne dépend pas d'elles de l'obtenir, ni même en réalité de le demander. Alors pourquoi feindre de leur laisser choisir les moyens ? C'est comme si mon médecin me demandait comment me soigner.

En fait on ne nous en demande pas tant, seulement de choisir le meilleur praticien. Et si la démocratie était tout autre chose ? Si elle n'avait qu'une raison d'être : en finir avec ça ?

En imaginant même l'impossible, qu'une masse de brutes soit capable de se choisir des chefs éclairés, qu'est-ce que cela leur apporterait, si ce n'est les fixer davantage dans leur état de brutes ? J'avais cru comprendre que la démocratie était le contraire : des idiots qui tentent maladroitement de saisir leur destin, de faire eux-mêmes les catastrophes dont ils pourraient préférer laisser la responsabilité à d'autres, et qui découvrent ainsi leur pouvoir sur les choses.

Non seulement la démocratie ne peut être qu'un horizon, une perspective, qui reste encore pour l'essentiel à inventer, mais elle n'est même pas une fin en soi. Si elle a un sens, ce ne peut être que celui d'un moyen, d'un outil. Et pour quoi faire ? Forcer l'idiot, en prenant la mesure de son pouvoir sur les choses, à l'être moins.

Par:Jean-Pierre Depetris

Paru dans Avril-22 Ceux qui préfèrent ne pas

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Dossier datualité Re: Mirage ou mythe de la démocratie

Message par abdelmalek le Dim 13 Fév - 10:26

la démocratie c'est le bien être :ou les valeurs de respects et un pays ou nous avons toujours un printemps:maintenant que certains ce montre gourmand ça les regardent mais ne doivent pas troubler le rêve d'un pays qui veut avancer . contre le racisme oui contre la hagra oui contre deux poids et mesures oui: être 3/4 d'algerien non. la richesse bien partagé oui.l'école l'université ect.. oui... doonc notre pays nous garantie touts celà alors continuons a construire ce beau pays:comme l'avait dit feu Boumédienne il n'y a que ceux qui ne travaillent pas qui ne fond pas d'erreurs.

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Dossier datualité Re: Mirage ou mythe de la démocratie

Message par Syfou le Lun 7 Mar - 1:13

Procès Chirac



Procès Chirac: le tribunal saisi d'une QPC

PARIS (AP) — Le tribunal correctionnel de Paris, qui doit juger à partir de lundi l'ancien chef d'Etat Jacques Chirac pour des faits relatifs au financement présumé occulte du RPR, sera saisi d'une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) dont la défense espère qu'elle pourrait remettre en cause le procès.

Cette QPC a été déposée par l'avocat de Rémy Chardon, ancien directeur de cabinet de M. Chirac à l'Hôtel de Ville de Paris et poursuivi dans l'affaire dite des chargés de mission. Elle porte sur la "connexité" des deux dossiers qui seront examinés par le tribunal, l'un instruit à paris, l'autre à Nanterre.

La Cour de cassation, suivant en cela le raisonnement du juge d'instruction parisien, avait considéré que l'enquête sur les chargés de mission ouverte en 1999, n'était pas prescrite en raison de la procédure "connexe" instruite à Nanterre depuis 1995 et qui a valu à M. Juppé d'être condamné à 14 mois avec sursis en 2004. Les deux dossiers, portant sur des faits similaires, ont finalement été joints.

C'est cette notion de "connexité" que conteste Me Jean-Yves Leborgne, avocat de M. Chardon. Le vice-bâtonnier de l'ordre des avocats de Paris considère que l'analyse des juges "constitue une atteinte au principe constitutionnel de l'action publique et au principe de légalité", a-t-il expliqué à l'Associated Press.

"Le tribunal devra statuer sur cette QPC", a-t-il ajouté. Le tribunal peut alors la transmettre à la Cour de cassation qui saisira éventuellement le Conseil Constitutionnel. Mais le tribunal peut rejeter la QPC. Une décision qui n'est pas susceptible d'appel.

Me Leborgne se défend d'être "un sous-marin" de la défense de Jacques Chirac. Fin janvier, celle-ci a tenté de faire reporter le procès dans l'attente de la décision de la justice administrative saisie d'une procédure engagée par l'association Anticor. Le tribunal correctionnel doit se prononcer lundi. AP

pas/mw




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Dossier datualité Re: Mirage ou mythe de la démocratie

Message par Syfou le Jeu 16 Juin - 5:55

Violences à d'Athènes (Grèce )
Juin 15/06/11


Greece Clashes: Video of fire bombs, tear gas at Athens mass protest

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Dossier datualité Re: Mirage ou mythe de la démocratie

Message par abdelmalek le Jeu 16 Juin - 11:10

je reviens toujour a la défenition de la bonne santé :celà uniquement c'est la démocratie:car prendre le pouvoir avoir un régime qui te brime la santé:action = réaction.

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Dossier datualité Re: Mirage ou mythe de la démocratie

Message par Lotfi le Jeu 1 Sep - 11:26

Quand les intellectuels camerounais renoncent à la démocratie

Jean-Pierre Bekolo*. Le cinéaste était, avec Suzanne Kala Lobe, Charles Ateba Eyene, Jean Paul Pougala et Roger Sombaye, l’invité de l’émission “Carte sur table” diffusée le 23 août dernier par la Stv. « Le ton général de l'émission quand nous parlions du Cameroun tellement calme et en déphasage avec les angoisses de la situation camerounaise, méritait à mon avis un peu d'adrénaline». D’où ce cri de cœur, adressé aux intellectuels.

Que le tout puissant président sortant du Cameroun ne se fasse toujours pas entendre quasiment à un mois de l'élection présidentielle (il n'a pas encore annoncé lui-même sa candidature officielle), on pourrait le comprendre car il peut s'agir d'une stratégie politique ;
Que l'opposition soit silencieuse, on pourrait dire qu'elle a un problème de moyens et avec l'usure, est à l'image du régime qu'elle combat ;
Que le peuple soit silencieux, on pourrait comprendre qu'il soit boudeur n'ayant pas toujours eu la possibilité de choisir vraiment ses dirigeants.

