Résumé analytique
L’économie mondiale traverse une grave récession causée par une crise financière massive et une perte de confiance aiguë. Le rythme de contraction devrait se modérer à partir du second trimestre, mais les projections laissent entrevoir un recul de 1,3 % sur l’ensemble de l’année 2009, puis une reprise seulement partielle en 2010, avec une croissance de l’activité de 1,9 %. Pour que ce retournement se produise, il importera d’intensifier les efforts d’assainissement du secteur financier, tout en continuant à soutenir la demande par la détente monétaire et budgétaire.
Évolution économique et financière récente
La crise financière et l’effondrement de l’activité ont gravement éprouvé l’économie dans le monde entier. Les pays avancés ont accusé un recul sans précédent de 7½ % du PIB réel au quatrième trimestre de 2008 et on estime que la production a continué à chuter presque aussi vite au cours des trois premiers mois de 2009. Alors que l’économie américaine a sans doute souffert le plus des difficultés financières et de la baisse continue du secteur du logement, l’Europe occidentale et les pays avancés d’Asie ont été rudement éprouvés par l’effondrement du commerce international, ainsi que par leurs propres débuts de problèmes financiers et par les corrections des prix immobiliers sur certains marchés nationaux. Les pays émergents sont aussi très touchés, subissant globalement une contraction de l’activité économique de 4 % au quatrième trimestre. Le mal se propage à la fois par les circuits financiers et commerciaux, en particulier aux pays d’Asie de l’Est, très tributaires de leurs exportations de produits manufacturiers, et aux pays émergents d’Europe et de la Communauté des États indépendants (CEI), qui avaient besoin d’abondants apports de capitaux pour alimenter leur croissance.
Parallèlement au rapide refroidissement de l’activité économique mondiale, les tensions inflationnistes se sont vite atténuées. Les cours des matières premières ont nettement chuté par rapport aux pics du milieu d’année, causant des pertes de revenus particulièrement lourdes aux pays du Moyen-Orient et de la CEI, mais aussi à bien d’autres pays exportateurs de matière première d’Amérique latine et d’Afrique. Dans le même temps, l’augmentation de la capacité inutilisée a restreint la progression des salaires et rogné les marges bénéficiaires. De ce fait, l’inflation globale sur 12 mois est tombée à 1 % dans les pays avancés en février 2009, encore que l’inflation tendancielle reste de l’ordre de 1½–2 %, à l’exception notable du Japon. L’inflation s’est aussi nettement modérée dans l’ensemble des pays émergents, encore que dans certains cas la dépréciation de la monnaie ait atténué le mouvement de baisse.
Les réactions très diverses et souvent peu orthodoxes des décideurs économiques n’ont guère réussi à stabiliser les marchés financiers ni à contenir la baisse de la production, car elles n’ont pu stopper l’enchaînement de rétroactions nocives entre le fléchissement de l’activité et les intenses difficultés financières. Maintes initiatives ont été prises afin de stopper l’hémorragie, notamment par des injections de fonds publics et tout un assortiment de facilités de liquidité, de détente monétaire et de plans de relance budgétaire. Encore qu’il y ait eu quelques signes encourageants d’une amélioration des indices d’opinion depuis la réunion du Groupe des Vingt (G-20) du début avril, le niveau de confiance est encore très bas sur les marchés financiers, ce qui pèse sur les perspectives de reprise rapide.
