Henri Philippe Benoni Omer Joseph Pétain
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Henri Philippe Benoni Omer Joseph Pétain
Philippe Pétain
Maréchal de France et homme d'État français (Cauchy-à-la-Tour 1856-Port-Joinville, île d'Yeu, 1951).
Né dans une famille de cultivateurs de l'Artois, Philippe Pétain perd sa mère alors qu'il a dix-huit mois. Son père s'étant remarié, il est élevé par une grand-mère et par un oncle qui, en 1867, le mettent en pension à Saint-Omer. Attiré par la vocation militaire, il prépare Saint-Cyr au collège des dominicains d'Arcueil : sa promotion est celle de Driant, de Sarrail, de Franchet d'Espèrey et du père de Foucauld.
Un fantassin accompli
Quand il sort de Saint-Cyr, Pétain est un garçon appliqué, auquel la vie collective qu'il vient de mener depuis plus de dix ans a donné le goût de la réflexion personnelle et secrète, avec une certaine ironie et une froideur qui caractériseront toujours son tempérament. Sa carrière d'officier, qu'il commence à Villefranche-sur-Mer et qui se déroule entièrement en France, témoignera jusqu'en 1914 d'autant de continuité que d'absence d'éclat. Pétain est avant tout un fantassin passionné de son arme ; il passera plus de la moitié de son temps dans la troupe, et, en dehors de son stage à l'École supérieure de guerre et de son affectation durant quatre ans à l'état-major des généraux Saussier, Zurlinden et Brugère, gouverneurs de Paris et généralissimes désignés, c'est par l'enseignement du cours d'infanterie à l'École de guerre qu'il marque l'armée de 1914. Il fonde sa doctrine sur la supériorité que confère la puissance du feu. S'opposant à la théorie officielle de l'offensive à outrance, qu'illustrait en cette même École de guerre les conférences du colonel de Grandmaison, il entend subordonner toute attaque à un appui massif de l'artillerie et à une usure préalable de l'adversaire. Redoutant les enthousiasmes, l'« école Pétain » veut donner la priorité aux faits et maintenir l'action dans la limite de ses possibilités.
Cette rigueur (Précis le sec l'ont surnommé ses élèves) et cette indépendance d'esprit lui aliènent les faveurs ministérielles. En dépit de son brillant commandement du 33e régiment d'infanterie où il accueille en 1912 le sous-lieutenant Charles de Gaulle, il semble bien que celui de la 4e brigade d'infanterie qui lui est donné par intérim à cinquante-huit ans au début de 1914 soit le dernier de sa carrière.
Du colonel de 1914 au généralissime de 1917-1918
Quelques mois plus tard, la guerre va bouleverser le cours de cette carrière : en moins d'un an, le colonel Pétain passera du rang de commandant d'une brigade de quelque 6 000 fantassins à celui d'une armée d'une quinzaine de divisions ! Alors que tant de ses camarades, dépassés par la réalité brutale de la guerre, sont congédiés par Joffre, Pétain s'affirme au feu par son calme, son énergie et la maîtrise de son commandement. Après son premier engagement le 15 août 1914 sur la Meuse au nord de Houx (là où vingt-six ans plus tard perceront les blindés de Rommel), Franchet d'Espèrey, son chef au 1er corps, lui fait donner ses étoiles et le charge d'une division, avec laquelle il enlève Montceaux-lès-Provins pendant la bataille de la Marne. Quelques semaines plus tard, Pétain prend la tête du 33e corps en Artois, dans le secteur de Notre-Dame-de-Lorette, où la lutte est particulièrement dure pendant l'hiver 1914-1915. Le succès qu'il y obtient le 9 mai 1915 conduit Joffre à lui confier le commandement de la IIe armée en Champagne, où il s'affirmera encore dans la préparation et la conduite de la grande offensive du 25 septembre suivant.
Placés en réserve en vue de la bataille de la Somme, la IIe armée et son chef sont au repos quand éclate le 21 février 1916 l'offensive allemande sur Verdun. Cinq jours après, grâce à la clairvoyance de Castelnau, envoyé sur place par Joffre, Pétain, qui installe à Souilly son quartier général, prend dans une ambiance dramatique la direction des opérations sur les deux rives de la Meuse. Réorganisant aussitôt le commandement et, par la Voie sacrée, le ravitaillement des troupes de Verdun, il parvient en quelques semaines à briser l'assaut des forces du Kronprinz, et, après l'échec de l'attaque du 9 avril, peut lancer son fameux ordre du jour « Courage, on les aura ». L'équilibre des forces étant rétabli, Joffre élargit le commandement de Pétain à celui du groupe d'armées du Centre, qui coiffe la IIe armée, donnée à Nivelle.
Les adversaires les plus déterminés du futur chef de l'État français sanctionneront le jugement de l'histoire qui fait de lui le vainqueur de Verdun. Il semble, toutefois, qu'au cours de cette longue guerre le plus beau titre acquis par Pétain soit celui de restaurateur de l'armée dans la crise terrible qui l'affecte en avril 1917 au lendemain de l'échec de l'offensive Nivelle sur le Chemin des Dames. Alors que tout semble compromis et que l'armée est menacée de décomposition, le 15 mai, la nomination par Painlevé de Pétain comme commandant en chef, apparaît aux politiques autant qu'aux militaires comme un havre de grâce. Face aux problèmes de la guerre, il réagit avec son réalisme foncier en décidant d'attendre les Américains. Face à la crise morale, il résiste à ceux qui veulent maintenir une autorité inhumaine. « Je maintiendrai avec fermeté la répression des faits d'indiscipline grave, écrit-il le 16 juin 1917, mais sans oublier qu'il s'agit de soldats qui sont avec nous depuis trois ans dans les tranchées et qui sont nos soldats. » En deux mois, le généralissime a visité près de 90 divisions et à la fin de l'année, après que 412 sentences de mort eurent été prononcées (55 exécutées), il a remis sur pied l'armée française. « Soyez patients et obstinés, écrit-il à ses troupes le 30 décembre 1917, si le plus pressé réclame la paix, c'est le plus persévérant qui en fixe les conditions. »
Après les événements de mars 1918, où Ludendorff est bien près d'enlever la décision, l'heure de Foch peut venir : Pétain a reconstitué l'instrument qui lui permettra d'agir, et, par la claire conception qu'il a de la bataille défensive en profondeur, le généralissime français brisera les ultimes offensives allemandes du 27 mai et du 15 juillet 1918.

1919-1934
Au lendemain d'une victoire dont il demeure avec Foch le principal artisan, Pétain jouit d'un prestige tel que le gouvernement le maintient pendant plus de dix ans dans ses fonctions de commandant en chef désigné des armées françaises.