Mais que les intellectuels camerounais soient silencieux et aussi résignés alors qu'on les a vu vindicatifs sur la Côte d'ivoire au point d'agacer les Ivoiriens eux-mêmes et plus récemment sur la Libye de Kadhafi, amène les observateurs à se poser de sérieuses questions sur ce que sont devenus les Camerounais dans leur relation avec le suffrage universel.
Lors d’un débat avec quelques intellectuels camerounais au cours d'une émission télévisée au Cameroun, j'ai pu constater à quel point le Cameroun n'est pas seulement une exception en Afrique, mais une exception dans l'humanité, intégrant l'aphorisme du président Biya qui dit que « le Cameroun c'est le Cameroun ». Le ton général de l'émission quand nous parlions du Cameroun tellement calme et en déphasage avec les angoisses de la situation camerounaise méritait à mon avis un peu d'adrénaline. Mais la réaction sur le plateau fut de se focaliser sur le bruit causé par cette montée en puissance, comme si pour les intellectuels camerounais, la priorité était au maintien de l'ordre, insistant sur la forme pour ne surtout pas aborder le fond. Certains se trouvent une «légitimité indigène» en faisant la chasse aux allogènes de la diaspora que nous sommes. Vivre sur le territoire camerounais a plus d'importance que les productions intellectuelles comme si le mérite suprême était de pouvoir y survivre.
Si les jeunes générations africaines portent sur leurs élites la responsabilité de l'échec de ce continent après 50 ans d'indépendance ; les intellectuels sont tout autant responsables. Le constat est clair, les intellectuels n'ont pas développé une pensée qui a transformé la réalité du continent. On pourrait justifier ici et là les raisons pour lesquelles ça n'a pas été possible, on pourrait citer les Frantz Fanon, Cheick Anta Diop, Almicar Cabral, Nkrumah et autres... Il n'en demeure pas moins qu'aujourd'hui le continent vit plus sur les idées développées ailleurs et par d'autres que de ses idées propres. Les intellectuels sont restés bloqués dans une posture victimaire datant de la colonisation comme si l'Afrique était la seule à avoir connu le colonialisme. Le conflit en Côte d'Ivoire leur permettait, en faisant une certaine hiérarchisation des conflits en Afrique, de valider la vieille narrative des bons africains nationalistes contre les méchants blancs français de la Communauté internationale. Pourtant la narrative camerounaise d'un homme seul Paul Biya face à lui-même qui n'est pas sans rappeler Dr Jekyll & Mr Hyde à laquelle il faudrait rajouter la narrative du départ du pouvoir. Quand et comment partir ? Le départ de Paul Biya 78 ans fera-t-il cas d'école où sera-t-il une narrative connue ?

Hypocrisie généralisée

Mon regard de cinéaste – comportementaliste* – voit de la duplicité chez ces « frères » camerounais qui sont devenus maîtres en la matière : Personne ne dit ce qu'il pense et personne ne pense ce qu'il dit – à la télévision bien sûr.
Le cinéaste que je suis pense qu'un homme n'est pas ce qu'il dit mais ce qu'il fait (le action hero américain). Là encore les Camerounais ne font plus ce qu'ils disent et ne disent plus ce qu'ils font : On rejette l'Occident quand elle dérange et on embrasse l'Afrique quand ça arrange. « Si tu ne m'arranges pas, faut pas me déranger ».
Pourtant cette supériorité que « les intellectuels » ont a vis-à-vis du reste du peuple, c'est bien de l'Occident qu'ils la tiennent. Pendant le débat, les citations des différents maîtres à penser occidentaux fusent, on entend tous les grands noms mais la finalité de cet intellectualisme semble être plus de se faire entendre en haut lieux que de résoudre les problèmes qui se posent à un pays où le peuple ne croît plus à la démocratie car ici démocratie ne rime pas avec alternance ; depuis 29 ans, on vote même librement mais c'est la même personne qui demeure au pouvoir..

Alors que je m'oblige en tant qu'Africain à explorer un cinéma de vulgarisation destiné au plus grand nombre avec une fonction sociale, alors que je recherche le Bien, le Vrai, le Juste et le Beau, je m'interroge sur les histoires que nous mangerons, que nous entendrons, que nous vivrons et que nous deviendrons, car un pays est avant tout une histoire. Difficile pour ceux qui aspirent à voir le pays sortir du sous-développement d'entrevoir le bout du tunnel dans l'histoire actuellement en cours, dans les mouvements et les discours de cette élite.

Si la politique n'est que pure rhétorique et ne s'encombre pas d'outils de transformation sociale, le développement n'est pas lui non plus à l'ordre du jour. C'est au maniement de la langue de bois qu'on doit sa survie dans ce pays qui a renoncé à devenir un pays riche mais plutôt est devenu un pays de riches. Car même les intellectuels pris par leur survie propre ont renoncés aux projets collectifs pouvant alléger le quotidien des plus démunis. Ils sont tous devenus de droite comme tout le monde au Cameroun où la politique se fait essentiellement à droite.

Rejet de la democratie ?