D’après l’édition d’avril 2009 du rapport sur la stabilité financière (Global Financial Stability Report — GFSR), le montant des actifs d’origine américaine passés en pertes et profits pas l’ensemble des institutions financières au cours de la période 2007–10 se chiffrera à 2,7 billions de dollars, et non2,2 billions, comme on le pensait en janvier 2009, ce qui tient pour une large part à la dégradation des perspectives de croissance économique. Le montant total des actifs passés en perte à l’échelle mondiale est estimé à environ 4 billions de dollars, dont deux tiers à la charge des banques, et le reste à celle des compagnies d’assurance, fonds d’investissement et autres intermédiaires. De par le monde, les banques restreignent l’accès au crédit (et continueront dans cette voie), car le poids des actifs improductifs et l’incertitude quant à la solvabilité des institutions maintiennent les capitaux privés hors de circulation. Les problèmes de financement se sont propagés bien au-delà des marchés de refinancement bancaires à court terme dans les pays avancés. Nombre d’entreprises non financières sont incapables d’obtenir des fonds de roulement et certaines ont du mal à se procurer des emprunts à plus long terme.
Le désengagement massif des investisseurs et établissements bancaires étrangers des pays émergents et les problèmes de financement qui en résultent sont particulièrement inquiétants. Les émissions obligataires sont quasiment au point mort, les flux bancaires se sont taris, les marges obligataires se sont envolées, les cours des actions ont chuté et les marchés des valeurs mobilières sont extrêmement tendus. Outre la hausse générale de l’aversion contre le risque, cela tient à divers facteurs défavorables, dont les dommages occasionnés aux banques et fonds d’investissement des pays avancés, le souci de déplacer les fonds pour les mettre à l’abri du «parapluie» des dispositifs de garantie de plus en plus nombreux déployés sur les marchés parvenus à maturité et les inquiétudes grandissantes quant aux perspectives d’avenir et aux vulnérabilités des pays émergents.
La crise financière a eu pour important effet secondaire de créer une prime à la sécurité et au rapatriement des capitaux, non sans incidence sur les grandes monnaies. Depuis septembre 2008, le dollar EU, l’euro et le yen se sont tous trois raffermis en valeur effective réelle. Le renminbi chinois et les monnaies arrimées au dollar, dont celles des pays du Moyen-Orient, se sont également appréciés. Celles de la plupart des pays émergents ont au contraire beaucoup fléchi, bien qu’ils aient utilisé leurs réserves de change pour les soutenir.
L’économie mondiale traverse une grave récession causée par une crise financière massive et une perte de confiance aiguë. Le rythme de contraction devrait se modérer à partir du second trimestre, mais les projections laissent entrevoir un recul de 1,3 % sur l’ensemble de l’année 2009, puis une reprise seulement partielle en 2010, avec une croissance de l’activité de 1,9 %. Pour que ce retournement se produise, il importera d’intensifier les efforts d’assainissement du secteur financier, tout en continuant à soutenir la demande par la détente monétaire et budgétaire.
Évolution économique et financière récente
La crise financière et l’effondrement de l’activité ont gravement éprouvé l’économie dans le monde entier. Les pays avancés ont accusé un recul sans précédent de 7½ % du PIB réel au quatrième trimestre de 2008 et on estime que la production a continué à chuter presque aussi vite au cours des trois premiers mois de 2009. Alors que l’économie américaine a sans doute souffert le plus des difficultés financières et de la baisse continue du secteur du logement, l’Europe occidentale et les pays avancés d’Asie ont été rudement éprouvés par l’effondrement du commerce international, ainsi que par leurs propres débuts de problèmes financiers et par les corrections des prix immobiliers sur certains marchés nationaux. Les pays émergents sont aussi très touchés, subissant globalement une contraction de l’activité économique de 4 % au quatrième trimestre. Le mal se propage à la fois par les circuits financiers et commerciaux, en particulier aux pays d’Asie de l’Est, très tributaires de leurs exportations de produits manufacturiers, et aux pays émergents d’Europe et de la Communauté des États indépendants (CEI), qui avaient besoin d’abondants apports de capitaux pour alimenter leur croissance.