Pour beaucoup, son nom reste associé autant à sa qualité de chef victorieux qu'à sa capacité de dominer et d'apaiser les crises. Aussi, quand, en 1925, la révolte d'Abd el-Krim dans le Rif met en péril l'édifice français en Afrique du Nord, Painlevé demande à Pétain de prendre en main la situation au Maroc. Pétain se récuse d'abord en raison de son inexpérience des questions africaines, puis finit par accepter (ce qui amène la démission et le départ du maréchal Lyautey) ; durant plus de deux mois, il assure personnellement la direction des opérations, qui aboutissent l'année suivante à la reddition d'Abd el-Krim.
Durant ces années d'après guerre, le maréchal Pétain, installé au fameux « 4 bis » du boulevard des Invalides, coiffe directement l'état-major de l'armée, dont les chefs successifs, les généraux Buat et Debeney, ont été ses collaborateurs immédiats en 1917-1918.
C'est dire que, jusqu'au remplacement du maréchal par Weygand en 1931, l'« école Pétain », auréolée, mais aussi figée par la victoire, domine de façon très exclusive tout le système militaire français. C'est au cabinet de Pétain, où le capitaine de Gaulle compte de 1925 à 1927 parmi ses collaborateurs, que s'élaborent les grandes décisions concernant le haut commandement et la défense nationale (ligne Maginot, etc.).
Après avoir remis au général Weygand ses pouvoirs sur une armée qui, dans son orientation comme dans ses structures, n'a guère évolué depuis 1918, Pétain, en dépit de ses soixante-quinze ans, conserve encore par sa fonction d'inspecteur de la défense aérienne du territoire un droit de regard non seulement sur l'aviation, mais aussi sur l'organisation de la défense. Il demeure en effet membre, avec voix délibérative, du Haut Comité de coordination de la défense nationale, créé par le gouvernement Herriot en 1932.
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Maréchal de France et homme d'État français (Cauchy-à-la-Tour 1856-Port-Joinville, île d'Yeu, 1951).
Né dans une famille de cultivateurs de l'Artois, Philippe Pétain perd sa mère alors qu'il a dix-huit mois. Son père s'étant remarié, il est élevé par une grand-mère et par un oncle qui, en 1867, le mettent en pension à Saint-Omer. Attiré par la vocation militaire, il prépare Saint-Cyr au collège des dominicains d'Arcueil : sa promotion est celle de Driant, de Sarrail, de Franchet d'Espèrey et du père de Foucauld.
Un fantassin accompli
Quand il sort de Saint-Cyr, Pétain est un garçon appliqué, auquel la vie collective qu'il vient de mener depuis plus de dix ans a donné le goût de la réflexion personnelle et secrète, avec une certaine ironie et une froideur qui caractériseront toujours son tempérament. Sa carrière d'officier, qu'il commence à Villefranche-sur-Mer et qui se déroule entièrement en France, témoignera jusqu'en 1914 d'autant de continuité que d'absence d'éclat. Pétain est avant tout un fantassin passionné de son arme ; il passera plus de la moitié de son temps dans la troupe, et, en dehors de son stage à l'École supérieure de guerre et de son affectation durant quatre ans à l'état-major des généraux Saussier, Zurlinden et Brugère, gouverneurs de Paris et généralissimes désignés, c'est par l'enseignement du cours d'infanterie à l'École de guerre qu'il marque l'armée de 1914. Il fonde sa doctrine sur la supériorité que confère la puissance du feu. S'opposant à la théorie officielle de l'offensive à outrance, qu'illustrait en cette même École de guerre les conférences du colonel de Grandmaison, il entend subordonner toute attaque à un appui massif de l'artillerie et à une usure préalable de l'adversaire. Redoutant les enthousiasmes, l'« école Pétain » veut donner la priorité aux faits et maintenir l'action dans la limite de ses possibilités.
Cette rigueur (Précis le sec l'ont surnommé ses élèves) et cette indépendance d'esprit lui aliènent les faveurs ministérielles. En dépit de son brillant commandement du 33e régiment d'infanterie où il accueille en 1912 le sous-lieutenant Charles de Gaulle, il semble bien que celui de la 4e brigade d'infanterie qui lui est donné par intérim à cinquante-huit ans au début de 1914 soit le dernier de sa carrière.
Du colonel de 1914 au généralissime de 1917-1918
Quelques mois plus tard, la guerre va bouleverser le cours de cette carrière : en moins d'un an, le colonel Pétain passera du rang de commandant d'une brigade de quelque 6 000 fantassins à celui d'une armée d'une quinzaine de divisions ! Alors que tant de ses camarades, dépassés par la réalité brutale de la guerre, sont congédiés par Joffre, Pétain s'affirme au feu par son calme, son énergie et la maîtrise de son commandement. Après son premier engagement le 15 août 1914 sur la Meuse au nord de Houx (là où vingt-six ans plus tard perceront les blindés de Rommel), Franchet d'Espèrey, son chef au 1er corps, lui fait donner ses étoiles et le charge d'une division, avec laquelle il enlève Montceaux-lès-Provins pendant la bataille de la Marne. Quelques semaines plus tard, Pétain prend la tête du 33e corps en Artois, dans le secteur de Notre-Dame-de-Lorette, où la lutte est particulièrement dure pendant l'hiver 1914-1915. Le succès qu'il y obtient le 9 mai 1915 conduit Joffre à lui confier le commandement de la IIe armée en Champagne, où il s'affirmera encore dans la préparation et la conduite de la grande offensive du 25 septembre suivant.
Placés en réserve en vue de la bataille de la Somme, la IIe armée et son chef sont au repos quand éclate le 21 février 1916 l'offensive allemande sur Verdun. Cinq jours après, grâce à la clairvoyance de Castelnau, envoyé sur place par Joffre, Pétain, qui installe à Souilly son quartier général, prend dans une ambiance dramatique la direction des opérations sur les deux rives de la Meuse. Réorganisant aussitôt le commandement et, par la Voie sacrée, le ravitaillement des troupes de Verdun, il parvient en quelques semaines à briser l'assaut des forces du Kronprinz, et, après l'échec de l'attaque du 9 avril, peut lancer son fameux ordre du jour « Courage, on les aura ». L'équilibre des forces étant rétabli, Joffre élargit le commandement de Pétain à celui du groupe d'armées du Centre, qui coiffe la IIe armée, donnée à Nivelle.