Le silence de ces intellectuels et de toute cette élite qui a appris à parler pour ne rien faire a une autre conséquence : Il est un rejet de la démocratie vue comme l'exercice d'un pouvoir du peuple par le peuple et pour le peuple. Un concept devenu étrange pour les Camerounais que la religion, la xénophobie, l'homophobie et d'autres thèmes de l'ultra-droite réactionnaire semblent aujourd'hui réunir. On préfère jouer entre élites dans les réseaux invisibles non-démocratiques et les sectes abandonnant à leur propre sort la masse des laissés pour compte de plus en plus nombreux à la marge. Une fois dans ces réseaux, les intellectuels ne deviennent que des portes paroles de groupes ayant des intérêts très éloignés des besoins de la société, faisant de cette élection présidentielle tout sauf une occasion pour tous de réapprendre la démocratie. Une occasion manquée de prévenir une crise post-électorale et éviter une instrumentalisation d'un peuple constitué principalement de jeunes (50% de la population aurait moins de 17 ans au Cameroun) qui n'ont jamais voté ou voteront pour la première fois. Une occasion de permettre aux Camerounais d'apprécier comme avec le football la « sportivité » de ses leaders dans une confrontation des idées dans des médias, débarrassés le temps d'une élection de toute propagande ! Les intellectuels et l'élite camerounaise déclare ainsi que la démocratie n'est pas à l'ordre du jour au Cameroun. Pire, ils semblent vouloir sortir de la République , comme l'a défendu l'un des invités à cette même émission faisant allusion à la Libye. Mais pour sortir de la République et retourner à la chefferie. Là encore la duplicité couplée à la victimisation a pris le dessus bloquant l'intellectuel camerounais dans une posture d'éternel « résistant » quand le pays a aujourd'hui besoin de conquérants.

Chez moi la pilule n'est pas passée et Dieu merci que mes émotions soient restées du côté de ceux qui au Cameroun souffrent au quotidien. Celui qui ne crie pas quand il a mal est déjà mort. Je refuse de mourir avec ces intellectuels. Et à quel moment décide-t-on de changer de langue ? Lorsque celle-ci n'arrive plus à nous parler. Mieux lorsque qu'elle ne nous permet plus d'avoir une emprise sur notre réalité. Chers intellectuels, il est grand temps de changer de langue, de parler une langue qui va transformer le quotidien des Camerounais. Si elle n'existe pas, il faudrait la créer.

http://www.quotidienlejour.com/double-page-/opinion-/7578-quand-les-intellectuels-camerounais-renoncent-a-la-democratie


-------------
" Il ya deux manières d'ignorer les choses:
La première, c'est de les ignorer;
La seconde, c'est de les ignorer et croire qu'on les sait.
La seconde est pire que la première."



Peuple sans mémoire, peuple sans histoire


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Dossier datualité Re: Mirage ou mythe de la démocratie

Message par Syfou le Sam 10 Sep - 1:09

La France : un état mafieux ?

Avec l'arrivée de DSK à Paris (une avalange inimaginable d'images et de commentaires, on aurait cru qu'il était arrivé sur la lune à la nage !), les brouilles à l'UMP, on finit par noyer le plus gros des poissons : les deux affaires

-l'oseille de Bettencourt pour Sarkozy

- et l'illégalité des actions du pouvoir contre le journal Le Monde.

On ne sait plus, avec ce pouvoir, quels sont les scandales les plus lourds : Tapie, Karachi, Bettencourt, Courroye, Guéant …

Alors que le livre des journalistes du Monde (Davet et Lhomme) nous révèle 27 cas ahurissants d'abus de pouvoir, de détournement de fonds, de racket possibles on découvre que les services de l'état, de ceux qui sont là pour appliquer la loi et la faire respecter la viole et en sont félicités. Il s'agit de la justice, de la police, de la gendarmerie et des services de contrespionnage. Il n'y en a pas un pour sauver les autres. Tous ont été pris dans l'anormalité de leur fonction : la police en faisant pression sur des témoins aidée en cela par la gendarmerie (affaire Bettencourt), la justice aux ordres avec Courroye qui lance des opérations déclarées illégales, avec Guéant qui ordonne et coordonnée des actions tant de propagande que de basse police au mépris de la lioi et en félicité les sbires aux ordres.

Dans ce pays qu'est le nôtre, des officines parallèles menacent de mort des journalistes (Médiapart) : Mercredi 31 août, un journaliste de Mediapart a déposé plainte contre X... du chef de menaces de mort. Cette plainte fait état de menaces explicites reçues au début de notre enquête sur les documents Takieddine, alors qu'elle n'était pas encore publique.

La personne qui a fait ces menaces est un certain Sellier dont voici un exemplaire de sa prose, heureusement enregistrée : : « Mediapart n'est pas un journal, c'est une merde. (...) Ecoute-moi. Je suis un tueur. Je suis un tueur du service Action, tu le sais cela. Arfi, je vais le dézinguer. Lui raser la barbe et toutes ses couilles. Edwy Plenel, la moustache. Je lui rase la moustache. Je l'encule. Je suis cent fois plus intelligent que toi. J'ai rien contre toi, tu écris ce que tu veux. Tu peux me diffamer. Je m'en tape. Toi, Karl Laske, j'ai rien contre toi. Par contre, Arfi, je vais le massacrer, l'enculer. Je vais le défoncer. Enculé, enculé. Tu comprends ? Je vais le tuer. Service Action. Trois balles dans la tête. Enculé ».

Ces menaces ont été faites avant même la parution du premier article sur Takieddine. Etrange non ? Mais qui est Sellier ? Ce « fou utile », comme l'avaient déjà qualifié Fabrice Arfi et Fabrice Lhomme dans Le Contrat (Stock), leur livre sur l'affaire Karachi déterrée par Mediapart dès 2008, navigue en effet dans les cercles du pouvoir actuel, lequel a eu parfois recours à ses services. Les compétences de sa société Salamandre, dont il est redevenu président le 29 juillet, sont utilisées par des sociétés liées au monde de la défense et de l'armement. Surtout, c'est un proche de Ziad Takieddine à tel point que nous avons trouvé, dans la masse de documents de cet intermédiaire du clan Sarkozy, plusieurs mentions de Pierre Sellier.[…] Salamandre est l'une de ces officines privées qui permettent de sous-traiter ce que le renseignement officiel ne peut assumer. Deux anciens pontes de la DGSE, François Mermet et Michel Lacarrière, ont notamment figuré à son conseil d'administration. En 2009, Pierre Sellier va inonder les rédactions de mails ou de SMS – ce qui lui vaudra le surnom de « Zorro du texto » dans Paris Match – dans une explicite opération de désinformation dont l'enjeu était l'affaire Karachi relancée par Mediapart, avec en arrière-plan le financement occulte de la campagne présidentielle d'Edouard Balladur en 1995 et l'implication possible de Nicolas Sarkozy lui-même dans ce dossier.