Parallèlement au rapide refroidissement de l’activité économique mondiale, les tensions inflationnistes se sont vite atténuées. Les cours des matières premières ont nettement chuté par rapport aux pics du milieu d’année, causant des pertes de revenus particulièrement lourdes aux pays du Moyen-Orient et de la CEI, mais aussi à bien d’autres pays exportateurs de matière première d’Amérique latine et d’Afrique. Dans le même temps, l’augmentation de la capacité inutilisée a restreint la progression des salaires et rogné les marges bénéficiaires. De ce fait, l’inflation globale sur 12 mois est tombée à 1 % dans les pays avancés en février 2009, encore que l’inflation tendancielle reste de l’ordre de 1½–2 %, à l’exception notable du Japon. L’inflation s’est aussi nettement modérée dans l’ensemble des pays émergents, encore que dans certains cas la dépréciation de la monnaie ait atténué le mouvement de baisse.
Les réactions très diverses et souvent peu orthodoxes des décideurs économiques n’ont guère réussi à stabiliser les marchés financiers ni à contenir la baisse de la production, car elles n’ont pu stopper l’enchaînement de rétroactions nocives entre le fléchissement de l’activité et les intenses difficultés financières. Maintes initiatives ont été prises afin de stopper l’hémorragie, notamment par des injections de fonds publics et tout un assortiment de facilités de liquidité, de détente monétaire et de plans de relance budgétaire. Encore qu’il y ait eu quelques signes encourageants d’une amélioration des indices d’opinion depuis la réunion du Groupe des Vingt (G-20) du début avril, le niveau de confiance est encore très bas sur les marchés financiers, ce qui pèse sur les perspectives de reprise rapide.
D’après l’édition d’avril 2009 du rapport sur la stabilité financière (Global Financial Stability Report — GFSR), le montant des actifs d’origine américaine passés en pertes et profits pas l’ensemble des institutions financières au cours de la période 2007–10 se chiffrera à 2,7 billions de dollars, et non2,2 billions, comme on le pensait en janvier 2009, ce qui tient pour une large part à la dégradation des perspectives de croissance économique. Le montant total des actifs passés en perte à l’échelle mondiale est estimé à environ 4 billions de dollars, dont deux tiers à la charge des banques, et le reste à celle des compagnies d’assurance, fonds d’investissement et autres intermédiaires. De par le monde, les banques restreignent l’accès au crédit (et continueront dans cette voie), car le poids des actifs improductifs et l’incertitude quant à la solvabilité des institutions maintiennent les capitaux privés hors de circulation. Les problèmes de financement se sont propagés bien au-delà des marchés de refinancement bancaires à court terme dans les pays avancés. Nombre d’entreprises non financières sont incapables d’obtenir des fonds de roulement et certaines ont du mal à se procurer des emprunts à plus long terme.
Le désengagement massif des investisseurs et établissements bancaires étrangers des pays émergents et les problèmes de financement qui en résultent sont particulièrement inquiétants. Les émissions obligataires sont quasiment au point mort, les flux bancaires se sont taris, les marges obligataires se sont envolées, les cours des actions ont chuté et les marchés des valeurs mobilières sont extrêmement tendus. Outre la hausse générale de l’aversion contre le risque, cela tient à divers facteurs défavorables, dont les dommages occasionnés aux banques et fonds d’investissement des pays avancés, le souci de déplacer les fonds pour les mettre à l’abri du «parapluie» des dispositifs de garantie de plus en plus nombreux déployés sur les marchés parvenus à maturité et les inquiétudes grandissantes quant aux perspectives d’avenir et aux vulnérabilités des pays émergents.
La crise financière a eu pour important effet secondaire de créer une prime à la sécurité et au rapatriement des capitaux, non sans incidence sur les grandes monnaies. Depuis septembre 2008, le dollar EU, l’euro et le yen se sont tous trois raffermis en valeur effective réelle. Le renminbi chinois et les monnaies arrimées au dollar, dont celles des pays du Moyen-Orient, se sont également appréciés. Celles de la plupart des pays émergents ont au contraire beaucoup fléchi, bien qu’ils aient utilisé leurs réserves de change pour les soutenir.
Dernière édition par Toufik le Dim 14 Mar - 1:12, édité 1 fois