Les adversaires les plus déterminés du futur chef de l'État français sanctionneront le jugement de l'histoire qui fait de lui le vainqueur de Verdun. Il semble, toutefois, qu'au cours de cette longue guerre le plus beau titre acquis par Pétain soit celui de restaurateur de l'armée dans la crise terrible qui l'affecte en avril 1917 au lendemain de l'échec de l'offensive Nivelle sur le Chemin des Dames. Alors que tout semble compromis et que l'armée est menacée de décomposition, le 15 mai, la nomination par Painlevé de Pétain comme commandant en chef, apparaît aux politiques autant qu'aux militaires comme un havre de grâce. Face aux problèmes de la guerre, il réagit avec son réalisme foncier en décidant d'attendre les Américains. Face à la crise morale, il résiste à ceux qui veulent maintenir une autorité inhumaine. « Je maintiendrai avec fermeté la répression des faits d'indiscipline grave, écrit-il le 16 juin 1917, mais sans oublier qu'il s'agit de soldats qui sont avec nous depuis trois ans dans les tranchées et qui sont nos soldats. » En deux mois, le généralissime a visité près de 90 divisions et à la fin de l'année, après que 412 sentences de mort eurent été prononcées (55 exécutées), il a remis sur pied l'armée française. « Soyez patients et obstinés, écrit-il à ses troupes le 30 décembre 1917, si le plus pressé réclame la paix, c'est le plus persévérant qui en fixe les conditions. »
Après les événements de mars 1918, où Ludendorff est bien près d'enlever la décision, l'heure de Foch peut venir : Pétain a reconstitué l'instrument qui lui permettra d'agir, et, par la claire conception qu'il a de la bataille défensive en profondeur, le généralissime français brisera les ultimes offensives allemandes du 27 mai et du 15 juillet 1918.

1919-1934
Au lendemain d'une victoire dont il demeure avec Foch le principal artisan, Pétain jouit d'un prestige tel que le gouvernement le maintient pendant plus de dix ans dans ses fonctions de commandant en chef désigné des armées françaises.
Pour beaucoup, son nom reste associé autant à sa qualité de chef victorieux qu'à sa capacité de dominer et d'apaiser les crises. Aussi, quand, en 1925, la révolte d'Abd el-Krim dans le Rif met en péril l'édifice français en Afrique du Nord, Painlevé demande à Pétain de prendre en main la situation au Maroc. Pétain se récuse d'abord en raison de son inexpérience des questions africaines, puis finit par accepter (ce qui amène la démission et le départ du maréchal Lyautey) ; durant plus de deux mois, il assure personnellement la direction des opérations, qui aboutissent l'année suivante à la reddition d'Abd el-Krim.
Durant ces années d'après guerre, le maréchal Pétain, installé au fameux « 4 bis » du boulevard des Invalides, coiffe directement l'état-major de l'armée, dont les chefs successifs, les généraux Buat et Debeney, ont été ses collaborateurs immédiats en 1917-1918.
C'est dire que, jusqu'au remplacement du maréchal par Weygand en 1931, l'« école Pétain », auréolée, mais aussi figée par la victoire, domine de façon très exclusive tout le système militaire français. C'est au cabinet de Pétain, où le capitaine de Gaulle compte de 1925 à 1927 parmi ses collaborateurs, que s'élaborent les grandes décisions concernant le haut commandement et la défense nationale (ligne Maginot, etc.).
Après avoir remis au général Weygand ses pouvoirs sur une armée qui, dans son orientation comme dans ses structures, n'a guère évolué depuis 1918, Pétain, en dépit de ses soixante-quinze ans, conserve encore par sa fonction d'inspecteur de la défense aérienne du territoire un droit de regard non seulement sur l'aviation, mais aussi sur l'organisation de la défense. Il demeure en effet membre, avec voix délibérative, du Haut Comité de coordination de la défense nationale, créé par le gouvernement Herriot en 1932.
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"Quelle est la différence fondamentale entre une femme et un terroriste ? Avec le terroriste on peut négocier"
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sphinx- Adm

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Nombre de messages: 7597
Age: 26
Emploi/loisirs: Mat
Humeur: Peu importe.
Date d'inscription: 19/12/2008
Localisation: S.B.A
Re: Henri Philippe Benoni Omer Joseph Pétain
La carrière politique
Les débuts
Le 9 février 1934, une page se tourne et un nouveau chapitre commence dans la vie de Philippe Pétain. Désireux de bénéficier de l'immense prestige du maréchal auprès des anciens combattants qui ont participé à la journée du 6 février, Doumergue lui confie le ministère de la Guerre dans son gouvernement d'Union nationale. Encore une fois ministre d'État dans l'éphémère cabinet Bouisson (1er-4 juin 1935), Pétain est envoyé en 1939 comme ambassadeur auprès du gouvernement espagnol à Burgos par Daladier, qui espère que le vainqueur de Verdun aidera à établir des relations avec Franco. Pétain ne pourra mener à son terme cette mission, puisque, le 18 mai 1940, alors que le front français de la Meuse vient d'être percé par les Panzerdivisionen allemandes, il est appelé à Paris par Paul Reynaud, qui le nomme ministre d'État et vice-président du Conseil. En dépit du remplacement de Gamelin par Weygand (le 19), la France paraît rapidement condamnée à la défaite. Aussi Pétain appuie-t-il de toute son autorité la demande d'armistice présentée par Weygand lors des deux conseils des ministres des 12 et 13 juin 1940. (« Le devoir du gouvernement, déclare-t-il, est, quoi qu'il arrive, de rester dans le pays. »).
Refusant de cesser le combat, qu'il aurait voulu poursuivre depuis l'Afrique du Nord, Reynaud démissionne au soir du 16 juin à Bordeaux, où, appelé par le président Lebrun à la demande et à l'instigation de Camille Chautemps et de Pierre Laval, Pétain constitue aussitôt un nouveau ministère.
Le chef de l'État français

Le 17 juin, ayant lancé à la radio son appel « Je fais à la France le don de ma personne pour atténuer son malheur », il adresse une demande d'armistice aux Allemands. Le 22 juin à Rethondes et le 24 à Rome, les deux conventions franco-allemande et franco-italienne sont signées. En quelques jours, la guerre semble donc liquidée. En moins d'un mois, dans une France en total désarroi et à la recherche d'un chef qui soit en même temps un protecteur, le régime est escamoté grâce à l'intervention décisive de Laval, qui convainc l'Assemblée nationale, réunie à Vichy le 1er juillet, d'accorder le 10, par 569 voix contre 80 et 17 abstentions, « le pouvoir constituant au gouvernement de la République sous l'autorité et la signature du maréchal Pétain ». Les trois actes constitutionnels du 11 juillet font de Pétain le chef de l'État, investi des pouvoirs exécutif et législatif, l'assentiment préalable du Parlement n'étant, désormais, requis qu'en cas de déclaration de guerre, mais non en matière budgétaire et fiscale. Par un quatrième acte du 12 juillet (promulgué au Journal officiel du 23 juillet), Pétain se donne même le droit de désigner son successeur : Pierre Laval.