On retrouve Guéant (l'ami avec Copé, Sarkozy, Hortefeux de Takieddine), déjà avec cette société en 2008 qui avait espionné Backchih : Ainsi, au début de 2008, une note sur le fonctionnement de notre site était demandée par Claude Guéant à une société privée de renseignement économique, Salamandre (lire document et verbatim ci-dessous)./La modeste officine, dont le conseil d’administration est présidé par le général Mermet, ancien boss de la DGSE, fournit rapports ou notes de synthèse à ses clients, dont certaines administrations comme le Fonds stratégique d’investissement à Bercy. Rien de vraiment choquant dans ce travail relativement sérieux. Pas de trace d’écoutes clandestines ou d’autres procédés déloyaux. Jusqu’à présent…

Voici un extrait du Verbatim de cette société d'un ex de la DGSE, ce qui explique pourquoi la DSGSE a protégé Takieddine en refusant de donner aux juges qui enquêtent sur Karachi les informations qu'elle possédait sur lui, extrait qui démontre la volonté de manipulation : Une piste de réflexion consisterait au contraire à épauler Bakchich pour :

le faire monter en gamme (qualité et rigueur du travail journalistique) et l’"embourgeoiser", l’institutionnaliser`
viser une parte de marché de 20 à 30% en tant que source à coloration gouvernementale de bakchich en instaurant une logique positive gagnant-gagnant/ce faisant, le détacher mécaniquement des mentors historiques (Probst, Beau etc.)/enfin renforcer sa spécialisation unique utile au pays et à son gouvernement dans la critique des liaisons dangereuses entretenues par les médias français, les collusions politiques
médias ou industrie
médias constituant indéniablement un facteur d’immobilisme et d’appauvrissement de la vie politique et économique en France.


Ce pouvoir ne fait pas de la politique il fait de la propagande et de la basse police. Au centre de tout ce sale petit jeu, Guéant, celui qui refuse de répondre aux 15 questions de Médiapart quant à ses relations avec Takieddine et le bras droit de Kadhafi accusé d'attentat.

On sait maintenant que Guéant est à l'origine d''action illégale à moins que ce ne soit le contre-espionnage qui ait décidé tout seul d'agir dans l'illégalité et de réclamer des informations aux opérateurs téléphoniques sur des journalistes en pur viol de la loi de protection des sources. Liébration nous renseigne sur ce cabinet gris qui a les odeurs d'un cabinet d'aisance après un repas de choux farci : Dans le détail : le 19 juillet, au lendemain de la publication d’un article embarrassant pour Eric Woerth dans le journal du soir, la DCRI réclame à l’opérateur téléphonique Orange les factures détaillées du journaliste. Elle obtient ainsi la liste exhaustive de ses communications téléphoniques entre les 12 et 16 juillet. Deux jours plus tard, la Direction du renseignement formule une requête semblable visant David Sénat, le conseiller de Michèle Alliot-Marie au ministère de la Justice. Ces demandes estampillées « confidentiel » sont désormais entre les mains de la juge d’instruction Sylvia Zimmermann, en charge du dossier. Ils démontrent que la DCRI a enfreint la loi du 4 janvier 2010. Elle stipule clairement qu’il « ne peut être porté atteinte directement ou indirectement au secret des sources que si un impératif prépondérant d’intérêt public le justifie » .

Bernard Squarcini, le patron de la DCRI, va donc devoir s’expliquer sur cette violation de la loi. Avec lui, c’est aussi son supérieur, Frédéric Péchenard, le directeur général de la police (DGPN), qui se retrouve dans le viseur de la justice.

Car, outre leurs responsabilités hiérarchiques, les deux hommes n’avaient pas manqué de s’exprimer, à l’automne dernier, pour démentir ou botter en touche. Des déclarations qui se révèlent embarrassantes. Squarcini expliquait ainsi le 4 novembre dans Libération : « Je ne m’intéresse pas aux journalistes, mais aux sources lorsqu’elles sont haut placées dans les cabinets ministériels. » Autre façon de dire que la DCRI avait visé David Sénat et pas le journaliste. Version désormais démentie : la DCRI a visé d’abord le reporter./Quant à Péchenard, dans un communiqué publié en septembre 2010, il justifiait la démarche en expliquant avoir « légitimement recherché l’origine de fuites » qui lui avaient été signalées, avant de préciser que cette enquête avait été effectuée grâce à « une brève et ponctuelle vérification technique ». Une rapide vérification qui se révèle être la demande de fadette d’un journaliste/Hier, le directeur nous a fait savoir que son communiqué restait malgré tout d’actualité, le chef du contre-espionnage disant pour sa part réserver ses déclarations au juge.

Libération nous rappelle que les trois lascars : Guéant, Squarcini et Péchenard sont trois amis très proches de Sarkozy. N'oublions pas que Péchenard a aussi violé la loi en soustrayant son fils, saoul et insultant, à la justice en se servant de son pouvoir et faire retirer le PV, que Squarcini a vu son nom cité dans l'affaire Clearstream, il s'agissait en fait de sa fille qui avait été surprise en train de peut-être faire des copies d'un ordinateur d'un proche d'un des protagonistes de l'affaire, protagoniste plutôt opposé à Nicolas Sarkozy et qu'elle avait terminé là, direct, son stage chez cet homme.

Guéant couvre le mensonge de ces deux hauts policiers et ceux-ci ont agi en violant la loi.

Dans un autre article Libération nous précise ce que fait la cellule de crise en 2010, on est en plein cauchemar avec des Estrosi qui use des avions privés pour revenir de New York afin d'assister à un cocktail, de Bertrand poursuivi en justice justement pour diffamation, Morano qui attaque pour : Hou la menteuse ! : Des extraits de conversations enregistrées clandestinement chez la milliardaire, publiés par le site Mediapart, mettent alors en cause le ministre du Travail, Eric Woerth, par ailleurs trésorier de l’UMP et ancien grand argentier de la campagne présidentielle de Sarkozy en 2007. Selon le Point, une réunion de crise se tient le 6 juillet 2010 dans le bureau de Claude Guéant - pour préparer Eric Woerth à son 20 heures de TF1 le soir même - en présence de Franck Louvrier, conseiller presse du Président, des ministres François Baroin, Nadine Morano, Christian Estrosi et de Xavier Bertrand, « supposés relayer les "éléments de langage" retenus contre le site Mediapart ». Un participant suggère d’évoquer le « fascisme » ou le « nazisme », un autre de « comparer Edwy Plenel [patron de Mediapart, ndlr] à Goebbels ».Finalement, Bertrand parlera de « méthode fasciste » (suscitant une plainte de Plenel) et Estrosi de « presse des années 30 ». A l’origine de ce dispositif : les grosses colères à répétition du chef de l’Etat face à l’inaction et l’inefficacité supposées de ceux qu’il estime censés le « protéger ».

L’Elysée met en œuvre les moyens de l’Etat pour s’immiscer dans les affaires de la justice et le travail des journalistes en faisant appel à la police et au contre-espionnage. Proches de Nicolas Sarkozy, le procureur de la République de Nanterre, Philippe Courroye, le patron de la DCRI (Direction centrale du renseignement intérieur), Bernard Squarcini, et le directeur général de la police nationale, Frédéric Péchenard, vont en être les chevilles ouvrières. L’un en choisissant d’ouvrir une simple enquête préliminaire (facile à contrôler car placée sous l’autorité du parquet et excluant les avocats) plutôt qu’une information judiciaire conduite par des juges d’instruction. Les autres en mettant la pression sur les acteurs de l’affaire (notamment Claire Thibout, ancienne comptable de Liliane Bettencourt) et en se procurant en toute illégalité les relevés téléphoniques d’un journaliste du Monde pour identifier sa source supposée… au ministère de la Justice.

Le Monde quant à lui nous explique ce qu'a fait ce pouvoir et quel rôle a joué le procureur Courroye : Dans son édition datée du 18-19 juillet, Le Monde, sous la signature de Gérard Davet, révèle le contenu des déclarations à la police du gestionnaire de fortune de la milliardaire, Patrice de Maistre. Ce dernier, au cours de sa garde à vue, le 15 juillet, a assuré aux enquêteurs avoir été incité à procéder au recrutement de l'épouse d'Eric Woerth, alors ministre du budget, cinq mois après avoir obtenu la légion d'honneur par son intermédiaire. Titré "Le principal collaborateur de Liliane Bettencourt met Eric Woerth en difficulté", l'article provoque la fureur de Nicolas Sarkozy, qui exige des plus hauts responsables policiers qu'ils mettent fin à ces fuites de plus en plus embarrassantes.

C'est dans ce contexte que la direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), le contre-espionnage, va donc, comme nous le révélons aujourd'hui, requérir auprès de l'opérateur téléphonique Orange la saisie des relevés téléphoniques de Gérard Davet, en violation flagrante de la loi sur le secret des sources. Parmi les numéros identifiés par le contre-espionnage, celui d'un magistrat, David Sénat, conseiller technique de Michèle Alliot-Marie au ministère de la justice, dont les relevés téléphoniques vont également être obtenus par la DCRI auprès de son opérateur téléphonique. Dans la foulée, la chancellerie met brutalement fin aux fonctions de M. Sénat, accusé d'être à l'origine des fuites.

et ceci : Un second épisode intervient à la rentrée 2010, toujours sur fond d'espionnage des communications des journalistes. Dans la plus grande discrétion, le procureur de Nanterre Philippe Courroye ordonne, le 2 septembre 2010, une enquête préliminaire. La veille, Le Monde a révélé que la juge Prévost-Desprez, chargée d'un supplément d'enquête dans le volet "abus de faiblesse" de l'affaire Bettencourt, avait procédé à une perquisition chez la milliardaire. L'avocat de cette dernière, Me Georges Kiejman, a immédiatement déposé une plainte pour violation du secret de l'enquête. M. Courroye, en conflit ouvert avec Mme Prévost-Desprez, espère ainsi obtenir le dessaisissement de sa collègue

Le parquet saisit l'inspection générale des services (IGS), demandant aux policiers d'identifier les numéros de téléphones portables personnels et professionnels de trois journalistes du Monde – les auteurs de l'article paru le 1er septembre, Gérard Davet et Jacques Follorou, et Raphaëlle Bacqué, journaliste politique –, puis de recenser les appels entrants et sortants, incluant les SMS échangés, dans la période allant du 23 juillet au 2 septembre 2010./Les policiers, sans doute pour se couvrir, vont acter, dans un procès-verbal du 30 septembre 2010, une demande plus précise du parquet de Nanterre, qui exige d'obtenir le contenu des SMS, en particulier ceux échangés entre Mme Prévost-Desprez et Jacques Follorou, coauteur d'un livre avec la juge. Les policiers disposent donc des identités des correspondants des journalistes : avocats, policiers, confrères… Le 26 octobre 2010, à la demande de M. Courroye qui avait clos son enquête, le procureur général de Versailles ouvre une information judiciaire pour "violation du secret professionnel". L'enquête sera ensuite dépaysée à Bordeaux, avec l'ensemble de la procédure Bettencourt. C'est dans ce cadre que le juge bordelais Philippe Darphin a sollicité, le 24 janvier 2011, l'avis de la cour d'appel quant à la légalité de la procédure.

Ce qu'a fait Courroye est hors la loi : Dans son arrêt, rendu le 5 mai 2011, la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Bordeaux rappelle qu'à aucun moment "l'accord des intéressés, qui n'ont d'ailleurs pas été entendus au cours de l'enquête, n'a été recueilli", ce qu'exige pourtant l'article 77-1-1 du code de procédure pénale. Comme l'indique l'arrêt, la loi du 4 janvier 2010 prévoit, elle, que l'on ne peut porter atteinte au secret des sources d'un journaliste, à moins d'exciper d'un impératif prépondérant d'intérêt public, condition qui, selon eux "n'a pas été remplie".