La défaite n'explique pas tout. La stature historique du maréchal en impose à l'ennemi et lui rallie les foules ; son républicanisme confirmé et exempt de cléricalisme, son hostilité à toute aventure lui assurent la confiance de certains membres de la gauche ; son passé militaire, son sens de la discipline lui rallient les droites, que ce soient les extrémistes tels que Gustave Hervé (auteur, en 1935, de la brochure C'est Pétain qu'il nous faut) ou les modérés, qui, par la plume de Wladimir d'Ormesson, avaient « conjuré dès 1936 les Français […] de se grouper autour du seul homme capable de rassembler les forces saines de la nation, le maréchal Pétain ». On comprend pourquoi seuls 80 parlementaires sur 666 lui ont refusé les pleins pouvoirs.
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Les débuts
Le 9 février 1934, une page se tourne et un nouveau chapitre commence dans la vie de Philippe Pétain. Désireux de bénéficier de l'immense prestige du maréchal auprès des anciens combattants qui ont participé à la journée du 6 février, Doumergue lui confie le ministère de la Guerre dans son gouvernement d'Union nationale. Encore une fois ministre d'État dans l'éphémère cabinet Bouisson (1er-4 juin 1935), Pétain est envoyé en 1939 comme ambassadeur auprès du gouvernement espagnol à Burgos par Daladier, qui espère que le vainqueur de Verdun aidera à établir des relations avec Franco. Pétain ne pourra mener à son terme cette mission, puisque, le 18 mai 1940, alors que le front français de la Meuse vient d'être percé par les Panzerdivisionen allemandes, il est appelé à Paris par Paul Reynaud, qui le nomme ministre d'État et vice-président du Conseil. En dépit du remplacement de Gamelin par Weygand (le 19), la France paraît rapidement condamnée à la défaite. Aussi Pétain appuie-t-il de toute son autorité la demande d'armistice présentée par Weygand lors des deux conseils des ministres des 12 et 13 juin 1940. (« Le devoir du gouvernement, déclare-t-il, est, quoi qu'il arrive, de rester dans le pays. »).
Refusant de cesser le combat, qu'il aurait voulu poursuivre depuis l'Afrique du Nord, Reynaud démissionne au soir du 16 juin à Bordeaux, où, appelé par le président Lebrun à la demande et à l'instigation de Camille Chautemps et de Pierre Laval, Pétain constitue aussitôt un nouveau ministère.
Le chef de l'État français

Le 17 juin, ayant lancé à la radio son appel « Je fais à la France le don de ma personne pour atténuer son malheur », il adresse une demande d'armistice aux Allemands. Le 22 juin à Rethondes et le 24 à Rome, les deux conventions franco-allemande et franco-italienne sont signées. En quelques jours, la guerre semble donc liquidée. En moins d'un mois, dans une France en total désarroi et à la recherche d'un chef qui soit en même temps un protecteur, le régime est escamoté grâce à l'intervention décisive de Laval, qui convainc l'Assemblée nationale, réunie à Vichy le 1er juillet, d'accorder le 10, par 569 voix contre 80 et 17 abstentions, « le pouvoir constituant au gouvernement de la République sous l'autorité et la signature du maréchal Pétain ». Les trois actes constitutionnels du 11 juillet font de Pétain le chef de l'État, investi des pouvoirs exécutif et législatif, l'assentiment préalable du Parlement n'étant, désormais, requis qu'en cas de déclaration de guerre, mais non en matière budgétaire et fiscale. Par un quatrième acte du 12 juillet (promulgué au Journal officiel du 23 juillet), Pétain se donne même le droit de désigner son successeur : Pierre Laval.
La défaite n'explique pas tout. La stature historique du maréchal en impose à l'ennemi et lui rallie les foules ; son républicanisme confirmé et exempt de cléricalisme, son hostilité à toute aventure lui assurent la confiance de certains membres de la gauche ; son passé militaire, son sens de la discipline lui rallient les droites, que ce soient les extrémistes tels que Gustave Hervé (auteur, en 1935, de la brochure C'est Pétain qu'il nous faut) ou les modérés, qui, par la plume de Wladimir d'Ormesson, avaient « conjuré dès 1936 les Français […] de se grouper autour du seul homme capable de rassembler les forces saines de la nation, le maréchal Pétain ». On comprend pourquoi seuls 80 parlementaires sur 666 lui ont refusé les pleins pouvoirs.
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Emploi/loisirs: Mat
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Re: Henri Philippe Benoni Omer Joseph Pétain
La Révolution nationale

Ralliant à la fois des hommes politiques et des chefs syndicalistes, des écrivains et des clercs, qui, avec le cardinal Gerlier, affirment que « Pétain, c'est la France et la France, c'est Pétain », la personne du maréchal devient rapidement l'objet d'un culte, habilement organisé par son entourage, diffusé par des écrivains comme René Benjamin et Henri Pourrat, et entretenu dans la zone non occupée par les fréquents voyages du maréchal.
La transformation des institutions et des mentalités s'exprime par la révolution nationale, que doit mettre en place un État hiérarchique et autoritaire exaltant les vertus salvatrices du travail, de la terre, de l'artisanat et condamnant à la fois le capitalisme et le « bolchevisme ». Le régime nouveau, qui adopte la devise « travail, famille, patrie », met l'accent sur la personnalité du chef, condamne la démocratie parlementaire, qu'il déclare disqualifiée par la défaite, et rejette les Juifs hors de la communauté nationale. Toute une série de réformes sont édictées : suppression des élections, remplacement des conseils généraux par des commissions administratives nommées, désignation par le chef de l'État des membres d'un Conseil national, fermeture des écoles normales d'instituteurs, création des Chantiers de jeunesse, des Compagnons de France et de multiples écoles de cadres (dont la plus célèbre est celle d'Uriage), suppression des centrales syndicales, promulgation d'une charte du travail qui écarte les salariés de la gestion de l'économie, regroupement des ruraux dans une corporation paysanne, création, enfin, d'une Légion des combattants qui doit défendre l'œuvre du maréchal.