Les magistrats de la cour d'appel notent par ailleurs que M. Courroye, hormis la saisie des fadettes, n'a procédé à aucun autre acte d'enquête, et donc que "la condition de nécessité et de proportionnalité des actes accomplis fait défaut". Il y a, selon les magistrats, une "violation manifeste" de l'article 10 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 2 de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse. La procédure doit donc être annulée. A l'automne 2010, M. Courroye, dans un entretien au Figaro, avait pourtant assuré ceci : "Je suis pointilleux sur le respect du secret des sources des journalistes."

Quant le Monde dépose deux plaintes, Marin, celui qui avait fait appel dans Clearstream après un passage par le château, celui qui avait inventé une complicité d'inaction, celui qui avait donné son avis publiquement à Europe 1 avant le procès, classe sans suite. mais ce ne sera pas l'avis du juge Zimmermann.

Il va de soi qu'avec une police, un service de contre-espionnage, une justice telle que l'utilise le pouvoir les voyous peuvent se sentir garantis de l'impunité. Ces services agissent hors la loi. La question est : la France un état mafieux ?

Il nous reste moins de neuf mois pour nous débarrasser de ce pouvoir. Faisons notre Révolution en 2012, et avant si possible.
Lire la suite de l'article sur:

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/la-france-un-etat-mafieux-100079


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Dossier datualité Re: Mirage ou mythe de la démocratie

Message par Lotfi le Dim 4 Déc - 13:52

La démocratie camerounaise à l’ère d'Internet

Dans le contexte des pays en développement, les analyses axées sur les questions externes ou exogènes (sociopolitiques, géopolitiques, économiques ou culturelles) susceptibles d’influencer la réalisation de la démocratie sont régulièrement soulevées lors des discussions et des débats relatifs à la transposition et la consolidation de la démocratie.
Par contre, l’action conjuguée des facteurs endogènes tels que l’ethnicité, la culture locale, le niveau d’alphabétisation et les moyens de communication en tant que déterminants de la validité ou de l’applicabilité des facteurs exogènes est très peu prise en compte. En effet, les concepts fondamentaux de la démocratie que sont « la volonté » et « le peuple » sont révélés par les élections et leur signification a connu une profonde évolution. De même qu’Internet se révèle aujourd'hui comme un accélérateur de la communication sur la culture de la démocratie, les élections au niveau national font désormais l'objet de divers questionnements liés aux influences externes. Après l’expérience de la Côte d’Ivoire et les récents soulèvements en Tunisie, en Égypte et en Lybie (le Printemps arabe), d’aucuns pourraient se demander si en dépit de la spécificité des facteurs inhérents à chaque pays en matière de démocratie, l'influence externe, exercée sur les élections, n’est pas « le » facteur déterminant d’un changement de leadership dans les États souverains d’Afrique ?

Il est admis que la promotion d’une véritable démocratie peut être en porte-à-faux avec l’explosion d’un conflit, si la gestion des influences externes sur les élections méconnaît d’importants facteurs endogènes. En s’inspirant d'une analyse sélective de la spécificité de la plateforme démocratique camerounaise, le présent article vise à établir cette assertion à la suite d’un bref aperçu du cadre contemporain de la démocratie en Afrique.

Le cadre contemporain de la démocratie en Afrique
Dans la plupart des États, la définition conventionnelle de la démocratie est le gouvernement par la volonté de la majorité du peuple. Ainsi, depuis ses origines grecques, deux notions fondamentales sont au cœur de la démocratie : « la volonté » et « le peuple ». La démocratie n’est cependant pas un concept statique.

La démocratie a connu des mutations du fait de l’alphabétisation, l’éducation à la chose politique et de l’avènement d’Internet L’Internet a énormément amélioré les options offertes aux peuples par le vote et l’accès à l’information par la voie écrite ou audio-visuelle. Par exemple, c’est grâce à l’Internet que le peuple oppressé en Tunisie a pu s’échanger, dialoguer par téléphone et se mobiliser pour chasser Ben Ali du pouvoir. L’Internet a justement accéléré la vitesse de la circulation de l‘information en même temps qu’il est devenu un moyen propice d’éducation sur la démocratie. Tous ces développements ont eu pour effet réel de transformer le monde en un village planétaire comme dit l’adage par l’adoption d’une signification du mot « peuple »

Le sens restrictif qui a jusqu’ici été accordé au concept de « peuple » semble s’être étendu au gré des intérêts des grandes entreprises, des personnes morales, d’autres intérêts économiques et la volonté de préserver la paix internationale. Autant il semble légitime pour les pays en développement de bénéficier de l’aide au développement, autant il est justifié pour les donateurs de s’intéresser au destinataire de l’aide et à la façon dont elle est gérée. Les pays sans état où l’Etat est malade ou a échoué (ou failed states en anglais) représentent une menace pour la paix internationale. Par conséquent, l’instabilité dans n’importe quelle partie du monde touche l’intérêt de la communauté internationale et l’oblige à agir afin de prévenir qu’un chaos local ne dégénère en un problème global. Par exemple le changement intervenu dans les années ’90 en Somalie après Siad Barré où ce pays est devenu sans Etat continue à ce jour à déstabiliser la corne de l’Afrique ainsi que le commerce maritime international. Les conséquences négatives des situations nationales des pays où l’Etat ne fonctionne pas ou mal peuvent dans certaines conditions rendre légitime l’action préventive de la communauté internationale dans le monde. Ainsi, la légitimité d’un gouvernement élu, à l’ère d’Internet, ne semble plus provenir seulement du « peuple » installé dans le pays directement concerné par le scrutin. De nos jours, la notion de « peuple » inclut la communauté internationale, les intérêts des entreprises multinationales et des personnes morales, tel que les événements en Côte d’ivoire et en Lybie semblent le révéler.

En Côte d’Ivoire, après l'instauration d'un gouvernement de transition, des élections ont été organisées en novembre 2010 avec en lice deux principaux candidats : le président sortant Laurent Gbagbo (originaire du Sud) et Alassane Ouattara (du Nord). Les élections représentaient l’espoir de voir s’achever une guerre qui avait divisé le pays en deux (le Nord et le Sud). Cette guerre civile aurait éclaté suite à la prise de contrôle de la moitié de la région du nord par les « rebelles », en raison de l’adoption d’une loi (l’ivoirité) visant à empêcher le candidat du nord de participer à l’élection présidentielle. Le concept d’« Ivoirité » a eu pour conséquence de déclencher une chasse aux sorcières contre tout « éventuel étranger » ; chasse qui a fini par diviser le pays en deux. Les institutions nationales en charge des élections s’étant montrées incapables de vider le contentieux électoral après le scrutin de novembre 2010, Laurent Gbagbo a refusé de céder le pouvoir. Le suffrage exprimé par le « peuple » de la communauté internationale a pesé en faveur d’Alassane Ouattara, qui est aujourd’hui président de la Côte d’Ivoire.

L’expérience ivoirienne établit trois précédents d’une profonde importance. Premièrement, la rébellion qui a précédé l’actuel gouvernement Ouattara a redéfini le terme « rebelles » pour le reste du monde. La communauté internationale a amené le gouvernement Gbagbo, légitimement élu, à négocier avec des rebelles. De ce fait, la qualification de ces rebelles a évolué dans le langage diplomatique pour devenir les « forces nouvelles », qui ont fini par intégrer le gouvernement de transition, alors dirigé par le président sortant Laurent Gbagbo.

Deuxièmement, le « peuple » (au sens restrictif) a participé aux élections (les forces républicaines de Côte d’Ivoire et les « forces nouvelles » ont rangé leurs armes) et la voix de la communauté internationale en qualité de « peuple » (au sens large) a prononcé le résultat final des élections. Enfin, l’une des conséquences remarquables de ce résultat, qui devrait avoir des ramifications dans toute l’Afrique, c’est qu’il a dissipé, en Côte d’Ivoire, un fait quasiment érigé en règle non écrite : le poste de Président était le monopole des tribus du sud du pays, à l’exclusion de celles du nord. Ces précédents sont importants dans la mesure où durant le Printemps arabe, la prégnance de ces nouveaux sens a inspiré et a stimulé le soutien que la communauté internationale a apporté aux « rebelles » du « Conseil national de transition » (CNT), qui gouverne aujourd’hui la Lybie. La R2P (Responsabilité de protéger) pouvait aussi être invoquée ici par les Nations Unies.

En sa Résolution 1674 du 28 avril 2006, l'Assemblée générale des Nations Unies avait voté une résolution thématique (la responsabilité de protéger (R2P) les populations civiles pendant les conflits armés. Une proposition soumise par le Secrétaire général de l’époque et approuvée en 2005 lors du Sommet des Nations Unies). Il est vrai que ce document contient une stratégie, des normes, des procédés et une pratique développés par les NU pour mettre en œuvre la R2P, dans le but d’éviter ou de réduire les abus. Mais dans la mesure où très peu d’interventions étrangères menées dans le monde aujourd’hui sont dénuées d’intérêts sous-jacents, il va de soi que la R2P peut être invoquée, usée et abusée par la communauté internationale lorsque son action vise un changement de régime. Essentiellement, l’exercice de la R2P prévaut sur les revendications de souveraineté de l’État ou des États concernés. La signification moderne du mot « peuple » à travers R2P démontre combien le concept de souveraineté et devenu fluide et nébuleux.

Le Cameroun : une histoire contextualisée de la démocratie
Les éléments du fil conducteur liant la plateforme démocratique camerounaise comporte des faits saillants de ses leaders –Ahidjo et Biya, les aspects du cadre de la démocratie (relative au multi-partisme, les partis politiques, l’infrastructure de communication), la population et les problèmes clés du jour.

(1) Repères du leadership
Depuis son indépendance, le pays a été dirigé dans une paix relative par deux leaders : Ahmadou Ahidjo et Paul Biya. Le défunt président Ahidjo a gouverné ce pays dépositaire des cultures francophone et anglophone, depuis la réunification en 1961 jusqu’à sa démission en 1982. On lui reconnaît le mérite d’avoir démissionné de ses fonctions après avoir posé les fondements du développement national et de la cohésion sociale en rassemblant les nombreux groupes ethniques du pays. Le président actuel, M. Paul Biya, tient les rênes du pays depuis près de trois décennies. Au cours de cette période, marquée par un coup d'état manqué, il s'est principalement distingué par l'instauration de la démocratie et du multipartisme et la définition d’un cadre électoral dont l’aboutissement est Elections Cameroon (ELECAM).

(2) Multipartisme
Au plan politique, le Cameroun compte plus de deux cents partis politiques enregistrés. La validation de vingt-trois candidatures lors des élections présidentielles de 2011 est, pour les uns, révélateur de la réalité du multipartisme politique et, pour les autres, un exemple de division et d’immaturité politique. Les partisans du dernier point de vue évoquent la loi (la Constitution de 1996, selon laquelle le vainqueur l’emporte à la majorité simple des suffrages exprimés ; c’est-à-dire le candidat qui comptabilise le plus de voix) contre une opposition qui fractionne tellement les voix que la victoire du candidat sortant est garantie avant même le début du vote.

(3) L’Internet et la communication
Le paysage des télécommunications s’est enrichi d’un réseau de fibre optique aujourd’hui exploité par trois principaux opérateurs et divers autres acteurs de l’Internet. Le secteur des transports urbains compte des lignes de bus (à Yaoundé et à Douala) auxquelles s’ajoutent des taxis réguliers (de couleur jaune), des motos taxis (bend skinners) et des taxis informels (clandos). À l’ère d’Internet, la circulation des informations profite de tous ces moyens de communication au Cameroun (comme cela a été le cas ailleurs sur le continent africain, avec cependant une amplitude différente).