De nombreux élus et fonctionnaires sont destitués, les Juifs font l'objet de discriminations humiliantes (promulgation de statut des Juifs [octobre 1940] et création d'un Commissariat général aux questions juives [1941]), les sociétés secrètes sont dissoutes, les chefs jugés responsables de la défaite traduits devant la Cour suprême de justice de Riom, instituée par l'acte constitutionnel n° 5 du 30 juillet 1940. Le procès de ces derniers s'ouvrira le 19 février 1942, mais sera suspendu dès avril du fait de l'intervention des Allemands. Enfin, près de 40 000 Juifs étrangers et des milliers de républicains espagnols réfugiés en France sont internés et seront déportés par les Allemands après l'occupation de la zone sud à la fin de 1942.
Second volet de la politique du maréchal Pétain, la pratique de la « collaboration » avec l'Allemagne est envisagée lors de son entrevue avec Hitler à Montoire (octobre 1940). Mais Pierre Laval désirant l'ériger en doctrine, Pétain renvoie celui-ci le 13 décembre et le remplace par l'amiral Darlan. Désireux, en effet, de ne pas se couper totalement des Anglo-Saxons, le chef de l'État organise la mission secrète du professeur Louis Rougier à Londres, maintient des relations étroites avec l'ambassadeur américain à Vichy, l'amiral Leahy. En outre, il se sert de son crédit en Espagne et rencontre Franco à Montpellier en 1941. Mais, attaqué violemment par les Français de Londres, desservi par les excès de l'occupant allemand, incapable, en raison de son âge (il a quatre-vingt-cinq ans), de pratiquer une politique suivie, il renonce en fait à exercer la réalité du pouvoir le jour où, cédant à l'exigence allemande, il rappelle Pierre Laval et lui abandonne en avril 1942 la direction du gouvernement.
Au lendemain du débarquement allié en Afrique du Nord et de l'occupation de la zone libre par les Allemands (11 novembre 1942), il n'est plus qu'un prisonnier en sursis qui doit se contenter de faire approuver secrètement par l'amiral Auphan l'action de l'amiral Darlan à Alger.
Il a heurté profondément le sentiment national, notamment en acceptant d'adresser un message à la Légion française qui combat dans les rangs de la Wehrmacht, en encourageant la Milice de Joseph Darnand, et en renonçant à condamner les déportations et l'annexion de l'Alsace-Lorraine par le IIIe Reich. Il s'incline devant le diktat allemand qui lui interdit de lire à la radio le message par lequel, le 13 novembre 1943, il voulait annoncer qu'en cas de son décès le pouvoir constituant qu'il avait reçu en 1940 reviendrait non pas à Pierre Laval, mais à l'Assemblée nationale.
La fin
Après le débarquement de Normandie du 6 juin 1944, il rédige une dernière proclamation aux Français pour le cas où il ne serait plus libre. Arrêté le 20 août au matin, en présence du ministre suisse à Vichy, Stucki, et du nonce apostolique, Mgr Valerio Valeri, il est transféré de force par les Allemands à Belfort, puis le 8 septembre en Allemagne, à Sigmaringen. Il y séjournera jusqu'en avril 1945, mais n'apportera pas sa caution au gouvernement que tente d'y constituer Fernand de Brinon. Pendant ce temps, à Paris, l'amiral Auphan s'efforce en vain, le 28 août 1944, de rencontrer le général de Gaulle pour lui communiquer le document par lequel le maréchal veut lui transmettre régulièrement ses pouvoirs afin de maintenir l'union des Français, alors que le chef de la France libre dénie toute légalité au régime institué le 10 juillet 1940. C'est un échec. Revenu volontairement en France par la Suisse pour y répondre de ses actes, Pétain est arrêté, interné et traduit en Haute Cour en juillet 1945. Observant un silence absolu durant tout son procès, il est condamné le 15 août à la peine de mort, mais, à la demande du tribunal, de Gaulle commue cette condamnation en détention perpétuelle. Conduit d'abord au fort du Portalet, Pétain est détenu à partir de novembre 1945 en celui de la Pierre-Levée, qu'il ne quitte qu'en juillet 1951 pour aller mourir dans une chambre de Port-Joinville dans l'île d'Yeu.
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Ralliant à la fois des hommes politiques et des chefs syndicalistes, des écrivains et des clercs, qui, avec le cardinal Gerlier, affirment que « Pétain, c'est la France et la France, c'est Pétain », la personne du maréchal devient rapidement l'objet d'un culte, habilement organisé par son entourage, diffusé par des écrivains comme René Benjamin et Henri Pourrat, et entretenu dans la zone non occupée par les fréquents voyages du maréchal.
La transformation des institutions et des mentalités s'exprime par la révolution nationale, que doit mettre en place un État hiérarchique et autoritaire exaltant les vertus salvatrices du travail, de la terre, de l'artisanat et condamnant à la fois le capitalisme et le « bolchevisme ». Le régime nouveau, qui adopte la devise « travail, famille, patrie », met l'accent sur la personnalité du chef, condamne la démocratie parlementaire, qu'il déclare disqualifiée par la défaite, et rejette les Juifs hors de la communauté nationale. Toute une série de réformes sont édictées : suppression des élections, remplacement des conseils généraux par des commissions administratives nommées, désignation par le chef de l'État des membres d'un Conseil national, fermeture des écoles normales d'instituteurs, création des Chantiers de jeunesse, des Compagnons de France et de multiples écoles de cadres (dont la plus célèbre est celle d'Uriage), suppression des centrales syndicales, promulgation d'une charte du travail qui écarte les salariés de la gestion de l'économie, regroupement des ruraux dans une corporation paysanne, création, enfin, d'une Légion des combattants qui doit défendre l'œuvre du maréchal.
De nombreux élus et fonctionnaires sont destitués, les Juifs font l'objet de discriminations humiliantes (promulgation de statut des Juifs [octobre 1940] et création d'un Commissariat général aux questions juives [1941]), les sociétés secrètes sont dissoutes, les chefs jugés responsables de la défaite traduits devant la Cour suprême de justice de Riom, instituée par l'acte constitutionnel n° 5 du 30 juillet 1940. Le procès de ces derniers s'ouvrira le 19 février 1942, mais sera suspendu dès avril du fait de l'intervention des Allemands. Enfin, près de 40 000 Juifs étrangers et des milliers de républicains espagnols réfugiés en France sont internés et seront déportés par les Allemands après l'occupation de la zone sud à la fin de 1942.
Second volet de la politique du maréchal Pétain, la pratique de la « collaboration » avec l'Allemagne est envisagée lors de son entrevue avec Hitler à Montoire (octobre 1940). Mais Pierre Laval désirant l'ériger en doctrine, Pétain renvoie celui-ci le 13 décembre et le remplace par l'amiral Darlan. Désireux, en effet, de ne pas se couper totalement des Anglo-Saxons, le chef de l'État organise la mission secrète du professeur Louis Rougier à Londres, maintient des relations étroites avec l'ambassadeur américain à Vichy, l'amiral Leahy. En outre, il se sert de son crédit en Espagne et rencontre Franco à Montpellier en 1941. Mais, attaqué violemment par les Français de Londres, desservi par les excès de l'occupant allemand, incapable, en raison de son âge (il a quatre-vingt-cinq ans), de pratiquer une politique suivie, il renonce en fait à exercer la réalité du pouvoir le jour où, cédant à l'exigence allemande, il rappelle Pierre Laval et lui abandonne en avril 1942 la direction du gouvernement.
Au lendemain du débarquement allié en Afrique du Nord et de l'occupation de la zone libre par les Allemands (11 novembre 1942), il n'est plus qu'un prisonnier en sursis qui doit se contenter de faire approuver secrètement par l'amiral Auphan l'action de l'amiral Darlan à Alger.
Il a heurté profondément le sentiment national, notamment en acceptant d'adresser un message à la Légion française qui combat dans les rangs de la Wehrmacht, en encourageant la Milice de Joseph Darnand, et en renonçant à condamner les déportations et l'annexion de l'Alsace-Lorraine par le IIIe Reich. Il s'incline devant le diktat allemand qui lui interdit de lire à la radio le message par lequel, le 13 novembre 1943, il voulait annoncer qu'en cas de son décès le pouvoir constituant qu'il avait reçu en 1940 reviendrait non pas à Pierre Laval, mais à l'Assemblée nationale.
La fin
Après le débarquement de Normandie du 6 juin 1944, il rédige une dernière proclamation aux Français pour le cas où il ne serait plus libre. Arrêté le 20 août au matin, en présence du ministre suisse à Vichy, Stucki, et du nonce apostolique, Mgr Valerio Valeri, il est transféré de force par les Allemands à Belfort, puis le 8 septembre en Allemagne, à Sigmaringen. Il y séjournera jusqu'en avril 1945, mais n'apportera pas sa caution au gouvernement que tente d'y constituer Fernand de Brinon. Pendant ce temps, à Paris, l'amiral Auphan s'efforce en vain, le 28 août 1944, de rencontrer le général de Gaulle pour lui communiquer le document par lequel le maréchal veut lui transmettre régulièrement ses pouvoirs afin de maintenir l'union des Français, alors que le chef de la France libre dénie toute légalité au régime institué le 10 juillet 1940. C'est un échec. Revenu volontairement en France par la Suisse pour y répondre de ses actes, Pétain est arrêté, interné et traduit en Haute Cour en juillet 1945. Observant un silence absolu durant tout son procès, il est condamné le 15 août à la peine de mort, mais, à la demande du tribunal, de Gaulle commue cette condamnation en détention perpétuelle. Conduit d'abord au fort du Portalet, Pétain est détenu à partir de novembre 1945 en celui de la Pierre-Levée, qu'il ne quitte qu'en juillet 1951 pour aller mourir dans une chambre de Port-Joinville dans l'île d'Yeu.
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Re: Henri Philippe Benoni Omer Joseph Pétain

L'Afrique française du Nord (AFN) sous administration vichyste
En Algérie française, la nouvelle de la capitulation française désoriente l'opinion, qui accueille le discours du maréchal Pétain avec un certain malaise. Des secteurs de l'opinion lui sont cependant immédiatement favorables : les quotidiens L'Écho d'Oran et La Dépêche algérienne sont parmi les premiers à prôner le ralliement à Pétain. Le général Noguès, commandant en chef du théâtre d'opération d'Afrique du Nord et, depuis 1936, résident général au Protectorat du Maroc, fait censurer l'appel du 18 juin du général de Gaulle, qu'il juge « inconvenant ».
L'amiral Jean-Pierre Esteva, homme de confiance du maréchal Pétain, est nommé en juillet 1940 au poste de résident général pour le Protectorat de Tunisie. L'amiral Jean-Marie Charles Abrial, nommé - également en juillet 1940 - gouverneur général de l'Algérie, arrive le 1er août. Son cabinet, composé de marins, est dirigé par son gendre et compte davantage de proches que de véritables connaisseurs des réalités algériennes. L'équipe Abrial s'attache à rationaliser l'administration, en refondant l'organigramme du gouvernement général en dix directions, écartant au passage certains hauts fonctionnaires appartenant à la franc-maçonnerie.
L'application des premières lois relatives aux étrangers, et restreignant les conditions d'accès aux emplois publics pour les personnes d'origine étrangère touche l'Algérie comme la métropole. Parmi les fonctionnaires, environ 5% des enseignants en Algérie sont inquiétés du fait de cette loi. Les lois contre la franc-maçonnerie touchent un certain nombre de hauts fonctionnaires, écartés de leurs fonctions.
Le décret Crémieux est abrogé le 7 octobre 1940 par Marcel Peyrouton, ministre de l'Intérieur de Vichy et ancien secrétaire général du Gouvernement général à Alger. Cette abrogation, qui se conjugue avec l'application du statut des juifs, prive la communauté juive d'Algérie de sa nationalité française, avec quelques exceptions pour les anciens combattants décorés et les individus reconnus comme ayant rendu des services au pays. Les Juifs d'Algérie sont désormais placés dans une situation d'infériorité légale par rapport aux Musulmans, qui peuvent toujours demander la naturalisation à titre individuel.
Les mesures antisémites sont par ailleurs applicables aux « pays de protectorat ». En Tunisie, Esteva édicte un statut particulier, distinct de celui de Vichy mais également discriminatoire, pour les 69 500 Juifs du pays. Un décret, signé par le bey de Tunis Ahmed II le 30 novembre, les exclut de la fonction publique et des professions touchant à la presse, à la radio, au théâtre et au cinéma, en permettant toutefois la publication d’un « Journal israélite de Tunisie ». Un numerus clausus est appliqué aux professions libérales. L’accès à l’enseignement secondaire leur est limité.
Au Maroc, par contre, l'application des lois discriminatoires est limitée par Noguès. Le résident général demande cependant au sultan Mohammed V d'étendre le statut des Juifs au sujets marocains, mais ce dernier refuse. Le sultan, qui affiche par ailleurs une fidélité parfaite au gouvernement de Pétain, refuse en outre tout contact personnel et direct avec l'Italie et l'Allemagne. Des consulats de ces deux pays ayant cependant été ouverts pour contrôler l'application des conditions d'armistice, les autorités du protectorat s'attachent à dissimuler des armements et à camoufler des effectifs militaires marocains, les faisant passer pour des policiers. Plusieurs centaines de Juifs européens se réfugient par ailleurs au Maroc, dans l'espoir de transiter vers l'Amérique du Nord : ils font l'objet de relégation dans des camps de transit, voire parfois dans des centres d'internement gardés par des militaires.