(4) La population et ses problèmes clés
Le Cameroun est un pays de près de vingt millions d’habitants répartis en quelque 240 groupes ethniques et il enregistre à ce jour un taux moyen d’alphabétisation de 67,9 %. La région du Sud du Cameroun, qui représente les 5/8ème de la population, enregistre un taux d'alphabétisation supérieur à celui des trois régions du Nord. En réalité, les statistiques du ministère de l’Éducation de base démontrent qu’au Cameroun, les sept régions du grand Sud présentent une moyenne d’achèvement du cycle d’enseignement primaire de 75,8 %, tandis que la moyenne des trois régions du Nord Cameroun est de 42,3%
Il existe également un lien entre la croissance démographique, les problèmes de gouvernance et les émeutes de la faim de février 2008. Ces mouvements d’humeur ont démontré que la disponibilité de l’emploi pour la jeunesse impatiente du Cameroun et la question de l’alimentation sont au cœur des problèmes de développement ; et la jeune génération doute des capacités de l’administration Biya à les résoudre. Ceci est d’autant plus vrai que les universités d’État accueillent, par an, plus de 110 000 étudiants, au nombre desquels au moins 10 000 intègrent le marché de l’emploi chaque année. Vient s’ajouter aux problèmes de chômage celui d’une faiblesse criarde des institutions. Elles sont caractéristiques de l’impunité et de l’absence de responsabilité. Ces faiblesses ont, à leur tour, crée de profondes incertitudes chez les populations vis-à-vis de l’avenir ; entraînant une sorte de culture de la corruption dans les services publics et les entreprises d’État. Tout ce qui précède détermine les spécificités du Cameroun.

Les spécificités du Cameroun et l’ère d’Internet
Divers facteurs exercent une profonde influence sur le développement et la consolidation d’une véritable démocratie au Cameroun à l’ère d’Internet. Il s’agit de l’ethnicité et des disparités observées entre les régions au plan de l’alphabétisation, des manifestations pernicieuses du multipartisme et du régionalisme, d’Internet, du souvenir des chocs sanglants du passé, de l’inadéquation de la réglementation sur le financement des campagnes électorales et de l’élasticité des approches exogènes en faveur de l’amélioration de la démocratie.

Ces faits qui sont le plus souvent ignorés lorsque les Camerounais sont qualifiés, à tort, de passifs face à l’injustice, à la corruption, à la hausse des prix des aliments, au chômage, à la stagnation relative de leur niveau de développement ; autant de facteurs qui ont déclenché des conflits violents ailleurs. La voie à suivre, afin d’aborder ces spécificités, doit être adaptée à la promotion d’un véritable progrès démocratique au Cameroun.

Cosmas Cheka:Maître de conférences
des universités


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Peuple sans mémoire, peuple sans histoire


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Dossier datualité Re: Mirage ou mythe de la démocratie

Message par Syfou le Dim 4 Mar - 14:32

LA FIN PROGRAMMEE DE LA DEMOCRATIE

Le pouvoir a déjà changé de mains

Les véritables maîtres du monde ne sont plus les gouvernements, mais les dirigeants de groupes multinationaux financiers ou industriels, et d'institutions internationales opaques (FMI, Banque mondiale, OCDE, OMC, banques centrales). Or ces dirigeants ne sont pas élus, malgré l'impact de leurs décisions sur la vie des populations.

Le pouvoir de ces organisations s'exerce sur une dimension planétaire, alors que le pouvoir des états est limité à une dimension nationale.

Par ailleurs, le poids des sociétés multinationales dans les flux financiers a depuis longtemps dépassé celui des états.

A dimension transnationale, plus riches que les états, mais aussi principales sources de financement des partis politiques de toutes tendances et dans la plupart des pays, ces organisations sont de fait au dessus des lois et du pouvoir politique, au dessus de la démocratie.

Voici une liste des chiffres d'affaires de certaines multinationales, comparés avec le PIB des états. Elle en dit long sur la puissance planétaire que ces sociétés sont en train d'acquérir.

Une puissance toujours plus démesurée, du fait de l'accélération des fusions entre multinationales.

Chiffres d'affaires ou PIB, en milliards de dollars

General Motors 178,2

Singapour 96,3

Danemark 161,1

Toyota 95,2

Thaïlande 157,3

Israel 92

Ford 153,5

General Electric 90,8

Norvège 153,4

Philippines 83,1

Mitsui & Co 142,8

IBM 78,5

Pologne 135,7

NTT 77

Afrique du Sud 129,1

Axa - UAP 76,9

Mitsubishi 129

Egypte 75,2

Royal Dutch Shell 128,1

Chili 74,3

Itoshu 126,7

Irlande 72

Arabie Saoudite 125,3

Daimler-Benz 71,5

Exxon (Esso) 122,4

British Petroleum 71,2

Wall Mart 119,3

Venezuela 67,3

Ford 100,1

Groupe Volkswagen 65,3

Grèce 119,1

Nouvelle Zélande 65

Finlande 116,2

Unilever 43,7

Marubeni 11,2

Pakistan 41,9

Sumimoto 109,3

Nestle 38,4

Malaisie 97,5

Sony 34,4

Portugal 97,4

Nigeria 29,6

Ensemble des 5 plus grandes firmes 526,1

Proche-Orient et Afrique du Nord 454,5

Asie du Sud 297,4

Afrique Sub-Saharienne 269,9


Sources: Banque Mondiale (World Development Repport 1998-1999), Forbes, The Nation, Institut de recherche des Nations Unies pour le développement social (States of Disarray, Genève, 1995),Courrier International, Le Monde Diplomatique


  • « Vouloir prouver des choses qui sont claires d'elles-mêmes, c'est éclairer le jour avec une lampe. ». .


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