L'équipe Abrial s'attache à refondre les institutions locales de l'Algérie, mettant en place des conseils de notables nommés. Les pouvoirs des conseils généraux sont suspendus et transférés aux préfets. Les équipes dirigeantes des municipalités sont également renouvelées, à hauteur de 30% environ, pour être remplacées par des administrations nommées. Les institutions locales sont ainsi mises sous un contrôle étroit. La création des Chantiers de la jeunesse française, qui s'implantent également en AFN, participent de cette volonté d'encadrement de la société, à commencer par la « régénération » de sa jeunesse. La Légion française des combattants, implantée en AFN dès l'automne 1940, constitue un puissant relais d'opinion au service du nouveau régime, et connaît un afflux de membres, comprenant en juin 1941 plus de 107 000 membres, 64 000 européens et 43 000 musulmans.
L'administration Weygand
Le 5 septembre 1940, le général Maxime Weygand est nommé Délégué général du gouvernement en Afrique française. Le 4 octobre, il devient également commandant en chef des forces française en Afrique. Attaché à protéger l'Empire, Weygand considère en outre qu'après l'attaque britannique sur Mers el-Kébir, la France « se trouve de fait en état d'hostilité » avec le Royaume-Uni. La Délégation générale dirigée par Weygand, qui s'installe à Alger début octobre 1940, est composée d'un état-major et d'un secrétariat général confiée au fonctionnaire colonial Yves Châtel, précédemment en poste en Indochine française.
Weygand, opposé à « la propagande du traître de Gaulle », définit une doctrine militaire consistant à assurer la défense « contre quiconque » des possessions africaines de la France. Sans condamner ouvertement la politique de collaboration menée par Pétain, le Délégué général déconseille au gouvernement de faire en Afrique des concessions à l'Allemagne et à l'Italie, afin de ne pas affaiblir l'autorité de la puissance impériale.
S'il refuse tout contact avec la France libre, Weygand couvre par contre de son autorité des camouflages d'armement par l'Armée d'Afrique. Les États-Unis étant alors neutres, Weygand entretient des contacts avec le diplomate américain Robert Murphy : un mémorandum (dits « accords Murphy-Weygand ») est signé le 26 février 1941, par lequel les États-Unis s'engagent à contribuer au ravitaillement de l'Afrique française du Nord, en contrôlant que les produits ne soient pas exportés vers la métropole. Des vice-consuls américains sont installés Les Allemands et les partisans de la collaboration sont méfiants vis-à-vis de Weygand, qu'ils soupçonnent de préparer des actions de résistance. Cependant, si le Délégué général demeure hostile à l'Allemagne en privé, il tend surtout à imposer l'attentisme, y compris à des officiers français qui souhaiteraient préparer plus activement la revanche.
L'économie et la société de l'AFN, et tout particulièrement celles de l'Algérie, sont touchées par l'interdiction de l'émigration vers la métropole des travailleurs immigrés, et par la pénurie de nombreuses denrées, à laquelle l'équipe Weygand tente de parer. Les populations indigènes donnent des signes de mécontentement : le 25 janvier 1941, 570 soldats se mutinent dans le quartier de Maison-Carrée à Alger, un évènement que Weygand attribue en partie à l'action du Parti du peuple algérien de Messali Hadj, et à la propagande allemande. L'Allemagne nazie mène en effet des opérations de séduction envers le monde musulman, et diffuse des émissions de radio en langue arabe : au début 1941, Younès Bahri, speaker irakien de Radio-Berlin, promet que l'Allemagne apportera la liberté aux Algériens. Une partie de l'opinion musulmane n'est pas insensible à ces efforts de propagande. Dans une moindre mesure, l'Italie et l'Espagne mènent des actions de propagandes revendiquant le Constantinois et l'Oranie.
En juillet 1941, Weygand obtient de l'amiral Darlan le rappel d'Abrial, et assume lui-même la fonction de gouverneur général de l'Algérie, tout en conservant celui de délégué général pour l'ensemble de l'Afrique. Yves Châtel occupe la nouvelle fonction de gouverneur général adjoint, tandis qu'un proche de Darlan, l'amiral Fénard, devient secrétaire général. L'administration de Weygand se signale en Algérie par une volonté réformatrice, s'attachant à développer les services juridiques et sociaux, à industrialiser les départements, et à développer l'agriculture pour la rendre capable de subvenir aux besoins des populations locales18.
Concernant la mise en oeuvre de l'antisémitisme d'État, l'Algérie est le seul des trois pays de l'AFN à céder aux demandes de Xavier Vallat, en mettant en place un service spécial pour le règlement de la question juive, chargé de veiller à l'application du statut des Juifs.
En mai 1941, Weygand proteste contre la signature par Darlan des protocoles de Paris, qui prévoient notamment d'autoriser l'Allemagne à utiliser les aérodromes français au Levant ainsi que le port de Dakar, et à s'appuyer les ressources logistiques et en armement de l'AFN. Convoqué à Vichy en juin, il expose ses vues au gouvernement, arguant que ces concessions ne pourraient que provoquer une « crise morale », et compromettre la doctrine de défense de l'Afrique « contre quiconque ».
Darlan semble tout d'abord accepter les positions de Weygand mais, dès l'été, use de l'appui des Allemands pour obtenir la disgrâce du Délégué général. Rappelé à Vichy, Weygand se voit notifier le 18 novembre sa disgrâce. Il est mis à la retraite deux jours plus tard et se voit interdire de rentrer en Algérie pour y faire ses adieux. Son appel à assurer la continuité de l'administration est cependant entendu, et son ancienne équipe assure la succession.
Yves Châtel assume le poste de gouverneur général. Le secrétariat général permanent, innovation conçue par l'équipe Weygand pour centraliser la gestion des ressources de l'Afrique française, est maintenu. Le général Alphonse Juin, nommé en septembre 1941 à la tête des troupes françaises au Protectorat du Maroc, succède à Weygand au commandement de l'armée en Afrique du Nord, et maintient la ligne de la « défense contre quiconque », souhaitant avant tout temporiser. Murphy, jugeant Juin trop proche de Vichy, s'abstient jusqu'en octobre 1942 de tout contact avec lui.
Répression politique et tension sociale
Le gouvernement de Vichy s'attache à renforcer son contrôle sur la société nord-africaine : au printemps 1942, le ministre de l'intérieur Pierre Pucheu réalise une grande tournée en AFN. La propagande vichyste se renforce tout au long de la période 1940-1942, avec une influence croissante des collaborationnistes. La section presse et propagande du gouvernement général de l'Algérie est, à partir du début 1942, dirigée par Paul Guitard, ancien membre du Parti communiste français et du Parti populaire français de Jacques Doriot. L'organisation de la propagande sociale est également confiée en mai 1942 à un doriotiste, Georges Guilbaud. A partir de juin 1942, des travailleurs algériens, principalement musulmans, commencent d'être envoyés en Allemagne. L'attrait des salaires, dans la situation de misère existant notamment en Kabylie, entraîne 10 000 actes de volontariat en quinze jours.
La répression policière et judiciaire se fait de plus en plus sensible en Algérie, à partir de l'été 1941. Un tribunal militaire permanent est créé à Alger, en vertu de la loi du 14 août « réprimant l'activité communiste ou anarchiste ». Le 9 février 1942 commence à Alger le « procès des 61 », concernant les dirigeants du Parti communiste clandestin, arrêtés pour la plupart dans le courant de l'année 1941. Six condamnations à mort et neuf peines de travaux forcés à perpétuité sont prononcées, de lourdes peines frappant la majorité des autres inculpés (quelques-uns étant acquittés).
Le contexte de la guerre, avec notamment l'occupation par l'Allemagne des principales régions de production textile, ainsi que l'insuffisance des stocks locaux, provoque bientôt en Afrique du nord une pénurie de textiles. La pénurie touche également les produits alimentaires, et, en 1942, entraîne en Algérie de véritables situations de disette, qui touchent en particulier les populations musulmanes, et contribuent à une tension accrue entre communautés.
Prisons et camps d'internement en Algérie
Créés dès le printemps 1939 pour gérer l'afflux de réfugiés espagnols fuyant la guerre civile dans leur pays, les camps d'internement ont été ensuite élargis aux étrangers « ressortissant des territoires appartenant à l'ennemi ». Les camps d'Algérie accueillent dès juin 1940 communistes, indépendantistes musulmans, et réfugiés « indésirables » venus d'Europe centrale ou d'Espagne. Après la capitulation française, les camps sont utilisés pour y transférer depuis la métropole d'autres catégories de populations, comme les communistes et les Juifs étrangers. L'Afrique française du Nord retrouve alors son rôle de terre de proscription, où sont éloignés condamnés et « indésirables ».
En janvier 1941, le gouvernement de Vichy décide du transfert dans les camps sud algérien des « militants extrémistes les plus dangereux ». En juin, 600 Français ont été dirigés vers l'Algérie, ainsi que 300 ressortissants étrangers (Allemands, Autrichiens, et quelques anciens combattants des Brigades internationales). Dès mai 1942, le capacités d'accueil des prisons d'Alger ou de Lambèse sont saturés. Certains prisonniers sont détenus en dehors de tout jugement, notamment les populations « indésirables » versées dans des camps de travail baptisés Groupement de travailleurs étrangers.
Des « Centres de séjour surveillés » sont également mis en place pour y placer les « nationaux dangereux pour la sécurité publique » et les « étrangers indésirables ». Les internés politiques, relégués dans le sud algérien, sont soumis à des conditions de vie particulièrement dures. En cumulant les détenus des différentes structures d'internement, entre sept et dix mille personnes auraient été emprisonnées en Algérie française, du fait de leurs convictions ou de leurs origines.

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Re: Henri Philippe Benoni Omer Joseph Pétain


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Re: Henri Philippe Benoni Omer Joseph Pétain
il a tracé la france colaboratrice:mais reste un homme qui a aimé son pays,il ne reconnait pas ses erreurs:et degaulle a joué la carte de ce confronté aux allemands par l'intermédiaire des anglais et des américains:il a joué le tiercé gagnant.

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Re: Henri Philippe Benoni Omer Joseph Pétain
Le pétainisme transcendantal
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source : Geopolitiquebiblique
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Henri Philippe Bénoni Omer Joseph Pétain; c’est pas un peu juif tout ça ?
On connaît généralement le « Maréchal, nous voilà » (vous savez, celui qui a été super sympa avec les Juifs, voir mon article précédent) sous le nom de Philippe Pétain et on oublie la ribambelle de prénoms dont il fut affublé à sa naissance: Henri Philippe Bénoni Omer Joseph Pétain.
Il y a dans cette suite de prénoms une curiosité linguistique qui vaut la peine que l’on y consacre quelques lignes, mais pas plus; le personnage ne mérite pas trop que l’on s’y attarde. Trois de ses prénoms sont d’origine juive; ceux justement qu’il passait sous silence, préférant le prénom prestigieux de Philippe.
Commençons par le dernier, Joseph sur lequel il n’y a pas grand chose à dire, si ce n’est qu’il est complètement immérité par le Maréchal.
Le précèdent, Omer, pourrait s’appliquer à un saint de troisième catégorie qui n’ a pas laissé de trace indélébile, mais il renvoie surtout sur la période de l’Omer qui s’étend de Pessah à Chavouot. Ce terme désigne en hébreu la gerbe, prémices de la moisson, qui marque précisément le début de cette période
Le troisième est beaucoup plus intéressant ; il s’agit de Bénoni.
Beinoni en hébreu signifie moyen ou celui qui est au milieu. Le mec pas trop bête, mais pas très intelligent non plus. le Tanya nous dit que le Tsaddik est mû par le Yetser Hatov ( le bon penchant), le Racha par le Yétser Harah (le mauvais penchant) et le Beinoni par les deux
Par les temps qui courent, être un juif Beinoni, n’est déjà pas si mal, mais il n’y a pas de quoi crier au génie. Il n’empêche que ce concept est très riche et si vous voulez en savoir d’avantage reportez vous à la définition du Beinoni dans le Tanya
Là où ça devient carrément intéressant c’est que BenOni signifie « le fils de ma douleur ». C’est par ce nom que Rachel désigne son dernier né, qu’elle met au monde en mourant. Jacob transforme le nom de Bénoni en Benjamin Ben Yamin, fils de ma droite, pour ne pas traumatiser jusqu’à la fin des temps son fils cadet qu’il adora.
« Fils de ma douleur », dit Rachel qui meurt en couches, n’est pas vraiment un bon présage, comme on a pu l’apprendre par la suite. On peut s’interroger que l’apparition de tels prénoms dans une famille paysanne catholique du Pas-de Calais. Vous avez dit bizarre, comme c’est bizarre !!
source : Geopolitiquebiblique
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